La paille : en botte, un paillage économique au jardin

En permaculture et plus largement en jardinage naturel, la paille est une matière organique fréquemment utilisée comme mulch. De cet usage ont découlé les termes paillage et paillis aujourd’hui repris pour parler de couverture de sol même quand celle-ci n’est pas faite de paille. Il n’est donc pas toujours évident de savoir à quoi s’en tenir quand vient le moment de choisir une couverture de sol pour son jardin. Aussi, parmi tous les paillages existants, cet article fait un focus sur la paille, ses caractéristiques, avantages et inconvénients pour vous permettre d’y voir plus clair 😉 !

Quelles sont les caractéristiques de la paille pour le paillage du jardin ?

La paille n’est pas le foin

La paille est constituée des tiges sèches de diverses céréales cultivées pour leurs grains et de celles de quelques légumineuses. Les principales céréales qui fournissent la paille sont :

  • L’orge et l’avoine qui donnent de la paille creuse
  • Le blé d’hiver qui donne de la paille plus ou moins creuse
  • Le blé dur, maïs et sorgo qui donnent de la paille pleine
  • Le riz
Récolte de riz dont les tiges résiduelles serviront ensuite de paille.

Récolte de riz dont les tiges résiduelles serviront ensuite de paille.

On ne confondra pas la paille et le foin. Ce dernier provient de la fauche de pâtures ou de prairies naturelles avec des plantes sauvages diverses. Le foin a donc une composition bien différente de la paille et peut contenir des résidus de graines si on le fauche tardivement. Pour en savoir plus, découvrez notre article sur le foin en paillage !

La paille, un sous-produit de l’agriculture

La paille en tant que résidu valorisé des récoltes peut être utilisée dans différents domaines tels que la litière et l’alimentation des animaux, les sources d’énergie (biomasse), comme matériau de construction, ou fabrication du papier.

En tant que matière organique sèche, la paille est adoptée par de nombreux jardiniers pour servir de mulch et donc contribuer à protéger le sol et la vie qu’il héberge.

La paille est souvent utilisée en paillage, notamment au potager en permaculture.

La paille est souvent utilisée en paillage, notamment au potager en permaculture.

 

Une des caractéristiques principale de la paille, sa tendance carbonée

Comparé à d’autres ressources de paillage, la paille affiche un rapport C/N (Carbone / Azote) montrant une prédominance du carbone :

  • Pour la paille d’avoine, de seigle et d’orge, le rapport C/N = environ 50 à 65 c’est-à-dire qu’il y a 50 à 65 unités de carbone pour 1 unité d’azote.
  • Pour le blé, le rapport C/N = 120 à 150 (120 à 150 unités de carbone pour 1 unité d’azote).

 

Où se procurer de la paille pour pailler son jardin ?

En direct des agriculteurs

La paille se trouve majoritairement chez les agriculteurs car très peu de particuliers disposent du matériel et de suffisamment de céréales pour réaliser leur propre botte de paille. Il y en a qui vont jusque-là dans leur auto-suffisance, mais cela reste rare d’autant plus que l’équipement est assez onéreux !

La plupart des utilisateurs se contenteront donc d’acheter de la paille pour jardin auprès de récoltants ou de fermiers voisins.

Quel conditionnement de la paille choisir ?

Gros ballot de paille dans un champ récemment moissonné.

Gros ballot de paille dans un champ récemment moissonné.

Les gros ballots ronds de paille :

  • très volumineux puisqu’ils peuvent peser jusqu’à 300 kg.
  • difficiles à stocker
  • ouverture et retrait de petites quantités de paille parfois difficile
  • conditionnement le plus économique au niveau tarifaire.

 

Les bottes de paille, plus petites que les ballots sont plus facilement transportables et stockables.

Les bottes de paille, plus petites que les ballots sont plus facilement transportables et stockables.

Les bottes de paille : 

  • transport plus facile
  • plus pratiques à stocker
  • plus faciles à ouvrir et utiliser
  • plus chères qu’un gros ballot quand on ramène au prix au kg

 

En jardineries et magasins spécialisés

Avec l’engouement pour le jardinage naturel et la permaculture, les grandes enseignes de jardinerie proposent depuis quelques années de la paille, souvent de blé, conditionnée en emballage carton ou plastique avec des quantités allant généralement de 2 jusqu’à 15 kg. Cependant, ramené au prix au kilogramme ou au litre, cela revient vraiment très cher comparé à l’achat de ballots ou de bottes auprès d’un agriculteur car le prix au kg en jardinerie peut osciller entre 1,40€ et 2,50€ sans pour autant avoir la garantie d’une paille de qualité excempte de produits chimiques nocifs !

 

Le petites annonces en local

On trouve aussi sur les sites de vente de proximité de nombreuses petites annonces de botte de paille à vendre et même de ballot de paille XXL.

Aussi gardez un oeil sur les affichages et petites annonces chez votre pépiniériste ou votre maraîcher local car il arrive que ces derniers développent des partenariats avec des agriculteurs du coin pour vous proposer de la paille de qualité à tarif intéressant. En plus, par ce biais, vous saurez d’où vient cette paille et pourrez vous assurer qu’elle est saine.

Paille de riz mise à sécher après la récolte.

Paille de riz mise à sécher après la récolte.

Et si vous ne trouvez pas ce genre d’annonce chez vos pépinièristes ou maraîchers préférés, vous pouvez peut-être leur souffler l’idée 😉 ou leur demander simplement s’ils ont des contacts à vous communiquer.

 

Quel prix pour la paille ?

Les prix sont très variables, en fonction de l’année mais aussi du conditionnement, du type de culture dont elle provient et de la qualité de la paille qui sera plus chère notamment si elle est issue de l’agriculture biologique.

Par exemple, en direct avec un agriculteur, le prix d’un gros ballot de paille de 300 kg peut aller de 15 jusqu’à 50 € selon les cas.

Quant aux petites bottes de paille de 12 à 15 kg, elles peuvent se trouver à partir de 2 ou 3 € même celles provenant de l’agriculture raisonnée.

Quels sont les avantages d’épandre de la paille pour le jardin ?

 

Plate-bande potagère mulchée avec de la paille.

Plate-bande potagère mulchée avec de la paille.

La paille constitue un paillis léger qui se décompose assez rapidement en nourrissant la vie du sol même si ses apports nutritifs au sol sont relativement faibles comparés, par exemple, à un paillage de BRF.

Ses avantages restent intéressants.

Intérêt économique de la paille :

La paille présente l’énorme avantage d’être très bon marché et accessible à la plupart des budgets. C’est résolument un paillage économique.

Disponible partout en France :

Sauf en cas d’aléas climatiques graves, la paille peut se trouver dans la plupart des régions de France y compris celles qui ne sont pas réputées pour être des greniers à céréales.

Facilité de mise en place :

Le paillage de paille ne nécessite aucune transformation, ni matériel particulier. Des mains et une fourche suffiront bien souvent à son installation dans votre jardin.

La paille est un paillage polyvalent au jardin :

Il convient aussi bien au paillage du jardin d’ornement que du jardin potager, des haies et du verger.

La paille est un paillage polyvalent qui sert souvent au potager.

La paille est un paillage polyvalent qui sert souvent au potager.

Intérêt esthétique de la paille:

Le tapis de paille apporte de jolies nuances dorées dans un jardin ou un potager. Les fraisiers paillés ont aussi belle allure avec leur couleur verte tranchant avec les nuances claires de la paille.

Effet protecteur du sol et des cultures :

La paille partage cet avantage avec la plupart des paillis végétaux. En couche assez épaisse d’au moins une dizaine de cm, elle protège la vie du sol des intempéries, du vent ou des chaleurs excessives.

Elle protège également les plantes du froid car c’est un bon isolant. C’est d’ailleurs pour cela que depuis des siècles, la paille est aussi utilisée dans la construction, par exemple via la technique du torchis où elle est mélangée à de la terre argileuse.

La paille retient l’humidité :

En retenant l’humidité au sol, elle réduit les besoins en arrosage, à condition d’être suffisamment épaisse..

Peu de risque de fermentation :

Puisqu’elle est une matière sèche à la base, la paille ne menace pas de fermenter, ni même de monter en température. Elle n’engendre pas la formation de plaques comme pourraient le faire les tontes de pelouse ou certains autres paillis organiques frais.

 
La paille est une matière sèche ne générant habituellement pas de fermentation ni de montée en température.

La paille est une matière sèche ne générant habituellement pas de fermentation ni de montée en température.

Un entretien réduit :

Une fois mise en place, elle ne nécessite aucun entretien particulier. Il suffit de veiller à ce qu’elle soit en quantité suffisante et donc juste d’en rajouter quand la couche initiale a été bien “digérée” par la vie du sol.

Eviter le pourrissement des fruits et légumes poussant à ras-le au sol :

Epandue autour des jeunes végétaux au moment de leur plantation, elle évite aux futurs fruits d’être en contact direct avec la terre, ce qui peut entraîner leur dégradation avant récolte.  On pense notamment aux plantations de fraisiers.

Réduire les salissures :

La paille réduit notamment les éclaboussures de terre ou de boue dues aux précipitations.

Les inconvénients de la paille en paillage

Peut contenir des traces d’intrants chimiques :

Provenant principalement de l’agriculture, la paille peut bien sûr contenir des résidus de traitements chimiques. On vous conseille donc, au maximum, de rechercher de la paille issue de l’agriculture biologique ou à minima de l’agriculture raisonnée pour éviter d’apporter dans votre jardin des substances indésirables qui pourraient perturber la vie dans votre sol.

Application de produits chimiques sur un champ de céréales en monoculture.

Application de produits chimiques sur un champ de céréales en monoculture.

La paille bio est parfois difficile à trouver :

Trouver de la paille bio à proximité de chez soi peut être un véritable casse-tête. Pourtant, si on s’ancre dans une démarche permaculturelle, on ne souhaite pas introduire les produits chimiques dans son jardin. Pour trouver de la paille bio, il faudra donc souvent faire marcher le bouche à oreille et vous appuyer sur les associations et réseaux locaux pronant une agriculture paysanne bio ou raisonnée afin de trouver le fournisseur idéal pour vous.

Et si, à défaut d’autres matières organiques disponibles en quantité suffisante, vous devez vous rabattre sur de la paille issue de l’agriculture conventionnelle, ayez conscience de cette problématique et pesez bien le pour et le contre avant de vous décider.

Peu nourrissante pour le sol :

Utilisée seule, la paille n’amendera que très peu le sol qu’elle recouvre et pourra même entrainer une faim d’azote dans un sol carencé. Combinée avec des déchets verts, la paille deviendra un apport plus équilibré. On peut aussi prévoir plusieurs arrosages de vos cultures ainsi paillées avec des purins végétaux (ortie, consoude) ou avec votre urine pour ramener de l’azote et bien d’autres nutriments (phosphore, magnésium, potassium…) dans votre sol et ainsi compenser les déficiences de la paille.

Dès le phénomène de décomposition de la paille bien avancé, ce déficit en azote ne sera plus à craindre.

La paille reste bien évidemment plus nutritive qu’un paillage minéral d’ardoise ou une bâche plastique !

Paille servant de mulch principal sur une butte de culture potagère.

Paille servant de mulch principal sur une butte de culture potagère.

 

La paille s’envole :

Quand le vent souffle, la paille encore bien sèche a tendance à s’envoler !

Il suffira de maintenir ce paillage par des branchages ou des galets ou encore de bien entremêler les couches. Un bon arrosage lui évitera aussi de s’envoler au gré du vent.

Certains types de pailles peuvent avoir des effets allélopathiques :

C’est le cas notamment de la paille de seigle ou de la paille d’avoine qui sont capables d’inhiber la pousse de certaines adventices (plantain, herbe à aiguilles), mais aussi de plantes cultivées comme le riz et les tomates. Ces effets peuvent être amplifiés si l’agriculteur chez qui vous l’achetez utilise un anti-germinatif.

Notre avis sur le paillage à base de paille

Ce n’est clairement pas notre paillage favori surtout quand il est utilisé seul. Mais la paille en tant que mulch reste quand même une option intéressante au jardin en permaculture notamment car on peut en trouver en grande quantité à moindre coût. Cependant, il est important de bien vérifier sa provenance et ses conditions de culture avant de l’utiliser à tout va chez vous !

Enfin, c’est en respectant le principe de permaculture “favoriser la diversité” y compris dans vos paillages que vous rendrez le mieux service à votre sol donc pensez toujours à diversifier vos apports et donc à ne pas utiliser que de la paille pour vos couvertures de sol.

Vous pouvez, par exemple, mélanger votre paille avec du compost, du fumier composté, des matières vertes à tendance azotée telles que des tontes de pelouse, des déchets de cuisine, des coupes de végétaux ressources comme la consoude ou les orties. Vos apports au sol seront ainsi plus équilibrés et plus nourrissants ce qui vous donnera des plantes plus fortes en bonne santé et des récoltes plus belles et plus riches en nutriments !

Récolte potagère sur lit de paille.

Récolte potagère sur lit de paille.

 

Faites le design en permaculture de votre jardin !

Pour savoir où il vous sera le plus utile de couvrir votre sol avec de la paille, il faut savoir à quoi vont servir les différents espaces de votre terrain ! Pour y parvenir efficacement et mettre toutes les chances de réussite de votre côté, faites le design en permaculture de votre jardin grâce à notre formation en ligne dédiée !

Invitez la permaculture dans votre jardin

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La haie fruitière comestible en permaculture

Un des principes de permaculture, donné par Bill Mollison, est qu’un élément doit remplir plusieurs fonctions. Cela veut dire que lorsque l’on implante un élément dans son design, il faut réfléchir à tous les usages qu’il a ou pourrait avoir, dans le but de favoriser des interactions. Ainsi, le concepteur crée de la redondance et donc de la résilience.

Dans le cas d’une haie, si l’on souhaite en planter une pour délimiter un espace (dans le cas de haie brise vent ou de haie brise vue), on peut aussi lui attribuer d’autres usages, comme celui, par exemple, de nous fournir de la nourriture. Nourriture qui sera pour partie à notre bénéfice, mais aussi à celui de la faune : ainsi, répond-on à une éthique permaculturelle qui est de partager équitablement les ressources. Mais par des plantations variées, cette haie, pourra aussi participer à l’amélioration de la biodiversité locale. Le choix de certains végétaux pourra être bénéfique pour le sol : notre haie peut aussi améliorer le terrain.

C’est cette vision de haie comestible multi-usages que nous allons voir dans cet article.

Dans quel lieu je plante ?

L’exposition solaire de ma haie peut devenir une contrainte. En effet, beaucoup de fruitiers ont besoin de soleil pour fleurir puis fructifier : l’ombre peut donc devenir un facteur limitant. En revanche, l’ombre est favorable à l’épanouissement de légumes feuilles, que l’on pourra disposer au pied de la haie par exemple.

Démarrage d’une haie fruitière entre un poirier et un prunier avec la plantation de framboisiers, caseilliers, fraisiers mais aussi, en attendant que les petits fruits prennent leur place, des légumes comme des fèves (fixatrices d’azote) et des laitues. Certaines plantes sauvages ont aussi été conservées pour leur comestibilité et utilités (pissenlit, lamier, chénopode…)

Démarrage d’une haie fruitière entre un poirier et un prunier avec la plantation de framboisiers, caseilliers, fraisiers mais aussi, en attendant que les petits fruits prennent leur place, des légumes comme des fèves (fixatrices d’azote) et des laitues. Certaines plantes sauvages ont aussi été conservées pour leur comestibilité et utilités (pissenlit, lamier, chénopode…)

De plus, ma haie va avoir une face qui sera plus ombragée que l’autre : ces deux façades offriront des conditions différentes, propices à l’implantation de certains végétaux.

La qualité du sol en place sera aussi un critère à déterminer pour orienter son choix dans des plantes adaptées au lieu. Mon sol dispose-t-il d’une humidité constante ? Quelle est sa texture ? Dois-je prévoir des plantes très endurantes à la sécheresse, adaptées à des terrains ingrats ? Faut-il prévoir un apport de compost

Ces différents points sont à déterminer au préalable avant de réaliser les plantations.

Les contraintes de votre lieu deviennent autant de guides et donc d’aide pour votre sélection variétale.

 

De quel espace je dispose ?

Les possibilités offertes par une haie varieront considérablement selon la surface dévolue à celle-ci. Si vous ne disposez que d’une bande de 80cm, vous ne pourrez pas vraiment envisager la plantation d’arbustes ou d’arbres, ce qui réduira d’autant les possibilités.

Si vous rêvez de verger mais que votre terrain est trop petit, la plantation d’une haie fruitière comestible pourra combler une partie de votre envie !

Ainsi, sur un espace linéaire occupant moins de surface qu’un verger, vous pourrez mettre en place des arbres fruitiers, des arbustes nourriciers, des baies comestibles…

Association dans une même haie fruitière de vigne avec un pommier pour démultiplier les récoltes sur un petit espace.

Association dans une même haie fruitière de vigne avec un pommier pour démultiplier les récoltes sur un petit espace.

L’idée est de travailler les différents étages de la haie, plutôt que de dissocier chacun des éléments. Là où, classiquement, on mettrait les fruitiers d’un côté du jardin, les groseilliers de l’autre et la vigne ailleurs, sur un même linéaire on peut planter tous ces végétaux en créant un espace multi-étagé. C’est donc une solution tout à fait adaptée aux petits espaces, comme en ville. Il s’agit de reprendre les principes de jardin-forêt mais sur le linéaire d’une haie, ce qui augmente les effets de lisière, bénéfiques à l’implantation d’espèces variées.

 

Solutions pour un sol peu fertile

Lorsque l’on s’implante sur un lieu, le sol qui est en place n’a pas forcément été cultivé avec amour des années durant, et l’on peut hériter d’un sol tassé et appauvri par des travaux répétés.

Dans ce type de contexte, on peut prévoir la plantation de plantes endurantes, qui viendront améliorer la fertilité du sol. Il en est ainsi des plantes dites « fixatrices d’azote ». Ces végétaux ont la capacité, grâce à des bactéries symbiotiques situées sur leurs racines, de fixer l’azote de l’air (élément chimique nécessaire aux végétaux). Les plantes, en perdant une partie de leurs racines, vont libérer cet azote et le rendre disponible aux autres végétaux. Ces plantes fixatrices d’azote sont souvent des plantes dites « pionnières » : ce sont elles qui vont réussir à coloniser des espaces ingrats et, par leur présence, amender le sol. Ce sol bonifié par leur présence, sera alors apte à porter un cortège floristique comprenant des plantes plus exigeantes.

Ici un jeune chalef de Ebbing - Elaeagnus x ebbingei - lui aussi fixateur d’azote et produisant de petites baies rouges comestibles !

Ici un jeune chalef de Ebbing – Elaeagnus x ebbingei – lui aussi fixateur d’azote et produisant de petites baies rouges comestibles !

Mais en plus de leur capacité à rendre le sol plus fertile, certaines de ces plantes sont aussi comestibles ! Citons, par exemple :

  • L’argousier (Hippophae rhamnoides), au beau feuillage argenté. Il offre, sur les pieds femelles, de petites baies orange très riches en vitamine C, qui en font de bons alicaments. Il faudra toutefois penser à planter un pied mâle et un pied femelle à minima, pour les obtenir, car l’espèce est dioïque.
  • Le goumi du Japon (Eleagnus multiflora), présente un feuillage aux tons gris-vert. Ces nombreuses fleurs blanches et odorantes, sont suivies de baies rouges au début de l’été, légèrement astringentes, comestibles.
  • L’arbre à petits pois (Caragana arborescens) est une plante de la famille des Fabacées, qui est caractérisée par sa capacité à fixer l’azote de l’air. L’arbre à petits pois présente de jolies fleurs jaunes mellifères, suivies de gousses contenant des graines comestibles.

