Une mangeoire pour les oiseaux, bonne ou mauvaise idée ?

Quand et pourquoi nourrir les oiseaux du jardin ?

Bon nombre d’oiseaux du jardin ont décidé de rester dans nos contrées toute l’année et ainsi d’affronter les rigueurs de l’hiver. Pour se préparer, la plupart des animaux profitent de l’automne, saison riche en fruits et baies, pour parfaire leur « winter body » :  accumuler suffisamment de réserves, souvent de graisse, pour compenser les pertes de poids hivernales inéluctables.

À quelle période nourrir les oiseaux du jardin ?

En effet, le stock de nourriture automnale finit par se réduire comme peau de chagrin, la durée du jour, consacrée à la recherche de nourriture, également. La goutte qui fait déborder le vase se trouve sous forme de gel qui fige la nourriture, ou de neige qui la recouvre, rendant inaccessible la moindre graine.

Verger sous la neige en hiver, plus aucune nourriture n’est accessible aux oiseaux du jardin !

Verger sous la neige en hiver, plus aucune nourriture n’est accessible aux oiseaux du jardin !

C’est dans ces dernières conditions extrêmes que l’on peut donner un petit coup de pouce aux oiseaux du jardin. Le reste du temps, les oiseaux sont autonomes. D’ailleurs, quoi qu’il arrive, en mars, la mangeoire doit être remisée après nettoyage, pour que les oiseaux aillent voir au jardin s’il n’y a pas de la vermine à becqueter. En effet, la ponte des mésanges par exemple, est synchronisée avec le développement des papillons, de telle sorte que l’explosion des populations de chenilles coïncide avec l’éclosion des jeunes oisillons. Bien vu l’oiseau !

Ainsi, si vous continuez de nourrir au printemps, il se peut fort bien que les mésanges préfèrent l’ambiance troquet de la mangeoire et ratent le coche des chenilles. Vous ne viendrez pas vous plaindre si le potager est envahi de bestioles en tout genre…

Plusieurs bonnes raisons d’installer une mangeoire en hiver

De l’autre côté de l’échiquier, j’entends déjà certains esprits chagrins se demander « mais pourquoi nourrir les oiseaux en hiver ? »  Avant, personne ne le faisait, et les oiseaux sont toujours là ? » oui, mais non.

D’abord, les oiseaux sont toujours là, mais ils sont de moins en moins nombreux : les populations des oiseaux communs ont chuté de 30% en 30 ans. Ensuite, les conditions ont quelque peu changé : les haies nourricières ont quasi toutes disparues, les vergers, un lointain souvenir, le jardin tondu ras, un désert vert, les talus, stériles par excès de propreté…

Petit extérieur enneigé sans aucune végétation, un désert alimentaire pour les oiseaux du jardin.

Petit extérieur enneigé sans aucune végétation, un désert alimentaire pour les oiseaux du jardin.

Certes, on ne va pas sauver les oiseaux à coup de tournesol, mais un petit coup de main ne peut pas faire de mal. Et surtout, observer les oiseaux, leur beauté, leur ingéniosité, permet d’avoir un peu plus de considération pour la nature, première étape vers une prise de conscience plus globale d’une nécessaire protection.

Mais que faut-il donner à manger aux oiseaux du jardin ?

On supprime tout de suite les restes de nos repas, trop salés, le pain, qui gonfle dans l’appareil digestif de l’oiseau lui faisant croire qu’il a bien mangé alors que cet aliment est peu nourrissant. Oublions aussi le lait, que les oiseaux sont incapables de digérer.

Que mangent les oiseaux dans la nature ?

Certains sont granivores, d’autres insectivores. L’approche de l’hiver va contrarier ces derniers qui ne trouveront pas chez nous suffisamment d’insectes pour se nourrir, ceux-ci n’appréciant pas le froid ont quasi disparu. Les insectivores ont donc 2 choix : fuir vers le Sud et rester fidèle à son régime ou changer ses habitudes alimentaires et rester fidèle à son territoire. C’est comme cela qu’un certain nombre d’espèces d’oiseaux grossissent les rangs des granivores à la saison froide. C’est le cas par exemple des mésanges.

Mésange charbonnière dans la mangeoire en hiver.

Mésange charbonnière dans la mangeoire en hiver.

On peut donc miser sur des graines, on a toutes nos chances.

On écarte tout de suite les mélanges pour oiseaux exotiques, car nos mésanges ne sont pas des canaris, et certaines graines habituelles pour les uns, peuvent être toxiques pour les autres.

On évitera les graines produites de l’autre côté de la planète comme les arachides. Cela n’a pas de sens d’aider localement la nature avec des pratiques qui détruisent globalement la planète. En plus, les arachides ne font pas bon ménage avec l’humidité. Elles dégagent à son contact des gaz toxiques.

Bio et local, c’est l’idéal !

Orge, blé, millet, peuvent être au menu. Si vous souhaitez varier le menu, n’hésitez pas à mettre un type de graines par mangeoire, mais évitez les mélanges. Leur prix exorbitant et le gaspillage inéluctable, va faire fondre le contenu de votre porte-monnaie comme neige au soleil.

En effet, les oiseaux ont leur préférence. Ils vont donc faire le tri en faisant passer par-dessus bord toutes les graines qui ne les intéressent pas, au profit de leurs petites préférées. Quelle bande d’ingrats !

Le summum : le tournesol

Graines de tournesol, idéales pour nourrir les oiseaux du jardin.

Graines de tournesol, idéales pour nourrir les oiseaux du jardin.

Loin de moi l’idée de faire l’éloge des emballages, mais il faut dire que la coque qui entoure la graine de tournesol a plus d’un tour dans sa besace.

Un anti squat :

Pour accéder à la graine, l’oiseau doit ainsi se débarrasser de la coquille. C’est une opération délicate que les volatiles préfèrent exécuter loin du brouhaha de la mangeoire. Cela a l’avantage de laisser la place libre aux autres et permet ainsi une rotation ne laissant personne sur le carreau. Avec des graines « prêtes à consommer », certains s’en mettent plein la panse et empêchent quiconque d’approcher, privatisant les lieux.

