Ecovillage : un village autonome où vivre en communauté

Cette vidéo a été tournée à l’été 2019. Depuis, les choses ont beaucoup évoluées sur l’écovillage et au sein du projet TERA. Grégor vous partagera tout cela d’ici quelques mois dans un prochain article ;).

 

Créer un écosystème coopératif s’inspirant du fonctionnement de la nature

 

Un écovillage expérimental pour une redynamisation du territoire rural

Nous voulons créer un écosystème coopératif en nous inspirant du fonctionnement de la nature, et donc bien sûr, c’est en lien avec la permaculture.Nous sommes à la Ferme de Lartel, dans un petit village qui s’appelle Masquières. C’est l’un des lieux qui soutiennent le projet Tera, un projet d’écovillage expérimental et de développement territorial. Ici, c’est la partie microferme, production à la fois maraîchère, vivrière avec une forêt comestible, boulangerie, spiruline, et autres activités autour du corps de ferme. Le site fait douze hectares.

Créer un écohameau, un écovillage et plus largement un écosite inscrits durablement dans un territoire rural, c’est ce qu’expérimente le projet TERA, un projet collectif en permaculture qui regroupera à termes plusieurs centaines d'habitants.

Créer un écohameau, un écovillage et plus largement un écosite inscrits durablement dans un territoire rural, c’est ce qu’expérimente le projet TERA, un projet collectif en permaculture qui regroupera à termes plusieurs centaines d’habitants.

Le projet Tera est aussi en train de s’implanter dans une autre commune à 20 kilomètres d’ici avec un quartier d’habitation rural avec un centre de formation à l’éco construction et un espace vivrier. 

Apprendre à vivre en communauté dans un village autonome durablement inscrit dans son territoire

C’est vraiment un projet de développement territorial dans lequel on essaye de mélanger l’habitat, la permaculture et tout ce qui va être autonomie alimentaire, revenu de base… Comment les activités économiques que nous créons vont permettre de répartir la richesse entre les personnes qui participent au projet. Nous menons aussi beaucoup d’expérimentations sur les questions de gouvernance et de démocratie. 

Intelligence collective, gouvernance, chantiers participatifs, jardins associatifs…le projet TERA c’est aussi apprendre à s’organiser et à vivre en communauté dans l’écovillage et plus largement sur les différents sites du projet.

Intelligence collective, gouvernance, chantiers participatifs, jardins associatifs…le projet TERA c’est aussi apprendre à s’organiser et à vivre en communauté dans l’écovillage et plus largement sur les différents sites du projet.

Quand nous sommes arrivés en 2016 nous avons tout de suite commencé le potager associatif. Il y a beaucoup de néo ruraux dans le projet, donc des gens qui au début ne savaient pas par quel bout il fallait tenir une bêche. Ça a donc pris un peu de temps. Simon, le maraîcher, a progressivement rassemblé une équipe autour de lui.

Des activités diverses au sein de l’écovillage

Le maraîchage pour relocaliser les productions alimentaires

Le maraîchage à vocation commerciale permet de relocaliser la production alimentaire des habitants de l’écovillage et de valoriser ses productions notamment en monnaie locale.

Le maraîchage à vocation commerciale permet de relocaliser la production alimentaire des habitants de l’écovillage et de valoriser ses productions notamment en monnaie locale.

Le maraîchage à vocation commerciale permet de relocaliser la production alimentaire des habitants de l’écovillage et de valoriser ses productions notamment en monnaie locale.

Le maraîchage à vocation commerciale permet de relocaliser la production alimentaire des habitants de l’écovillage et de valoriser ses productions notamment en monnaie locale.

Le maraîchage pour l’instant est très modeste mais a vocation à grandir jusqu’à devenir une activité commerciale. La manière d’étendre ce projet est en constant questionnement et dépend de ce que les gens veulent faire. C’est aussi la question de la meilleure stratégie pour construire un écosystème coopératif.

La forêt comestible à vocation vivrière

Nous avons la forêt comestible dont je m’occupe. Cette activité a une vocation vivrière. Je ne dirais pas qu’elle n’est pas économique mais pour le moment les récoltes sont symboliques et ça reste expérimental. C’est un lieu qui permet d’apprendre. C’est en route depuis fin 2016, début 2017, on est donc dans la troisième année.

Initié fin 2016, le projet de forêt comestible a une vocation vivrière au sein de l’écovillage et peut-être, à termes, une vocation commerciale pour une valorisation sur le territoire comme pour le maraîchage.

Initié fin 2016, le projet de forêt comestible a une vocation vivrière au sein de l’écovillage et peut-être, à termes, une vocation commerciale pour une valorisation sur le territoire comme pour le maraîchage.

L’activité de boulange pour l’écovillage et au-delà : l’importance des synergies locales

On a aussi une activité de boulange. Elle est en chantier depuis très longtemps, mais elle va vraiment démarrer à l’automne parce que nous avons rénové un petit bâtiment, qu’on appelle la grangette, qui était le plus petit des bâtiments du corps de ferme. Les travaux sont enfin terminés et nous n’attendons plus que la livraison du nouveau four. Lisa, qui est la boulangère, a passé son CAP l’année dernière.

La « grangette » fraîchement rénovée accueille l’activité de boulange pour une production hebdomadaire de pain qui sera distribuée localement grâce à diverses synergies locales !

La « grangette » fraîchement rénovée accueille l’activité de boulange pour une production hebdomadaire de pain qui sera distribuée localement grâce à diverses synergies locales !

La vocation pour le pain est commerciale. Nous allons commencer gentiment avec 15/20/25 kilos de pain par semaine, et ça va assez vite monter dans les mois qui suivent. À terme, je pense qu’on aura dans les 90/100 kilos de pain par semaine. Ça va être vendu localement au travers du réseau de distribution qu’on est en train de mettre en place à l’échelle du projet, et qui n’inclurait pas que nos productions mais aussi celles des producteurs locaux avec qui on tisse des liens depuis maintenant trois ans et demi. Il commence à y avoir une vraie dynamique et c’est une autre partie du projet : la construction d’un réseau de distribution avec les producteurs locaux : les farines, les graines, etc. On cherche à créer un écosystème, une synergie locale avec les gens qui étaient là avant nous, qui connaissent leur milieu, qui savent ce qu’ils font, qui font des produits de qualité et qui sont bios, voire qui sont déjà dans une démarche permaculturelle.

Le compost réalisé sur place par un maître composteur profite aux activités de maraîchage et de forêt comestible.

Le compost réalisé sur place par un maître composteur profite aux activités de maraîchage et de forêt comestible.

Alan est donc le maître composteur du lieu : c’est lui qui gère le compost, qui profite du coup à l’activité de maraîchage, à la forêt comestible. Il récupère aussi les déchets des toilettes sèches pour le compost. Nous avons depuis plus de deux ans des bacs de maturation de compost humain et les premiers bacs ont été utilisés sous forme de terreau de compost cette année.

 

Se former en permaculture pour avancer sereinement sans se précipiter

Moins de stress grâce aux outils de design en permaculture

Mon conseil ultime serait de faire une formation en permaculture ! Je dis ça sérieusement… Parce c’est à mon avis l’outil qui apporte à la fois l’élan pour faire quelque chose de concret et en même temps ça nous donne les outils de design et de réflexion pour ne pas se précipiter. Tous les conseils que je pourrais donner seront contenus dans les principes de la permaculture : que ce soit d’observer et d’interagir, que ce soit d’accepter les retours de nos expériences, que ce soit de tenir compte du voisinage et des limites à la fois écosystémiques, politiques, humaines qui nous entourent…

La mare, petit écosystème à la biodiversité étonnante illustre bien combien la nature est généreuse et résiliente : lui faire confiance en s’appuyant en plus sur les outils de design en permaculture, c’est s’épargner beaucoup de stress et de déceptions.

La mare, petit écosystème à la biodiversité étonnante illustre bien combien la nature est généreuse et résiliente : lui faire confiance en s’appuyant en plus sur les outils de design en permaculture, c’est s’épargner beaucoup de stress et de déceptions.

Il s’agit vraiment de faire confiance aux processus à la fois naturels et à ceux de la permaculture et du design. Quand on part de rien, ou d’une friche, au début il peut y avoir un facteur stress, pression, exigence et crainte de la déception.

Privilégier les solutions lentes pour plus de pérennité

C’est très important d’être doux avec soi-même, d’accepter les échecs et de les voir comme une richesse et comme un processus. Il faut faire confiance : quand on plante des choses, quand on construit des choses, il va toujours rester un résultat agréable à la fin. Ça prend du temps, mais si on veut de la pérennité il faut faire dans le lent et le progressif. Ce n’est pas avec des méthodes brutales et focalisées sur des résultats immédiats que l’on va créer un système pérenne. Nous essayons d’éviter ces méthodes qui ont un prix à la fin ; pour moi, la permaculture, c’est faire autrement, accepter pour s’inscrire dans du pérenne. Il faut accepter que les résultats ne soient pas à la hauteur des espérances tout de suite.

En acceptant ça, on se retrouve à être surpris par des réussites inattendues, par des choses qu’on n’espérait pas. Par exemple, on a planté partiellement l’une des guildes de PermacultureDesign, celle de la vigne. On a planté des pieds de vignes, et la première année il y en a qui sont morts. Puis on en a replanté et cette année ils ont pris le gel et la sécheresse…

C’est triste à chaque fois et on pense qu’on ne va pas y arriver. Puis pour la troisième fois on a planté, et ça y est : on a un pied qui nous a donné nos premières grappes de raisin ! C’est de la vigne Isabelle, ce que l’on appelle le raisin-fraise, et goûter des grains de raisin au goût de fraise, avec un goût si inattendu, ça vaut tous les échecs et tous les moments de doutes qu’on a traversés.

Ayez confiance, de votre vivant il va se passer quelque chose de bien, vous n’allez pas mourir sans voir émerger quelque chose de vraiment chouette sur ce que vous construisez. Je dis ça parce que c’était mes angoisses au début, quand je me disais : je ne vais jamais y arriver, il va falloir quarante ans avant de voir quelque chose… Et ce n’est pas vrai !

Pour réussir votre projet d’écovillage, faites votre design en permaculture.

Comme l’explique Grégor, les outils de design en permaculture permettent de poser sereinement les bases de son projet et d’y réfléchir théoriquement sans se précipiter tout en donnant l’élan et l’assurance de se lancer dans le concret. Si vous aussi avez un projet en permaculture, en faire le design global sera sans doute la clé de votre réussite ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus.

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

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La permaculture au jardin potager : le guide complet

La permaculture au jardin potager, c’est vraiment pour tout le monde et pour tous les terrains ! Que vous soyez jardinier débutant poussé par l’envie de prendre en main votre alimentation, de manger des légumes bons et sains. Ou plus expérimenté, en recherche de solutions pour augmenter vos récoltes, tout en économisant votre temps et votre énergie. La permaculture apporte des réponses pérennes et efficaces, adaptées à chaque contexte. Ainsi, grâce à des pratiques douces et régénératrices pour la nature, vous serez capable de produire des récoltes abondantes sur le plus petit espace possible et sans vous épuiser. Le potager en permaculture s’inscrit aussi dans un système, le design, indispensable à votre réussite.

Des stratégies de culture au design, on vous explique tout dans ce guide complet !

Le jardin potager : un écosystème cultivé intensif et économe

Alors que le potager peut être énergivore et chronophage, la permaculture regorge de stratégies pour optimiser l’espace, l’énergie, le temps. Entrons tout de suite dans le vif du sujet !

Économiser l’eau

Collecter l’eau de pluie

L’eau est tellement précieuse au potager que vous devez y porter une attention toute particulière, et essayer d’optimiser sa collecte. Récupération de l’eau des toitures et stockage en citerne, collecte via une mare dans le potager, etc. toutes les solutions sont bonnes ! 

L’arrosage automatique

Que vous ayez une toute petite parcelle, ou un potager plus grand, l’arrosage en été peut devenir très chronophage, surtout si les pluies sont peu fréquentes. Vous aurez sans doute réfléchi à cela au moment de la conception de votre design (dont on vous parle un peu plus loin dans cet article), mais c’est important d’anticiper la question avant la pleine saison potagère. Un arrosage maîtrisé est un arrosage qui assure un apport régulier et juste par rapport aux besoins des plantes. C’est la meilleure façon d’en prendre soin, et de leur éviter les chocs thermiques à répétition. 

Un arrosage maîtrisé évite les gâchis d’eau et d’énergie humaine. Pour cela plusieurs solutions sont à explorer, par exemple :

  • Les systèmes de goutte à goutte programmables ;
  • Les oyas, ces poteries à enterrer, qui délivrent la juste quantité d’eau grâce à la porosité de la terre cuite.

 

Composter, c’est recycler 

Au potager en permaculture, on essaie de limiter le plus possible les fuites d’énergie. C’est pourquoi, le compostage est une pratique essentielle. En recyclant les déchets de la cuisine ou du jardin, on en fait une matière riche et bénéfique pour le potager. Un véritable or noir, capable de nourrir et de protéger le sol. Faire son compost est à la portée de tous. Il vous suffit de choisir la méthode qui vous convient, tant il y a de façons de faire : compostage de surface, compostage en tas, en composteur de jardin, en lombricomposteur, etc. 

Cultiver sur la plus petite surface possible

Avoir un grand potager, c’est bien, mais avoir un petit potager, cultivé de manière intensive, c’est encore mieux ! Pourquoi ? Tout simplement, parce que vous dépensez moins d’énergie d’eau et de temps à entretenir un petit espace. Il vaut donc mieux commencer sur une petite surface, puis quand on maîtrise bien, s’étendre si besoin. Les zones non cultivées pourront être laissées en coins sauvages. Ainsi, elles ne demandent pas d’entretien et favorisent la biodiversité.

Concrètement, comment faire pour utiliser son potager au maximum de ses capacités ?

Exemple, chez Benjamin, d’une petite zone cultivée intensément avec tout l’espace occupé par des légumes et plantes aromatiques diverses. Illustration extraite de la formation en ligne « le potager Perma+ ».

Exemple, chez Benjamin, d’une petite zone cultivée intensément avec tout l’espace occupé par des légumes et plantes aromatiques diverses. Illustration extraite de la formation en ligne « le potager Perma+ ».

 

Étager les cultures

Qui a dit qu’il fallait cultiver uniquement à l’horizontale ? Laisser aller votre créativité et imaginez des systèmes en 3 dimensions. Expérimentez le potager vertical !

Donner de la hauteur au potager

Des surfaces où faire grimper les plantes, il y en a quantité à exploiter : les murs et clôtures, les abris de jardin, pergolas, etc.

Un mur est une aubaine ! En plus d’emmagasiner la chaleur, il permet à certaines plantes de se développer sans prendre d’espace au sol, moyennant la mise à disposition d’un support. On peut y faire pousser des petits arbustes comme les mûriers, framboisiers, vignes, kiwis, etc.

Construire des structures

Au sein même du potager, dans et entre les planches de culture, on peut installer différents supports. Treillis en formes de tipi ou de tente canadienne, grillages, tunnels, portiques accueillent joliment vos haricots à rames, petits pois, courges, concombres, melons, etc. Vos plantes potagères grimpantes ainsi palissées libèrent la place au sol pour d’autres cultures. Une technique à utiliser aussi pour le potager urbain !

Exemple de structures en bois de châtaignier au potager en permaculture de la ferme de la Goursaline pour faire grimper notamment des haricots rames.

Exemple de structures en bois de châtaignier au potager en permaculture de la ferme de la Goursaline pour faire grimper notamment des haricots rames.

 

Densifier et associer les cultures

Densifier les cultures, c’est faire en sorte que toute la surface de vos plates-bandes soit occupée par des plantes. Voici 2 stratégies pour optimiser l’espace au potager : 

  • Planter plus serré et en quinconce plutôt qu’en ligne.
  • Mélanger les légumes sur une même planche de culture en intercalant des plantes à faible développement entre des plantes plus volumineuses. Par exemple, on peut faire pousser des carottes, des radis ou du basilic au pied des tomates. 

Pour densifier vos cultures efficacement, on ne saurait trop vous conseiller de pratiquer les associations des légumes au potager. Au fil du temps, les jardiniers ont remarqué que certaines combinaisons de plantes cultivées ensemble étaient vertueuses. 

On peut citer la fameuse association « les trois sœurs » qui mêle maïs, courge et haricot à rames :

  • Le maïs sert de tuteur aux haricots.
  • La courge en courant au sol, limite la pousse des herbes indésirables, et l’évaporation de l’eau. 
  • Le haricot fixe l’azote de l’air, et enrichit le sol ce qui profite ensuite aux autres cultures.

Autre exemple, l’oignon, l’ail, l’échalote ou le poireau protègent les carottes de la mouche Psila rosae, son principal parasite. En échange, la carotte repousse par son odeur la mouche mineuse, principal ravageur des cultures de poireaux, oignons, échalotes et autres plantes du genre Allium.

