Tout savoir sur la grenouille verte : oeuf, bébé, reproduction, cri, nourriture

Connaissez-vous la ​grenouille verte ​? Comme tous les amphibiens, elle mène une «​ ​double vie​ ​» –​ ​amphibios​ en grec​ ​– entre les milieux aquatiques et terrestres. Résultat​ ​: les caractéristiques physiques et le ​cycle de vie de la grenouille​ sont spectaculaires​ ​! ​Œuf, bébé, reproduction, cri, nourriture​, etc. grâce à cet article, vous saurez ​tout sur la grenouille verte​.

Grenouille verte​ ​: comment la reconnaître​ ​?

Qu’est-ce qu’une grenouille​ ​?

La grenouille verte, tout comme le crapaud et la rainette, fait partie du groupe des anoures, ces amphibiens qui ne possèdent pas de queue au stade adulte.

Avec les autres grenouilles (la famille des Ranidés), elle partage certaines caractéristiques​ ​:

  • des pupilles horizontales​ ​
  • des yeux assez rapprochés​ ​
  • un bourrelet très visible le long du dos​ ​
  • de longues pattes arrière palmées​ ​
  • une peau nue (sans écaille), lisse et moite​ ​
  • un corps court​
Grenouille verte sur une feuille de nénuphar.

Grenouille verte sur une feuille de nénuphar.

En France, on peut rencontrer principalement 3 espèces de grenouilles vertes, de la plus petite à la plus grande​ ​:

  • la grenouille de lessona, ​Pelophylax lessonae​ (environ 8​ ​cm)​ ​
  • la grenouille verte, ​Pelophylax​ Kl. ​esculentus​ (environ 12​ ​cm)​ ​
  • la grenouille rieuse, ​Pelophylax ridibundus​ (environ 15​ ​cm)

Il est très difficile d’identifier les différentes espèces de grenouilles vertes sans une observation approfondie et experte, tant il y a de variations au sein d’une même espèce.

Les sacs vocaux​ ​: un élément de différenciation infaillible

Chez les grenouilles vertes, les mâles uniquement, disposent de sacs vocaux externes. Il s’agit de petits ballons situés de chaque côté de la bouche. Ils se gonflent pour amplifier le ​cri de la grenouille​ –​ ​le coassement​ ​– et son chant, important en période de reproduction. Les autres grenouilles ne portent souvent qu’un petit et unique sac vocal interne, sous la gorge.

Grenouille verte mâle avec ses sacs vocaux externes gonflés à bloc pour amplifier son cri et attirer les femelles !

Grenouille verte mâle avec ses sacs vocaux externes gonflés à bloc pour amplifier son cri et attirer les femelles !

D’autres caractéristiques permettent aussi de reconnaître la grenouille verte​ ​:

  • D’abord, leur lieu de vie. Très aquatiques, les grenouilles vertes peuvent être observées dans de petites mares, fossés, ruisseaux, sur les berges ou dans des eaux plus vastes en rivières ou lacs.
  • Le chant est très spécifique à l’espèce. C’est donc un élément que les connaisseurs utilisent pour identifier les animaux observés. Vous aussi pouvez y parvenir avec un peu de pratique, alors, tendez l’oreille​ ​!
  • Plus subtil, la robe des grenouilles. Les grenouilles vertes peuvent porter des couleurs dorsales allant du vert au brun en passant par le gris. Mais quasiment toutes portent des taches sombres, marron ou noire.

 

D’incroyables pouvoirs

Les grenouilles​ sont des animaux fascinants​ ​! Du point de vue des mammifères que nous sommes, ils ont des pouvoirs extraordinaires​ ​:

  • Les grenouilles ont le sang froid, leur corps ne produit pas de chaleur, mais varie avec la température de l’air. Pour s’autoréguler, elles s’exposent au soleil, ou à l’inverse, recherchent les endroits frais en fonction de leurs besoins.
Grenouilles rieuses (Pelophylax ridibundus) en train de prendre un bain de soleil sur une planche de bois en bord de mare.

Grenouilles rieuses (Pelophylax ridibundus) en train de prendre un bain de soleil sur une planche de bois en bord de mare.

  • Certaines grenouilles peuvent aussi supporter une période de congélation pendant laquelle leurs fonctions vitales seront suspendues et leurs organes internes vitaux préservés grâce à un « antigel » naturel. Elles peuvent ainsi revenir à la vie en quelques heures après décongélation.
  • La grenouille a beau avoir des poumons, 80​ ​% de sa respiration se fait par la peau.
  • Pour se protéger des bactéries et des champignons, certaines grenouilles sécrètent des substances toxiques au niveau de la peau. Les  ​grenouilles venimeuses​ sont ainsi capables de repousser leurs prédateurs.
  • Pour s’hydrater, la grenouille ne boit pas d’eau, celle-ci est absorbée par sa peau.
  • Elles ont une langue agile et gluante, longue d’environ 10​ ​cm, qui leur permet de capturer leur proie et de l’avaler en une bouchée.
  • Leur grande variété de couleurs et de tâches allant du brun au vert est une super technique de camouflage contre les prédateurs.
  • Grâce à leurs longues pattes arrière musclées, elles sont capables de bondir de plusieurs mètres.
Grenouille verte en pleine extension pendant un saut : on voit bien ses longues pattes arrières musclées.

Grenouille verte en pleine extension pendant un saut : on voit bien ses longues pattes arrières musclées.

Ne pas confondre

Grenouille verte ou grenouille brune ?

Les grenouilles brunes sont globalement plus ​petites​ que leurs homologues vertes. Elles sont aussi plus terrestres et silencieuses. Elles ont une peau brune pouvant aller du rouge au rose en passant par le jaune. Mais surtout, elles ont une tache marron derrière l’œil très caractéristique.

La ​grenouille rousse​ (Rana temporaria) est l’une des grenouilles brunes les plus répandues en France. On trouve aussi fréquemment, dans le groupe des grenouilles dites brunes, la grenouille agile (Rana dalmatina) et la grenouille des champs (Rana arvalis).

Il existe différentes espèces de grenouilles brunes : ici une grenouille rousse que l’on distingue de la grenouille agile et de celle des champs, notamment grâce aux taches brunâtres sous sa gorge et sur son ventre.

Il existe différentes espèces de grenouilles brunes : ici une grenouille rousse que l’on distingue de la grenouille agile et de celle des champs, notamment grâce aux taches brunâtres sous sa gorge et sur son ventre.

Crapaud ou grenouille​ ​?

Vous vous demandez quelle est la​ différence entre le crapaud et la grenouille ?​

On distingue le crapaud de la grenouille à sa peau unie et couverte de pustules, son corps plus trapu et ses pattes plus courtes. Il a aussi un bourrelet à l’arrière des yeux –​ ​les glandes parotoïdes​ ​– qui produisent un venin repoussant les ennemis. Le crapaud est terrestre, et se déplace en marchant. Il gagne les milieux humides au moment de la reproduction : la femelle y pond des colliers d’œufs, très différents des œufs de grenouilles.

Le crapaud commun est un anoure comme la grenouille verte mais son corps trapu, sa peau pustuleuse et ses bourrelets derrière les yeux l’en distinguent clairement !

Le crapaud commun est un anoure comme la grenouille verte mais son corps trapu, sa peau pustuleuse et ses bourrelets derrière les yeux l’en distinguent clairement !

Rainette ou grenouille​ ​?

La ​grenouille rainette​ n’est pas ​une grenouille​. C’est un anoure comme le crapaud et la grenouille. Elle est arboricole et est munie de ventouses aux doigts. On la trouve donc plutôt perchée dans les arbres, arbustes et buissons. Comme ​la grenouille​, ses pattes arrière lui permettent de bondir très loin. Elle a la peau lisse et luisante, souvent verte avec une bande sombre sur les deux flancs. Le mâle a un gros sac vocal sous la gorge pour chanter très fort au moment de la reproduction.

Jolie rainette arboricole dont on voit bien les ventouses au bout des doigts pour faciliter ses déplacements dans les arbres ;) !

Jolie rainette arboricole dont on voit bien les ventouses au bout des doigts pour faciliter ses déplacements dans les arbres 😉 !

Grenouille​ ​: une vie rythmée par les saisons

La métamorphose du têtard en grenouille

Le ​cycle de vie d’une grenouille​ commence au stade de l’œuf. Enveloppé d’une substance gélatineuse qui se gorge d’eau dans les 48 h après la ponte, il peut flotter. Puis, vient l’éclosion. L’​œuf de grenouille​ donne naissance à une larve aquatique –​ ​le têtard​ ​– qui respire grâce à des branchies externes, et par sa peau.

Amas de plusieurs dizaines d’œufs de grenouille fécondés d’où sortiront bientôt de petits têtards !

Amas de plusieurs dizaines d’œufs de grenouille fécondés d’où sortiront bientôt de petits têtards !

D’abord fixé à une herbe grâce à des ventouses, le têtard se nourrit des restes de son œuf, avant d’adopter un régime composé principalement d’algues. Si par contre, la nourriture se fait rare, le têtard finit par manger ses frères et sœurs. Gloups…

À​ ce stade, le ​têtard​ est un petit animal qui dispose d’une tête prolongée par un corps et une queue, comme les poissons. Il est alors particulièrement vulnérable, et à la merci des libellules, poissons, salamandres et autres insectes aquatiques qui profitent de ce festin servi sur un plateau. Le ​têtard de grenouille​ est quand même équipé de capteurs sensoriels qui lui permettent de repérer certains mouvements suspects de l’eau. Cohésion de groupe oblige, en cas de danger, il peut diffuser dans l’eau un parfum qui signale au groupe un danger imminent, et la nécessité de se disperser illico.

Le rythme de vie des têtards est calé sur l’alternance du jour et de la nuit. Le jour, ils se rassemblent près des berges à la surface de l’eau pour capter la chaleur du soleil. La nuit, ils descendent au fond de l’eau.

Têtards n’ayant pas encore leurs pattes postérieures et se déplaçant avec leur queue.

Têtards n’ayant pas encore leurs pattes postérieures et se déplaçant avec leur queue.

Puis, arrive le jour de la métamorphose. Le têtard, qui a bien grossi, se transforme alors pour devenir un juvénile, une sorte de ​bébé grenouille.​ Son corps de têtard se transforme : les branchies externes sont remplacées par des branchies internes, avant que n’apparaissent les poumons. Puis, sa queue qui contient une réserve de graisses régresse, et laisse la place aux pattes avant puis arrière. Enfin, la tête se forme. 2 à 3 mois après la métamorphose, cette petite grenouille verte​ quitte le milieu aquatique.

Il lui faudra 2 à 3 ans pour atteindre la maturité sexuelle et le stade adulte.

Une dizaine d’années à vivre au rythme des saisons

La reproduction de la grenouille

C’est en avril-mai que les grenouilles vertes sortent de leur abri d’hivernage souvent situé à 500 m voire parfois 1 km du point d’eau, lieu de la reproduction. Elles entreprennent une migration rendue très risquée par les réseaux routiers qu’elles doivent souvent traverser.

Les mâles sont les premiers à arriver sur le site de reproduction d’où ils chantent pour attirer les femelles.

Le chant est caractéristique à chaque espèce, permettant ainsi aux femelles de reconnaître le mâle de sa propre espèce. Ceci est particulièrement utile quand une mare est fréquentée par plusieurs espèces de grenouilles. Le chant de la grenouille verte (​Pelophylax​ Kl. ​esculentus​) est particulièrement bruyant, il peut atteindre 90 décibels. Espèce grégaire, les mâles chantent en groupe, c’est pourquoi, en période de reproduction, on peut les entendre à de grandes distances.

Parfois, ils trouvent une femelle sur le chemin vers la mare, et s’agrippent à elle jusqu’au site de reproduction. La pauvre doit alors porter le mâle sur son dos, parfois même plusieurs. Quel effort​ ​! La ​reproduction de la grenouille​ n’a rien à voir avec celle des mammifères. Elle se déroule ainsi​ ​:

  • L’amplexus​ ​: une fois dans l’eau, le mâle étreint la femelle autour de la taille ou sous les bras. D’ailleurs, spécialement pour la période de reproduction, la grenouille mâle développe des callosités nuptiales : ce sont des zones de peau rugueuses sous les doigts, qui permettent au mâle de s’agripper plus facilement à la femelle.
  • La fécondation est externe. Les femelles pondent des œufs, en amas, et par milliers​ ​–​ ​la grenouille rieuse peut pondre jusqu’à 16 000 œufs par saison​ ​– afin de maximiser la chance de survie d’au moins quelques individus. Le mâle vient alors les recouvrir d’un liquide contenant les spermatozoïdes​ ​: c’est ainsi que les œufs sont fécondés.
Illustration de l’amplexus​ où la grenouille verte mâle, plus petite que la femelle, s’accroche à celle-ci en l’attrapant sous les pattes avants.

Illustration de l’amplexus​ où la grenouille verte mâle, plus petite que la femelle, s’accroche à celle-ci en l’attrapant sous les pattes avants.

Que mange une grenouille​ ​?

Quand vient l’été, c’est le moment de faire des réserves en prévision de la saison froide. Tout en restant à proximité d’un point d’eau, les​ grenouilles​ rejoignent le milieu terrestre où elles peuvent facilement se cacher des renards, oiseaux, rongeurs et couleuvres, leurs principaux prédateurs.

Grenouille verte au jardin, bien cachée parmi la végétation.

Grenouille verte au jardin, bien cachée parmi la végétation.

Elles y trouvent surtout de quoi se remplir le ventre. Au menu​ ​: insectes, cloportes, escargots, limaces, chenilles, vers, fourmis. Ce régime alimentaire fait des grenouilles de formidables auxiliaires au ​potager en permaculture​. Elles protègent vos cultures contre le grignotage des petits invertébrés. Si vous avez une mare, vous les apercevrez à l’action plutôt le matin et en fin de journée. Et en y prêtant attention, vous entendrez sans doute la grenouille rieuse qui continue de chanter même après la période de reproduction.

Grenouille verte ayant attraper avec sa longue langue une grande sauterelle verte.

Grenouille verte ayant attraper avec sa longue langue une grande sauterelle verte.

Hivernage

Lorsque les températures baissent, il est temps pour la grenouille de lessona et la grenouille verte de migrer à nouveau vers leur site d’hivernage. Un trou sous la terre, un tas de feuilles ou de pierres constituent de bons refuges pour se protéger du gel. Pendant cette période, la grenouille vit au ralenti jusqu’au printemps prochain. La grenouille verte, quant à elle, hiverne en milieu aquatique où elle se protège du froid sous 40​ ​cm d’eau.

Grâce à son régime alimentaire, la grenouille verte est, comme le ​hérisson ​et la ​chauve-souris​, un véritable auxiliaire qui a toute sa place dans un jardin potager en ​permaculture​. Elle a aussi besoin de protection, car la perte et la fragmentation de son habitat, ainsi que les pollutions entraînent une baisse des populations assez inquiétante.

Vous savez maintenant pourquoi on tient tellement à créer des mares dans nos potagers​ ​! ​Ç​a vous inspire ?

Jeune grenouille verte sur une fleur de nénuphar.

Jeune grenouille verte sur une fleur de nénuphar.

 

Favoriser la présence des grenouilles, même au potager !

Si vous voulez installer un potager en permaculture chez vous qui vous permette de produire de bons légumes sains mais aussi d’attirer la biodiversité, découvrez notre concept de potager-école avec guide de cultures sur 3 ans pour faire de vous un jardinier permaculteur confiant !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Si vous ne savez pas comment vous y prendre ni par où commencer pour faire votre potager en permaculture et tendre ainsi vers plus d'autonomie alimentaire, découvrez notre concept de potager-école avec un accompagnement pas à pas sur 3 ans pour faire de vous un jardinier en permaculture confiant et expérimenté !

Sur le même thème

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

Participez à un stage de découverte des métiers avec le Sens de l’Humus

Voici les deux contacts emails mentionnés dans l’affiche :  

– Stage de découverte jardinage naturel : framboise.humus@free.fr

Stage de découverte maître-composteur·es : compostquartierhumus@gmail.com

Le lierre grimpant, une plante rampante à croissance rapide

Parfois c’est dans l’ordinaire que se cache l’extraordinaire. Et c’est un peu le cas avec le ​lierre grimpant, ​Hedera helix.​ Cette​ plante rampante à croissance rapide ​qui pousse sans rien demander à personne et que l’on a tendance à dénigrer, est un vrai cadeau de la nature. Redécouvrez tout de suite ​le lierre​ sous un nouveau jour : on vous dit tout de ses super pouvoirs !

Hedera helix​ ​: une plante tropicale qui pousse dans les zones tempérées

Le lierre est une liane

Hedera helix ​ou lierre commun est une liane arbustive de la famille des Araliacées. En plus des lianes, cette famille de plantes tropicales réunit arbres, arbustes et plantes herbacées comme le ginseng. Le lierre fait donc un peu figure d’exception en étant présent dans les climats tempérés. Il s’y plaît aussi bien à l’ombre qu’au soleil, et dans n’importe quel type de sol. Plante vivace, il fait preuve d’une longévité impressionnante, puisqu’il peut vivre plusieurs siècles ! C’est énorme ! ​Lierre rampant​ ou lierre grimpant, on parle en réalité de la même plante qui se développe différemment en fonction de son support. Grâce à ses crampons, il peut s’accrocher n’importe où, d’où son nom scientifique ​Hedera, ​provenant du latin ​haerrere et qui signifie « attacher ».