 

Des arbustes comestibles multi-usages

Un certain nombre d’arbustes utilisés couramment dans les haies présentent des usages que l’on a bien souvent oubliés, voir méprisés. C’est par exemple le cas de :

  • L’aubépine (Crataegus monogyna ou C. oxycantha). Sa floraison abondante blanche au printemps est un enchantement. Elle a une odeur miellée qui attire les abeilles. Ses fleurs ont des vertus médicinales reconnues. Celles-ci sont suivies, à l’automne, par une fructification rouge, appelée cenelle, qui est comestible. Du reste, les oiseaux ne s’y trompent pas. Ils sont d’ailleurs nécessaires aux graines pour germer : sans leur passage dans leur tube digestif, celles-ci n’auront pas levé leur dormance.
L’aubépine, un arbre ressource formidable dans une haie fruitière notamment pour la biodiversité qu’il soit en fleur ou en fruits !

L’aubépine, un arbre ressource formidable dans une haie fruitière notamment pour la biodiversité qu’il soit en fleur ou en fruits !

  • Le sureau noir (Sambucus nigra), est aussi un oublié. Ses élégantes ombelles de fleurs blanches arrivent à la fin du printemps. On en fait des boissons, des beignets, des tartes et autres gâteaux : elles ont un parfum délicat. Les fruits seront aussi comestibles, mais cuits, car crus, ils sont purgatifs. Le sirop de baies de sureau est un bon antidote aux maux hivernaux.
Le sureau, un autre arbre ressources extrêmement intéressant pour ses fleurs mellifères permettant de faire d’excellentes boissons pétillantes ou autres beignets et ses fruits, légèrement toxiques pour l’homme à l’état cru mais tellement bons une fois cuits en sauce, en gelées, en sirop…

Le sureau, un autre arbre ressources extrêmement intéressant pour ses fleurs mellifères permettant de faire d’excellentes boissons pétillantes ou autres beignets et ses fruits, légèrement toxiques pour l’homme à l’état cru mais tellement bons une fois cuits en sauce, en gelées, en sirop…

Pour ces deux espèces, les pépiniéristes ont développé des cultivars qui offrent des fruits plus gros que leurs parents naturels. Certaines aubépines, nommées azérolier, ont des fruits assez gros, allant jusqu’à 2/4cm de diamètre. Il existe plusieurs cultivars de sureau à gros fruits et à ombelles plus importantes, qui sont utilisés pour des productions commerciales.

 

Les petits-fruits dans ma haie fruitière comestible

Les petits fruits et baies, en plus d’être délicieux, sont généralement de culture facile et productifs en abondance assez rapidement, ce qui les rend incontournables dans une haie fruitière !

Les petits fruits et baies, en plus d’être délicieux, sont généralement de culture facile et productifs en abondance assez rapidement, ce qui les rend incontournables dans une haie fruitière !

Comment passer à côté des petits-fruits pour composer une haie gourmande ? Les groseilliers, cassis, ronces et autres framboisiers ont toute leur place en sous-étage d’une haie comestible.

Leur tolérance à l’ombre est variable. C’est pourquoi on veillera à les disposer selon leur besoin en soleil : les groseilliers à grappe sont plus tolérants à l’ombre (mais leur fructification diminue) que les cassissiers, par exemple.

D’autres arbustes, comme l’amélanchier, à l’attrayante floraison printanière blanche est suivi, en juin, par de nombreuses baies, qui sont très douces. Elles font le plus souvent le bonheur des oiseaux qui arrivent avant le jardinier !

Ce jeune amélanchier de Lamarck, planté il y a deux ans, produit déjà de délicieuses amélanches au goût rappelant à la fois la myrtille et la poire.

Ce jeune amélanchier de Lamarck, planté il y a deux ans, produit déjà de délicieuses amélanches au goût rappelant à la fois la myrtille et la poire.

 

Des couvre-sols comestibles

Lorsque l’on plante une haie, il ne faut pas oublier de réfléchir aux plantations couvre-sols. Celles-ci permettront de limiter le désherbage et pourront aussi offrir d’autres bienfaits…

Exemple de couvre-sol efficace à la production comestible délicieuse : les fraises des bois !

Exemple de couvre-sol efficace à la production comestible délicieuse : les fraises des bois !

Sur la face ensoleillée de la haie, pourquoi ne pas implanter quelques aromatiques vivaces, comme la menthe (Mentha sp.), la mélisse (Melissa officinalis), la ciboulette (Allium schoenoprasum), le romarin (Rosmarinus officinalis)

Sur la face plus à l’ombre, des couvre-sols tolérants l’absence de soleil direct pourront prendre place, comme la consoude (Symphytum officinalis), la ronce de Chine (Rubus tricolor), l’herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria), la claytone de Sibérie (Claytonia sibirica), l’aspérule odorante (Galium odoratum)

 

Des possibilités infinies

Une haie multi-étagée et comestible est donc tout à fait envisageable, quel que soit le contexte dans lequel on se situe. Les combinaisons sont nombreuses : les seules limites sont celles de votre imagination !

Ces haies peuvent devenir autant de vergers linéaires, au long desquels il fera bon cheminer, un panier à la main !

Exemple de haie fruitière en ligne avec des arbres fruitiers de canopée (poirier, pommier, prunier, pêcher) et des productions dans les strates inférieures : caseilliers, myrtilliers, framboisiers, fraisiers…

Exemple de haie fruitière en ligne avec des arbres fruitiers de canopée (poirier, pommier, prunier, pêcher) et des productions dans les strates inférieures : caseilliers, myrtilliers, framboisiers, fraisiers…

Quand on installe des haies fruitières en permaculture, on fait vite des récoltes gratifiantes et abondantes à partager avec son entourage !!!

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Tout savoir sur la coccinelle : demoiselle, bête à  bon dieu, coccinelle européenne…

On l’appelle la bête à bon dieu ou encore la demoiselle : c’est la coccinelle européenne. Derrière sa carapace rouge à taches noires, celle que l’on repère facilement au jardin et dans nos campagnes, est en réalité pleine de surprises. Et pourtant, a-t-on déjà pris le temps de l’observer vraiment ? De nous intéresser à son cycle de vie ? Qu’est-ce qui fait d’elle un insecte amical et bienvenu au jardin ? C’est ce que nous allons voir dans cet article !

La coccinelle : connaissez-vous vraiment cet insecte commun ?

La coccinelle est un coléoptère

La coccinelle, insecte de l’ordre des coléoptères, possède 6 pattes, 2 crochets et 2 paires d’ailes :

  • Une paire d’ailes antérieures, les élytres, qui est rigide et forme une carapace. Elle protège le corps de la coccinelle. C’est d’ailleurs cette caractéristique qui a donné le nom à l’ordre des coléoptères, « coleo » signifiant « étui », en grec. Les élytres aident aussi la coccinelle à stabiliser son vol.
  • Une paire d’ailes membraneuses qui sert à voler, une fois que les élytres se sont soulevées.

Si les coccinelles peuvent avoir des élytres de différentes couleurs selon les espèces, c’est qu’elles jouent un rôle défensif : elles annoncent clairement à l’ennemi que s’il vient se frotter, c’est à ses risques et périls. La coccinelle est capable d’asperger son adversaire de substances vénéneuses à l’effet répulsif.

Coccinelle déployant ses ailes membraneuses pour prendre son envol

Coccinelle déployant ses ailes membraneuses pour prendre son envol

 

Coccinelles : une grande diversité d’espèces

Une centaine d’espèces de coccinelles en Europe

On a tendance à parler des coccinelles en visualisant ce petit insecte volant, à la carapace rouge à points noirs et muni d’antennes. En réalité, les coccinellidés sont une grande famille de plus de 3 000 espèces à travers le monde dont une centaine est présente en Europe.

Cette diversité des coccinelles s’exprime notamment :

  • Dans la couleur des élytres qui peuvent être rouges, oranges, jaunes ou encore noires.
  • Dans le régime alimentaire : carnivores, herbivores ou mycophages (qui mangent des champignons)
  • Dans leur habitat : jardins, prairies, marais ou forêts, selon leurs préférences, on retrouve les coccinelles à des étages différents de la succession écologique.
  • Dans leur comportement : certaines vont hiverner sur leur site de nourriture plutôt en solitaire, quand d’autres vont se déplacer sur de grandes distances pour hiverner en groupes importants.

Les 2 espèces les plus connues

Deux espèces sont particulièrement connues au jardin :

  • Coccinella septempunctata : c’est la célèbre coccinelle rouge à 7 points. Mesurant de 5 à 8 mm, elle dispose de 3 points sur chaque élytre, et 1 point central à cheval sur les 2 ailes. Au stade larvaire, son corps est gris, avec des taches jaunes et noires. Elle se nourrit en majorité de pucerons, mais complète son régime alimentaire avec 30 à 50 % de pollen.
Coccinelle européenne à 7 points - Coccinella septempunctata - sur une feuille d’ortie

Coccinelle européenne à 7 points – Coccinella septempunctata – sur une feuille d’ortie

 

  • Adalia bipunctata, la coccinelle rouge à 2 points, a, quant à elle, 1 point sur chaque élytre. Elle est connue pour son grand appétit, puisqu’elle peut dévorer 90 pucerons par jour au stade adulte, et jusqu’à 150 au stade larvaire.
Coccinelle européenne à 2 points - Adalia bipunctata - sur une feuille d’ortie

Coccinelle européenne à 2 points – Adalia bipunctata – sur une feuille d’ortie

 

D’autres coccinelles à observer

Derrière ces deux espèces emblématiques, se cache en réalité toute une diversité de coccinelles. Voici quelques exemples par type de couleur :

  • Coccinelle jaune : Psyllobora vigintiduopunctata, la coccinelle à 22 points, Propylea quatuordecimpunctata, la coccinelle à damier, Tytthapsis sedecimpunctata, la coccinelle à 16 points.
Exemples de coccinelles aux élytres jaunes avec, de gauche à droite : Psyllobora vigintiduopunctata, Tytthaspis sedecimpunctata et Propylea quatuordecimpunctata aussi appelée coccinelle à damier - photos : Christoph Benisch - kerbtier.de

Exemples de coccinelles aux élytres jaunes avec, de gauche à droite : Psyllobora vigintiduopunctata, Tytthaspis sedecimpunctata et Propylea quatuordecimpunctata aussi appelée coccinelle à damier – photos : Christoph Benisch – kerbtier.de

 

  • Coccinelle orange : Vibidia duodecimguttata, la petite coccinelle orange, Calvia quatuordecimguttata, la coccinelle à 14 points blancs.
Exemples de coccinelles aux élytres oranges avec, à gauche, Vibidia duodecimguttata et à droite Calvia quatuordecimguttata - photos : Christoph Benisch - kerbtier.de

Exemples de coccinelles aux élytres oranges avec, à gauche, Vibidia duodecimguttata et à droite Calvia quatuordecimguttata – photos : Christoph Benisch – kerbtier.de

 

  • Coccinelle noire : la coccinelle à 10 points peut être rouge, mais aussi noire à points rouges. Idem pour la coccinelle à 2 points et bien d’autres encore.
Exemples de coccinelles aux élytres noires avec, à gauche, Adalia decempunctata - photo : Christoph Benisch - kerbtier.de et à droite Harmonia axyridis aussi nommée coccinelle asiatique pouvant avoir des couleurs et points très variables !

Exemples de coccinelles aux élytres noires avec, à gauche, Adalia decempunctata – photo : Christoph Benisch – kerbtier.de et à droite Harmonia axyridis aussi nommée coccinelle asiatique pouvant avoir des couleurs et points très variables !

 

Pour les reconnaître, la difficulté tient dans la grande variabilité des couleurs et du nombre de points au sein d’une même espèce.

 

Comment devient-on une coccinelle ?

Avant de prendre la forme adulte qu’on lui connaît, la coccinelle passe par différents états : œuf, larve, nymphe. Découvrez ce parcours incroyable !

Les œufs

Tout commence au stade de l’œuf ! La femelle coccinelle a pris soin de déposer ses œufs à des endroits stratégiques, au revers des feuilles, et à proximité d’une colonie de pucerons. Par paquets de 10 environ, ils sont placés debout, et serrés les uns contre les autres. Une semaine environ après la ponte, ils éclosent.

Les larves

L’éclosion, c’est la première étape éprouvante pour les larves qui doivent se débarrasser de leur enveloppe grâce à d’innombrables contorsions.

Après tous ces efforts, elles sont épuisées, et ne bougent plus pendant quelque temps. Une fois remises, elles mangent une partie de leur enveloppe, puis partent en quête d’une nourriture de choix : les pucerons.

À partir de là, les larves vivent une série de 4 mues, nécessaires à leur croissance. Le corps des larves étant modelé par la peau, ce dernier doit s’en débarrasser pour grandir, et s’équiper d’une nouvelle enveloppe souple et extensible.

Si les larves sont transparentes à l’éclosion, elles prennent des couleurs plus vives ensuite. Elles ont une forme allongée, sont poilues et munies de 2 crochets autour de la bouche.

À ce stade, elles peuvent manger jusqu’à 150 pucerons par jour.

Larve de coccinelle mangeant un puceron.

Larve de coccinelle mangeant un puceron.

 

La mue

À chaque mue, c’est le même scénario qui se répète. La larve vient se fixer sur une tige grâce à sa ventouse abdominale. De nouvelles contorsions sont nécessaires pour qu’elle se délivre de sa peau devenue trop petite. Au bout d’1 h, une larve toute claire émerge. Mais elle reprend des couleurs aussi rapidement qu’elle se remet à table !

La métamorphose

Dernière étape avant le stade adulte, et pas des moindres : la métamorphose !

À nouveau, la larve de coccinelle se fige pour changer de peau. Mais au lieu de faire une nouvelle mue comme aux étapes précédentes, elle va se transformer en nymphe. Après une nouvelle série de gesticulations la tête en bas et les pattes arrières recourbées, la larve s’immobilise pendant une journée. Puis, la peau de son dos se craque, et grâce à des mouvements pour s’en dégager, la nymphe émerge. Il s’agit d’un cocon hermétique orange dans lequel la coccinelle adulte se forme.

Nymphe de coccinelle, dernière étape avant le stade adulte !

Nymphe de coccinelle, dernière étape avant le stade adulte !

 

La coccinelle adulte

Au bout d’une semaine, la nymphe s’allonge, sa peau se déchire pour permettre au corps de la coccinelle de se dégager peu à peu.

Au sortir de la nymphe, la coccinelle n’a pas encore l’apparence qu’on lui connaît. Elle est alors jaune, et comme toute chiffonnée. En quelques heures, sa carapace se rigidifie, se défroisse et des points apparaissent.

Coccinelle adulte sortant tout juste de sa nymphe, elle n’a pas encore sa couleur définitive ni ses points qui apparaitront plus tard !

Coccinelle adulte sortant tout juste de sa nymphe, elle n’a pas encore sa couleur définitive ni ses points qui apparaitront plus tard !

C’est le moment de déployer les ailes membraneuses pour préparer son envol. Il lui faut s’exercer un certain temps à les étirer et les déplier avant d’être prête.

Après quelques jours, les élytres prennent leur couleur définitive.

 

Coccinelle : un cycle d’un an

Le temps des amours

C’est le printemps, le soleil est plus présent, et réchauffe l’air. Dès qu’il fait 15 °C, c’est le signal du réveil pour les coccinelles qui ont hiverné pendant plusieurs mois.

Les mâles sont rapidement opérationnels, prêts pour la période des amours. Ils se montrent alors démonstratifs en réalisant des mouvements d’antennes. Mais la tâche n’est pas si simple.

Vous êtes vous déjà demandés comment distinguer les coccinelles mâles des femelles ?

Eh bien, sachez que les coccinelles elles-mêmes ne le savent pas ! Voilà pourquoi, les mâles partent tous azimuts en quête d’une femelle. Au hasard, ils grimpent sur le dos d’un partenaire. C’est seulement à ce degré de proximité qu’ils peuvent reconnaître s’ils ont affaire à une femelle ou à un autre mâle. Comment ? Grâce à leur odeur qui diffère selon le sexe.

Une fois que le mâle a trouvé une femelle, il faut encore que celle-ci accepte l’accouplement. Toujours à l’odeur, la femelle est capable de détecter si son prétendant est bien nourri ou non, et c’est un critère de sélection important pour elle. En cas de rejet, elle met tout en œuvre pour déstabiliser le mâle, et s’en débarrasser. À cela, s’ajoute la concurrence d’autres mâles convoitant la même femelle : ils viennent bousculer le mâle engagé, et tenter de prendre sa place. Sans tous ces obstacles, le mâle est déjà bien en peine à essayer de grimper sur le dos arrondi et glissant de sa partenaire. Vous imaginez donc l’épreuve que représente l’accouplement pour une coccinelle mâle.

Finalement, la femelle s’accouple environ 20 fois au cours du printemps. D’une durée de 20 min à 1 h, l’accouplement est le moment où la femelle stocke des spermatozoïdes au chaud dans sa poche ventrale. Elle saura les conserver pour les féconder le moment venu.

Accouplement en cours pour ces deux coccinelles.

Accouplement en cours pour ces deux coccinelles.

 

La ponte

Une coccinelle peut stocker environ 1 500 œufs qu’elle met 2 mois à pondre à des endroits différents.

Le lieu de ponte a toute son importance pour donner le maximum de chance de survie à sa progéniture.

Les larves n’ayant pas d’ailes, elles ne pourront pas se déplacer d’une feuille à une autre pour trouver des pucerons. La femelle doit donc pondre à un endroit où il y a suffisamment de pucerons pour permettre à toutes ses larves de se nourrir. Dans le cas inverse, les larves se mangeront les unes les autres.

Pour les mêmes raisons, elle doit aussi s’assurer de ne pas pondre de nouveaux œufs là où des larves plus anciennes évoluent. Il y aurait là aussi un risque de cannibalisme.

Œufs de coccinelle sur le revers d’une feuille d’ortie.

Œufs de coccinelle sur le revers d’une feuille d’ortie.

 

Manger

Différents régimes alimentaires

Que mange une coccinelle ? La nourriture des coccinelles varie selon les espèces. S’il existe des coccinelles végétariennes, ou d’autres mangeuses de champignons, de nombreuses espèces de coccinelles sont carnivores, et se nourrissent de pucerons principalement.

Les pucerons sont une source de protéines indispensables à la croissance de ces coccinelles aphidiphages (qui mangent des pucerons). En cas de raréfaction des pucerons, les coccinelles peuvent aussi se nourrir de pollen et de nectar, mais cela ralentit les pontes et la croissance des larves. Parfois, elles mangent aussi des cochenilles, des aleurodes, des larves de guêpes, de mouches, de papillons.

Stratégie

Après plusieurs mois d’hiver à jeûner, la coccinelle est affamée. Elle doit vite se nourrir, et pour cela, elle a une stratégie.

La coccinelle adopte le comportement des pucerons. Comme eux, elle explore les feuilles en suivant les nervures, là où ils boivent la sève. Puis, elle cherche l’extrémité des plantes. Cette jeune pousse en pleine croissance est très fréquentée par les pucerons qui y trouvent les protéines dont ils ont besoin.

Bredouille après son exploration, la coccinelle s’envole examiner d’autres feuilles.

Si par contre, sur son parcours elle sent l’odeur du miellat produit par les pucerons, elle se met dans une quête frénétique : elle se déplace de manière à couvrir les moindres recoins de la feuille. Elle ne peut compter sur sa vue qu’au moment de la capture, une fois à proximité du puceron. À ce moment-là, elle l’attrape grâce à ses deux crochets, et n’en fait qu’une bouchée. Dans le cas des gros pucerons, elle injecte ses sucs digestifs dans le corps, et aspire le jus. Il ne reste alors que la carcasse sèche du puceron collée à sa feuille.

