Comment fabriquer une ruche horizontale à partir de palettes et matériaux de récupération ?

Fabriquer une ruche avec du bois de palettes est à la portée de tous. Avec des outils de bricolage basiques, on fabrique une ruche pour un faible coût. En installant une ruche naturelle au fond de votre jardin, vous participez à une meilleure pollinisation des fruits et des légumes de votre environnement proche ainsi qu’à la sauvegarde des abeilles. Cela vous permet, en plus, de déguster un miel incomparable, celui de vos abeilles !

Quel type de palette faut-il récupérer pour la fabrication d’une ruche horizontale ?

Savoir reconnaître les bonnes palettes pour fabriquer votre ruche

Explications et plans de Pierre Javaudin, expert en apiculture naturelle, pour la fabrication d’une ruche horizontale en palettes et matériaux de récupération, recyclés.

Palette de type « cimentière », non traitée, idéale pour la fabrication de votre ruche. © Pierre Javaudin

En France, on trouve différents types de palettes :

  • les palettes non marquées servant au transport de matériaux légers à lourds à l’intérieur du territoire, elles ne sont pas traitées, elles ne contiennent donc pas de produits chimiques toxiques. Dans cette catégorie de palettes non marquées, on trouve ce qu’on appelle les palettes de type « cimentières » utilisées pour les transports de matériaux de construction lourds. Ce sont les plus solides de cette catégorie.
  • les palettes marquées EUR EPAL, destinées au transport des marchandises à l’étranger (import et export). Celles-ci ne sont plus traitées avec des produits chimiques, mais uniquement à haute température (60° pendant 30 min), vous pouvez vous en assurer en vérifiant le marquage certifié HT (Heat Treatment, seul traitement actuellement autorisé dans l’Union européenne) inscrit sur la ligne du bas du cartouche de la palette. Les autres marquages situés au-dessus de celui-ci indiquent notamment le pays et la région de fabrication de la palette. Le marquage DB, que vous pourrez parfois voir sur la même ligne que le marquage HT, signifie simplement que le bois utilisé pour fabriquer la palette a été écorcé, il ne s’agit nullement d’un traitement chimique.

Notez cependant que, jusqu’en mars 2010, un traitement par fumigation au bromure de méthyle (MB), toxique, était autorisé en Europe. Il n’est donc pas impossible que vous trouviez encore ce type de palette même si elles se font de plus en plus rares. Mais, là encore, pas d’inquiétudes, car elles seront facilement identifiables puisqu’elles porteront sur leur cartouche le marquage MB à la place de HT. Dans ce cas, abstenez-vous de les utiliser.
De même, il vaut mieux s’abstenir d’utiliser des palettes colorées (souvent rouges ou bleues) dont les peintures peuvent être toxiques et qui sont des palettes de location, consignées pour lesquelles il faut un accord de l’entreprise de location avant utilisation.

Choisir des palettes robustes pour la fabrication de votre ruche horizontale

Cinq palettes de type « cimentières » seront parfaites pour fabriquer une ruche horizontale.
C’est une palette très répandue dans le milieu du bâtiment, car elle permet le transport des matériaux lourds. C’est ainsi que sont livrés sur les chantiers les parpaings, les briques, les sacs de ciment, les sacs d’enduit, les ardoises, les pavés, le carrelage, etc.
Dans la catégorie des palettes non marquées, la palette de type « cimentière » se différencie d’une palette de type « alimentation » par des chevrons utilisés pour assembler les planches à la place des petits cubes de bois.

Explications et plans de Pierre Javaudin, expert en apiculture naturelle, pour la fabrication d’une ruche horizontale en palettes et matériaux de récupération, recyclés.

Les chevrons des palettes de type « cimentières » serviront pour réaliser les pieds de la ruche horizontale. © Pierre Javaudin

Le bois utilisé pour les lames est également de meilleure qualité sur les palettes de type « cimentières ». Celles-ci sont fixées sur les chevrons par des pointes striées en acier, cette fixation évite l’arrachement lors des manutentions. En revanche, même si ça n’a rien d’insurmontable, cette robustesse complique la tâche de celui qui les démonte !

Se servir d’un pied de biche pour les démonter est donc une fausse bonne idée… La tête des pointes passera au travers de la planche que l’on soulèvera…
Les professionnels qui reconditionnent ces palettes, utilisent une scie sabre pour séparer les planches des chevrons. C’est aussi ce que je vous recommande !

Explications et plans de Pierre Javaudin, expert en apiculture naturelle, pour la fabrication d’une ruche horizontale en palettes et matériaux de récupération, recyclés.

La scie sabre est ce qu’il y a de plus pratique pour démonter une palette de type « cimentières ». © Pierre Javaudin

Comment sont faites les différentes parties de la ruche horizontale ?

La ruche finalisée mesure environ d’un mètre de long et permet d’accueillir 26 lattes sur lesquelles les abeilles pourront s’accrocher pour construire leurs rayons.

Pourquoi des façades inclinées à 120° ?

Il est important que les façades de la ruche (côtés les plus longs qui forment le corps de la ruche) soient inclinées à 120°. De cette manière, les rayons construits naturellement par les abeilles n’adhéreront pas sur les parois inclinées à 120°. Cette particularité, qui correspond à l’angle des alvéoles bâties par les abeilles, facilite le travail sur la ruche. Ce n’est pas au degré près bien sûr, mais il est préférable de respecter cet angle.

Explications et plans de Pierre Javaudin, expert en apiculture naturelle, pour la fabrication d’une ruche horizontale en palettes et matériaux de récupération, recyclés.

Rayon fabriqué naturellement avec une inclinaison à 120°par les abeilles dans une ruche horizontale. © Pierre Javaudin

Les différents éléments à prévoir dans la fabrication de votre ruche horizontale

La baie vitrée : elle permet d’observer régulièrement l’intérieur de la ruche sans l’ouvrir. Cette fenêtre sera décalée vers le pignon de la porte d’entrée afin d’observer la construction des premiers rayons et de suivre l’évolution du couvain tout au long de l’année.

Les pignons : le pignon équipé de la porte d’entrée sera exposé au soleil, la colonie s’installera naturellement contre celui-ci. La réserve de miel s’étendra vers l’arrière de la ruche après la partie couvain. Cette configuration d’entrée en pignon simplifie la conduite et la récolte.

Explications et plans de Pierre Javaudin, expert en apiculture naturelle, pour la fabrication d’une ruche horizontale en palettes et matériaux de récupération, recyclés.

Assemblage des morceaux de palettes pour faire le pignon qui inclura l’entrée de la ruche horizontale. © Pierre Javaudin

L’entrée : l’entrée sur le pignon est constituée une fente d’environ 9 mm de haut. L’installation d’une porte métallique optimise la défense contre les intrus. L’avantage de placer l’entrée en pignon permet de réduire le pillage par des abeilles d’autres ruches. Après avoir franchi les gardiennes, les voleuses doivent traverser, à l’aller et au retour, toute la colonie pour chaparder le miel qui se trouve vers l’arrière de la ruche…

La planche d’envol : elle permet aux sentinelles de mieux surveiller les allées et venues. C’est aussi un lieu d’observation unique pour l’apiculteur ! Mais attention cette terrasse peut vite se transformer en piège dans les régions où il neige, si celle-ci elle n’est pas évacuée régulièrement.

La marquise : placée au-dessus de la porte d’entrée, elle permet de l’abriter de la neige et de la pluie permettant un envol dès la fin de l’averse. C’est aussi une source d’ombre non négligeable pour la porte d’entrée et la piste d’envol.

Le fond de ruche : Un fond de ruche avec une grille permet une bonne ventilation de la ruche, et d’éliminer une partie des varroas (parasites de l’abeille). Si cette grille ne fait pas toute la surface du fond, elle sera installée au milieu de celui-ci. Positionner ainsi il permettra d’aérer ainsi une partie du couvain de même qu’une partie réserve de miel. En hiver, quand la ruche est réduite par le séparateur, l’entrée d’air froid est limitée. En cas de grands froids il est possible d’obstruer cette grille avec un voilage anti gel pour plantes. Quelques punaises plantées dans le bois, sous la ruche, suffiront à maintenir cette protection.

Les barrettes : enduites de cire, elles offrent un guide précieux pour la régularité des rayons. Une largeur de 35 mm est à respecter, pour nos abeilles européennes. Une languette enduite de cire permet une excellente base d’accrochage pour les abeilles cirières. Cette amorce peut être insérée dans un trait de scie (les cagettes pour fruits et légumes fournissent d’excellentes amorces quand elles sont droites).

Explications et plans de Pierre Javaudin, expert en apiculture naturelle, pour la fabrication d’une ruche horizontale en palettes et matériaux de récupération, recyclés.

Ruche horizontale TBH en cours de fabrication, on voit bien ici les 26 barrettes sur lesquelles les abeilles pourront construire leur rayon une fois la ruche terminée. © Pierre Javaudin

Les parois extérieures : recouvrir l’ensemble des parois extérieures avec de la peinture pour bois extérieur (microporeuse), ou avec de l’huile de lin chauffée dans une vieille casserole ou bien encore une peinture naturelle fabriquée par vos soins.

Les parois intérieures : elles seront laissées nature, sans un seul coup de pinceau, mais peuvent être frottées avec un morceau de cire, de propolis ou de miel.

Le toit : le modèle en palettes présenté ici ne permet pas d’obtenir un toit étanche, celui-ci sera donc recouvert d’un revêtement étanche évitant à l’eau de passer au travers des planches de palette.

Fabrication du toit de la ruche en atelier. Une fois finalisé, ce toit devra être rendu étanche par l’ajout d’un revêtement adéquat. © Pierre Javaudin

Fournitures et plans de fabrication détaillés pour votre ruche horizontale

Comptez une journée pour découper les planches et assembler votre ruche. Idéalement, les palettes seront démontées la veille, vous laissant ainsi une journée plus cool pour fabriquer votre ruche !

Liste des fournitures à réunir :

  • 5 palettes cimentières en bon état.
  • 5 cagettes à fruits et légumes.
  • 1 plaque de contreplaqué (50 X 50 X 0,8 cm)
  • 2 m2 de revêtement étanche pour le toit.
  • 80 cm de chute d’un montant à placo.
  • 1 tube de 250 gr de colle à bois extérieur (type PU D4).
  • 1 petit tube de mastic pour menuiserie.
  • 1 sachet de 200 vis à bois 4×30 ou 3,5 X30.
  • 8 vis à bois à tête large, pour les pieds (6X80).
  • 1 grille inox 50 cm x 10 cm.
  • 1 plaque de Plexiglas 50 x 15 x 0,5 cm.
  • 2 charnières.
  • 2 litres d’huile de lin
Ces Ruches fabriquées en palettes et matériaux de récupération ont fière allure une fois terminées ! © Pierre Javaudin

Les plans de fabrication de votre ruche horizontale en PDF :

En cliquant sur l’image ci-dessous, vous pourrez télécharger le PDF complet avec les étapes de fabrication de chaque élément de votre ruche ainsi que la façon de les agencer pour un résultat optimal !

Enfin pour les non-bricoleurs qui voudraient quand même installer une TBH dans leur jardin, sachez que la « scierie le coucou » fabrique, vend et fait livrer partout en France des ruches TBH de grande qualité. N’hésitez pas à les contacter : http://lecoucouexploitationforestiere.fr/nos-ruches/
Voici également une petite liste d’autres fabricants locaux de ruches horizontales :

Bonne fabrication aux bricoleurs et bonne installation à tous 😃
Pierre Javaudin.

Pierre Javaudin est un apiculteur passionné, auteur du livre « une ruche dans mon jardin », il prône une apiculture naturelle.

Pierre Javaudin à côté d’une ruche horizontale, Photo ©Olivier Ploton, Larousse

Spécialiste en l’apiculture naturelle, retrouvez tous ses conseils dans son livre Une ruche dans mon jardin. Retrouvez-le sur son site : www.ruche-naturelle.fr

« Une ruche dans mon jardin »

Pour une apiculture naturelle et familiale

Livre de Pierre Javaudin
144 pages, édité par Larousse, dernière version sortie mars 2016

Prix : environ 12,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
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La culture en lasagne en Permaculture

La première fois qu’un de nos enfants nous a entendus dire qu’on allait faire des lasagnes au jardin, il s’est immédiatement imaginé un arbre extraordinaire dans lequel pousseraient directement des lasagnes prêtes à manger 🤩 !!

Imaginez sa déception quand il nous a vus préparer une partie du potager à la culture en lasagne, sauce permaculture ! Finalement, notre potager en lasagne a notamment permis de fournir l’ingrédient phare de la fameuse recette italienne : de magnifiques tomates juteuses à souhait. 😋 !

Alors, pour tous les grands enfants qui se posent encore la question, voyons en détail en quoi consiste une culture en lasagne !

 

Comment faire une culture en lasagne :

Faire une lasagne revient tout simplement à créer une butte de permaculture temporaire puisqu’elle ne durera généralement qu’une saison.

Elle est un support de culture facile et rapide à mettre en place qui va être un concentré de nutriments pour vos plantes et avoir un effet « booster » sur vos cultures. Une lasagne va être constituée principalement d’empilement en alternance de couches de matières organiques vertes (humides, à tendance plutôt azotée) et brunes (sèches, à tendance plutôt carbonée). C’est de cet empilement de couches en alternance que vient son appellation.

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

Schéma détaillant la composition d’une butte en lasagne : comme toujours en Permaculture, il n’y a pas qu’une seule et unique recette car tout support de culture doit être adapté à son contexte, l’exemple présenté ici montre une recette de base adaptable si besoin.

 

Culture en lasagne, la recette de base :

Comme toujours en permaculture, il faut s’adapter au contexte, il n’y a donc pas une seule et unique recette pour faire un potager en lasagnes, mais bien des recettes diverses qui varieront selon vos besoins, votre environnement, la surface et les ressources disponibles chez vous.

Pour simplifier, nous allons donner ici une recette relativement générale pour constituer une culture sur butte façon lasagne en partant d’un sol enherbé classique type pelouse ou prairie.

 

Étape 1 : Choisir et préparer la zone de culture

Une lasagne se fait à même le sol, pas besoin de creuser, ni d’enlever la couche d’herbe présente au sol. Si vous avez un sol particulièrement compact ou lourd, il peut être bon de passer simplement un coup de grelinette sur la zone histoire de l’aérer un peu avant de la couvrir…mais aucun désherbage n’est à faire, ce qui épargne pas mal de travail. 😉

Si le sol est particulièrement sec, un petit arrosage pourra être nécessaire.

Si les herbes sont hautes à l’endroit choisi pour établir la culture en lasagne, passez simplement un coup de tondeuse dessus.