Gros plan sur les crampons du lierre qui lui permettent de s’accrocher facilement quel que soit le support !

Gros plan sur les crampons du lierre qui lui permettent de s’accrocher facilement quel que soit le support !

 

Une floraison tardive

Le lierre​ se distingue par sa floraison en septembre-octobre, alors que la plupart des plantes à fleurs sont sur le déclin. Il développe des inflorescences, c’est-à-dire des groupes de petites fleurs portées par une même tige. Ces petites fleurs, disposées en forme de sphère, sont de couleur jaune-vert.

Elles donnent des fruits, des baies noires qui mûrissent entre mars et mai.

À gauche les inflorescences du lierre chargées de pollen. À droite, les baies mûres qui font le régal des oiseaux dès la fin de l’hiver.

À gauche les inflorescences du lierre chargées de pollen. À droite, les baies mûres qui font le régal des oiseaux dès la fin de l’hiver.

 

 

Deux formes de feuilles

On reconnaît le lierre à ses deux types de feuilles :

  • des feuilles de forme triangulaire de 3 à 5 pointes (les lobes), qui poussent sur des rameaux stériles ;
  • des feuilles de forme ovale, pointues à l’extrémité, qui poussent sur les rameaux donnant les fleurs, puis les fruits.
À gauche, les feuilles du lierre triangulaire à 3 ou 5 lobes. À droite, les feuilles plus ovales qu’on trouve à proximité des inflorescences.

À gauche, les feuilles du lierre triangulaire à 3 ou 5 lobes. À droite, les feuilles plus ovales qu’on trouve à proximité des inflorescences.

Son feuillage vert luisant est persistant, c’est-à-dire qu’il reste en place tout au long de l’année. Il offre ainsi une touche de couleur au jardin, même au cœur de l’hiver.

 

Ne pas confondre avec le lierre terrestre

Le lierre commun n’a rien à voir avec le lierre terrestre ​Glechoma hederacea​. ​Ces deux plantes ont beau avoir un nom semblable, elles ne se ressemblent pas du tout, et ne peuvent pas être confondues. Le lierre terrestre est une plante aromatique sauvage de la famille des lamiacées comme la menthe, le basilic, la sauge. Elle forme des tapis au sol, ses feuilles sont rondes, parfumées, et au printemps elle développe des tiges qui portent des petites fleurs violettes​.

Photo de lierre terrestre, Glechoma hederacea, qui ne ressemble pas du tout au lierre grimpant Hedera helix malgré le nom vernaculaire qu’ils ont en commun.

Photo de lierre terrestre, Glechoma hederacea, qui ne ressemble pas du tout au lierre grimpant Hedera helix malgré le nom vernaculaire qu’ils ont en commun.

 

 

Le lierre : une plante refuge pour la biodiversité

Un hôtel à insectes naturel

Le feuillage du lierre sert d’abri pour de nombreuses espèces :

  • Les papillons comme le citron, le paon du jour ou le vulcain y pondent leurs œufs, et leurs chenilles se nourrissent des feuillages.
  • Chez les oiseaux, les merles, grives, roitelets, troglodyte mignon ou encore la chouette hulotte y trouvent un environnement favorable pour nicher.
  • Quantité d’insectes hivernent dans son feuillage : chrysopes, syrphes, coccinelles.
À gauche, un papillon vulcain sur des feuilles de lierre rampant. À droite, un merle noir, encore juvénile dans un massif de lierre.

À gauche, un papillon vulcain sur des feuilles de lierre rampant. À droite, un merle noir, encore juvénile dans un massif de lierre.

Le lierre joue donc le rôle d’hôtel à insectes naturel, et trouve ainsi toute sa place dans un ​jardin en permaculture​.

 

Du nectar et du pollen pour les butineurs

Grâce à sa floraison tardive, le lierre fournit du nectar et du pollen aux insectes butineurs à un moment de l’année où la nourriture se raréfie. Il permet aux mouches, syrphes, ​abeilles​, guêpes, bourdons, papillons de compléter leurs réserves avant l’hiver.

Petite anecdote : une abeille, la collète du lierre, tire son nom de la plante, dont elle se nourrit quasi exclusivement.

Les abeilles comme de nombreux autres insectes pollinisateurs se régalent du pollen de lierre grimpant, plus que bienvenu en période automnale.

Les abeilles comme de nombreux autres insectes pollinisateurs se régalent du pollen de lierre grimpant, plus que bienvenu en période automnale.

De la nourriture pour les oiseaux

La beauté de l’histoire, c’est que le lierre produit des fruits mûrs en fin d’hiver. Encore une période de l’année où les ressources alimentaires sont limitées pour la faune. Cette nourriture est donc la bienvenue pour les oiseaux comme les mésanges, moineaux et geais qui s’en délectent.

 

Le lierre grimpant​ ​: une plante protectrice

Le lierre n’est pas un parasite

Contrairement aux idées reçues, le lierre n’est pas un parasite. Il n’aspire pas la sève des arbres. Pour se nourrir, il utilise ses propres racines bien ancrées au sol. Ses crampons lui permettent de s’accrocher à l’écorce des arbres qu’il utilise comme support pour aller capter la lumière, et réaliser sa photosynthèse.

De la même manière, il n’étouffe pas non plus les arbres. Il n’atteint jamais la canopée, ce qui permet aux arbres de continuer à faire leur propre photosynthèse.

Arbre dont le lierre a colonisée le tronc sans, pour autant, atteindre sa canopée, il n’y a donc pas de problème de concurrence pour la lumière et les deux plantes tirent profit l’une de l’autre ! Un vrai partenariat gagnant/gagnant.

Arbre dont le lierre a colonisée le tronc sans, pour autant, atteindre sa canopée, il n’y a donc pas de problème de concurrence pour la lumière et les deux plantes tirent profit l’une de l’autre ! Un vrai partenariat gagnant/gagnant.

Peut-être avez-vous déjà vu un lierre recouvrir un arbre lors d’une balade en forêt ? Cela arrive uniquement dans les cas où l’arbre est vieux ou malade.

Le lierre protège les arbres

Le lierre protège les arbres de plusieurs manières :

  • En formant une barrière thermique, il les isole et les protège des températures extrêmes, que ce soit le gel ou les fortes chaleurs de l’été.
  • En attirant quantité d’insectes, il héberge le ou les prédateurs capables de réguler d’éventuelles attaques de ravageurs.
  • En formant un couvre-sol à leur pied, il les aide à maintenir l’humidité dont ils ont besoin.

Donc si du lierre pousse sur vos arbres, pas d’inquiétude, c’est plutôt une bonne chose.

Lierre rampant au pied des arbres et formant un super couvre-sol protecteur !

Lierre rampant au pied des arbres et formant un super couvre-sol protecteur !

Le seul moment où vous devez prêter attention à son développement sera s’il pousse sur un jeune arbre ou sur un vieux fruitier. Il pourrait dans ce cas particulier prendre le dessus.

 

Le lierre protège les murs d’habitation

Autre idée reçue : le lierre abimerait les murs d’habitation. C’est peut-être vrai s’il pousse sur un mur déjà endommagé. Mais sur un mur en bon état, sa présence n’est que bénéfique.

  • Il constitue une protection contre les pluies qui érodent les joints et les pierres.
  • Il isole le mur, et exerce un rôle de régulateur thermique, protégeant des fortes chaleurs de l’été, ou du froid de l’hiver. Une aubaine, à l’heure où l’on cherche à réduire nos dépenses énergétiques.

Faire pousser du lierre sur les murs de sa maison est donc une solution naturelle et économique pour compléter son isolation thermique. Attention toutefois à limiter son développement pour qu’il n’atteigne pas la toiture ni les gouttières, car là il pourrait causer quelques dégâts.

Le lierre grimpant peut aussi renforcer l’isolation thermique des maison en plus de les embellir !

Le lierre grimpant peut aussi renforcer l’isolation thermique des maison en plus de les embellir !

 

Une plante dépolluante, médicinale et nettoyante

Une plante dépolluante

Le lierre est également une plante dépolluante. Il est connu notamment pour absorber le benzène dans l’atmosphère, causé par les réactions de combustions : tabac, moteurs, industries. C’est donc un atout santé, quand on sait que le benzène est responsable de certains cancers.

Le lierre​ ​: une plante médicinale

Le lierre n’est pas une plante comestible pour l’Homme. Elle est toxique. Mais elle était jadis utilisée en tant que plante médicinale pour soigner les problèmes de toux ou les douleurs. Elle donnerait également des résultats intéressants pour les soucis de peau – cors, cellulite – grâce à ses feuilles lobées utilisées en cataplasme.

Mais attention, ne jouez pas aux apprentis sorciers. Renseignez-vous auprès de personnes compétentes avant de tenter une quelconque utilisation.

Connaissez-vous la recette de la lessive au lierre​ ​?

Lessive au lierre en préparation : ultra simple, disponible gratuitement presque partout, efficace et écologique ! Pourquoi s’en priver !

Lessive au lierre en préparation : ultra simple, disponible gratuitement presque partout, efficace et écologique ! Pourquoi s’en priver !

Eh oui, le lierre a plus d’un tour dans son sac et nous surprend encore une fois. Contenant de la saponine à l’action moussante, il peut être utilisé comme nettoyant. Si vous êtes en panne de lessive ou que vous voulez faire des économies et réduire vos déchets, partez pour une petite séance de cueillette. 100 g de feuilles bouillies 15 minutes dans 1 L d’eau et macérées toute une nuit, vous donneront de quoi laver votre linge. À utiliser surtout pour le linge de couleurs, car cette lessive a tendance à faire griser les blancs.

 

Le lierre grimpant à croissance rapide​ ​: comment l’utiliser au jardin​ ​?

En couvre-sol au pied des arbres

Le lierre pousse vite. En tant que ​plante rampante,​ il est capable de recouvrir une grande surface en très peu de temps. Cette caractéristique fait de lui un excellent couvre-sol, notamment au pied des arbres où la lumière est faible, et où peu de plantes se plaisent.

Pour habiller les murs

On aime aussi l’utiliser dans les cours sombres des villes. C’est l’une des rares ​plantes grimpantes​ qui s’y développe sans difficulté, habille des murs souvent tristes, et apporte de la fraîcheur en été, tout en servant de corridor écologique.

Le lierre se prête aussi volontiers à une culture en bac : on peut le laisser retomber ou le faire courir sur un support pour plantes grimpantes.

Mur habillé de lierre grimpant qui, après être grimpé d’un côté, redescend de l’autre côté au fur et à mesure de sa croissance !

Mur habillé de lierre grimpant qui, après être grimpé d’un côté, redescend de l’autre côté au fur et à mesure de sa croissance !

En mélange avec d’autres variétés de lierre

Si vous trouvez qu’une ​haie de lierre grimpant sur un grillage​ est trop monotone, n’hésitez pas à jouer avec ses différentes variétés. Vous obtiendrez ainsi un tableau aux tonalités élégantes et subtiles : feuillages foncés, plus clairs, argentés et panachés.

En association avec d’autres plantes grimpantes

Vous pouvez également l’associer à d’autres plantes grimpantes à croissance rapide comme la clématite grimpante qui réveillera cet écran végétal de ses jolies fleurs printanières ou estivales. Vigne, passiflore, houblon ou encore glycine se marieront également à merveille avec le lierre. Attention de bien tenir compte des besoins d’exposition de ces plantes grimpantes, qui elles, préfèrent les situations ensoleillées.

Les clématites grimpantes, s’enroulant à leur support grâce à leurs vrilles, seront du plus bel effet associées à du lierre grimpant !

Les clématites grimpantes, s’enroulant à leur support grâce à leurs vrilles, seront du plus bel effet associées à du lierre grimpant !

 

Quand planter le lierre​ ​?

Pour installer le lierre chez vous, vous pouvez :

  • Soit faire des boutures : le lierre poussant spontanément dans beaucoup d’endroits, vous n’aurez pas de mal à en trouver.
  • Soit l’acheter en pot en pépinière. Vous aurez ainsi le choix des variétés, des feuillages.

Plantez-le au printemps ou à l’automne pour qu’il bénéficie des pluies de saison, et reprenne plus facilement.

Ce qu’il faut retenir sur le lierre

On ne vous a pas menti, le lierre est vraiment une plante extraordinaire. Plante grimpante au feuillage persistant, il est particulièrement apprécié en permaculture pour les nombreuses fonctions qu’il remplit :

  • refuge pour la biodiversité ;
  • couvre-sol ;
  • régulateur de température ;
  • esthétique ;
  • dépolluante ;
  • médicinale ;
  • nettoyante.
Maintenant que vous connaissez mieux le lierre et ses nombreux atouts, n’hésitez-plus à lui ouvrir la porte de votre jardin en permaculture ;) !

Maintenant que vous connaissez mieux le lierre et ses nombreux atouts, n’hésitez-plus à lui ouvrir la porte de votre jardin en permaculture 😉 !

 

Avoir du lierre près du potager, un atout de taille !

Comme on vient de le voir, le lierre est un véritable hôtel à insectes naturel qui favorise la biodiversité et donc la résilience dans les jardins en permaculture. C’est pourquoi, dans notre concept de potager-école pour apprendre à devenir un jardinier expérimenté, nous avons inclus le lierre dans la zone de biodiversité prévue à proximité des zones de cultures potagères ! Pour en savoir plus sur cette formation potagère en permaculture, cliquez sur le bouton ci-dessous !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Si vous ne savez pas comment vous y prendre ni par où commencer pour faire votre potager en permaculture et tendre ainsi vers plus d'autonomie alimentaire, découvrez notre concept de potager-école avec un accompagnement pas à pas sur 3 ans pour faire de vous un jardinier en permaculture confiant et expérimenté !

Sur le même thème

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

Le Sens de l’Humus vous souhaite la bonne année !

Jeudi dernier, le soleil était à son zénith tandis que nos corps, réchauffés par une séance de Qi Gong, posaient avant de se mettre à jardiner collectivement lors d’une belle matinée de jardin solidaire au jardin Pouplier. 

L’année recommence : espérons que l’horizon se dégage à mesure que les jours se rallongent.  

On vous et on nous souhaite une année politiquement offensive. Pour cela, c’est un combat au quotidien, individuel et collectif, un combat vert tout autant qu’un combat jaune. Il s’agit de lutter contre ce monde marchand et ses projets destructeurs, contre l’intoxication du monde dû à la décadence de ce système capitaliste.  

En 2021, on rêve d’un déferlement de solidarités, d’un bouillonnement social et culturel, et d’une vague d’autogestion. On aspire à un débordement de vies sous toutes ses formes, à une attention renouvelée au soin et à prendre soin de ce monde vivant. Et enfin, on continuera de militer et d’agir toujours davantage pour une vague de ré-ensauvagement de nos villes, de nos jardins et de nos esprits.   

Le Sens de l’Humus,

Des nouvelles du jardin Pouplier

-> Pour adhérer c’est sur la droite !

Et pour aller plus loin :

A écouter :
Fatima Ouassak : puissance des mères, écologie et quartiers populaires
A regarder :
Isabelle Stengers : faire commun face au désastre
A lire :
La lutte paie : mine de rien, les écologistes remportent de nombreuses victoires
A soutenir :
Pour une Ecole des tritons au coeur de la zad NDDL

Les copeaux de bois en paillage

Parmi les diverses opportunités de paillage permettant d’assurer la pérennité au sol et d’inviter la fertilité dans le jardin, les copeaux de bois en vrac constituent une perspective non négligeable (si adaptée à votre contexte !). Dans ce dossier, nous vous expliquerons ce qui se cache derrière cette appellation, mettrons en évidence les inconvénients et les avantages du paillage de copeau de bois et vous expliquerons comment utiliser ce broyat de bois dans votre jardin en permaculture !

Qu’est-ce que le paillage de copeaux de bois ?

Dans paillage de copeaux de bois, il y a… paillage, bois et copeaux. Mais détaillons un peu cette Lapalissade, car elle nous en apprendra beaucoup sur les diverses possibilités offertes par le bois en guise de paillage. Pailler aux copeaux de bois consiste donc à recouvrir le sol et le protéger avec une couche plus ou moins épaisse de bois broyé issu, de préférence, d’arbres feuillus.

Illustration des 3 types de copeaux ou broyats de bois : frais, mixtes et secs.

Illustration des 3 types de copeaux ou broyats de bois : frais, mixtes et secs.

Il n’existe pas UN paillage de copeaux, mais cette appellation recouvre en fait plusieurs types de broyats réalisés avec des résidus de taille d’arbres :

  • Du broyat sec, fait à partir de bois (ou d’écorces) morts et secs
  • Du broyat frais fait à partir de bois bien vivant qu’on vient de tailler, et si ce bois vivant est exclusivement fait de jeunes rameaux, on parlera alors de BRF ou Bois Raméal Fragmenté.
  • Du broyat mixte contenant un mélange des deux précédents !

 

Avantages et inconvénients de ce type de paillage :

Les avantages des copeaux de bois en paillage :

 

Exemple de chemin paillé avec des copeaux de bois ce qui limite la poussée des adventices et donc l’entretien sur ce passage.