Parfois le puceron tente une esquive. Puisqu’il a une meilleure vue que la coccinelle, il peut la voir arriver et :

  • se laisser tomber pour se mettre hors de portée ;
  • ou lui envoyer un liquide visqueux qui la déstabilise et l’éloigne.

Malin le puceron !

Coccinelle en plein festin au sommet d’une tige de fève infestée de pucerons !

Coccinelle en plein festin au sommet d’une tige de fève infestée de pucerons !

 

Hiverner

Selon les espèces, les coccinelles peuvent évoluer dans différents milieux : prairies, forêts, marais où elles passent la belle saison à se nourrir.

Dès la fin de l’été, et pendant toute la saison froide, elles hivernent, c’est-à-dire qu’elles trouvent un abri pour se protéger des intempéries, et passer quelques mois au ralenti.

Selon les espèces, les coccinelles trouvent refuge dans des lieux divers. Herbes hautes, litière des forêts, trous d’arbres, crevasses, fissures dans les murs, tas de pierres, sont autant de sites potentiels pouvant servir d’abri contre le vent, la pluie, le froid. Les comportements divergent : certaines espèces comme la coccinelle à 7 points préfèrent passer la mauvaise saison en solitaire ou en petits groupes. D’autres migrent vers des sites en altitude pour se retrouver en groupes importants, parfois de plusieurs centaines d’individus. C’est le cas de la coccinelle Hippodamia undecimnotata, la coccinelle migratrice.

L’hiver, certaines coccinelles hivernent sous l’écorce des arbres

L’hiver, certaines coccinelles hivernent sous l’écorce des arbres

 

Les coccinelles : auxiliaires du jardin

En quoi la coccinelle est une auxiliaire ?

Vous avez déjà dû voir des colonies de pucerons installées au printemps sur les pousses tendres de vos plants de fèves ou sur les boutons floraux de vos rosiers ? Petit pincement au cœur, non ? Heureusement, la coccinelle est votre alliée. Elle joue un rôle d’auxiliaire en aidant à réguler la présence des pucerons et autres suceurs de sève – cochenilles, aleurodes, acariens — et évite ainsi les dégâts sur les cultures.

On ne le sait pas assez, mais la coccinelle contribue aussi à la pollinisation des plantes. Lorsqu’elle ne trouve plus de pucerons, elle se nourrit de nectar et de pollen, et va donc de fleur en fleur. Certes, elle n’a pas de poils qui accrochent le pollen et qui aident à le transporter vers d’autres fleurs (comme les abeilles noires), mais elle contribue quand même à son niveau !

Précieuses auxiliaires du jardinier, les coccinelles contribuent aussi à la pollinisation du potager et du verger !

Précieuses auxiliaires du jardinier, les coccinelles contribuent aussi à la pollinisation du potager et du verger !

Vous comprenez à présent pourquoi l’on appelle souvent la coccinelle « l’amie du jardinier ».

 

Concurrence, prédateurs et menaces

Concurrence

La vie d’une coccinelle n’est pas un long fleuve tranquille. Simplement pour arriver au stade adulte, celle-ci passe par différentes étapes où elle se retrouve vulnérable. Mais ça ne s’arrête pas là.

Si elle se jette sur les pucerons pour assouvir sa faim, elle n’est pas la seule à les convoiter. Les fourmis sont également de la partie. Non pas qu’elles mangent les pucerons. Elles se nourrissent de leur miellat, ce produit issu de la digestion des sucres contenus dans la sève des plantes, et dont les pucerons n’ont pas besoin (oui, en d’autres termes, ce sont leurs excréments). Pour garantir l’abondance de ce miellat, la fourmi a tout intérêt à protéger les pucerons des attaques de coccinelles. Ce qu’elle fait à coup de destruction d’œufs, de pressions sur les larves, et de jets d’un liquide acide sur les adultes. Coriace la fourmi !

Les fourmis protègent les colonies de pucerons des attaques de coccinelles, ici une fourmi attaque une larve de coccinelle.

 

Prédateurs

Attention : âmes sensibles, s’abstenir ! Il se passe des choses dans la nature à l’échelle de l’infiniment petit qu’il vaut mieux parfois ne pas connaître afin d’éviter de faire des cauchemars. Mais pour satisfaire notre goût de la connaissance, nous vous révélons quand même ce qu’il advient de certaines coccinelles malchanceuses.

La coccinelle demoiselle est la proie de deux parasites qui l’utilisent pour leur propre cycle de reproduction. Ainsi, des mouches pondent leurs œufs dans le corps des coccinelles, d’où sortent des asticots. La pauvre coccinelle ne survit pas à cela, et meurt à petit feu.

Autre parasite impitoyable : la guêpe noire dinocampus coccinellae qui injecte un œuf dont sortent :

  • une larve, qui se nourrit des réserves de graisses de la coccinelle ;
  • des cellules, qui se développent et pompent son sang.
Petite guêpe noire parasitoïde des coccinelles connue sous le nom de Dinocampus coccinellae - ©Rsbernard CC BY-SA 4.0

Petite guêpe noire parasitoïde des coccinelles connue sous le nom de Dinocampus coccinellae – ©Rsbernard CC BY-SA 4.0

 

Quand la larve a vidé le stock de graisses de la coccinelle, elle se reporte alors sur les cellules. Puis, elle sort du corps de la coccinelle, mais y reste accrochée en tissant un cocon sous son ventre. Après plusieurs jours, la guêpe sort du cocon, abandonnant la coccinelle, toujours vivante, à son triste sort.

Parfois, ce sont des punaises qui plantent leur stylet dans les larves ou nymphes des coccinelles pour se nourrir de leurs substances.

Enfin, la coccinelle entre dans le régime alimentaire d’autres animaux tels que les mantes religieuses, les araignées, les oiseaux, les petits rongeurs.

Araignée attaquant une coccinelle adulte.

Araignée attaquant une coccinelle adulte.

 

La concurrence des coccinelles asiatiques

Nous y voilà ! Vous avez peut-être entendu parler de ces fameuses coccinelles asiatiques, mais ne comprenez pas les discussions qui tournent à son sujet. Faisons le point !

La coccinelle asiatique Harmonia axyridis, est, comme son nom l’indique, une coccinelle originaire du Sud-Est de l’Asie. Difficile de la différencier de nos coccinelles, car elle aussi peut présenter une grande variété de couleurs et de tâches. La meilleure opportunité de les différencier se trouve au stade larvaire, la coccinelle asiatique ayant plein de petits plumeaux sur le corps contrairement aux coccinelles européennes.

Cette coccinelle n’est d’ailleurs pas arrivée en Europe par hasard. Elle a été importée par des éleveurs de coccinelles pour être vendue à des professionnels et des particuliers. Objectif : faire de la lutte biologique avec cette coccinelle.

La coccinelle asiatique a l’avantage de s’adapter à tous les milieux, et a un appétit d’ogre quand il s’agit d’avaler les pucerons. Elle s’avère bien plus vorace que nos coccinelles européennes. En plus, elle se reproduit rapidement en faisant plusieurs cycles en une année, là où nos coccinelles indigènes n’en font qu’une ou deux.

Sur le papier, ça semble parfait, mais ce n’est pas sans poser de gros problèmes pour les coccinelles européennes. Celles-ci se voient concurrencées dans leur accès à la nourriture. Par ailleurs, la coccinelle asiatique est aussi un prédateur pour les larves de coccinelles européennes qu’elle n’hésite pas à ajouter à son menu.

Exemple d’Harmonia axyridis ou coccinelle asiatique, une espèce aux multiples couleurs et nombre de points possible, rendant son identification difficile. - photo : Christoph Benisch - kerbtier.de

Exemple d’Harmonia axyridis ou coccinelle asiatique, une espèce aux multiples couleurs et nombre de points possible, rendant son identification difficile. – photo : Christoph Benisch – kerbtier.de

 

Pesticides et perte d’habitat

Les coccinelles sont victimes des pesticides utilisés en agriculture et dans les jardins des particuliers. Comme beaucoup d’autres animaux, elles souffrent également de la fragmentation et de la perte de ses habitats liés aux grandes parcelles de monoculture et à l’urbanisation.

 

Attirer les coccinelles au jardin

Favoriser les coccinelles

Dans un jardin potager en permaculture, on cherche de manière générale à favoriser la biodiversité pour développer un écosystème cultivé équilibré. C’est de cette façon que le jardin potager fonctionne le mieux, sans pesticide, et avec peu d’intervention du jardinier. Et pour cause, il s’appuie sur les espèces auxiliaires pour réguler la présence des nuisibles. Ainsi, toutes les actions visant à accueillir une faune et une flore riches, bénéficient également aux coccinelles. Et on a vraiment besoin d’elles. Alors, plutôt que d’acheter des coccinelles, voici ce que vous pouvez faire spécifiquement pour les attirer chez vous.

Pas de pucerons, pas de coccinelles

Pour attirer les coccinelles au jardin, elles doivent y trouver leur nourriture préférée, les pucerons. Donc, la première des choses à faire, c’est de se retenir d’éliminer les pucerons manuellement : non, on ne les écrase pas sauvagement entre ses doigts ! Objectif : faire en sorte qu’il soient disponibles pour les coccinelles et leurs larves. 

Des plantes pour se nourrir dès le printemps

Au printemps, quand les coccinelles se réveillent, elles ont très faim, mais les pucerons ne sont pas toujours au rendez-vous. En attendant leur arrivée, les coccinelles apprécient de trouver à leur disposition des plantes qui leur fournissent des protéines via leur pollen ou leur nectar. C’est le cas des fleurs des arbres fruitiers et d’autres plantes comme le pissenlit, la centaurée, la tanaisie, le lamier blanc, les graminées…

Des plantes hôtes ou relais, qui attirent les proies des coccinelles, sont également les bienvenues, autour, et dans le jardin potager.

Vous gagnerez à laisser pousser les plantes sauvages comme les orties, le sureau, les séneçons. Et à cultiver la capucine, le fenouil, les fèves, les rosiers. Ils feront venir les pucerons, et donc les coccinelles. D’une manière générale, la permaculture nous enseigne à favoriser la diversité de végétaux ce qui est un avantage pour accueillir de nombreux insectes comme la coccinelle.

 

Exemples de plantes pouvant aider les coccinelles au réveil de printemps : ortie, pissenlit, séneçon, bourrache, capucine, fenouil, noisetier, fèves…

 

Aménager des sites d’hivernage

Certaines coccinelles passent l’hiver dans votre jardin. Elles trouveront sans doute des abris naturels dans les haies, les arbres, les murs, de quoi se protéger pendant la mauvaise saison. Pour les aider, vous pouvez aussi penser à elles en fin d’été en leur mettant à disposition :

  • des petits tas de branches et de feuilles (laissés sur place, ils finiront pas se transformer en compost) ;
  • des amas de pierres ;
  • un carré d’herbes hautes ;
  • des fagots de tiges mortes coupées.
Coccinelle cherchant refuge pour l’hiver dans un tas de feuilles mortes.

Coccinelle cherchant refuge pour l’hiver dans un tas de feuilles mortes.

 

Construire un abri à coccinelles

Vous pouvez aussi bricoler un hôtel à insectes pour les coccinelles en plaçant des petites planches horizontales espacées de 5 mm dans une boîte en bois. Ajoutez un petit matelas de feuilles mortes ou de paille. Puis, installez cette boîte dès la fin du mois d’août dans un endroit ensoleillé, protégé du vent et de la pluie.

 

Un nouveau regard sur les coccinelles

De retour au jardin après la lecture de cet article, vous allez sans doute regarder les coccinelles d’un œil différent :

  • Vous vous amuserez sans doute à essayer d’identifier les différentes espèces de coccinelles qui peuplent votre jardin.
  • Au printemps, vous prêterez plus d’attention au revers des feuillages, aux larves et aux nymphes que vous n’aviez jamais observées auparavant.
  • Peut-être serez-vous ravis de voir se multiplier les pucerons sur vos plantes, car c’est grâce à eux que les coccinelles pourront passer une nouvelle saison au jardin.
  • Enfin, vous aurez certainement envie de laisser pousser les herbes sauvages au jardin, et d’aménager des petits refuges pour que ces demoiselles puissent passer l’hiver à l’abri.

Grâce à ces actions, l’écosystème de votre jardin s’enrichit petit à petit. Pour aller plus loin, pensez aussi à faire de votre jardin un lieu d’accueil pour les autres auxiliaires : chauve-souris, hérisson, grenouille, crapaud.

Observer les coccinelles au jardin : un vrai plaisir simple, à partager en famille !

Observer les coccinelles au jardin : un vrai plaisir simple, à partager en famille !

 

Invitez les coccinelles dans votre potager en permaculture…

Les coccinelles sont de formidables auxiliaires à même de réguler les populations de pucerons indésirables. Mais pour en avoir dans votre potager, encore faut-il qu’elles trouvent de quoi se loger et se nourrir sur place, c’est pourquoi, dans notre nouvelle formation sur le potager en permaculture, nous avons prévu des zones dédiées à la biodiversité. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus 😉 !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Si vous ne savez pas comment vous y prendre ni par où commencer pour faire votre potager en permaculture et tendre ainsi vers plus d'autonomie alimentaire, découvrez notre concept de potager-école avec un accompagnement pas à pas sur 3 ans pour faire de vous un jardinier en permaculture confiant et expérimenté !

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Ecovillage : un village autonome où vivre en communauté

Cette vidéo a été tournée à l’été 2019. Depuis, les choses ont beaucoup évoluées sur l’écovillage et au sein du projet TERA. Grégor vous partagera tout cela d’ici quelques mois dans un prochain article ;).

 

Créer un écosystème coopératif s’inspirant du fonctionnement de la nature

 

Un écovillage expérimental pour une redynamisation du territoire rural

Nous voulons créer un écosystème coopératif en nous inspirant du fonctionnement de la nature, et donc bien sûr, c’est en lien avec la permaculture.Nous sommes à la Ferme de Lartel, dans un petit village qui s’appelle Masquières. C’est l’un des lieux qui soutiennent le projet Tera, un projet d’écovillage expérimental et de développement territorial. Ici, c’est la partie microferme, production à la fois maraîchère, vivrière avec une forêt comestible, boulangerie, spiruline, et autres activités autour du corps de ferme. Le site fait douze hectares.

Créer un écohameau, un écovillage et plus largement un écosite inscrits durablement dans un territoire rural, c’est ce qu’expérimente le projet TERA, un projet collectif en permaculture qui regroupera à termes plusieurs centaines d'habitants.

Créer un écohameau, un écovillage et plus largement un écosite inscrits durablement dans un territoire rural, c’est ce qu’expérimente le projet TERA, un projet collectif en permaculture qui regroupera à termes plusieurs centaines d’habitants.

Le projet Tera est aussi en train de s’implanter dans une autre commune à 20 kilomètres d’ici avec un quartier d’habitation rural avec un centre de formation à l’éco construction et un espace vivrier. 

Apprendre à vivre en communauté dans un village autonome durablement inscrit dans son territoire

C’est vraiment un projet de développement territorial dans lequel on essaye de mélanger l’habitat, la permaculture et tout ce qui va être autonomie alimentaire, revenu de base… Comment les activités économiques que nous créons vont permettre de répartir la richesse entre les personnes qui participent au projet. Nous menons aussi beaucoup d’expérimentations sur les questions de gouvernance et de démocratie. 

Intelligence collective, gouvernance, chantiers participatifs, jardins associatifs…le projet TERA c’est aussi apprendre à s’organiser et à vivre en communauté dans l’écovillage et plus largement sur les différents sites du projet.

Intelligence collective, gouvernance, chantiers participatifs, jardins associatifs…le projet TERA c’est aussi apprendre à s’organiser et à vivre en communauté dans l’écovillage et plus largement sur les différents sites du projet.

Quand nous sommes arrivés en 2016 nous avons tout de suite commencé le potager associatif. Il y a beaucoup de néo ruraux dans le projet, donc des gens qui au début ne savaient pas par quel bout il fallait tenir une bêche. Ça a donc pris un peu de temps. Simon, le maraîcher, a progressivement rassemblé une équipe autour de lui.

Des activités diverses au sein de l’écovillage

Le maraîchage pour relocaliser les productions alimentaires

Le maraîchage à vocation commerciale permet de relocaliser la production alimentaire des habitants de l’écovillage et de valoriser ses productions notamment en monnaie locale.

Le maraîchage à vocation commerciale permet de relocaliser la production alimentaire des habitants de l’écovillage et de valoriser ses productions notamment en monnaie locale.

Le maraîchage à vocation commerciale permet de relocaliser la production alimentaire des habitants de l’écovillage et de valoriser ses productions notamment en monnaie locale.

Le maraîchage à vocation commerciale permet de relocaliser la production alimentaire des habitants de l’écovillage et de valoriser ses productions notamment en monnaie locale.

Le maraîchage pour l’instant est très modeste mais a vocation à grandir jusqu’à devenir une activité commerciale. La manière d’étendre ce projet est en constant questionnement et dépend de ce que les gens veulent faire. C’est aussi la question de la meilleure stratégie pour construire un écosystème coopératif.

La forêt comestible à vocation vivrière

Nous avons la forêt comestible dont je m’occupe. Cette activité a une vocation vivrière. Je ne dirais pas qu’elle n’est pas économique mais pour le moment les récoltes sont symboliques et ça reste expérimental. C’est un lieu qui permet d’apprendre. C’est en route depuis fin 2016, début 2017, on est donc dans la troisième année.

Initié fin 2016, le projet de forêt comestible a une vocation vivrière au sein de l’écovillage et peut-être, à termes, une vocation commerciale pour une valorisation sur le territoire comme pour le maraîchage.

Initié fin 2016, le projet de forêt comestible a une vocation vivrière au sein de l’écovillage et peut-être, à termes, une vocation commerciale pour une valorisation sur le territoire comme pour le maraîchage.

L’activité de boulange pour l’écovillage et au-delà : l’importance des synergies locales

On a aussi une activité de boulange. Elle est en chantier depuis très longtemps, mais elle va vraiment démarrer à l’automne parce que nous avons rénové un petit bâtiment, qu’on appelle la grangette, qui était le plus petit des bâtiments du corps de ferme. Les travaux sont enfin terminés et nous n’attendons plus que la livraison du nouveau four. Lisa, qui est la boulangère, a passé son CAP l’année dernière.

La « grangette » fraîchement rénovée accueille l’activité de boulange pour une production hebdomadaire de pain qui sera distribuée localement grâce à diverses synergies locales !

La « grangette » fraîchement rénovée accueille l’activité de boulange pour une production hebdomadaire de pain qui sera distribuée localement grâce à diverses synergies locales !

La vocation pour le pain est commerciale. Nous allons commencer gentiment avec 15/20/25 kilos de pain par semaine, et ça va assez vite monter dans les mois qui suivent. À terme, je pense qu’on aura dans les 90/100 kilos de pain par semaine. Ça va être vendu localement au travers du réseau de distribution qu’on est en train de mettre en place à l’échelle du projet, et qui n’inclurait pas que nos productions mais aussi celles des producteurs locaux avec qui on tisse des liens depuis maintenant trois ans et demi. Il commence à y avoir une vraie dynamique et c’est une autre partie du projet : la construction d’un réseau de distribution avec les producteurs locaux : les farines, les graines, etc. On cherche à créer un écosystème, une synergie locale avec les gens qui étaient là avant nous, qui connaissent leur milieu, qui savent ce qu’ils font, qui font des produits de qualité et qui sont bios, voire qui sont déjà dans une démarche permaculturelle.

Le compost réalisé sur place par un maître composteur profite aux activités de maraîchage et de forêt comestible.

Le compost réalisé sur place par un maître composteur profite aux activités de maraîchage et de forêt comestible.