 

Étape 2 : Définir le type de bordures

Pour la mise en place de bordures, qui ne sont pas obligatoires, divers choix sont possibles. Ils impacteront la durée de vie de la lasagne et sa facilité à être déplacée par la suite si besoin : coffrage en planches de bois, pourtours en rondins de bois ou en pierres, bottes de paille ou de foin…

 

Étape 3 : Occulter la lumière sur le sol enherbé de départ

Sur la zone choisie pour faire la culture en lasagne, on va recouvrir le sol d’une couche de carton brut sans encre duquel on aura retiré tous éléments plastiques (ruban adhésif, enveloppe contenant les documents d’expédition…) et tout amas de colle éventuel. Certains utilisent, à la place du carton, des couches de journaux, mais si on peut éviter pour minimiser la quantité d’encres introduite dans l’ouvrage c’est mieux.

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

Lors de la pose de la première couche de carton pour occulter la lumière aux herbes d’en-dessous, ne pas hésiter à faire se chevaucher les cartons pour qu’il n’y ait pas de trous dans cette première couche de base.

Une fois la couche de carton bien uniforme sur l’ensemble de la surface (bien superposer les cartons pour éviter de laisser des trous dans cette couche),il ne reste plus qu’à l’humidifier.

 

Étape 4 : Une couche de fumier / compost

Par-dessus le carton humide, il est conseillé de mettre une fine couche de 1 à 3 cm de fumier ou compost mûr pour amener de la vie et aider au processus de décomposition de la lasagne à venir.

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

Création d’une butte en lasagne avec bordure en bois autour d’anciens pieds de vigne existants : après la couche de carton, le compost !

Mais cela est facultatif, donc pas d’inquiétudes si vous ne pouvez pas en mettre faute de matière disponible.

 

Étape 5 : Alterner des couches de matériaux verts et bruns tout en humidifiant l’ensemble.

Par-dessus la couche de fumier, on va commencer par mettre une couche d’environ 5 cm de matières organiques vertes qui auront donc tendance à être plus azotées que carbonées. Il peut s’agir de tontes de gazon, de déchets végétaux divers, de déchet de cuisine type épluchures de légumes, de végétaux sauvages ou cultivés particulièrement riches en nutriments (ortie, consoude…), de feuilles d’arbres caducs encore vertes…

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

Création d’une butte en lasagne avec bordure en bois autour d’anciens pieds de vigne existants : après les couches de carton et de compost, une bonne couche matières organiques vertes récoltées sur place !

Sur cette première couche « verte », on va ajouter une couche de matières organiques brunes qui seront, elles, plutôt à tendance carbonée et sur une épaisseur légèrement supérieure à celle de la couche précédente (6 à 10 cm). Il peut s’agir de paille, de foin, de feuilles mortes, de B.R.F. (Bois Raméal Fragmenté), de bois broyé, de sciure ou écorce (de préférence en mélange avec d’autres matières brunes), on peut même rajouter au mélange de matières brunes du carton déchiqueté, si on en a beaucoup…

Et on recommence ainsi avec une alternance de couches de matières vertes et de matières brunes. Il n’y a pas de nombre de couches formellement établi pour former une lasagne, car cela va en grande partie dépendre de la quantité de matières qu’on peut se procurer. En général, une alternance de 3 couches de « vert » avec 2 couches de « brun » est une bonne moyenne. Il y a souvent une couche de matières brunes en moins par rapport aux matières vertes, car on finira généralement l’empilement par une couche de vert, même si cela n’est pas obligatoire.

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

Butte en lasagne en cours de création. Ici on a fait le choix de ne pas mettre de bordures spécifiques.

En fait, le nombre total de couches sera à adapter à vos ressources disponibles : si vous n’avez que de quoi former une couche de chaque, commencez alors plutôt par mettre, au-dessus de la couche de fumier, la couche brune pour terminer par la couche verte. Dans le cas d’une lasagne formée d’une seule couche de chaque, elle sera moins riche en éléments nutritifs et durera moins longtemps, car elle sera plus rapidement « consommée » par le sol et les végétaux cultivés sur ce support temporaire.

Point important à ne pas oublier, à chaque fois que vous poserez une couche de matières brunes, arrosez-la généreusement pour que s’enclenche plus rapidement le processus de décomposition.

Autre petit détail intéressant pour enrichir vos apports en nutriments dans votre lasagne : saupoudrez, avec parcimonie, un peu de cendre de bois (issue de préférence de feux de rameaux ou branches plutôt que de bûches) entre quelques-unes de vos couches de matières organiques. Cela apportera notamment du potassium et du phosphore, éléments nutritifs essentiels à la fructification et la bonne santé de vos cultures.

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

Lors de vos flambées hivernales ou barbecues, pensez à récupérer la cendre de bois pour l’utiliser dans votre jardin en lasagne !

Étape 6 : La couche finale pour vos cultures…

La réalisation d’une lasagne se termine généralement par la couche dans laquelle vous viendrez planter directement vos végétaux cultivés. Il s’agit d’une couche de terre mélangée à du compost mûr ou du terreau de 5 à 10 cm environ. Si vous ne mettez pas tout de suite vos jeunes plants après avoir fini votre lasagne, pensez à la recouvrir de mulch, pour ne pas laisser la terre à nu sur le dessus de votre support de culture. Et même si vous plantez tout de suite, pensez à mulcher les espaces de terre restant à nu autour de vos végétaux.

Cette dernière couche de terre n’est pas obligatoire si vous souhaitez utiliser la lasagne principalement pour des transplantations de jeunes plants : dans ce cas, vous pouvez vous arrêter à la dernière couche de matière verte et lorsque vous installerez vos jeunes plants, vous viendrez simplement faire un poquet dans la couche verte, y mettre un mélange de terre et compost dans lequel vous placerez ensuite votre plant avec la motte initiale dans laquelle il aura grandi.  Vous recouvrirez ensuite de mulch.

Cependant, cette couche de terre finale sera nécessaire si vous souhaitez faire des semis directs dans votre lasagne plutôt que d’y transplanter de jeunes plants de légumes…

 

Pourquoi faire une culture en lasagne :

Faire des lasagnes, OK, mais dans quel but ? Les bonnes raisons de faire un potager en lasagne varieront évidemment d’un jardinier à l’autre.

Du point de vue du jardinier :

C’est un support de culture temporaire très facile et rapide à créer, sans gros efforts physiques, donc, même quand on n’est pas très en avance dans la saison potagère, une lasagne peut permettre de « rattraper son retard », ce qui peut être très utile aux jardiniers peu prévoyants ;).

On a une grande liberté dans le choix de son emplacement étant donné qu’on part simplement d’un espace de terre enherbé.

On a aussi une grande liberté de formes, ce qui confère aux lasagnes un aspect très ludique : tout en gardant en tête l’aspect pratique d’accès aux cultures (évitez les lasagnes trop larges dont le milieu ne serait pas accessible), on peut laisser aller sa créativité et se faire plaisir en testant des formes diverses

Une butte façon lasagne peut être plantée/ semée tout de suite après réalisation et donc faite un peu au dernier moment si besoin…

Pour le jardinier qui s’essaie à ce type de culture pour la première fois, sa temporalité réduite a un côté rassurant dans le sens où l’élément peut être changé de place l’année suivante si besoin contrairement à une butte de culture permanente beaucoup plus énergivore à créer et qui ne pourra pas être déplacée facilement d’une saison sur l’autre.

C’est un support idéal pour les cultures gourmandes en nutriments comme les courgettes, les tomates, les aubergines, les poivrons, les épinards, les brocolis…

Sa composition riche en fait un support qui booste les cultures donnant généralement de superbes légumes.

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

La culture en lasagne peut être un outil pédagogique fort notamment pour les enfants : ludique, facile à réaliser, à planter et source de très nombreuses observations du vivant, elle peut permettre d’aborder par l’expérimentation de nombreux sujets en lien avec la nature ! Crédit photo : www.jardinons-alecole.org

C’est une belle expérimentation à portée pédagogique très intéressante à faire, notamment avec des enfants (écoles, centre de loisirs…) permettant d’aborder de nombreuses notions pédagogiques d’observation de la nature et de compréhension du fonctionnement du sol et de la vie qu’il abrite. 

 

Du point de vue de l’écosystème sol :

Faire une lasagne revient à donner au sol une grande diversité de nourriture (matières organiques) qui va démultiplier la vie qui peut s’y développer en offrant le gîte et le couvert à quantité de petites bébêtes, insectes et micro-organismes.

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

Exemple de microfaune peuplant un sol vivant : ici un symphyle, genre de petit mille-patte à gauche et un collembole à droite, tous deux contribuent à la transformation des matière organiques et au cycle des nutriments dans les sols. ©Marshal Hedin – CC BY 2.0

De plus, à l’endroit de votre lasagne, le sol ne sera plus ni travaillé ni piétiné pendant toute la période de vie de la lasagne, évitant notamment les problèmes de compactage et de destruction de la vie du sol comme nous l’avons abordé dans notre article sur les avantages et inconvénients des buttes de culture

Et même lorsque toute la matière apportée lors de sa création aura été « digérée » par la vie du sol (au bout d’un à deux ans en général, variable en fonction de la hauteur de la lasagne créée et du type de bordures choisies) et que vous n’aurez plus qu’un espace de terre légèrement surélevé par rapport au niveau initial du sol, cet espace sera un véritable compost grouillant de vie, micro-organismes et microfaunes utiles qui le rendront facilement cultivable !

La culture en lasagne est une technique de Permaculture visant à créer des buttes de culture temporaires très fertiles. Un jardin en lasagne ou potager en lasagne se réalise rapidement et facilement si on a les matières organiques à disposition.

Exemple d’une petite lasagne avec fumier, tonte et paille dont les couches ont été mélangées par la vie du sol créant un support de culture idéal pour des légumes gourmands comme les tomates 😉

Trouvez rapidement quel type de butte vous conviendrait le mieux !

La culture en lasagne est-elle celle qui vous conviendra le mieux ? Grâce à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal », trouvez facilement quel support de culture correspond à votre contexte en profitant de nos années d’expertise et travaux de recherches sur les buttes de permaculture ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

Mots clés
Culture en  lasagne , Jardin en lasagne, Permaculture lasagne,

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Une micro-ferme en maraîchage bio productive et rentable : les Jardins de la Grelinette !

Le développement de nouveaux modèles agricoles devient une nécessité pour qu’émerge un nouveau monde agricole, à taille humaine, plus respectueux de l’environnement et de la santé publique !

Nous voulions vous faire découvrir, à travers un film documentaire réalisé par notre ami Olivier Asselin de Possible Média, l’exemple inspirant d’une micro-ferme en maraîchage bio à la fois très productive et rentable. Il s’agit des Jardins de la Grelinette (du même nom que la grelinette qui est un outil très pratique en permaculture 😀), basée à Saint Armand dans le sud du Québec. Sur moins d’un hectare, un couple de québécois, Maude-Hélène Desroches et Jean-Martin Fortier, aidés de deux salariés à plein temps et deux apprentis, parviennent, sans utiliser de tracteur ou de machinerie lourde, à générer des ventes annuelles suffisantes pour se rémunérer correctement et bien vivre de leur travail.

Galerie de photos : les productions

La production des légumes annuels sur les planches de cultures de la micro-ferme se fait sans tracteur ni mécanisation lourde. © Possible Media

Galerie de photos : la vente directe

La totalité de la production est vendue localement sur les marchés ainsi qu’à des restaurateurs locaux avec notamment un « mesclun signature » original contribuant à la renommée locale de la micro-ferme. © Possible Media

Même si la permaculture n’a pas grand-chose à voir avec une technique de maraîchage et une recette, nous avons sélectionné ce film pour sa proximité avec notre démarche. Au niveau de l’éthique tout d’abord, car on voit bien qu’elle est au centre des préoccupations des acteurs de ce projet. Ensuite, au niveau de certains principes comme le fait de privilégier de petits systèmes intensifs afin de laisser le plus de place possible à la nature « sauvage ». Et en dernier lieu, pour un des angles qui nous a le plus intéressé dans ce DVD, celui de la planification, de l’aménagement, du design, de la gestion de l’espace, de l’activité, de chaque action ou poste que l’on retrouve sur la ferme… démarche de design qui est au cœur du concept de permaculture et dont Jean-Martin reconnaît qu’il est le principal facteur de réussite de sa ferme.

Galerie de photos : vue d’ensemble

La micro-ferme a été conçue pour être la plus efficace possible malgré sa petite taille, moins d’un hectare. © Possible Media
Fruit d’un tournage échelonné sur toute la durée d’une saison agricole, ce film intitulé « Le Kit du Jardinier-Maraîcher » offre un regard sans précédent sur les activités quotidiennes de la ferme, les stratégies, techniques et outils utilisés pour parvenir à ce résultat remarquable sur une si petite surface de culture. Ce film d’environ 1 h 20 est une mine d’informations, de trucs, astuces et conseils utiles pour tous ceux souhaitant se lancer dans le maraîchage biologique que ce soit sur une petite parcelle ou une plus grande échelle, en ville ou à la campagne…

Film disponible en DVD ou en version numérique à télécharger. © Possible Media

Alors non, on n’y retrouve pas un modèle « d’agriculture permanente » basé sur une utilisation de plantes majoritairement pérennes et sur une recherche d’autofertilité, tel que les passionnés de la permaculture que nous sommes recherchent comme le Graal, mais une expérience sacrément intéressante, enthousiasmante et efficace.
Elle inspirera tous les futurs maraîchers de France et de Navarre, ou tous les permaculteurs souhaitant optimiser leurs espaces avec des cultures d’annuelles en attendant la maturité de leurs designs. Gardez cependant en tête que, malgré la pertinence de certaines infos présentes dans ce DVD, celles-ci n’en restent pas moins adaptées à un contexte pédoclimatique, social et économique qui n’est peut-être pas tout à fait le vôtre…

L’avenir sera empreint de nombreux modèles agricoles dont la permaculture fera certainement partie, mais, il nous semble important de ne pas être dogmatique et d’observer aussi d’autres systèmes efficaces, comme celui des Jardins de la Grelinette, qui vont dans le sens d’une agriculture moins mécanisée, plus humaine, plus diversifiée et attentive à l’environnement. C’est en s’ouvrant ainsi à d’autres possibles que nous réussirons, petit à petit, à incarner le changement que nous souhaitons voir émerger en ce monde…

Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin dans leur découverte des techniques et outils mis en œuvre sur les « Jardins de la Grelinette », nous vous conseillons également le livre de Jean-Martin Fortier :

Le jardinier-maraîcher : Manuel d’agriculture biologique sur petite surface

« Le jardinier-maraîcher »

Manuel d’agriculture biologique sur petite surface

Jean-Martin Fortier
200 pages, édité par Ecosociété en 2012.

Prix : environ 25 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque    |    Fnac

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Paillis de chanvre : un paillage alternatif

Dans la famille des paillis organiques capables de préserver l’intégrité du sol, il en est un qui remporte de plus en plus de succès auprès des jardiniers ; c’est le paillis de chanvre. Si vous ne le connaissez pas encore, notre article vous permettra de découvrir ses caractéristiques et de savoir quels sont ses avantages et inconvénients. Et si affinités, d’entrevoir les différents moyens de s’en procurer pour votre jardin en permaculture.