Sur une de nos plate-bandes potagères, ces oignons, non paillés pour éviter l’excès d’humidité au niveau des bulbes, ont été plantés sur de petites buttes de terre (hautes de 5 cm environ) entre lesquelles on a semé des carottes dont on commence à voir le feuillage se développer entre les oignons…

Sur une de nos plate-bandes potagères, ces oignons, non paillés pour éviter l’excès d’humidité au niveau des bulbes, ont été plantés sur de petites buttes de terre (hautes de 5 cm environ) entre lesquelles on a semé des carottes dont on commence à voir le feuillage se développer entre les oignons…

Ce qu’il faut retenir, c’est que plus on diversifie les cultures sur une même zone, plus ce milieu devient résilient. La polyculture, pratique incontournable du potager bio en permaculture, limite le développement des maladies ou aide à contrôler la présence des indésirables. Dans un milieu biodiversifié, ces derniers passent moins facilement d’une plante à l’autre. Ils risquent de tomber plus souvent sur des prédateurs naturels à même de vous en débarrasser, sans que vous ayez à lever le petit doigt !

Accélérer la succession des cultures

Bien connaître le développement des plantes

Là, ça devient un peu subtil. Accélérer la succession des cultures demande de bien connaître le cycle des plantes, leur temps de croissance. De cette façon, on peut prévoir combien de temps elles vont rester en terre, et quelle emprise elles auront au sol. À partir de là, il est possible d’établir un planning pour chaque plante prenant en compte toutes les étapes depuis le semis jusqu’à la fin de la culture.

Vous trouverez des calendriers de cultures en ligne ou dans les ouvrages de jardinage. Ils pourront vous servir de base, de repères au démarrage, mais ce sera à vous d’affiner en fonction de votre climat régional et de votre microclimat à la maison. Ensuite, au fil du temps, vous optimiserez cette organisation grâce à votre expérience, aux tests que vous pourrez faire, etc. 

En parallèle, deux techniques permettent de gagner en productivité. 

Démarrer les cultures hors-sol

En démarrant vos cultures hors sol, vous limitez le temps d’occupation des plantes au potager. Cela laisse ainsi la place à d’autres. Et puis bien sûr, cela vous permet de commencer une culture alors que les conditions extérieures ne sont pas optimum. À noter, que mis à part quelques exceptions, quasiment tous les légumes peuvent être démarrés en semis en pots, avant d’être repiqués en pleine terre. Avez-vous déjà tenté les semis en godets des pois, fèves ou betteraves ? Promis, ça fonctionne très bien !

La plupart des légumes du potager peuvent être démarré en caissette, godets ou autre petits pots divers issus du recyclage de déchets. Ici, Magalie, de l’équipe PermacultureDesign, est en train de transplanter au potager de petites laitues semées hors sol ;).

La plupart des légumes du potager peuvent être démarré en caissette, godets ou autre petits pots divers issus du recyclage de déchets. Ici, Magalie, de l’équipe PermacultureDesign, est en train de transplanter au potager de petites laitues semées hors sol ;).

Chevaucher les cultures

Le principe, c’est de faire cohabiter des plantes à des stades différents de développement, plutôt que d’attendre la toute fin d’une culture avant de planter la suivante. Par exemple, au mois de septembre, on peut installer des jeunes plants d’épinards, de chicorées ou de choux asiatiques, sous une culture en fin de cycle comme la tomate. Le temps que la tomate termine sa production de fruits, les jeunes plants commencent à développer leur système racinaire. Puis, quand le pied de tomates en fin de cycle est supprimé (on laisse les racines en place et on paille le sol avec les parties aériennes), les nouvelles cultures ont déjà bien démarré. Elles profitent à leur tour pleinement de la lumière. On gagne ainsi un peu de temps sur les nouvelles cultures.

Choisir les végétaux à cultiver

Légumes vivaces, etc.

Le choix des végétaux à cultiver au potager est important, car il conditionne les stratégies ainsi que les efforts à mettre en place pour avoir d’abondantes récoltes. Privilégiez les légumes pérennes qui produiront plusieurs années avec très peu d’entretien tels le poireau perpétuel, l’asperge, l’artichaut, le topinambour… 

Légume vivace excellent, l’asperge a toute sa place dans un potager en permaculture. Ici en association avec des fraisiers en couvre-sol avec lesquels elles s’entendent très bien depuis plus de 4 ans chez Magalie, en Limousin.

Légume vivace excellent, l’asperge a toute sa place dans un potager en permaculture. Ici en association avec des fraisiers en couvre-sol avec lesquels elles s’entendent très bien depuis plus de 4 ans chez Magalie, en Limousin.

 

Légume vivace excellent, l’asperge a toute sa place dans un potager en permaculture. Ici en association avec des fraisiers en couvre-sol avec lesquels elles s’entendent très bien depuis plus de 4 ans chez Magalie, en Limousin.Pour le choix des légumes annuels, choisissez en priorité : 

  • ceux qui poussent facilement dans votre climat ;
  • et qui sont résistants à des maladies fréquentes au potager comme le mildiou ou l’oïdium (maladies cryptogamiques dues à un champignon). 

Pour cela, rien de tel que d’observer ce que cultivent les jardiniers expérimentés autour de chez vous.

Si vous souhaitez malgré tout produire certains légumes peu adaptés à votre contexte, sachez que l’énergie à y consacrer sera beaucoup plus importante pour la même récolte. Cela vous demandera peut-être la mise en place d’un abri pour des légumes avec d’importants besoins en chaleur ou un arrosage conséquent pour des légumes gourmands en eau. 

Encore une fois, tout dépend de votre contexte. Pour vous mettre sur la piste, voici un petit tour de France des semences adaptées à votre région : amis des Hauts-de-France, que diriez-vous de (re)découvrir le choux frisé grand vert du nord ? Vous vivez à l’est, peut-être serez-vous ravis de déguster une carotte de terroir, la carotte jaune obtuse du Doubs ? La rougette de Montpellier, cette laitue pommée d’hiver devrait faire son effet dans l’assiette des plus sudistes d’entre nous ? Quant aux Bretons, on vous envie le melon petit gris de Rennes !

Où trouver ces légumes ?

Voilà, vous avez fait le tour des catalogues de légumes vivaces et annuels, et avez choisi les variétés les plus adaptées à votre contexte. Vous salivez déjà à l’idée de déguster les fruits savoureux de votre production. Oui, mais, où trouver tous ces légumes ? Et puis, c’est un peu comme l’histoire de l’œuf et de la poule, faut-il partir de la graine ou du plant ? 

Si vous êtes vraiment débutant ou que vous manquez de temps ou de place en intérieur pour organiser vos semis, il peut être intéressant de commencer certaines cultures avec des plants. Cela peut vous faciliter le travail. Essayez alors, dans la mesure du possible, de vous fournir auprès de pépiniéristes ou maraîchers locaux qui produiront certainement des variétés adaptées à votre région. Notez quand même qu’en faisant une partie de votre potager à partir de plants à repiquer, le choix des variétés sera beaucoup plus restreint. Il faudra aussi prévoir un budget plus conséquent que si vous partez de la graine. 

En avançant dans votre apprentissage du potager en permaculture, vous serez sûrement de plus en plus tenté de réaliser vos semis vous-même. En partant de la graine, vous ouvrez en effet la porte sur le monde extraordinaire de la diversité végétale. C’est sûr, vous n’aurez qu’une envie : découvrir de nouvelles variétés saison après saison. Les semenciers bio deviendront vos partenaires de jardinage préférés, car ils sont les gardiens d’un trésor inestimable : des variétés de légumes par milliers, parfois anciennes, que vous ne trouverez pas en jardinerie traditionnelle. Mais surtout, ces graines sont reproductibles, c’est-à-dire qu’elles produisent des fleurs et des fruits dont les graines peuvent être récoltées, conservées, ressemées l’année suivante, et échangées avec d’autres jardiniers. Vous aurez le plaisir de cultiver l’épinard monstrueux de Viroflay, le poivron chocolat ou la tomate bonne fée. Ça vous dit ?

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à lire notre article : pourquoi et comment produire ses propres graines.

Produire ses propres graines dans son jardin en permaculture est à la fois ludique, réjouissant, gratifiant et libérateur, on adore ! Ici des graines de laitues variété feuille de chêne blonde arrivées à maturité !

Produire ses propres graines dans son jardin en permaculture est à la fois ludique, réjouissant, gratifiant et libérateur, on adore ! Ici des graines de laitues variété feuille de chêne blonde arrivées à maturité !

En produisant vos graines vous-même, vous accédez à plus d’autonomie, car vous n’avez plus à acheter de semences. Cerise sur le gâteau : en sélectionnant les graines des plus beaux légumes de votre potager, celles-ci s’adaptent aux conditions de sol et de climat dans lesquelles elles évoluent, et deviennent plus résistantes. 

La ferme de Sainte Marthe et La bonne graine sont de bonnes adresses pour vous procurer des graines. Si vous préférez échanger avec d’autres particuliers, rendez-vous sur le site Graines de troc ou dans les bourses aux graines locales ;).

Planifier son année au potager

Installer une citerne à eau, préparer les zones de culture, brasser son tas de compost, broyer les branchages, pailler, semer, planter, arroser, récolter… Le jardin potager requiert votre attention à différents moments de l’année. 

Grâce à un design, il sera le plus économe possible, mais certaines actions ne pourront se faire sans vous. Faire le bon geste au bon moment est une question d’observation, mais aussi de planification. Voilà pourquoi, vous ne pouvez pas vous passer d’un temps de réflexion pour organiser votre année au potager. 

Pour garantir la réussite de vos cultures, vous devez élaborer votre outil de pilotage. Son rôle est de vous guider tout au long de l’année en vous donnant les repères dont vous avez besoin. Il peut contenir les informations suivantes :  

  • la liste des légumes que vous souhaitez cultiver avec leurs dates de semis, et de repiquage ;
  • un plan d’occupation des zones de cultures pour chaque mois, tenant compte des associations et des successions des cultures ;
  • un calendrier mois par mois avec toutes les actions à réaliser ;
  • le matériel nécessaire.

Profitez de l’hiver pour prendre le temps de penser à tout cela, bien au chaud autour d’une tasse de thé. Une feuille et un crayon, et votre potager prend vie !

Faire ses plans potagers est une étape incontournable de l’organisation au jardin. On peut s’aider de codes couleurs pour distinguer, par exemple, les plantes en fin de culture, les plantes en début de culture et celles à venir… À chacun de trouver la méthode qui lui conviendra !!

Faire ses plans potagers est une étape incontournable de l’organisation au jardin. On peut s’aider de codes couleurs pour distinguer, par exemple, les plantes en fin de culture, les plantes en début de culture et celles à venir… À chacun de trouver la méthode qui lui conviendra !!

 

Si toutes ces stratégies sont efficaces, elles le sont d’autant plus dans un écosystème équilibré. C’est pourquoi le permaculteur cherche à prendre soin du sol et de la biodiversité.

La permaculture au potager : améliorer votre écosystème 

Prendre soin du sol

Ce qu’on adore avec la permaculture, c’est qu’elle offre des solutions à tout ! Et notamment, elle donne des clés pour faire pousser des végétaux dans n’importe quelles conditions.

Un sol vivant étant un sol suffisamment humide, aéré et riche en matière organique, votre mission numéro 1 consiste à en prendre soin. Voici comment.

Aérer le sol

Plusieurs stratégies s’offrent à vous. Surtout, n’hésitez pas à les cumuler !

La première consiste à prévenir le tassement du sol :

  • en évitant le piétinement ;
  • en le protégeant des effets climatiques (soleil, vent, eau) grâce au paillage.

Autre approche. En stimulant la vie du sol grâce à l’apport de matière organique – déchets de cuisine, compost, fumier, etc. – les vers de terre travaillent pour vous ! Ils digèrent la matière organique et forment des galeries pour se déplacer. Résultat : ils ameublissent le sol et l’aèrent !

Certains engrais verts sont aussi de précieux alliés : en s’enfonçant dans la terre, leurs racines décompactent le sol laissant ainsi pénétrer l’oxygène. La moutarde ou encore des céréales comme le seigle et le petit épeautre sont de bonnes candidates pour jouer ce rôle.

Enfin, vous pouvez choisir d’aérer mécaniquement le sol en passant la grelinette ou la fourche-bêche, mais sans retourner la terre pour ne pas perturber ce milieu vivant !

Assurer la fertilité du sol

Pour assurer la fertilité du sol, la règle de base, c’est de le nourrir en apportant de la matière organique qui va se transformer en humus.

Pour cela, vous pouvez exploiter les ressources déjà disponibles sur votre terrain ou dans votre voisinage, et les étaler directement sur vos planches de cultures : 

  • déchets de cuisine ;
  • tontes de gazon ;
  • feuilles mortes ;
  • bois broyé ;
  • compost.

 

Exemple de plates-bandes paillées avec de la consoude fraîchement coupée cultivée sur des buttes voisines au potager en permaculture de la Goursaline.

Exemple de plates-bandes paillées avec de la consoude fraîchement coupée cultivée sur des buttes voisines au potager en permaculture de la Goursaline.

Certaines plantes comme la cousoude ou l’ortie sont de véritables plantes ressources au jardin en permaculture. Qu’elles soient ajoutées au compost, transformées en purins (extraits fermentés) ou tout simplement “coupées & déposées” au sol, elles sont idéales pour entretenir la fertilité du sol. 

Encore une fois, les engrais verts et notamment les plantes de la famille des légumineuses aident à améliorer la fertilité du sol. Lentilles, lupins, fèves, pois captent l’azote de l’air (un des nutriments nécessaire à la croissance des végétaux), et le redistribuent au sol. Veillez néanmoins à les couper avant la floraison, sous peine de perdre l’effet nutritif recherché. Sinon, les plantes auront utilisé en partie cet azote pour produire leurs fleurs, puis leurs graines. 

Si vous avez des poules, c’est magnifique ! Laissez-les travailler pour vous en leur confiant une partie de votre potager avant sa mise en culture. En grattant le terrain et en y déposant leurs déjections, le sol est amendé naturellement, sans effort de votre part. Pas mal, non ?

Conserver l’humidité

Lorsqu’un sol est riche en matière organique et protégé par un mulch ou paillage, il garde un bon taux d’humidité. La matière organique se gorge d’eau comme une éponge, et constitue ainsi une réserve. Puis, grâce au travail d’aération des vers de terre, l’eau s’infiltre doucement dans le sol pour profiter aux plantes. De même, le paillage permanent isole du soleil et du vent, et évite ainsi l’évaporation. Et la boucle est bouclée !

C’est ce système vertueux que vous devez entretenir au quotidien pour obtenir un sol équilibré, une bonne terre de jardin pour la culture de vos légumes au potager.

Des solutions pour cultiver dans tous types de sols

On n’a pas tous la chance de démarrer avec un sol en bonne santé. Aussi, notre objectif est de créer les conditions pour tendre vers cet idéal, en donnant vie à notre potager en permaculture pas à pas.

C’est là où la permaculture est vraiment puissante : elle offre tout un panel de solutions pour différents contextes. 

La culture en lasagne

La culture en lasagne est intéressante, car elle permet de démarrer rapidement un jardin potager en permaculture sur quasiment tous les terrains, et sans travail du sol. Il s’agit d’alterner différentes couches de matières, comme pour la célèbre recette de pâtes, d’où son nom. Pour plus de détails, rendez-vous sur notre article dédié à la culture en lasagne.

Cette technique est parfaite pour débuter son potager en permaculture. On peut aussi la réaliser en bac pour un potager sur le balcon.

Les buttes de culture

Exemple de buttes de culture au potager en permaculture de la ferme expérimentale de la Goursaline.

Exemple de buttes de culture au potager en permaculture de la ferme expérimentale de la Goursaline.

Les buttes de permaculture répondent à des problématiques spécifiques. Si elles sont très populaires, on souhaite vous rappeler que les buttes ne sont pas un passage obligé pour conduire un potager en permaculture. Et surtout, le choix du type de butte doit être minutieusement réfléchi, et pertinent dans votre contexte.

Si par exemple votre terrain est très humide, les buttes pourront apporter des solutions appropriées en surélevant vos cultures et en drainant l’eau. De nombreux permaculteurs ont cherché la meilleure façon de concevoir des buttes. Vous trouverez donc différentes méthodes, parmi :

  • Les buttes de culture arrondies réalisées en décaissant la terre des allées.
  • Les buttes, façon concentré de fertilité, faites à partir de bois enfoui dans le sol et d’autres matières organiques : les buttes Philip Forrer, les buttes HugelKultur de Sepp Holzer, les buttes sandwich de Robert Moretz, etc.

À l’inverse, en climat très sec, vous aurez tout intérêt à cultiver dans des plates-bandes décaissées qui favorisent la rétention de l’eau.

Favoriser la biodiversité

Exemple d’éléments fortement attracteurs de biodiversité au jardin : un hôtel à insectes surplombant un petit bassin entouré de plantes sauvages en plein cœur du potager en permaculture de la ferme expérimentale de la Goursaline.

Exemple d’éléments fortement attracteurs de biodiversité au jardin : un hôtel à insectes surplombant un petit bassin entouré de plantes sauvages en plein cœur du potager en permaculture de la ferme expérimentale de la Goursaline.

Être attentif à la Terre

Être attentif à la Terre est l’une des 3 éthiques de la permaculture. Cela implique que nos activités ne nuisent pas à la Terre, mais au contraire qu’elles la régénèrent et la protègent. L’objectif est de faire de votre potager en permaculture un écosystème équilibré. On ne va donc pas séparer le monde cultivé du monde sauvage, mais l’intégrer et même l’inviter. D’abord, parce que la nature a une valeur intrinsèque, mais aussi pour les services écologiques qu’elle assure. Comment ?