Alan est donc le maître composteur du lieu : c’est lui qui gère le compost, qui profite du coup à l’activité de maraîchage, à la forêt comestible. Il récupère aussi les déchets des toilettes sèches pour le compost. Nous avons depuis plus de deux ans des bacs de maturation de compost humain et les premiers bacs ont été utilisés sous forme de terreau de compost cette année.

 

Se former en permaculture pour avancer sereinement sans se précipiter

Moins de stress grâce aux outils de design en permaculture

Mon conseil ultime serait de faire une formation en permaculture ! Je dis ça sérieusement… Parce c’est à mon avis l’outil qui apporte à la fois l’élan pour faire quelque chose de concret et en même temps ça nous donne les outils de design et de réflexion pour ne pas se précipiter. Tous les conseils que je pourrais donner seront contenus dans les principes de la permaculture : que ce soit d’observer et d’interagir, que ce soit d’accepter les retours de nos expériences, que ce soit de tenir compte du voisinage et des limites à la fois écosystémiques, politiques, humaines qui nous entourent…

La mare, petit écosystème à la biodiversité étonnante illustre bien combien la nature est généreuse et résiliente : lui faire confiance en s’appuyant en plus sur les outils de design en permaculture, c’est s’épargner beaucoup de stress et de déceptions.

La mare, petit écosystème à la biodiversité étonnante illustre bien combien la nature est généreuse et résiliente : lui faire confiance en s’appuyant en plus sur les outils de design en permaculture, c’est s’épargner beaucoup de stress et de déceptions.

Il s’agit vraiment de faire confiance aux processus à la fois naturels et à ceux de la permaculture et du design. Quand on part de rien, ou d’une friche, au début il peut y avoir un facteur stress, pression, exigence et crainte de la déception.

Privilégier les solutions lentes pour plus de pérennité

C’est très important d’être doux avec soi-même, d’accepter les échecs et de les voir comme une richesse et comme un processus. Il faut faire confiance : quand on plante des choses, quand on construit des choses, il va toujours rester un résultat agréable à la fin. Ça prend du temps, mais si on veut de la pérennité il faut faire dans le lent et le progressif. Ce n’est pas avec des méthodes brutales et focalisées sur des résultats immédiats que l’on va créer un système pérenne. Nous essayons d’éviter ces méthodes qui ont un prix à la fin ; pour moi, la permaculture, c’est faire autrement, accepter pour s’inscrire dans du pérenne. Il faut accepter que les résultats ne soient pas à la hauteur des espérances tout de suite.

En acceptant ça, on se retrouve à être surpris par des réussites inattendues, par des choses qu’on n’espérait pas. Par exemple, on a planté partiellement l’une des guildes de PermacultureDesign, celle de la vigne. On a planté des pieds de vignes, et la première année il y en a qui sont morts. Puis on en a replanté et cette année ils ont pris le gel et la sécheresse…

C’est triste à chaque fois et on pense qu’on ne va pas y arriver. Puis pour la troisième fois on a planté, et ça y est : on a un pied qui nous a donné nos premières grappes de raisin ! C’est de la vigne Isabelle, ce que l’on appelle le raisin-fraise, et goûter des grains de raisin au goût de fraise, avec un goût si inattendu, ça vaut tous les échecs et tous les moments de doutes qu’on a traversés.

Ayez confiance, de votre vivant il va se passer quelque chose de bien, vous n’allez pas mourir sans voir émerger quelque chose de vraiment chouette sur ce que vous construisez. Je dis ça parce que c’était mes angoisses au début, quand je me disais : je ne vais jamais y arriver, il va falloir quarante ans avant de voir quelque chose… Et ce n’est pas vrai !

Pour réussir votre projet d’écovillage, faites votre design en permaculture.

Comme l’explique Grégor, les outils de design en permaculture permettent de poser sereinement les bases de son projet et d’y réfléchir théoriquement sans se précipiter tout en donnant l’élan et l’assurance de se lancer dans le concret. Si vous aussi avez un projet en permaculture, en faire le design global sera sans doute la clé de votre réussite ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus.

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

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La permaculture au jardin potager : le guide complet

La permaculture au jardin potager, c’est vraiment pour tout le monde et pour tous les terrains ! Que vous soyez jardinier débutant poussé par l’envie de prendre en main votre alimentation, de manger des légumes bons et sains. Ou plus expérimenté, en recherche de solutions pour augmenter vos récoltes, tout en économisant votre temps et votre énergie. La permaculture apporte des réponses pérennes et efficaces, adaptées à chaque contexte. Ainsi, grâce à des pratiques douces et régénératrices pour la nature, vous serez capable de produire des récoltes abondantes sur le plus petit espace possible et sans vous épuiser. Le potager en permaculture s’inscrit aussi dans un système, le design, indispensable à votre réussite.

Des stratégies de culture au design, on vous explique tout dans ce guide complet !

Le jardin potager : un écosystème cultivé intensif et économe

Alors que le potager peut être énergivore et chronophage, la permaculture regorge de stratégies pour optimiser l’espace, l’énergie, le temps. Entrons tout de suite dans le vif du sujet !

Économiser l’eau

Collecter l’eau de pluie

L’eau est tellement précieuse au potager que vous devez y porter une attention toute particulière, et essayer d’optimiser sa collecte. Récupération de l’eau des toitures et stockage en citerne, collecte via une mare dans le potager, etc. toutes les solutions sont bonnes ! 

L’arrosage automatique

Que vous ayez une toute petite parcelle, ou un potager plus grand, l’arrosage en été peut devenir très chronophage, surtout si les pluies sont peu fréquentes. Vous aurez sans doute réfléchi à cela au moment de la conception de votre design (dont on vous parle un peu plus loin dans cet article), mais c’est important d’anticiper la question avant la pleine saison potagère. Un arrosage maîtrisé est un arrosage qui assure un apport régulier et juste par rapport aux besoins des plantes. C’est la meilleure façon d’en prendre soin, et de leur éviter les chocs thermiques à répétition. 

Un arrosage maîtrisé évite les gâchis d’eau et d’énergie humaine. Pour cela plusieurs solutions sont à explorer, par exemple :

  • Les systèmes de goutte à goutte programmables ;
  • Les oyas, ces poteries à enterrer, qui délivrent la juste quantité d’eau grâce à la porosité de la terre cuite.

 

Composter, c’est recycler 

Au potager en permaculture, on essaie de limiter le plus possible les fuites d’énergie. C’est pourquoi, le compostage est une pratique essentielle. En recyclant les déchets de la cuisine ou du jardin, on en fait une matière riche et bénéfique pour le potager. Un véritable or noir, capable de nourrir et de protéger le sol. Faire son compost est à la portée de tous. Il vous suffit de choisir la méthode qui vous convient, tant il y a de façons de faire : compostage de surface, compostage en tas, en composteur de jardin, en lombricomposteur, etc. 

Cultiver sur la plus petite surface possible

Avoir un grand potager, c’est bien, mais avoir un petit potager, cultivé de manière intensive, c’est encore mieux ! Pourquoi ? Tout simplement, parce que vous dépensez moins d’énergie d’eau et de temps à entretenir un petit espace. Il vaut donc mieux commencer sur une petite surface, puis quand on maîtrise bien, s’étendre si besoin. Les zones non cultivées pourront être laissées en coins sauvages. Ainsi, elles ne demandent pas d’entretien et favorisent la biodiversité.

Concrètement, comment faire pour utiliser son potager au maximum de ses capacités ?

Exemple, chez Benjamin, d’une petite zone cultivée intensément avec tout l’espace occupé par des légumes et plantes aromatiques diverses. Illustration extraite de la formation en ligne « le potager Perma+ ».

Exemple, chez Benjamin, d’une petite zone cultivée intensément avec tout l’espace occupé par des légumes et plantes aromatiques diverses. Illustration extraite de la formation en ligne « le potager Perma+ ».

 

Étager les cultures

Qui a dit qu’il fallait cultiver uniquement à l’horizontale ? Laisser aller votre créativité et imaginez des systèmes en 3 dimensions. Expérimentez le potager vertical !

Donner de la hauteur au potager

Des surfaces où faire grimper les plantes, il y en a quantité à exploiter : les murs et clôtures, les abris de jardin, pergolas, etc.

Un mur est une aubaine ! En plus d’emmagasiner la chaleur, il permet à certaines plantes de se développer sans prendre d’espace au sol, moyennant la mise à disposition d’un support. On peut y faire pousser des petits arbustes comme les mûriers, framboisiers, vignes, kiwis, etc.

Construire des structures

Au sein même du potager, dans et entre les planches de culture, on peut installer différents supports. Treillis en formes de tipi ou de tente canadienne, grillages, tunnels, portiques accueillent joliment vos haricots à rames, petits pois, courges, concombres, melons, etc. Vos plantes potagères grimpantes ainsi palissées libèrent la place au sol pour d’autres cultures. Une technique à utiliser aussi pour le potager urbain !

Exemple de structures en bois de châtaignier au potager en permaculture de la ferme de la Goursaline pour faire grimper notamment des haricots rames.

Exemple de structures en bois de châtaignier au potager en permaculture de la ferme de la Goursaline pour faire grimper notamment des haricots rames.

 

Densifier et associer les cultures

Densifier les cultures, c’est faire en sorte que toute la surface de vos plates-bandes soit occupée par des plantes. Voici 2 stratégies pour optimiser l’espace au potager : 

  • Planter plus serré et en quinconce plutôt qu’en ligne.
  • Mélanger les légumes sur une même planche de culture en intercalant des plantes à faible développement entre des plantes plus volumineuses. Par exemple, on peut faire pousser des carottes, des radis ou du basilic au pied des tomates. 

Pour densifier vos cultures efficacement, on ne saurait trop vous conseiller de pratiquer les associations des légumes au potager. Au fil du temps, les jardiniers ont remarqué que certaines combinaisons de plantes cultivées ensemble étaient vertueuses. 

On peut citer la fameuse association « les trois sœurs » qui mêle maïs, courge et haricot à rames :

  • Le maïs sert de tuteur aux haricots.
  • La courge en courant au sol, limite la pousse des herbes indésirables, et l’évaporation de l’eau. 
  • Le haricot fixe l’azote de l’air, et enrichit le sol ce qui profite ensuite aux autres cultures.

Autre exemple, l’oignon, l’ail, l’échalote ou le poireau protègent les carottes de la mouche Psila rosae, son principal parasite. En échange, la carotte repousse par son odeur la mouche mineuse, principal ravageur des cultures de poireaux, oignons, échalotes et autres plantes du genre Allium.

Sur une de nos plate-bandes potagères, ces oignons, non paillés pour éviter l’excès d’humidité au niveau des bulbes, ont été plantés sur de petites buttes de terre (hautes de 5 cm environ) entre lesquelles on a semé des carottes dont on commence à voir le feuillage se développer entre les oignons…

Sur une de nos plate-bandes potagères, ces oignons, non paillés pour éviter l’excès d’humidité au niveau des bulbes, ont été plantés sur de petites buttes de terre (hautes de 5 cm environ) entre lesquelles on a semé des carottes dont on commence à voir le feuillage se développer entre les oignons…

Ce qu’il faut retenir, c’est que plus on diversifie les cultures sur une même zone, plus ce milieu devient résilient. La polyculture, pratique incontournable du potager bio en permaculture, limite le développement des maladies ou aide à contrôler la présence des indésirables. Dans un milieu biodiversifié, ces derniers passent moins facilement d’une plante à l’autre. Ils risquent de tomber plus souvent sur des prédateurs naturels à même de vous en débarrasser, sans que vous ayez à lever le petit doigt !

Accélérer la succession des cultures

Bien connaître le développement des plantes

Là, ça devient un peu subtil. Accélérer la succession des cultures demande de bien connaître le cycle des plantes, leur temps de croissance. De cette façon, on peut prévoir combien de temps elles vont rester en terre, et quelle emprise elles auront au sol. À partir de là, il est possible d’établir un planning pour chaque plante prenant en compte toutes les étapes depuis le semis jusqu’à la fin de la culture.

Vous trouverez des calendriers de cultures en ligne ou dans les ouvrages de jardinage. Ils pourront vous servir de base, de repères au démarrage, mais ce sera à vous d’affiner en fonction de votre climat régional et de votre microclimat à la maison. Ensuite, au fil du temps, vous optimiserez cette organisation grâce à votre expérience, aux tests que vous pourrez faire, etc. 

En parallèle, deux techniques permettent de gagner en productivité. 

Démarrer les cultures hors-sol

En démarrant vos cultures hors sol, vous limitez le temps d’occupation des plantes au potager. Cela laisse ainsi la place à d’autres. Et puis bien sûr, cela vous permet de commencer une culture alors que les conditions extérieures ne sont pas optimum. À noter, que mis à part quelques exceptions, quasiment tous les légumes peuvent être démarrés en semis en pots, avant d’être repiqués en pleine terre. Avez-vous déjà tenté les semis en godets des pois, fèves ou betteraves ? Promis, ça fonctionne très bien !

La plupart des légumes du potager peuvent être démarré en caissette, godets ou autre petits pots divers issus du recyclage de déchets. Ici, Magalie, de l’équipe PermacultureDesign, est en train de transplanter au potager de petites laitues semées hors sol ;).

La plupart des légumes du potager peuvent être démarré en caissette, godets ou autre petits pots divers issus du recyclage de déchets. Ici, Magalie, de l’équipe PermacultureDesign, est en train de transplanter au potager de petites laitues semées hors sol ;).

Chevaucher les cultures

Le principe, c’est de faire cohabiter des plantes à des stades différents de développement, plutôt que d’attendre la toute fin d’une culture avant de planter la suivante. Par exemple, au mois de septembre, on peut installer des jeunes plants d’épinards, de chicorées ou de choux asiatiques, sous une culture en fin de cycle comme la tomate. Le temps que la tomate termine sa production de fruits, les jeunes plants commencent à développer leur système racinaire. Puis, quand le pied de tomates en fin de cycle est supprimé (on laisse les racines en place et on paille le sol avec les parties aériennes), les nouvelles cultures ont déjà bien démarré. Elles profitent à leur tour pleinement de la lumière. On gagne ainsi un peu de temps sur les nouvelles cultures.

Choisir les végétaux à cultiver

Légumes vivaces, etc.

Le choix des végétaux à cultiver au potager est important, car il conditionne les stratégies ainsi que les efforts à mettre en place pour avoir d’abondantes récoltes. Privilégiez les légumes pérennes qui produiront plusieurs années avec très peu d’entretien tels le poireau perpétuel, l’asperge, l’artichaut, le topinambour… 

Légume vivace excellent, l’asperge a toute sa place dans un potager en permaculture. Ici en association avec des fraisiers en couvre-sol avec lesquels elles s’entendent très bien depuis plus de 4 ans chez Magalie, en Limousin.

Légume vivace excellent, l’asperge a toute sa place dans un potager en permaculture. Ici en association avec des fraisiers en couvre-sol avec lesquels elles s’entendent très bien depuis plus de 4 ans chez Magalie, en Limousin.

 

Légume vivace excellent, l’asperge a toute sa place dans un potager en permaculture. Ici en association avec des fraisiers en couvre-sol avec lesquels elles s’entendent très bien depuis plus de 4 ans chez Magalie, en Limousin.Pour le choix des légumes annuels, choisissez en priorité : 

  • ceux qui poussent facilement dans votre climat ;
  • et qui sont résistants à des maladies fréquentes au potager comme le mildiou ou l’oïdium (maladies cryptogamiques dues à un champignon). 

Pour cela, rien de tel que d’observer ce que cultivent les jardiniers expérimentés autour de chez vous.

Si vous souhaitez malgré tout produire certains légumes peu adaptés à votre contexte, sachez que l’énergie à y consacrer sera beaucoup plus importante pour la même récolte. Cela vous demandera peut-être la mise en place d’un abri pour des légumes avec d’importants besoins en chaleur ou un arrosage conséquent pour des légumes gourmands en eau. 

Encore une fois, tout dépend de votre contexte. Pour vous mettre sur la piste, voici un petit tour de France des semences adaptées à votre région : amis des Hauts-de-France, que diriez-vous de (re)découvrir le choux frisé grand vert du nord ? Vous vivez à l’est, peut-être serez-vous ravis de déguster une carotte de terroir, la carotte jaune obtuse du Doubs ? La rougette de Montpellier, cette laitue pommée d’hiver devrait faire son effet dans l’assiette des plus sudistes d’entre nous ? Quant aux Bretons, on vous envie le melon petit gris de Rennes !

Où trouver ces légumes ?

Voilà, vous avez fait le tour des catalogues de légumes vivaces et annuels, et avez choisi les variétés les plus adaptées à votre contexte. Vous salivez déjà à l’idée de déguster les fruits savoureux de votre production. Oui, mais, où trouver tous ces légumes ? Et puis, c’est un peu comme l’histoire de l’œuf et de la poule, faut-il partir de la graine ou du plant ? 

Si vous êtes vraiment débutant ou que vous manquez de temps ou de place en intérieur pour organiser vos semis, il peut être intéressant de commencer certaines cultures avec des plants. Cela peut vous faciliter le travail. Essayez alors, dans la mesure du possible, de vous fournir auprès de pépiniéristes ou maraîchers locaux qui produiront certainement des variétés adaptées à votre région. Notez quand même qu’en faisant une partie de votre potager à partir de plants à repiquer, le choix des variétés sera beaucoup plus restreint. Il faudra aussi prévoir un budget plus conséquent que si vous partez de la graine. 

En avançant dans votre apprentissage du potager en permaculture, vous serez sûrement de plus en plus tenté de réaliser vos semis vous-même. En partant de la graine, vous ouvrez en effet la porte sur le monde extraordinaire de la diversité végétale. C’est sûr, vous n’aurez qu’une envie : découvrir de nouvelles variétés saison après saison. Les semenciers bio deviendront vos partenaires de jardinage préférés, car ils sont les gardiens d’un trésor inestimable : des variétés de légumes par milliers, parfois anciennes, que vous ne trouverez pas en jardinerie traditionnelle. Mais surtout, ces graines sont reproductibles, c’est-à-dire qu’elles produisent des fleurs et des fruits dont les graines peuvent être récoltées, conservées, ressemées l’année suivante, et échangées avec d’autres jardiniers. Vous aurez le plaisir de cultiver l’épinard monstrueux de Viroflay, le poivron chocolat ou la tomate bonne fée. Ça vous dit ?

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à lire notre article : pourquoi et comment produire ses propres graines.

Produire ses propres graines dans son jardin en permaculture est à la fois ludique, réjouissant, gratifiant et libérateur, on adore ! Ici des graines de laitues variété feuille de chêne blonde arrivées à maturité !

Produire ses propres graines dans son jardin en permaculture est à la fois ludique, réjouissant, gratifiant et libérateur, on adore ! Ici des graines de laitues variété feuille de chêne blonde arrivées à maturité !

En produisant vos graines vous-même, vous accédez à plus d’autonomie, car vous n’avez plus à acheter de semences. Cerise sur le gâteau : en sélectionnant les graines des plus beaux légumes de votre potager, celles-ci s’adaptent aux conditions de sol et de climat dans lesquelles elles évoluent, et deviennent plus résistantes. 

La ferme de Sainte Marthe et La bonne graine sont de bonnes adresses pour vous procurer des graines. Si vous préférez échanger avec d’autres particuliers, rendez-vous sur le site Graines de troc ou dans les bourses aux graines locales ;).

Planifier son année au potager

Installer une citerne à eau, préparer les zones de culture, brasser son tas de compost, broyer les branchages, pailler, semer, planter, arroser, récolter… Le jardin potager requiert votre attention à différents moments de l’année. 