Caractéristiques du paillis de chanvre

Connu aussi sous le nom de “chènevotte”, le paillis de chanvre est réalisé et obtenu après broyage et battage de l’espèce Cannabis sativa subsp. sativa, une plante appartenant à la famille des Cannabaceae et pouvant atteindre 2 mètres de haut. La paille de chanvre provient d’une opération mécanique (teillage) qui consiste à séparer les fibres de la tige de la plante. Nettoyé et emballé, la paille pourra alors rendre de multiples services au jardin.

Généralement, la culture du chanvre en France est exempte d’engrais et de traitement chimique de synthèse. 

Chanvre fraîchement récolté au champ en vue de la fabrication de paille de chanvre.

Chanvre fraîchement récolté au champ en vue de la fabrication de paille de chanvre.

Ce paillis naturel sera adapté pour le paillage :

  • Des végétaux qui aiment la chaleur
  • Des plantes qui aiment l’humidité.
  • Au potager des tomates, courgettes, aubergines, poivrons…
  • Des légumes et fruits au ras-du sol.

Sa texture fine et légère facilitera sa mise en place dans des coins du jardin réclamant de la précision et un peu de minutie comme les massifs fleuris et les spirales aromatiques.

Avantages et inconvénients d’un paillage de chanvre

Avantages du paillage de chanvre

Améliore les caractéristiques du sol : sur lequel il est appliqué et le protège. Le chanvre étant neutre en pH, il ne risque pas d’acidifier votre sol comme le ferait, à long terme, l’écorce de pin. On remarquera aussi qu’il se décompose sans consommer beaucoup d’azote.

Permet de faire de substantielles économies d’eau : doté d’une grande capacité d’absorption, le paillis de chanvre diminue les risques d’évaporation et conserve un sol humide plus longtemps. Pour le jardinier, cela signifie la possibilité d’ espacer les arrosages et donc d’économiser l’eau, une ressource si précieuse et clé dans votre design en permaculture.

Facile à installer avec une bonne résistance au vent : avec leur petite taille, les paillettes de chanvre sont très faciles à installer au jardin et malgré leur légèreté apparente, elles résistent bien aux assauts du vent (contrairement à la paille par exemple).

Durée de vie assez longue : en fonction des conditions climatiques et l’épaisseur utilisée, le paillis de chanvre peut durer plus de 18 mois (comme le BRF). Ce qui signifie pour le jardinier, une réduction du travail d’entretien du sol sur cette période.

Evite le pourrissement des fruits et légumes poussant à ras du sol : il sera donc pratique pour les fraisiers, les melons, les courges, les épinards, les courgettes…

Fraisiers paillés avec des paillettes de chanvre.

Fraisiers paillés avec des paillettes de chanvre.

Ajoute une touche esthétique : avec ses couleurs qui varient au fil des saisons et de l’avancement de la décomposition, la paille de chanvre créera de jolis parterres. Mis en place dans les allées et les massifs, sa couleur claire illuminera le jardin.

Enrichit le sol : sa richesse en minéraux est bénéfique pour le sol et les cultures qu’il accueille. Naturellement biodégradable, la paille de chanvre pourra aussi être compostée facilement.

Améliore la microflore de la terre et limite la migration des limaces : en plus d’attirer une microflore et une microfaune active ainsi que des auxiliaires pour le sol, la paille de chanvre peut décourager les limaçons car ceux-ci ont bien du mal à s’y déplacer. Les moins affamés préféreront donc passer leur route, réduisant ainsi la pression sur vos jeunes plants potagers !

Protège du gel : en épandant une couverture de chènevotte  aux pieds des plantes restant au jardin pendant l’hiver, on protègera leurs racines des éventuels dégâts du gel saisonnier. 

Réduit le processus de battance : cela évitera à votre terre de durcir et de former une croûte peu accueillante pour la biodiversité. Cet avantage est commun à tous les mulchs (copeaux de bois, feuilles mortes, paillage d’ardoise…)

Ne contient pas de graines d’adventices : à l’inverse du foin qui peut parfois être un vrai réservoir à graines d’aventices, la paille de chanvre en est exempte.

Le paillage de chanvre du potager présente de nombreux avantages.

Le paillage de chanvre du potager présente de nombreux avantages.

Inconvénients du paillage au chanvre

Difficultés d’approvisionnement : le paillage de chanvre n’est pas la genre de paillage que l’on peut produire soi-même facilement. On peut s’en procurer en général en jardinerie ou en magasin spécialisé mais c’est rarement un produit qu’on trouve en local, hors grande distribution !

Un paillage onéreux : le prix moyen d’un sac de paille (20 Kg) de chanvre est compris entre 20 et 40 euros. A titre de comparaison, le ballot de rond de foin d’environ 150 kg est vendu au même prix.

Peut entraîner un pourrissement des racines et bulbes : en période de pluies fréquenteson évitera de pailler au chanvre les végétaux hydrophobes (comme les oignons ou l’ail par exemple), car les grandes propriétés de rétension d’eau du chanvre risquent de faire pourrir ces bulbes potagers ou les racines des plantes. En période pluvieuse, on privilégiera donc ce paillage aux pieds des plantes qui aiment vraiment l’humidité. Si on utilise ce paillage pour les arbres, il faut prévoir de laisser un espace entre le paillis de chanvre et le tronc des arbres, notamment pour ne pas asphyxier le point de greffe à cause d’une trop grande humidité.

Où acheter du paillis de chanvre et sous quelle forme ?

Tiges de chanvre broyées en vue d’une utilisation en paillis au jardin en permaculture.

Tiges de chanvre broyées en vue d’une utilisation en paillis au jardin en permaculture.

La paille de chanvre peut se trouver dans les magasins spécialisés tels que les jardineries mais on pourra aussi s’en procurer auprès des grandes enseignes de bricolage et sur des sites spécialisés en ligne.

Les balles compressées seront conditionnées le plus généralement :

  • En sac de 50 l : 5 kg
  • En sac de 100 l : 10 kg
  • En sac de 200 L : 20 kg

La norme NF U44-551 vous garantit une paille de chanvre de qualité, mais pas forcément exempte d’intrants chimiques (engrais).

Pour finir, avant de vous ruer en jardinerie pour vous procurer du paillis de chanvre, observez bien votre jardin en gardant en tête le principe de permaculture “Tout déchet est une ressource inexploitée” car il probable que vous ayez, déjà sur place, des ressources disponibles pour réaliser vos propres mulchs sans avoir rien à débourser ! 

 

Faites le design en permaculture de votre jardin !!

Pour savoir où il vous sera le plus utile d’installer un paillis de chanvre chez vous, il faut savoir à quoi vont servir les différents espaces de votre terrain ! Pour y parvenir efficacement et mettre toutes les chances de réussite de votre côté, faites le design en permaculture de votre jardin grâce à notre formation en ligne dédiée !!

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

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Chantier participatif de débrousaillage/broyage à Fruits Défendus

Le collectif Permamontreuil organise un gros chantier participatif de débrousaillage/broyage à Montreuil (93100) dans le jardin de l’association Fruits défendus en partenariat avec le Sens de de l’Humus.


dimanche 07 février 2021
et dimanche 14 février 2021

Vous en avez assez du couvre-feu, du confinement, de la morosité ambiante ? Venez prendre un grand bol air et vous dépenser physiquement sans aller dans une salle de sport !
Au programme : de la joie, de la bonne humeur, du thé, du café, du vin chaud, et de délicieuses pizzas cuites au four à pain pour le midi.

Merci de prévoir des vêtements adaptés et d’apporter votre sécateur et votre paire de gants si possible. Si vous n’en possédez pas, nous les mettrons à disposition.

Afin de gérer la logistique merci de vous inscrire (gratuitement off course) sur HelloAsso en cliquant sur la date de votre choix : dimanche 07 février et/ou dimanche 14 février.
Cela nous aidera à prévoir les quantités de boissons et de nourriture.

En cas d’intempéries, nous reporterons le chantier.

Du gel hydrodébroussallique sera disponible.



Programme :
– 10h00 : accueil des participant(e)s, thé et café à volonté.

– 12h30 à 14h : miam-miam et glou-glou, repas collectif offert.

– 14 à 17 h : on est chaud, on s’y remet.

– 17h15 : embrassades et félicitations collectives.

– 18h00 : on est rentré à la maison parce qu’il y a ce satané couvre-feu, grogs, suppositoires au lit.


Le lieu :
jardin Fruits Défendus
140, rue de Saint Antoine (au bout de la rue Pierre Jean de Béranger.)
93100 Montreuil
Bus 122 ou 301, arrêt parc Montreau.
C’est au bout de la rue Pierre Jean de Béranger.

Permaculture au potager : 115 kg de récoltes sur 50 m2 dans un jardin familial

Cette vidéo a été tounée à l’été 2019. Nous adressons un grand merci à Sébastien et sa famille pour ce partage inspirant et leur chaleureux accueil sur leur jardin familial ! 

 

Là pour l’instant, on en est à 115 kilos de légumes, sur 50 m2. Donc, sur de très petites surfaces, on peut arriver à avoir des productions assez importantes.

Un jardin familial où on travaille avec la nature et non contre elle !

On est à Combrand dans le nord des Deux-Sèvres, à 5 kilomètres de la Vendée et à 10 du Maine-et-Loire. On est vraiment au nord. Le terrain, maison comprise, fait 729 m2, 620 m2 exploitables, dont 400 sont dédiés au potager en permaculture. On va dire que c’est réellement en 2015 que j’ai franchi le cap. En fait, je pratiquais déjà le jardin au naturel, mais je me suis dit qu’il y avait vraiment moyen de faire mieux, de travailler plus avec la nature, et que, quand on travaille avec la nature et pas contre elle, ça pousse encore mieux, et ensuite j’ai découvert la permaculture, connaissant pourtant assez bien l’environnement, l’agronomie, la production végétale, et je me suis vraiment pris de passion. Puis, je suis tombé sur la formation de Permaculture Design.

Le design en permaculture du potager familial pour de belles récoltes adaptées aux envies de la famille

Vue aérienne du jardin familial de Sébastien conçu en permaculture avec l’aide de nos formations en ligne !

Vue aérienne du jardin familial de Sébastien conçu en permaculture avec l’aide de nos formations en ligne !

J’ai 37 ans, je suis marié, je suis l’heureux papa de 4 garçons, de 18 mois, 5, 7, et 9 ans. Ça bouge beaucoup, et lorsque j’ai fait le design, il a fallu composer avec tout ce petit monde-là pour les objectifs. Parce que chacun voulait ou avait des recommandations, voulait des choses ou n’en voulait pas. Donc on en a beaucoup discuté, ça a été le moment de la formation où nous avons beaucoup communiqué en famille.

On est en zone 1, qui est la zone cultivée la plus proche de la maison, avec, tout d’abord un grand parterre d’aromatiques, avec ce dont on se sert le plus dans la cuisine.

Derrière moi il y a un parterre de fraises, une demande des enfants, et ils y vont très régulièrement. Et on a, derrière, un parterre d’artichauts et de rhubarbes. On est très consommateurs de rhubarbes dans la famille.

Je voulais aussi avoir la serre pas loin, qui pour l’instant est encore cultivée, mais qui à terme sera une serre à semis, parce que j’aime bien sortir de la maison et aller surveiller les semis, plutôt que d’avoir besoin de traverser tout le terrain. Comme tu parlais de terrasse, on a une exposition sud / sud-est sur le terrain, il fait très chaud l’été et donc est devenu indispensable la construction d’une pergola, avec plus tard, les kiwis qui monteront dessus pour faire de l’ombre.

Vue aérienne de la zone 1 du jardin familial de Sébastien avec la pergola pour protéger la terrasse des grosses chaleurs, la serre à semis et ses différents parterres d’aromatiques, de fraises pour les enfants et de leurs vivaces préférées : rhubarbe et artichaut !

Vue aérienne de la zone 1 du jardin familial de Sébastien avec la pergola pour protéger la terrasse des grosses chaleurs, la serre à semis et ses différents parterres d’aromatiques, de fraises pour les enfants et de leurs vivaces préférées : rhubarbe et artichaut !

Potager en permaculture : gestion de l’eau, partage et biodiversité

On a de bonnes pluviométries, on a à peu près 850 mm d’eau en moyenne sur l’année. Elles sont par contre assez mal réparties, avec un début d’été voire fin de printemps jusqu’au début d’automne très sec, avec peu de précipitations, 60 mm sur juillet août en moyenne. On est sur des sols limoneux, argileux avec 15 % d’argile, ce qui par contre est une bonne chose.

Je suis assez soucieux du climat, je m’intéresse à ce qui se passe au niveau du changement climatique dans le monde, et l’eau est vraiment une ressource clé. Je me suis en quelques sortes interdit de prendre l’eau du réseau pour arroser. Je me suis dit, on va partir dans cette voie-là, et on voit jusqu’où on peut aller. Donc je récupère toute l’eau des toitures, dans un puisard que je pompe et que je stocke sur 2 m3, et une autre partie du garage que je stocke sur 1 m3. J’ai utilisé cette année 5 m3 d’eau.

Système de récupération de l’eau de pluie de l’ensemble de la toiture chez Sébastien.

Système de récupération de l’eau de pluie de l’ensemble de la toiture chez Sébastien.

Un puisard c’est comme un puits sauf que c’est un puits qui n’est pas bouché dans le fond, où l’eau finalement va finir par s’infiltrer et ne restera pas. Donc si on ne la pompe pas tout de suite, au bout d’un certain temps, il n’y plus d’eau dedans. Je trouve que c’est déjà pas mal, parce qu’on cultive à peu près sur 50 m2 et on est déjà à plus d’une centaine de kilos de légumes, je pense qu’il y a encore moyen de faire mieux une fois le design optimisé et le sol travaillé.

Une conception en permaculture adaptée aux problèmes de dos de Sébastien

Je suis handicapé à 60 % donc j’ai relevé les cuves d’eau, j’ai un très faible débit, mais quand je branche un tuyau avec une baguette, je peux promener mon tuyau pour arroser en gardant le dos droit parce que j’ai des problèmes de dos.

Surélévation des tonnes à eau dans le potager en permaculture de Sébastien pour lui permettre d’arroser au tuyau sans avoir à se baisser, pour faire avec ses problèmes de dos.

Surélévation des tonnes à eau dans le potager en permaculture de Sébastien pour lui permettre d’arroser au tuyau sans avoir à se baisser, pour faire avec ses problèmes de dos.

Ce qui a été très important dans la mise en place de ce design, c’est la question de mes capacités : suis-je capable de… ? J’avais déjà des éléments qui étaient installés et notamment de l’eau et n’étant pas capable, à cause de mes problèmes physiques, il a fallu faire avec et composer avec ça, mais pour que ça reste quand même pratique et on peut se servir de cette eau.