Un anti humidité :

Les graines « prêtes à consommer » qui n’ont pas de protection contre l’humidité peuvent se gâter. Ingurgiter à la hâte, ce sont de véritables tord boyaux qui peuvent porter préjudice à la santé de vos hôtes ailés. La graine de tournesol, dans son emballage, restera parfaitement consommable jusqu’au moment de la déguster.

Enfin, les graines de tournesol, décortiquées à droite à gauche dans le jardin, échappent parfois aux pattes des oiseaux et fleurissent ainsi le jardin au printemps quand ces rescapées vont germer dans la bonne terre de votre jardin.

Mangeoire avec réservoir faite maison, décoré par les enfants et remplie de graines de tournesol pour le plus grand bonheur des oiseaux du jardin.

Mangeoire avec réservoir faite maison, décoré par les enfants et remplie de graines de tournesol pour le plus grand bonheur des oiseaux du jardin.

Un contenu riche :

Parce que l’emballage ne fait pas tout, la graine de tournesol est riche en lipides et en protéines végétales, 2 éléments de base de l’alimentation.

Comment se ravitailler ?

Evitez autant que possible les intermédiaires, il s’agit d’engraisser les oiseaux seulement… Achetez au paysan du coin si ses pratiques sont respectueuses de l’environnement, ou à des associations comme la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux). Ainsi, vous ferez d’une pierre deux coups, vous agirez en local, et en faveur de la nature.

Un prétexte pour sortir à l’automne

Vous pouvez également ramasser des noix et noisettes à l’automne. C’est un très bon prétexte de sortie à cette saison, plutôt propice aux couettes, canapés et feux de cheminée. Entières pour la sittelle et le pic épeiche, concassées mais non triées pour les autres qui, on l’a vu, sont capables de faire le tri.

Noix et noisettes très appréciées en hiver par de nombreux oiseaux du jardin, entière ou à concasser.

Noix et noisettes très appréciées en hiver par de nombreux oiseaux du jardin, entière ou à concasser.

Les boules de graisse

Le contenant a plusieurs défauts.

D’abord, le filet est en plastique. Ensuite, il est dangereux. Certaines mésanges se sont retrouvées piégées, les pattes coincées dans le filet. D’autres se blessent au niveau de la commissure du bec, lorsqu’elles assènent la boule de graisse de grands coups de bec, à la vitesse de l’éclair, le filet nylon devenant coupant.

Pique épeiche picorant une boule de graisse encore dans son filet plastique qui risque de le blesser.

Pique épeiche picorant une boule de graisse encore dans son filet plastique qui risque de le blesser.

Le contenu aussi

Nous l’avons vu plus haut, les oiseaux du jardin qui fréquentent la mangeoire sont tous végétariens en hiver. Merci donc de respecter ce choix. Nous avons vu également qu’il n’était pas raisonnable de protéger local, si c’est pour détruire global. Eh bien, la matière grasse constituant les boules de graisse, est soit d’origine animale, posant des problèmes cardiovasculaires, soit d’origine végétale, provenant de l’autre bout du monde. L’affaire est classée.

Mésanges à longue queue picorant une boule de graisse encore dans son filet plastique qui risque de les blesser.

Mésanges à longue queue picorant une boule de graisse encore dans son filet plastique qui risque de les blesser.

Et je ne parle pas de la nouvelle génération de boules de graisse avec vers de farine déshydratés… C’est aussi une fausse bonne idée. C’est un leurre pour la physiologie de l’oiseau qui croit voir, avec l’arrivée de ces protéines animales dans l’organisme, s’installer le printemps. Cela déclenche donc la physiologie de la reproduction. Résultat des courses, tout le cycle est précoce, et les dernières gelées peuvent avoir raison de la première nichée.

Choisir sa mangeoire pour oiseaux

Une mangeoire sur pied

Il peut s’agir d’une mangeoire sur pied, fixée à un poteau à 1m, 1,5m de hauteur. Le sol tout autour doit être dégagé. Il arrive en effet fréquemment, que les oiseaux se « volent dans les plumes », et projettent par-dessus bord des graines. Cela fait le bonheur des timides qui n’osent s’aventurer sur la mangeoire. C’est le cas du pinson des arbres qui, comme son nom ne l’indique pas, préfère se nourrir au sol. D’autres oiseaux plus petits, incapables d’ouvrir une graine de tournesol, se contenteront également des restes de repas des agités de l’étage.

Mangeoire sur pied à mettre dans un endroit au sol bien dégagé pour que les graines tombées puissent être mangées sans danger par les oiseaux qui préfèrent se nourrir au sol.

Mangeoire sur pied à mettre dans un endroit au sol bien dégagé pour que les graines tombées puissent être mangées sans danger par les oiseaux qui préfèrent se nourrir au sol.

Le pied de la mangeoire voit donc parfois défiler autant d’oiseaux que la mangeoire elle-même. Il doit donc être bien dégagé si l’objectif est de nourrir les oiseaux, et non les matous du quartier.

Vous pouvez multiplier les points de nourrissage si vous avez un grand jardin. Vous limiterez la promiscuité et ses désagréments : compétition, transmission de maladies, prédation … Ainsi, vous pourrez peut-être observer des espèces d’oiseaux plus farouches sur vos points de nourrissage les plus éloignés de la maison.

Enfin, n’hésitez pas à mettre une petite coupelle d’eau à proximité pour étancher la soif. Aucun additif pour ne pas qu’elle gèle. Si c’est le cas, rompez la glace ou changez l’eau.

Moineau à l’abreuvoir, un élément à ne pas oublier dans le jardin pour aider nos amis à plumes.