Exemple de chemin paillé avec des copeaux de bois ce qui limite la poussée des adventices et donc l’entretien sur ce passage.

  • C’est un paillis de longue durée qui en couche d’une bonne dizaine de cm peut durer plusieurs années (comme l’écorce de pin).
  • Répandu dans les allées, il limite la pousse d’adventices et possède une plus-value esthétique indéniable. Surtout si vous mêlez différentes essences de copeaux de bois dans votre paillage en vrac.
  • C’est un paillage qui favorise l’apparition de champignons pouvant entrer en mycorhize avec les racines des plantes cultivées, les rendant plus résilientes et plus fortes.
  • La dégradation des copeaux de bois améliore la structure du sol et permet, dans un temps plus ou moins long selon le type de copeaux de bois utilisés, de créer de l’humus et de la fertilité, même en sol ingrat !
  • C’est un paillage qui stimule la vie du sol et retient bien l’humidité
  • Plus sa couche est épaisse, plus l’apport en minéraux sera important.
  • Il permet de transformer un « déchet » produit lors de la taille des arbres en excellente ressource tout en s’économisant des allers-retours à la déchèterie 😉 et de conserver, cycler les nutriments sur notre site, deux principes de permaculture fondamentaux 😉
Les copeaux de bois ou broyats de bois en paillage favorisent l’apparition de champignons mycorhiziens.

Les copeaux de bois ou broyats de bois en paillage favorisent l’apparition de champignons mycorhiziens.

Les inconvénients des copeaux de bois en paillage :

  • S’il n’y a que du bois sec dans le broyat, cela reste un paillage assez pauvre en nutriments et notamment en azote.
  • Il peut générer, en surface du sol, une faim d’azote assez importante en début de dégradation qui peut être gênante au potager pour de jeunes plants. La faim d’azote vient du fait que les bactéries et micro-organismes qui décomposent la matière organique principalement carbonée qu’est le bois ont besoin d’azote pour cette tâche et le prélèvent, sous sa forme minérale, dans le sol où ils se trouvent. Il n’est donc plus disponible pour les jeunes plantes cultivées. Pour en savoir plus sur l’importance de l’azote dans le sol, lisez notre article sur le cycle de l’azote.
  • La terre recouverte d’une épaisse couche de copeaux de bois mettra plus de temps à se réchauffer au printemps pouvant faire prendre du retard à certaines cultures.
  • Peut surchauffer quand il est mis en couche trop épaisse et humidifiée (c’est d’ailleurs de ce phénomène que Jean Pain a créé sa méthode de compost !) et asphyxier les jeunes arbres notamment si le point de greffe est recouvert.
  • Il est assez onéreux à l’achat. Le prix au m3 des copeaux de bois n’est pas des plus économiques. Préférez le réaliser vous-même pour éviter de faire un chèque en bois 😊 !
Copeaux de bois secs stockés en tas à l’abri des pluies.

Copeaux de bois secs stockés en tas à l’abri des pluies.

 

Le BRF un paillage de copeaux de bois très spécial

Les copeaux de bois du type BRF qui signifie Bois Raméal Fragmenté proviennent uniquement d’un broyat de jeunes rameaux encore vivants. Ces rameaux, de feuillus principalement, auront un diamètre inférieur à 7 cm et porteront des feuilles ou des bourgeons bien vivants. Il est recommandé de broyer les rameaux rapidement après leur taille (de préférence dans les 72h) et de les mettre au sol tout de suite après broyage pour profiter au maximum des bienfaits du BRF.

Pour en savoir plus, lisez notre article sur le BRF 😉

 

Les copeaux de bois mixte :

Ce paillage de copeaux de bois est réalisé avec un mélange de branchages secs et de rameaux verts. Il s’agit de résidus de tailles de bois dont certains seront morts et d’autres encore vivants. C’est ce que produisent le plus souvent les particuliers équipés d’un broyeur et qui ne feront pas forcément le distinguo entre les jeunes rameaux et les branches mortes à partir du moment où leur diamètre permet un passage au broyeur (souvent jusqu’à 4 cm de diamètre pour les broyeurs domestiques performants). Il peut même contenir une partie de résineux…même si on les déconseille généralement car ils sont réputés acidifier les sols à la longue, il semblerait que si leur proportion dans votre broyat reste autour des 20% du total des matériaux broyés, il n’y ait pas d’incidence négative des résineux dans le paillage de copeaux de bois. Après tout, c’est aussi un principe de permaculture : favoriser la diversité !

Faire son propre broyat de bois grâce à un broyeur domestique performant permet de cycler les nutriments sur site et de ne plus avoir à faire d’aller-retour à la déchèterie.

Faire son propre broyat de bois grâce à un broyeur domestique performant permet de cycler les nutriments sur site et de ne plus avoir à faire d’aller-retour à la déchèterie.

 

Quand et comment utiliser les copeaux de bois au jardin en permaculture ?

Les paillages aux copeaux de bois peuvent se faire toute l’année, mais leur productions correspond souvent avec les grandes périodes de tailles des arbres et arbustes à savoir principalement à l’automne et à la fin d’hiver /début de printemps (même si des tailles, plus ponctuelles se font aussi en été…). Il s’agit d’un paillage en surface ou légèrement incorporé aux premiers cm du sol mais on évitera de l’enfouir profondément pour ne pas perturber la vie du sol.

Selon l’utilisation qu’on souhaite en faire, les périodes d’application varient…

 

Pailler aux copeaux de bois toute l’année :

Les copeaux de bois sont un excellent paillage, toute l’année, pour :

  • Les haies d’arbres et arbustes qu’elles soient brise-vent, champêtres, fruitières ou ornementales. Les copeaux de bois protégeront aussi bien les jeunes arbres fraîchement plantés comme ceux déjà plus installés. Les haies se paillent généralement à la plantation (donc souvent en automne / hiver) et le paillage au copeaux de bois peut être entretenu tout au long de l’année par des ajouts pour maintenir une bonne épaisseur au fur et à mesure des dégradations. On veillera quand même, sur les jeunes arbres notamment, à ne pas recouvrir de copeaux de bois les points de greffe et à laisser respirer l’arbre en laissant un peu d’espace entre le paillage de copeaux de bois et le tronc.
  • Les massifs ornementaux, là encore à pailler dès leur plantation et à entretenir au besoin en cours d’année.
  • Les plantes vivaces herbacées bien installées (rhubarbe, consoude, asperges…)
  • Les spirales aromatiques où les aromates sont déjà bien installés.
  • Les petits fruits type framboisiers, myrtilliers, groseilliers, cassissiers…
Framboisiers, cassissiers et autres arbustes à petits fruits paillés aux broyats de bois.

Framboisiers, cassissiers et autres arbustes à petits fruits paillés aux broyats de bois.

 

Attention à l’utilisation des copeaux de bois au potager :

Au potager, les avis divergent sur l’utilisation des copeaux de bois.

Pour commencer, on préfèrera plutôt y mettre du BRF car celui-ci est beaucoup plus riche en nutriments que le bois sec. Mais un mix de copeaux secs et frais pourra aussi convenir si c’est tout ce qu’on a sous la main, ça sera mieux que rien 😉 !

Même si certains préconisent de, systématiquement, pailler tous les ans avec du broyat de bois, il s’agit souvent de professionnels ou de jardiniers très expérimentés comme, par exemple, Jean-Marie Lespinasse dans son potager naturel.

Buttes potagères nouvellement créées et paillées à l’automne avec du broyat de bois divers.

Buttes potagères nouvellement créées et paillées à l’automne avec du broyat de bois divers.

 

Si vous débutez, on vous conseille plutôt, pour relancer l’activité biologique de votre sol, une utilisation ponctuelle au potager en permaculture, à faire une fois, massivement à l’automne sur vos futurs supports de culture ou vos buttes si vous en avez fait. Ensuite, pour maintenir une couverture du sol correcte au potager, vous pourrez apporter, dès le printemps suivant, d’autres types de mulchs avec d’autres matières organiques (tontes, paille, foin, déchets de cuisines, feuilles mortes…) sans hésiter à faire des mélanges pour, une fois encore, diversifier vos apports de nutriments et bichonner vos chers légumes !

Quel sera le support de culture idéal pour votre jardin ?

En permaculture, chaque choix doit être réfléchi au regard de ses contextes et objectifs propres. C’est le cas pour le paillage au copeaux de bois comme on vient de le voir dans cet article et c’est aussi le cas pour les supports de cultures. Alors lequel sera idéal pour vous ? Pour le déterminer, faites confiance à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ». Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus !

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

Sur le même thème

Le bokashi, un composteur de cuisine

Le bokashi, un composteur de cuisine

Tout droit venu du Japon, le ​bokashi​ est une méthode de compostage alternative au compostage traditionnel et au vermicompostage. Signifiant « matière organique fermentée », il produit du ​compost​ grâce à un processus de fermentation. Ce ​composteur de cuisine...

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

La haie persistante composée d’arbustes

Les végétaux à feuillage persistant présentent de nombreux attraits dans un jardin. Ils permettent d’avoir une masse feuillée même pendant l’hiver, ce qui contribue à structurer l’espace. Mais leur présence dans une haie peut aussi apparaître un peu statique, car figée au cours des saisons. Nous allons voir dans cet article quels sont les avantages et les inconvénients d’une haie persistante et quels sont les végétaux qui peuvent répondre à ces critères.

 

Pourquoi planter une haie persistante ?

Le jardinier fait souvent usage des haies pour s’isoler d’éléments extérieurs à son terrain qui lui déplaisent. Ce peut être une vue disgracieuse à masquer, pour s’isoler d’un vis-à-vis avec les voisins ou contrer des vents dominants (haie brise vent) et créer un cocon jardiné.

Les haies d’arbustes sont généralement de véritables refuges pour la faune, d’autant plus quand leur feuillage est persistant !

Les haies d’arbustes sont généralement de véritables refuges pour la faune, d’autant plus quand leur feuillage est persistant !

 

L’intérêt des végétaux persistants, c’est que leur robe feuillée existe quelle que soit la saison, mais en contrepartie, celle-ci reste toujours la même au fil du temps. Cette permanence du feuillage présente un avantage pour les oiseaux, qui trouvent des refuges pour s’isoler des prédateurs et du climat hostile à toutes les saisons. Plus généralement, l’installation de haies permet l’accueil de nombreuses espèces, directement ou indirectement (hérisson, chauve-souris…).

Cependant, pour le jardinier, le décor reste le même, à toutes les périodes. Cela peut aussi engendrer une certaine lassitude : la haie ne marque pas le passage des saisons, lequel est pourtant un élément réjouissant lorsque l’on cultive, chaque saison apportant son lot de présents.

Haie persistante mais aussi très monotone de thuyas formant un mur vert peu attrayant.

Haie persistante mais aussi très monotone de thuyas formant un mur vert peu attrayant.

Par ailleurs, lorsque l’on chemine dans des quartiers dont les jardins sont bordés de haies persistantes, le paysage engendré est très monotone et peu accueillant. Cela crée un sentiment d’hostilité vis-à-vis du promeneur, comme si chaque jardin était sur la « défensive ». On est loin des « jardins avant » que l’on trouve aux Pays-Bas, où chaque habitant rivalise avec son voisin pour créer un décor jardiné des plus accueillants…

 

Structurer le jardin

Une haie persistante peut aussi être utilisée pour structurer le jardin.Elle forme une toile de fond qui peut servir à mettre en avant les massifs et végétaux qui se trouvent devant elle. Sa couleur, souvent sombre, fera ressortir les plantations mises devant, que l’on choisira en ce cas avec des couleurs vives, pour contraster.

 

Exemple de haie persistante utilisée pour structurer un jardin et mettre en valeur les plantations fleuries en amont.

Exemple de haie persistante utilisée pour structurer un jardin et mettre en valeur les plantations fleuries en amont.

En matière de structuration de jardin, comment ne pas évoquer les jardins à la française, qui utilisent abondamment les haies persistantes taillées pour créer des pièces de jardin ? Ces haies isolent des portions de jardin, qui, lorsque l’on chemine, s’offrent au regard les unes après les autres. Les haies servent ici à ne pas dévoiler le jardin d’un seul tenant, et peuvent aider à créer des perspectives intéressantes. Elles participent à modifier la perception de l’espace. L’usage des haies, dans un jardin tout en longueur par exemple, peut être opportun afin de casser la linéarité de la parcelle.

 

Composer sa haie persistante

Le bon sens impose, quoique certain en pense, de composer une haie avec des arbustes persistants de différentes essences. En effet, la monoculture est le fait de l’homme, elle n’existe pas dans la nature. Pour quelles raisons ? La diversité offre une meilleure résilience aux écosystèmes. En monoculture, si une des plantes est attaquée par une maladie, c’est l’ensemble des plantes voisines qui seront à leur tour malades. Et si le mal est grave, on perdra tous les végétaux.

À l’inverse, dans une plantation diversifiée, ce sont les seuls individus malades qui seront attaqués, et non pas l’ensemble, la perte est minimisée. C’est un principe de permaculture : favoriser la diversité.Varier les essences permettra aussi d’offrir des ressources différentes à la faune et évitera cet effet de « mur végétal », qui n’a rien à envier à un mur en béton.

La variété des essences permettra donc à la haie, toute persistante qu’elle est, d’offrir différents visages, et donc d’égayer le jardin. Cet atout nous semble important lorsqu’il s’agit de mettre en place une haie pour ceinturer son jardin. En revanche, pour une haie que l’on planterait pour servir de toile de fond, l’enjeu étant d’attirer les regards plutôt sur la scène avant, la haie, en ce cas, doit se faire plus discrète. Une haie sans grande variation au fil des saisons pourra donc convenir.

 

Une haie persistante variant au fil des saisons

Nous allons explorer quelques essences qui peuvent répondre aux critères de feuillage persistant et d’apport d’un peu de fantaisie selon les saisons.

La viorne-tin (Viburnum tinus) présente un feuillage persistant aux tonalités sombres. Elle produit une floraison blanche en hiver, qui est suivie par une fructification en petites boules noires attractives pour les oiseaux. C’est un des rares arbustes fleurissant aussi tôt en saison. On l’utilisera de préférence pour des emplacements abrités des gels importants.

Les mahonias (Mahonia sp.), présentent un feuillage persistant très découpé, rappelant les feuilles du houx, mais en plus grandes. Les feuilles ont une coloration vert foncé, mais lorsqu’elles débourrent, sont souvent dans des tons de rouge. Les mahonias présentent une floraison jaune au printemps ou à l’automne, qui offre un parfum très agréable (certains cultivars ont même un parfum rappelant le muguet). Leur silhouette étant un peu lâche, ils ne sont pas appropriés pour former des haies taillées, strictes.

Viorne-tin (à droite) et Mahonia (à gauche), en plus de leur feuillage persistant, offrent de jolies floraisons mellifères et des fructifications qui plaisent beaucoup aux oiseaux !

Viorne-tin (à gauche) et Mahonia (à droite), en plus de leur feuillage persistant, offrent de jolies floraisons mellifères et des fructifications qui plaisent beaucoup aux oiseaux !

Sous un climat plutôt frais et avec un sol au pH acide, on pourra planter des rhododendrons (Rhododendron sp.). Leur feuillage persistant très robuste s’égaye d’abondantes et spectaculaires floraisons au printemps. Les nombreux cultivars développés par les pépiniéristes déploient une gamme de couleur très abondante, allant du rose, au rouge, en passant par le violet, le rose ou le blanc. Parfait pour une haie fleurie.Toujours sur sol acide et frais, on pourra implanter des piéris (Pieris sp.). Leur feuilles étroites, luisantes, ont une coloration rouge vif lorsqu’elles sont jeunes puis deviennent vert foncé. La floraison blanche, en bouquet de petites fleurs odorantes, est printanière. On le plantera en climat doux.

Le photinia (Photinia sp.), présente lui aussi de jeunes feuilles rouges, virant au vert en vieillissant. Il fleurit au printemps en corymbes de petites fleurs blanches. La taille régulière du feuillage permettra d’obtenir de nouvelles pousses rougeoyantes.Certains millepertuis, comme Hypericum ‘Hidcote’ arbore un feuillage persistant sous climat doux et semi-persistant ailleurs, ainsi qu’une floraison en coupe, abondante, jaune vif en été. La floraison est longue, de juin à octobre : c’est une sélection horticole extrêmement florifère.

Exemples d’arbustes persistants changeant au fils des saisons avec de superbes floraisons et/ou de jeunes feuilles aux couleurs chatoyantes : rhododendron, pièris, photinia, millepertuis ‘Hidcote’

Exemples d’arbustes persistants changeant au fils des saisons avec de superbes floraisons et/ou de jeunes feuilles aux couleurs chatoyantes : rhododendron, pièris, photinia, millepertuis ‘Hidcote’

 

Une haie persistante pour structurer l’espace

Pour composer une toile de fond au jardin et créer par la même une haie brise vue, on pourra planter des troènes (Ligustrum sp.). Les différentes espèces présentent des feuilles plus ou moins grandes. Toutes se prêtent bien à la taille. Attention cependant au chèvrefeuille à feuilles de buis (Lonicera nitida) qui a la fâcheuse habitude de gagner du terrain en enracinant ses rameaux : il faut le tailler régulièrement et veiller à bien le maîtriser.