Illustration du principe de permaculture : le problème est la solution

On peut faire un jardin très productif, mais il faut trouver des alternatives, trouver des techniques. Parfois, on rage un peu, parce qu’on ne peut pas faire exactement ce qu’on avait prévu. Je suis entouré d’amis qui sont conscients de mes problèmes, et qui m’aident. L’entraide est vraiment très importante, mais parfois, dans la mise en place du design, il y a des bacs que j’aurais voulu enlever, mais je ne pouvais pas à cause de mon dos. Et bien ce n’est pas grave, ils sont restés là. Et donc, comment vais-je agencer sachant qu’à la base je voulais les enlever, et finalement le problème se transforme en solution.

Redistribution des surplus de récoltes et échanges de bons procédés avec le voisinage

Ma connaissance du milieu agricole me permet de récupérer de la paille bio par exemple. Il est hors de question pour nous, dans la famille, de jeter des surplus, donc quand on en a des surplus que ce soit en œufs, en légumes, on fait profiter le voisinage.

Un petit potager en permaculture productif qui permet à Sébastien et sa famille de partager leurs surplus avec le voisinage !

Un petit potager en permaculture productif qui permet à Sébastien et sa famille de partager leurs surplus avec le voisinage !

Je récupère aussi la tonte du voisin, plutôt qu’il l’emmène à la déchetterie. Je vais récupérer leur « or vert » et je m’en sers pour le jardin. Moi ça me fait une ressource, le voisin est très content de pouvoir s’en débarrasser sans aller à la déchetterie. Au début il se demandait bien à quoi ça servait, puis il est venu, lors d’une visite que j’avais organisée au mois juin et il a pu voir à quoi servait sa pelouse. Et maintenant, il m’envoie un texto toutes les semaines pour savoir si je veux sa pelouse et la réponse est toujours la même, c’est oui.

La gestion différenciée au potager en permaculture

C’est de la gestion différenciée, comme au niveau des haies, qui ne sont jamais tondues. La meilleure façon de gérer une haie, c’est de la laisser vivre. Moi je la taille une fois tous les ans pour les branches qui vont sur le chemin communal. Un peu pour l’aspect réglementaire, autrement je la taille tous les trois ans pour vraiment une bonne pousse d’arbre ce qui me permet de produire du BRF. J’ai sinon beaucoup de petites zones, que j’aime appeler des zones de biodiversités, où je ne touche à rien.

Des haies libres et zones jamais tondues, juste à côté de parterres de cultures potagères créent de nombreuses petites zones propices à la biodiversité, contribuant à la résilience du jardin familial !

Des haies libres et zones jamais tondues, juste à côté de parterres de cultures potagères créent de nombreuses petites zones propices à la biodiversité, contribuant à la résilience du jardin familial !

Ce sont des mini zones 5, des zones sauvages où on laisse vivre, on regarde ce qui se passe. On s’aperçoit maintenant qu’on a beaucoup de lézard, de crapauds… On a énormément de faune qui vient, et que l’on retrouve ensuite dans les parterres.

Plantes ressources et associations végétales au potager en permaculture

J’ai de la consoude officinale, qu’il faut bien contrôler parce qu’elle se reproduit par graines, et j’ai de la bocking 14 qui elle est de la flore stérile, qu’on contrôle très bien, qu’on peut faucher jusqu’à 6 fois dans l’année et qui repousse en 4 semaines. Donc la consoude est très présente dans notre jardin, je l’utilise en purin, je l’utilise en décoction ou en paillage. C’est une plante très importante dans ce jardin.

La consoude, une plante ressource essentielle dans le jardin familial de Sébastien avec laquelle il prépare des purins, des décoctions ou qu’il utilise en paillage.

La consoude, une plante ressource essentielle dans le jardin familial de Sébastien avec laquelle il prépare des purins, des décoctions ou qu’il utilise en paillage.

Alors après je travaille aussi beaucoup sur des associations de fleurs. J’aime beaucoup les fleurs, mais c’est quelque chose que je ne connais pas encore assez, il va falloir que je travaille là-dessus. C’est pour ça que j’ai des zones qui vont être en engrais vert, mais dans lesquelles je compte mettre des fleurs à terme. Je ne vais pas planter une fleur pour planter une fleur, il faut qu’elle soit choisie, soit qu’elle m’apporte quelque chose, soit qu’elle apporte quelque chose à l’environnement.

Association de cultures potagères et fleurs dans le jardin familial de Sébastien : ici des capucines et des œillets d’Inde, deux fleurs à la fois belles et très utiles au potager en permaculture. La capucine, comestible, attire aussi les pucerons et donc les coccinelles, éloigne également certaines punaises ravageuses des petits fruits rouges. L’œillet d’Inde, lui, attire les pollinisateurs et éloigne les nématodes, très utiles en association avec les tomates par exemple !

Association de cultures potagères et fleurs dans le jardin familial de Sébastien : ici des capucines et des œillets d’Inde, deux fleurs à la fois belles et très utiles au potager en permaculture. La capucine, comestible, attire aussi les pucerons et donc les coccinelles, éloigne également certaines punaises ravageuses des petits fruits rouges. L’œillet d’Inde, lui, attire les pollinisateurs et éloigne les nématodes, très utiles en association avec les tomates par exemple !

Diffusion de la permaculture ou comment aider à changer de regard sur le jardin et sa biodiversité

J’enseigne dans le milieu agricole, dans une maison familiale rurale, où on a des jeunes qui sont assez butés, qui sont encore comme le grand-père ou comme le père, et qui pour certains ne sont pas encore dans cette démarche agroécologique. Par exemple, l’année dernière j’ai fait un module sur la permaculture avec des élèves de 3e, qui ne connaissaient absolument pas le principe. Je les ai emmenés visiter certains endroits, et même s’ils m’ont clairement dit « je ne ferai pas ça », ils ont trouvé ça vraiment intéressant, toutes ces choses à découvrir et toute cette vie.

Des récoltes saines et goûteuses, ça change tout !

Ça a changé mon regard sur la faune et la flore. Surtout la faune. Autant j’étais conscient du sol, autant c’est vrai que quand on voit arriver des pollinisateurs, quand on voit des hérissons, des grenouilles

Grâce aux fleurs, les pollinisateurs sont au rendez-vous dans le potager en permaculture de Sébastien !

Grâce aux fleurs, les pollinisateurs sont au rendez-vous dans le potager en permaculture de Sébastien !

C’est surtout le regard des enfants… le regard des enfants, qui vont cueillir des fruits qu’ils vous ramènent, des légumes, et qui savent très bien vous dire, « ah ça papa, ce n’est pas bio, ça n’a pas le même goût que d’habitude », ils ne s’y trompent pas et ils ne sont pourtant pas bien vieux !

Rencontres au potager en permaculture : Partager, échanger et apprendre les uns des autres

Je suis bénévole et administrateur au centre permanent d’initiatives pour l’environnement Sèvre et Bocage, à la maison de la vie rurale à Pouzauges, qui œuvre beaucoup pour le développement durable. Il y a un très grand jardin en permaculture, des salariés dynamiques qui font énormément. Il y a des formations pour l’environnement, conseil aux entreprises, aux collectivités, aux usagers.

J’ai fait visiter mon jardin au mois de juin dernier et les notions de partage et les discussions surviennent parce que les gens ne sont pas habitués à voir un jardin comme ça. Ils sont habitués à voir un jardin très en rang, très propre, de leurs mots. C’est un concept qui me fait beaucoup rire, le « jardin propre ». Et je trouve que ces discussions-là sont extrêmement bénéfiques, parce qu’on peut apprendre des uns et des autres.

Un grand merci à Sébastien et sa famille pour nous avoir ouvert les portes de leur jardin familial et bravo pour ce super potager en permaculture !

Un grand merci à Sébastien et sa famille pour nous avoir ouvert les portes de leur jardin familial et bravo pour ce super potager en permaculture !

 

Réussissez votre potager en permaculture, même sans expérience !

Si, comme Sébastien, vous souhaitez mettre en place un potager en permaculture productif, mais que vous ne savez pas comment vous y prendre, que vous manquez d’expérience, laissez-vous guider pas à pas dans sa réalisation et sa gestion au quotidien avec notre formation en ligne dédiée. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

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Tout savoir sur la grenouille verte : oeuf, bébé, reproduction, cri, nourriture

Connaissez-vous la ​grenouille verte ​? Comme tous les amphibiens, elle mène une «​ ​double vie​ ​» –​ ​amphibios​ en grec​ ​– entre les milieux aquatiques et terrestres. Résultat​ ​: les caractéristiques physiques et le ​cycle de vie de la grenouille​ sont spectaculaires​ ​! ​Œuf, bébé, reproduction, cri, nourriture​, etc. grâce à cet article, vous saurez ​tout sur la grenouille verte​.

Grenouille verte​ ​: comment la reconnaître​ ​?

Qu’est-ce qu’une grenouille​ ​?

La grenouille verte, tout comme le crapaud et la rainette, fait partie du groupe des anoures, ces amphibiens qui ne possèdent pas de queue au stade adulte.

Avec les autres grenouilles (la famille des Ranidés), elle partage certaines caractéristiques​ ​:

  • des pupilles horizontales​ ​
  • des yeux assez rapprochés​ ​
  • un bourrelet très visible le long du dos​ ​
  • de longues pattes arrière palmées​ ​
  • une peau nue (sans écaille), lisse et moite​ ​
  • un corps court​
Grenouille verte sur une feuille de nénuphar.

Grenouille verte sur une feuille de nénuphar.

En France, on peut rencontrer principalement 3 espèces de grenouilles vertes, de la plus petite à la plus grande​ ​:

  • la grenouille de lessona, ​Pelophylax lessonae​ (environ 8​ ​cm)​ ​
  • la grenouille verte, ​Pelophylax​ Kl. ​esculentus​ (environ 12​ ​cm)​ ​
  • la grenouille rieuse, ​Pelophylax ridibundus​ (environ 15​ ​cm)

Il est très difficile d’identifier les différentes espèces de grenouilles vertes sans une observation approfondie et experte, tant il y a de variations au sein d’une même espèce.

Les sacs vocaux​ ​: un élément de différenciation infaillible

Chez les grenouilles vertes, les mâles uniquement, disposent de sacs vocaux externes. Il s’agit de petits ballons situés de chaque côté de la bouche. Ils se gonflent pour amplifier le ​cri de la grenouille​ –​ ​le coassement​ ​– et son chant, important en période de reproduction. Les autres grenouilles ne portent souvent qu’un petit et unique sac vocal interne, sous la gorge.

Grenouille verte mâle avec ses sacs vocaux externes gonflés à bloc pour amplifier son cri et attirer les femelles !

Grenouille verte mâle avec ses sacs vocaux externes gonflés à bloc pour amplifier son cri et attirer les femelles !

D’autres caractéristiques permettent aussi de reconnaître la grenouille verte​ ​:

  • D’abord, leur lieu de vie. Très aquatiques, les grenouilles vertes peuvent être observées dans de petites mares, fossés, ruisseaux, sur les berges ou dans des eaux plus vastes en rivières ou lacs.
  • Le chant est très spécifique à l’espèce. C’est donc un élément que les connaisseurs utilisent pour identifier les animaux observés. Vous aussi pouvez y parvenir avec un peu de pratique, alors, tendez l’oreille​ ​!
  • Plus subtil, la robe des grenouilles. Les grenouilles vertes peuvent porter des couleurs dorsales allant du vert au brun en passant par le gris. Mais quasiment toutes portent des taches sombres, marron ou noire.

 

D’incroyables pouvoirs

Les grenouilles​ sont des animaux fascinants​ ​! Du point de vue des mammifères que nous sommes, ils ont des pouvoirs extraordinaires​ ​:

  • Les grenouilles ont le sang froid, leur corps ne produit pas de chaleur, mais varie avec la température de l’air. Pour s’autoréguler, elles s’exposent au soleil, ou à l’inverse, recherchent les endroits frais en fonction de leurs besoins.
Grenouilles rieuses (Pelophylax ridibundus) en train de prendre un bain de soleil sur une planche de bois en bord de mare.

Grenouilles rieuses (Pelophylax ridibundus) en train de prendre un bain de soleil sur une planche de bois en bord de mare.

  • Certaines grenouilles peuvent aussi supporter une période de congélation pendant laquelle leurs fonctions vitales seront suspendues et leurs organes internes vitaux préservés grâce à un « antigel » naturel. Elles peuvent ainsi revenir à la vie en quelques heures après décongélation.
  • La grenouille a beau avoir des poumons, 80​ ​% de sa respiration se fait par la peau.
  • Pour se protéger des bactéries et des champignons, certaines grenouilles sécrètent des substances toxiques au niveau de la peau. Les  ​grenouilles venimeuses​ sont ainsi capables de repousser leurs prédateurs.
  • Pour s’hydrater, la grenouille ne boit pas d’eau, celle-ci est absorbée par sa peau.
  • Elles ont une langue agile et gluante, longue d’environ 10​ ​cm, qui leur permet de capturer leur proie et de l’avaler en une bouchée.
  • Leur grande variété de couleurs et de tâches allant du brun au vert est une super technique de camouflage contre les prédateurs.
  • Grâce à leurs longues pattes arrière musclées, elles sont capables de bondir de plusieurs mètres.
Grenouille verte en pleine extension pendant un saut : on voit bien ses longues pattes arrières musclées.

Grenouille verte en pleine extension pendant un saut : on voit bien ses longues pattes arrières musclées.

Ne pas confondre

Grenouille verte ou grenouille brune ?

Les grenouilles brunes sont globalement plus ​petites​ que leurs homologues vertes. Elles sont aussi plus terrestres et silencieuses. Elles ont une peau brune pouvant aller du rouge au rose en passant par le jaune. Mais surtout, elles ont une tache marron derrière l’œil très caractéristique.

La ​grenouille rousse​ (Rana temporaria) est l’une des grenouilles brunes les plus répandues en France. On trouve aussi fréquemment, dans le groupe des grenouilles dites brunes, la grenouille agile (Rana dalmatina) et la grenouille des champs (Rana arvalis).

Il existe différentes espèces de grenouilles brunes : ici une grenouille rousse que l’on distingue de la grenouille agile et de celle des champs, notamment grâce aux taches brunâtres sous sa gorge et sur son ventre.

Il existe différentes espèces de grenouilles brunes : ici une grenouille rousse que l’on distingue de la grenouille agile et de celle des champs, notamment grâce aux taches brunâtres sous sa gorge et sur son ventre.

Crapaud ou grenouille​ ​?

Vous vous demandez quelle est la​ différence entre le crapaud et la grenouille ?​

On distingue le crapaud de la grenouille à sa peau unie et couverte de pustules, son corps plus trapu et ses pattes plus courtes. Il a aussi un bourrelet à l’arrière des yeux –​ ​les glandes parotoïdes​ ​– qui produisent un venin repoussant les ennemis. Le crapaud est terrestre, et se déplace en marchant. Il gagne les milieux humides au moment de la reproduction : la femelle y pond des colliers d’œufs, très différents des œufs de grenouilles.

Le crapaud commun est un anoure comme la grenouille verte mais son corps trapu, sa peau pustuleuse et ses bourrelets derrière les yeux l’en distinguent clairement !