Une mangeoire avec réservoir

Lorsque l’on commence à nourrir les oiseaux dans une période de neige ou de gel, on ne peut décemment interrompre le nourrissage avant le prochain redoux. Il n’y a pas lieu, pour l’oiseau, de prospecter ailleurs, alors que cette source de nourriture est abondante. Si vous arrêtez brutalement, cela peut s’avérer compliqué pour les clients fidèles à votre point de nourrissage.

Le mieux est donc d’avoir une mangeoire avec réservoir. La société de dingue dans laquelle nous vivons ne nous laissant malheureusement que peu de temps pour cet échange quotidien avec la nature.

La nourriture doit être à l’abri de l’humidité, nous l’avons vu plus haut, mais aussi des fientes des oiseaux, vecteurs de maladie. Evitez le plastique, d’abord parce que c’est du plastique, ensuite parce que la plus petite humidité de l’air va se transformer en condensation dans ce matériau, là où le bois va avoir tendance à la réguler.

Mangeoire en bois avec réservoir disponible à l’achat sur le site lahulotte.fr. ©lahulotte.fr

Mangeoire en bois avec réservoir disponible à l’achat sur le site lahulotte.fr. ©lahulotte.fr

Enfin, ne vous laissez pas tenter par une mangeoire biscornue provenant de « je ne sais où », faites avec « je ne sais quoi ». Ne succombez pas à la mangeoire en forme de château de la reine des neiges même si c’est de saison. Là encore, cela n’a pas de sens d’aider localement la nature avec des pratiques qui détruisent globalement la planète. Fabriquez vous-même votre mangeoire, ou, piètre bricoleur, commandez-là à la LPO ou à « La hulotte, le journal le plus lu dans les terriers ». Ainsi, vous agissez en local, et en faveur de la nature.

La mangeoire idéale…

Pour terminer, sachez que la mangeoire idéale de votre jardin, c’est votre jardin :

  • Des haies diversifiées aux baies comestibles que l’on partage avec les hôtes de notre jardin.
Cassis et myrtille à gauche, amélanches au milieu et aronies à droite, autant de baies qui feront le régal des oiseaux du jardin

Cassis et myrtille à gauche, amélanches au milieu et aronies à droite, autant de baies qui feront le régal des oiseaux du jardin

  • Des haies diversifiées aux baies non comestibles qu’on laisse bien volontiers aux hôtes de notre jardin.
Les fruits du houx en hiver seront aussi très appréciés des oiseaux dans votre jardin en permaculture !

Les fruits du houx en hiver seront aussi très appréciés des oiseaux dans votre jardin en permaculture !

  • Des tas de bois abritant une foule d’insectes jusqu’au milieu de l’hiver.
Tas de bois laissé au jardin pour servir de gites à de nombreux insectes qui serviront aussi de nourriture aux oiseaux du jardin.

Tas de bois laissé au jardin pour servir de gites à de nombreux insectes qui serviront aussi de nourriture aux oiseaux du jardin.

  • Un tapis de feuilles non ramassées que les merles brasseront tant que la neige ne l’aura pas recouvert.
Tapis de feuilles mortes laissées au sol pour le plus grand bonheur des oiseaux du jardin et notamment les merles !

Tapis de feuilles mortes laissées au sol pour le plus grand bonheur des oiseaux du jardin et notamment les merles !

  • Les restes de floraisons des plates-bandes de fleurs regorgeant encore de graines appréciées des oiseaux.
Chardonneret élégant sur une fleur sèche de cardère sauvage (Dipsacus sylvestris), aussi appelée « cabaret des oiseaux » car ses feuilles retiennent l’eau de pluie formant des minis abreuvoirs naturels ;) !

Chardonneret élégant sur une fleur sèche de cardère sauvage (Dipsacus sylvestris), aussi appelée « cabaret des oiseaux » car ses feuilles retiennent l’eau de pluie formant des minis abreuvoirs naturels 😉 !

 

Sébastien Lazzaroni

Sébastien Lazzaroni

Naturaliste de terrain depuis l'enfance, Sébastien Lazzaroni est un amoureux de la faune et de la flore sauvage. Il explore, observe, recense et préserve la nature sauvage grâce à la confection et la pose de nichoirs et d’aménagements divers. Ancien professeur de biologie, il partage, avec pédagogie, son expérience au travers de conférences déambulées pour comprendre, d’ateliers bricolage pour agir, d’articles hebdomadaires dédiés sur son blog colocaterre, et sa page facebook colocaterre. Il conseille également les particuliers et les professionnels dans la mise en place de stratégies pour accueillir la biodiversité et en faire une alliée du jardin, du potager, des cultures, des vergers et de la douceur de vivre.

Aidez les oiseaux sauvages en plantant des haies biodiversifiées !!!

Nous avons conçu pour vous des compositions végétales biodiversifiées aux multiples fonctions qui permettent notamment d’offrir le gîte et le couvert aux oiseaux dans votre jardin en permaculture. Nos amis à plumes sauront vous remercier en s’y installant durablement et en vous aidant à réguler les populations d’insectes indésirables 😉 !
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Invitez la permaculture dans votre jardin

Pour vous protéger des pollutions, du gibier, des regards mais aussi produire du bois, de la nourriture et attirer un maximum de biodiversité chez vous, découvrez nos haies en permaculture à travers 9 thématiques répondant à des besoins courants et essentiels !

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Assemblée Générale 2020 du Sens de l’Humus

Dimanche 5 décembre 2021 à 14h30

Maison des Murs-à-Pêches
89, rue Pierre de Montreuil
93100 Montreuil

(Bus 122, arrêt Nouvelle France)

Accéder au Rapport d’Activité, au Bilan 2020 et au modèle pour procuration

Au programme 

14h30-15h : café et tour de présentation
15h : début de l’AG – Validation de l’Ordre du Jour

1. Présentation Générale et Bilan d’activité 2020
2. Bilan financier 2020 – Rapport : Commissaire aux comptes
3. Questions diverses
4. Mise en délibération des différents points à l’ordre du jour :
* Validation du Rapport d’Activité et du Rapport Financier
* Affectation du résultat
* Election des membres du Conseil Collégial
* Election des membres du Bureau

18h : Pot – échanges débridés ou pas
sur des choses plus vivantes et moins formelles

→ Merci de nous informer de votre présence (delphinehumus@gmail.com)

N’hésitez pas à apporter à grignoter ou à boire.