Les zones sauvages

Des zones sauvages à proximité de votre potager sont de vrais refuges pour la faune des jardins. Des herbes hautes ou un tas de branches laissés ici ou là offrent ainsi le gîte et le couvert à de nombreux animaux. Certains jouent le rôle d’auxiliaire en protégeant votre potager. Vous pouvez aussi leur donner un coup de pouce en fabriquant des hôtels à insectes, des nichoirs, des abris pour hérissons ou chauve-souris

Les plantes mellifères

En cultivant des plantes mellifères (par exemple, les aromatiques comme la menthe, la sauge, le thym, le romarin, etc.), les insectes pollinisateurs comme les abeilles, bourdons, syrphes, papillons, viennent aussi visiter le potager.

Abeille domestique butinant une fleur de romarin. Fleurissant dès janvier/février et jusqu’au mois d’avril, le romarin offre une nourriture plus que bienvenue à tous les pollinisateurs en cette période de « disette ».

Abeille domestique butinant une fleur de romarin. Fleurissant dès janvier/février et jusqu’au mois d’avril, le romarin offre une nourriture plus que bienvenue à tous les pollinisateurs en cette période de « disette ».

Les effets de bordure

Les bordures ou lisières sont des lieux riches et variés qui accueillent de nombreuses espèces. La magie se produit quand deux milieux se rencontrent : une haie et une pelouse, une mare et une prairie, etc. C’est aussi dans la diversité des formes que s’exprime cet effet de lisière. Ainsi des formes complexes favorisent davantage la biodiversité que des formes simples. Voilà pourquoi en permaculture on crée souvent des zones de culture avec des motifs : courbes, spirales, en trous de serrure, en mandalas, etc. 

La mare

La mare est un élément incontournable pour favoriser la biodiversité au potager. Même un petit bassin a un impact important. Bien sûr, il attire les grenouilles friandes d’insectes. Il offre aussi aux oiseaux, insectes et autres petits mammifères un point d’eau où venir s’abreuver. 

Bénéfique pour l’écosystème, la mare est un élément incontournable pour favoriser la biodiversité au jardin potager et elle a, en plus, tellement d’autres fonctions en permaculture qu’on vous invite vraiment à en créer chez vous ;) !

Bénéfique pour l’écosystème, la mare est un élément incontournable pour favoriser la biodiversité au jardin potager et elle a, en plus, tellement d’autres fonctions en permaculture qu’on vous invite vraiment à en créer chez vous 😉 !

Vous pensez à présent avoir les clés pour pratiquer la permaculture au jardin potager ? Vous y êtes presque ! Un dernier élément important doit entrer dans l’équation : le design, ce système qui a le pouvoir de transformer votre expérience du jardin potager grâce à une gestion efficace de vos ressources. 

Et si vous souhaitez démarrer votre potager en permaculture sans vous poser de questions, nous avons lancé une formation clé en main qui vous accompagne pendant 3 ans !

La permaculture au jardin potager : l’importance du design 

Qu’est-ce qu’un design ?

Concevoir un design : le cœur de la démarche de permaculture

Le design, c’est un outil de conception et de planification de projets permettant l’organisation d’activités humaines, et l’aménagement de lieux durables en accord avec les éthiques et les principes de la permaculture.

Cela est défini ainsi par son co-fondateur Bill Mollison, dans l’ouvrage Introduction à la permaculture : « Le but est de développer des modes de vie et de fonctionnement qui ne nuisent pas à l’environnement et qui soient viables économiquement, qui subviennent à leurs propres besoins, qui n’abusent ni des humains ni du vivant, qui ne polluent pas la terre, et qui, par conséquent, sont durables sur le long terme ». 

Exemple de dessin global d’un design de permaculture réalisé par notre bureau d’études il y a quelques années.

Exemple de dessin global d’un design de permaculture réalisé par notre bureau d’études il y a quelques années.

Faire un potager en permaculture, c’est donc établir un système qui est :

  • Efficace : il économise l’énergie, dont la vôtre.
  • Productif : il vous nourrit.
  • Autosuffisant : il fonctionne avec les ressources disponibles chez vous ou dans votre voisinage, avec peu d’intervention de votre part.
  • Résilient : il est capable de survivre à des chocs imprévus (climatiques, attaques de ravageurs, maladies…) grâce à une grande biodiversité. 
  • Unique : il est adapté à votre contexte.

Prendre son temps pour en gagner

Vous êtes-vous déjà senti dépassé, épuisé par les travaux du potager ? Nous aussi, on a connu ça, faute de réflexion, tellement impatients de mettre les mains dans la terre ! Pour éviter de reproduire un schéma énergivore, il est nécessaire de procéder autrement, vous en conviendrez.

C’est donc le moment de prendre le temps de vous poser les bonnes questions. La méthodologie de design vous invite ainsi à définir vos objectifs personnels : 

  • Quels sont vos besoins ? Avez-vous envie d’autonomie pour vous seul, votre famille ? Ou de produire davantage pour partager avec votre entourage ?
  • Quelles ressources pouvez-vous consacrer à votre projet ? Quel temps souhaitez-vous y dédier, quel budget pouvez-vous allouer, de quels outils et compétences disposez-vous, avez-vous des contraintes physiques ?

Ça, c’est la base du design. Mais pour obtenir un système adapté à votre contexte, d’autres éléments sont à prendre en compte, et passent par l’observation et la collecte de données sur votre lieu. 

Observer et collecter des données

Découvrir le fonctionnement de votre lieu

Un principe phare de la permaculture est inspiré par l’un des pionniers de l’agriculture naturelle, Masanobu Fukuoka. Il est retranscrit notamment dans son livre La révolution d’un seul brin de paille, et invite à « travailler avec la nature plutôt que contre elle ».

Et pour cela, il convient d’abord de l’observer. Identifier les éléments naturels, leurs dynamiques, leurs potentiels, les éventuelles contraintes, bref, il s’agit de comprendre le fonctionnement de votre site.

Voici quelques éléments sur lesquels porter votre attention.

Le soleil

Vous pouvez commencer par observer l’orientation de votre potager et repérer les zones exposées au soleil, ainsi que celles qui sont à l’ombre. Ces informations, collectées sur plusieurs saisons, vous seront utiles pour placer au mieux vos zones de cultures, et pour choisir les végétaux adaptés aux différentes situations de votre potager.

Ombres portées, vents, eau, sol, faune et flore sauvages : observer son potager à diverses périodes de l’année est essentiel pour comprendre son fonctionnement, ses atouts et ses facteurs limitants afin de trouver les stratégies et techniques les plus adaptées à votre contexte unique !

Ombres portées, vents, eau, sol, faune et flore sauvages : observer son potager à diverses périodes de l’année est essentiel pour comprendre son fonctionnement, ses atouts et ses facteurs limitants afin de trouver les stratégies et techniques les plus adaptées à votre contexte unique !

 

Le vent

Repérez les zones venteuses et le sens du vent en observant la végétation : dans quelle direction penche-t-elle ? Mais aussi en passant du temps sur votre lieu pour mieux comprendre la façon dont le vent circule. Grâce à cette information, vous pourrez, si c’est nécessaire, prévoir la mise en place d’un brise-vent pour protéger vos cultures potagères.

L’eau

L’eau, c’est la vie ! Vous en aurez donc besoin pour arroser vos cultures. C’est pourquoi, il est important de repérer les sources disponibles sur votre terrain : cours d’eau, mare, puits, toitures pour la récupération d’eau de pluie, etc. Connaître la pluviométrie sur votre région vous permettra notamment de calculer les volumes d’eau de pluie récupérables chez vous et vous donnera une indication sur les besoins en eau à apporter à votre potager. Ces données, notées sur un plan, vous aideront à optimiser le trajet de l’eau sur votre lieu pour en stocker suffisamment pour vos légumes (baissières, cuves, mares…)

Le sol

Observez à présent votre sol. Est-il compacté ou meuble ? Est-il vivant ? Voyez-vous des vers de terre, beaucoup ou non ? Est-ce qu’il colle ou au contraire est-ce que la matière file entre vos doigts ? Est-il gorgé d’eau en hiver ? Bien comprendre la nature de votre sol vous permettra de choisir le bon support de culture, d’effectuer les bons gestes et d’amener des matières organiques adaptées pour le rendre plus fertile.

Avoir un sol vivant est indispensable pour un potager en permaculture résilient et productif ! Observez votre sol, apprenez à le connaître, nourrissez-le, protégez-le, chérissez-le car c’est sur lui que tout repose ;) !

Avoir un sol vivant est indispensable pour un potager en permaculture résilient et productif ! Observez votre sol, apprenez à le connaître, nourrissez-le, protégez-le, chérissez-le car c’est sur lui que tout repose 😉 !

 

Les plantes spontanées

Avez-vous identifié les plantes sauvages qui poussent sur votre sol ? Y a-t-il une diversité des espèces, ou est-ce qu’une seule espèce a colonisé tout l’espace ? Certaines plantes sont appelées bio-indicatrices, car elles fournissent des informations sur le sol. Par exemple, un terrain couvert de liseron indique un sol lourd, compacté avec notamment un excès d’azote. 

Les plantes ressources 

Vous avez des haies ou des arbres sur votre terrain ? Savez-vous quelles en sont les essences ? Renseignez-vous sur ces végétaux pour connaître leur fonction : médicinale, comestible, fourrage pour les animaux, mellifère, refuge pour les oiseaux, coupe-vent, brise-vue, esthétique, fixateur d’azote, etc. Le sureau noir est ainsi un arbuste intéressant. Il accueille les nids d’oiseaux et nourrit les pollinisateurs, ses fleurs et ses fruits sont comestibles, il peut également être utilisé comme plante médicinale. Il est très vigoureux, et fournit chaque année de grandes cannes solides pouvant servir pour vos constructions au potager.

La faune

Profitez-en pour jouer au naturaliste en herbe et explorer la biodiversité animale : quels insectes, oiseaux et petits mammifères pouvez-vous observer ? Plus il y a de diversité, plus résilient est votre site, signe d’un écosystème équilibré.

Observer les petites bêtes au potager est un émerveillement quotidien. Sur une simple fleur de poireau, on peut voir une multitude d’insectes : ici une jolie halicte de la scabieuse (Halictus scabiosae), abeille solitaire nichant au sol, partage temporairement l’endroit avec une cétoine grise (Oxythyrea funesta).

 

Analyser

Les questions qui se présentent maintenant sont celles-ci. Après avoir fait l’état des lieux de votre terrain :

  • De quelles fonctions avez-vous besoin au potager ?
  • Quels éléments peuvent remplir ces diverses fonctions ? Zones de cultures, composteur, poulailler, récupérateurs de pluie, chemins, serre, châssis, abri de jardin, mare, haies, clôtures, etc.
  • Quels sont les besoins de chaque élément ?
  • Où devez-vous les placer sur votre terrain ? 

Après une analyse guidée par les 3 principes de permaculture présentés ci-dessous, le travail consiste à réaliser un ou plusieurs dessins. Objectif : trouver la meilleure combinaison possible entre tous les éléments du potager.

 

Chaque élément doit remplir plusieurs fonctions 

Voici un exemple : si vous souhaitez installer une haie brise-vent, celle-ci pourra être conçue de manière à remplir d’autres fonctions. 

Selon les espèces de végétaux choisis, elle peut aussi :

  • être comestible 
  • jouer un rôle esthétique 
  • favoriser la biodiversité 
  • apporter du mulch pour vos zones de culture grâce aux produits de sa taille

Pour citer deux plantes candidates multifonctions et souvent présentes dans les jardins :

  •  Le cognassier du japon : il sert de brise-vue en été, produit de jolies fleurs en fin d’hiver et des fruits appréciés des oiseaux. Son bois peut être broyé pour pailler ou alimenter un compost.
Jolie floraison mellifère d’un cognassier du Japon en fin d’hiver. Celui-ci est placé en bordure du potager en permaculture de Magalie où il sert aussi de brise-vue, brise-vent, nichoirs pour les oiseaux…

Jolie floraison mellifère d’un cognassier du Japon en fin d’hiver. Celui-ci est placé en bordure du potager en permaculture de Magalie où il sert aussi de brise-vue, brise-vent, nichoirs pour les oiseaux…

  • Le lierre commun : il habille n’importe quel support tout au long de l’année, et constitue un refuge pour la biodiversité. On peut aussi faire de la lessive naturelle grâce à ses feuilles.

Chaque fonction doit être remplie par plusieurs éléments

En voici une illustration. Vous aurez besoin de collecter les eaux de pluie et de les stocker pour pouvoir arroser votre potager. Une première solution consiste à installer des citernes pour récupérer l’eau des toitures. Une autre option peut être de concevoir une mare

Planifier l’efficacité énergétique ou comment placer les éléments du design en fonction de leur fréquence d’usage ou d’entretien

C’est ce que l’on appelle le zoning.

Les plantes aromatiques – ciboulette, persil, coriandre, etc. – seront par exemple placées tout près de la cuisine pour en faciliter la récolte et l’utilisation dans la préparation des repas. La serre devra être placée à proximité d’un point d’eau, mais aussi dans un endroit de passage, car les semis demandent un suivi minutieux.

 

À l’issue de tout ce travail de collecte de données, d’analyse et de dessin, votre design proposera un système unique, adapté à votre lieu et à vos besoins.

Pour autant, ce n’est pas un système figé. Celui-ci continuera d’évoluer pour être amélioré, optimisé au fil du temps.

Pour être guidé(e) pas à pas dans la réalisation de votre design, découvrez notre formation en ligne dédiée à la méthodologie de design en permaculture

Ce qu’il faut retenir de la permaculture au jardin potager

Jolie récolte de mi-septembre au potager en permaculture : un régal pour les yeux et les papilles avec de quoi faire le plein de vitamines, de nutriments et de goût ! Et les graines de nos tomates préférées, toutes issues de semences reproductibles, seront bien sûr récupérées pour faire des semences pour les années suivantes ;) !

Jolie récolte de mi-septembre au potager en permaculture : un régal pour les yeux et les papilles avec de quoi faire le plein de vitamines, de nutriments et de goût ! Et les graines de nos tomates préférées, toutes issues de semences reproductibles, seront bien sûr récupérées pour faire des semences pour les années suivantes 😉 !

  • Observez avant d’agir pour comprendre le fonctionnement de votre lieu, de la nature et éviter bien des erreurs.
  • Prenez le temps de créer votre design global, puis continuez à l’améliorer.
  • Favorisez la biodiversité notamment en conservant des zones sauvages même aux abords du potager.
  • Nourrissez et protégez votre sol pour qu’il soit le plus vivant possible.
  • Collectez, stockez et faites circuler au mieux l’eau sur votre terrain.
  • Cultivez densément en associant les légumes entre eux mais aussi avec des fleurs, des plantes aromatiques.
  • Laissez parler votre créativité, expérimentez, adaptez-vous à votre contexte. 
  • Et puis surtout, prenez plaisir, c’est encore ça le plus important.

Créez facilement votre potager en permaculture !

Si vous souhaitez, dès maintenant, créer votre potager en permaculture en étant guidé(e) pas à pas dans toutes les étapes de réalisation, les gestes techniques et les actions à mener, découvrez notre formation en ligne dédiée. On vous propose un accompagnement, mois après mois, pendant 3 ans

Invitez la permaculture dans votre jardin

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La permaculture en Charente-Maritime

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Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) en paillage

Qu’est-ce que le BRF ?

BRF est un acronyme qui signifie Bois Raméal Fragmenté. 

On le réalise avec du bois issus principalement de feuillus dont les plus recommandés sont le chêne, le frêne ou encore l’acacia.

Mais ce ne sont pas les seuls et nous vous expliquerons plus bas (Produire son BRF) les variantes possibles.

Le BRF est un paillage ou mulch très particulier dont la technique a été développée au Canada dans les années 70 et a connu un grand engouement vers 1990. Elle consiste à broyer de jeunes rameaux ligneux de feuillus comprenant des bourgeons et de la sève. Les branches utilisées ne feront en général pas plus de 5 à 7 cm de diamètre et proviendront de jeunes rameaux de l’année principalement voire de 2 ou 3 ans maximum. 

Le fait de fragmenter ses rameaux est issu d’études, réalisées notamment à l’Université de Laval, qui ont permis de se rendre compte que couper le bois en petits morceaux facilite le développement des champignons qui sont indispensables à la décomposition du bois.

Les champignons sont en effet les premiers à pouvoir casser la molécule de lignine du bois pour qu’elle devienne digestible ensuite à la faune du sol. Faune qui ne manquera pas de s’installer dans cet hôtel 4 étoiles avec garde-manger intégré ;).

En plus de la lignine, les jeunes rameaux regorgent d’acides aminées, de protéines, de minéraux et de cellulose, voilà de quoi nourrir tout le petit monde qui a élu domicile sous le broyat.

Le biotope créé va s’apparenter à celui d’un sol forestier autosuffisant et aura de nombreux avantages pour votre jardin en permaculture.

 

Les avantages du paillage au BRF

Le BRF stimule l’activité biologique du sol et favorise la biodiversité !