Le crapaud commun est un anoure comme la grenouille verte mais son corps trapu, sa peau pustuleuse et ses bourrelets derrière les yeux l’en distinguent clairement !

Rainette ou grenouille​ ​?

La ​grenouille rainette​ n’est pas ​une grenouille​. C’est un anoure comme le crapaud et la grenouille. Elle est arboricole et est munie de ventouses aux doigts. On la trouve donc plutôt perchée dans les arbres, arbustes et buissons. Comme ​la grenouille​, ses pattes arrière lui permettent de bondir très loin. Elle a la peau lisse et luisante, souvent verte avec une bande sombre sur les deux flancs. Le mâle a un gros sac vocal sous la gorge pour chanter très fort au moment de la reproduction.

Jolie rainette arboricole dont on voit bien les ventouses au bout des doigts pour faciliter ses déplacements dans les arbres ;) !

Jolie rainette arboricole dont on voit bien les ventouses au bout des doigts pour faciliter ses déplacements dans les arbres 😉 !

Grenouille​ ​: une vie rythmée par les saisons

La métamorphose du têtard en grenouille

Le ​cycle de vie d’une grenouille​ commence au stade de l’œuf. Enveloppé d’une substance gélatineuse qui se gorge d’eau dans les 48 h après la ponte, il peut flotter. Puis, vient l’éclosion. L’​œuf de grenouille​ donne naissance à une larve aquatique –​ ​le têtard​ ​– qui respire grâce à des branchies externes, et par sa peau.

Amas de plusieurs dizaines d’œufs de grenouille fécondés d’où sortiront bientôt de petits têtards !

Amas de plusieurs dizaines d’œufs de grenouille fécondés d’où sortiront bientôt de petits têtards !

D’abord fixé à une herbe grâce à des ventouses, le têtard se nourrit des restes de son œuf, avant d’adopter un régime composé principalement d’algues. Si par contre, la nourriture se fait rare, le têtard finit par manger ses frères et sœurs. Gloups…

À​ ce stade, le ​têtard​ est un petit animal qui dispose d’une tête prolongée par un corps et une queue, comme les poissons. Il est alors particulièrement vulnérable, et à la merci des libellules, poissons, salamandres et autres insectes aquatiques qui profitent de ce festin servi sur un plateau. Le ​têtard de grenouille​ est quand même équipé de capteurs sensoriels qui lui permettent de repérer certains mouvements suspects de l’eau. Cohésion de groupe oblige, en cas de danger, il peut diffuser dans l’eau un parfum qui signale au groupe un danger imminent, et la nécessité de se disperser illico.

Le rythme de vie des têtards est calé sur l’alternance du jour et de la nuit. Le jour, ils se rassemblent près des berges à la surface de l’eau pour capter la chaleur du soleil. La nuit, ils descendent au fond de l’eau.

Têtards n’ayant pas encore leurs pattes postérieures et se déplaçant avec leur queue.

Têtards n’ayant pas encore leurs pattes postérieures et se déplaçant avec leur queue.

Puis, arrive le jour de la métamorphose. Le têtard, qui a bien grossi, se transforme alors pour devenir un juvénile, une sorte de ​bébé grenouille.​ Son corps de têtard se transforme : les branchies externes sont remplacées par des branchies internes, avant que n’apparaissent les poumons. Puis, sa queue qui contient une réserve de graisses régresse, et laisse la place aux pattes avant puis arrière. Enfin, la tête se forme. 2 à 3 mois après la métamorphose, cette petite grenouille verte​ quitte le milieu aquatique.

Il lui faudra 2 à 3 ans pour atteindre la maturité sexuelle et le stade adulte.

Une dizaine d’années à vivre au rythme des saisons

La reproduction de la grenouille

C’est en avril-mai que les grenouilles vertes sortent de leur abri d’hivernage souvent situé à 500 m voire parfois 1 km du point d’eau, lieu de la reproduction. Elles entreprennent une migration rendue très risquée par les réseaux routiers qu’elles doivent souvent traverser.

Les mâles sont les premiers à arriver sur le site de reproduction d’où ils chantent pour attirer les femelles.

Le chant est caractéristique à chaque espèce, permettant ainsi aux femelles de reconnaître le mâle de sa propre espèce. Ceci est particulièrement utile quand une mare est fréquentée par plusieurs espèces de grenouilles. Le chant de la grenouille verte (​Pelophylax​ Kl. ​esculentus​) est particulièrement bruyant, il peut atteindre 90 décibels. Espèce grégaire, les mâles chantent en groupe, c’est pourquoi, en période de reproduction, on peut les entendre à de grandes distances.

Parfois, ils trouvent une femelle sur le chemin vers la mare, et s’agrippent à elle jusqu’au site de reproduction. La pauvre doit alors porter le mâle sur son dos, parfois même plusieurs. Quel effort​ ​! La ​reproduction de la grenouille​ n’a rien à voir avec celle des mammifères. Elle se déroule ainsi​ ​:

  • L’amplexus​ ​: une fois dans l’eau, le mâle étreint la femelle autour de la taille ou sous les bras. D’ailleurs, spécialement pour la période de reproduction, la grenouille mâle développe des callosités nuptiales : ce sont des zones de peau rugueuses sous les doigts, qui permettent au mâle de s’agripper plus facilement à la femelle.
  • La fécondation est externe. Les femelles pondent des œufs, en amas, et par milliers​ ​–​ ​la grenouille rieuse peut pondre jusqu’à 16 000 œufs par saison​ ​– afin de maximiser la chance de survie d’au moins quelques individus. Le mâle vient alors les recouvrir d’un liquide contenant les spermatozoïdes​ ​: c’est ainsi que les œufs sont fécondés.
Illustration de l’amplexus​ où la grenouille verte mâle, plus petite que la femelle, s’accroche à celle-ci en l’attrapant sous les pattes avants.

Illustration de l’amplexus​ où la grenouille verte mâle, plus petite que la femelle, s’accroche à celle-ci en l’attrapant sous les pattes avants.

Que mange une grenouille​ ​?

Quand vient l’été, c’est le moment de faire des réserves en prévision de la saison froide. Tout en restant à proximité d’un point d’eau, les​ grenouilles​ rejoignent le milieu terrestre où elles peuvent facilement se cacher des renards, oiseaux, rongeurs et couleuvres, leurs principaux prédateurs.

Grenouille verte au jardin, bien cachée parmi la végétation.

Grenouille verte au jardin, bien cachée parmi la végétation.

Elles y trouvent surtout de quoi se remplir le ventre. Au menu​ ​: insectes, cloportes, escargots, limaces, chenilles, vers, fourmis. Ce régime alimentaire fait des grenouilles de formidables auxiliaires au ​potager en permaculture​. Elles protègent vos cultures contre le grignotage des petits invertébrés. Si vous avez une mare, vous les apercevrez à l’action plutôt le matin et en fin de journée. Et en y prêtant attention, vous entendrez sans doute la grenouille rieuse qui continue de chanter même après la période de reproduction.

Grenouille verte ayant attraper avec sa longue langue une grande sauterelle verte.

Grenouille verte ayant attraper avec sa longue langue une grande sauterelle verte.

Hivernage

Lorsque les températures baissent, il est temps pour la grenouille de lessona et la grenouille verte de migrer à nouveau vers leur site d’hivernage. Un trou sous la terre, un tas de feuilles ou de pierres constituent de bons refuges pour se protéger du gel. Pendant cette période, la grenouille vit au ralenti jusqu’au printemps prochain. La grenouille verte, quant à elle, hiverne en milieu aquatique où elle se protège du froid sous 40​ ​cm d’eau.

Grâce à son régime alimentaire, la grenouille verte est, comme le ​hérisson ​et la ​chauve-souris​, un véritable auxiliaire qui a toute sa place dans un jardin potager en ​permaculture​. Elle a aussi besoin de protection, car la perte et la fragmentation de son habitat, ainsi que les pollutions entraînent une baisse des populations assez inquiétante.

Vous savez maintenant pourquoi on tient tellement à créer des mares dans nos potagers​ ​! ​Ç​a vous inspire ?

Jeune grenouille verte sur une fleur de nénuphar.

Jeune grenouille verte sur une fleur de nénuphar.

 

Favoriser la présence des grenouilles, même au potager !

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Invitez la permaculture dans votre jardin

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Participez à un stage de découverte des métiers avec le Sens de l’Humus

Voici les deux contacts emails mentionnés dans l’affiche :  

– Stage de découverte jardinage naturel : framboise.humus@free.fr

Stage de découverte maître-composteur·es : compostquartierhumus@gmail.com

Le lierre grimpant, une plante rampante à croissance rapide

Parfois c’est dans l’ordinaire que se cache l’extraordinaire. Et c’est un peu le cas avec le ​lierre grimpant, ​Hedera helix.​ Cette​ plante rampante à croissance rapide ​qui pousse sans rien demander à personne et que l’on a tendance à dénigrer, est un vrai cadeau de la nature. Redécouvrez tout de suite ​le lierre​ sous un nouveau jour : on vous dit tout de ses super pouvoirs !

Hedera helix​ ​: une plante tropicale qui pousse dans les zones tempérées

Le lierre est une liane

Hedera helix ​ou lierre commun est une liane arbustive de la famille des Araliacées. En plus des lianes, cette famille de plantes tropicales réunit arbres, arbustes et plantes herbacées comme le ginseng. Le lierre fait donc un peu figure d’exception en étant présent dans les climats tempérés. Il s’y plaît aussi bien à l’ombre qu’au soleil, et dans n’importe quel type de sol. Plante vivace, il fait preuve d’une longévité impressionnante, puisqu’il peut vivre plusieurs siècles ! C’est énorme ! ​Lierre rampant​ ou lierre grimpant, on parle en réalité de la même plante qui se développe différemment en fonction de son support. Grâce à ses crampons, il peut s’accrocher n’importe où, d’où son nom scientifique ​Hedera, ​provenant du latin ​haerrere et qui signifie « attacher ».

Gros plan sur les crampons du lierre qui lui permettent de s’accrocher facilement quel que soit le support !

Gros plan sur les crampons du lierre qui lui permettent de s’accrocher facilement quel que soit le support !

 

Une floraison tardive

Le lierre​ se distingue par sa floraison en septembre-octobre, alors que la plupart des plantes à fleurs sont sur le déclin. Il développe des inflorescences, c’est-à-dire des groupes de petites fleurs portées par une même tige. Ces petites fleurs, disposées en forme de sphère, sont de couleur jaune-vert.

Elles donnent des fruits, des baies noires qui mûrissent entre mars et mai.

À gauche les inflorescences du lierre chargées de pollen. À droite, les baies mûres qui font le régal des oiseaux dès la fin de l’hiver.

À gauche les inflorescences du lierre chargées de pollen. À droite, les baies mûres qui font le régal des oiseaux dès la fin de l’hiver.

 

 

Deux formes de feuilles

On reconnaît le lierre à ses deux types de feuilles :

  • des feuilles de forme triangulaire de 3 à 5 pointes (les lobes), qui poussent sur des rameaux stériles ;
  • des feuilles de forme ovale, pointues à l’extrémité, qui poussent sur les rameaux donnant les fleurs, puis les fruits.
À gauche, les feuilles du lierre triangulaire à 3 ou 5 lobes. À droite, les feuilles plus ovales qu’on trouve à proximité des inflorescences.

À gauche, les feuilles du lierre triangulaire à 3 ou 5 lobes. À droite, les feuilles plus ovales qu’on trouve à proximité des inflorescences.

Son feuillage vert luisant est persistant, c’est-à-dire qu’il reste en place tout au long de l’année. Il offre ainsi une touche de couleur au jardin, même au cœur de l’hiver.

 

Ne pas confondre avec le lierre terrestre

Le lierre commun n’a rien à voir avec le lierre terrestre ​Glechoma hederacea​. ​Ces deux plantes ont beau avoir un nom semblable, elles ne se ressemblent pas du tout, et ne peuvent pas être confondues. Le lierre terrestre est une plante aromatique sauvage de la famille des lamiacées comme la menthe, le basilic, la sauge. Elle forme des tapis au sol, ses feuilles sont rondes, parfumées, et au printemps elle développe des tiges qui portent des petites fleurs violettes​.

Photo de lierre terrestre, Glechoma hederacea, qui ne ressemble pas du tout au lierre grimpant Hedera helix malgré le nom vernaculaire qu’ils ont en commun.

Photo de lierre terrestre, Glechoma hederacea, qui ne ressemble pas du tout au lierre grimpant Hedera helix malgré le nom vernaculaire qu’ils ont en commun.

 

 

Le lierre : une plante refuge pour la biodiversité

Un hôtel à insectes naturel

Le feuillage du lierre sert d’abri pour de nombreuses espèces :

  • Les papillons comme le citron, le paon du jour ou le vulcain y pondent leurs œufs, et leurs chenilles se nourrissent des feuillages.
  • Chez les oiseaux, les merles, grives, roitelets, troglodyte mignon ou encore la chouette hulotte y trouvent un environnement favorable pour nicher.
  • Quantité d’insectes hivernent dans son feuillage : chrysopes, syrphes, coccinelles.
À gauche, un papillon vulcain sur des feuilles de lierre rampant. À droite, un merle noir, encore juvénile dans un massif de lierre.

À gauche, un papillon vulcain sur des feuilles de lierre rampant. À droite, un merle noir, encore juvénile dans un massif de lierre.

Le lierre joue donc le rôle d’hôtel à insectes naturel, et trouve ainsi toute sa place dans un ​jardin en permaculture​.

 

Du nectar et du pollen pour les butineurs

Grâce à sa floraison tardive, le lierre fournit du nectar et du pollen aux insectes butineurs à un moment de l’année où la nourriture se raréfie. Il permet aux mouches, syrphes, ​abeilles​, guêpes, bourdons, papillons de compléter leurs réserves avant l’hiver.

Petite anecdote : une abeille, la collète du lierre, tire son nom de la plante, dont elle se nourrit quasi exclusivement.

Les abeilles comme de nombreux autres insectes pollinisateurs se régalent du pollen de lierre grimpant, plus que bienvenu en période automnale.

Les abeilles comme de nombreux autres insectes pollinisateurs se régalent du pollen de lierre grimpant, plus que bienvenu en période automnale.

De la nourriture pour les oiseaux

La beauté de l’histoire, c’est que le lierre produit des fruits mûrs en fin d’hiver. Encore une période de l’année où les ressources alimentaires sont limitées pour la faune. Cette nourriture est donc la bienvenue pour les oiseaux comme les mésanges, moineaux et geais qui s’en délectent.

 

Le lierre grimpant​ ​: une plante protectrice

Le lierre n’est pas un parasite

Contrairement aux idées reçues, le lierre n’est pas un parasite. Il n’aspire pas la sève des arbres. Pour se nourrir, il utilise ses propres racines bien ancrées au sol. Ses crampons lui permettent de s’accrocher à l’écorce des arbres qu’il utilise comme support pour aller capter la lumière, et réaliser sa photosynthèse.