À dimanche 5 décembre !

La haie de jardin végétale et brise vue

Lorsque l’on habite en ville, ou à la campagne, dans un quartier résidentiel assez dense, on peut parfois avoir le sentiment que les voisins peuvent contempler à leur aise ce qui se passe chez nous, ce qui nuit au sentiment d’intimité. On peut aussi parfois se trouver au voisinage, proche ou lointain, d’un élément visuel disgracieux, que l’on souhaiterait pouvoir oublier… Ou bien se situe-t-on au droit d’une artère passante et sonore, dont le visuel est déplaisant. Dans tous ces cas de figure, une haie brise vue peut être une bonne solution pour répondre à ces contraintes.

Un besoin d’intimité au jardin

L’aspiration française de la maison avec jardin a son revers de médaille : celui-ci conduit bien souvent à un urbanisme étalé, avec des maisons individuelles construites sur de petites parcelles. Cet urbanisation entraîne une sensation de forte présence du voisinage et conduit à vouloir échapper à celui-ci, tout du moins, à s’éloigner de son regard. Classiquement, la résolution de cette problématique se solde par la plantation d’une haie d’arbustes persistants, lesquelles ont le défaut d’être un peu toute les mêmes.

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

« Mur vert » de laurier-cerise manquant cruellement de biodiversité.

Ainsi, chaque décennie a vu fleurir sa haie d’arbustes persistants : les thuyas (Thuja sp.) ont succédé au laurier-cerise (Prunus laurocerasus), eux-mêmes supplantés plus récemment par les haies de photinias (Photinia sp.).

Toutes ces haies ont en commun de former de nouveaux murs, certes verts, mais qui produisent le même effet visuel. La monotonie de leur parure rivalise avec celle du béton tandis que leur taille au cordeau n’est pas sans rappeler la rigidité des jardins à la française…

Cette solution n’est pas la seule, et elle ne répond pas vraiment aux enjeux environnementaux auxquels notre société est confrontée. La monoculture de ces haies les expose à subir des attaques de ravageurs répétées. Ces haies n’apportent rien ou si peu en terme de biodiversité (un enjeu important en permaculture) et sont un véritable sacerdoce à tailler (pour rappel, les thuyas sont des arbres dans leur milieu naturel, ils peuvent atteindre 10 à 15m, voir davantage).

De plus, ces haies prennent beaucoup de place : le thuya, malgré les tailles, va grandir et son tronc deviendra bien vite imposant et encombrant, surtout lorsqu’il faudra l’enlever pour mettre d’autres végétaux…

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

Haie brise vue en monoculture de thuyas qui va demander des tailles régulières pour être maintenue en haie au fil des années.

Comment s’isoler avec peu d’espace disponible

Il faut avoir en tête qu’une haie prendra au minimum 50cm de largeur dans le jardin, et cela en étant taillée très régulièrement. Mais cela peut être problématique lorsque chaque centimètre compte. Dans ce cas de figure, il est possible d’opter plutôt pour des panneaux de bois, qui prennent peu de place au sol. Leur durabilité est variable selon le bois choisi, mais nous vous recommandons d’utiliser des bois issus des forêts françaises, gérées durablement.

Si l’on dispose de peu de place, mais que l’envie de végétal est toujours là, pourquoi ne pas utiliser le grillage ou la grille comme support de plantation pour des plantes grimpantes ? En effet, certaines plantes grimpantes peuvent très bien s’accrocher sur les grilles et créer un décor du plus bel effet. Les végétaux choisis peuvent être persistants ou caduques, selon les besoins.

Des grimpantes pour limiter les vis-à-vis

Voici quelques plantes grimpantes, ou lianes, qui pourront convenir pour habiller votre grille :

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

Glycine en fleur le long d’un grillage de séparation avec les voisins.

La glycine (Wisteria sp.), qui déploie une abondante et odorante floraison au printemps avant ses feuilles : elle vit longtemps et son tronc peut devenir très imposant, aussi convient-il de la faire grimper à un support solide.

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

Chèvrefeuille en fleur.

Les chèvrefeuilles (Lonicera sp.), dont il faudra guider les tiges vers leur support, ont aussi une floraison, selon les espèces, avec un parfum envoûtant. Tout comme la glycine, c’est une liane caduque.

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

Lierre sur clôture métallique formant une haie brise vue compacte et permanente de par la persistance de son feuillage.

Le lierre (Hedera helix), est aussi un bon candidat, avec son feuillage persistant. Il existe de nombreux cultivars avec des feuillages panachés, ou aux feuilles se colorant selon les frimas. Le lierre est, de plus, une plante ressource pour la faune à la mauvaise saison.

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

Clématite d’Armand ‘Apple Blossom’ formant une haie brise vue fleurie. ©Moonik CC BY-SA 3.0

La clématite d’Armand (Clematis armandii) est aussi une liane au feuillage persistant, qui offre une floraison blanche, tôt en saison, avec un parfum extraordinaire. Il faut la réserver aux emplacements abrités des grands froids, sans courant d’air.

Un besoin d’intimité temporaire ou permanent ?

Avant de se lancer dans des plantations, il convient de bien évaluer ses besoins. Avez-vous besoin de vous isoler à l’année, ou juste lorsque vous faites usage de votre jardin, avec les beaux jours ?

La réponse à cette question a son importance, et permettra de définir le choix des plantations.