Grâce à un design, il sera le plus économe possible, mais certaines actions ne pourront se faire sans vous. Faire le bon geste au bon moment est une question d’observation, mais aussi de planification. Voilà pourquoi, vous ne pouvez pas vous passer d’un temps de réflexion pour organiser votre année au potager. 

Pour garantir la réussite de vos cultures, vous devez élaborer votre outil de pilotage. Son rôle est de vous guider tout au long de l’année en vous donnant les repères dont vous avez besoin. Il peut contenir les informations suivantes :  

  • la liste des légumes que vous souhaitez cultiver avec leurs dates de semis, et de repiquage ;
  • un plan d’occupation des zones de cultures pour chaque mois, tenant compte des associations et des successions des cultures ;
  • un calendrier mois par mois avec toutes les actions à réaliser ;
  • le matériel nécessaire.

Profitez de l’hiver pour prendre le temps de penser à tout cela, bien au chaud autour d’une tasse de thé. Une feuille et un crayon, et votre potager prend vie !

Faire ses plans potagers est une étape incontournable de l’organisation au jardin. On peut s’aider de codes couleurs pour distinguer, par exemple, les plantes en fin de culture, les plantes en début de culture et celles à venir… À chacun de trouver la méthode qui lui conviendra !!

Faire ses plans potagers est une étape incontournable de l’organisation au jardin. On peut s’aider de codes couleurs pour distinguer, par exemple, les plantes en fin de culture, les plantes en début de culture et celles à venir… À chacun de trouver la méthode qui lui conviendra !!

 

Si toutes ces stratégies sont efficaces, elles le sont d’autant plus dans un écosystème équilibré. C’est pourquoi le permaculteur cherche à prendre soin du sol et de la biodiversité.

La permaculture au potager : améliorer votre écosystème 

Prendre soin du sol

Ce qu’on adore avec la permaculture, c’est qu’elle offre des solutions à tout ! Et notamment, elle donne des clés pour faire pousser des végétaux dans n’importe quelles conditions.

Un sol vivant étant un sol suffisamment humide, aéré et riche en matière organique, votre mission numéro 1 consiste à en prendre soin. Voici comment.

Aérer le sol

Plusieurs stratégies s’offrent à vous. Surtout, n’hésitez pas à les cumuler !

La première consiste à prévenir le tassement du sol :

  • en évitant le piétinement ;
  • en le protégeant des effets climatiques (soleil, vent, eau) grâce au paillage.

Autre approche. En stimulant la vie du sol grâce à l’apport de matière organique – déchets de cuisine, compost, fumier, etc. – les vers de terre travaillent pour vous ! Ils digèrent la matière organique et forment des galeries pour se déplacer. Résultat : ils ameublissent le sol et l’aèrent !

Certains engrais verts sont aussi de précieux alliés : en s’enfonçant dans la terre, leurs racines décompactent le sol laissant ainsi pénétrer l’oxygène. La moutarde ou encore des céréales comme le seigle et le petit épeautre sont de bonnes candidates pour jouer ce rôle.

Enfin, vous pouvez choisir d’aérer mécaniquement le sol en passant la grelinette ou la fourche-bêche, mais sans retourner la terre pour ne pas perturber ce milieu vivant !

Assurer la fertilité du sol

Pour assurer la fertilité du sol, la règle de base, c’est de le nourrir en apportant de la matière organique qui va se transformer en humus.

Pour cela, vous pouvez exploiter les ressources déjà disponibles sur votre terrain ou dans votre voisinage, et les étaler directement sur vos planches de cultures : 

  • déchets de cuisine ;
  • tontes de gazon ;
  • feuilles mortes ;
  • bois broyé ;
  • compost.

 

Exemple de plates-bandes paillées avec de la consoude fraîchement coupée cultivée sur des buttes voisines au potager en permaculture de la Goursaline.

Exemple de plates-bandes paillées avec de la consoude fraîchement coupée cultivée sur des buttes voisines au potager en permaculture de la Goursaline.

Certaines plantes comme la cousoude ou l’ortie sont de véritables plantes ressources au jardin en permaculture. Qu’elles soient ajoutées au compost, transformées en purins (extraits fermentés) ou tout simplement “coupées & déposées” au sol, elles sont idéales pour entretenir la fertilité du sol. 

Encore une fois, les engrais verts et notamment les plantes de la famille des légumineuses aident à améliorer la fertilité du sol. Lentilles, lupins, fèves, pois captent l’azote de l’air (un des nutriments nécessaire à la croissance des végétaux), et le redistribuent au sol. Veillez néanmoins à les couper avant la floraison, sous peine de perdre l’effet nutritif recherché. Sinon, les plantes auront utilisé en partie cet azote pour produire leurs fleurs, puis leurs graines. 

Si vous avez des poules, c’est magnifique ! Laissez-les travailler pour vous en leur confiant une partie de votre potager avant sa mise en culture. En grattant le terrain et en y déposant leurs déjections, le sol est amendé naturellement, sans effort de votre part. Pas mal, non ?

Conserver l’humidité

Lorsqu’un sol est riche en matière organique et protégé par un mulch ou paillage, il garde un bon taux d’humidité. La matière organique se gorge d’eau comme une éponge, et constitue ainsi une réserve. Puis, grâce au travail d’aération des vers de terre, l’eau s’infiltre doucement dans le sol pour profiter aux plantes. De même, le paillage permanent isole du soleil et du vent, et évite ainsi l’évaporation. Et la boucle est bouclée !

C’est ce système vertueux que vous devez entretenir au quotidien pour obtenir un sol équilibré, une bonne terre de jardin pour la culture de vos légumes au potager.

Des solutions pour cultiver dans tous types de sols

On n’a pas tous la chance de démarrer avec un sol en bonne santé. Aussi, notre objectif est de créer les conditions pour tendre vers cet idéal, en donnant vie à notre potager en permaculture pas à pas.

C’est là où la permaculture est vraiment puissante : elle offre tout un panel de solutions pour différents contextes. 

La culture en lasagne

La culture en lasagne est intéressante, car elle permet de démarrer rapidement un jardin potager en permaculture sur quasiment tous les terrains, et sans travail du sol. Il s’agit d’alterner différentes couches de matières, comme pour la célèbre recette de pâtes, d’où son nom. Pour plus de détails, rendez-vous sur notre article dédié à la culture en lasagne.

Cette technique est parfaite pour débuter son potager en permaculture. On peut aussi la réaliser en bac pour un potager sur le balcon.

Les buttes de culture

Exemple de buttes de culture au potager en permaculture de la ferme expérimentale de la Goursaline.

Exemple de buttes de culture au potager en permaculture de la ferme expérimentale de la Goursaline.

Les buttes de permaculture répondent à des problématiques spécifiques. Si elles sont très populaires, on souhaite vous rappeler que les buttes ne sont pas un passage obligé pour conduire un potager en permaculture. Et surtout, le choix du type de butte doit être minutieusement réfléchi, et pertinent dans votre contexte.

Si par exemple votre terrain est très humide, les buttes pourront apporter des solutions appropriées en surélevant vos cultures et en drainant l’eau. De nombreux permaculteurs ont cherché la meilleure façon de concevoir des buttes. Vous trouverez donc différentes méthodes, parmi :

  • Les buttes de culture arrondies réalisées en décaissant la terre des allées.
  • Les buttes, façon concentré de fertilité, faites à partir de bois enfoui dans le sol et d’autres matières organiques : les buttes Philip Forrer, les buttes HugelKultur de Sepp Holzer, les buttes sandwich de Robert Moretz, etc.

À l’inverse, en climat très sec, vous aurez tout intérêt à cultiver dans des plates-bandes décaissées qui favorisent la rétention de l’eau.

Favoriser la biodiversité

Exemple d’éléments fortement attracteurs de biodiversité au jardin : un hôtel à insectes surplombant un petit bassin entouré de plantes sauvages en plein cœur du potager en permaculture de la ferme expérimentale de la Goursaline.

Exemple d’éléments fortement attracteurs de biodiversité au jardin : un hôtel à insectes surplombant un petit bassin entouré de plantes sauvages en plein cœur du potager en permaculture de la ferme expérimentale de la Goursaline.

Être attentif à la Terre

Être attentif à la Terre est l’une des 3 éthiques de la permaculture. Cela implique que nos activités ne nuisent pas à la Terre, mais au contraire qu’elles la régénèrent et la protègent. L’objectif est de faire de votre potager en permaculture un écosystème équilibré. On ne va donc pas séparer le monde cultivé du monde sauvage, mais l’intégrer et même l’inviter. D’abord, parce que la nature a une valeur intrinsèque, mais aussi pour les services écologiques qu’elle assure. Comment ?

Les zones sauvages

Des zones sauvages à proximité de votre potager sont de vrais refuges pour la faune des jardins. Des herbes hautes ou un tas de branches laissés ici ou là offrent ainsi le gîte et le couvert à de nombreux animaux. Certains jouent le rôle d’auxiliaire en protégeant votre potager. Vous pouvez aussi leur donner un coup de pouce en fabriquant des hôtels à insectes, des nichoirs, des abris pour hérissons ou chauve-souris

Les plantes mellifères

En cultivant des plantes mellifères (par exemple, les aromatiques comme la menthe, la sauge, le thym, le romarin, etc.), les insectes pollinisateurs comme les abeilles, bourdons, syrphes, papillons, viennent aussi visiter le potager.

Abeille domestique butinant une fleur de romarin. Fleurissant dès janvier/février et jusqu’au mois d’avril, le romarin offre une nourriture plus que bienvenue à tous les pollinisateurs en cette période de « disette ».

Abeille domestique butinant une fleur de romarin. Fleurissant dès janvier/février et jusqu’au mois d’avril, le romarin offre une nourriture plus que bienvenue à tous les pollinisateurs en cette période de « disette ».

Les effets de bordure

Les bordures ou lisières sont des lieux riches et variés qui accueillent de nombreuses espèces. La magie se produit quand deux milieux se rencontrent : une haie et une pelouse, une mare et une prairie, etc. C’est aussi dans la diversité des formes que s’exprime cet effet de lisière. Ainsi des formes complexes favorisent davantage la biodiversité que des formes simples. Voilà pourquoi en permaculture on crée souvent des zones de culture avec des motifs : courbes, spirales, en trous de serrure, en mandalas, etc. 

La mare

La mare est un élément incontournable pour favoriser la biodiversité au potager. Même un petit bassin a un impact important. Bien sûr, il attire les grenouilles friandes d’insectes. Il offre aussi aux oiseaux, insectes et autres petits mammifères un point d’eau où venir s’abreuver. 

Bénéfique pour l’écosystème, la mare est un élément incontournable pour favoriser la biodiversité au jardin potager et elle a, en plus, tellement d’autres fonctions en permaculture qu’on vous invite vraiment à en créer chez vous ;) !

Bénéfique pour l’écosystème, la mare est un élément incontournable pour favoriser la biodiversité au jardin potager et elle a, en plus, tellement d’autres fonctions en permaculture qu’on vous invite vraiment à en créer chez vous 😉 !

Vous pensez à présent avoir les clés pour pratiquer la permaculture au jardin potager ? Vous y êtes presque ! Un dernier élément important doit entrer dans l’équation : le design, ce système qui a le pouvoir de transformer votre expérience du jardin potager grâce à une gestion efficace de vos ressources. 

Et si vous souhaitez démarrer votre potager en permaculture sans vous poser de questions, nous avons lancé une formation clé en main qui vous accompagne pendant 3 ans !

La permaculture au jardin potager : l’importance du design 

Qu’est-ce qu’un design ?

Concevoir un design : le cœur de la démarche de permaculture

Le design, c’est un outil de conception et de planification de projets permettant l’organisation d’activités humaines, et l’aménagement de lieux durables en accord avec les éthiques et les principes de la permaculture.

Cela est défini ainsi par son co-fondateur Bill Mollison, dans l’ouvrage Introduction à la permaculture : « Le but est de développer des modes de vie et de fonctionnement qui ne nuisent pas à l’environnement et qui soient viables économiquement, qui subviennent à leurs propres besoins, qui n’abusent ni des humains ni du vivant, qui ne polluent pas la terre, et qui, par conséquent, sont durables sur le long terme ». 

Exemple de dessin global d’un design de permaculture réalisé par notre bureau d’études il y a quelques années.

Exemple de dessin global d’un design de permaculture réalisé par notre bureau d’études il y a quelques années.

Faire un potager en permaculture, c’est donc établir un système qui est :

  • Efficace : il économise l’énergie, dont la vôtre.
  • Productif : il vous nourrit.
  • Autosuffisant : il fonctionne avec les ressources disponibles chez vous ou dans votre voisinage, avec peu d’intervention de votre part.
  • Résilient : il est capable de survivre à des chocs imprévus (climatiques, attaques de ravageurs, maladies…) grâce à une grande biodiversité. 
  • Unique : il est adapté à votre contexte.

Prendre son temps pour en gagner

Vous êtes-vous déjà senti dépassé, épuisé par les travaux du potager ? Nous aussi, on a connu ça, faute de réflexion, tellement impatients de mettre les mains dans la terre ! Pour éviter de reproduire un schéma énergivore, il est nécessaire de procéder autrement, vous en conviendrez.

C’est donc le moment de prendre le temps de vous poser les bonnes questions. La méthodologie de design vous invite ainsi à définir vos objectifs personnels : 

  • Quels sont vos besoins ? Avez-vous envie d’autonomie pour vous seul, votre famille ? Ou de produire davantage pour partager avec votre entourage ?
  • Quelles ressources pouvez-vous consacrer à votre projet ? Quel temps souhaitez-vous y dédier, quel budget pouvez-vous allouer, de quels outils et compétences disposez-vous, avez-vous des contraintes physiques ?

Ça, c’est la base du design. Mais pour obtenir un système adapté à votre contexte, d’autres éléments sont à prendre en compte, et passent par l’observation et la collecte de données sur votre lieu. 

Observer et collecter des données

Découvrir le fonctionnement de votre lieu

Un principe phare de la permaculture est inspiré par l’un des pionniers de l’agriculture naturelle, Masanobu Fukuoka. Il est retranscrit notamment dans son livre La révolution d’un seul brin de paille, et invite à « travailler avec la nature plutôt que contre elle ».

Et pour cela, il convient d’abord de l’observer. Identifier les éléments naturels, leurs dynamiques, leurs potentiels, les éventuelles contraintes, bref, il s’agit de comprendre le fonctionnement de votre site.

Voici quelques éléments sur lesquels porter votre attention.

Le soleil

Vous pouvez commencer par observer l’orientation de votre potager et repérer les zones exposées au soleil, ainsi que celles qui sont à l’ombre. Ces informations, collectées sur plusieurs saisons, vous seront utiles pour placer au mieux vos zones de cultures, et pour choisir les végétaux adaptés aux différentes situations de votre potager.

Ombres portées, vents, eau, sol, faune et flore sauvages : observer son potager à diverses périodes de l’année est essentiel pour comprendre son fonctionnement, ses atouts et ses facteurs limitants afin de trouver les stratégies et techniques les plus adaptées à votre contexte unique !

Ombres portées, vents, eau, sol, faune et flore sauvages : observer son potager à diverses périodes de l’année est essentiel pour comprendre son fonctionnement, ses atouts et ses facteurs limitants afin de trouver les stratégies et techniques les plus adaptées à votre contexte unique !

 

Le vent

Repérez les zones venteuses et le sens du vent en observant la végétation : dans quelle direction penche-t-elle ? Mais aussi en passant du temps sur votre lieu pour mieux comprendre la façon dont le vent circule. Grâce à cette information, vous pourrez, si c’est nécessaire, prévoir la mise en place d’un brise-vent pour protéger vos cultures potagères.

L’eau

L’eau, c’est la vie ! Vous en aurez donc besoin pour arroser vos cultures. C’est pourquoi, il est important de repérer les sources disponibles sur votre terrain : cours d’eau, mare, puits, toitures pour la récupération d’eau de pluie, etc. Connaître la pluviométrie sur votre région vous permettra notamment de calculer les volumes d’eau de pluie récupérables chez vous et vous donnera une indication sur les besoins en eau à apporter à votre potager. Ces données, notées sur un plan, vous aideront à optimiser le trajet de l’eau sur votre lieu pour en stocker suffisamment pour vos légumes (baissières, cuves, mares…)

Le sol

Observez à présent votre sol. Est-il compacté ou meuble ? Est-il vivant ? Voyez-vous des vers de terre, beaucoup ou non ? Est-ce qu’il colle ou au contraire est-ce que la matière file entre vos doigts ? Est-il gorgé d’eau en hiver ? Bien comprendre la nature de votre sol vous permettra de choisir le bon support de culture, d’effectuer les bons gestes et d’amener des matières organiques adaptées pour le rendre plus fertile.

Avoir un sol vivant est indispensable pour un potager en permaculture résilient et productif ! Observez votre sol, apprenez à le connaître, nourrissez-le, protégez-le, chérissez-le car c’est sur lui que tout repose ;) !

Avoir un sol vivant est indispensable pour un potager en permaculture résilient et productif ! Observez votre sol, apprenez à le connaître, nourrissez-le, protégez-le, chérissez-le car c’est sur lui que tout repose 😉 !

 

Les plantes spontanées

Avez-vous identifié les plantes sauvages qui poussent sur votre sol ? Y a-t-il une diversité des espèces, ou est-ce qu’une seule espèce a colonisé tout l’espace ? Certaines plantes sont appelées bio-indicatrices, car elles fournissent des informations sur le sol. Par exemple, un terrain couvert de liseron indique un sol lourd, compacté avec notamment un excès d’azote. 

Les plantes ressources 

Vous avez des haies ou des arbres sur votre terrain ? Savez-vous quelles en sont les essences ? Renseignez-vous sur ces végétaux pour connaître leur fonction : médicinale, comestible, fourrage pour les animaux, mellifère, refuge pour les oiseaux, coupe-vent, brise-vue, esthétique, fixateur d’azote, etc. Le sureau noir est ainsi un arbuste intéressant. Il accueille les nids d’oiseaux et nourrit les pollinisateurs, ses fleurs et ses fruits sont comestibles, il peut également être utilisé comme plante médicinale. Il est très vigoureux, et fournit chaque année de grandes cannes solides pouvant servir pour vos constructions au potager.

La faune

Profitez-en pour jouer au naturaliste en herbe et explorer la biodiversité animale : quels insectes, oiseaux et petits mammifères pouvez-vous observer ? Plus il y a de diversité, plus résilient est votre site, signe d’un écosystème équilibré.

Observer les petites bêtes au potager est un émerveillement quotidien. Sur une simple fleur de poireau, on peut voir une multitude d’insectes : ici une jolie halicte de la scabieuse (Halictus scabiosae), abeille solitaire nichant au sol, partage temporairement l’endroit avec une cétoine grise (Oxythyrea funesta).

 

Analyser

Les questions qui se présentent maintenant sont celles-ci. Après avoir fait l’état des lieux de votre terrain :

  • De quelles fonctions avez-vous besoin au potager ?
  • Quels éléments peuvent remplir ces diverses fonctions ? Zones de cultures, composteur, poulailler, récupérateurs de pluie, chemins, serre, châssis, abri de jardin, mare, haies, clôtures, etc.
  • Quels sont les besoins de chaque élément ?
  • Où devez-vous les placer sur votre terrain ? 

Après une analyse guidée par les 3 principes de permaculture présentés ci-dessous, le travail consiste à réaliser un ou plusieurs dessins. Objectif : trouver la meilleure combinaison possible entre tous les éléments du potager.

 

Chaque élément doit remplir plusieurs fonctions 

Voici un exemple : si vous souhaitez installer une haie brise-vent, celle-ci pourra être conçue de manière à remplir d’autres fonctions. 