De la même manière, il n’étouffe pas non plus les arbres. Il n’atteint jamais la canopée, ce qui permet aux arbres de continuer à faire leur propre photosynthèse.

Arbre dont le lierre a colonisée le tronc sans, pour autant, atteindre sa canopée, il n’y a donc pas de problème de concurrence pour la lumière et les deux plantes tirent profit l’une de l’autre ! Un vrai partenariat gagnant/gagnant.

Arbre dont le lierre a colonisée le tronc sans, pour autant, atteindre sa canopée, il n’y a donc pas de problème de concurrence pour la lumière et les deux plantes tirent profit l’une de l’autre ! Un vrai partenariat gagnant/gagnant.

Peut-être avez-vous déjà vu un lierre recouvrir un arbre lors d’une balade en forêt ? Cela arrive uniquement dans les cas où l’arbre est vieux ou malade.

Le lierre protège les arbres

Le lierre protège les arbres de plusieurs manières :

  • En formant une barrière thermique, il les isole et les protège des températures extrêmes, que ce soit le gel ou les fortes chaleurs de l’été.
  • En attirant quantité d’insectes, il héberge le ou les prédateurs capables de réguler d’éventuelles attaques de ravageurs.
  • En formant un couvre-sol à leur pied, il les aide à maintenir l’humidité dont ils ont besoin.

Donc si du lierre pousse sur vos arbres, pas d’inquiétude, c’est plutôt une bonne chose.

Lierre rampant au pied des arbres et formant un super couvre-sol protecteur !

Lierre rampant au pied des arbres et formant un super couvre-sol protecteur !

Le seul moment où vous devez prêter attention à son développement sera s’il pousse sur un jeune arbre ou sur un vieux fruitier. Il pourrait dans ce cas particulier prendre le dessus.

 

Le lierre protège les murs d’habitation

Autre idée reçue : le lierre abimerait les murs d’habitation. C’est peut-être vrai s’il pousse sur un mur déjà endommagé. Mais sur un mur en bon état, sa présence n’est que bénéfique.

  • Il constitue une protection contre les pluies qui érodent les joints et les pierres.
  • Il isole le mur, et exerce un rôle de régulateur thermique, protégeant des fortes chaleurs de l’été, ou du froid de l’hiver. Une aubaine, à l’heure où l’on cherche à réduire nos dépenses énergétiques.

Faire pousser du lierre sur les murs de sa maison est donc une solution naturelle et économique pour compléter son isolation thermique. Attention toutefois à limiter son développement pour qu’il n’atteigne pas la toiture ni les gouttières, car là il pourrait causer quelques dégâts.

Le lierre grimpant peut aussi renforcer l’isolation thermique des maison en plus de les embellir !

Le lierre grimpant peut aussi renforcer l’isolation thermique des maison en plus de les embellir !

 

Une plante dépolluante, médicinale et nettoyante

Une plante dépolluante

Le lierre est également une plante dépolluante. Il est connu notamment pour absorber le benzène dans l’atmosphère, causé par les réactions de combustions : tabac, moteurs, industries. C’est donc un atout santé, quand on sait que le benzène est responsable de certains cancers.

Le lierre​ ​: une plante médicinale

Le lierre n’est pas une plante comestible pour l’Homme. Elle est toxique. Mais elle était jadis utilisée en tant que plante médicinale pour soigner les problèmes de toux ou les douleurs. Elle donnerait également des résultats intéressants pour les soucis de peau – cors, cellulite – grâce à ses feuilles lobées utilisées en cataplasme.

Mais attention, ne jouez pas aux apprentis sorciers. Renseignez-vous auprès de personnes compétentes avant de tenter une quelconque utilisation.

Connaissez-vous la recette de la lessive au lierre​ ​?

Lessive au lierre en préparation : ultra simple, disponible gratuitement presque partout, efficace et écologique ! Pourquoi s’en priver !

Lessive au lierre en préparation : ultra simple, disponible gratuitement presque partout, efficace et écologique ! Pourquoi s’en priver !

Eh oui, le lierre a plus d’un tour dans son sac et nous surprend encore une fois. Contenant de la saponine à l’action moussante, il peut être utilisé comme nettoyant. Si vous êtes en panne de lessive ou que vous voulez faire des économies et réduire vos déchets, partez pour une petite séance de cueillette. 100 g de feuilles bouillies 15 minutes dans 1 L d’eau et macérées toute une nuit, vous donneront de quoi laver votre linge. À utiliser surtout pour le linge de couleurs, car cette lessive a tendance à faire griser les blancs.

 

Le lierre grimpant à croissance rapide​ ​: comment l’utiliser au jardin​ ​?

En couvre-sol au pied des arbres

Le lierre pousse vite. En tant que ​plante rampante,​ il est capable de recouvrir une grande surface en très peu de temps. Cette caractéristique fait de lui un excellent couvre-sol, notamment au pied des arbres où la lumière est faible, et où peu de plantes se plaisent.

Pour habiller les murs

On aime aussi l’utiliser dans les cours sombres des villes. C’est l’une des rares ​plantes grimpantes​ qui s’y développe sans difficulté, habille des murs souvent tristes, et apporte de la fraîcheur en été, tout en servant de corridor écologique.

Le lierre se prête aussi volontiers à une culture en bac : on peut le laisser retomber ou le faire courir sur un support pour plantes grimpantes.

Mur habillé de lierre grimpant qui, après être grimpé d’un côté, redescend de l’autre côté au fur et à mesure de sa croissance !

Mur habillé de lierre grimpant qui, après être grimpé d’un côté, redescend de l’autre côté au fur et à mesure de sa croissance !

En mélange avec d’autres variétés de lierre

Si vous trouvez qu’une ​haie de lierre grimpant sur un grillage​ est trop monotone, n’hésitez pas à jouer avec ses différentes variétés. Vous obtiendrez ainsi un tableau aux tonalités élégantes et subtiles : feuillages foncés, plus clairs, argentés et panachés.

En association avec d’autres plantes grimpantes

Vous pouvez également l’associer à d’autres plantes grimpantes à croissance rapide comme la clématite grimpante qui réveillera cet écran végétal de ses jolies fleurs printanières ou estivales. Vigne, passiflore, houblon ou encore glycine se marieront également à merveille avec le lierre. Attention de bien tenir compte des besoins d’exposition de ces plantes grimpantes, qui elles, préfèrent les situations ensoleillées.

Les clématites grimpantes, s’enroulant à leur support grâce à leurs vrilles, seront du plus bel effet associées à du lierre grimpant !

Les clématites grimpantes, s’enroulant à leur support grâce à leurs vrilles, seront du plus bel effet associées à du lierre grimpant !

 

Quand planter le lierre​ ​?

Pour installer le lierre chez vous, vous pouvez :

  • Soit faire des boutures : le lierre poussant spontanément dans beaucoup d’endroits, vous n’aurez pas de mal à en trouver.
  • Soit l’acheter en pot en pépinière. Vous aurez ainsi le choix des variétés, des feuillages.

Plantez-le au printemps ou à l’automne pour qu’il bénéficie des pluies de saison, et reprenne plus facilement.

Ce qu’il faut retenir sur le lierre

On ne vous a pas menti, le lierre est vraiment une plante extraordinaire. Plante grimpante au feuillage persistant, il est particulièrement apprécié en permaculture pour les nombreuses fonctions qu’il remplit :

  • refuge pour la biodiversité ;
  • couvre-sol ;
  • régulateur de température ;
  • esthétique ;
  • dépolluante ;
  • médicinale ;
  • nettoyante.
Maintenant que vous connaissez mieux le lierre et ses nombreux atouts, n’hésitez-plus à lui ouvrir la porte de votre jardin en permaculture ;) !

Maintenant que vous connaissez mieux le lierre et ses nombreux atouts, n’hésitez-plus à lui ouvrir la porte de votre jardin en permaculture 😉 !

 

Avoir du lierre près du potager, un atout de taille !

Comme on vient de le voir, le lierre est un véritable hôtel à insectes naturel qui favorise la biodiversité et donc la résilience dans les jardins en permaculture. C’est pourquoi, dans notre concept de potager-école pour apprendre à devenir un jardinier expérimenté, nous avons inclus le lierre dans la zone de biodiversité prévue à proximité des zones de cultures potagères ! Pour en savoir plus sur cette formation potagère en permaculture, cliquez sur le bouton ci-dessous !

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Le Sens de l’Humus vous souhaite la bonne année !

Jeudi dernier, le soleil était à son zénith tandis que nos corps, réchauffés par une séance de Qi Gong, posaient avant de se mettre à jardiner collectivement lors d’une belle matinée de jardin solidaire au jardin Pouplier. 

L’année recommence : espérons que l’horizon se dégage à mesure que les jours se rallongent.  

On vous et on nous souhaite une année politiquement offensive. Pour cela, c’est un combat au quotidien, individuel et collectif, un combat vert tout autant qu’un combat jaune. Il s’agit de lutter contre ce monde marchand et ses projets destructeurs, contre l’intoxication du monde dû à la décadence de ce système capitaliste.  

En 2021, on rêve d’un déferlement de solidarités, d’un bouillonnement social et culturel, et d’une vague d’autogestion. On aspire à un débordement de vies sous toutes ses formes, à une attention renouvelée au soin et à prendre soin de ce monde vivant. Et enfin, on continuera de militer et d’agir toujours davantage pour une vague de ré-ensauvagement de nos villes, de nos jardins et de nos esprits.   

Le Sens de l’Humus,

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Les copeaux de bois en paillage

Parmi les diverses opportunités de paillage permettant d’assurer la pérennité au sol et d’inviter la fertilité dans le jardin, les copeaux de bois en vrac constituent une perspective non négligeable (si adaptée à votre contexte !). Dans ce dossier, nous vous expliquerons ce qui se cache derrière cette appellation, mettrons en évidence les inconvénients et les avantages du paillage de copeau de bois et vous expliquerons comment utiliser ce broyat de bois dans votre jardin en permaculture !

Qu’est-ce que le paillage de copeaux de bois ?

Dans paillage de copeaux de bois, il y a… paillage, bois et copeaux. Mais détaillons un peu cette Lapalissade, car elle nous en apprendra beaucoup sur les diverses possibilités offertes par le bois en guise de paillage. Pailler aux copeaux de bois consiste donc à recouvrir le sol et le protéger avec une couche plus ou moins épaisse de bois broyé issu, de préférence, d’arbres feuillus.

Illustration des 3 types de copeaux ou broyats de bois : frais, mixtes et secs.

Illustration des 3 types de copeaux ou broyats de bois : frais, mixtes et secs.

Il n’existe pas UN paillage de copeaux, mais cette appellation recouvre en fait plusieurs types de broyats réalisés avec des résidus de taille d’arbres :

  • Du broyat sec, fait à partir de bois (ou d’écorces) morts et secs
  • Du broyat frais fait à partir de bois bien vivant qu’on vient de tailler, et si ce bois vivant est exclusivement fait de jeunes rameaux, on parlera alors de BRF ou Bois Raméal Fragmenté.
  • Du broyat mixte contenant un mélange des deux précédents !

 

Avantages et inconvénients de ce type de paillage :

Les avantages des copeaux de bois en paillage :

 

Exemple de chemin paillé avec des copeaux de bois ce qui limite la poussée des adventices et donc l’entretien sur ce passage.

Exemple de chemin paillé avec des copeaux de bois ce qui limite la poussée des adventices et donc l’entretien sur ce passage.

  • C’est un paillis de longue durée qui en couche d’une bonne dizaine de cm peut durer plusieurs années (comme l’écorce de pin).
  • Répandu dans les allées, il limite la pousse d’adventices et possède une plus-value esthétique indéniable. Surtout si vous mêlez différentes essences de copeaux de bois dans votre paillage en vrac.
  • C’est un paillage qui favorise l’apparition de champignons pouvant entrer en mycorhize avec les racines des plantes cultivées, les rendant plus résilientes et plus fortes.
  • La dégradation des copeaux de bois améliore la structure du sol et permet, dans un temps plus ou moins long selon le type de copeaux de bois utilisés, de créer de l’humus et de la fertilité, même en sol ingrat !
  • C’est un paillage qui stimule la vie du sol et retient bien l’humidité
  • Plus sa couche est épaisse, plus l’apport en minéraux sera important.
  • Il permet de transformer un « déchet » produit lors de la taille des arbres en excellente ressource tout en s’économisant des allers-retours à la déchèterie 😉 et de conserver, cycler les nutriments sur notre site, deux principes de permaculture fondamentaux 😉
Les copeaux de bois ou broyats de bois en paillage favorisent l’apparition de champignons mycorhiziens.

Les copeaux de bois ou broyats de bois en paillage favorisent l’apparition de champignons mycorhiziens.

Les inconvénients des copeaux de bois en paillage :

  • S’il n’y a que du bois sec dans le broyat, cela reste un paillage assez pauvre en nutriments et notamment en azote.
  • Il peut générer, en surface du sol, une faim d’azote assez importante en début de dégradation qui peut être gênante au potager pour de jeunes plants. La faim d’azote vient du fait que les bactéries et micro-organismes qui décomposent la matière organique principalement carbonée qu’est le bois ont besoin d’azote pour cette tâche et le prélèvent, sous sa forme minérale, dans le sol où ils se trouvent. Il n’est donc plus disponible pour les jeunes plantes cultivées. Pour en savoir plus sur l’importance de l’azote dans le sol, lisez notre article sur le cycle de l’azote.
  • La terre recouverte d’une épaisse couche de copeaux de bois mettra plus de temps à se réchauffer au printemps pouvant faire prendre du retard à certaines cultures.
  • Peut surchauffer quand il est mis en couche trop épaisse et humidifiée (c’est d’ailleurs de ce phénomène que Jean Pain a créé sa méthode de compost !) et asphyxier les jeunes arbres notamment si le point de greffe est recouvert.
  • Il est assez onéreux à l’achat. Le prix au m3 des copeaux de bois n’est pas des plus économiques. Préférez le réaliser vous-même pour éviter de faire un chèque en bois 😊 !
Copeaux de bois secs stockés en tas à l’abri des pluies.

Copeaux de bois secs stockés en tas à l’abri des pluies.

 

Le BRF un paillage de copeaux de bois très spécial

Les copeaux de bois du type BRF qui signifie Bois Raméal Fragmenté proviennent uniquement d’un broyat de jeunes rameaux encore vivants. Ces rameaux, de feuillus principalement, auront un diamètre inférieur à 7 cm et porteront des feuilles ou des bourgeons bien vivants. Il est recommandé de broyer les rameaux rapidement après leur taille (de préférence dans les 72h) et de les mettre au sol tout de suite après broyage pour profiter au maximum des bienfaits du BRF.