Si cette exigence est temporaire, peut-être serait-il opportun de planter une haie brise vue mixte, avec des arbustes caducs et persistants. Ainsi, bénéficierez-vous de floraisons et de feuillages variés, qui agrémenteront la beauté du jardin.

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

Haie biodiversifiée avec un mélange d’arbustes caducs et persistants. ©pixeltoo CC BY 2.0

En revanche, si ce besoin est permanent, une haie composée de végétaux persistants sera un choix adéquat, si vous veillez à la plantation de plantes adaptées à votre sol et votre climat, ainsi qu’à la diversité des essences utilisées.

Composer sa haie brise vue avec des arbustes

Dans la mesure du possible, pour une haie plus efficace, il faudra planter les arbustes sur plusieurs rangs, et dans tous les cas, une plantation en quinconce est la plus adaptée, afin que chaque végétal puisse se développer plus à son aise.

Si l’on dispose de plus d’espace, on peut aussi planter une haie avec des végétaux de hauteur différente, en mettant au-devant de la scène les arbustes les plus bas, et au fond, les plus hauts : un peu comme sur les photos de classe de notre enfance ! Ainsi, l’ensemble gagnera en efficacité et en diversité : la haie peut alors s’envisager non pas comme une simple délimitation mais comme une composante à part entière du jardin, tel un massif.

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

Haie biodiversfiée multi-étagée, plus qu’une simple séparation d’espaces ou un brise vue, c’est un véritable petit écosystème créé par Maria Sperring sur son lieu en permaculture « Le blé en Herbe ».

La diversité des essences est toujours de mise, vous vous assurez de plus, qu’en cas de mauvais choix ou de maladie d’un des arbustes, votre œuvre ne dépérisse pas dans son ensemble.

Évaluer les impacts de ma haie brise vue

Lorsque l’on met en place sa haie, on n’envisage pas toujours les conséquences que celle-ci aura localement.

En effet, avec sa croissance, une haie va modifier les flux d’air : elle peut couper du vent ponctuellement ou le détourner plus loin, engendrant un courant d’air qui n’existait pas auparavant sur le terrain.

La haie brise vue va aussi apporter un ombrage sur le terrain, selon son emplacement par rapport au soleil : selon les cas, cela peut aller dans votre sens, mais pas toujours ! La haie va toujours engendrer un micro-climat qui pourra être bénéfique ou non, selon l’usage que vous avez prévu de faire de l’emplacement à proximité. Une haie peut, par exemple, créer des poches de froid, avec un dégel tardif, qui ne conviendra pas à des cultures frileuses.

Planter une haie de jardin qui soit aussi une haie brise vue vous abritant des regards indiscrets peut se faire selon les principes de permaculture afin de créer une haie végétale brise vue efficace et biodiversifiée.

Penser aussi au fait qu’une haie, comme tout végétal, produit des racines. Celles-ci peuvent être handicapantes car elles occupent le sol aussi en surface, entraînant donc une contrainte forte pour des plantations ultérieures à proximité de la haie.

Une haie brise vue multi-usages

Principe de permaculture : Un élément remplit plusieurs fonctions

Votre haie brise vue peut répondre à plusieurs besoins, si vous la composez avec soin. Outre remplir sa fonction d’apport d’intimité sur le terrain, elle pourra aussi offrir des floraisons (on peut alors parler de haie fleurie) et fructifications variées, par sa diversité être une ressource pour la faune locale, modifier le climat de votre jardin, ou encore vous fournir de la biomasse à utiliser ensuite en mulch (exemple du miscanthus)… À vous d’étudier tous ces paramètres pour en tirer le meilleur parti !

 

Anais Jeunehomme

Anaïs Jeunehomme, paysagiste conceptrice, certifiée en permaculture. Je conçois, avec l’Atelier l’Embellie des jardins inspirés des principes de la permaculture, adaptés au lieu et à ses habitants, valorisant les ressources existantes, où les plantes sont belles mais aussi comestibles, médicinales, mellifères ou amélioratrices du sol. Car un jardin est un lieu de ressourcement et de bien-être, mais aussi une pierre supplémentaire dans l’édification d'une société plus écologique et durable.

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Parmi les multiples fonctions d’une haie brise-vue, l’attraction de biodiversité et notamment de pollinisateurs vous intéresse ? Découvrez notre formation en ligne « la haie des abeilles » pour installer une haie mellifère qui pourra aussi servir de brise-vue à la belle saison !

La haie des abeilles

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Compost et compostage : le guide complet

Quand on veut concevoir son jardin, sa terrasse ou son balcon en permaculture, très vite, le compost apparaît comme un élément clé, étant au coeur de plusieurs principes de permaculture comme « Conserver l’énergie, la recycler, la faire circuler et l’optimiser », « Tout déchet est une ressource inexploitée », « Obtenir une récolte » ou encore « Faire de petites actions pour de grands changements »… Mais concrètement comment ça marche ? Comment faire son compost ? Quelle technique choisir ? Pour quel résultat ? Découvrez-le dans ce guide complet du compostage !

 

Le compost : définition et bonnes raisons de s’y mettre

De quoi s’agit-il exactement ?

Le compost est un produit fini résultant d’une « digestion » plus ou moins longue de matières organiques en milieu aérobie (= où il y a du dioxygène) par un ensemble complexe d’organismes vivants allant des micro-organismes comme les champignons, les bactéries à des insectes et animaux plus gros comme des cloportes, des larves de coléoptères, des myriapodes, des gastéropodes, des lombrics et bien d’autres encore…

Tout savoir sur le compost et les techniques de compostage existantes pour fabriquer soi-même son compost maison pour le jardin potager, d’ornement ou ses bacs de cultures et jardinières sur le balcon !

Poignée de compost mûr tamisé pour en éliminer les éléments les plus grossiers non encore compostés.