Selon les espèces de végétaux choisis, elle peut aussi :

  • être comestible 
  • jouer un rôle esthétique 
  • favoriser la biodiversité 
  • apporter du mulch pour vos zones de culture grâce aux produits de sa taille

Pour citer deux plantes candidates multifonctions et souvent présentes dans les jardins :

  •  Le cognassier du japon : il sert de brise-vue en été, produit de jolies fleurs en fin d’hiver et des fruits appréciés des oiseaux. Son bois peut être broyé pour pailler ou alimenter un compost.
Jolie floraison mellifère d’un cognassier du Japon en fin d’hiver. Celui-ci est placé en bordure du potager en permaculture de Magalie où il sert aussi de brise-vue, brise-vent, nichoirs pour les oiseaux…

Jolie floraison mellifère d’un cognassier du Japon en fin d’hiver. Celui-ci est placé en bordure du potager en permaculture de Magalie où il sert aussi de brise-vue, brise-vent, nichoirs pour les oiseaux…

  • Le lierre commun : il habille n’importe quel support tout au long de l’année, et constitue un refuge pour la biodiversité. On peut aussi faire de la lessive naturelle grâce à ses feuilles.

Chaque fonction doit être remplie par plusieurs éléments

En voici une illustration. Vous aurez besoin de collecter les eaux de pluie et de les stocker pour pouvoir arroser votre potager. Une première solution consiste à installer des citernes pour récupérer l’eau des toitures. Une autre option peut être de concevoir une mare

Planifier l’efficacité énergétique ou comment placer les éléments du design en fonction de leur fréquence d’usage ou d’entretien

C’est ce que l’on appelle le zoning.

Les plantes aromatiques – ciboulette, persil, coriandre, etc. – seront par exemple placées tout près de la cuisine pour en faciliter la récolte et l’utilisation dans la préparation des repas. La serre devra être placée à proximité d’un point d’eau, mais aussi dans un endroit de passage, car les semis demandent un suivi minutieux.

 

À l’issue de tout ce travail de collecte de données, d’analyse et de dessin, votre design proposera un système unique, adapté à votre lieu et à vos besoins.

Pour autant, ce n’est pas un système figé. Celui-ci continuera d’évoluer pour être amélioré, optimisé au fil du temps.

Pour être guidé(e) pas à pas dans la réalisation de votre design, découvrez notre formation en ligne dédiée à la méthodologie de design en permaculture

Ce qu’il faut retenir de la permaculture au jardin potager

Jolie récolte de mi-septembre au potager en permaculture : un régal pour les yeux et les papilles avec de quoi faire le plein de vitamines, de nutriments et de goût ! Et les graines de nos tomates préférées, toutes issues de semences reproductibles, seront bien sûr récupérées pour faire des semences pour les années suivantes ;) !

Jolie récolte de mi-septembre au potager en permaculture : un régal pour les yeux et les papilles avec de quoi faire le plein de vitamines, de nutriments et de goût ! Et les graines de nos tomates préférées, toutes issues de semences reproductibles, seront bien sûr récupérées pour faire des semences pour les années suivantes 😉 !

  • Observez avant d’agir pour comprendre le fonctionnement de votre lieu, de la nature et éviter bien des erreurs.
  • Prenez le temps de créer votre design global, puis continuez à l’améliorer.
  • Favorisez la biodiversité notamment en conservant des zones sauvages même aux abords du potager.
  • Nourrissez et protégez votre sol pour qu’il soit le plus vivant possible.
  • Collectez, stockez et faites circuler au mieux l’eau sur votre terrain.
  • Cultivez densément en associant les légumes entre eux mais aussi avec des fleurs, des plantes aromatiques.
  • Laissez parler votre créativité, expérimentez, adaptez-vous à votre contexte. 
  • Et puis surtout, prenez plaisir, c’est encore ça le plus important.

Créez facilement votre potager en permaculture !

Si vous souhaitez, dès maintenant, créer votre potager en permaculture en étant guidé(e) pas à pas dans toutes les étapes de réalisation, les gestes techniques et les actions à mener, découvrez notre formation en ligne dédiée. On vous propose un accompagnement, mois après mois, pendant 3 ans

Invitez la permaculture dans votre jardin

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La permaculture en Charente-Maritime

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Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) en paillage

Qu’est-ce que le BRF ?

BRF est un acronyme qui signifie Bois Raméal Fragmenté. 

On le réalise avec du bois issus principalement de feuillus dont les plus recommandés sont le chêne, le frêne ou encore l’acacia.

Mais ce ne sont pas les seuls et nous vous expliquerons plus bas (Produire son BRF) les variantes possibles.

Le BRF est un paillage ou mulch très particulier dont la technique a été développée au Canada dans les années 70 et a connu un grand engouement vers 1990. Elle consiste à broyer de jeunes rameaux ligneux de feuillus comprenant des bourgeons et de la sève. Les branches utilisées ne feront en général pas plus de 5 à 7 cm de diamètre et proviendront de jeunes rameaux de l’année principalement voire de 2 ou 3 ans maximum. 

Le fait de fragmenter ses rameaux est issu d’études, réalisées notamment à l’Université de Laval, qui ont permis de se rendre compte que couper le bois en petits morceaux facilite le développement des champignons qui sont indispensables à la décomposition du bois.

Les champignons sont en effet les premiers à pouvoir casser la molécule de lignine du bois pour qu’elle devienne digestible ensuite à la faune du sol. Faune qui ne manquera pas de s’installer dans cet hôtel 4 étoiles avec garde-manger intégré ;).

En plus de la lignine, les jeunes rameaux regorgent d’acides aminées, de protéines, de minéraux et de cellulose, voilà de quoi nourrir tout le petit monde qui a élu domicile sous le broyat.

Le biotope créé va s’apparenter à celui d’un sol forestier autosuffisant et aura de nombreux avantages pour votre jardin en permaculture.

 

Les avantages du paillage au BRF

Le BRF stimule l’activité biologique du sol et favorise la biodiversité !

Exemple de microfaune peuplant un sol vivant : ici un symphyle, genre de petit mille-patte à gauche et un collembole à droite, tous deux contribuent à la transformation des matière organiques et au cycle des nutriments dans les sols. ©Marshal Hedin – CC BY 2.0

Exemple de microfaune peuplant un sol vivant : ici un symphyle, genre de petit mille-patte à gauche et un collembole à droite, tous deux contribuent à la transformation des matière organiques et au cycle des nutriments dans les sols. ©Marshal Hedin – CC BY 2.0

Le BRF par la diversité et la qualité de ses composants, constitue un abri et un garde-manger de choix pour de nombreuses formes de vie des plus grandes aux plus minuscules: insectes, petits mammifères, oiseaux mais aussi micro-organismes, bactéries et autres champignons. Répandu sur le sol du jardin en couche suffisante (environ 4 à 5 cm), il va donc attirer une biodiversité des plus riches et stimuler le réseau trophique* de votre écosystème, l’aidant à devenir plus complexe, plus varié et donc plus résilient !  Mais toute cette vie ne se contentera pas de profiter d’un « club med’ » au microcosme favorable, elle va jouer un rôle essentielle dans l’enrichissement du sol qui l’accueille. C’est le début du cercle vertueux de la fertilité !!

* Réseau trophique : ensemble de chaînes alimentaires interconnectées au sein d’un écosystème et par lesquelles circulent les matières et les énergies.

 

Le BRF favorise les mycorhizes !

Le BRF apporte une matière organique qui favorise le développement des champignons et par incidences ensuite l’apparition d’associations symbiotiques favorables entre les champignons dit mycorhiziens et les racines des plantes cultivées dans ce milieu. Une mycorhize est un partenariat gagnant/gagnant dans lesquels chaque partie prenante tire profit de son alliance avec l’autre : les champignons fournissent par exemple de l’eau ou autres nutriments manquants à la plante avec laquelle ils se sont associés via les racines en échange de quoi la plante fournit des sucres fabriqués par photosynthèse aux champignons !! Donc si vous voyez des champignons fleurirent dans votre BRF, ne craignez pas leur éventuelle toxicité pour nous les humains (n’allez pas jusqu’à les consommer quand même s’ils sont vraiment toxiques ;)) et réjouissez-vous car c’est une excellente nouvelle pour votre sol !!!

Filaments de mycélium qui forment la partie végétative des champignons et constituent des réseaux parfois très étendus à quelques cm sous la surface du sol dans lesquels circulent eau et nutriments divers.

Filaments de mycélium qui forment la partie végétative des champignons et constituent des réseaux parfois très étendus à quelques cm sous la surface du sol dans lesquels circulent eau et nutriments divers.

Le BRF augmente la fertilité du sol sur lequel il est installé !

La pédofaune et la pédoflore qui s’invitent dans le BRF vont bénéficier de conditions favorables pour faire leur travail de dégradation de la matière organique. Qui dit dégradation de la matière organique dit création d’humus à plus ou moins long terme qui est le meilleur moyen pour retrouver peu à peu un sol fertile sans avoir besoin d’y ajouter des engrais en tous genres !  Cette couche d’humus est riche en éléments minéraux directement assimilables par les plantes et possède un grand pouvoir de rétention de l’eau. Elle est la clé de la fertilité de votre sol et il faut la chérir. Dans les régions où la terre est très pauvre et sèche ou sur les sols très drainants, les résultats du paillage au BRF en termes de fertilité et création d’humus peuvent être spectaculaires.

 

Le BRF améliore la structure du sol et sa texture.

Comme c’est aussi le cas pour d’autres paillages comme la paille ou le foin par exemple, le travail de brassage réalisé par la pédofaune, tels que les vers de terre et les collemboles, va permettre, avec le temps, de décompacter les sols lourds ou tassés. Les galeries ainsi creusées par ces travailleurs infatigables faciliteront quant à elles la circulation de l’air et les infiltrations d’eau dans le sol.

 

Le BRF régule les besoins en eau

La couche de BRF installée sur un sol permet d’absorber l’humidité et de la restituer lentement. En période de sécheresse, le sol situé sous le paillage BRF reste humide plus longtemps.

L’humus généré par le BRF agit un peu comme une éponge, il limite les excès d’eau car il en absorbe plus qu’un sol moins humifère et réduit l’effet les lessivages et l’érosion du sol lors de grosses périodes de pluie.

Un paillis BRF efficace et adapté à votre contexte jardinier réduira l’évaporation de l’eau. Des enquêtes réalisées en Afrique ont montré que l’apport de BRF pouvait faire économiser jusqu’à 50% d’eau. Pour le jardinier français, cela signifie moins d’arrosage et une autonomie par rapport à cette ressource en eau si précieuse.

 

Pailler au BRF permet de réduire les déchets verts

En recyclant le produit de vos tailles, vous diminuerez votre empreinte et réduirez de façon drastique vos quantité de déchets verts, qui, en l’occurrence, se transformeront plutôt en copeaux d’or ! Vous appliquerez ainsi l’un des principes phare de permaculture qui est « Tout déchet est une ressource inexploitée ». La terre nous procure ses bienfaits et nous les lui rendons. Bien sûr, le BRF étant un type de paillage très spécifique comme expliqué en début d’article, vous ne pourrez pas y mettre tous vos déchets verts sans distinction, puisque pour le BRF, on utilise avant tout les jeunes rameaux vivants d’arbres caduques. Si vous n’avez que des haies de thuyas en déchets verts, on vous déconseille d’en faire du BRF, incorporez-en plutôt une partie (15 à 20 % maximum) dans votre compost 😉 !

Sur la ferme familiale Merci Nature près de Bordeaux, on ne regrette pas d’avoir investi dans un bon broyeur pour particulier car tous nos « déchets verts » sont bien vite transformés en super amendement pour le jardin !!

Sur la ferme familiale Merci Nature près de Bordeaux, on ne regrette pas d’avoir investi dans un bon broyeur pour particulier car tous nos « déchets verts » sont bien vite transformés en super amendement pour le jardin !!

Le BRF protéger des aléas climatiques

Une bonne couche de BRF en paillage joue aussi le rôle de régulateur thermique, il limite le dessèchement du sol par le soleil et le vent et réduit l’impact des variations de température et d’humidité. Il protège donc le sol des aléas climatiques !

 

Le BRF régule et aide à stabiliser le pH

En utilisant un BRF d’essences d’arbres caduques variés (donc sans résineux), le pH de votre sol pourra, sur le long terme tendre vers la neutralité du fait de la création d’humus dont le pH est neutre.

 

Les inconvénients et limites du BRF

Le BRF entraine une faim d’azote

C’est un des principaux inconvénients du paillis de BRF même si la faim d’azote sera moindre qu’avec des copeaux de bois secs. Cette faim d’azote a lieu en surface du sol, en début de dégradation car les bactéries et micro-organismes qui décomposent la matière organique carbonée prélèvent l’azote présent en surface du sol, sous sa forme minérale, pour l’utiliser comme « carburant » en quelque sorte dans leur processus de décomposition. L’azote prélevé n’est donc plus disponible en surface pour les jeunes plantes cultivées qui peuvent montrer des signes de carences comme le jaunissement du feuillage, des baisses de rendements les premiers mois après la mise en place du paillage de BRF ou encore des difficultés à croitre. Cependant, pas d’affolement outre mesure avec la faim d’azote, car elle ne se produit qu’en surface, cela ne dérangera donc pas les plantes vivaces déjà bien installées. Et pour ne pas en subir les effets au potager où cela peut poser problème, il suffit d’anticiper l’installation de son paillage de BRF pour que celui-ci soit déjà bien décomposé au moment où on devra y installer les jeunes et fragiles plants potagers ! (voir plus bas nos conseils pour l’installation du paillage de BRF).

 

Le BRF attire des ravageurs

Notre expérience nous a prouvé que certains ravageurs appréciaient tout particulièrement ce paillis chaud et humide. C’est le cas notamment des gastéropodes et des mulots. En zone rurale/forestière, les sangliers aiment parfois aussi, fourrer leur truffe dans le BRF pour y trouver notamment des champignons !

Le BRF mis en paillage autour des fraisiers abritent souvent de gourmands gastéropodes avec qui il faut savoir partager, car ils nous rendent bien d’autres services par ailleurs !

Le BRF mis en paillage autour des fraisiers abritent souvent de gourmands gastéropodes avec qui il faut savoir partager, car ils nous rendent bien d’autres services par ailleurs !

Le paillis de BRF réduit les semis spontanés

Surtout au début de la mise en place, en couche épaisse, du BRF, il va, comme tout paillage épais, bloquer la pousse de nombreuses plantes adventices, ce qui est certes un avantage mais, revers de la médaille, il bloquera aussi la pousse de nombreux semis spontanés de plantes annuelles qu’on apprécie fortement de voir renaitre d’une année sur l’autre comme par exemple celle de tomates cerises ou de salades, qui, comme la plupart de leurs voisines adventices, resteront bloquées sous cet épais paillage et ne verront pas le jour.

De la même manière, si le paillis de BRF est en place au moment où les semences arrivent à maturité, celles-ci auront bien du mal à traverser l’épaisse couche de broyat et ne pourront pas entrer en contact avec le sol pour se développer.

 

Le BRF augmente la présence de certains adventices

Si le BRF empêche la pousse de nombreuses adventices, la force de vie de certaines plantes sauvages est telle que même une couche épaisse de BRF ne les arrêtera pas. Ne croyez donc pas vous débarrasser si facilement de toutes vos « mauvaises herbes » ! Et certaines même pourront apprécier tout particulièrement cet apport et y proliférer ! Mais en les regardant d’un oeil permacole, cela peut être l’occasion d’observations remarquables pour améliorer vos connaissances sur ces plantes sauvages souvent classées trop vite comme indésirables alors qu’elles peuvent avoir de très nombreux bienfaits, pour la restauration de l’équilibre de votre sol mais aussi pour vous car beaucoup sont comestibles et très nutritives !!!

 

Comment utiliser le BRF en paillage ?

Tout d’abord, pour profiter au maximum des bienfaits du BRF, il est recommandé de broyer les rameaux rapidement après leur taille (de préférence dans les 72h) et de les mettre au sol en surface (sans l’incorporer) tout de suite après broyage.

Ensuite, c’est un paillis assez long à se dégrader (entre 3 à 6 mois voir plus selon les conditions climatiques) qui doit être installé de préférence en automne, hiver (période principale de sa fabrication) si on veut qu’il ait le temps de se décomposer et d’apporter ses nutriments au sol avant le réveil de printemps !

C’est avant tout un paillage servant à restaurer un sol dégradé (par des tassements, des labours, des produits chimiques…) ! Mais il ne doit pas être utilisé à la légère ni de façon trop régulière. On vous conseille plutôt de ne l’utiliser que tous les 3 à 5 ans en paillage épais pour les plantes vivaces telles que :

  • les arbres et arbustes fruitiers
  • les arbres de haies (vive, mellifère, brise-vent…)
  • les plantes ornementales
  • les légumes vivaces déjà bien installées (rhubarbe, artichaut, asperges…)
Petits arbustes fruitiers (groseilliers, cassissiers, framboisiers…) paillés généreusement au BRF.

Petits arbustes fruitiers (groseilliers, cassissiers, framboisiers…) paillés généreusement au BRF.

Le paillage de BRF au potager :

Dans ce domaine, les avis divergent. Pour notre part, on vous conseille vraiment de ne pas apporter régulièrement de BRF au potager, notamment si votre sol est déjà humifère, ça ne sera pas utile. Dans le cas spécifique du potager, on vous conseille plutôt de ne faire qu’un seul apport, une fois, sur une couche d’environ 4 cm (jusqu’à 8 cm si le sol est vraiment très très dégradé) en début /milieu d’automne et c’est tout ! Il aura ainsi bien commencé son processus de décomposition lorsque vous commencerez vos plantations printanières/estivales.

 

Où trouver du BRF ?

Produire son BRF

La production de BRF est accessible à tous avec un peu d’huile de coude. Mais elle requière de préférence un broyeur (vite rentabilisé quand on a un grand jardin!) ou à défaut une machette bien tranchante !

Entre novembre et mars (période de dormance des arbres feuillus), taillez les jeunes rameaux et fragmentez-les en tronçons entre 2 et 10 cm de long. 

Votre BRF est prêt à être mis au sol sans attendre !

À noter qu’il est possible d’ajouter quelques rameaux de persistants ou résineux à votre BRF. Une étude des professeurs Lemieux et Germain de l’Université de Laval au Québec a démontré qu’introduire moins de 20% de conifère type pin, sapin et épicéa dans un BRF ne pose aucun souci et donne même de très bons résultats…

 

Acheter ou se procurer du BRF

Si vous n’êtes pas en mesure de produire votre propre BRF, il est toute de même possible de se procurer ces fameux copeaux :

  • Chez les élagueurs
  • Chez les paysagistes
  • Auprès des services publics ou privés de recyclage de déchets verts

Les municipalités entretenant leurs espaces verts laissent parfois le BRF produit sur place à la disposition des citoyens. Renseignez-vous auprès de votre Mairie.

Le bois rameau fragmenté ou BRF est un paillage très spécifique et intéressant au jardin en permaculture pour régénérer le sol, sa fertilité et favoriser la vie du sol.

Vous pouvez aussi passer une petite annonce dans la feuille de chou communale. Si votre village ne compte pas beaucoup de permaculteurs avertis, vos voisins pourraient vous fournir en BRF de façon très conséquente et très rapidement.

 

Le coût ?

Si vous n’avez pas la chance de trouver une source de broyat gratuite, le prix du BRF acheté auprès d’un professionnel est d’environ 20 à 40 € pour 3 à 5 m³.

La quantité ?

En admettant que vous épandiez une couche de 5 cm d’épaisseur sur votre sol, le calcul sera facile :

Surface à couvrir en m2 X 0,05 =  volume en m3 de BRF nécessaire

Il ne vous reste alors qu’à faire le calcul pour savoir si cela vaut plus le coup d’acheter du BRF qu’un broyeur !