Les buis (Buxus sp.) largement utilisés en art topiaire, sont de bons candidats pour cet emploi. Cependant, depuis quelques années, ils sont attaqués par une chenille, la pyrale du buis, qui crée des dommages importants aux végétaux, pouvant conduire à leur mort.

Les houx (Ilex sp.) avec leurs belles feuilles vert foncé luisant, forment de belle toile de fond. Ce sont des espèces dioïques, aussi, pour bénéficier de leurs élégantes baies rouges, il conviendra de planter un pied mâle et un pied femelle. Les pieds femelles arborent, au printemps, de petites fleurs blanches que les abeilles butinent abondamment.

Les lauriers peuvent aussi convenir à la mise en scène. On utilise les feuilles du laurier noble (Laurus nobilis) dans les bouquets garnis : après chaque taille, une récolte pour parfumer les plats est assurée !

Exemples d’arbustes persistants parfaits pour structurer un jardin avec des feuillages verts intenses : troènes, buis, houx, lauriers…

Exemples d’arbustes persistants parfaits pour structurer un jardin avec des feuillages verts intenses : troènes, buis, houx, lauriers…

 

Un élément, plusieurs fonctions

Nous venons de le voir, une haie persistante peut avoir plusieurs usages. Mais outre répondre à ces besoins, elle peut aussi offrir des floraisons variées au cours des saisons, ou de jeunes feuilles aux tonalités vives. Les haies persistantes, permettent également de façonner le jardin lorsqu’on les emploie au cœur du terrain : l’imagination du jardinier sera alors la seule limite !

 

Plantez votre abondance et votre résilience avec nos haies de permaculture !!!

Découvrez 9 compositions végétales « clé en main » pour remplir diverses fonctions dans votre jardin en permaculture comme stopper les pollutions voisines mais aussi produire du bois de chauffe, une abondance de petits fruits pour les gourmands ou encore une palette de saveurs surprenantes pour les cuistots…! Pour en savoir plus sur ces propositions de haies et leurs thématiques, cliquez sur le bouton ci-dessous !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Pour vous protéger des pollutions, du gibier, des regards mais aussi produire du bois, de la nourriture et attirer un maximum de biodiversité chez vous, découvrez nos haies en permaculture à travers 9 thématiques répondant à des besoins courants et essentiels !

Sur le même thème

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

1312, et maintenant ?…

  Cette année a été une année spéciale pour toutes et tous. Brin de Paille ne fait pas exception. Nous voudrions tout d’abord vous présenter notre année ! Il y […]

Tags:  

Del.icio.us
Facebook
TweetThis
Digg
StumbleUpon



Copyright © Brin de paille [1312, et maintenant ?...], All Right Reserved. 2020.

Le bokashi, un composteur de cuisine

Tout droit venu du Japon, le ​bokashi​ est une méthode de compostage alternative au compostage traditionnel et au vermicompostage. Signifiant « matière organique fermentée », il produit du ​compost​ grâce à un processus de fermentation. Ce ​composteur de cuisine conviendra peut-être à votre contexte urbain pour vous aider à recycler vos biodéchets. Sans plus attendre, découvrez ce qui se cache derrière le bokashi.

 

Le bokashi, un composteur de cuisine alternatif

Une méthode de compostage adaptée à la vie urbaine

Vous vivez en appartement et n’avez pas accès à un système de compostage collectif en pied d’immeuble ? Votre ville n’organise pas le tri ni le ramassage des déchets organiques ? Et pourtant vous aimeriez, vous aussi, recycler vos déchets ménagers ? Le bokashi est peut-être la solution de compostage qui vous satisfera !

De quoi s’agit-il ? C’est un composteur qui se présente dans un contenant de la taille d’une poubelle, muni d’un couvercle hermétique et d’un robinet. Compact, il trouve facilement sa place dans votre cuisine pour accueillir tous vos restes.

Le compostage pour ceux qui ne veulent pas de vers dans leur cuisine

Ç​a ne vous enchante pas vraiment d’avoir des vers qui grouillent dans votre cuisine ? Rassurez-vous ! D’abord, les vers du ​lombricomposteur​ préfèrent rester dans leur litière à manger et dégrader vos épluchures de fruits et légumes, plutôt que d’aller explorer votre appartement.

Ensuite, ils n’interviennent pas dans la méthode de compostage du bokashi. Ici, c’est un tout autre processus qui entre en jeu : la fermentation. Grâce à l’action de micro-organismes efficaces en contexte anaérobie (c-à-d sans dioxygène), la fermentation des restes alimentaires s’active, et transforme les matières.

Exemple de set complet de composteur de cuisine Bokashi - source : hozelock.fr

Exemple de set complet de composteur de cuisine Bokashi – source : hozelock.fr

Au fait, c’est quoi la fermentation​ ​?

Le processus qui s’opère avec le compostage bokashi est une lacto-fermentation ou fermentation lactique. C’est un phénomène naturel qui est utilisé par exemple pour réaliser des yaourts ou conserver des aliments.

Grosso modo, les micro-organismes efficaces – certaines bonnes bactéries par exemple – se nourrissent des glucides présents dans les aliments, et les transforment en acides lactiques. L’augmentation de ces acides lactiques stoppe la putréfaction des aliments. Au bout d’un moment, quand l’acidité est suffisante, le processus s’arrête : les aliments sont prêts pour une longue conservation. Et surtout ils sont très riches en nutriments. C’est exactement ce qu’il se passe avec vos déchets organiques.

Pas de mauvaise odeur dans l’appartement

N’ayez crainte, le bokashi ne sent pas mauvais…tant qu’il reste bien fermé ! Grâce à son couvercle hermétique, le bokashi ne laisse aucune odeur s’échapper dans vos pièces de vie. À l’intérieur, par contre, la fermentation dégage une odeur âcre qui peut être quelque peu désagréable.

Bonne nouvelle : vous n’y serez confronté que 2 min. par jour au moment de verser vos déchets de la journée dans le bokashi. Quoi qu’il en soit, ça n’a rien à voir avec l’odeur des déchets en train de pourrir, mais ça c’est encore une histoire de goût !

Le bokashi pour composter quasiment tous ses déchets

La question qui revient souvent quand on se lance dans le compostage est : que mettre dans le compost ?

Exemples de composteur de cuisine Bokashi dont le contenu, très diversifié, a bien fermenté et va pouvoir être mis au jardin.

Exemples de composteur de cuisine Bokashi dont le contenu, très diversifié, a bien fermenté et va pouvoir être mis au jardin.

Avec le bokashi, c’est simple, tout y passe :

    • les épluchures de fruits et de légumes, y compris les agrumes, les oignons, les échalotes et l’ail
    • le marc de café
    • les coquilles d’œufs
    • les restes de plats cuisinés
    • le pain
    • le riz
    • les pâtes
    • les aliments carnés
    • les croûtes de fromage
    • les petits os ou arêtes
    • les fleurs et feuilles fanées.
    • Comme vous le voyez, le ​composteur bokashi​ permet de recycler la grande majorité de vos déchets de cuisine : c’est un vrai plus quand on cherche à réduire le poids de ses poubelles.

Un compost ultra-riche

Quand le bokashi est plein, et après deux semaines de fermentation, vous obtenez un compost très riche, très concentré, mais aussi très différent de l’image que vous pouvez avoir du compost. Avec le bokashi, les déchets ne sont pas digérés par les vers ou autres décomposeurs du sol. Ils sont fermentés. Bien qu’il y ait eu transformation, ils ressemblent encore beaucoup à leur état d’origine, sous forme de petits morceaux. Et pourtant, la magie a bien eu lieu.
Le bokashi produit également du jus de fermentation tout au long du processus, parfait comme engrais pour vos plantes, à condition de bien le diluer (voir la proportion conseillée plus bas dans cet article).

Le jus de fermentation, qui s’écoule par un petit robinet placé en bas du seau à Bokashi, est recueilli tous les 2 jours environ puis dilué et utilisé au jardin.

Le jus de fermentation, qui s’écoule par un petit robinet placé en bas du seau à Bokashi, est recueilli tous les 2 jours environ puis dilué et utilisé au jardin.

 

Bokashi​ ​: la méthode de compostage

De quoi avez-vous besoin​ ​?

Pour vous lancer dans le ​compost bokashi​, vous avez besoin :

  • d’un ou deux contenants de préférence pour pouvoir organiser une rotation tous les 15
    jours
  • d’activateurs qui permettent de lancer la fermentation. Ils sont composés de son de blé,
    de mélasse et de micro-organismes efficaces (aussi appelés EM).

 

Démarrer son compost bokashi

Au démarrage de votre bokashi, il faut :

  • saupoudrer une dose d’activateurs au fond du contenant ;
  • ajouter les déchets coupés en petits morceaux ;
  • bien tasser ces déchets pour évacuer le maximum d’air ;
  • saupoudrer à nouveau d’activateurs.

 

Verser les déchets une fois par jour dans le bokashi

La fermentation fonctionne uniquement en milieu anaérobie, c-à-d un milieu privé de dioxygène donc sans air. Il faut donc éviter d’ouvrir le bokashi trop souvent. L’idéal, c’est de :

  • conserver vos déchets dans un récipient – bocal, poubelle de table, etc. – tout au long de la journée ;
  • une fois par jour, verser le tout dans le bokashi ;
  • et enfin, recouvrir les déchets d’une dose d’activateurs de compost, avant de refermer précautionneusement.

 

Deux semaines de fermentation

On procède ainsi jusqu’à ce que le bokashi soit complètement rempli.
À​ ce stade, on ajoute une dernière dose d’activateurs, on ferme bien, et on laisse le tout fermenter pendant 2 semaines.

Si on veut pouvoir continuer à composter pendant les 15 jours où le seau plein est mis à fermenter, il est vraiment préférable de s’équiper, dès le départ, de 2 seaux à Bokashi ;) !

Si on veut pouvoir continuer à composter pendant les 15 jours où le seau plein est mis à fermenter, il est vraiment préférable de s’équiper, dès le départ, de 2 seaux à Bokashi 😉 !

C’est là, où il est commode d’avoir un 2e contenant pour pouvoir continuer à composter ses déchets pendant que les restes du 1er contenant se transforment.

 

Comment utiliser son compost bokashi​ ​?

Au bout de 15 jours, vos déchets sont fermentés. Pour autant, ils ne sont pas prêts à être utilisés directement pour nourrir vos plantes.

En ce qui concerne le jus de fermentation, on conseille de le prélever tous les deux jours environ, et de le diluer avec de l’eau à hauteur de 1% soit environ une cuillère à café (5ml) de jus de fermentation pour 0,5 L d’eau.

Équipé d’un pulvérisateur de jardin 12L, Christophe, du bureau d’études PermacultureDesign, dilue le jus de fermentation de son Bokashi à environ 1% dans de l’eau.

Équipé d’un pulvérisateur de jardin 12L, Christophe, du bureau d’études PermacultureDesign, dilue le jus de fermentation de son Bokashi à environ 1% dans de l’eau.

Le mélange eau / jus de fermentation Bokashi est ensuite pulvérisé très facilement au jardin.

Le mélange eau / jus de fermentation Bokashi est ensuite pulvérisé très facilement au jardin.

Ne l’utilisez surtout pas pur sur vos plantes, le coup de ​boost​ risquerait d’être un peu trop violent.

Le compost, lui-même, ne peut pas non plus être utilisé directement dans vos bacs ou pots de fleurs, tant les éléments sont concentrés.

Si vous avez un petit jardin, vous pouvez :

  • ajouter ces résidus dans votre tas de compost traditionnel ;
  • les enterrer ;
  • ou les laisser reposer quelque temps à l’air libre, dans une fosse, pour qu’ils perdent leur acidité, avant de les utiliser comme engrais pour vos plantations.

Après 15 jours de fermentation anaérobie, le contenu de ce composteur Bokashi est mis dans un trou fait dans la terre où il va rester encore quelques jours pour perdre de son acidité.

Après 15 jours de fermentation anaérobie, le contenu de ce composteur Bokashi est mis dans un trou fait dans la terre où il va rester encore quelques jours pour perdre de son acidité.

Ici, le contenu fermenté d’un composteur Bokashi est mis dans une tranchée de terre où il restera pour enrichir le sol en vu de futures plantations.

Ici, le contenu fermenté d’un composteur Bokashi est mis dans une tranchée de terre où il restera pour enrichir le sol en vu de futures plantations.

Offrez votre compost bokashi

Si vous n’avez pas de jardin, vous pouvez faire bénéficier vos voisins, vos amis ou votre famille de votre compost. Ils seront ravis de recevoir ce précieux cadeau qui va fertiliser leurs cultures. Vous pouvez aussi passer une petite annonce sur les sites de partage, ou les groupes de permaculteurs sur les réseaux sociaux. Nul doute que votre trésor suscitera l’intérêt d’amateurs. Ce sera en plus l’occasion de rencontrer des personnes comme vous, engagées dans une démarche écologique de réduction des déchets. De quoi partager vos meilleurs trucs et astuces ! Les propriétaires de ​vermicomposteurs​ ont d’ailleurs déjà ce réflexe pour échanger leurs vers ou leur thé de compost.

 

Acheter ou fabriquer son bokashi

Où se procurer le matériel​ ​?

Comme les ​composteurs de jardin​, les bokashis sont disponibles dans la plupart des jardineries. Ils sont également vendus en ligne. Différents modèles existent, du composteur en plastique très classique au modèle plus design. Les contenances sont variables, et offrent des volumes allant de 10 à 16 L.
Les premiers prix tournent autour de 60 €. Vous trouverez également des offres pour l’achat d’un lot de deux bokashis.
Bien sûr, vous pouvez vous tourner vers l’achat d’occasion, la meilleure solution pour le bien de la planète et de votre portefeuille.
Pour que votre système fonctionne, vous avez besoin d’un stock d’activateurs de fermentation. Comptez une dizaine d’euros pour un sachet d’1 kg qui durera environ 6 mois. De la même manière que pour le bokashi, vous pouvez vous en procurer dans votre jardinerie préférée ou bien sur internet.

 

Exemple de kit complet de composteur de cuisine Bokashi qu’on peut acheter en magasin spécialisé ou sur Internet si on ne souhaite pas se lancer dans une fabrication maison ! - ©Pfctdayelise - CC-BY-SA-3.0

Exemple de kit complet de composteur de cuisine Bokashi qu’on peut acheter en magasin spécialisé ou sur Internet si on ne souhaite pas se lancer dans une fabrication maison ! – ©Pfctdayelise – CC-BY-SA-3.0

 

Fabriquer son bokashi

Fabriquer son bokashi​ maison reste la solution la plus économique pour vous équiper. Alors un peu d’huile de coude, quelques explications et c’est parti ! Pour cela, il vous faut :

  • 2 seaux en plastique avec un couvercle hermétique ;
  • un robinet ;
  • une perceuse.

Le système repose sur un seau percé sur le fond, dans lequel vous allez déposer vos déchets. Ce même seau est à installer au-dessus du 2e – muni d’un robinet – qui lui, recueille les jus. Le tout est protégé d’un couvercle hermétique pour maintenir l’effet anaérobie.

Voici comment procéder :

  • Retournez l’un des deux seaux, et percez des trous sur le fond à l’aide de la perceuse.
  • En bas du 2e seau, percez un trou de taille légèrement inférieure au diamètre
    d’ouverture du robinet, quitte à l’agrandir ensuite si nécessaire.
  • Fixez le robinet grâce au boulon de serrage, à positionner du côté intérieur du seau.
    Et voilà ! Vous avez un bokashi à prix tout doux !

 

Les meilleurs conseils des utilisateurs de bokashi

Rien ne vaut les retours d’expériences ! Voici donc un témoignage de Christophe Curci, cofondateur du bureau d’études Permaculture Design, qui a adopté le compostage bokashi.

Pourquoi aimez-vous tant cette méthode de compostage​ ​? En quoi répond-elle à vos besoins​ ​? Pourquoi la préférez-vous à d’autres méthodes de compostage​ ​?

Avec le bokashi, on peut tout composter (viande, riz, pâtes, oignons..) sans se poser de questions.

 

Quels sont les meilleurs conseils pour un débutant en compostage bokashi​ ​?

Le plus important c’est de prendre le réflexe de couper les restes en petits morceaux.

 

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre avec le bokashi​ ​?

Ne pas trop bourré en haut, cela peut parfois décoller le capot et laisser entrer l’air et du coup la fermentation ne se fait pas (aérobie) et attention aux mouches qui viennent alors pondre dedans.

Exemple de contenu de composteur Bokashi ayant moisi au lieu de fermenter à cause d’une mauvaise fermeture du seau : la présence d’air a empêché la bonne fermentation des déchets qui se sont mis à pourrir.

Exemple de contenu de composteur Bokashi ayant moisi au lieu de fermenter à cause d’une mauvaise fermeture du seau : la présence d’air a empêché la bonne fermentation des déchets qui se sont mis à pourrir.

 

Une fois que le compost bokashi a perdu son acidité, à quelle dose l’utilisez-vous dans vos plate-bandes​ ​?

De mon côté, je fais des tranchées et j’enterre tout directement.

Utilisation du compost Bokashi dans une tranchée dans le jardin en permaculture de la ferme familiale Merci Nature, près de Bordeaux.