Au final, un bon compost est une terre de couleur brune foncée à noire, avec une odeur de sous-bois agréable et une texture grumeleuse ni trop sèche, ni trop humide dont on ne peut plus distinguer les matières organiques qui ont permis de le constituer (mis à part des résidus d’éléments plus coriaces à digérer comme de gros bouts de bois, des coquilles d’oeufs non broyées ou de gros noyaux de fruits). C’est un amendement organique très intéressant pour nourrir vos cultures hors-sol, en pots et autres jardinières comme vos cultures en pleine terre (potager en permaculture, jardin-forêt, jardin d’ornement…). Voir plus bas dans cet article pour les différentes utilisations du compost. 😉

Pourquoi composter ?

Voici une liste non exhaustive de bonnes raisons de se mettre au compostage !!

Composter c’est : 

1) ramener à la terre une partie des nutriments qu’on y a prélevés notamment par la culture de plantes vivrières: fruits, légumes et autres céréales… Le compost permet de cycler les nutriments sur son site et d’éviter un appauvrissement des sols qui engendrerait une baisse inexorable des récoltes au fil du temps.

2) réduire significativement les quantités de déchets ménagers par foyer. Le compostage contribue à alléger ses poubelles et donc la facture du foyer qui composte à l’heure où de plus en plus de communes, en France, taxent le ramassage des ordures ménagères ! 

3) réduire les allers-retours à la déchetterie, car la grande majorité des « déchets verts » sont en fait compostables !

4) produire son propre amendement naturel et gratuit, à la portée de tous. Grâce à votre compost, plus besoin d’acheter en jardinerie du compost ou des engrais souvent assez chers et à la composition parfois obscure en termes de produits chimiques ajoutés.

5) obtenir des « produits » intéressants autres que le compost en lui-même, produits pouvant être les besoins d’autres éléments dans un design en permaculture. On peut citer notamment la production de chaleur et la production de nourriture (vers) pour des poules pondeuses par exemple. 

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Les vers tigrés du compost ainsi que les nombreux autres êtres vivants présents dans une simple poignée de compost feront le régal de vos poules…

Celles et ceux qui sont engagés dans une démarche de conception en permaculture verront bien l’importance d’une telle analyse besoin / produit. Pour les autres, c’est à découvrir dans notre article dédié à la compréhension de l’intérêt d’une conception en permaculture.

6) faire un pas vers plus d’autonomie de son « écosystème cultivé » en limitant les intrants par la production sur place de son propre amendement de sol !

7) se responsabiliser face aux déchets que l’on produit en prenant en main leur transformation.

8) avoir une activité à la dimension pédagogique forte qui permet d’aborder, en famille, y compris avec les plus jeunes, la vie du sol et plus globalement le cycle de la vie, à la fois sur le plan théorique et sur le plan pratique.

Les clés d’un compostage réussi :

Pour réussir son compost, il y a 3 points essentiels à respecter.

1) Un bon rapport carbone / azote au niveau des matières organiques mises à composter : on vous conseille grosso modo un rapport de 50/50 entre les matières « vertes » humides à tendance plutôt azotée et les matières « brunes » sèches à tendance plutôt carbonée. Vous verrez parfois le rapport 2/3 de matières azotées pour 1/3 de matières carbonées et parfois tout à fait l’inverse…ne vous prenez pas la tête, un volume de matières vertes humides pour un volume de matières brunes sèches fera parfaitement l’affaire 😉 !

2) Une bonne pénétration de l’air dans le compost : les principaux organismes qui digèrent les matières organiques d’un compost sont tous aérobies, ils ont besoin de dioxygène pour vivre. S’ils sont privés d’air, ils meurent, la décomposition s’arrête et des odeurs putrides apparaissent. C’est pourquoi il est très important de brasser son compost pour l’aérer !

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Exemple d’outil pour aérer facilement un tas de compost notamment quand il est en bac ou silo. Cet outil, appelé Brass’compost®, est produit par un ESAT de Quimper, à retrouver ici : https://www.compostez-facile.com/brasscompost-aerateur-compost

3) Une humidité suffisante, mais pas excessive :  un tas de compost trop sec aura du mal à se décomposer, car les organismes du compost ont besoin d’eau pour vivre. À l’inverse, un tas de compost trop humide sera privé d’air laissant la place aux développements de bactéries anaérobies (vivant en milieu privé d’air) qui déclencheront des phénomènes de putréfaction aux odeurs vraiment désagréables ! La bonne humidité pour un compost peut se mesurer simplement en en prenant une poignée : si en serrant cette poignée, du liquide s’en échappe, c’est qu’il est trop humide et si en revanche la poignée est friable, très sèche avec peu de matière noire, c’est qu’il est trop sec !

Enfin, nous aimerions rajouter une 4ème clé à la réussite d’un compost :

4)  La diversité des ingrédients qui le composent : en appliquant le principe de permaculture « Favoriser la diversité » à son compost, on diversifie les apports de nutriments de celui-ci !

Les différentes techniques de compostage :

Parmi les diverses techniques de compostage, on distinguera celles qui se font en extérieur de celles qui se pratiquent en intérieur.

Le compostage en extérieur :

1) Le compostage en tas ou andain :

Le compostage en tas ou andain est particulièrement adapté aux jardins assez grands produisant beaucoup de matières à composter et avec la place pour le faire.

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Exemple de matières organiques mises à composter en grande quantité, en tas.

L’emplacement du tas sera à déterminer consciencieusement selon la surface disponible à côté pour les opérations de brassages, les synergies possibles avec les autres éléments du jardin (analyse besoins / produits) et le zoning de votre lieu tout en prenant en compte son aspect visuel relativement inesthétique qui peut déranger dans le paysage :).

Un compost en tas est très simple à mettre en place. Il suffit de former, à même le sol, un tas faisant entre 50 cm et 1,5 m de haut en moyenne en alternant les couches de matières vertes et de matières brunes. Pensez à arroser au fur et à mesure de la construction du tas, à chaque fois que vous mettrez une couche de matières sèches ;). S’il vous reste un peu du compost précédent, mettez-le au coeur du tas, cela activera encore plus vite le processus de décomposition !