 

Une petite vidéo sympa sur l’utilisation du BRF en maraîchage :

livre en lien avec la permaculture indispensable à lire

« Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) vous connaissez ? »

« Pour une (agri)culture du vivant »

Livre de Jacky Dupéty
128 pages, édité par Éditions de Terran en 2007

Prix : environ 15,00 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre

Source documentaire :

Étude des professeurs Lemieux et Germain de l’Université de Laval au Québec : https://www.verdeterreprod.fr/wp-content/uploads/2019/05/LE-BOIS-RAMÉAL-FRAGMENTÉ-LA-CLÉ-DE-LA-FERTILITÉ-DURABLE-DU-SOL.pdf

Faites le design en permaculture de votre jardin !

Pour savoir où il vous sera le plus utile de relancer l’activité biologique du sol avec une bonne couverture de BRF, il faut savoir à quoi vont servir les différents espaces de votre terrain ! Pour y parvenir efficacement et mettre toutes les chances de réussite de votre côté, faites le design en permaculture de votre jardin grâce à notre formation en ligne dédiée !!

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

Mots clés
Famille permaculture, baissiere, permaculture pour les enfants, abondance, plantation, gestion de l’eau, formation, permaculture, design, permacultureDesign
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Invitation à l’assemblée générale du Sens de l’Humus

Le dimanche 11
octobre 2020 à 14h

Jardin Pouplier
60 rue de Saint Antoine 93100 Montreuil

dav

* AU PROGRAMME *

14h00-14h30 : café et tour de présentation
14h30 : début de l’AG – Validation de l’Ordre du Jour

– Présentation Générale
– Bilan d’Activité
– Bilan Financier

* Affectation du Résultat

– Rapport Moral et Perspective 2021
– Eléments de Budget 2020
– Modification des Statuts 
– Election des membres du Bureau
et du Conseil Collégial

– Questions diverses :
* Points de fragilité / échecs
* Points de force / réussites

17h30 : Pot – échanges débridés ou pas
sur des choses plus vivantes et moins formelles



 → Merci de nous informer de votre présence en retour de ce mail, n’hésitez pas à apporter quelques douceurs à grignoter ou à boire, et à bien vous couvrir car la salle n’est pas chauffée.

Le Sens de l’Humus recherche deux services civiques !


On souhaite accueillir deux jeunes curieux·ses de découvrir notre équipe et de participer à la vie de notre merveilleux jardin Pouplier ! Alors si vous avez envie de mettre les mains dans la terre plutôt que dans le bitume, si le partage et l’accueil du public ça vous rend joyeux, et si vous aimez les belles plantes produites localement et avec amour, n’hésitez pas à nous contacter !

Vous pouvez également retrouver les annonces et candidater sur le site national des missions de services civiques ici et  !

Que mange un hérisson et où dort-il ? Nourriture, abri, hibernation, habitat…

Le hérisson, d’allure débonnaire, est en fait un prodige d’adaptation, un concentré de technologie. Mère nature a expérimenté sur lui bon nombre des innovations de pointe qu’elle a ensuite distribué aux diverses autres espèces. Parmi les plus impressionnantes, figure l’adaptation à l’hiver et à la pénurie de nourriture. Mais que mange un hérisson dans quel abri dort-il ?

L’automne venu, les hirondelles fuient honteusement vers le sud pour échapper à l’emprise du froid et à la disparition des insectes. Ceux qui restent changent de costume. Le renard revêt une longue pelisse rousse. Le rouge-gorge gonfle son plumage d’un dense et chaud duvet, car il s’agit d’assurer sa survie face au froid à venir. Le hérisson, quant à lui, n’a du poil que sur le ventre et un peu au menton. Son dos n’est couvert que de piquants distants les uns des autres, qui n’assurent qu’une médiocre isolation thermique. Comment va-t-il survivre aux frimas, au givre, au gel, à la neige ? Même pas peur.

La réserve de nourriture du hérisson

L’allongement des nuits provoque chez le hérisson un bouleversement physiologique important. Il est pris, à l’automne, d’un irrépressible besoin de manger. En prévision de la pénurie de nourriture à venir, il se gave et emmagasine, sous forme de graisse, toute l’énergie dont il aura besoin pour les mois à venir. C’est cette couche adipeuse qui va l’isoler du froid.

Découvrez ce que mange un hérisson, sa nourriture favorite mais aussi ses besoins en terme d’abri, son hibernation…

Ce hérisson recherche activement des petites limaces. Il en mangera plus de 300 en une heure. ©Philippe Jourde

En temps normal, il faut entre 60 et 90 g de nourriture pour satisfaire les besoins d’un hérisson adulte, mais en automne, certains animaux mangent presque trois fois plus, au point que certains individus gagnent 3 % de leur poids par nuit. Pour un humain de 70 kg, cela consisterait à voir le chiffre de la balance augmenter de 2,1 kg quotidiennement !

Que mange un hérisson ? De tout !

Si chaque hérisson a des préférences alimentaires, la plupart ne font pas la fine bouche. Vers de terre et mollusques sont ses proies de prédilection durant les nuits humides. Par temps plus sec, la nourriture du hérisson se diversifie et il recherche des chenilles, des coléoptères, mais aussi des tipules ou des grillons. En réalité, il ingurgite à peu près tout ce qui passe à portée de truffe, y compris des proies volumineuses et cuirassées, comme des écrevisses de Louisiane, ou de puissants carabes, dont le goût révulse la plupart des autres prédateurs.

Découvrez ce que mange un hérisson, sa nourriture favorite mais aussi ses besoins en terme d’abri, son hibernation…

Ce méloé toxique est une proie fréquente du hérisson. © Philippe Jourde

Dire que le hérisson est un auxiliaire du jardinier est un poncif mille fois répété. Mais l’observation d’un individu dévorant goulument 352 jeunes Loches laiteuses en 1h30, le 9 octobre 2018, dans un potager de Charente-Maritime, fera sans doute lever le sourcil de plus d’un adepte de la permaculture.

Côté verdure, le hérisson joue moins les héros. Clairement, les cinq fruits et légumes par jour ne font pas son affaire. Il dédaigne ce qui n’est pas animal mais peut, à l’occasion, notamment lors des sècheresses ou en fin d’automne, se rabattre sur des fruits tombés au sol. Ce que mange le hérisson varie donc en fonction de ce qui est disponible et il aime aussi à s’aventurer dans le tas de compost.

Plus de nourriture = hibernation du hérisson

Quand la nourriture du hérisson se fait rare et sous un seuil de température, qui varie selon les régions entre 5 à 7°C, le hérisson se réfugie dans un des nids qu’il a préalablement construit. Se déroule alors un phénomène extraordinaire : l’hibernation.

En l’espace de quelques heures, l’animal va profondément modifier ses fonctions vitales. Sa température interne s’abaisse de 35 à 4°C. Le rythme cardiaque, habituellement de 150 à 280 pulsations par minutes, chute à 5 battements. Les phases de respiration sont entrecoupées d’apnées pouvant durer jusqu’à deux heures ; les cachalots, pourtant 100 000 fois plus gros, ne font pas mieux. Pour éviter la déperdition d’eau, la fonction rénale est réduite. Le métabolisme du glucose est minimal pour réduire la consommation d’énergie. Le hérisson met donc tout son corps au ralenti. Il entre dans un état comateux, proche de la mort et consomme dès lors en 120 jours, l’énergie que lui coûterait une unique journée d’activité printanière !

La température idéale d’hibernation du hérisson se situe à 4°C. Au-dessus et en-dessous de ce seuil, la consommation de graisse s’accroît. Le hérisson s’abrite donc dans un nid de feuilles, dont la position et l’isolation permettent le maintien de conditions relativement constantes.

Découvrez ce que mange un hérisson, sa nourriture favorite mais aussi ses besoins en terme d’abri, son hibernation…

Un hérisson hiberne dans son nid d’hiver, parfaitement camouflé, au premier plan à gauche. © Philippe Jourde

Mais notre Belle au bois dormant ne sommeille pas en continu. Elle se réveille brièvement tous les 7 à 11 jours et plus durablement si la température extérieure se radoucit et permet de partir en chasse. Si, au contraire, une vague de froid survient, un système de sauvegarde relance l’activité de l’animal pour éviter qu’il ne se transforme en marron glacé. Il n’est pas rare alors que le hérisson déserte son gîte au profit d’un abri mieux adapté pour continuer son hibernation.

À cette occasion, on peut parfois l’observer de jour. Une règle absolue : le laisser tranquille !

Si vous voulez en savoir plus sur le hérisson, découvrez l’article « Bébé hérisson et mode de reproduction : une vie de polisson »

Livre Le Hérisson d’Europe

Le Hérisson d’Europe

Description, comportement, vie sociale, mythologie, observation
Prix Jacques Lacroix du meilleur livre de nature, décerné par l’Académie française. Labellisé par la LPO.

Livre de Philippe Jourde
Environ 216 pages, Édité par Les Éditions Delachaux et Niestlé en 2020.

Prix : environ 19,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque    |   FNAC

Philippe Jourde

Philippe Jourde

Philippe Jourde travaille au service Connaissance de la LPO, où il administre le portail national de science participative www.faune-france.org, qui permet à chacun de partager ses observations d’animaux et de consulter des millions de données.
Il est par ailleurs auteur et adaptateur de livres sur la nature et vient de signer une édition revue et augmentée de l’ouvrage « Le Hérisson d’Europe », aux éditions Delachaux et Niestlé.

Installez une haie qui servira au hérisson mais aussi aux abeilles et autres pollinisateurs !!

Comme le préconise Philippe Jourde, il est primordial, pour aider les hérissons, de leur redonner des refuges, des habitats paisibles en replantant des haies ! Et si vous en profitiez pour faire d’une pierre deux coups (principe de permaculture : un élément remplit plusieurs fonctions 😉 !) en installant notre haie des abeilles qui pourra abriter des hérissons tout en attirant les pollinisateurs chez vous, intéressant, n’est-ce pas ? Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus !

La haie des abeilles

Augmentez et protégez vos récoltes fruitières et légumières de façon significative en attirant dans votre jardin un maximum de pollinisateurs grâce à « la haie des abeilles » !

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Permaculture en famille, baissière et abondance

Permaculture en famille, baissière et abondance

Découvrez le témoignage vidéo de Romain, membre des formations PermacultureDesign, qui aménage en permaculture, avec sa famille, un hectare de terrain où il s’appuie notamment sur un système de baissières pour gérer l’eau et favoriser l’abondance naturelle et la biodiversité. Merci à Romain et sa famille pour ce partage inspirant ! 

Ce reportage a été tourné au printemps 2019. 

Le changement de vie de toute la famille avec la permaculture  

J’ai grandi à Paris, dans un HLM ; mais heureusement, j’avais la chance d’aller à la campagne le week-end pour commencer à m’éveiller à la nature. Je plantais des arbres à 6 – 7 ans, je bouturais des plantes… J’ai toujours été un jardinier dans l’âme. C’est peut-être lié aussi aux peurs de ma mère, qui ne voulait pas que je descende de l’appartement où nous vivions : j’enrageais d’être au sixième étage, de regarder le sol, les arbres et de ne pas pouvoir descendre. Ça m’a motivé déjà pour devenir jardinier, pour me rapprocher de la terre, et j’ai senti que cette vie – comme dirait Rabhi, cette vie hors sol – n’était pas logique quoi.

J’ai rencontré la permaculture en rencontrant le jardin. J’ai toujours été jardinier : j’ai passé mon BTA en 1998 – Brevet de Technicien Agricole – puis le BTSA, Brevet de Technicien Super Agricole, en aménagements paysagers. Je suis ensuite passé dans un appartement avec un petit terrain, et j’ai commencé à expérimenter le jardinage. De fil en aiguille, j’ai commencé à comprendre le système de la permaculture, qui m’a beaucoup plu et qui m’a donné envie de changer de vie et de lieu de vie, ce qui m’a amené ici, en Charente-Limousine. On est arrivés sur ce terrain, tout d’abord parce qu’il y avait de l’espace – un hectare

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Vue aérienne du jardin en permaculture de Romain et sa famille aménagé avec un systèmes de baissières, retenues d’eau et haies biodiversifiées.

La phase d’observation, s’est faite au niveau des pluies : je sortais avec un imperméable, je regardais où s’écoulait l’eau. Comme j’ai la chance avec mon métier de pouvoir aller dans de nombreux jardins, je regardais ce qui fonctionnait bien en matière de plantes dans les jardins alentour. 

Un jardin potager luxuriant en zone 1 avec plusieurs expérimentations

La zone 1 est la zone du potager. Nous avons des structures en bois de récupération (un bois exotique). On surélève beaucoup ici puisqu’on est sur un sol argileux. En effet, il y a une tuilerie non loin d’ici. 

On a une haie méditerranéenne. L’objectif, c’est d’avoir des végétaux utiles et résistants à la sécheresse. 

On a eu de beaux résultats : par exemple, ce Goumi (elaeagnus multiflora) a été planté il y a trois ans et je vois qu’il va donner des fruits. Nous avons aussi ici un mélange de cassis, de fraises, d’aromatiques et de framboises. Ici, cette année, on laisse un petit peu enherbé, parce qu’on ne sait pas si on va avoir de la sécheresse ou pas. Donc on ne tond pas trop pour conserver l’humidité

Ce sont des zones qui demandent très peu de travail : les plantations sont surtout densifiées en hiver, par exemple on a des oignons : on les a plantés en mars et je ne m’en occupe quasiment plus.

Nous plantons beaucoup de légumes vivaces. Notamment, on a cette arroche qui se ressème partout, on peut voir leurs grandes tiges qui sont en train de monter en graines. C’est très intéressant comme épinard.

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Expérimentation au jardin potager en permaculture de Romain : utilisation d’ardoises pour accumuler de la chaleur autour des légumes potagers craignant le froid.

Ici nous faisons une petite expérience sur un ados. On a du mal, comme les nuits sont fraîches – on est quand même dans le piémont du Massif Central. 

On essaye de mettre des ardoises sur cet ados pour conserver la chaleur et la restituer aux aubergines, aux piments… Un ados, c’est une petite butte qui est tournée – en fonction de l’hémisphère dans lequel on se situe, ici l’hémisphère Nord bien sûr – vers l’exposition la plus courante du soleil, chez nous vers le sud, pour emmagasiner la chaleur et permettre de faire en quelques sortes un piège à chaleur.

Ici, on est là dans la partie poulailler, si bien que dès que j’ai des petits fruits un peu périmés, comme par exemple les tomates spontanées qui se trouvent là, je les donne aux poules. Je leur donne aussi les vers que je trouve quand je jardine. 

Les roses trémières qui se trouvent là sont venues spontanément dans le paillage. Il y en a à différents endroits dans le jardin. Je mets toujours des oignons en bordure. Ici, on est un peu envahis par les bourraches. Ce sont mes “mauvaises herbes”, mais ce sont des mauvaises herbes intéressantes !

L’importance des ressources en permaculture

Nous avons une scierie à 35 kilomètres d’ici. Ils ont beaucoup de bois qu’ils n’utilisent pas. J’ai récupéré un gros stock, et on l’a utilisé pour fabriquer ces toilettes sèches, fabriquer ces jardinières, et une autre cabane derrière et je m’en suis servi aussi en bois de coffrage… 

C’est une source gratuite de bois très intéressante. Dans la région, on a de nombreuses ressources, par exemple du vieux foin pour faire le paillage : encore meilleur quand les agriculteurs le jettent parce qu’il est pourri, parce qu’il y a des champignons dedans et c’est merveilleux parce que ça nous fait nos mycorhizes pour le sol. 

On a aussi des ressources en savoir-faire : par exemple, j’ai mon fils qui est en train de faucher, et c’est l’ancien paysan du coin qui nous a montré la faux, son maniement, l’affûtage… 

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Le fils de Romain est en train de faucher une zone, geste technique qu’il a appris grâce à un voisin agriculteur qui lui a transmis ce savoir-faire.

 

Travailler avec le sol et les microclimats pour diversifier les plantations possibles

Le bois qu’on voyait tout à l’heure va nous servir de piège à chaleur, en récupérant la chaleur du soleil, ce qui devrait nous permettre de planter des choses plus sensibles ici.

Ici, ce sont les excavations des fouilles des fondations du garage. J’ai respecté les couches, il y a de l’agile au fond, il y a de la terre plus végétale au-dessus, et encore au-dessus, il y a des apports de toilettes sèches et des engrais verts. On a mis du foin, et il y a eu du BRF aussi. Le retour sur expérience, c’est que la terre, qui était très lourde au départ, commence à se travailler et à devenir grumeleuse au niveau de la texture. Avec l’argile, et le complexe argileux humide qui se forme, elle commence à mieux retenir l’eau aussi, ce qui est intéressant parce qu’on va devenir séchant du coup (puisque tout ce qui est butte c’est séchant). L’idée, c’est de faire quelque chose de très dense pour ne pas avoir un jardin trop séchant. 

J’ai des charmilles, qui vont servir de fond, si jamais le voisin enlève le bois ; on a du laurier, du laurier palme (qui n’est pas très beau mais qui a l’avantage d’être persistant et de freiner le vent). On a aussi un laurier du Portugal, persistant aussi, qui va couper le vent… Donc au fond, on met déjà des persistants, et devant, on pourra se permettre de mettre des choses plus méditerranéennes, plus exotiques. 

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Romain a créé des microclimats permettant des plantations de végétaux exotiques comme ici un poivrier de Sichuan.

Ici on a un poivrier du Sichuan, assez sensible aussi, des féviers d’Amérique (gleditsia triacanthos) et au fond on a les buis. On ne sait pas encore ce qui va monter le mieux. On a des houx – ça monte déjà plus – toujours des lauriers du Portugal récupérés au nord… C’est une zone qu’on cherche vraiment à protéger.

Aménager le lieu en permaculture en famille, pour et avec les enfants !

Ça c’est la cabane que j’ai construite pour les enfants. Ce genre d’expérience, d’aventure, est complète. Ça ne va pas seul : c’est une éthique de vie : les avancées ne se font pas toujours où l’on veut qu’elle se fassent. Au niveau éducation, pour les enfants, on s’est un peu séparés du média télévisuel, il y a 8 mois. Ça a permis aux enfants de se rapprocher du jardin et de s’intéresser à ce qu’on faisait ici

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

La fille de Romain, Marilou, en train de couper des fanes de carottes récoltées sur son petit potager qu’elle gère en permaculture « comme une grande » !

Aussi, ils me voient, il y a l’exemplarité, mais le fait de les détacher un peu par nos choix de tout ce qui nous semblait un peu toxique à l’intérieur fait qu’ils sortent plus, ils font leurs expériences, avec l’argile, avec la poterie… Mon fils a fabriqué des moules pour faire des briques de terre crue… Il y a eu pas mal de choses comme ça qui ont été faites spontanément et qui sont liées, je pense, à cette démarche globale.

Le petit jardin en permaculture de Marilou, 8 ans

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Pour faire de la permaculture en famille et pour ses enfants, Romain a confié un espace de jardin potager à Marilou, sa fille de 8 ans, qui y découvre le fonctionnement de la nature et de la vie du sol !

Marilou : Je m’appelle Marilou, j’ai 8 ans et je vais passer en CE2. Mes talents, c’est les oiseaux, le massage et le jardin, car j’ai un petit jardin. Ici il y a des radis, après il y a des oignons, il y a de la mélisse…

Interviewer : Qu’est-ce que tu aimerais bien apprendre qui concerne le jardin à l’école ?

Marilou : Les petites bêtes dans le sol, parce que sans elles on ne peut pas planter.

Interviewer : Si toi tu étais l’une des petites bêtes qu’il y a dans le jardin, tu serais laquelle ?

Marilou : Un vers de terre. Parce qu’il retourne bien la terre.