Exemple de microfaune peuplant un sol vivant : ici un symphyle, genre de petit mille-patte à gauche et un collembole à droite, tous deux contribuent à la transformation des matière organiques et au cycle des nutriments dans les sols. ©Marshal Hedin – CC BY 2.0

Exemple de microfaune peuplant un sol vivant : ici un symphyle, genre de petit mille-patte à gauche et un collembole à droite, tous deux contribuent à la transformation des matière organiques et au cycle des nutriments dans les sols. ©Marshal Hedin – CC BY 2.0

Le BRF par la diversité et la qualité de ses composants, constitue un abri et un garde-manger de choix pour de nombreuses formes de vie des plus grandes aux plus minuscules: insectes, petits mammifères, oiseaux mais aussi micro-organismes, bactéries et autres champignons. Répandu sur le sol du jardin en couche suffisante (environ 4 à 5 cm), il va donc attirer une biodiversité des plus riches et stimuler le réseau trophique* de votre écosystème, l’aidant à devenir plus complexe, plus varié et donc plus résilient !  Mais toute cette vie ne se contentera pas de profiter d’un « club med’ » au microcosme favorable, elle va jouer un rôle essentielle dans l’enrichissement du sol qui l’accueille. C’est le début du cercle vertueux de la fertilité !!

* Réseau trophique : ensemble de chaînes alimentaires interconnectées au sein d’un écosystème et par lesquelles circulent les matières et les énergies.

 

Le BRF favorise les mycorhizes !

Le BRF apporte une matière organique qui favorise le développement des champignons et par incidences ensuite l’apparition d’associations symbiotiques favorables entre les champignons dit mycorhiziens et les racines des plantes cultivées dans ce milieu. Une mycorhize est un partenariat gagnant/gagnant dans lesquels chaque partie prenante tire profit de son alliance avec l’autre : les champignons fournissent par exemple de l’eau ou autres nutriments manquants à la plante avec laquelle ils se sont associés via les racines en échange de quoi la plante fournit des sucres fabriqués par photosynthèse aux champignons !! Donc si vous voyez des champignons fleurirent dans votre BRF, ne craignez pas leur éventuelle toxicité pour nous les humains (n’allez pas jusqu’à les consommer quand même s’ils sont vraiment toxiques ;)) et réjouissez-vous car c’est une excellente nouvelle pour votre sol !!!

Filaments de mycélium qui forment la partie végétative des champignons et constituent des réseaux parfois très étendus à quelques cm sous la surface du sol dans lesquels circulent eau et nutriments divers.

Filaments de mycélium qui forment la partie végétative des champignons et constituent des réseaux parfois très étendus à quelques cm sous la surface du sol dans lesquels circulent eau et nutriments divers.

Le BRF augmente la fertilité du sol sur lequel il est installé !

La pédofaune et la pédoflore qui s’invitent dans le BRF vont bénéficier de conditions favorables pour faire leur travail de dégradation de la matière organique. Qui dit dégradation de la matière organique dit création d’humus à plus ou moins long terme qui est le meilleur moyen pour retrouver peu à peu un sol fertile sans avoir besoin d’y ajouter des engrais en tous genres !  Cette couche d’humus est riche en éléments minéraux directement assimilables par les plantes et possède un grand pouvoir de rétention de l’eau. Elle est la clé de la fertilité de votre sol et il faut la chérir. Dans les régions où la terre est très pauvre et sèche ou sur les sols très drainants, les résultats du paillage au BRF en termes de fertilité et création d’humus peuvent être spectaculaires.

 

Le BRF améliore la structure du sol et sa texture.

Comme c’est aussi le cas pour d’autres paillages comme la paille ou le foin par exemple, le travail de brassage réalisé par la pédofaune, tels que les vers de terre et les collemboles, va permettre, avec le temps, de décompacter les sols lourds ou tassés. Les galeries ainsi creusées par ces travailleurs infatigables faciliteront quant à elles la circulation de l’air et les infiltrations d’eau dans le sol.

 

Le BRF régule les besoins en eau

La couche de BRF installée sur un sol permet d’absorber l’humidité et de la restituer lentement. En période de sécheresse, le sol situé sous le paillage BRF reste humide plus longtemps.

L’humus généré par le BRF agit un peu comme une éponge, il limite les excès d’eau car il en absorbe plus qu’un sol moins humifère et réduit l’effet les lessivages et l’érosion du sol lors de grosses périodes de pluie.

Un paillis BRF efficace et adapté à votre contexte jardinier réduira l’évaporation de l’eau. Des enquêtes réalisées en Afrique ont montré que l’apport de BRF pouvait faire économiser jusqu’à 50% d’eau. Pour le jardinier français, cela signifie moins d’arrosage et une autonomie par rapport à cette ressource en eau si précieuse.

 

Pailler au BRF permet de réduire les déchets verts

En recyclant le produit de vos tailles, vous diminuerez votre empreinte et réduirez de façon drastique vos quantité de déchets verts, qui, en l’occurrence, se transformeront plutôt en copeaux d’or ! Vous appliquerez ainsi l’un des principes phare de permaculture qui est « Tout déchet est une ressource inexploitée ». La terre nous procure ses bienfaits et nous les lui rendons. Bien sûr, le BRF étant un type de paillage très spécifique comme expliqué en début d’article, vous ne pourrez pas y mettre tous vos déchets verts sans distinction, puisque pour le BRF, on utilise avant tout les jeunes rameaux vivants d’arbres caduques. Si vous n’avez que des haies de thuyas en déchets verts, on vous déconseille d’en faire du BRF, incorporez-en plutôt une partie (15 à 20 % maximum) dans votre compost 😉 !

Sur la ferme familiale Merci Nature près de Bordeaux, on ne regrette pas d’avoir investi dans un bon broyeur pour particulier car tous nos « déchets verts » sont bien vite transformés en super amendement pour le jardin !!

Sur la ferme familiale Merci Nature près de Bordeaux, on ne regrette pas d’avoir investi dans un bon broyeur pour particulier car tous nos « déchets verts » sont bien vite transformés en super amendement pour le jardin !!

Le BRF protéger des aléas climatiques

Une bonne couche de BRF en paillage joue aussi le rôle de régulateur thermique, il limite le dessèchement du sol par le soleil et le vent et réduit l’impact des variations de température et d’humidité. Il protège donc le sol des aléas climatiques !

 

Le BRF régule et aide à stabiliser le pH

En utilisant un BRF d’essences d’arbres caduques variés (donc sans résineux), le pH de votre sol pourra, sur le long terme tendre vers la neutralité du fait de la création d’humus dont le pH est neutre.

 

Les inconvénients et limites du BRF

Le BRF entraine une faim d’azote

C’est un des principaux inconvénients du paillis de BRF même si la faim d’azote sera moindre qu’avec des copeaux de bois secs. Cette faim d’azote a lieu en surface du sol, en début de dégradation car les bactéries et micro-organismes qui décomposent la matière organique carbonée prélèvent l’azote présent en surface du sol, sous sa forme minérale, pour l’utiliser comme « carburant » en quelque sorte dans leur processus de décomposition. L’azote prélevé n’est donc plus disponible en surface pour les jeunes plantes cultivées qui peuvent montrer des signes de carences comme le jaunissement du feuillage, des baisses de rendements les premiers mois après la mise en place du paillage de BRF ou encore des difficultés à croitre. Cependant, pas d’affolement outre mesure avec la faim d’azote, car elle ne se produit qu’en surface, cela ne dérangera donc pas les plantes vivaces déjà bien installées. Et pour ne pas en subir les effets au potager où cela peut poser problème, il suffit d’anticiper l’installation de son paillage de BRF pour que celui-ci soit déjà bien décomposé au moment où on devra y installer les jeunes et fragiles plants potagers ! (voir plus bas nos conseils pour l’installation du paillage de BRF).

 

Le BRF attire des ravageurs

Notre expérience nous a prouvé que certains ravageurs appréciaient tout particulièrement ce paillis chaud et humide. C’est le cas notamment des gastéropodes et des mulots. En zone rurale/forestière, les sangliers aiment parfois aussi, fourrer leur truffe dans le BRF pour y trouver notamment des champignons !

Le BRF mis en paillage autour des fraisiers abritent souvent de gourmands gastéropodes avec qui il faut savoir partager, car ils nous rendent bien d’autres services par ailleurs !

Le BRF mis en paillage autour des fraisiers abritent souvent de gourmands gastéropodes avec qui il faut savoir partager, car ils nous rendent bien d’autres services par ailleurs !

Le paillis de BRF réduit les semis spontanés

Surtout au début de la mise en place, en couche épaisse, du BRF, il va, comme tout paillage épais, bloquer la pousse de nombreuses plantes adventices, ce qui est certes un avantage mais, revers de la médaille, il bloquera aussi la pousse de nombreux semis spontanés de plantes annuelles qu’on apprécie fortement de voir renaitre d’une année sur l’autre comme par exemple celle de tomates cerises ou de salades, qui, comme la plupart de leurs voisines adventices, resteront bloquées sous cet épais paillage et ne verront pas le jour.

De la même manière, si le paillis de BRF est en place au moment où les semences arrivent à maturité, celles-ci auront bien du mal à traverser l’épaisse couche de broyat et ne pourront pas entrer en contact avec le sol pour se développer.

 

Le BRF augmente la présence de certains adventices

Si le BRF empêche la pousse de nombreuses adventices, la force de vie de certaines plantes sauvages est telle que même une couche épaisse de BRF ne les arrêtera pas. Ne croyez donc pas vous débarrasser si facilement de toutes vos « mauvaises herbes » ! Et certaines même pourront apprécier tout particulièrement cet apport et y proliférer ! Mais en les regardant d’un oeil permacole, cela peut être l’occasion d’observations remarquables pour améliorer vos connaissances sur ces plantes sauvages souvent classées trop vite comme indésirables alors qu’elles peuvent avoir de très nombreux bienfaits, pour la restauration de l’équilibre de votre sol mais aussi pour vous car beaucoup sont comestibles et très nutritives !!!

 

Comment utiliser le BRF en paillage ?

Tout d’abord, pour profiter au maximum des bienfaits du BRF, il est recommandé de broyer les rameaux rapidement après leur taille (de préférence dans les 72h) et de les mettre au sol en surface (sans l’incorporer) tout de suite après broyage.

Ensuite, c’est un paillis assez long à se dégrader (entre 3 à 6 mois voir plus selon les conditions climatiques) qui doit être installé de préférence en automne, hiver (période principale de sa fabrication) si on veut qu’il ait le temps de se décomposer et d’apporter ses nutriments au sol avant le réveil de printemps !

C’est avant tout un paillage servant à restaurer un sol dégradé (par des tassements, des labours, des produits chimiques…) ! Mais il ne doit pas être utilisé à la légère ni de façon trop régulière. On vous conseille plutôt de ne l’utiliser que tous les 3 à 5 ans en paillage épais pour les plantes vivaces telles que :

  • les arbres et arbustes fruitiers
  • les arbres de haies (vive, mellifère, brise-vent…)
  • les plantes ornementales
  • les légumes vivaces déjà bien installées (rhubarbe, artichaut, asperges…)
Petits arbustes fruitiers (groseilliers, cassissiers, framboisiers…) paillés généreusement au BRF.

Petits arbustes fruitiers (groseilliers, cassissiers, framboisiers…) paillés généreusement au BRF.

Le paillage de BRF au potager :

Dans ce domaine, les avis divergent. Pour notre part, on vous conseille vraiment de ne pas apporter régulièrement de BRF au potager, notamment si votre sol est déjà humifère, ça ne sera pas utile. Dans le cas spécifique du potager, on vous conseille plutôt de ne faire qu’un seul apport, une fois, sur une couche d’environ 4 cm (jusqu’à 8 cm si le sol est vraiment très très dégradé) en début /milieu d’automne et c’est tout ! Il aura ainsi bien commencé son processus de décomposition lorsque vous commencerez vos plantations printanières/estivales.

 

Où trouver du BRF ?

Produire son BRF

La production de BRF est accessible à tous avec un peu d’huile de coude. Mais elle requière de préférence un broyeur (vite rentabilisé quand on a un grand jardin!) ou à défaut une machette bien tranchante !

Entre novembre et mars (période de dormance des arbres feuillus), taillez les jeunes rameaux et fragmentez-les en tronçons entre 2 et 10 cm de long. 

Votre BRF est prêt à être mis au sol sans attendre !

À noter qu’il est possible d’ajouter quelques rameaux de persistants ou résineux à votre BRF. Une étude des professeurs Lemieux et Germain de l’Université de Laval au Québec a démontré qu’introduire moins de 20% de conifère type pin, sapin et épicéa dans un BRF ne pose aucun souci et donne même de très bons résultats…

 

Acheter ou se procurer du BRF

Si vous n’êtes pas en mesure de produire votre propre BRF, il est toute de même possible de se procurer ces fameux copeaux :

  • Chez les élagueurs
  • Chez les paysagistes
  • Auprès des services publics ou privés de recyclage de déchets verts

Les municipalités entretenant leurs espaces verts laissent parfois le BRF produit sur place à la disposition des citoyens. Renseignez-vous auprès de votre Mairie.

Le bois rameau fragmenté ou BRF est un paillage très spécifique et intéressant au jardin en permaculture pour régénérer le sol, sa fertilité et favoriser la vie du sol.

Vous pouvez aussi passer une petite annonce dans la feuille de chou communale. Si votre village ne compte pas beaucoup de permaculteurs avertis, vos voisins pourraient vous fournir en BRF de façon très conséquente et très rapidement.

 

Le coût ?

Si vous n’avez pas la chance de trouver une source de broyat gratuite, le prix du BRF acheté auprès d’un professionnel est d’environ 20 à 40 € pour 3 à 5 m³.

La quantité ?

En admettant que vous épandiez une couche de 5 cm d’épaisseur sur votre sol, le calcul sera facile :

Surface à couvrir en m2 X 0,05 =  volume en m3 de BRF nécessaire

Il ne vous reste alors qu’à faire le calcul pour savoir si cela vaut plus le coup d’acheter du BRF qu’un broyeur !

 

Une petite vidéo sympa sur l’utilisation du BRF en maraîchage :

livre en lien avec la permaculture indispensable à lire

« Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) vous connaissez ? »

« Pour une (agri)culture du vivant »

Livre de Jacky Dupéty
128 pages, édité par Éditions de Terran en 2007

Prix : environ 15,00 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre

Source documentaire :

Étude des professeurs Lemieux et Germain de l’Université de Laval au Québec : https://www.verdeterreprod.fr/wp-content/uploads/2019/05/LE-BOIS-RAMÉAL-FRAGMENTÉ-LA-CLÉ-DE-LA-FERTILITÉ-DURABLE-DU-SOL.pdf

Faites le design en permaculture de votre jardin !

Pour savoir où il vous sera le plus utile de relancer l’activité biologique du sol avec une bonne couverture de BRF, il faut savoir à quoi vont servir les différents espaces de votre terrain ! Pour y parvenir efficacement et mettre toutes les chances de réussite de votre côté, faites le design en permaculture de votre jardin grâce à notre formation en ligne dédiée !!

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

Mots clés
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Invitation à l’assemblée générale du Sens de l’Humus

Le dimanche 11
octobre 2020 à 14h

Jardin Pouplier
60 rue de Saint Antoine 93100 Montreuil

dav

* AU PROGRAMME *

14h00-14h30 : café et tour de présentation
14h30 : début de l’AG – Validation de l’Ordre du Jour

– Présentation Générale
– Bilan d’Activité
– Bilan Financier

* Affectation du Résultat

– Rapport Moral et Perspective 2021
– Eléments de Budget 2020
– Modification des Statuts 
– Election des membres du Bureau
et du Conseil Collégial

– Questions diverses :
* Points de fragilité / échecs
* Points de force / réussites

17h30 : Pot – échanges débridés ou pas
sur des choses plus vivantes et moins formelles



 → Merci de nous informer de votre présence en retour de ce mail, n’hésitez pas à apporter quelques douceurs à grignoter ou à boire, et à bien vous couvrir car la salle n’est pas chauffée.

Le Sens de l’Humus recherche deux services civiques !


On souhaite accueillir deux jeunes curieux·ses de découvrir notre équipe et de participer à la vie de notre merveilleux jardin Pouplier ! Alors si vous avez envie de mettre les mains dans la terre plutôt que dans le bitume, si le partage et l’accueil du public ça vous rend joyeux, et si vous aimez les belles plantes produites localement et avec amour, n’hésitez pas à nous contacter !

Vous pouvez également retrouver les annonces et candidater sur le site national des missions de services civiques ici et  !

Que mange un hérisson et où dort-il ? Nourriture, abri, hibernation, habitat…

Le hérisson, d’allure débonnaire, est en fait un prodige d’adaptation, un concentré de technologie. Mère nature a expérimenté sur lui bon nombre des innovations de pointe qu’elle a ensuite distribué aux diverses autres espèces. Parmi les plus impressionnantes, figure l’adaptation à l’hiver et à la pénurie de nourriture. Mais que mange un hérisson dans quel abri dort-il ?

L’automne venu, les hirondelles fuient honteusement vers le sud pour échapper à l’emprise du froid et à la disparition des insectes. Ceux qui restent changent de costume. Le renard revêt une longue pelisse rousse. Le rouge-gorge gonfle son plumage d’un dense et chaud duvet, car il s’agit d’assurer sa survie face au froid à venir. Le hérisson, quant à lui, n’a du poil que sur le ventre et un peu au menton. Son dos n’est couvert que de piquants distants les uns des autres, qui n’assurent qu’une médiocre isolation thermique. Comment va-t-il survivre aux frimas, au givre, au gel, à la neige ? Même pas peur.