Une fois constitué, le tas devra être suffisamment humide et bien aérer, introduire dedans des petits branchages peut y aider ;). On vous conseille, même si ce n’est pas obligatoire, de l’abriter des pluies pour éviter les lessivages qui emmèneraient les précieux nutriments dans les eaux de ruissellement.

Ce type de compostage monte en température assez vite, pouvant atteindre les 70°C les premières semaines, ce qui est très bien pour éliminer la plupart des graines d’adventices et certains ravageurs dont les oeufs pourraient être présents dans le tas de compost. Puis au bout de 3 à 6 semaines (selon les dimensions du tas), la température va retomber autour des 30°C. Il est alors temps de commencer à brasser le compost, environ une fois par mois tout en surveillant l’humidité de l’ensemble.

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Exemple de tas de compost retourné et encore fumant suite à sa montée en température lors du processus de compostage. ©Lucabon CC BY-SA 4.0

Cette opération de brassage est généralement assez aisée avec le compost en tas, car il suffit de le déplacer sur une surface voisine pour l’aérer.

Avec cette technique de compostage, même s’il y a des variations dans le temps nécessaire à la maturation du compost selon les conditions climatiques, la météo, la saison ou encore les matières mises à composter, on obtient généralement un compost demi-mûr en 2 à 3 mois environ et un compost mûr au bout de 6 à 9 mois.

2) Le compostage en silo ou bac :

Le compostage en bac ou en silo se fait aussi à même le sol, mais il a une contenance restreinte au volume du contenant utilisé. Il est donc, à priori, plus adapté aux petits jardins produisant peu de matières organiques à composter.

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Exemple de bac à compost avec contours en bois, très simple à faire soi-même avec du bois de récupération comme des palettes par exemple.

Mais son aspect plus esthétique que le simple tas peut donner envie de l’utiliser aussi pour de grands jardins, on pourra alors placer plusieurs bacs à compost côte à côte ! Le composteur, soit totalement fermé soit avec des ouvertures latérales, peut être acheté ou autoconstruit et fait de bois, de plastique ou encore de métal, selon les goûts ! Il protège les matières mises à l’intérieur des pluies, mais cela suppose, par conséquent, une surveillance accrue de l’humidité pour arroser à chaque fois que nécessaire.

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Exemple de bac à compost avec couvercle, en forme de silo, pour petit jardin avec peu de matières organiques à composter.

Contrairement au compost en tas, le brassage est assez difficile dans un contenant et peut nécessiter l’emploi d’outils spéciaux comme le « Brass’compost® », sorte de spirale en métal, vu en photo plus haut ou autre outil dédié à l’aération du compost ! Pour se passer des brassages, on peut aussi faire un tas de matières organiques plus petit et démultiplier les alternances de couches de matières vertes et brunes en jouant sur les épaisseurs de ces couches…

Avec cette technique, on obtient généralement un compost mûr entre 5 et 8 mois après la mise en compostage, là encore la durée de maturation est variable selon le contexte, les conditions climatiques, la saison, etc.

3) Le compost façon Jean Pain :

C’est dans les années 70 que Jean Pain découvre et développe la méthode de compostage qui portera ensuite son nom. Installé dans le Var avec sa femme Ida, il s’occupe du gardiennage d’un domaine de plus de 240 ha qu’il faut absolument débroussailler pour éviter les feux de forêt si fréquents dans la région. Il va alors avoir l’idée d’utiliser tous ces « déchets » de broussailles pour faire du compost. Il va donc entasser et bien humidifier de grandes quantités de broussailles broyées (plusieurs dizaines de m3) et réaliser que non seulement il produit, en quelques mois, un compost d’une excellente qualité pour le jardin, mais, qu’en plus, avec quelques ajouts à son système, il peut profiter de la chaleur et du gaz dégagés par le phénomène de compostage pour chauffer de l’eau et récupérer du méthane !!!  La méthode « Jean Pain » était née et allait fasciner bon nombre de permaculteurs à travers le globe !

En effet, en rajoutant un réseau de tuyaux en polyéthylène à l’intérieur même du gros tas de broussailles, on peut chauffer de l’eau jusqu’à plus de 60°C puis faire circuler cette eau chaude dans divers espaces comme une serre par exemple afin de la chauffer sans consommer d’énergie électrique ou fossile !

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Photo d’un compost selon la méthode Jean Pain réalisé au Québec par notre ami Wen Rolland avec d’autres permaculteurs afin d’expérimenter notamment la production d’eau chaude. ©Wen Rolland – www.designecologique.ca

Il est également possible de mettre en place un système hermétique à l’intérieur du tas de compost permettant de récupérer le méthane produit lors de la décomposition des matières organiques…bref, un compost façon Jean Pain, parfois appelé « réacteur Jean Pain » est un élément multifonction qui peut être très intéressant quand on a beaucoup de bois et autres broussailles à disposition. Mais c’est aussi un compost très technique qui demande beaucoup d’efforts, de connaissances et de matériels à sa mise en place. Il n’est donc pas adapté aux personnes qui souhaitent débuter la permaculture.

4) Les vermiscomposteurs d’extérieur :

Comme vous pourrez le voir dans notre article dédié à cette technique, il est possible de fabriquer, avec du matériel de récupération, un vermicomposteur d’extérieur très efficace. Il s’agit de profiter des remarquables capacités de décomposeurs de deux sortes de vers spéciaux, l’eisenia foetidia (ver tigré) et l’eisenia andrei (ver rouge de Californie) en leur fournissant, dans un environnement fermé relativement protégé des intempéries, des matières organiques fraîches à décomposer avec un rapport matières carbonées et matières azotées relativement équilibré.

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Seau plein de jus de vermicompost récolté en dessous d’un vermicomposteur d’extérieur fabriqué à partir d’un congélateur de récupération par Benjamin Broustey sur la ferme en permaculture expérimentale de la Goursaline.