Utilisation du compost Bokashi dans une tranchée dans le jardin en permaculture de la ferme familiale Merci Nature, près de Bordeaux.

 

Vous avez d’autres questions ? Posez-les nous dans les commentaires en dessous de l’article.

La méthode du bokashi est un bon exemple de pratique vertueuse inspirée de la nature. En rendant le compostage possible même en ville, elle s’intègre totalement dans la démarche de la permaculture​ : trouver des solutions durables adaptées à chaque situation.

Le compostage bokashi peut se pratiquer en complément d’autres techniques de compostage.

 

Créez facilement votre potager en permaculture !

Si vous souhaitez, dès maintenant, créer votre potager en permaculture en étant guidé(e) pas à pas dans toutes les étapes de réalisation, les gestes techniques et les actions à mener, découvrez notre formation en ligne dédiée. On vous propose un accompagnement, mois après mois, pendant 3 ans ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Si vous ne savez pas comment vous y prendre ni par où commencer pour faire votre potager en permaculture et tendre ainsi vers plus d'autonomie alimentaire, découvrez notre concept de potager-école avec un accompagnement pas à pas sur 3 ans pour faire de vous un jardinier en permaculture confiant et expérimenté !

Sur le même thème

Le bokashi, un composteur de cuisine

Le bokashi, un composteur de cuisine

Tout droit venu du Japon, le ​bokashi​ est une méthode de compostage alternative au compostage traditionnel et au vermicompostage. Signifiant « matière organique fermentée », il produit du ​compost​ grâce à un processus de fermentation. Ce ​composteur de cuisine...

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

Petit marché de Noël le 12 décembre 2020 au jardin Pouplier

Pour fêter cette fin d’année et rêver la prochaine, retrouvons-nous pour un moment convivial et festif ! Nous vous proposons un petit marché de Noël avec des acteurs locaux afin de (re)découvrir leurs créations artisanales. Compte-tenu de la situation sanitaire, le marché se déroulera au jardin Pouplier en extérieur et dans le respect des gestes barrières. 

C’est aussi l’occasion de (re)découvrir et de profiter du jardin dans son manteau d’hiver. De très beaux aménagements ont été réalisés ces derniers mois et nous serions ravi·es de vous les présenter : réaménagement de la mare, nettoyage et terrassement d’une nouvelle parcelle, création de lasagnes de culture, chantier de restauration de murs à pêches, et bien d’autres encore !

Nadia et Yann : Potager en permaculture et plantation d’arbres en sol très sec

Cette vidéo a été tounée à l’été 2019. Le souffle présent sur le son de la vidéo est dû à un souci technique sur le micro au moment de l’interview. Nous l’avons attenué au maximum mais n’avons pas pu le faire disparaître complètement. Merci de votre indulgence.

Nous vous invitons à découvrir le jardin en permaculture de Nadia et Yann, membres de nos formations en ligne, qui nous partagent leur évolution dans leurs pratiques mais aussi dans leur façon de voir les autres et leur environnement depuis leur rencontre avec la permaculture. Un grand merci à Nadia, Yann et leur enfants pour leur accueil chaleureux et les joyeux moments partagés autour de leur table.

 

La permaculture : une façon d’appréhender autrement la vie et son environnement

Nadia : À partir du moment où on commence à s’y intéresser, on ne voit plus la nature de la même façon.

Nous sommes à Hourtuc, sur la commune de Fieux en Lot-et-Garonne. C’est une maison qu’on a rénovée pendant une dizaine d’années, et aujourd’hui, le temps est enfin venu de modifier les extérieurs. On a pas mal de projets à ce niveau, ainsi que dans notre grange qu’il nous reste encore à rénover.

 
Après plusieurs années de restauration leur maison, Nadia et Yann peuvent enfin se consacrer au jardin qu’ils aménagent en permaculture avec l’aide de nos formations en ligne.

Après plusieurs années de restauration leur maison, Nadia et Yann peuvent enfin se consacrer au jardin qu’ils aménagent en permaculture avec l’aide de nos formations en ligne.

On a tous les deux une formation d’ingénieur en agriculture, donc on est intéressés par tout ce qui se passe dans la nature et dans le sol. On a toujours eu un petit potager, en essayant de faire en sorte de produire un peu chez nous… Et puis ça fait partie d’une évolution de vie, d’une certaine recherche d’éthique. Dans mon travail, je n’étais pas très heureuse et j’ai choisi d’emprunter une autre voie. J’ai fait des recherches pour me former sur des choses qui m’intéressaient depuis très longtemps : ça s’est porté sans surprise sur tout ce qui est lié à la nature  ! J’ai trouvé la formation de Permaculture Design, que j’ai suivie, et j’en ai été ravie. J’ai suivi une autre formation sur les plantes sauvages. Voilà. Parallèlement, je pense aussi faire une formation en sophrologie. Pour moi, la permaculture est une façon d’appréhender autrement et la vie,  et notre environnement. Il ne s’agit pas seulement de faire pousser des plantes : il s’agit aussi de se préoccuper de soi, des gens qui nous entourent, et de faire en sorte que l’environnement dans lequel on vit soit agréable et plein de vie.

S’ouvrir aux autres avec tolérance

Il y a beaucoup de choses qu’on faisait par habitude avant, et nos techniques ne sont plus du tout les mêmes aujourd’hui. On accueille beaucoup plus facilement les zones sauvages par exemple. Ça a des conséquences jusque dans les relations qu’on peut avoir avec les autres ; on parlait de tolérance, d’ouverture, eh bien c’est tout à fait ça : grâce à la permaculture, on apprend à s’ouvrir aussi à d’autres façons d’être et de penser.

Le placement du potager en permaculture :  un choix essentiel

Grâce aux outils de design, Nadia et Yann ont déplacé leur potager à un endroit beaucoup plus agréable et accessible pour eux avec des résultats au-delà de leurs espérances.

Grâce aux outils de design, Nadia et Yann ont déplacé leur potager à un endroit beaucoup plus agréable et accessible pour eux avec des résultats au-delà de leurs espérances.

On avait déjà fait des potagers dans une zone éloignée de la maison, et ce n’était vraiment pas pratique. On en avait marre car ça demandait beaucoup de travail. Donc la première étape a été, suite à la formation, de faire en sorte de rapprocher le potager pour qu’il soit mieux intégré à notre vie. On a recherché une zone qui nous convienne et on a mis en place un nouveau potager en permaculture plus proche de la maison.

Un de leurs anciens potagers, toujours cultivé mais pas satisfaisant car placé dans une zone ne leur convenant pas en terme de ressenti et de bien-être.

Un de leurs anciens potagers, toujours cultivé mais pas satisfaisant car placé dans une zone ne leur convenant pas en terme de ressenti et de bien-être.

Le potager qui est derrière existait déjà, mais c’est une zone, parmi celles que l’on découvre quand on fait la formation, où on ne se sent pas très bien, donc il fallait qu’on trouve un autre endroit, où on aimait bien être, pouvoir profiter aussi. Et en fait ça s’est avéré être la partie la plus intime de notre jardin  !

Yann : Je pense que la difficulté vient du fait qu’on a trop de surface. On n’aurait que 2.000 mètres carrés de terrain, on se poserait moins de questions. Mais comme on a un hectare dix-sept, c’est plus compliqué… 

Plantation d’arbres, un moyen efficace d’améliorer le sol sec et les conditions de cultures sur le terrain

Pour se proteger de la route, on a planté de grands arbres parce qu’on aime les grands arbres et qu’il n’y avait rien sur le terrain mais comme c’est très sec, ça met longtemps à pousser.  Intuitivement, on les a planté au nord et on a fait le verger au sud et aujourd’hui on se rend compte que cette haie d’arbres au nord est un atout.

Plantation de grands arbres et notamment de chênes, en sol très sec argilo-calcaire sur la bordure nord de leur terrain.

Plantation de grands arbres et notamment de chênes, en sol très sec argilo-calcaire sur la bordure nord de leur terrain.

Nadia : Parce que la surface était très grande, et qu’on rénovait la maison, financièrement, on ne pouvait pas acheter de grands arbres. On est partis d’arbres qui nous ont été donnés, de tout petits plants. Je suis aussi allée en forêt récupérer des glands pour planter des chênes, du système D quoi ;).

Clé de la réussite : un choix d’essences adaptées au contexte de sol sec et argilo-calcaire

Yann : Mon point de départ, c’est que je n’ai pas d’eau donc j’ai arrosé la première année pour qu’ils survivent, mais après il faut que l’arbre se débrouille, donc quand c’est sec, il faut être super patient. Si on choisit des espèces qui correspondent au sol et au climat, ça marche  ! Avec le terrain argilo-calcaire et le sol sec que nous avons, on n’a pas beaucoup de choix. Mais on a remarqué que les chênes issus du semis de glands sont aussi grands aujourd’hui que ceux qu’on avait acheté et qui avaient pourtant déjà 3 ou 4 ans. C’est génial d’aller voir au printemps comment ses arbres ont poussé  ! “Waouw, il a pris 10 cm, c’est top  !” Bref on est un peu comme des parents qui s’extasient face à leurs gosses  !

Aller observer l’évolution de leur plantations d’arbres, un vrai bonheur pour Nadia et Yann !

Aller observer l’évolution de leur plantations d’arbres, un vrai bonheur pour Nadia et Yann !

Nadia : Les chênes sont des arbres au système racinaire qui permet d’améliorer le sol. Et, en fait, à partir du moment où on a réussi à faire pousser de grands arbres, on a pu beaucoup plus facilement en planter d’autres, parce qu’ils se protègent les uns les autres. Ils créent notamment de l’ombre pour les petits leur évitant d’être en plein “cagnas” comme on dit chez nous.

Des changements impressionnants et positifs grâce à l’aménagement en permaculture

Le design en permaculture, une étape incontournable par laquelle sont passés Nadia et Yann pour bien aménager leur terrain selon leurs objectifs et leur contexte unique afin de le rendre plus autonome et résilient !

Le design en permaculture, une étape incontournable par laquelle sont passés Nadia et Yann pour bien aménager leur terrain selon leurs objectifs et leur contexte unique afin de le rendre plus autonome et résilient !

L’importance du placement des éléments et de commencer petit

Alors bon, tout n’est pas très maitrisé, et c’est à mon avis largement améliorable, mais pour autant c’est une telle joie de voir qu’en fait en faisant petit (parce qu’on avait un potager dans le champs qui était très grand et demandait beaucoup de travail) et en plaçant les choses de façon plus réfléchie, en prenant les choses dans leur ensemble, le rendu est bien meilleur. C’est impressionnant.

Les bienfaits du paillage

La paillage au potager en permaculture : une révélation pour Nadia qui a « changé sa vie » !

La paillage au potager en permaculture : une révélation pour Nadia qui a « changé sa vie » !

Le paillage, ça a été une découverte énorme, puis le placement du potager, le fait de réfléchir à un certain nombre de stratégies sur comment on allait cultiverÇa a changé ma vie. Je ne pensais pas du tout obtenir ça, d’autant plus que c’est très argileux en bas, c’était très humide, et je ne m’imaginais pas du tout avoir ce résultat.

Le respect des zones sauvages aux multiples utilités

Les zones sauvages, je les trouve géniales, parce que ce sont de véritables laboratoires. D’abord, c’est un lieu de découvertes énormes, on s’aperçoit qu’il y a des choses qui n’auraient pas poussé si on n’avait pas laissé faire. En plus, il y a énormément de plantes qui sont comestibles : quand je dis que je vais faire les courses, ça veut dire que je vais dans mon champ, c’est mon petit supermarché à moi  ! En fait, on apprend à observer la nature d’une façon complètement différente. Ces zones sauvages permettent aussi de voir des animaux qui avaient disparu de chez nous et qu’on retrouve enfin, comme des hérissons, des serpents… Et ça permet à tous les petits plants qu’on a plantés d’être protégés, et on s’aperçoit très vite, à la fin d’une saison, que leur capacité à pousser a été décuplée.

Accepter de ne pas systématiquement « faire propre » et maintenir un maximum de zones sauvages pour un retour de la biodiversité tout en obtenant des récoltes très intéressantes et entièrement gratuites grâce aux plantes sauvages comestibles !

Accepter de ne pas systématiquement « faire propre » et maintenir un maximum de zones sauvages pour un retour de la biodiversité tout en obtenant des récoltes très intéressantes et entièrement gratuites grâce aux plantes sauvages comestibles !

Voir son lieu différemment grâce aux principes de permaculture

Chez nous c’est très grand, et on s’imaginait qu’il fallait que tout soit cultivé, super propre, etc. Mais pas du tout  ! En fait, sur une toute petite surface, on peut faire énormément de choses. Et pour moi qui aime bien que les choses soient propres, ça a été un apprentissage de découvrir qu’un potager propre, ce n’est pas forcément un potager complètement désherbé, parce que dans les choses que l’on désherbe, il y a beaucoup de plantes comestibles, et certaines plantes aident les potagères à pousser. Donc ce n’est pas incompatible, et on ne voit pas du tout les choses de la même façon depuis cette formation.

Un grand merci à Nadia et Yann pour leur témoignage, leur accueil chaleureux et leur bonne humeur communicative !!

Un grand merci à Nadia et Yann pour leur témoignage, leur accueil chaleureux et leur bonne humeur communicative !!

 

Pour bien placer les éléments de votre projet en permaculture, faites votre design !!

Comme Nadia et Yann sur leur terrain sec et argilo-calcaire en Lot-et-Garonne, apprenez à concevoir, pas à pas, à votre rythme, votre propre jardin d’Eden résilient et autonome en vous laissant guider par notre formation vidéo en ligne dédiée au design de permaculture. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus.

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

Sur le même thème

Le bokashi, un composteur de cuisine

Le bokashi, un composteur de cuisine

Tout droit venu du Japon, le ​bokashi​ est une méthode de compostage alternative au compostage traditionnel et au vermicompostage. Signifiant « matière organique fermentée », il produit du ​compost​ grâce à un processus de fermentation. Ce ​composteur de cuisine...

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

La paille : en botte, un paillage économique au jardin

En permaculture et plus largement en jardinage naturel, la paille est une matière organique fréquemment utilisée comme mulch. De cet usage ont découlé les termes paillage et paillis aujourd’hui repris pour parler de couverture de sol même quand celle-ci n’est pas faite de paille. Il n’est donc pas toujours évident de savoir à quoi s’en tenir quand vient le moment de choisir une couverture de sol pour son jardin. Aussi, parmi tous les paillages existants, cet article fait un focus sur la paille, ses caractéristiques, avantages et inconvénients pour vous permettre d’y voir plus clair 😉 !

Quelles sont les caractéristiques de la paille pour le paillage du jardin ?

La paille n’est pas le foin

La paille est constituée des tiges sèches de diverses céréales cultivées pour leurs grains et de celles de quelques légumineuses. Les principales céréales qui fournissent la paille sont :

  • L’orge et l’avoine qui donnent de la paille creuse
  • Le blé d’hiver qui donne de la paille plus ou moins creuse
  • Le blé dur, maïs et sorgo qui donnent de la paille pleine
  • Le riz
Récolte de riz dont les tiges résiduelles serviront ensuite de paille.

Récolte de riz dont les tiges résiduelles serviront ensuite de paille.

On ne confondra pas la paille et le foin. Ce dernier provient de la fauche de pâtures ou de prairies naturelles avec des plantes sauvages diverses. Le foin a donc une composition bien différente de la paille et peut contenir des résidus de graines si on le fauche tardivement. Pour en savoir plus, découvrez notre article sur le foin en paillage !

La paille, un sous-produit de l’agriculture

La paille en tant que résidu valorisé des récoltes peut être utilisée dans différents domaines tels que la litière et l’alimentation des animaux, les sources d’énergie (biomasse), comme matériau de construction, ou fabrication du papier.

En tant que matière organique sèche, la paille est adoptée par de nombreux jardiniers pour servir de mulch et donc contribuer à protéger le sol et la vie qu’il héberge.

La paille est souvent utilisée en paillage, notamment au potager en permaculture.

La paille est souvent utilisée en paillage, notamment au potager en permaculture.

 

Une des caractéristiques principale de la paille, sa tendance carbonée

Comparé à d’autres ressources de paillage, la paille affiche un rapport C/N (Carbone / Azote) montrant une prédominance du carbone :

  • Pour la paille d’avoine, de seigle et d’orge, le rapport C/N = environ 50 à 65 c’est-à-dire qu’il y a 50 à 65 unités de carbone pour 1 unité d’azote.
  • Pour le blé, le rapport C/N = 120 à 150 (120 à 150 unités de carbone pour 1 unité d’azote).

 

Où se procurer de la paille pour pailler son jardin ?

En direct des agriculteurs

La paille se trouve majoritairement chez les agriculteurs car très peu de particuliers disposent du matériel et de suffisamment de céréales pour réaliser leur propre botte de paille. Il y en a qui vont jusque-là dans leur auto-suffisance, mais cela reste rare d’autant plus que l’équipement est assez onéreux !

La plupart des utilisateurs se contenteront donc d’acheter de la paille pour jardin auprès de récoltants ou de fermiers voisins.

Quel conditionnement de la paille choisir ?

Gros ballot de paille dans un champ récemment moissonné.