La réserve de nourriture du hérisson

L’allongement des nuits provoque chez le hérisson un bouleversement physiologique important. Il est pris, à l’automne, d’un irrépressible besoin de manger. En prévision de la pénurie de nourriture à venir, il se gave et emmagasine, sous forme de graisse, toute l’énergie dont il aura besoin pour les mois à venir. C’est cette couche adipeuse qui va l’isoler du froid.

Découvrez ce que mange un hérisson, sa nourriture favorite mais aussi ses besoins en terme d’abri, son hibernation…

Ce hérisson recherche activement des petites limaces. Il en mangera plus de 300 en une heure. ©Philippe Jourde

En temps normal, il faut entre 60 et 90 g de nourriture pour satisfaire les besoins d’un hérisson adulte, mais en automne, certains animaux mangent presque trois fois plus, au point que certains individus gagnent 3 % de leur poids par nuit. Pour un humain de 70 kg, cela consisterait à voir le chiffre de la balance augmenter de 2,1 kg quotidiennement !

Que mange un hérisson ? De tout !

Si chaque hérisson a des préférences alimentaires, la plupart ne font pas la fine bouche. Vers de terre et mollusques sont ses proies de prédilection durant les nuits humides. Par temps plus sec, la nourriture du hérisson se diversifie et il recherche des chenilles, des coléoptères, mais aussi des tipules ou des grillons. En réalité, il ingurgite à peu près tout ce qui passe à portée de truffe, y compris des proies volumineuses et cuirassées, comme des écrevisses de Louisiane, ou de puissants carabes, dont le goût révulse la plupart des autres prédateurs.

Découvrez ce que mange un hérisson, sa nourriture favorite mais aussi ses besoins en terme d’abri, son hibernation…

Ce méloé toxique est une proie fréquente du hérisson. © Philippe Jourde

Dire que le hérisson est un auxiliaire du jardinier est un poncif mille fois répété. Mais l’observation d’un individu dévorant goulument 352 jeunes Loches laiteuses en 1h30, le 9 octobre 2018, dans un potager de Charente-Maritime, fera sans doute lever le sourcil de plus d’un adepte de la permaculture.

Côté verdure, le hérisson joue moins les héros. Clairement, les cinq fruits et légumes par jour ne font pas son affaire. Il dédaigne ce qui n’est pas animal mais peut, à l’occasion, notamment lors des sècheresses ou en fin d’automne, se rabattre sur des fruits tombés au sol. Ce que mange le hérisson varie donc en fonction de ce qui est disponible et il aime aussi à s’aventurer dans le tas de compost.

Plus de nourriture = hibernation du hérisson

Quand la nourriture du hérisson se fait rare et sous un seuil de température, qui varie selon les régions entre 5 à 7°C, le hérisson se réfugie dans un des nids qu’il a préalablement construit. Se déroule alors un phénomène extraordinaire : l’hibernation.

En l’espace de quelques heures, l’animal va profondément modifier ses fonctions vitales. Sa température interne s’abaisse de 35 à 4°C. Le rythme cardiaque, habituellement de 150 à 280 pulsations par minutes, chute à 5 battements. Les phases de respiration sont entrecoupées d’apnées pouvant durer jusqu’à deux heures ; les cachalots, pourtant 100 000 fois plus gros, ne font pas mieux. Pour éviter la déperdition d’eau, la fonction rénale est réduite. Le métabolisme du glucose est minimal pour réduire la consommation d’énergie. Le hérisson met donc tout son corps au ralenti. Il entre dans un état comateux, proche de la mort et consomme dès lors en 120 jours, l’énergie que lui coûterait une unique journée d’activité printanière !

La température idéale d’hibernation du hérisson se situe à 4°C. Au-dessus et en-dessous de ce seuil, la consommation de graisse s’accroît. Le hérisson s’abrite donc dans un nid de feuilles, dont la position et l’isolation permettent le maintien de conditions relativement constantes.

Découvrez ce que mange un hérisson, sa nourriture favorite mais aussi ses besoins en terme d’abri, son hibernation…

Un hérisson hiberne dans son nid d’hiver, parfaitement camouflé, au premier plan à gauche. © Philippe Jourde

Mais notre Belle au bois dormant ne sommeille pas en continu. Elle se réveille brièvement tous les 7 à 11 jours et plus durablement si la température extérieure se radoucit et permet de partir en chasse. Si, au contraire, une vague de froid survient, un système de sauvegarde relance l’activité de l’animal pour éviter qu’il ne se transforme en marron glacé. Il n’est pas rare alors que le hérisson déserte son gîte au profit d’un abri mieux adapté pour continuer son hibernation.

À cette occasion, on peut parfois l’observer de jour. Une règle absolue : le laisser tranquille !

Si vous voulez en savoir plus sur le hérisson, découvrez l’article « Bébé hérisson et mode de reproduction : une vie de polisson »

Livre Le Hérisson d’Europe

Le Hérisson d’Europe

Description, comportement, vie sociale, mythologie, observation
Prix Jacques Lacroix du meilleur livre de nature, décerné par l’Académie française. Labellisé par la LPO.

Livre de Philippe Jourde
Environ 216 pages, Édité par Les Éditions Delachaux et Niestlé en 2020.

Prix : environ 19,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque    |   FNAC

Philippe Jourde

Philippe Jourde

Philippe Jourde travaille au service Connaissance de la LPO, où il administre le portail national de science participative www.faune-france.org, qui permet à chacun de partager ses observations d’animaux et de consulter des millions de données.
Il est par ailleurs auteur et adaptateur de livres sur la nature et vient de signer une édition revue et augmentée de l’ouvrage « Le Hérisson d’Europe », aux éditions Delachaux et Niestlé.

Installez une haie qui servira au hérisson mais aussi aux abeilles et autres pollinisateurs !!

Comme le préconise Philippe Jourde, il est primordial, pour aider les hérissons, de leur redonner des refuges, des habitats paisibles en replantant des haies ! Et si vous en profitiez pour faire d’une pierre deux coups (principe de permaculture : un élément remplit plusieurs fonctions 😉 !) en installant notre haie des abeilles qui pourra abriter des hérissons tout en attirant les pollinisateurs chez vous, intéressant, n’est-ce pas ? Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus !

La haie des abeilles

Augmentez et protégez vos récoltes fruitières et légumières de façon significative en attirant dans votre jardin un maximum de pollinisateurs grâce à « la haie des abeilles » !

Mots clés
Famille permaculture, baissiere, permaculture pour les enfants, abondance, plantation, gestion de l’eau, formation, permaculture, design, permacultureDesign
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Permaculture en famille, baissière et abondance

Permaculture en famille, baissière et abondance

Découvrez le témoignage vidéo de Romain, membre des formations PermacultureDesign, qui aménage en permaculture, avec sa famille, un hectare de terrain où il s’appuie notamment sur un système de baissières pour gérer l’eau et favoriser l’abondance naturelle et la biodiversité. Merci à Romain et sa famille pour ce partage inspirant ! 

Ce reportage a été tourné au printemps 2019. 

Le changement de vie de toute la famille avec la permaculture  

J’ai grandi à Paris, dans un HLM ; mais heureusement, j’avais la chance d’aller à la campagne le week-end pour commencer à m’éveiller à la nature. Je plantais des arbres à 6 – 7 ans, je bouturais des plantes… J’ai toujours été un jardinier dans l’âme. C’est peut-être lié aussi aux peurs de ma mère, qui ne voulait pas que je descende de l’appartement où nous vivions : j’enrageais d’être au sixième étage, de regarder le sol, les arbres et de ne pas pouvoir descendre. Ça m’a motivé déjà pour devenir jardinier, pour me rapprocher de la terre, et j’ai senti que cette vie – comme dirait Rabhi, cette vie hors sol – n’était pas logique quoi.

J’ai rencontré la permaculture en rencontrant le jardin. J’ai toujours été jardinier : j’ai passé mon BTA en 1998 – Brevet de Technicien Agricole – puis le BTSA, Brevet de Technicien Super Agricole, en aménagements paysagers. Je suis ensuite passé dans un appartement avec un petit terrain, et j’ai commencé à expérimenter le jardinage. De fil en aiguille, j’ai commencé à comprendre le système de la permaculture, qui m’a beaucoup plu et qui m’a donné envie de changer de vie et de lieu de vie, ce qui m’a amené ici, en Charente-Limousine. On est arrivés sur ce terrain, tout d’abord parce qu’il y avait de l’espace – un hectare

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Vue aérienne du jardin en permaculture de Romain et sa famille aménagé avec un systèmes de baissières, retenues d’eau et haies biodiversifiées.

La phase d’observation, s’est faite au niveau des pluies : je sortais avec un imperméable, je regardais où s’écoulait l’eau. Comme j’ai la chance avec mon métier de pouvoir aller dans de nombreux jardins, je regardais ce qui fonctionnait bien en matière de plantes dans les jardins alentour. 

Un jardin potager luxuriant en zone 1 avec plusieurs expérimentations

La zone 1 est la zone du potager. Nous avons des structures en bois de récupération (un bois exotique). On surélève beaucoup ici puisqu’on est sur un sol argileux. En effet, il y a une tuilerie non loin d’ici. 

On a une haie méditerranéenne. L’objectif, c’est d’avoir des végétaux utiles et résistants à la sécheresse. 

On a eu de beaux résultats : par exemple, ce Goumi (elaeagnus multiflora) a été planté il y a trois ans et je vois qu’il va donner des fruits. Nous avons aussi ici un mélange de cassis, de fraises, d’aromatiques et de framboises. Ici, cette année, on laisse un petit peu enherbé, parce qu’on ne sait pas si on va avoir de la sécheresse ou pas. Donc on ne tond pas trop pour conserver l’humidité

Ce sont des zones qui demandent très peu de travail : les plantations sont surtout densifiées en hiver, par exemple on a des oignons : on les a plantés en mars et je ne m’en occupe quasiment plus.

Nous plantons beaucoup de légumes vivaces. Notamment, on a cette arroche qui se ressème partout, on peut voir leurs grandes tiges qui sont en train de monter en graines. C’est très intéressant comme épinard.

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Expérimentation au jardin potager en permaculture de Romain : utilisation d’ardoises pour accumuler de la chaleur autour des légumes potagers craignant le froid.

Ici nous faisons une petite expérience sur un ados. On a du mal, comme les nuits sont fraîches – on est quand même dans le piémont du Massif Central. 

On essaye de mettre des ardoises sur cet ados pour conserver la chaleur et la restituer aux aubergines, aux piments… Un ados, c’est une petite butte qui est tournée – en fonction de l’hémisphère dans lequel on se situe, ici l’hémisphère Nord bien sûr – vers l’exposition la plus courante du soleil, chez nous vers le sud, pour emmagasiner la chaleur et permettre de faire en quelques sortes un piège à chaleur.

Ici, on est là dans la partie poulailler, si bien que dès que j’ai des petits fruits un peu périmés, comme par exemple les tomates spontanées qui se trouvent là, je les donne aux poules. Je leur donne aussi les vers que je trouve quand je jardine. 

Les roses trémières qui se trouvent là sont venues spontanément dans le paillage. Il y en a à différents endroits dans le jardin. Je mets toujours des oignons en bordure. Ici, on est un peu envahis par les bourraches. Ce sont mes “mauvaises herbes”, mais ce sont des mauvaises herbes intéressantes !

L’importance des ressources en permaculture

Nous avons une scierie à 35 kilomètres d’ici. Ils ont beaucoup de bois qu’ils n’utilisent pas. J’ai récupéré un gros stock, et on l’a utilisé pour fabriquer ces toilettes sèches, fabriquer ces jardinières, et une autre cabane derrière et je m’en suis servi aussi en bois de coffrage… 

C’est une source gratuite de bois très intéressante. Dans la région, on a de nombreuses ressources, par exemple du vieux foin pour faire le paillage : encore meilleur quand les agriculteurs le jettent parce qu’il est pourri, parce qu’il y a des champignons dedans et c’est merveilleux parce que ça nous fait nos mycorhizes pour le sol. 

On a aussi des ressources en savoir-faire : par exemple, j’ai mon fils qui est en train de faucher, et c’est l’ancien paysan du coin qui nous a montré la faux, son maniement, l’affûtage… 

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Le fils de Romain est en train de faucher une zone, geste technique qu’il a appris grâce à un voisin agriculteur qui lui a transmis ce savoir-faire.

 

Travailler avec le sol et les microclimats pour diversifier les plantations possibles

Le bois qu’on voyait tout à l’heure va nous servir de piège à chaleur, en récupérant la chaleur du soleil, ce qui devrait nous permettre de planter des choses plus sensibles ici.

Ici, ce sont les excavations des fouilles des fondations du garage. J’ai respecté les couches, il y a de l’agile au fond, il y a de la terre plus végétale au-dessus, et encore au-dessus, il y a des apports de toilettes sèches et des engrais verts. On a mis du foin, et il y a eu du BRF aussi. Le retour sur expérience, c’est que la terre, qui était très lourde au départ, commence à se travailler et à devenir grumeleuse au niveau de la texture. Avec l’argile, et le complexe argileux humide qui se forme, elle commence à mieux retenir l’eau aussi, ce qui est intéressant parce qu’on va devenir séchant du coup (puisque tout ce qui est butte c’est séchant). L’idée, c’est de faire quelque chose de très dense pour ne pas avoir un jardin trop séchant. 

J’ai des charmilles, qui vont servir de fond, si jamais le voisin enlève le bois ; on a du laurier, du laurier palme (qui n’est pas très beau mais qui a l’avantage d’être persistant et de freiner le vent). On a aussi un laurier du Portugal, persistant aussi, qui va couper le vent… Donc au fond, on met déjà des persistants, et devant, on pourra se permettre de mettre des choses plus méditerranéennes, plus exotiques. 

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Romain a créé des microclimats permettant des plantations de végétaux exotiques comme ici un poivrier de Sichuan.

Ici on a un poivrier du Sichuan, assez sensible aussi, des féviers d’Amérique (gleditsia triacanthos) et au fond on a les buis. On ne sait pas encore ce qui va monter le mieux. On a des houx – ça monte déjà plus – toujours des lauriers du Portugal récupérés au nord… C’est une zone qu’on cherche vraiment à protéger.

Aménager le lieu en permaculture en famille, pour et avec les enfants !

Ça c’est la cabane que j’ai construite pour les enfants. Ce genre d’expérience, d’aventure, est complète. Ça ne va pas seul : c’est une éthique de vie : les avancées ne se font pas toujours où l’on veut qu’elle se fassent. Au niveau éducation, pour les enfants, on s’est un peu séparés du média télévisuel, il y a 8 mois. Ça a permis aux enfants de se rapprocher du jardin et de s’intéresser à ce qu’on faisait ici

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

La fille de Romain, Marilou, en train de couper des fanes de carottes récoltées sur son petit potager qu’elle gère en permaculture « comme une grande » !

Aussi, ils me voient, il y a l’exemplarité, mais le fait de les détacher un peu par nos choix de tout ce qui nous semblait un peu toxique à l’intérieur fait qu’ils sortent plus, ils font leurs expériences, avec l’argile, avec la poterie… Mon fils a fabriqué des moules pour faire des briques de terre crue… Il y a eu pas mal de choses comme ça qui ont été faites spontanément et qui sont liées, je pense, à cette démarche globale.

Le petit jardin en permaculture de Marilou, 8 ans

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Pour faire de la permaculture en famille et pour ses enfants, Romain a confié un espace de jardin potager à Marilou, sa fille de 8 ans, qui y découvre le fonctionnement de la nature et de la vie du sol !

Marilou : Je m’appelle Marilou, j’ai 8 ans et je vais passer en CE2. Mes talents, c’est les oiseaux, le massage et le jardin, car j’ai un petit jardin. Ici il y a des radis, après il y a des oignons, il y a de la mélisse…

Interviewer : Qu’est-ce que tu aimerais bien apprendre qui concerne le jardin à l’école ?

Marilou : Les petites bêtes dans le sol, parce que sans elles on ne peut pas planter.

Interviewer : Si toi tu étais l’une des petites bêtes qu’il y a dans le jardin, tu serais laquelle ?

Marilou : Un vers de terre. Parce qu’il retourne bien la terre.

 

Le zoning du design de permaculture de Romain et sa famille

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Extrait du design en permaculture réalisé par Romain sur son « jardin du Curé », véritable lieu d’expérimentations.

Ici, c’est la zone 2. C’est une zone beaucoup plus riche que le fond du jardin. En effet, la vieille dame qui vivait dans la petite maison qu’on habite aujourd’hui, faisait son potager par ici, donc il y a de l’humus. Du coup, les végétaux ici poussent plus que dans l’autre partie. On y a mis un verger qui se situe en amont de la mare. Plus tard, on envisage d’avoir des canards.

La zone 3, ça serait cette zone qui est la suite du verger qui est derrière nous, et après, la zone 4, ça serait cette grande haie, que j’ai plantée en 2015, pour couper des vents d’ouest. En fait, c’est une haie qui est subventionnée. Elle a été plantée avec l’association Prom’Haies Nouvelle Aquitaine, qui s’occupe de la plantation des haies. C’est la promotion de l’arbre hors forêt. Et donc, à chaque fois qu’on a une bande comme ça non plantée, ils proposent une subvention – il faut au moins 100 mètres. 