Pour en savoir plus, lisez notre article sur le BRF 😉

 

Les copeaux de bois mixte :

Ce paillage de copeaux de bois est réalisé avec un mélange de branchages secs et de rameaux verts. Il s’agit de résidus de tailles de bois dont certains seront morts et d’autres encore vivants. C’est ce que produisent le plus souvent les particuliers équipés d’un broyeur et qui ne feront pas forcément le distinguo entre les jeunes rameaux et les branches mortes à partir du moment où leur diamètre permet un passage au broyeur (souvent jusqu’à 4 cm de diamètre pour les broyeurs domestiques performants). Il peut même contenir une partie de résineux…même si on les déconseille généralement car ils sont réputés acidifier les sols à la longue, il semblerait que si leur proportion dans votre broyat reste autour des 20% du total des matériaux broyés, il n’y ait pas d’incidence négative des résineux dans le paillage de copeaux de bois. Après tout, c’est aussi un principe de permaculture : favoriser la diversité !

Faire son propre broyat de bois grâce à un broyeur domestique performant permet de cycler les nutriments sur site et de ne plus avoir à faire d’aller-retour à la déchèterie.

Faire son propre broyat de bois grâce à un broyeur domestique performant permet de cycler les nutriments sur site et de ne plus avoir à faire d’aller-retour à la déchèterie.

 

Quand et comment utiliser les copeaux de bois au jardin en permaculture ?

Les paillages aux copeaux de bois peuvent se faire toute l’année, mais leur productions correspond souvent avec les grandes périodes de tailles des arbres et arbustes à savoir principalement à l’automne et à la fin d’hiver /début de printemps (même si des tailles, plus ponctuelles se font aussi en été…). Il s’agit d’un paillage en surface ou légèrement incorporé aux premiers cm du sol mais on évitera de l’enfouir profondément pour ne pas perturber la vie du sol.

Selon l’utilisation qu’on souhaite en faire, les périodes d’application varient…

 

Pailler aux copeaux de bois toute l’année :

Les copeaux de bois sont un excellent paillage, toute l’année, pour :

  • Les haies d’arbres et arbustes qu’elles soient brise-vent, champêtres, fruitières ou ornementales. Les copeaux de bois protégeront aussi bien les jeunes arbres fraîchement plantés comme ceux déjà plus installés. Les haies se paillent généralement à la plantation (donc souvent en automne / hiver) et le paillage au copeaux de bois peut être entretenu tout au long de l’année par des ajouts pour maintenir une bonne épaisseur au fur et à mesure des dégradations. On veillera quand même, sur les jeunes arbres notamment, à ne pas recouvrir de copeaux de bois les points de greffe et à laisser respirer l’arbre en laissant un peu d’espace entre le paillage de copeaux de bois et le tronc.
  • Les massifs ornementaux, là encore à pailler dès leur plantation et à entretenir au besoin en cours d’année.
  • Les plantes vivaces herbacées bien installées (rhubarbe, consoude, asperges…)
  • Les spirales aromatiques où les aromates sont déjà bien installés.
  • Les petits fruits type framboisiers, myrtilliers, groseilliers, cassissiers…
Framboisiers, cassissiers et autres arbustes à petits fruits paillés aux broyats de bois.

Framboisiers, cassissiers et autres arbustes à petits fruits paillés aux broyats de bois.

 

Attention à l’utilisation des copeaux de bois au potager :

Au potager, les avis divergent sur l’utilisation des copeaux de bois.

Pour commencer, on préfèrera plutôt y mettre du BRF car celui-ci est beaucoup plus riche en nutriments que le bois sec. Mais un mix de copeaux secs et frais pourra aussi convenir si c’est tout ce qu’on a sous la main, ça sera mieux que rien 😉 !

Même si certains préconisent de, systématiquement, pailler tous les ans avec du broyat de bois, il s’agit souvent de professionnels ou de jardiniers très expérimentés comme, par exemple, Jean-Marie Lespinasse dans son potager naturel.

Buttes potagères nouvellement créées et paillées à l’automne avec du broyat de bois divers.

Buttes potagères nouvellement créées et paillées à l’automne avec du broyat de bois divers.

 

Si vous débutez, on vous conseille plutôt, pour relancer l’activité biologique de votre sol, une utilisation ponctuelle au potager en permaculture, à faire une fois, massivement à l’automne sur vos futurs supports de culture ou vos buttes si vous en avez fait. Ensuite, pour maintenir une couverture du sol correcte au potager, vous pourrez apporter, dès le printemps suivant, d’autres types de mulchs avec d’autres matières organiques (tontes, paille, foin, déchets de cuisines, feuilles mortes…) sans hésiter à faire des mélanges pour, une fois encore, diversifier vos apports de nutriments et bichonner vos chers légumes !

Quel sera le support de culture idéal pour votre jardin ?

En permaculture, chaque choix doit être réfléchi au regard de ses contextes et objectifs propres. C’est le cas pour le paillage au copeaux de bois comme on vient de le voir dans cet article et c’est aussi le cas pour les supports de cultures. Alors lequel sera idéal pour vous ? Pour le déterminer, faites confiance à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ». Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus !

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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La haie persistante composée d’arbustes

Les végétaux à feuillage persistant présentent de nombreux attraits dans un jardin. Ils permettent d’avoir une masse feuillée même pendant l’hiver, ce qui contribue à structurer l’espace. Mais leur présence dans une haie peut aussi apparaître un peu statique, car figée au cours des saisons. Nous allons voir dans cet article quels sont les avantages et les inconvénients d’une haie persistante et quels sont les végétaux qui peuvent répondre à ces critères.

 

Pourquoi planter une haie persistante ?

Le jardinier fait souvent usage des haies pour s’isoler d’éléments extérieurs à son terrain qui lui déplaisent. Ce peut être une vue disgracieuse à masquer, pour s’isoler d’un vis-à-vis avec les voisins ou contrer des vents dominants (haie brise vent) et créer un cocon jardiné.

Les haies d’arbustes sont généralement de véritables refuges pour la faune, d’autant plus quand leur feuillage est persistant !

Les haies d’arbustes sont généralement de véritables refuges pour la faune, d’autant plus quand leur feuillage est persistant !

 

L’intérêt des végétaux persistants, c’est que leur robe feuillée existe quelle que soit la saison, mais en contrepartie, celle-ci reste toujours la même au fil du temps. Cette permanence du feuillage présente un avantage pour les oiseaux, qui trouvent des refuges pour s’isoler des prédateurs et du climat hostile à toutes les saisons. Plus généralement, l’installation de haies permet l’accueil de nombreuses espèces, directement ou indirectement (hérisson, chauve-souris…).

Cependant, pour le jardinier, le décor reste le même, à toutes les périodes. Cela peut aussi engendrer une certaine lassitude : la haie ne marque pas le passage des saisons, lequel est pourtant un élément réjouissant lorsque l’on cultive, chaque saison apportant son lot de présents.

Haie persistante mais aussi très monotone de thuyas formant un mur vert peu attrayant.

Haie persistante mais aussi très monotone de thuyas formant un mur vert peu attrayant.

Par ailleurs, lorsque l’on chemine dans des quartiers dont les jardins sont bordés de haies persistantes, le paysage engendré est très monotone et peu accueillant. Cela crée un sentiment d’hostilité vis-à-vis du promeneur, comme si chaque jardin était sur la « défensive ». On est loin des « jardins avant » que l’on trouve aux Pays-Bas, où chaque habitant rivalise avec son voisin pour créer un décor jardiné des plus accueillants…

 

Structurer le jardin

Une haie persistante peut aussi être utilisée pour structurer le jardin.Elle forme une toile de fond qui peut servir à mettre en avant les massifs et végétaux qui se trouvent devant elle. Sa couleur, souvent sombre, fera ressortir les plantations mises devant, que l’on choisira en ce cas avec des couleurs vives, pour contraster.

 

Exemple de haie persistante utilisée pour structurer un jardin et mettre en valeur les plantations fleuries en amont.

Exemple de haie persistante utilisée pour structurer un jardin et mettre en valeur les plantations fleuries en amont.

En matière de structuration de jardin, comment ne pas évoquer les jardins à la française, qui utilisent abondamment les haies persistantes taillées pour créer des pièces de jardin ? Ces haies isolent des portions de jardin, qui, lorsque l’on chemine, s’offrent au regard les unes après les autres. Les haies servent ici à ne pas dévoiler le jardin d’un seul tenant, et peuvent aider à créer des perspectives intéressantes. Elles participent à modifier la perception de l’espace. L’usage des haies, dans un jardin tout en longueur par exemple, peut être opportun afin de casser la linéarité de la parcelle.

 

Composer sa haie persistante

Le bon sens impose, quoique certain en pense, de composer une haie avec des arbustes persistants de différentes essences. En effet, la monoculture est le fait de l’homme, elle n’existe pas dans la nature. Pour quelles raisons ? La diversité offre une meilleure résilience aux écosystèmes. En monoculture, si une des plantes est attaquée par une maladie, c’est l’ensemble des plantes voisines qui seront à leur tour malades. Et si le mal est grave, on perdra tous les végétaux.

À l’inverse, dans une plantation diversifiée, ce sont les seuls individus malades qui seront attaqués, et non pas l’ensemble, la perte est minimisée. C’est un principe de permaculture : favoriser la diversité.Varier les essences permettra aussi d’offrir des ressources différentes à la faune et évitera cet effet de « mur végétal », qui n’a rien à envier à un mur en béton.

La variété des essences permettra donc à la haie, toute persistante qu’elle est, d’offrir différents visages, et donc d’égayer le jardin. Cet atout nous semble important lorsqu’il s’agit de mettre en place une haie pour ceinturer son jardin. En revanche, pour une haie que l’on planterait pour servir de toile de fond, l’enjeu étant d’attirer les regards plutôt sur la scène avant, la haie, en ce cas, doit se faire plus discrète. Une haie sans grande variation au fil des saisons pourra donc convenir.

 

Une haie persistante variant au fil des saisons

Nous allons explorer quelques essences qui peuvent répondre aux critères de feuillage persistant et d’apport d’un peu de fantaisie selon les saisons.

La viorne-tin (Viburnum tinus) présente un feuillage persistant aux tonalités sombres. Elle produit une floraison blanche en hiver, qui est suivie par une fructification en petites boules noires attractives pour les oiseaux. C’est un des rares arbustes fleurissant aussi tôt en saison. On l’utilisera de préférence pour des emplacements abrités des gels importants.

Les mahonias (Mahonia sp.), présentent un feuillage persistant très découpé, rappelant les feuilles du houx, mais en plus grandes. Les feuilles ont une coloration vert foncé, mais lorsqu’elles débourrent, sont souvent dans des tons de rouge. Les mahonias présentent une floraison jaune au printemps ou à l’automne, qui offre un parfum très agréable (certains cultivars ont même un parfum rappelant le muguet). Leur silhouette étant un peu lâche, ils ne sont pas appropriés pour former des haies taillées, strictes.

Viorne-tin (à droite) et Mahonia (à gauche), en plus de leur feuillage persistant, offrent de jolies floraisons mellifères et des fructifications qui plaisent beaucoup aux oiseaux !

Viorne-tin (à gauche) et Mahonia (à droite), en plus de leur feuillage persistant, offrent de jolies floraisons mellifères et des fructifications qui plaisent beaucoup aux oiseaux !

Sous un climat plutôt frais et avec un sol au pH acide, on pourra planter des rhododendrons (Rhododendron sp.). Leur feuillage persistant très robuste s’égaye d’abondantes et spectaculaires floraisons au printemps. Les nombreux cultivars développés par les pépiniéristes déploient une gamme de couleur très abondante, allant du rose, au rouge, en passant par le violet, le rose ou le blanc. Parfait pour une haie fleurie.Toujours sur sol acide et frais, on pourra implanter des piéris (Pieris sp.). Leur feuilles étroites, luisantes, ont une coloration rouge vif lorsqu’elles sont jeunes puis deviennent vert foncé. La floraison blanche, en bouquet de petites fleurs odorantes, est printanière. On le plantera en climat doux.

Le photinia (Photinia sp.), présente lui aussi de jeunes feuilles rouges, virant au vert en vieillissant. Il fleurit au printemps en corymbes de petites fleurs blanches. La taille régulière du feuillage permettra d’obtenir de nouvelles pousses rougeoyantes.Certains millepertuis, comme Hypericum ‘Hidcote’ arbore un feuillage persistant sous climat doux et semi-persistant ailleurs, ainsi qu’une floraison en coupe, abondante, jaune vif en été. La floraison est longue, de juin à octobre : c’est une sélection horticole extrêmement florifère.

Exemples d’arbustes persistants changeant au fils des saisons avec de superbes floraisons et/ou de jeunes feuilles aux couleurs chatoyantes : rhododendron, pièris, photinia, millepertuis ‘Hidcote’

Exemples d’arbustes persistants changeant au fils des saisons avec de superbes floraisons et/ou de jeunes feuilles aux couleurs chatoyantes : rhododendron, pièris, photinia, millepertuis ‘Hidcote’

 

Une haie persistante pour structurer l’espace

Pour composer une toile de fond au jardin et créer par la même une haie brise vue, on pourra planter des troènes (Ligustrum sp.). Les différentes espèces présentent des feuilles plus ou moins grandes. Toutes se prêtent bien à la taille. Attention cependant au chèvrefeuille à feuilles de buis (Lonicera nitida) qui a la fâcheuse habitude de gagner du terrain en enracinant ses rameaux : il faut le tailler régulièrement et veiller à bien le maîtriser.

Les buis (Buxus sp.) largement utilisés en art topiaire, sont de bons candidats pour cet emploi. Cependant, depuis quelques années, ils sont attaqués par une chenille, la pyrale du buis, qui crée des dommages importants aux végétaux, pouvant conduire à leur mort.

Les houx (Ilex sp.) avec leurs belles feuilles vert foncé luisant, forment de belle toile de fond. Ce sont des espèces dioïques, aussi, pour bénéficier de leurs élégantes baies rouges, il conviendra de planter un pied mâle et un pied femelle. Les pieds femelles arborent, au printemps, de petites fleurs blanches que les abeilles butinent abondamment.

Les lauriers peuvent aussi convenir à la mise en scène. On utilise les feuilles du laurier noble (Laurus nobilis) dans les bouquets garnis : après chaque taille, une récolte pour parfumer les plats est assurée !

Exemples d’arbustes persistants parfaits pour structurer un jardin avec des feuillages verts intenses : troènes, buis, houx, lauriers…

Exemples d’arbustes persistants parfaits pour structurer un jardin avec des feuillages verts intenses : troènes, buis, houx, lauriers…

 

Un élément, plusieurs fonctions

Nous venons de le voir, une haie persistante peut avoir plusieurs usages. Mais outre répondre à ces besoins, elle peut aussi offrir des floraisons variées au cours des saisons, ou de jeunes feuilles aux tonalités vives. Les haies persistantes, permettent également de façonner le jardin lorsqu’on les emploie au cœur du terrain : l’imagination du jardinier sera alors la seule limite !