Gros ballot de paille dans un champ récemment moissonné.

Les gros ballots ronds de paille :

  • très volumineux puisqu’ils peuvent peser jusqu’à 300 kg.
  • difficiles à stocker
  • ouverture et retrait de petites quantités de paille parfois difficile
  • conditionnement le plus économique au niveau tarifaire.

 

Les bottes de paille, plus petites que les ballots sont plus facilement transportables et stockables.

Les bottes de paille, plus petites que les ballots sont plus facilement transportables et stockables.

Les bottes de paille : 

  • transport plus facile
  • plus pratiques à stocker
  • plus faciles à ouvrir et utiliser
  • plus chères qu’un gros ballot quand on ramène au prix au kg

 

En jardineries et magasins spécialisés

Avec l’engouement pour le jardinage naturel et la permaculture, les grandes enseignes de jardinerie proposent depuis quelques années de la paille, souvent de blé, conditionnée en emballage carton ou plastique avec des quantités allant généralement de 2 jusqu’à 15 kg. Cependant, ramené au prix au kilogramme ou au litre, cela revient vraiment très cher comparé à l’achat de ballots ou de bottes auprès d’un agriculteur car le prix au kg en jardinerie peut osciller entre 1,40€ et 2,50€ sans pour autant avoir la garantie d’une paille de qualité excempte de produits chimiques nocifs !

 

Le petites annonces en local

On trouve aussi sur les sites de vente de proximité de nombreuses petites annonces de botte de paille à vendre et même de ballot de paille XXL.

Aussi gardez un oeil sur les affichages et petites annonces chez votre pépiniériste ou votre maraîcher local car il arrive que ces derniers développent des partenariats avec des agriculteurs du coin pour vous proposer de la paille de qualité à tarif intéressant. En plus, par ce biais, vous saurez d’où vient cette paille et pourrez vous assurer qu’elle est saine.

Paille de riz mise à sécher après la récolte.

Paille de riz mise à sécher après la récolte.

Et si vous ne trouvez pas ce genre d’annonce chez vos pépinièristes ou maraîchers préférés, vous pouvez peut-être leur souffler l’idée 😉 ou leur demander simplement s’ils ont des contacts à vous communiquer.

 

Quel prix pour la paille ?

Les prix sont très variables, en fonction de l’année mais aussi du conditionnement, du type de culture dont elle provient et de la qualité de la paille qui sera plus chère notamment si elle est issue de l’agriculture biologique.

Par exemple, en direct avec un agriculteur, le prix d’un gros ballot de paille de 300 kg peut aller de 15 jusqu’à 50 € selon les cas.

Quant aux petites bottes de paille de 12 à 15 kg, elles peuvent se trouver à partir de 2 ou 3 € même celles provenant de l’agriculture raisonnée.

Quels sont les avantages d’épandre de la paille pour le jardin ?

 

Plate-bande potagère mulchée avec de la paille.

Plate-bande potagère mulchée avec de la paille.

La paille constitue un paillis léger qui se décompose assez rapidement en nourrissant la vie du sol même si ses apports nutritifs au sol sont relativement faibles comparés, par exemple, à un paillage de BRF.

Ses avantages restent intéressants.

Intérêt économique de la paille :

La paille présente l’énorme avantage d’être très bon marché et accessible à la plupart des budgets. C’est résolument un paillage économique.

Disponible partout en France :

Sauf en cas d’aléas climatiques graves, la paille peut se trouver dans la plupart des régions de France y compris celles qui ne sont pas réputées pour être des greniers à céréales.

Facilité de mise en place :

Le paillage de paille ne nécessite aucune transformation, ni matériel particulier. Des mains et une fourche suffiront bien souvent à son installation dans votre jardin.

La paille est un paillage polyvalent au jardin :

Il convient aussi bien au paillage du jardin d’ornement que du jardin potager, des haies et du verger.

La paille est un paillage polyvalent qui sert souvent au potager.

La paille est un paillage polyvalent qui sert souvent au potager.

Intérêt esthétique de la paille:

Le tapis de paille apporte de jolies nuances dorées dans un jardin ou un potager. Les fraisiers paillés ont aussi belle allure avec leur couleur verte tranchant avec les nuances claires de la paille.

Effet protecteur du sol et des cultures :

La paille partage cet avantage avec la plupart des paillis végétaux. En couche assez épaisse d’au moins une dizaine de cm, elle protège la vie du sol des intempéries, du vent ou des chaleurs excessives.

Elle protège également les plantes du froid car c’est un bon isolant. C’est d’ailleurs pour cela que depuis des siècles, la paille est aussi utilisée dans la construction, par exemple via la technique du torchis où elle est mélangée à de la terre argileuse.

La paille retient l’humidité :

En retenant l’humidité au sol, elle réduit les besoins en arrosage, à condition d’être suffisamment épaisse..

Peu de risque de fermentation :

Puisqu’elle est une matière sèche à la base, la paille ne menace pas de fermenter, ni même de monter en température. Elle n’engendre pas la formation de plaques comme pourraient le faire les tontes de pelouse ou certains autres paillis organiques frais.

 
La paille est une matière sèche ne générant habituellement pas de fermentation ni de montée en température.

La paille est une matière sèche ne générant habituellement pas de fermentation ni de montée en température.

Un entretien réduit :

Une fois mise en place, elle ne nécessite aucun entretien particulier. Il suffit de veiller à ce qu’elle soit en quantité suffisante et donc juste d’en rajouter quand la couche initiale a été bien “digérée” par la vie du sol.

Eviter le pourrissement des fruits et légumes poussant à ras-le au sol :

Epandue autour des jeunes végétaux au moment de leur plantation, elle évite aux futurs fruits d’être en contact direct avec la terre, ce qui peut entraîner leur dégradation avant récolte.  On pense notamment aux plantations de fraisiers.

Réduire les salissures :

La paille réduit notamment les éclaboussures de terre ou de boue dues aux précipitations.

Les inconvénients de la paille en paillage

Peut contenir des traces d’intrants chimiques :

Provenant principalement de l’agriculture, la paille peut bien sûr contenir des résidus de traitements chimiques. On vous conseille donc, au maximum, de rechercher de la paille issue de l’agriculture biologique ou à minima de l’agriculture raisonnée pour éviter d’apporter dans votre jardin des substances indésirables qui pourraient perturber la vie dans votre sol.

Application de produits chimiques sur un champ de céréales en monoculture.

Application de produits chimiques sur un champ de céréales en monoculture.

La paille bio est parfois difficile à trouver :

Trouver de la paille bio à proximité de chez soi peut être un véritable casse-tête. Pourtant, si on s’ancre dans une démarche permaculturelle, on ne souhaite pas introduire les produits chimiques dans son jardin. Pour trouver de la paille bio, il faudra donc souvent faire marcher le bouche à oreille et vous appuyer sur les associations et réseaux locaux pronant une agriculture paysanne bio ou raisonnée afin de trouver le fournisseur idéal pour vous.

Et si, à défaut d’autres matières organiques disponibles en quantité suffisante, vous devez vous rabattre sur de la paille issue de l’agriculture conventionnelle, ayez conscience de cette problématique et pesez bien le pour et le contre avant de vous décider.

Peu nourrissante pour le sol :

Utilisée seule, la paille n’amendera que très peu le sol qu’elle recouvre et pourra même entrainer une faim d’azote dans un sol carencé. Combinée avec des déchets verts, la paille deviendra un apport plus équilibré. On peut aussi prévoir plusieurs arrosages de vos cultures ainsi paillées avec des purins végétaux (ortie, consoude) ou avec votre urine pour ramener de l’azote et bien d’autres nutriments (phosphore, magnésium, potassium…) dans votre sol et ainsi compenser les déficiences de la paille.

Dès le phénomène de décomposition de la paille bien avancé, ce déficit en azote ne sera plus à craindre.

La paille reste bien évidemment plus nutritive qu’un paillage minéral d’ardoise ou une bâche plastique !

Paille servant de mulch principal sur une butte de culture potagère.

Paille servant de mulch principal sur une butte de culture potagère.

 

La paille s’envole :

Quand le vent souffle, la paille encore bien sèche a tendance à s’envoler !

Il suffira de maintenir ce paillage par des branchages ou des galets ou encore de bien entremêler les couches. Un bon arrosage lui évitera aussi de s’envoler au gré du vent.

Certains types de pailles peuvent avoir des effets allélopathiques :

C’est le cas notamment de la paille de seigle ou de la paille d’avoine qui sont capables d’inhiber la pousse de certaines adventices (plantain, herbe à aiguilles), mais aussi de plantes cultivées comme le riz et les tomates. Ces effets peuvent être amplifiés si l’agriculteur chez qui vous l’achetez utilise un anti-germinatif.

Notre avis sur le paillage à base de paille

Ce n’est clairement pas notre paillage favori surtout quand il est utilisé seul. Mais la paille en tant que mulch reste quand même une option intéressante au jardin en permaculture notamment car on peut en trouver en grande quantité à moindre coût. Cependant, il est important de bien vérifier sa provenance et ses conditions de culture avant de l’utiliser à tout va chez vous !

Enfin, c’est en respectant le principe de permaculture “favoriser la diversité” y compris dans vos paillages que vous rendrez le mieux service à votre sol donc pensez toujours à diversifier vos apports et donc à ne pas utiliser que de la paille pour vos couvertures de sol.

Vous pouvez, par exemple, mélanger votre paille avec du compost, du fumier composté, des matières vertes à tendance azotée telles que des tontes de pelouse, des déchets de cuisine, des coupes de végétaux ressources comme la consoude ou les orties. Vos apports au sol seront ainsi plus équilibrés et plus nourrissants ce qui vous donnera des plantes plus fortes en bonne santé et des récoltes plus belles et plus riches en nutriments !

Récolte potagère sur lit de paille.

Récolte potagère sur lit de paille.

 

Faites le design en permaculture de votre jardin !

Pour savoir où il vous sera le plus utile de couvrir votre sol avec de la paille, il faut savoir à quoi vont servir les différents espaces de votre terrain ! Pour y parvenir efficacement et mettre toutes les chances de réussite de votre côté, faites le design en permaculture de votre jardin grâce à notre formation en ligne dédiée !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

Sur le même thème

Le bokashi, un composteur de cuisine

Le bokashi, un composteur de cuisine

Tout droit venu du Japon, le ​bokashi​ est une méthode de compostage alternative au compostage traditionnel et au vermicompostage. Signifiant « matière organique fermentée », il produit du ​compost​ grâce à un processus de fermentation. Ce ​composteur de cuisine...

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

La haie fruitière comestible en permaculture

Un des principes de permaculture, donné par Bill Mollison, est qu’un élément doit remplir plusieurs fonctions. Cela veut dire que lorsque l’on implante un élément dans son design, il faut réfléchir à tous les usages qu’il a ou pourrait avoir, dans le but de favoriser des interactions. Ainsi, le concepteur crée de la redondance et donc de la résilience.

Dans le cas d’une haie, si l’on souhaite en planter une pour délimiter un espace (dans le cas de haie brise vent ou de haie brise vue), on peut aussi lui attribuer d’autres usages, comme celui, par exemple, de nous fournir de la nourriture. Nourriture qui sera pour partie à notre bénéfice, mais aussi à celui de la faune : ainsi, répond-on à une éthique permaculturelle qui est de partager équitablement les ressources. Mais par des plantations variées, cette haie, pourra aussi participer à l’amélioration de la biodiversité locale. Le choix de certains végétaux pourra être bénéfique pour le sol : notre haie peut aussi améliorer le terrain.

C’est cette vision de haie comestible multi-usages que nous allons voir dans cet article.

Dans quel lieu je plante ?

L’exposition solaire de ma haie peut devenir une contrainte. En effet, beaucoup de fruitiers ont besoin de soleil pour fleurir puis fructifier : l’ombre peut donc devenir un facteur limitant. En revanche, l’ombre est favorable à l’épanouissement de légumes feuilles, que l’on pourra disposer au pied de la haie par exemple.

Démarrage d’une haie fruitière entre un poirier et un prunier avec la plantation de framboisiers, caseilliers, fraisiers mais aussi, en attendant que les petits fruits prennent leur place, des légumes comme des fèves (fixatrices d’azote) et des laitues. Certaines plantes sauvages ont aussi été conservées pour leur comestibilité et utilités (pissenlit, lamier, chénopode…)

Démarrage d’une haie fruitière entre un poirier et un prunier avec la plantation de framboisiers, caseilliers, fraisiers mais aussi, en attendant que les petits fruits prennent leur place, des légumes comme des fèves (fixatrices d’azote) et des laitues. Certaines plantes sauvages ont aussi été conservées pour leur comestibilité et utilités (pissenlit, lamier, chénopode…)

De plus, ma haie va avoir une face qui sera plus ombragée que l’autre : ces deux façades offriront des conditions différentes, propices à l’implantation de certains végétaux.

La qualité du sol en place sera aussi un critère à déterminer pour orienter son choix dans des plantes adaptées au lieu. Mon sol dispose-t-il d’une humidité constante ? Quelle est sa texture ? Dois-je prévoir des plantes très endurantes à la sécheresse, adaptées à des terrains ingrats ? Faut-il prévoir un apport de compost

Ces différents points sont à déterminer au préalable avant de réaliser les plantations.

Les contraintes de votre lieu deviennent autant de guides et donc d’aide pour votre sélection variétale.

 

De quel espace je dispose ?

Les possibilités offertes par une haie varieront considérablement selon la surface dévolue à celle-ci. Si vous ne disposez que d’une bande de 80cm, vous ne pourrez pas vraiment envisager la plantation d’arbustes ou d’arbres, ce qui réduira d’autant les possibilités.

Si vous rêvez de verger mais que votre terrain est trop petit, la plantation d’une haie fruitière comestible pourra combler une partie de votre envie !

Ainsi, sur un espace linéaire occupant moins de surface qu’un verger, vous pourrez mettre en place des arbres fruitiers, des arbustes nourriciers, des baies comestibles…

Association dans une même haie fruitière de vigne avec un pommier pour démultiplier les récoltes sur un petit espace.

Association dans une même haie fruitière de vigne avec un pommier pour démultiplier les récoltes sur un petit espace.

L’idée est de travailler les différents étages de la haie, plutôt que de dissocier chacun des éléments. Là où, classiquement, on mettrait les fruitiers d’un côté du jardin, les groseilliers de l’autre et la vigne ailleurs, sur un même linéaire on peut planter tous ces végétaux en créant un espace multi-étagé. C’est donc une solution tout à fait adaptée aux petits espaces, comme en ville. Il s’agit de reprendre les principes de jardin-forêt mais sur le linéaire d’une haie, ce qui augmente les effets de lisière, bénéfiques à l’implantation d’espèces variées.

 

Solutions pour un sol peu fertile

Lorsque l’on s’implante sur un lieu, le sol qui est en place n’a pas forcément été cultivé avec amour des années durant, et l’on peut hériter d’un sol tassé et appauvri par des travaux répétés.

Dans ce type de contexte, on peut prévoir la plantation de plantes endurantes, qui viendront améliorer la fertilité du sol. Il en est ainsi des plantes dites « fixatrices d’azote ». Ces végétaux ont la capacité, grâce à des bactéries symbiotiques situées sur leurs racines, de fixer l’azote de l’air (élément chimique nécessaire aux végétaux). Les plantes, en perdant une partie de leurs racines, vont libérer cet azote et le rendre disponible aux autres végétaux. Ces plantes fixatrices d’azote sont souvent des plantes dites « pionnières » : ce sont elles qui vont réussir à coloniser des espaces ingrats et, par leur présence, amender le sol. Ce sol bonifié par leur présence, sera alors apte à porter un cortège floristique comprenant des plantes plus exigeantes.

Ici un jeune chalef de Ebbing - Elaeagnus x ebbingei - lui aussi fixateur d’azote et produisant de petites baies rouges comestibles !

Ici un jeune chalef de Ebbing – Elaeagnus x ebbingei – lui aussi fixateur d’azote et produisant de petites baies rouges comestibles !

Mais en plus de leur capacité à rendre le sol plus fertile, certaines de ces plantes sont aussi comestibles ! Citons, par exemple :

  • L’argousier (Hippophae rhamnoides), au beau feuillage argenté. Il offre, sur les pieds femelles, de petites baies orange très riches en vitamine C, qui en font de bons alicaments. Il faudra toutefois penser à planter un pied mâle et un pied femelle à minima, pour les obtenir, car l’espèce est dioïque.
  • Le goumi du Japon (Eleagnus multiflora), présente un feuillage aux tons gris-vert. Ces nombreuses fleurs blanches et odorantes, sont suivies de baies rouges au début de l’été, légèrement astringentes, comestibles.
  • L’arbre à petits pois (Caragana arborescens) est une plante de la famille des Fabacées, qui est caractérisée par sa capacité à fixer l’azote de l’air. L’arbre à petits pois présente de jolies fleurs jaunes mellifères, suivies de gousses contenant des graines comestibles.