Et cette zone au fond, ce serait la zone 5, parce que c’est un peu sauvage – il y a une lisière là-bas un peu sauvage.

Les facteurs limitants sur ce lieu en permaculture

Les facteurs limitants sur ce terrain… Ce serait un peu la sécheresse, je ne sais pas si ça peut entrer en ligne de compte, mais l’été on a des sécheresses depuis 3 ans. 

On a aussi le sol lourd : les fruitiers n’aiment pas du tout le sol compact, argileux. 

Le vent est également un facteur limitant : on est dans un couloir assez venteux. 

Après, on a quand même de bonnes conditions générales : de la douceur l’hiver… On a aussi des nuits fraîches, et ça c’est un facteur limitant. Par exemple, je n’arrive pas à avoir d’aubergines à cause de ça. 

L’augmentation visible de la biodiversité des insectes 

J’essaye aussi de faire des essais pour voir la concurrence entre la consoude et l’ortie, voir qui est-ce qui peut prendre le dessus, parce que j’aimerais bien petit à petit implanter des poches de consoude autour des arbres, pour récolter déjà ce sera plus pratique. On peut voir à quel point la consoude accueille les pollinisateurs. Ce serait plutôt plus le bourdon que l’abeille, mais il faut savoir, quand même, que sur un cycle comme ça, l’abeille devient minoritaire en fait. Il y a tellement de diversité que l’abeille devient un insecte parmi tant d’autres.

On a vu la diversité des insectes s’accroître d’années en années. Par exemple, pour la petite histoire, j’ai de la sauge sclarée. A peine en fleurs, j’ai vu une espèce de grosse abeille noire que je ne connaissais pas ! On m’a dit c’est de l’abeille charpentière, et je ne l’avais jamais vue ! 

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

La biodiversité s’accroit chaque année sur le jardin en permaculture de Romain avec de nouvelles espèces comme cette grosse abeille charpentière.

On a les mantes religieuses qui ont décuplé, on a … tout un tas de choses ! On a des salamandres, elles se mettent dans les parpaings… On a des lézards verts dans les baissières. On n’a pas encore de hérissons, on les attend avec impatience !

Ici, les gens qui s’occupent des routes taillent à hauteur de piquet. Donc là, nous, l’intérêt c’était quand même de l’épaissir un peu, déjà pour que les gens nous voient moins de la route. Et comme on est un peu feignants, on laisse pousser les ronces ! Donc on nous voit moins. L’idée aussi c’est d’épaissir en contre-plantant – alors ce n’est pas toujours évident, parce que ces racines se concurrencent. 

La permaculture, une philosophie de vie qui donne du sens, change notre regard et notre rapport aux autres !

Plus on aménage le terrain, et plus on se crée aussi de dépendances et d’entretien. Donc je dirais que ce n’est pas tellement au début, les problèmes, c’est plutôt par la suite. 

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Romain apprends à partager son temps entre son jardin en permaculture expérimental et son activité en croissance de jardinier paysagiste.

Comme mon activité professionnelle au départ avait beaucoup de mal à démarrer, j’ai eu plus de temps. Maintenant que ça va bien au niveau de mon travail, il faut que je fasse des choix… C’est à dire faire le choix de travailler moins mais abandonner des rentrées d’argent !

Le fait d’être dans une passion, et d’être dans le ikigaï*, et d’être dans quelque chose qui vous enrichit, ça vous aide aussi dans votre vie de tous les jours. 

Le jardin aide à la patience, il aide à accepter beaucoup de choses. Ça nous aide à l’humilité. Le fait d’être en permaculture, c’était encore quelque chose de nouveau, surtout pour moi qui étais un jardinier paysagiste, ça m’a fait essayer des choses nouvelles, avec une dynamique nouvelle, avec des enseignements nouveaux et des principes nouveaux. Ça m’a fait me remettre en question sur de nombreuses choses. Effectivement, dans ma vie, ça a changé des choses ! Et lors de nos chantiers participatifs, on est obligés de ne pas être trop pressés, de ne pas être impatients, de soigner sa communication. Donc c’est soi-même qu’on change, obligatoirement.

J’essaye d’orienter les gens pour ne pas qu’ils fassent les mêmes erreurs que moi. C’est à dire, que j’ai tendance à voir grand, à planter un peu à tort et à travers. Parce que j’adore planter. 

Mais je pense qu’il faut commencer petit, en incluant la dimension humaine dès le départ. Chose que je n’ai pas faite. J’étais un peu tout seul, j’ai un peu sensibilisé ma famille, mais il vaut mieux être à plusieurs dès le départ. Je vois que ceux qui commencent à plusieurs vont plus loin ! C’est le fameux dicton : ceux qui sont à plusieurs vont plus loin, même si quand on est tout seul, on va plus vite ! 

Je serai chaque jour un peu plus convaincu que de toutes façons, nos systèmes ne peuvent perdurer qu’en prenant soin de la nature. En partant du principe que nous nous inscrivons dans la nature : même si on le veut, on ne peut pas de façon durable domestiquer la nature, puisqu’on crée des problèmes… En fait, on trouve les solutions en s’adaptant à la nature. Et c’est d’essayer de réfléchir à notre place sur la Terre, et à notre fonction, qui va faire qu’on va y arriver !

Romain témoigne de sa façon de faire de la permaculture en famille, avec et pour les enfants sur son terrain d’un hectare en Charente Limousine qu’il a notamment aménagé avec un système de baissières et de haies biodiversifiées.

Romain et sa fille Marilou se promenant tout sourire dans les allées de leur jardin en permaculture familial.

Un grand merci à Romain et sa famille pour ce témoignage inspirant dont nous espérons qu’il donnera envie à d’autres de se mettre à la permaculture en famille 😉 !

 

Avant de creuser des baissières, faites votre design de permaculture 😉

Si vous souhaitez faire des baissières comme Romain sur le Jardin du Curé, avant de vous jeter sur vos pelles, pour éviter les échecs, faites votre design global de permaculture afin de mettre en cohérence vos objectifs et vos éléments selon votre contexte unique !! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

Mots clés
Famille permaculture, baissiere, permaculture pour les enfants, abondance, plantation, gestion de l’eau, formation, permaculture, design, permacultureDesign
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Journées portes ouvertes au jardin Pouplier et un dimanche aux Murs à Pêches

Dans le cadre des journées européennes du Patrimoine/Matrimoine ce weekend 19 et 20 septembre, le jardin ouvrira ses portes pour les deux après-midis consécutives. Venez profiter du jardin, acheter des plantes et graines et découvrir une magnifique exposition de portraits du jardin solidaire !

Dimanche 20 septembre à partir de 12h et jusqu’au soir, la Fédération des murs à Pêches organise également un événement sur la prairie !

 » Difficile dans le contexte actuel d’organiser un « festival » d’arts de rue et de musique en plein-air… Celui des Murs à pêches annulé au printemps, nous ne pouvions ne rien faire à l’automne. Qu’à cela ne tienne, nous vous invitons à venir masqué.e.s et rassasié.e.s le dimanche 20 septembre pour une journée riche en spectacles, ateliers, et musique. Malgré les masques, les barrières, et l’interdiction officielle de boire ou de se restaurer sur le site (vous avez bien lu), nous rirons quand même et danserons avec les barrières. Pourvu que cela ne dure. Pourvu que nous ne nous habituions pas à rester cloîtré.e.s et à nous détourner les un.e.s des autres. Cela nous rappellera au moins ce qui compte vraiment et ce à quoi nous ne pouvons renoncer ! La Fédération des Murs à Pêches animera la Prairie des Murs à Pêches, 61 rue de Pierre de Montreuil. Informations et programme sur l’ Evènement facebook. Les autres parcelles seront également ouvertes ! Retrouvez leur programmation sur l’Agenda des Murs à Pêches de Septembre « 

A retrouver sur le site de la fédé’

Projection Ciné-Jardin samedi 12 septembre au jardin Pouplier, APPEL A BENEVOLES CHANTIER PARTICIPATIF !

Dans le cadre du festival Ciné-Jardins 2020, nous accueillons demain une projection au jardin Pouplier !

PROGRAMME

19:00 VISITE DU JARDIN
19:30 VENEZ AVEC VOTRE PIQUE-NIQUE !
20:30 PROJECTION EN PLEIN AIR

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WILD PLANTS
de Nicolas Humbert
Suisse | 2016 | 108′

Néo-jardiniers dans les friches industrielles de Detroit, coopérative des jardins de Cocagne à Genève, semeur poète dans les espaces publics de Zurich… Nicolas Humbert ouvre une réflexion cinématographique à partir de la façon dont quelques pionniers réinstaurent une nature en ville, et un rapport de proximité avec le monde végétal.Film précédé d’une présentation vidéo par le réalisateur.

_______________

ENTRÉE LIBRE

Plus d’informations sur le festival https://cine-jardins.fr/

Evenement facebook : ici !

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APPEL A BENEVOLES !

Cela fait 3 matinées (mardi – mercredi- jeudi) que nous travaillons au nettoyage et à l’aménagement de la parcelle qui accueillera la projection mais il reste encore beaucoup de travail.

Rendez-vous samedi matin à 10h au jardin Pouplier pour avancer sur ce chantier. Entrée par la parcelle Herry au 62 rue de Saint Antoine. Si nous sommes beaucoup cela peut aller vite ! On se fait un pique-nique vers 13h et après on a encore l’après-midi pour finaliser. L’équipe de Ciné-jardins arrivera avec tout le matériel de projection à 16h et s’occupera de la mise en place de l’écran, de la sono, des chaises…

La haie fleurie au jardin

Nous sommes nombreux à souhaiter mettre en place une haie dans notre jardin, mais il existe plusieurs types de haies, selon l’usage que l’on veut en faire. Une haie n’est pas nécessairement figée, elle peut agrémenter le jardin par des floraisons variées : c’est ce que nous vous proposons de voir, au travers de la haie fleurie, dans cet article.

Déterminer dans quel environnement j’implante ma haie fleurie

Avant toute chose, il convient de savoir dans quel contexte ma haie fleurie va devoir pousser. 

Quelle est la nature du sol ? Est-il drainant, séchant, riche en matière organique, argileux ? 

– Quel est l’ensoleillement dont bénéficiera ma haie ? Soleil toute la journée, ombre, alternance de soleil et d’ombre selon le moment de la journée ?  

– Dans quelle zone de rusticité se trouve mon emplacement ? Quelles sont les périodes de gel ?

Une fois tous ces éléments déterminés, vous avez les bonnes bases pour orienter vos choix de plantation.

Végétaux à feuilles caduques ou persistantes ?

Les végétaux à feuillage persistant permettent d’isoler mieux le jardin et de créer une haie brise-vue, cependant, leur aspect varie peu d’une saison à l’autre et la haie peut devenir un peu monotone pour l’œil. De plus, s’il s’agit de conifères, ils n’offrent pas la possibilité de recéper la haie (rabattre près du sol) afin de la rajeunir.

Les arbustes caducs vont perdre leurs feuilles durant l’hiver, mais ce phénomène est largement compensé par les belles couleurs automnales arborées avant leur chute, ou encore par les tendres tonalités des jeunes feuilles lorsqu’elles se déploient au sortir de la mauvaise saison. 

Découvrez comment composer une haie fleurie pour des floraisons toute l’année, avec des exemples d’arbustes de haie fleurie persistants et caducs, selon vos besoins et envies !

Magnifiques couleurs d’automne des arbustes et arbres caducs.

Bien souvent, les arbustes caducs offrent aussi de belles fructifications, qui sont décoratives et souvent utiles à la faune (et parfois à nous aussi !).

Peut-être pouvez-vous opter pour une haie fleurie mixte, comprenant des arbustes à feuillage persistant et caduc, afin de varier les plaisirs visuels et éviter ainsi la monoculture ?

La haie fleurie, une question d’espace…

Une autre question à laquelle il convient de répondre avant d’installer une haie fleurie est de savoir l’espace dont on dispose pour sa mise en œuvre. En effet, une haie, même taillée au cordeau, prendra au minimum 50cm de large sur un terrain, ce qui est un facteur non négligeable si on l’implante dans un petit terrain. Si vous avez une contrainte de place, peut-être serait-il plus adéquat d’opter pour des plantes grimpantes sur un support, afin de minimiser l’occupation de l’espace ?

Découvrez comment composer une haie fleurie pour des floraisons toute l’année, avec des exemples d’arbustes de haie fleurie persistants et caducs, selon vos besoins et envies !

Si la haie fleurie vous semble cependant toujours séduisante, mais que votre espace est réduit, sachez que sa taille interviendra plusieurs fois par an, afin de la contenir dans un gabarit déterminé : ce travail n’est pas à négliger.

Il faut également savoir que la plantation d’une haie peut être soumise à des réglementations locales, à prendre en compte dans les règlements d’urbanisme (tels les PLU). En l’absence de tels documents sur votre commune, c’est le règlement du Code civil qui s’applique. Celui-ci stipule que les végétaux excédents 2m de haut doivent être plantés à 2m des limites séparatives, tandis que ceux restant inférieurs à 2m pourront être plantés à 50cm de la limite de propriété.

Echelonner les floraisons

Tous les arbustes ne fleurissent pas au même moment ! Il est possible d’avoir des fleurs une bonne partie de l’année, si vous composez votre haie avec attention. Certains arbustes, tel la viorne-tin (Viburnum tinus) produit une floraison en hiver, celle-ci est, de plus, suivie par une fructification attractive pour les oiseaux.

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Viorne-tin, du plus bel effet dans une haie fleurie.

Dans les arbustes à fleurs, il y a ceux qui fleurissent au printemps, puis ceux qui déploient leur floraison en été. Ce sont les deux périodes « phares » pendant lesquelles vous pourrez profiter de leur attrait. En dehors de ces deux époques, en hiver, les floraisons sont rares, sauf si l’on se trouve au Sud de la France, où certaines plantes, grâce au climat doux, peuvent prolonger leur floraison, voir refleurir.

Vous pouvez aussi réfléchir à la composition de votre haie fleurie en fonction du lieu où elle se trouve au jardin. Il est possible que vous utilisiez certains espaces de votre terrain plutôt au printemps, avec les premiers rayons de soleil, tandis qu’en plein cœur de l’été, vous vous prélasserez sur un autre espace. Les haies adjacentes peuvent ainsi être plantées de végétaux aux floraisons majoritairement printanières ou estivales selon l’emplacement, pour suivre vos habitudes.

Quelques arbustes persistants pour votre haie fleurie

Cumuler feuillage persistant et floraison intéressante pour créer une haie persistante n’est pas chose si commune. Nous vous suggérons ici quelques végétaux répondant à ces critères.

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Fleurs de berberis (ou épine-vinette), un arbuste persistant très intéressant dans une haie fleurie !

Les berberis comprennent de nombreuses espèces, dont certaines sont persistantes. Ainsi le Berberis darwinii arbore une floraison jaune-orangé au printemps, suivie de baies bleues à l’automne. Particularité supplémentaire, ses branches sont très épineuses, ce qui en fait un bon candidat pour une haie défensive.

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Escallonia rubra en fleurs, autre arbuste persistant très intéressant dans une haie fleurie ! ©Sten Porse CC BY-SA 1.0

Les escallonias sont des arbustes à feuillage persistants convenants pour les climats aux hivers pas trop rudes. Leurs petites feuilles sont accompagnées, au cœur de l’été, par de nombreuses petites fleurs rose vif, blanc rosé ou blanc. Ce sont des plantes adaptées au climat maritime.  Escallonia ‘Apple blossom’ est un cultivar offrant, dès juin, une profusion de petites fleurs blanc rosé.

Toujours sous climat plutôt doux, les véroniques en arbre ou hébés, peuvent convenir pour former des haies basses (inférieur à 1m). Leur floraison est estivale.

D’autres arbustes persistants et fleuris : les troènes (Ligustrum), le myrte (Myrtus mais uniquement pour les climats méditerranéens ou littoraux), le photinia (Photinia sp.), le laurier du Portugal (Prunus lusitanica), ou encore les osmanthus (Osmanthus sp.).

Quelques arbustes caducs pour votre haie fleurie

Le choix est très vaste dans cette catégorie !

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Jolie floraison de cornouiller mâle (Cornus mas) en fin d’hiver.

Pour bien démarrer l’année, la floraison jaune du cornouiller mâle (Cornus mas) est très stimulante ! Elle est portée, en février/mars, sur les rameaux dépourvus de feuilles ce qui la rend très spectaculaire et visible.

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Jolie floraison de cognassier du Japon en fin d’hiver /début de printemps.

Dans la gamme des arbustes à floraison printanière, on peut citer : le cognassier du Japon (Chaenomeles sp.), qui présente de jolies fleurs aux tons rose soutenu ou blanc-rosé.

Comment profiter pleinement du printemps sans les délicieuses fleurs de lilas (Syringa vulgaris sp.), au parfum si caractéristique ? Il en est de même des fleurs de seringat (Philadelphus coronarius) dont le parfum est entêtant : ses étoiles blanches raviront les narines des jardiniers. Les spirées (Spiraea sp.) et les aubépines (Crataegus sp.) complèteront ce tableau par leurs floraisons miellées.

En été, le millepertuis (Hypericum patulum) et le genêt (Genista sp.), accompagneront de leur jaune vif les rayons dorés du soleil.