 

Le zoning du design de permaculture de Romain et sa famille

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Extrait du design en permaculture réalisé par Romain sur son « jardin du Curé », véritable lieu d’expérimentations.

Ici, c’est la zone 2. C’est une zone beaucoup plus riche que le fond du jardin. En effet, la vieille dame qui vivait dans la petite maison qu’on habite aujourd’hui, faisait son potager par ici, donc il y a de l’humus. Du coup, les végétaux ici poussent plus que dans l’autre partie. On y a mis un verger qui se situe en amont de la mare. Plus tard, on envisage d’avoir des canards.

La zone 3, ça serait cette zone qui est la suite du verger qui est derrière nous, et après, la zone 4, ça serait cette grande haie, que j’ai plantée en 2015, pour couper des vents d’ouest. En fait, c’est une haie qui est subventionnée. Elle a été plantée avec l’association Prom’Haies Nouvelle Aquitaine, qui s’occupe de la plantation des haies. C’est la promotion de l’arbre hors forêt. Et donc, à chaque fois qu’on a une bande comme ça non plantée, ils proposent une subvention – il faut au moins 100 mètres. 

Et cette zone au fond, ce serait la zone 5, parce que c’est un peu sauvage – il y a une lisière là-bas un peu sauvage.

Les facteurs limitants sur ce lieu en permaculture

Les facteurs limitants sur ce terrain… Ce serait un peu la sécheresse, je ne sais pas si ça peut entrer en ligne de compte, mais l’été on a des sécheresses depuis 3 ans. 

On a aussi le sol lourd : les fruitiers n’aiment pas du tout le sol compact, argileux. 

Le vent est également un facteur limitant : on est dans un couloir assez venteux. 

Après, on a quand même de bonnes conditions générales : de la douceur l’hiver… On a aussi des nuits fraîches, et ça c’est un facteur limitant. Par exemple, je n’arrive pas à avoir d’aubergines à cause de ça. 

L’augmentation visible de la biodiversité des insectes 

J’essaye aussi de faire des essais pour voir la concurrence entre la consoude et l’ortie, voir qui est-ce qui peut prendre le dessus, parce que j’aimerais bien petit à petit implanter des poches de consoude autour des arbres, pour récolter déjà ce sera plus pratique. On peut voir à quel point la consoude accueille les pollinisateurs. Ce serait plutôt plus le bourdon que l’abeille, mais il faut savoir, quand même, que sur un cycle comme ça, l’abeille devient minoritaire en fait. Il y a tellement de diversité que l’abeille devient un insecte parmi tant d’autres.

On a vu la diversité des insectes s’accroître d’années en années. Par exemple, pour la petite histoire, j’ai de la sauge sclarée. A peine en fleurs, j’ai vu une espèce de grosse abeille noire que je ne connaissais pas ! On m’a dit c’est de l’abeille charpentière, et je ne l’avais jamais vue ! 

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

La biodiversité s’accroit chaque année sur le jardin en permaculture de Romain avec de nouvelles espèces comme cette grosse abeille charpentière.

On a les mantes religieuses qui ont décuplé, on a … tout un tas de choses ! On a des salamandres, elles se mettent dans les parpaings… On a des lézards verts dans les baissières. On n’a pas encore de hérissons, on les attend avec impatience !

Ici, les gens qui s’occupent des routes taillent à hauteur de piquet. Donc là, nous, l’intérêt c’était quand même de l’épaissir un peu, déjà pour que les gens nous voient moins de la route. Et comme on est un peu feignants, on laisse pousser les ronces ! Donc on nous voit moins. L’idée aussi c’est d’épaissir en contre-plantant – alors ce n’est pas toujours évident, parce que ces racines se concurrencent. 

La permaculture, une philosophie de vie qui donne du sens, change notre regard et notre rapport aux autres !

Plus on aménage le terrain, et plus on se crée aussi de dépendances et d’entretien. Donc je dirais que ce n’est pas tellement au début, les problèmes, c’est plutôt par la suite. 

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Romain apprends à partager son temps entre son jardin en permaculture expérimental et son activité en croissance de jardinier paysagiste.

Comme mon activité professionnelle au départ avait beaucoup de mal à démarrer, j’ai eu plus de temps. Maintenant que ça va bien au niveau de mon travail, il faut que je fasse des choix… C’est à dire faire le choix de travailler moins mais abandonner des rentrées d’argent !

Le fait d’être dans une passion, et d’être dans le ikigaï*, et d’être dans quelque chose qui vous enrichit, ça vous aide aussi dans votre vie de tous les jours. 

Le jardin aide à la patience, il aide à accepter beaucoup de choses. Ça nous aide à l’humilité. Le fait d’être en permaculture, c’était encore quelque chose de nouveau, surtout pour moi qui étais un jardinier paysagiste, ça m’a fait essayer des choses nouvelles, avec une dynamique nouvelle, avec des enseignements nouveaux et des principes nouveaux. Ça m’a fait me remettre en question sur de nombreuses choses. Effectivement, dans ma vie, ça a changé des choses ! Et lors de nos chantiers participatifs, on est obligés de ne pas être trop pressés, de ne pas être impatients, de soigner sa communication. Donc c’est soi-même qu’on change, obligatoirement.

J’essaye d’orienter les gens pour ne pas qu’ils fassent les mêmes erreurs que moi. C’est à dire, que j’ai tendance à voir grand, à planter un peu à tort et à travers. Parce que j’adore planter. 

Mais je pense qu’il faut commencer petit, en incluant la dimension humaine dès le départ. Chose que je n’ai pas faite. J’étais un peu tout seul, j’ai un peu sensibilisé ma famille, mais il vaut mieux être à plusieurs dès le départ. Je vois que ceux qui commencent à plusieurs vont plus loin ! C’est le fameux dicton : ceux qui sont à plusieurs vont plus loin, même si quand on est tout seul, on va plus vite ! 

Je serai chaque jour un peu plus convaincu que de toutes façons, nos systèmes ne peuvent perdurer qu’en prenant soin de la nature. En partant du principe que nous nous inscrivons dans la nature : même si on le veut, on ne peut pas de façon durable domestiquer la nature, puisqu’on crée des problèmes… En fait, on trouve les solutions en s’adaptant à la nature. Et c’est d’essayer de réfléchir à notre place sur la Terre, et à notre fonction, qui va faire qu’on va y arriver !

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Romain et sa fille Marilou se promenant tout sourire dans les allées de leur jardin en permaculture familial.

Un grand merci à Romain et sa famille pour ce témoignage inspirant dont nous espérons qu’il donnera envie à d’autres de se mettre à la permaculture en famille 😉 !

 

Avant de creuser des baissières, faites votre design de permaculture 😉

Si vous souhaitez faire des baissières comme Romain sur le Jardin du Curé, avant de vous jeter sur vos pelles, pour éviter les échecs, faites votre design global de permaculture afin de mettre en cohérence vos objectifs et vos éléments selon votre contexte unique !! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

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Journées portes ouvertes au jardin Pouplier et un dimanche aux Murs à Pêches

Dans le cadre des journées européennes du Patrimoine/Matrimoine ce weekend 19 et 20 septembre, le jardin ouvrira ses portes pour les deux après-midis consécutives. Venez profiter du jardin, acheter des plantes et graines et découvrir une magnifique exposition de portraits du jardin solidaire !

Dimanche 20 septembre à partir de 12h et jusqu’au soir, la Fédération des murs à Pêches organise également un événement sur la prairie !

 » Difficile dans le contexte actuel d’organiser un « festival » d’arts de rue et de musique en plein-air… Celui des Murs à pêches annulé au printemps, nous ne pouvions ne rien faire à l’automne. Qu’à cela ne tienne, nous vous invitons à venir masqué.e.s et rassasié.e.s le dimanche 20 septembre pour une journée riche en spectacles, ateliers, et musique. Malgré les masques, les barrières, et l’interdiction officielle de boire ou de se restaurer sur le site (vous avez bien lu), nous rirons quand même et danserons avec les barrières. Pourvu que cela ne dure. Pourvu que nous ne nous habituions pas à rester cloîtré.e.s et à nous détourner les un.e.s des autres. Cela nous rappellera au moins ce qui compte vraiment et ce à quoi nous ne pouvons renoncer ! La Fédération des Murs à Pêches animera la Prairie des Murs à Pêches, 61 rue de Pierre de Montreuil. Informations et programme sur l’ Evènement facebook. Les autres parcelles seront également ouvertes ! Retrouvez leur programmation sur l’Agenda des Murs à Pêches de Septembre « 

A retrouver sur le site de la fédé’

Projection Ciné-Jardin samedi 12 septembre au jardin Pouplier, APPEL A BENEVOLES CHANTIER PARTICIPATIF !

Dans le cadre du festival Ciné-Jardins 2020, nous accueillons demain une projection au jardin Pouplier !

PROGRAMME

19:00 VISITE DU JARDIN
19:30 VENEZ AVEC VOTRE PIQUE-NIQUE !
20:30 PROJECTION EN PLEIN AIR

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WILD PLANTS
de Nicolas Humbert
Suisse | 2016 | 108′

Néo-jardiniers dans les friches industrielles de Detroit, coopérative des jardins de Cocagne à Genève, semeur poète dans les espaces publics de Zurich… Nicolas Humbert ouvre une réflexion cinématographique à partir de la façon dont quelques pionniers réinstaurent une nature en ville, et un rapport de proximité avec le monde végétal.Film précédé d’une présentation vidéo par le réalisateur.

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ENTRÉE LIBRE

Plus d’informations sur le festival https://cine-jardins.fr/

Evenement facebook : ici !

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APPEL A BENEVOLES !

Cela fait 3 matinées (mardi – mercredi- jeudi) que nous travaillons au nettoyage et à l’aménagement de la parcelle qui accueillera la projection mais il reste encore beaucoup de travail.

Rendez-vous samedi matin à 10h au jardin Pouplier pour avancer sur ce chantier. Entrée par la parcelle Herry au 62 rue de Saint Antoine. Si nous sommes beaucoup cela peut aller vite ! On se fait un pique-nique vers 13h et après on a encore l’après-midi pour finaliser. L’équipe de Ciné-jardins arrivera avec tout le matériel de projection à 16h et s’occupera de la mise en place de l’écran, de la sono, des chaises…

La haie fleurie au jardin

Nous sommes nombreux à souhaiter mettre en place une haie dans notre jardin, mais il existe plusieurs types de haies, selon l’usage que l’on veut en faire. Une haie n’est pas nécessairement figée, elle peut agrémenter le jardin par des floraisons variées : c’est ce que nous vous proposons de voir, au travers de la haie fleurie, dans cet article.

Déterminer dans quel environnement j’implante ma haie fleurie

Avant toute chose, il convient de savoir dans quel contexte ma haie fleurie va devoir pousser. 

Quelle est la nature du sol ? Est-il drainant, séchant, riche en matière organique, argileux ? 

– Quel est l’ensoleillement dont bénéficiera ma haie ? Soleil toute la journée, ombre, alternance de soleil et d’ombre selon le moment de la journée ?  

– Dans quelle zone de rusticité se trouve mon emplacement ? Quelles sont les périodes de gel ?

Une fois tous ces éléments déterminés, vous avez les bonnes bases pour orienter vos choix de plantation.

Végétaux à feuilles caduques ou persistantes ?

Les végétaux à feuillage persistant permettent d’isoler mieux le jardin et de créer une haie brise-vue, cependant, leur aspect varie peu d’une saison à l’autre et la haie peut devenir un peu monotone pour l’œil. De plus, s’il s’agit de conifères, ils n’offrent pas la possibilité de recéper la haie (rabattre près du sol) afin de la rajeunir.

Les arbustes caducs vont perdre leurs feuilles durant l’hiver, mais ce phénomène est largement compensé par les belles couleurs automnales arborées avant leur chute, ou encore par les tendres tonalités des jeunes feuilles lorsqu’elles se déploient au sortir de la mauvaise saison. 

Découvrez comment composer une haie fleurie pour des floraisons toute l’année, avec des exemples d’arbustes de haie fleurie persistants et caducs, selon vos besoins et envies !

Magnifiques couleurs d’automne des arbustes et arbres caducs.

Bien souvent, les arbustes caducs offrent aussi de belles fructifications, qui sont décoratives et souvent utiles à la faune (et parfois à nous aussi !).

Peut-être pouvez-vous opter pour une haie fleurie mixte, comprenant des arbustes à feuillage persistant et caduc, afin de varier les plaisirs visuels et éviter ainsi la monoculture ?

La haie fleurie, une question d’espace…

Une autre question à laquelle il convient de répondre avant d’installer une haie fleurie est de savoir l’espace dont on dispose pour sa mise en œuvre. En effet, une haie, même taillée au cordeau, prendra au minimum 50cm de large sur un terrain, ce qui est un facteur non négligeable si on l’implante dans un petit terrain. Si vous avez une contrainte de place, peut-être serait-il plus adéquat d’opter pour des plantes grimpantes sur un support, afin de minimiser l’occupation de l’espace ?

Découvrez comment composer une haie fleurie pour des floraisons toute l’année, avec des exemples d’arbustes de haie fleurie persistants et caducs, selon vos besoins et envies !

Si la haie fleurie vous semble cependant toujours séduisante, mais que votre espace est réduit, sachez que sa taille interviendra plusieurs fois par an, afin de la contenir dans un gabarit déterminé : ce travail n’est pas à négliger.

Il faut également savoir que la plantation d’une haie peut être soumise à des réglementations locales, à prendre en compte dans les règlements d’urbanisme (tels les PLU). En l’absence de tels documents sur votre commune, c’est le règlement du Code civil qui s’applique. Celui-ci stipule que les végétaux excédents 2m de haut doivent être plantés à 2m des limites séparatives, tandis que ceux restant inférieurs à 2m pourront être plantés à 50cm de la limite de propriété.

Echelonner les floraisons

Tous les arbustes ne fleurissent pas au même moment ! Il est possible d’avoir des fleurs une bonne partie de l’année, si vous composez votre haie avec attention. Certains arbustes, tel la viorne-tin (Viburnum tinus) produit une floraison en hiver, celle-ci est, de plus, suivie par une fructification attractive pour les oiseaux.

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Viorne-tin, du plus bel effet dans une haie fleurie.

Dans les arbustes à fleurs, il y a ceux qui fleurissent au printemps, puis ceux qui déploient leur floraison en été. Ce sont les deux périodes « phares » pendant lesquelles vous pourrez profiter de leur attrait. En dehors de ces deux époques, en hiver, les floraisons sont rares, sauf si l’on se trouve au Sud de la France, où certaines plantes, grâce au climat doux, peuvent prolonger leur floraison, voir refleurir.

Vous pouvez aussi réfléchir à la composition de votre haie fleurie en fonction du lieu où elle se trouve au jardin. Il est possible que vous utilisiez certains espaces de votre terrain plutôt au printemps, avec les premiers rayons de soleil, tandis qu’en plein cœur de l’été, vous vous prélasserez sur un autre espace. Les haies adjacentes peuvent ainsi être plantées de végétaux aux floraisons majoritairement printanières ou estivales selon l’emplacement, pour suivre vos habitudes.

Quelques arbustes persistants pour votre haie fleurie

Cumuler feuillage persistant et floraison intéressante pour créer une haie persistante n’est pas chose si commune. Nous vous suggérons ici quelques végétaux répondant à ces critères.

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Fleurs de berberis (ou épine-vinette), un arbuste persistant très intéressant dans une haie fleurie !

Les berberis comprennent de nombreuses espèces, dont certaines sont persistantes. Ainsi le Berberis darwinii arbore une floraison jaune-orangé au printemps, suivie de baies bleues à l’automne. Particularité supplémentaire, ses branches sont très épineuses, ce qui en fait un bon candidat pour une haie défensive.

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Escallonia rubra en fleurs, autre arbuste persistant très intéressant dans une haie fleurie ! ©Sten Porse CC BY-SA 1.0

Les escallonias sont des arbustes à feuillage persistants convenants pour les climats aux hivers pas trop rudes. Leurs petites feuilles sont accompagnées, au cœur de l’été, par de nombreuses petites fleurs rose vif, blanc rosé ou blanc. Ce sont des plantes adaptées au climat maritime.  Escallonia ‘Apple blossom’ est un cultivar offrant, dès juin, une profusion de petites fleurs blanc rosé.

Toujours sous climat plutôt doux, les véroniques en arbre ou hébés, peuvent convenir pour former des haies basses (inférieur à 1m). Leur floraison est estivale.

D’autres arbustes persistants et fleuris : les troènes (Ligustrum), le myrte (Myrtus mais uniquement pour les climats méditerranéens ou littoraux), le photinia (Photinia sp.), le laurier du Portugal (Prunus lusitanica), ou encore les osmanthus (Osmanthus sp.).

Quelques arbustes caducs pour votre haie fleurie

Le choix est très vaste dans cette catégorie !

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Jolie floraison de cornouiller mâle (Cornus mas) en fin d’hiver.

Pour bien démarrer l’année, la floraison jaune du cornouiller mâle (Cornus mas) est très stimulante ! Elle est portée, en février/mars, sur les rameaux dépourvus de feuilles ce qui la rend très spectaculaire et visible.

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Jolie floraison de cognassier du Japon en fin d’hiver /début de printemps.

Dans la gamme des arbustes à floraison printanière, on peut citer : le cognassier du Japon (Chaenomeles sp.), qui présente de jolies fleurs aux tons rose soutenu ou blanc-rosé.

Comment profiter pleinement du printemps sans les délicieuses fleurs de lilas (Syringa vulgaris sp.), au parfum si caractéristique ? Il en est de même des fleurs de seringat (Philadelphus coronarius) dont le parfum est entêtant : ses étoiles blanches raviront les narines des jardiniers. Les spirées (Spiraea sp.) et les aubépines (Crataegus sp.) complèteront ce tableau par leurs floraisons miellées.

En été, le millepertuis (Hypericum patulum) et le genêt (Genista sp.), accompagneront de leur jaune vif les rayons dorés du soleil.

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Jolies inflorescences en boules d’hortensias.

Avec un sol maintenant un bon taux d’humidité, on pourra installer des hortensias (Hydrangea sp.): leurs énormes fleurs aux couleurs variées sont du plus bel effet au jardin. Par ailleurs, les hortensias tolèrent les expositions à mi-ombre.

Un large choix pour votre haie fleurie

Nous l’avons vu, l’étendue des possibles est vaste, mais celle-ci se réduira lorsque vous étudierez spécifiquement l’emplacement dans lequel vous allez implanter votre haie. Si vous souhaitez être accompagné(e) dans cette démarche de conception en permaculture et choix d’emplacement pour vos plantations de haies, la formation « Invitez la permaculture dans votre jardin » est faite pour vous.

 

Néanmoins, de nombreuses floraisons s’offrent à vous, et leur variété vous comblera ! Pour bien choisir vos végétaux, vous pouvez aussi demander conseil à votre pépiniériste local, qui saura vous guider.

 

Anais Jeunehomme

Anaïs Jeunehomme, paysagiste conceptrice, certifiée en permaculture. Je conçois, avec l’Atelier l’Embellie des jardins inspirés des principes de la permaculture, adaptés au lieu et à ses habitants, valorisant les ressources existantes, où les plantes sont belles mais aussi comestibles, médicinales, mellifères ou amélioratrices du sol. Car un jardin est un lieu de ressourcement et de bien-être, mais aussi une pierre supplémentaire dans l’édification d'une société plus écologique et durable.

Attirez les pollinisateurs chez vous grâce à des haies mellifères !!!

Vous pouvez installer une haie fleurie qui soit aussi une haie mellifère pour attirer un maximum de pollinisateurs chez vous ! Pour cela, découvrez notre formation en ligne « la haie des abeilles » en cliquant sur le bouton ci-dessous !

La haie des abeilles

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