 

Des arbustes comestibles multi-usages

Un certain nombre d’arbustes utilisés couramment dans les haies présentent des usages que l’on a bien souvent oubliés, voir méprisés. C’est par exemple le cas de :

  • L’aubépine (Crataegus monogyna ou C. oxycantha). Sa floraison abondante blanche au printemps est un enchantement. Elle a une odeur miellée qui attire les abeilles. Ses fleurs ont des vertus médicinales reconnues. Celles-ci sont suivies, à l’automne, par une fructification rouge, appelée cenelle, qui est comestible. Du reste, les oiseaux ne s’y trompent pas. Ils sont d’ailleurs nécessaires aux graines pour germer : sans leur passage dans leur tube digestif, celles-ci n’auront pas levé leur dormance.
L’aubépine, un arbre ressource formidable dans une haie fruitière notamment pour la biodiversité qu’il soit en fleur ou en fruits !

L’aubépine, un arbre ressource formidable dans une haie fruitière notamment pour la biodiversité qu’il soit en fleur ou en fruits !

  • Le sureau noir (Sambucus nigra), est aussi un oublié. Ses élégantes ombelles de fleurs blanches arrivent à la fin du printemps. On en fait des boissons, des beignets, des tartes et autres gâteaux : elles ont un parfum délicat. Les fruits seront aussi comestibles, mais cuits, car crus, ils sont purgatifs. Le sirop de baies de sureau est un bon antidote aux maux hivernaux.
Le sureau, un autre arbre ressources extrêmement intéressant pour ses fleurs mellifères permettant de faire d’excellentes boissons pétillantes ou autres beignets et ses fruits, légèrement toxiques pour l’homme à l’état cru mais tellement bons une fois cuits en sauce, en gelées, en sirop…

Le sureau, un autre arbre ressources extrêmement intéressant pour ses fleurs mellifères permettant de faire d’excellentes boissons pétillantes ou autres beignets et ses fruits, légèrement toxiques pour l’homme à l’état cru mais tellement bons une fois cuits en sauce, en gelées, en sirop…

Pour ces deux espèces, les pépiniéristes ont développé des cultivars qui offrent des fruits plus gros que leurs parents naturels. Certaines aubépines, nommées azérolier, ont des fruits assez gros, allant jusqu’à 2/4cm de diamètre. Il existe plusieurs cultivars de sureau à gros fruits et à ombelles plus importantes, qui sont utilisés pour des productions commerciales.

 

Les petits-fruits dans ma haie fruitière comestible

Les petits fruits et baies, en plus d’être délicieux, sont généralement de culture facile et productifs en abondance assez rapidement, ce qui les rend incontournables dans une haie fruitière !

Les petits fruits et baies, en plus d’être délicieux, sont généralement de culture facile et productifs en abondance assez rapidement, ce qui les rend incontournables dans une haie fruitière !

Comment passer à côté des petits-fruits pour composer une haie gourmande ? Les groseilliers, cassis, ronces et autres framboisiers ont toute leur place en sous-étage d’une haie comestible.

Leur tolérance à l’ombre est variable. C’est pourquoi on veillera à les disposer selon leur besoin en soleil : les groseilliers à grappe sont plus tolérants à l’ombre (mais leur fructification diminue) que les cassissiers, par exemple.

D’autres arbustes, comme l’amélanchier, à l’attrayante floraison printanière blanche est suivi, en juin, par de nombreuses baies, qui sont très douces. Elles font le plus souvent le bonheur des oiseaux qui arrivent avant le jardinier !

Ce jeune amélanchier de Lamarck, planté il y a deux ans, produit déjà de délicieuses amélanches au goût rappelant à la fois la myrtille et la poire.

Ce jeune amélanchier de Lamarck, planté il y a deux ans, produit déjà de délicieuses amélanches au goût rappelant à la fois la myrtille et la poire.

 

Des couvre-sols comestibles

Lorsque l’on plante une haie, il ne faut pas oublier de réfléchir aux plantations couvre-sols. Celles-ci permettront de limiter le désherbage et pourront aussi offrir d’autres bienfaits…

Exemple de couvre-sol efficace à la production comestible délicieuse : les fraises des bois !

Exemple de couvre-sol efficace à la production comestible délicieuse : les fraises des bois !

Sur la face ensoleillée de la haie, pourquoi ne pas implanter quelques aromatiques vivaces, comme la menthe (Mentha sp.), la mélisse (Melissa officinalis), la ciboulette (Allium schoenoprasum), le romarin (Rosmarinus officinalis)

Sur la face plus à l’ombre, des couvre-sols tolérants l’absence de soleil direct pourront prendre place, comme la consoude (Symphytum officinalis), la ronce de Chine (Rubus tricolor), l’herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria), la claytone de Sibérie (Claytonia sibirica), l’aspérule odorante (Galium odoratum)

 

Des possibilités infinies

Une haie multi-étagée et comestible est donc tout à fait envisageable, quel que soit le contexte dans lequel on se situe. Les combinaisons sont nombreuses : les seules limites sont celles de votre imagination !

Ces haies peuvent devenir autant de vergers linéaires, au long desquels il fera bon cheminer, un panier à la main !

Exemple de haie fruitière en ligne avec des arbres fruitiers de canopée (poirier, pommier, prunier, pêcher) et des productions dans les strates inférieures : caseilliers, myrtilliers, framboisiers, fraisiers…

Exemple de haie fruitière en ligne avec des arbres fruitiers de canopée (poirier, pommier, prunier, pêcher) et des productions dans les strates inférieures : caseilliers, myrtilliers, framboisiers, fraisiers…

Quand on installe des haies fruitières en permaculture, on fait vite des récoltes gratifiantes et abondantes à partager avec son entourage !!!

Quand on installe des haies fruitières en permaculture, on fait vite des récoltes gratifiantes et abondantes à partager avec son entourage !!!

Découvrez des compositions de haies à vocations multiples !!!

Découvrez notre proposition de 9 haies en permaculture pour favoriser la biodiversité, vous protéger des vents, des pollutions, attirer un maximum de pollinisateurs et obtenir une grande diversité de récoltes fruitières mais aussi d’aromates, de bois, de mulch, de fleurs…Pour cela, cliquez sur le bouton ci-dessous !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Pour vous protéger des pollutions, du gibier, des regards mais aussi produire du bois, de la nourriture et attirer un maximum de biodiversité chez vous, découvrez nos haies en permaculture à travers 9 thématiques répondant à des besoins courants et essentiels !

Sur le même thème

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

Tout savoir sur la coccinelle : demoiselle, bête à  bon dieu, coccinelle européenne…

On l’appelle la bête à bon dieu ou encore la demoiselle : c’est la coccinelle européenne. Derrière sa carapace rouge à taches noires, celle que l’on repère facilement au jardin et dans nos campagnes, est en réalité pleine de surprises. Et pourtant, a-t-on déjà pris le temps de l’observer vraiment ? De nous intéresser à son cycle de vie ? Qu’est-ce qui fait d’elle un insecte amical et bienvenu au jardin ? C’est ce que nous allons voir dans cet article !

La coccinelle : connaissez-vous vraiment cet insecte commun ?

La coccinelle est un coléoptère

La coccinelle, insecte de l’ordre des coléoptères, possède 6 pattes, 2 crochets et 2 paires d’ailes :

  • Une paire d’ailes antérieures, les élytres, qui est rigide et forme une carapace. Elle protège le corps de la coccinelle. C’est d’ailleurs cette caractéristique qui a donné le nom à l’ordre des coléoptères, « coleo » signifiant « étui », en grec. Les élytres aident aussi la coccinelle à stabiliser son vol.
  • Une paire d’ailes membraneuses qui sert à voler, une fois que les élytres se sont soulevées.

Si les coccinelles peuvent avoir des élytres de différentes couleurs selon les espèces, c’est qu’elles jouent un rôle défensif : elles annoncent clairement à l’ennemi que s’il vient se frotter, c’est à ses risques et périls. La coccinelle est capable d’asperger son adversaire de substances vénéneuses à l’effet répulsif.

Coccinelle déployant ses ailes membraneuses pour prendre son envol

Coccinelle déployant ses ailes membraneuses pour prendre son envol

 

Coccinelles : une grande diversité d’espèces

Une centaine d’espèces de coccinelles en Europe

On a tendance à parler des coccinelles en visualisant ce petit insecte volant, à la carapace rouge à points noirs et muni d’antennes. En réalité, les coccinellidés sont une grande famille de plus de 3 000 espèces à travers le monde dont une centaine est présente en Europe.

Cette diversité des coccinelles s’exprime notamment :

  • Dans la couleur des élytres qui peuvent être rouges, oranges, jaunes ou encore noires.
  • Dans le régime alimentaire : carnivores, herbivores ou mycophages (qui mangent des champignons)
  • Dans leur habitat : jardins, prairies, marais ou forêts, selon leurs préférences, on retrouve les coccinelles à des étages différents de la succession écologique.
  • Dans leur comportement : certaines vont hiverner sur leur site de nourriture plutôt en solitaire, quand d’autres vont se déplacer sur de grandes distances pour hiverner en groupes importants.

Les 2 espèces les plus connues

Deux espèces sont particulièrement connues au jardin :

  • Coccinella septempunctata : c’est la célèbre coccinelle rouge à 7 points. Mesurant de 5 à 8 mm, elle dispose de 3 points sur chaque élytre, et 1 point central à cheval sur les 2 ailes. Au stade larvaire, son corps est gris, avec des taches jaunes et noires. Elle se nourrit en majorité de pucerons, mais complète son régime alimentaire avec 30 à 50 % de pollen.
Coccinelle européenne à 7 points - Coccinella septempunctata - sur une feuille d’ortie

Coccinelle européenne à 7 points – Coccinella septempunctata – sur une feuille d’ortie

 

  • Adalia bipunctata, la coccinelle rouge à 2 points, a, quant à elle, 1 point sur chaque élytre. Elle est connue pour son grand appétit, puisqu’elle peut dévorer 90 pucerons par jour au stade adulte, et jusqu’à 150 au stade larvaire.
Coccinelle européenne à 2 points - Adalia bipunctata - sur une feuille d’ortie

Coccinelle européenne à 2 points – Adalia bipunctata – sur une feuille d’ortie

 

D’autres coccinelles à observer

Derrière ces deux espèces emblématiques, se cache en réalité toute une diversité de coccinelles. Voici quelques exemples par type de couleur :

  • Coccinelle jaune : Psyllobora vigintiduopunctata, la coccinelle à 22 points, Propylea quatuordecimpunctata, la coccinelle à damier, Tytthapsis sedecimpunctata, la coccinelle à 16 points.
Exemples de coccinelles aux élytres jaunes avec, de gauche à droite : Psyllobora vigintiduopunctata, Tytthaspis sedecimpunctata et Propylea quatuordecimpunctata aussi appelée coccinelle à damier - photos : Christoph Benisch - kerbtier.de

Exemples de coccinelles aux élytres jaunes avec, de gauche à droite : Psyllobora vigintiduopunctata, Tytthaspis sedecimpunctata et Propylea quatuordecimpunctata aussi appelée coccinelle à damier – photos : Christoph Benisch – kerbtier.de

 

  • Coccinelle orange : Vibidia duodecimguttata, la petite coccinelle orange, Calvia quatuordecimguttata, la coccinelle à 14 points blancs.
Exemples de coccinelles aux élytres oranges avec, à gauche, Vibidia duodecimguttata et à droite Calvia quatuordecimguttata - photos : Christoph Benisch - kerbtier.de

Exemples de coccinelles aux élytres oranges avec, à gauche, Vibidia duodecimguttata et à droite Calvia quatuordecimguttata – photos : Christoph Benisch – kerbtier.de

 

  • Coccinelle noire : la coccinelle à 10 points peut être rouge, mais aussi noire à points rouges. Idem pour la coccinelle à 2 points et bien d’autres encore.
Exemples de coccinelles aux élytres noires avec, à gauche, Adalia decempunctata - photo : Christoph Benisch - kerbtier.de et à droite Harmonia axyridis aussi nommée coccinelle asiatique pouvant avoir des couleurs et points très variables !

Exemples de coccinelles aux élytres noires avec, à gauche, Adalia decempunctata – photo : Christoph Benisch – kerbtier.de et à droite Harmonia axyridis aussi nommée coccinelle asiatique pouvant avoir des couleurs et points très variables !

 

Pour les reconnaître, la difficulté tient dans la grande variabilité des couleurs et du nombre de points au sein d’une même espèce.

 

Comment devient-on une coccinelle ?

Avant de prendre la forme adulte qu’on lui connaît, la coccinelle passe par différents états : œuf, larve, nymphe. Découvrez ce parcours incroyable !

Les œufs

Tout commence au stade de l’œuf ! La femelle coccinelle a pris soin de déposer ses œufs à des endroits stratégiques, au revers des feuilles, et à proximité d’une colonie de pucerons. Par paquets de 10 environ, ils sont placés debout, et serrés les uns contre les autres. Une semaine environ après la ponte, ils éclosent.

Les larves

L’éclosion, c’est la première étape éprouvante pour les larves qui doivent se débarrasser de leur enveloppe grâce à d’innombrables contorsions.

Après tous ces efforts, elles sont épuisées, et ne bougent plus pendant quelque temps. Une fois remises, elles mangent une partie de leur enveloppe, puis partent en quête d’une nourriture de choix : les pucerons.

À partir de là, les larves vivent une série de 4 mues, nécessaires à leur croissance. Le corps des larves étant modelé par la peau, ce dernier doit s’en débarrasser pour grandir, et s’équiper d’une nouvelle enveloppe souple et extensible.

Si les larves sont transparentes à l’éclosion, elles prennent des couleurs plus vives ensuite. Elles ont une forme allongée, sont poilues et munies de 2 crochets autour de la bouche.

À ce stade, elles peuvent manger jusqu’à 150 pucerons par jour.

Larve de coccinelle mangeant un puceron.

Larve de coccinelle mangeant un puceron.

 

La mue

À chaque mue, c’est le même scénario qui se répète. La larve vient se fixer sur une tige grâce à sa ventouse abdominale. De nouvelles contorsions sont nécessaires pour qu’elle se délivre de sa peau devenue trop petite. Au bout d’1 h, une larve toute claire émerge. Mais elle reprend des couleurs aussi rapidement qu’elle se remet à table !

La métamorphose

Dernière étape avant le stade adulte, et pas des moindres : la métamorphose !

À nouveau, la larve de coccinelle se fige pour changer de peau. Mais au lieu de faire une nouvelle mue comme aux étapes précédentes, elle va se transformer en nymphe. Après une nouvelle série de gesticulations la tête en bas et les pattes arrières recourbées, la larve s’immobilise pendant une journée. Puis, la peau de son dos se craque, et grâce à des mouvements pour s’en dégager, la nymphe émerge. Il s’agit d’un cocon hermétique orange dans lequel la coccinelle adulte se forme.

Nymphe de coccinelle, dernière étape avant le stade adulte !

Nymphe de coccinelle, dernière étape avant le stade adulte !

 

La coccinelle adulte

Au bout d’une semaine, la nymphe s’allonge, sa peau se déchire pour permettre au corps de la coccinelle de se dégager peu à peu.

Au sortir de la nymphe, la coccinelle n’a pas encore l’apparence qu’on lui connaît. Elle est alors jaune, et comme toute chiffonnée. En quelques heures, sa carapace se rigidifie, se défroisse et des points apparaissent.

Coccinelle adulte sortant tout juste de sa nymphe, elle n’a pas encore sa couleur définitive ni ses points qui apparaitront plus tard !

Coccinelle adulte sortant tout juste de sa nymphe, elle n’a pas encore sa couleur définitive ni ses points qui apparaitront plus tard !

C’est le moment de déployer les ailes membraneuses pour préparer son envol. Il lui faut s’exercer un certain temps à les étirer et les déplier avant d’être prête.

Après quelques jours, les élytres prennent leur couleur définitive.

 

Coccinelle : un cycle d’un an

Le temps des amours

C’est le printemps, le soleil est plus présent, et réchauffe l’air. Dès qu’il fait 15 °C, c’est le signal du réveil pour les coccinelles qui ont hiverné pendant plusieurs mois.

Les mâles sont rapidement opérationnels, prêts pour la période des amours. Ils se montrent alors démonstratifs en réalisant des mouvements d’antennes. Mais la tâche n’est pas si simple.

Vous êtes vous déjà demandés comment distinguer les coccinelles mâles des femelles ?

Eh bien, sachez que les coccinelles elles-mêmes ne le savent pas ! Voilà pourquoi, les mâles partent tous azimuts en quête d’une femelle. Au hasard, ils grimpent sur le dos d’un partenaire. C’est seulement à ce degré de proximité qu’ils peuvent reconnaître s’ils ont affaire à une femelle ou à un autre mâle. Comment ? Grâce à leur odeur qui diffère selon le sexe.

Une fois que le mâle a trouvé une femelle, il faut encore que celle-ci accepte l’accouplement. Toujours à l’odeur, la femelle est capable de détecter si son prétendant est bien nourri ou non, et c’est un critère de sélection important pour elle. En cas de rejet, elle met tout en œuvre pour déstabiliser le mâle, et s’en débarrasser. À cela, s’ajoute la concurrence d’autres mâles convoitant la même femelle : ils viennent bousculer le mâle engagé, et tenter de prendre sa place. Sans tous ces obstacles, le mâle est déjà bien en peine à essayer de grimper sur le dos arrondi et glissant de sa partenaire. Vous imaginez donc l’épreuve que représente l’accouplement pour une coccinelle mâle.