Découvrez comment composer une haie fleurie pour des floraisons toute l’année, avec des exemples d’arbustes de haie fleurie persistants et caducs, selon vos besoins et envies !

Jolies inflorescences en boules d’hortensias.

Avec un sol maintenant un bon taux d’humidité, on pourra installer des hortensias (Hydrangea sp.): leurs énormes fleurs aux couleurs variées sont du plus bel effet au jardin. Par ailleurs, les hortensias tolèrent les expositions à mi-ombre.

Un large choix pour votre haie fleurie

Nous l’avons vu, l’étendue des possibles est vaste, mais celle-ci se réduira lorsque vous étudierez spécifiquement l’emplacement dans lequel vous allez implanter votre haie. Si vous souhaitez être accompagné(e) dans cette démarche de conception en permaculture et choix d’emplacement pour vos plantations de haies, la formation « Invitez la permaculture dans votre jardin » est faite pour vous.

 

Néanmoins, de nombreuses floraisons s’offrent à vous, et leur variété vous comblera ! Pour bien choisir vos végétaux, vous pouvez aussi demander conseil à votre pépiniériste local, qui saura vous guider.

 

Anais Jeunehomme

Anaïs Jeunehomme, paysagiste conceptrice, certifiée en permaculture. Je conçois, avec l’Atelier l’Embellie des jardins inspirés des principes de la permaculture, adaptés au lieu et à ses habitants, valorisant les ressources existantes, où les plantes sont belles mais aussi comestibles, médicinales, mellifères ou amélioratrices du sol. Car un jardin est un lieu de ressourcement et de bien-être, mais aussi une pierre supplémentaire dans l’édification d'une société plus écologique et durable.

Attirez les pollinisateurs chez vous grâce à des haies mellifères !!!

Vous pouvez installer une haie fleurie qui soit aussi une haie mellifère pour attirer un maximum de pollinisateurs chez vous ! Pour cela, découvrez notre formation en ligne « la haie des abeilles » en cliquant sur le bouton ci-dessous !

La haie des abeilles

Augmentez et protégez vos récoltes fruitières et légumières de façon significative en attirant dans votre jardin un maximum de pollinisateurs grâce à « la haie des abeilles » !

Mots clés
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Tous permaculteurs en 2020 – Bulletin saisonnier Alpes-Maritimes

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Installer un nichoir pour accueillir les chauve-souris

Nous avons vu, dans un article dédié à la chauve-souris, son mode de vie, son incroyable capacité, sa totale inoffensivité, et son rôle primordial pour la biodiversité. Et si on lui ouvrait la porte de notre jardin ?

Les chauves-souris, des insecticides naturels

Rappelez-vous qu’accueillir la chauve-souris présente bien des intérêts. Elle adore ce que vous détestez :

  • Les moustiques qui n’hésitent pas à gâcher vos soirées barbecues entre amis.
  • Les noctuelles qui adorent s’attaquer aux jeunes plants de votre potager en permaculture.

Tout l’été, tous les soirs, inlassablement, les chauves-souris parcourent leur territoire à la recherche de nourriture. Elles ne sont pas très exigeantes, et « tout ce qui vole » passe « à la trappe ». Et c’est tant mieux : cela signifie qu’elles régulent les populations d’insectes ayant tendance à proliférer, faisant de la chauve-souris votre nouvelle meilleure amie…

Observer les chauves-souris à la tombée de la nuit, faire le boulot à votre place, une bière à la main, est quand même plus sympathique que d’enfiler une combinaison, remplir un pulvérisateur d’insecticides et semer la mort dans tous les recoins du jardin.

 

Nichoir à chauve-souris et alimentation

Le gîte oui, mais…

Lorsque l’on parle d’accueillir la chauve-souris, on pense tout de suite « nichoir ». D’abord, on ne parle pas de nichoir, mais de gîte. En effet, comme son nom l’indique, un nichoir accueille un nid qui est :

  • Une construction d’habitat par apport de matériaux
  • Un lieu d’élevage des jeunes

La plupart du temps, les gîtes à chauves-souris que vous installerez dans votre jardin ne seront ni l’un, ni l’autre. Les mâles qui apprécient ces lieux pour se reposer la journée, sont solitaires. Quant aux femelles, certes elles élèvent les jeunes, mais n’accumulent jamais de matériaux 

Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Exemple de gîte à chauve-souris. ©Colocaterre

… le couvert aussi

Ensuite, fournir le gîte, c’est bien, mais il faut proposer également le couvert. En effet, plus le jardin regorgera d’insectes, plus les chauves-souris apprécieront les lieux. Je ne vous propose pas de vous lancer dans l’élevage de moustiques ou de noctuelles, j’ai peu de chance de vous convaincre.

Une fois de plus, le mieux, c’est de laisser faire la nature : laissez la végétation spontanée reprendre ses droits dans les coins reculés du jardin, plantez des fleurs mellifères qui attireront les insectes, qui à leur tour, attireront les chauves-souris. Tondez moins souvent et plus haut, laissez fleurir les primevères, les pissenlits…

 
Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Semer une prairie fleurie va attirer les insectes et par conséquent les chauve-souris chez vous !

et si vous aimez la pelouse rase, achetez de la moquette verte pour votre intérieur, mais laissez l’herbe pousser à l’extérieur…

Enfin, après le gîte et le couvert, il ne faut pas oublier le petit coup à boire. C’est souvent la première chose que la chauve-souris fait en sortant le soir de son gîte, en effleurant une surface d’eau à la façon des hirondelles : rivière, abreuvoir à vache, lac, étang, MARE… Vous me voyez venir ? non…, quand même…, je ne vais pas vous demander de creuser une mare dans votre jardin pour étancher la soif des chauves-souris. Mais la mare a tellement d’autres rôles au jardin, que je vous laisse réfléchir quand même à ce projet.

 
Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Créer une mare permet d’offrir aux chauve-souris de quoi boire avant de partir en chasse nocturne! La mare a en plus bien d’autres fonctions essentielles au jardin en permaculture !

Les gîtes à chauves-souris

Il existe 2 catégories de gîtes à chauves-souris : les existants, ne nécessitant pas de travail, voire, vous libérant du temps, ou alors, les « fait exprès » le cas échéant.

Les abris à chauve-souris existants

 
Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Trous dans un tronc d’arbre pouvant servir de gîte aux chauve-souris.

  • Un arbre creux qui, s’il ne présente pas de danger n’a pas de raison d’être abattu.
  • Le mur de la grange dont les pierres légèrement disjointes laissent apparaître des fissures qui sont autant de gîtes. Ne les bouchez pas, il n’y a pas « péril en la demeure ».
 
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Fissure dans un mur pouvant servir de gîte aux chauve-souris.

  • Un carreau cassé à la petite fenêtre accédant au grenier, mais à l’abri de la pluie grâce au débord de toit.
  • Un bardage plein Sud avec un nœud de bois qui à « sauté », laissant apparaitre un trou.
  • Un moellon du garage percé lors des travaux.

Vous avez donc déjà des gîtes à chauves-souris. Prenez en soin, ce sont les préférés des chiroptères.

Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Petite fenêtre donnant sur un grenier, à laisser ouverte pour permettre aux chauve-souris d’entrer à ‘lintérieur.

Les abris à chauve-souris « faits exprès »

Il s’agit de construction « on ne peut plus simples », à condition de respecter certaines précautions :

  • Abri à chauve-souris en bois : isolant, peu onéreux, respirant, écologique
  • Bois non traités : ça va de soi…
  • Bois non poncé, voire rainuré, rayé : pour que les chauves-souris puissent s’agripper et grimper à l’intérieur. Ce serait dommage qu’elles patinent sur le palier…

Les chauves-souris ont besoin d’un espace restreint, en particulier les mâles qui ne l’utilisent que pour se reposer la journée. Il s’agit donc le plus souvent de 2 planches espacées de 2 cm. Cela suffit pour la majorité des espèces. Le tout recouvert d’un toit avec l’une des planches plus longue que l’autre pour créer une zone d’atterrissage.

Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Exemple de gîte à chauve-souris sur lequel on voit bien les morceaux de bois de différentes tailles pour créer une « zone d’atterrissage » pour les chauve-souris. ©Colocaterre

Installation du gîte à chauve-souris

Bien exposer le gîte à chauve-souris.

Vous pouvez fixer une ardoise sur la planche de devant, plus courte, permettant d’accumuler la chaleur des rayons du soleil, les locataires apprécieront le geste. Exposez le gîte plein sud, sur un mur extérieur, contre un arbre, toujours à l’abri des vents dominants. Vous pouvez aussi le placer dans vos combles si ceux-ci sont accessibles. L’espace nécessaire pour laisser entrer les chiroptères : 40 cm de long, 15 cm de haut.

Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Exemple de gîte à chauve-souris accroché dans les combles d’une grange. ©Colocaterre

En extérieur, placez ce gîte entre 3 et 5 m de haut, les chauves-souris, on l’a vu, sont des habituées des greniers à la belle saison, même s’il est vrai que l’on peut en trouver derrière des volets du rez-de-chaussée. Pour leur tranquillité, il est préférable de leur donner de la hauteur.

 

Leur assurer une tranquillité.

Quand vous aurez installé vos gîtes, le mieux est de les oublier, et de passer à autre chose : nichoirs à oiseaux, abris à insectes, à reptiles, et amphibiens… ou pourquoi pas… creuser une mare. Rappelons-le, les chauves-souris aiment la tranquillité, pas la lumière « en pleine poire ».

Je vous donne un truc pour ne pas succomber à la tentation d’aller trop souvent « voir si ça marche » : avant d’installer votre gite, prévoir, par exemple, un emplacement pour une mare. Installez votre gîte. À chaque fois que vous voulez lui rendre visite, direction la mare avec pelle et brouette. Creusez jusqu’à ce que l’envie passe. À renouveler à chaque fois que cela arrive. Et si vraiment vous n’en pouvez plus… vous pouvez discrètement voir si du guano s’accumule à l’aplomb du gîte plutôt que de braquer un phare dans les yeux de ces pauvres bestioles.

Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Reconnaître le guano de chauves-souris

C’est une petite crotte de la taille d’un grain de riz, plutôt noire, très semblable à celle de la souris et du lézard. Si, en la faisant rouler entre vos doigts gantés, elle ne se désagrège pas, il s’agit de souris, mulots, campagnols ou autres proies de nos amies les chouettes. Ces bestioles omnivores mangent des fibres consolidant leurs excréments.

Si la petite crotte se désagrège en minuscules paillettes, il s’agit soit de lézards, soit de chauve-souris, les 2 ayant le même régime alimentaire à base d’insectes dont la « carapace » constituée de chitine, riche, entre autres en azote, n’est pas digérée par l’organisme de leurs prédateurs. Elle est par contre dégradée dans votre jardin en permaculture pour le plus grand plaisir des plantes les plus gourmandes.

Pour avoir des chauve-souris à la maison, suivez les conseils de Sébastien Lazzaroni, passionné de biodiversité et faune sauvage, pour installer des nichoirs et autres abris à chauve-souris !

Crotte ou guano de chauve-souris trouvé dans des combles de garage, sous de vieilles poutres servant de gîte aux chauve-souris. Ces crottes sont très friables car remplies de carapaces d’insectes non digérées !

Si vous les trouvez isolées le long d’un mur fréquenté par les lézards, ce sont ces reptiles les propriétaires. Si elles sont plus nombreuses, à l’aplomb de votre gîte, d’une fissure du bardage, dans le grenier, ce sont nos amies les chauves-souris qui en sont à l’origine.

Qui aurait pu croire un jour que l’identification d’une crotte puisse vous réjouir ? tout arrive !

En conclusion, pour accueillir au mieux les chauve-souris :

Avant de nous quitter, revoyons comment accueillir les chauves-souris :

  • n’oubliez pas de prendre soin de tous les recoins naturels où elles peuvent s’établir
  • installez des gîtes
  • creusez une mare
  • troquez votre tondeuse contre une chaise longue
  • limitez les éclairages extérieurs,
  • évitez les travaux dans les combles d’avril à septembre (lieu d’élevage des jeunes)
  • évitez les travaux dans les caves de novembre à février (lieu d’hibernation)
  • devenez « refuge pour les chauves-souris » en contactant la SFEPM

Sébastien Lazzaroni

Sébastien Lazzaroni

Naturaliste de terrain depuis l'enfance, Sébastien Lazzaroni est un amoureux de la faune et de la flore sauvage. Il explore, observe, recense et préserve la nature sauvage grâce à la confection et la pose de nichoirs et d’aménagements divers. Ancien professeur de biologie, il partage, avec pédagogie, son expérience au travers de conférences pour comprendre, d’ateliers pour agir, d’articles et de plans de fabrication de nichoirs sur son blog colocaterre, dédié à la biodiversité. Il conseille également les particuliers et les professionnels dans la mise en place de stratégies pour accueillir la biodiversité et en faire une alliée du jardin, du potager, des cultures, des vergers et de la douceur de vivre.

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Pour concevoir, chez vous, un écosystème biodiversifié, autonome, résilient et durable où les chauves-souris auront toute leur place, suivez notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».
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Invitez la permaculture dans votre jardin

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Un potager traditionnel devenu forêt jardin en permaculture

Retrouvez en vidéo le témoignage de Catherine et Alain, membres des formations permaculture de PermacultureDesign. Ils nous présentent leur lieu de vie et de travail qu’ils aménagent en permaculture petit à petit avec notamment la création d’une forêt jardin en lieu et place d’un ancien potager traditionnel !

Un grand merci à Catherine et Alain pour leur bonne humeur, leur accueil sympathique et la visite guidée de leur petit coin de paradis 😉 !

Cette vidéo a été tournée au printemps 2019.

Retrouver la campagne et la nature, loin de l’urbanisation galopante !

Catherine : On se rend compte que finalement la nature elle est facile : il faut juste lui donner un petit coup de main, lui dire « bon allez, on te plante un nouveau, il est tout gentil, essaye de ne pas trop lui marcher dessus », et voilà ! La permaculture, c’est vraiment une notion qui se trouve en accord avec notre philosophie de vie.

Un ancien potager traditionnel transformé en foret jardin en permaculture grâce aux guildes autour des arbres fruitiers.

Fuir l’urbanisation galopante pour retrouver le calme et la beauté de la nature !

Avec Alain, mon mari, et Ferreol, mon fils le plus jeune, on habite ici depuis 6 ans, depuis 2013. On a choisi la Dordogne et Audrix parce qu’on cherchait des bâtis pour nos activités, et un grand terrain parce qu’à l’époque, on habitait dans le Var dans une maison qui était encore en pleine campagne il y a 30 ans, et qui maintenant est en pleine ville. Un matin, on s’est réveillés en se disant « Non, ce n’est pas ça qu’on voulait ! ». On voulait vivre à la campagne, écouter les oiseaux, avoir des arbres autour de nous, et on n’avait plus tout ça.

 

Une terre agricole tassée et fatiguée à réhabiliter

Donc on est partis avec nos bêtes, le chien, les chats, les ânes, tout le monde ! On est arrivés en Dordogne, et on a récupéré ce corps de ferme qui a beaucoup de bâti : trois maisons, quatre hangars sur huit hectares de terrain, sans compter deux autres hectares ailleurs dans le village. C’était à restaurer, mais il y avait une partie habitable pour le début. Il a fallu restaurer un séchoir à tabac pour accueillir mon activité de location de costumes.

Un ancien potager traditionnel transformé en foret jardin en permaculture grâce aux guildes autour des arbres fruitiers.

Ancien séchoir à tabac reconverti en salle de rangement de costumes pour l’activité de costumière de Catherine.

On s’est rendu compte, quand on est arrivés, que gérer les 8 hectares, c’était complexe. D’autant plus que c’est une vieille ferme qui a servi pour l’élevage de vaches. Il y avait beaucoup de vaches : on a donc la stabulation qui est énorme, un bac à lisier, très gros lui aussi – on entend les crapauds d’ailleurs, c’est le bac à lisier qu’on a transformé en grand bassin.

 

On a le vieux potager aussi. Mais ça ne fonctionnait pas très bien, parce que les terres étaient fatiguées, elles ont été beaucoup traitées par l’ancien propriétaire. 

Et puis les vaches étaient nombreuses, donc il y avait eu beaucoup de piétinements : toutes ces choses qui ont fait que le terrain était un peu fatigué, qu’il y avait beaucoup de plantes difficiles à gérer, des champs entiers de daturas, de très gros chardons de 2 m de haut… Il a fallu trouver des solutions pour gérer ça au mieux. Au début on a essayé de faucher pour essayer de s’y retrouver, et puis on avait envie d’avoir un potager. Mais on avait beaucoup de travail, ça n’était pas simple.

 

Le déclic avec la découverte de la permaculture

Les habitants du village sont globalement très écolo et ils ont commencé à nous parler de permaculture. Il y avait une communauté dans le coin qui faisait de la permaculture, donc on est allés voir ce qu’ils faisaient, et on s’est dit ah, c’est intéressant ! Ils nous ont d’ailleurs donné de la consoude. Puis petit à petit, on s’est intéressés, sur internet… Et on est tombés sur votre site de formation. On avait besoin d’une structure, d’une procédure à suivre, alors on s’est lancés !

Un ancien potager traditionnel transformé en foret jardin en permaculture grâce aux guildes autour des arbres fruitiers.