 

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Le bokashi, un composteur de cuisine

Tout droit venu du Japon, le ​bokashi​ est une méthode de compostage alternative au compostage traditionnel et au vermicompostage. Signifiant « matière organique fermentée », il produit du ​compost​ grâce à un processus de fermentation. Ce ​composteur de cuisine conviendra peut-être à votre contexte urbain pour vous aider à recycler vos biodéchets. Sans plus attendre, découvrez ce qui se cache derrière le bokashi.

 

Le bokashi, un composteur de cuisine alternatif

Une méthode de compostage adaptée à la vie urbaine

Vous vivez en appartement et n’avez pas accès à un système de compostage collectif en pied d’immeuble ? Votre ville n’organise pas le tri ni le ramassage des déchets organiques ? Et pourtant vous aimeriez, vous aussi, recycler vos déchets ménagers ? Le bokashi est peut-être la solution de compostage qui vous satisfera !

De quoi s’agit-il ? C’est un composteur qui se présente dans un contenant de la taille d’une poubelle, muni d’un couvercle hermétique et d’un robinet. Compact, il trouve facilement sa place dans votre cuisine pour accueillir tous vos restes.

Le compostage pour ceux qui ne veulent pas de vers dans leur cuisine

Ç​a ne vous enchante pas vraiment d’avoir des vers qui grouillent dans votre cuisine ? Rassurez-vous ! D’abord, les vers du ​lombricomposteur​ préfèrent rester dans leur litière à manger et dégrader vos épluchures de fruits et légumes, plutôt que d’aller explorer votre appartement.

Ensuite, ils n’interviennent pas dans la méthode de compostage du bokashi. Ici, c’est un tout autre processus qui entre en jeu : la fermentation. Grâce à l’action de micro-organismes efficaces en contexte anaérobie (c-à-d sans dioxygène), la fermentation des restes alimentaires s’active, et transforme les matières.

Exemple de set complet de composteur de cuisine Bokashi - source : hozelock.fr

Exemple de set complet de composteur de cuisine Bokashi – source : hozelock.fr

Au fait, c’est quoi la fermentation​ ​?

Le processus qui s’opère avec le compostage bokashi est une lacto-fermentation ou fermentation lactique. C’est un phénomène naturel qui est utilisé par exemple pour réaliser des yaourts ou conserver des aliments.

Grosso modo, les micro-organismes efficaces – certaines bonnes bactéries par exemple – se nourrissent des glucides présents dans les aliments, et les transforment en acides lactiques. L’augmentation de ces acides lactiques stoppe la putréfaction des aliments. Au bout d’un moment, quand l’acidité est suffisante, le processus s’arrête : les aliments sont prêts pour une longue conservation. Et surtout ils sont très riches en nutriments. C’est exactement ce qu’il se passe avec vos déchets organiques.

Pas de mauvaise odeur dans l’appartement

N’ayez crainte, le bokashi ne sent pas mauvais…tant qu’il reste bien fermé ! Grâce à son couvercle hermétique, le bokashi ne laisse aucune odeur s’échapper dans vos pièces de vie. À l’intérieur, par contre, la fermentation dégage une odeur âcre qui peut être quelque peu désagréable.

Bonne nouvelle : vous n’y serez confronté que 2 min. par jour au moment de verser vos déchets de la journée dans le bokashi. Quoi qu’il en soit, ça n’a rien à voir avec l’odeur des déchets en train de pourrir, mais ça c’est encore une histoire de goût !

Le bokashi pour composter quasiment tous ses déchets

La question qui revient souvent quand on se lance dans le compostage est : que mettre dans le compost ?

Exemples de composteur de cuisine Bokashi dont le contenu, très diversifié, a bien fermenté et va pouvoir être mis au jardin.

Exemples de composteur de cuisine Bokashi dont le contenu, très diversifié, a bien fermenté et va pouvoir être mis au jardin.

Avec le bokashi, c’est simple, tout y passe :

    • les épluchures de fruits et de légumes, y compris les agrumes, les oignons, les échalotes et l’ail
    • le marc de café
    • les coquilles d’œufs
    • les restes de plats cuisinés
    • le pain
    • le riz
    • les pâtes
    • les aliments carnés
    • les croûtes de fromage
    • les petits os ou arêtes
    • les fleurs et feuilles fanées.
    • Comme vous le voyez, le ​composteur bokashi​ permet de recycler la grande majorité de vos déchets de cuisine : c’est un vrai plus quand on cherche à réduire le poids de ses poubelles.

Un compost ultra-riche

Quand le bokashi est plein, et après deux semaines de fermentation, vous obtenez un compost très riche, très concentré, mais aussi très différent de l’image que vous pouvez avoir du compost. Avec le bokashi, les déchets ne sont pas digérés par les vers ou autres décomposeurs du sol. Ils sont fermentés. Bien qu’il y ait eu transformation, ils ressemblent encore beaucoup à leur état d’origine, sous forme de petits morceaux. Et pourtant, la magie a bien eu lieu.
Le bokashi produit également du jus de fermentation tout au long du processus, parfait comme engrais pour vos plantes, à condition de bien le diluer (voir la proportion conseillée plus bas dans cet article).

Le jus de fermentation, qui s’écoule par un petit robinet placé en bas du seau à Bokashi, est recueilli tous les 2 jours environ puis dilué et utilisé au jardin.

Le jus de fermentation, qui s’écoule par un petit robinet placé en bas du seau à Bokashi, est recueilli tous les 2 jours environ puis dilué et utilisé au jardin.

 

Bokashi​ ​: la méthode de compostage

De quoi avez-vous besoin​ ​?

Pour vous lancer dans le ​compost bokashi​, vous avez besoin :

  • d’un ou deux contenants de préférence pour pouvoir organiser une rotation tous les 15
    jours
  • d’activateurs qui permettent de lancer la fermentation. Ils sont composés de son de blé,
    de mélasse et de micro-organismes efficaces (aussi appelés EM).

 

Démarrer son compost bokashi

Au démarrage de votre bokashi, il faut :

  • saupoudrer une dose d’activateurs au fond du contenant ;
  • ajouter les déchets coupés en petits morceaux ;
  • bien tasser ces déchets pour évacuer le maximum d’air ;
  • saupoudrer à nouveau d’activateurs.

 

Verser les déchets une fois par jour dans le bokashi

La fermentation fonctionne uniquement en milieu anaérobie, c-à-d un milieu privé de dioxygène donc sans air. Il faut donc éviter d’ouvrir le bokashi trop souvent. L’idéal, c’est de :

  • conserver vos déchets dans un récipient – bocal, poubelle de table, etc. – tout au long de la journée ;
  • une fois par jour, verser le tout dans le bokashi ;
  • et enfin, recouvrir les déchets d’une dose d’activateurs de compost, avant de refermer précautionneusement.

 

Deux semaines de fermentation

On procède ainsi jusqu’à ce que le bokashi soit complètement rempli.
À​ ce stade, on ajoute une dernière dose d’activateurs, on ferme bien, et on laisse le tout fermenter pendant 2 semaines.

Si on veut pouvoir continuer à composter pendant les 15 jours où le seau plein est mis à fermenter, il est vraiment préférable de s’équiper, dès le départ, de 2 seaux à Bokashi ;) !

Si on veut pouvoir continuer à composter pendant les 15 jours où le seau plein est mis à fermenter, il est vraiment préférable de s’équiper, dès le départ, de 2 seaux à Bokashi 😉 !

C’est là, où il est commode d’avoir un 2e contenant pour pouvoir continuer à composter ses déchets pendant que les restes du 1er contenant se transforment.

 

Comment utiliser son compost bokashi​ ​?

Au bout de 15 jours, vos déchets sont fermentés. Pour autant, ils ne sont pas prêts à être utilisés directement pour nourrir vos plantes.

En ce qui concerne le jus de fermentation, on conseille de le prélever tous les deux jours environ, et de le diluer avec de l’eau à hauteur de 1% soit environ une cuillère à café (5ml) de jus de fermentation pour 0,5 L d’eau.

Équipé d’un pulvérisateur de jardin 12L, Christophe, du bureau d’études PermacultureDesign, dilue le jus de fermentation de son Bokashi à environ 1% dans de l’eau.

Équipé d’un pulvérisateur de jardin 12L, Christophe, du bureau d’études PermacultureDesign, dilue le jus de fermentation de son Bokashi à environ 1% dans de l’eau.

Le mélange eau / jus de fermentation Bokashi est ensuite pulvérisé très facilement au jardin.

Le mélange eau / jus de fermentation Bokashi est ensuite pulvérisé très facilement au jardin.

Ne l’utilisez surtout pas pur sur vos plantes, le coup de ​boost​ risquerait d’être un peu trop violent.

Le compost, lui-même, ne peut pas non plus être utilisé directement dans vos bacs ou pots de fleurs, tant les éléments sont concentrés.

Si vous avez un petit jardin, vous pouvez :

  • ajouter ces résidus dans votre tas de compost traditionnel ;
  • les enterrer ;
  • ou les laisser reposer quelque temps à l’air libre, dans une fosse, pour qu’ils perdent leur acidité, avant de les utiliser comme engrais pour vos plantations.

Après 15 jours de fermentation anaérobie, le contenu de ce composteur Bokashi est mis dans un trou fait dans la terre où il va rester encore quelques jours pour perdre de son acidité.

Après 15 jours de fermentation anaérobie, le contenu de ce composteur Bokashi est mis dans un trou fait dans la terre où il va rester encore quelques jours pour perdre de son acidité.

Ici, le contenu fermenté d’un composteur Bokashi est mis dans une tranchée de terre où il restera pour enrichir le sol en vu de futures plantations.

Ici, le contenu fermenté d’un composteur Bokashi est mis dans une tranchée de terre où il restera pour enrichir le sol en vu de futures plantations.

Offrez votre compost bokashi

Si vous n’avez pas de jardin, vous pouvez faire bénéficier vos voisins, vos amis ou votre famille de votre compost. Ils seront ravis de recevoir ce précieux cadeau qui va fertiliser leurs cultures. Vous pouvez aussi passer une petite annonce sur les sites de partage, ou les groupes de permaculteurs sur les réseaux sociaux. Nul doute que votre trésor suscitera l’intérêt d’amateurs. Ce sera en plus l’occasion de rencontrer des personnes comme vous, engagées dans une démarche écologique de réduction des déchets. De quoi partager vos meilleurs trucs et astuces ! Les propriétaires de ​vermicomposteurs​ ont d’ailleurs déjà ce réflexe pour échanger leurs vers ou leur thé de compost.

 

Acheter ou fabriquer son bokashi

Où se procurer le matériel​ ​?

Comme les ​composteurs de jardin​, les bokashis sont disponibles dans la plupart des jardineries. Ils sont également vendus en ligne. Différents modèles existent, du composteur en plastique très classique au modèle plus design. Les contenances sont variables, et offrent des volumes allant de 10 à 16 L.
Les premiers prix tournent autour de 60 €. Vous trouverez également des offres pour l’achat d’un lot de deux bokashis.
Bien sûr, vous pouvez vous tourner vers l’achat d’occasion, la meilleure solution pour le bien de la planète et de votre portefeuille.
Pour que votre système fonctionne, vous avez besoin d’un stock d’activateurs de fermentation. Comptez une dizaine d’euros pour un sachet d’1 kg qui durera environ 6 mois. De la même manière que pour le bokashi, vous pouvez vous en procurer dans votre jardinerie préférée ou bien sur internet.

 

Exemple de kit complet de composteur de cuisine Bokashi qu’on peut acheter en magasin spécialisé ou sur Internet si on ne souhaite pas se lancer dans une fabrication maison ! - ©Pfctdayelise - CC-BY-SA-3.0

Exemple de kit complet de composteur de cuisine Bokashi qu’on peut acheter en magasin spécialisé ou sur Internet si on ne souhaite pas se lancer dans une fabrication maison ! – ©Pfctdayelise – CC-BY-SA-3.0

 

Fabriquer son bokashi

Fabriquer son bokashi​ maison reste la solution la plus économique pour vous équiper. Alors un peu d’huile de coude, quelques explications et c’est parti ! Pour cela, il vous faut :

  • 2 seaux en plastique avec un couvercle hermétique ;
  • un robinet ;
  • une perceuse.

Le système repose sur un seau percé sur le fond, dans lequel vous allez déposer vos déchets. Ce même seau est à installer au-dessus du 2e – muni d’un robinet – qui lui, recueille les jus. Le tout est protégé d’un couvercle hermétique pour maintenir l’effet anaérobie.

Voici comment procéder :

  • Retournez l’un des deux seaux, et percez des trous sur le fond à l’aide de la perceuse.
  • En bas du 2e seau, percez un trou de taille légèrement inférieure au diamètre
    d’ouverture du robinet, quitte à l’agrandir ensuite si nécessaire.
  • Fixez le robinet grâce au boulon de serrage, à positionner du côté intérieur du seau.
    Et voilà ! Vous avez un bokashi à prix tout doux !

 

Les meilleurs conseils des utilisateurs de bokashi

Rien ne vaut les retours d’expériences ! Voici donc un témoignage de Christophe Curci, cofondateur du bureau d’études Permaculture Design, qui a adopté le compostage bokashi.

Pourquoi aimez-vous tant cette méthode de compostage​ ​? En quoi répond-elle à vos besoins​ ​? Pourquoi la préférez-vous à d’autres méthodes de compostage​ ​?

Avec le bokashi, on peut tout composter (viande, riz, pâtes, oignons..) sans se poser de questions.

 

Quels sont les meilleurs conseils pour un débutant en compostage bokashi​ ​?

Le plus important c’est de prendre le réflexe de couper les restes en petits morceaux.

 

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre avec le bokashi​ ​?

Ne pas trop bourré en haut, cela peut parfois décoller le capot et laisser entrer l’air et du coup la fermentation ne se fait pas (aérobie) et attention aux mouches qui viennent alors pondre dedans.

Exemple de contenu de composteur Bokashi ayant moisi au lieu de fermenter à cause d’une mauvaise fermeture du seau : la présence d’air a empêché la bonne fermentation des déchets qui se sont mis à pourrir.

Exemple de contenu de composteur Bokashi ayant moisi au lieu de fermenter à cause d’une mauvaise fermeture du seau : la présence d’air a empêché la bonne fermentation des déchets qui se sont mis à pourrir.

 

Une fois que le compost bokashi a perdu son acidité, à quelle dose l’utilisez-vous dans vos plate-bandes​ ​?

De mon côté, je fais des tranchées et j’enterre tout directement.

Utilisation du compost Bokashi dans une tranchée dans le jardin en permaculture de la ferme familiale Merci Nature, près de Bordeaux.

Utilisation du compost Bokashi dans une tranchée dans le jardin en permaculture de la ferme familiale Merci Nature, près de Bordeaux.

 

Vous avez d’autres questions ? Posez-les nous dans les commentaires en dessous de l’article.

La méthode du bokashi est un bon exemple de pratique vertueuse inspirée de la nature. En rendant le compostage possible même en ville, elle s’intègre totalement dans la démarche de la permaculture​ : trouver des solutions durables adaptées à chaque situation.

Le compostage bokashi peut se pratiquer en complément d’autres techniques de compostage.

 

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