Finalement, la femelle s’accouple environ 20 fois au cours du printemps. D’une durée de 20 min à 1 h, l’accouplement est le moment où la femelle stocke des spermatozoïdes au chaud dans sa poche ventrale. Elle saura les conserver pour les féconder le moment venu.

Accouplement en cours pour ces deux coccinelles.

Accouplement en cours pour ces deux coccinelles.

 

La ponte

Une coccinelle peut stocker environ 1 500 œufs qu’elle met 2 mois à pondre à des endroits différents.

Le lieu de ponte a toute son importance pour donner le maximum de chance de survie à sa progéniture.

Les larves n’ayant pas d’ailes, elles ne pourront pas se déplacer d’une feuille à une autre pour trouver des pucerons. La femelle doit donc pondre à un endroit où il y a suffisamment de pucerons pour permettre à toutes ses larves de se nourrir. Dans le cas inverse, les larves se mangeront les unes les autres.

Pour les mêmes raisons, elle doit aussi s’assurer de ne pas pondre de nouveaux œufs là où des larves plus anciennes évoluent. Il y aurait là aussi un risque de cannibalisme.

Œufs de coccinelle sur le revers d’une feuille d’ortie.

Œufs de coccinelle sur le revers d’une feuille d’ortie.

 

Manger

Différents régimes alimentaires

Que mange une coccinelle ? La nourriture des coccinelles varie selon les espèces. S’il existe des coccinelles végétariennes, ou d’autres mangeuses de champignons, de nombreuses espèces de coccinelles sont carnivores, et se nourrissent de pucerons principalement.

Les pucerons sont une source de protéines indispensables à la croissance de ces coccinelles aphidiphages (qui mangent des pucerons). En cas de raréfaction des pucerons, les coccinelles peuvent aussi se nourrir de pollen et de nectar, mais cela ralentit les pontes et la croissance des larves. Parfois, elles mangent aussi des cochenilles, des aleurodes, des larves de guêpes, de mouches, de papillons.

Stratégie

Après plusieurs mois d’hiver à jeûner, la coccinelle est affamée. Elle doit vite se nourrir, et pour cela, elle a une stratégie.

La coccinelle adopte le comportement des pucerons. Comme eux, elle explore les feuilles en suivant les nervures, là où ils boivent la sève. Puis, elle cherche l’extrémité des plantes. Cette jeune pousse en pleine croissance est très fréquentée par les pucerons qui y trouvent les protéines dont ils ont besoin.

Bredouille après son exploration, la coccinelle s’envole examiner d’autres feuilles.

Si par contre, sur son parcours elle sent l’odeur du miellat produit par les pucerons, elle se met dans une quête frénétique : elle se déplace de manière à couvrir les moindres recoins de la feuille. Elle ne peut compter sur sa vue qu’au moment de la capture, une fois à proximité du puceron. À ce moment-là, elle l’attrape grâce à ses deux crochets, et n’en fait qu’une bouchée. Dans le cas des gros pucerons, elle injecte ses sucs digestifs dans le corps, et aspire le jus. Il ne reste alors que la carcasse sèche du puceron collée à sa feuille.

Parfois le puceron tente une esquive. Puisqu’il a une meilleure vue que la coccinelle, il peut la voir arriver et :

  • se laisser tomber pour se mettre hors de portée ;
  • ou lui envoyer un liquide visqueux qui la déstabilise et l’éloigne.

Malin le puceron !

Coccinelle en plein festin au sommet d’une tige de fève infestée de pucerons !

Coccinelle en plein festin au sommet d’une tige de fève infestée de pucerons !

 

Hiverner

Selon les espèces, les coccinelles peuvent évoluer dans différents milieux : prairies, forêts, marais où elles passent la belle saison à se nourrir.

Dès la fin de l’été, et pendant toute la saison froide, elles hivernent, c’est-à-dire qu’elles trouvent un abri pour se protéger des intempéries, et passer quelques mois au ralenti.

Selon les espèces, les coccinelles trouvent refuge dans des lieux divers. Herbes hautes, litière des forêts, trous d’arbres, crevasses, fissures dans les murs, tas de pierres, sont autant de sites potentiels pouvant servir d’abri contre le vent, la pluie, le froid. Les comportements divergent : certaines espèces comme la coccinelle à 7 points préfèrent passer la mauvaise saison en solitaire ou en petits groupes. D’autres migrent vers des sites en altitude pour se retrouver en groupes importants, parfois de plusieurs centaines d’individus. C’est le cas de la coccinelle Hippodamia undecimnotata, la coccinelle migratrice.

L’hiver, certaines coccinelles hivernent sous l’écorce des arbres

L’hiver, certaines coccinelles hivernent sous l’écorce des arbres

 

Les coccinelles : auxiliaires du jardin

En quoi la coccinelle est une auxiliaire ?

Vous avez déjà dû voir des colonies de pucerons installées au printemps sur les pousses tendres de vos plants de fèves ou sur les boutons floraux de vos rosiers ? Petit pincement au cœur, non ? Heureusement, la coccinelle est votre alliée. Elle joue un rôle d’auxiliaire en aidant à réguler la présence des pucerons et autres suceurs de sève – cochenilles, aleurodes, acariens — et évite ainsi les dégâts sur les cultures.

On ne le sait pas assez, mais la coccinelle contribue aussi à la pollinisation des plantes. Lorsqu’elle ne trouve plus de pucerons, elle se nourrit de nectar et de pollen, et va donc de fleur en fleur. Certes, elle n’a pas de poils qui accrochent le pollen et qui aident à le transporter vers d’autres fleurs (comme les abeilles noires), mais elle contribue quand même à son niveau !

Précieuses auxiliaires du jardinier, les coccinelles contribuent aussi à la pollinisation du potager et du verger !

Précieuses auxiliaires du jardinier, les coccinelles contribuent aussi à la pollinisation du potager et du verger !

Vous comprenez à présent pourquoi l’on appelle souvent la coccinelle « l’amie du jardinier ».

 

Concurrence, prédateurs et menaces

Concurrence

La vie d’une coccinelle n’est pas un long fleuve tranquille. Simplement pour arriver au stade adulte, celle-ci passe par différentes étapes où elle se retrouve vulnérable. Mais ça ne s’arrête pas là.

Si elle se jette sur les pucerons pour assouvir sa faim, elle n’est pas la seule à les convoiter. Les fourmis sont également de la partie. Non pas qu’elles mangent les pucerons. Elles se nourrissent de leur miellat, ce produit issu de la digestion des sucres contenus dans la sève des plantes, et dont les pucerons n’ont pas besoin (oui, en d’autres termes, ce sont leurs excréments). Pour garantir l’abondance de ce miellat, la fourmi a tout intérêt à protéger les pucerons des attaques de coccinelles. Ce qu’elle fait à coup de destruction d’œufs, de pressions sur les larves, et de jets d’un liquide acide sur les adultes. Coriace la fourmi !

Les fourmis protègent les colonies de pucerons des attaques de coccinelles, ici une fourmi attaque une larve de coccinelle.

 

Prédateurs

Attention : âmes sensibles, s’abstenir ! Il se passe des choses dans la nature à l’échelle de l’infiniment petit qu’il vaut mieux parfois ne pas connaître afin d’éviter de faire des cauchemars. Mais pour satisfaire notre goût de la connaissance, nous vous révélons quand même ce qu’il advient de certaines coccinelles malchanceuses.

La coccinelle demoiselle est la proie de deux parasites qui l’utilisent pour leur propre cycle de reproduction. Ainsi, des mouches pondent leurs œufs dans le corps des coccinelles, d’où sortent des asticots. La pauvre coccinelle ne survit pas à cela, et meurt à petit feu.

Autre parasite impitoyable : la guêpe noire dinocampus coccinellae qui injecte un œuf dont sortent :

  • une larve, qui se nourrit des réserves de graisses de la coccinelle ;
  • des cellules, qui se développent et pompent son sang.
Petite guêpe noire parasitoïde des coccinelles connue sous le nom de Dinocampus coccinellae - ©Rsbernard CC BY-SA 4.0

Petite guêpe noire parasitoïde des coccinelles connue sous le nom de Dinocampus coccinellae – ©Rsbernard CC BY-SA 4.0

 

Quand la larve a vidé le stock de graisses de la coccinelle, elle se reporte alors sur les cellules. Puis, elle sort du corps de la coccinelle, mais y reste accrochée en tissant un cocon sous son ventre. Après plusieurs jours, la guêpe sort du cocon, abandonnant la coccinelle, toujours vivante, à son triste sort.

Parfois, ce sont des punaises qui plantent leur stylet dans les larves ou nymphes des coccinelles pour se nourrir de leurs substances.

Enfin, la coccinelle entre dans le régime alimentaire d’autres animaux tels que les mantes religieuses, les araignées, les oiseaux, les petits rongeurs.

Araignée attaquant une coccinelle adulte.

Araignée attaquant une coccinelle adulte.

 

La concurrence des coccinelles asiatiques

Nous y voilà ! Vous avez peut-être entendu parler de ces fameuses coccinelles asiatiques, mais ne comprenez pas les discussions qui tournent à son sujet. Faisons le point !

La coccinelle asiatique Harmonia axyridis, est, comme son nom l’indique, une coccinelle originaire du Sud-Est de l’Asie. Difficile de la différencier de nos coccinelles, car elle aussi peut présenter une grande variété de couleurs et de tâches. La meilleure opportunité de les différencier se trouve au stade larvaire, la coccinelle asiatique ayant plein de petits plumeaux sur le corps contrairement aux coccinelles européennes.

Cette coccinelle n’est d’ailleurs pas arrivée en Europe par hasard. Elle a été importée par des éleveurs de coccinelles pour être vendue à des professionnels et des particuliers. Objectif : faire de la lutte biologique avec cette coccinelle.

La coccinelle asiatique a l’avantage de s’adapter à tous les milieux, et a un appétit d’ogre quand il s’agit d’avaler les pucerons. Elle s’avère bien plus vorace que nos coccinelles européennes. En plus, elle se reproduit rapidement en faisant plusieurs cycles en une année, là où nos coccinelles indigènes n’en font qu’une ou deux.

Sur le papier, ça semble parfait, mais ce n’est pas sans poser de gros problèmes pour les coccinelles européennes. Celles-ci se voient concurrencées dans leur accès à la nourriture. Par ailleurs, la coccinelle asiatique est aussi un prédateur pour les larves de coccinelles européennes qu’elle n’hésite pas à ajouter à son menu.

Exemple d’Harmonia axyridis ou coccinelle asiatique, une espèce aux multiples couleurs et nombre de points possible, rendant son identification difficile. - photo : Christoph Benisch - kerbtier.de

Exemple d’Harmonia axyridis ou coccinelle asiatique, une espèce aux multiples couleurs et nombre de points possible, rendant son identification difficile. – photo : Christoph Benisch – kerbtier.de

 

Pesticides et perte d’habitat

Les coccinelles sont victimes des pesticides utilisés en agriculture et dans les jardins des particuliers. Comme beaucoup d’autres animaux, elles souffrent également de la fragmentation et de la perte de ses habitats liés aux grandes parcelles de monoculture et à l’urbanisation.

 

Attirer les coccinelles au jardin

Favoriser les coccinelles

Dans un jardin potager en permaculture, on cherche de manière générale à favoriser la biodiversité pour développer un écosystème cultivé équilibré. C’est de cette façon que le jardin potager fonctionne le mieux, sans pesticide, et avec peu d’intervention du jardinier. Et pour cause, il s’appuie sur les espèces auxiliaires pour réguler la présence des nuisibles. Ainsi, toutes les actions visant à accueillir une faune et une flore riches, bénéficient également aux coccinelles. Et on a vraiment besoin d’elles. Alors, plutôt que d’acheter des coccinelles, voici ce que vous pouvez faire spécifiquement pour les attirer chez vous.

Pas de pucerons, pas de coccinelles

Pour attirer les coccinelles au jardin, elles doivent y trouver leur nourriture préférée, les pucerons. Donc, la première des choses à faire, c’est de se retenir d’éliminer les pucerons manuellement : non, on ne les écrase pas sauvagement entre ses doigts ! Objectif : faire en sorte qu’il soient disponibles pour les coccinelles et leurs larves. 

Des plantes pour se nourrir dès le printemps

Au printemps, quand les coccinelles se réveillent, elles ont très faim, mais les pucerons ne sont pas toujours au rendez-vous. En attendant leur arrivée, les coccinelles apprécient de trouver à leur disposition des plantes qui leur fournissent des protéines via leur pollen ou leur nectar. C’est le cas des fleurs des arbres fruitiers et d’autres plantes comme le pissenlit, la centaurée, la tanaisie, le lamier blanc, les graminées…

Des plantes hôtes ou relais, qui attirent les proies des coccinelles, sont également les bienvenues, autour, et dans le jardin potager.

Vous gagnerez à laisser pousser les plantes sauvages comme les orties, le sureau, les séneçons. Et à cultiver la capucine, le fenouil, les fèves, les rosiers. Ils feront venir les pucerons, et donc les coccinelles. D’une manière générale, la permaculture nous enseigne à favoriser la diversité de végétaux ce qui est un avantage pour accueillir de nombreux insectes comme la coccinelle.

 

Exemples de plantes pouvant aider les coccinelles au réveil de printemps : ortie, pissenlit, séneçon, bourrache, capucine, fenouil, noisetier, fèves…

 

Aménager des sites d’hivernage

Certaines coccinelles passent l’hiver dans votre jardin. Elles trouveront sans doute des abris naturels dans les haies, les arbres, les murs, de quoi se protéger pendant la mauvaise saison. Pour les aider, vous pouvez aussi penser à elles en fin d’été en leur mettant à disposition :

  • des petits tas de branches et de feuilles (laissés sur place, ils finiront pas se transformer en compost) ;
  • des amas de pierres ;
  • un carré d’herbes hautes ;
  • des fagots de tiges mortes coupées.
Coccinelle cherchant refuge pour l’hiver dans un tas de feuilles mortes.

Coccinelle cherchant refuge pour l’hiver dans un tas de feuilles mortes.

 

Construire un abri à coccinelles

Vous pouvez aussi bricoler un hôtel à insectes pour les coccinelles en plaçant des petites planches horizontales espacées de 5 mm dans une boîte en bois. Ajoutez un petit matelas de feuilles mortes ou de paille. Puis, installez cette boîte dès la fin du mois d’août dans un endroit ensoleillé, protégé du vent et de la pluie.

 

Un nouveau regard sur les coccinelles

De retour au jardin après la lecture de cet article, vous allez sans doute regarder les coccinelles d’un œil différent :

  • Vous vous amuserez sans doute à essayer d’identifier les différentes espèces de coccinelles qui peuplent votre jardin.
  • Au printemps, vous prêterez plus d’attention au revers des feuillages, aux larves et aux nymphes que vous n’aviez jamais observées auparavant.
  • Peut-être serez-vous ravis de voir se multiplier les pucerons sur vos plantes, car c’est grâce à eux que les coccinelles pourront passer une nouvelle saison au jardin.
  • Enfin, vous aurez certainement envie de laisser pousser les herbes sauvages au jardin, et d’aménager des petits refuges pour que ces demoiselles puissent passer l’hiver à l’abri.

Grâce à ces actions, l’écosystème de votre jardin s’enrichit petit à petit. Pour aller plus loin, pensez aussi à faire de votre jardin un lieu d’accueil pour les autres auxiliaires : chauve-souris, hérisson, grenouille, crapaud.

Observer les coccinelles au jardin : un vrai plaisir simple, à partager en famille !

Observer les coccinelles au jardin : un vrai plaisir simple, à partager en famille !

 

Invitez les coccinelles dans votre potager en permaculture…

Les coccinelles sont de formidables auxiliaires à même de réguler les populations de pucerons indésirables. Mais pour en avoir dans votre potager, encore faut-il qu’elles trouvent de quoi se loger et se nourrir sur place, c’est pourquoi, dans notre nouvelle formation sur le potager en permaculture, nous avons prévu des zones dédiées à la biodiversité. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus 😉 !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Si vous ne savez pas comment vous y prendre ni par où commencer pour faire votre potager en permaculture et tendre ainsi vers plus d'autonomie alimentaire, découvrez notre concept de potager-école avec un accompagnement pas à pas sur 3 ans pour faire de vous un jardinier en permaculture confiant et expérimenté !

Sur le même thème

Pour aller plus loin

N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à nos ressources

Abonnez-vous à la Newsletter !

et ne ratez plus aucun de nos contenus !

Votre prénom* Votre email*

Si vous ne cochez pas la case ci-dessus, nous ne pouvons pas vous envoyer notre eBook compte tenu de nouvelle législation en vigueur.
Votre adresse mail et votre prénom seront enregistrés dans un fichier informatisé conformément à notre Politique de confidentialité. Ces données personnelles ne seront bien évidemment jamais partagées ou revendues à qui que ce soit.

Soutenir le projet « La ville de demain »

Capture d’écran 2020-10-29 074932Voici un projet plus que novateur pour une transition  écologique et sociale  des villes et villages Ce projet est écrit et est prévu pour un développement open source à partir […]

Tags:  

Del.icio.us
Facebook
TweetThis
Digg
StumbleUpon



Copyright © Brin de paille [Soutenir le projet "La ville de demain"], All Right Reserved. 2020.