Le petit potager 3P de Catherine et Alain qui se porte à merveille !

On a commencé par le potager 3P et par faire un jardin-forêt de l’ancien potager, comme il y avait déjà beaucoup de fruitiers dessus. C’est ce qu’on a fait, on en est là pour l’instant, et on est bien contents, ça marche bien !

 

Là on a l’ancien bac à lisier qu’on a transformé en bassin. Pour l’instant le bassin nous sert de mulch :  étant donné qu’il était plein d’azote, même si on l’a vidé et nettoyé – il fait trois mètres de profondeur et quinze mètres par 10 – les plantes sont devenues très luxuriantes. Le problème c’est qu’elles prennent toute la place ! Donc maintenant, il faut qu’on les retire en grande partie. Comme c’est un bon mulch, c’est à ça qu’elles nous servent.

Un ancien potager traditionnel transformé en foret jardin en permaculture grâce aux guildes autour des arbres fruitiers.

Les plantes aquatiques du bassin, très abondantes, servent ensuite de mulch azoté au potager !

On a trois près différents pour nos ânes.

Ici il y a l’ancien corps de ferme, ici l’ancienne étable, transformée en habitation avec un « appendice ». Là on a un ancien séchoir à tabac en pierres, dont on a fait une salle de danse. Puis après, on a un pigeonnier : dans la région, les pigeonniers étaient le lot des riches propriétaires.

Et puis on a la grande maison, qu’on est en train de restaurer et qui sera notre future grande maison.

Voilà !

 

Créer une forêt jardin en lieu et place de l’ancien potager

 

A l’endroit de l’ancien potager, on voit encore les artichauts qui datent de l’ancien propriétaire. Il avait planté aussi trois cerisiers, cinq pruniers, deux figuiers, et douze vignes, tout ça serré dans ce petit espace. Il avait en plus son potager de légumes.

Un ancien potager traditionnel transformé en foret jardin en permaculture grâce aux guildes autour des arbres fruitiers.

Vue aérienne de la première partie de la forêt jardin en lieu et place de l’ancien potager.

Donc quand on est arrivés, cette pauvre terre était perdue ! On n’arrivait rien à faire pousser, quand on plantait quelque chose, ça ne prenait pas, c’était catastrophique ! On faisait un potager à l’ancienne, en arrachant les herbes… On pensait faire comme il faut, comme on avait appris, et ça ne marchait pas. Alors quand on nous a dit qu’en permaculture ça fonctionnait différemment on a été intéressés. On a d’abord essayé tout seul, mais je pense qu’on ne s’y prenait pas très bien, et peut-être pas au bon endroit aussi.

 

Commencer petit en installant une première guilde autour d’un kaki

On a décidé de garder cet espace, d’en faire un jardin forêt. On avait un kaki que nous avions planté, parce que mon mari est fou de kakis. On a commencé à planter sa guilde autour de lui. On avait déjà quelques fraisiers dans ce potager. On les a laissées libres finalement, et je me rends compte que depuis qu’on ne désherbe plus, on a une production de fraises plus importante. Au lieu de s’étaler, les fraisiers montent très haut, et ça crée une espèce de petite canopée de feuilles de fraisiers entre les graminées je pense que ça les protège plus ou moins des limaces… En tous cas elles ne sont pas pareilles que quand on s’en occupait différemment.

Un ancien potager traditionnel transformé en foret jardin en permaculture grâce aux guildes autour des arbres fruitiers.

Depuis qu’elle ne désherbe plus, Catherine a pu observer que ses fraisiers se portent bien mieux qu’avant avec, entre autres, beaucoup moins d’attaques de limaces et des récoltes plus abondantes !

Donc l’oseille et les fraises sont restées de l’ancien propriétaire, et on a ajouté la sauge, la menthe, d’autres fraisiersLes vignes sont au fond, on a planté quelques framboisiers. La consoude a bien pris parce qu’on nous l’avait donnée les premières années. Ici on voit le poirier, là de petits arbustes qui vont faire une espèce de haie. Un cornouiller, un saule

Le saule va me servir pour faire des paniers – en effet j’ai eu la chance d’apprendre à tisser des paniers en osier avec un vieux berger quand j’étais adolescente. On coupait à l’automne les branches, on récupérait tous les rameaux longs et fins, on faisait une grande botte qu’on rangeait dans le lavoir du village et où on prenait au fur et à mesure pendant l’hiver pour faire les paniers pendant les veillées.

On a moins de chevreuils aussi depuis qu’on fonctionne en permaculture. Ils ont moins tendance à venir manger les rosiers, le kaki, et les autres plantes… Ici on a mis des myrtilles : et je vois qu’ils ne les ont pas mangées cette année alors que celles que j’avais plantées dans le potager, ils les avaient mangées !

On a mis un mimosa parce que ça nous rappelle un peu le Var, j’espère qu’il va tenir, parce que ça craint la neige… On verra bien.

Puis une partie de la guilde du pêcher…

On a encore un morceau de forêt jardin ici, qui rejoindra l’autre après, et comme on avait deux pêchers, on a refait une petite guilde pour les pêchers. On a mis des fraisiers.

Un ancien potager traditionnel transformé en foret jardin en permaculture grâce aux guildes autour des arbres fruitiers.

Petit à petit, Catherine et Alain installent les guildes autours de leur fruitiers existants.

Ici on a les plants d’origan qui n’ont pas l’air de souffrir d’être écrasés… Dans le temps on aurait tout désherbé autour pour qu’on le voit bien et qu’il pousse bien : parce qu’on nous disait, que les autres plantes autour pouvaient lui prendre la lumière. Mais en fait on n’a pas besoin de désherber, ça va très bien comme ça. Et alors je suis très fière parce que c’est la première fois que j’arrive à avoir des petits pois !

 

Un jardinage plus naturel et moins chronophage avec la permaculture

Je n’ai jamais aimé les jardins à la française, j’ai toujours préféré les jardins à l’anglaise parce que je trouvais que c’était plus naturel, plus joli… Le jardin à la française, on a l’impression qu’on est toujours en train de forcer la nature. C’est moins notre truc, nous on est très libres, on aime bien laisser la liberté aux gens, aux animaux…

 

Alain : Il y a un point qui nous a beaucoup intéressés dans la permaculture : c’est qu’on est toujours très pris dans nos activités, et pour nous ça a été une révélation de comprendre que finalement on pouvait faire de la culture naturelle en y passant beaucoup moins de temps.

 

Pour nous, au début, ça n’a pas été très facile parce qu’on avait des arbres qui étaient déjà plantés, et il a fallu jongler entre les différentes guildes. Ce n’était pas évident, surtout qu’on a quand même beaucoup d’arbres dans un espace restreint

Dans un premier temps on a pris toutes les plantes des guildes qu’on a pu trouver dans le commerce pour faire ces plantations. Et puis l’année prochaine, je pense qu’on va essayer d’étendre à l’ensemble de la zone, puisqu’on aura déjà plus fini les travaux de cet endroit-là. On pourra vraiment faire une zone complète qui fera dans les 300-400 mètres carrés de jardin forêt.

Un ancien potager traditionnel transformé en foret jardin en permaculture grâce aux guildes autour des arbres fruitiers.

La forêt jardin en devenir de Catherine et Alain.

Ici, sous la stabulation, on a un projet de musée du jouet. On voudrait planter un jardin à jouets à partir de végétaux et on voudrait que ça ait un côté pédagogique. Il y aura des jeux par exemple où la texture sera importante, les senteurs… Peut-être marcher nu-pieds sur des sols un peu différents… C’est un peu tout ça qu’on voudrait mettre en place !

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Les écorces de pin en paillage

Si vous avez lu notre article général sur le paillage, vous savez qu’un mulch organique adapté au contexte de votre jardin est bénéfique pour le sol et certains végétaux. L’offre de paillages, très grande, rend parfois difficile le choix d’une couverture appropriée à votre jardin en permaculture. Nous vous proposons dans cet article de découvrir plus en détail la solution de l’écorce de pin.  Quelles sont ses caractéristiques et spécificités ? Quel est l’intérêt d’utiliser ce type de paillage ? Présente-t-il des inconvénients et comment faut-il l’installer dans son jardin ? 

 

Qu’est-ce que le paillis d’écorce de pin ?

Il s’agit d’un paillis réalisé par le déchiquetage de l’écorce de pin avec parfois l’ajout d’écorce provenant d’autres conifères tels que le sapin ou l’épicéa. 

Issue de l’exploitation forestière, l’écorce de bois de pin est obtenue en débarrassant les arbres de leurs écorces après abattage. 

Considérées comme un déchet par les entreprises de sylviculture et de production, ces écorces sont lavées, concassées et calibrées. 

Dans le commerce, ce paillage se décline en plusieurs consistances, tailles ou textures. 

En général, les calibrages d’écorces de pin les plus couramment commercialisés sont :

  • 5/10 mm
  • 5/15 mm
  • 10/25 mm
  • 20/40 mm
  • 25/40 mm
  • 40/60 mm

En fonction de la présentation choisie, l’écorce de bois pourra se décomposer plus ou moins vite. Les pépites de pin, d’un calibre plus grand seront les plus lentes à le faire.

L’écorce de bois et plus particulièrement l’écorce de pin est un paillage très répandu pouvant avoir son utilité au jardin en permaculture.

Les écorces d’arbres issues de la filière française proviennent souvent de pin maritime (Pinus pinaster), originaire de différentes forêts de l’Ouest de la France (forêt landaise…) où s’épanouissent ces essences de pins.

Le conditionnement se fait en sac de 5 à 100 litres que l’on peut se procurer dans le rayon jardin des grandes surfaces et dans les différentes enseignes de jardinerie. Mais l’idéal reste de s’en procurer près de chez soi pour éviter que ces écorces traversent la France avant d’arriver dans votre jardin. Vous pouvez par exemple demander aux scieries locales.

 

Caractéristiques et spécificités de ce type d’écorce de paillage

De pH variable :

Les écorces de pin ont un pH compris entre 4 et 7 en fonction de leur degré de compostage. Plus les écorces sont compostées, plus le pH tend vers la neutralité (pH=7) et donc, moins il sera acidifiant pour votre sol.

Un matériau lourd :

Contrairement à d’autres paillis organiques tels que la paillette de chanvre, la tonte ou le lin, le paillage d’écorce de pin est assez lourd. Il est donc à réserver à des végétaux robustes tels que les arbres ou arbustes et ne conviendra pas au potager.

Les nuances de couleurs :

Les écorces de pin maritime se déclinent dans des nuances brun-rouge ce qui peut donner un rendu très esthétique dans les massifs ornementaux ou les haies ainsi paillées.

L’écorce de bois et plus particulièrement l’écorce de pin est un paillage très répandu pouvant avoir son utilité au jardin en permaculture.

Massif ornemental paillé à l’écorce de pin créant un contraste très esthétique.

 

Une structure absorbante :

L’écorce de pin possède une structure feuilletée qui offre un grand pouvoir d’absorption de l’eau estimé à 80% de son poids. C’est donc un allié pour des jardins aux sols sableux qui ne retiennent que peu d’eau.

Ecorce certifiée :

Deux normes AFNOR* permettent de garantir la qualité de ce type de couverture végétale :

  • NF 142
  • NF U 44-551

Attention, si vous trouvez un sac d’écorce de pin pas cher, pensez à vérifier qu’il affiche la norme AFNOR. Dans le cas contraire, il pourrait s’agir d’écorces ayant subi un traitement chimique non compatible avec votre démarche écologique. 

*Association Française de NORmalisation

 

Intérêt et inconvénients de l’écorce de pin

Les avantages du paillis d’écorces de pin

Intérêt esthétique :

Avec ses jolies nuances rouges-brunes, l’écorce de pin est parfois choisie pour son rendu esthétique. En plus d’apporter une bonne couverture, ce paillis de pin crée un décor coloré que certains jardiniers apprécient particulièrement. D’autant plus qu’il conserve sa couleur d’origine plus longtemps que d’autres paillis de bois

L’écorce de bois et plus particulièrement l’écorce de pin est un paillage très répandu pouvant avoir son utilité au jardin en permaculture.

D’ailleurs, si vous avez choisi un paillis d’écorce de pin notamment pour ses coloris, il est conseillé d’ajouter tous les ans 1 à 2 cm d’écorces pour préserver son éclat à votre paillage.

 

Intérêt pour la structure du sol :

La mise en place d’un paillage d’écorce de pin, comme pour tous les paillages organiques, permet :

  • d’éviter l’érosion et le compactage du sol.
  • d’aider au maintien d’une structure aérée et bien drainée qui facilite les échanges gazeux.
  • De réduire les phénomènes de battance des pluies.
  • De nourrir (sur le long terme) les micro-organismes du sol pour favoriser un sol vivant.

 

Autres intérêts de l’écorce de pin :

  • limiter l’évaporation de l’eau
  • diminuer le besoin d’arrosage grâce à ses capacités de stockage
  • réduire le développement des adventices
  • protéger les plantes des aléas climatiques (froid, gel et chaleur).
  • grâce à son poids (surtout les gros calibres), l’écorce de pin a une bonne résistance aux vents.

L’écorce de bois et plus particulièrement l’écorce de pin est un paillage très répandu pouvant avoir son utilité au jardin en permaculture.

 

Les inconvénients des écorces de pin en paillage

Sur un sol dont le pH est déjà acide, l’épandage régulier d’écorces de pin non compostées peut accentuer son acidité et freiner du même coup la pousse de certains végétaux qui ne supporteront pas l’augmentation de l’acidité du sol. 

Contrairement à d’autres paillis qui se dégradent plus rapidement, la décomposition lente de l’écorce de pin n’est pas propice à améliorer la qualité du sol à court terme.

Les écorces de pin sont donc déconseillées au potager de plantes annuelles / bisannuelles. Il n’y a guère qu’autour de certains légumes vivaces comme la rhubarbe qu’il pourra s’utiliser…

C’est un paillage qui ne convient que moyennement aux sols en pentes. Pour éviter que ce type de mulch ne soit emmené dans la pente ou éparpillé par des animaux, il est possible d’installer des bordures

L’écorce de bois et plus particulièrement l’écorce de pin est un paillage très répandu pouvant avoir son utilité au jardin en permaculture.

Sur un sol pouvant subir de petites d’inondations temporaires, les écorces auront tendance à flotter et donc peut-être à se faire la malle si elles sont emportées par des écoulements d’eau trop importants ! Gloups !

 

Où et comment installer un paillis d’écorce de pin ?

Très utilisée par les communes pour le paillis de leurs espaces verts, l’écorce de pin sera adaptée à différents usages au jardin

Dans le jardin d’ornement :

Les rosiers apprécieront un paillis d’écorces de petit calibre (env. 5/10 mm)

Pour les orchidées :

Des écorces de petit calibre (5/10 mm) permettront à certaines espèces de fleurir plus abondamment. 

Dans les massifs ornementaux :

Il limitera grandement la pousse d’adventices.

Autour des végétaux aimant la terre de bruyère (à tendance acide, pH < 7) :

  • Azalées
  • Camélias
  • Érables du Japon
  • Hortensias
  • Rhododendrons
L’écorce de bois et plus particulièrement l’écorce de pin est un paillage très répandu pouvant avoir son utilité au jardin en permaculture.

Floraison d’hortensia bleue révélant une plantation en sol acide.

 

Dans les potées fleuries, balconnières, conteneurs et autres jardinières d’ornement :

Quelques centimètres de petits calibres feront leur office.

Pour les aménagements paysagers, vivaces, haie vive et haie brise-vent :

On utilisera plutôt des écorces de pin au calibre supérieur ou égal à 10/25 mm.

Autour des arbres, arbustes et plantes vivaces :

On pourra installer un petit calibre sous un autre plus gros pour augmenter le pouvoir occultant et protecteur. Par exemple, une bonne dizaine de cm d’écorce de bois de calibre 40/60 mm recouvrant un paillis de plus petit calibre permettront aux arbres de votre forêt jardin de se porter comme un charme 😉 !

L’écorce de bois et plus particulièrement l’écorce de pin est un paillage très répandu pouvant avoir son utilité au jardin en permaculture.

Fraisiers plantés au pied d’un arbre et paillés à l’écorce de pin.

 

Dans les allées et chemins :

Pour le plaisir de marcher sur des chemins silencieux et douillets et d’être en contact direct avec mère nature, une bonne épaisseur d’écorce fera un tapis agréable à fouler. Le paillage d’écorce de pin limitera aussi l’entretien dû à la pousse d’adventices. 

 

Pensez le paillage de façon permacole

Nous vous avons présenté les caractéristiques générales de l’écorce de pin en paillage mais n’oubliez pas qu’avant de choisir un paillage, il est important d’observer les ressources disponibles dans votre jardin ou à proximité : il y a de fortes chances que vous trouviez une source de paillage organique là où d’autres verraient un déchet (principe de permaculture : Tout déchet est une ressource inexploitée !). Aussi votre choix peut se porter sur un paillage auquel vous n’auriez pas pensé à priori mais qui est en fait disponible en grande quantité près de chez vous.

Faites le design en permaculture de votre jardin !

Pour savoir où pailler avec vos écorces de pin, il faut savoir à quoi vont servir les différents espaces de votre terrain ! Pour y parvenir efficacement et mettre toutes les chances de réussite de votre côté, faites le design en permaculture de votre jardin grâce à notre formation en ligne dédiée !!

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