Un vermiscomposteur d’extérieur produit à la fois un excellent compost et un « thé » ou « jus » de compost très utile en dilution au jardin potager ! C’est un élément assez simple à réaliser à partir de matériels assez faciles à se procurer en récup’.

5) Le compostage de surface :

On touche ici à une des formes de compostage les plus simples qui soit, consistant à simplement laisser travailler pour nous la vie du sol. Ici, pas besoin de matériel spécial ni de surveillance particulière ou autre manipulation quelconque pour aérer le compost ou surveiller son humidité… On répartit simplement en surface du sol, sous le mulch, nos déchets organiques, déchets de cuisines ou éléments végétaux non intéressants à récolter et on laisse les habitants du sol s’en délecter à leur rythme. Au fil du temps, toute cette matière apportée « brute » au sol (légèrement broyée pour les plus gros éléments, histoire de faciliter la tâche de nos amis décomposeurs) va être transformée en humus sans que vous ayez eu rien de plus à faire ! 

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Faire du compostage de surface revient tout simplement à déposer les matières organiques compostables en surface du sol ! C’est notamment ce qu’on fait directement au jardin avec la technique du « chop & drop » ou « coupé & deposé » illustrée ici !

Voici un petit focus en vidéo sur 3 stratégies de compostage en extérieur utilisées par Benjamin pendant des années sur la ferme expérimentale de la Goursaline : le compost en tas à froid pour le compostage notamment de toilettes sèches, le compost en tas à chaud et le compostage de surface.

Le compostage en intérieur :

Avec ou sans accès à un jardin extérieur, on peut aussi profiter, en intérieur, des avantages du compostage que sont notamment la réduction des déchets ménagers et la fabrication d’un compost de qualité, par exemple pour des jardinières de balcon ou autres cultures d’intérieur !

1) Les Lombricomposteurs et vermicomposteurs d’appartements :

La gamme des lombricomposteurs et vermicomposteurs d’intérieur s’est bien étoffée ses dernières années avec la demande grandissante en milieu urbain. Il faut dire qu’un lombricomposteur est très pratique, simple d’utilisation, compact, sans odeurs ni nuisances particulières et permet de produire un compost et un jus de compost de grande qualité pour des cultures en pot ou en jardinière !  Cela apporte aussi une dimension pédagogique intéressante et porteuse de sens dans la gestion des déchets d’une famille engagée dans une démarche écologique ! Un lombricomposteur ou vermicomposteur d’intérieur se compose le plus souvent de plusieurs « bacs » empilés les uns sur les autres, mais reliés entre eux via des petits trous pour permettre la circulation des vers et des matières.

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Exemple de lombricomposteur d’intérieur très simple d’utilisation, qu’on peut trouver dans le commerce ou si on préfère à fabriquer soi-même avec des contenants de récupération et un peu d’huile de coude ;).

Le bac supérieur avec couvercle contient les déchets de cuisine hachés qu’on y dépose régulièrement, c’est le réservoir de nourriture fraîche pour les vers. Se trouve en dessous le compost en cours de maturation que les vers ont commencé à décomposer, c’est, en général, à cet étage que se trouve la plus grande population de vers qui « travaillent » activement à la transformation des déchets. L’étage encore en dessous sert à récupérer le lombricompost mûr qu’il faut récolter tous les 3 à 4 mois en moyenne. L’étage inférieur enfin est souvent équipé d’un petit robinet, car il sert, lui, à récolter le « jus » de compost qui s’écoule des étages supérieurs !

2) Le « compost » bokashi :

La technique du bokashi nous vient du Japon. C’est un mode de compostage différent de ceux vus précédemment, car il s’agit d’une fermentation des matières organiques déclenchée par des micro-organismes efficaces (appelés EM) qui vivent uniquement en milieu anaérobie (privé de dioxygène). Cette technique de compostage nécessite donc à la fois un seau à bokashi qui soit hermétique et l’ajout de micro-organismes efficaces via un support inerte, comme du son de blé ou de la sciure, inoculé de ses fameux micro-organismes, à acheter la plupart du temps dans le commerce. Un compostage bokashi va dégager une odeur âcre due à la fermentation anaérobie, mais qui ne sera normalement pas une nuisance étant donné qu’elle restera piégée dans le contenant hermétique. Un compost bokashi ne sent donc rien s’il est bien fermé ! Le gros avantage de cette méthode est qu’elle permet de composter quasiment toutes les matières organiques sans restriction particulière, y compris celles qu’on ne met pas habituellement dans les autres types de compost comme des restes de viandes, laitages ou encore des agrumes…

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Le jus est extrait régulièrement de notre seau à compost Bokashi pour en faire du fertilisant. Nous utilisons différentes techniques de compostage dont celle du Bokashi sur le site expérimental Merci Nature, près de Bordeaux et en sommes très satisfaits.

Un bokashi va produire à la fois des matières fermentées solides et un jus de bokashi très riche en nutriments, mais à diluer fortement avant utilisation en arrosage des cultures. Par ailleurs, le « produit solide» issu d’un compostage bokashi n’est pas un compost utilisable directement au jardin, tel quel. De pH acide à la sortie du seau à bokashi, il nécessitera soit d’être enterré assez profondément dans le sol pour éviter tout contact avec les racines des plantes, soit de passer quelques semaines sous terre ou dans un tas de compost avant d’être utilisé au jardin pour achever sa décomposition et retrouver un pH un peu plus neutre. S’il est mélangé au terreau d’une jardinière, ce sera à hauteur de 10 à 20 % maximum et il faudra patienter minimum une quinzaine de jours avant d’y mettre vos plantes. L’utiliser directement après sa sortie du seau dans vos plantations serait une erreur, car il aura tendance à brûler les racines des plantes et les endommager.

 

Que mettre dans le compost ?

Selon la technique utilisée, les matières organiques que l’on peut ou non mettre à composter varient.

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Que mettre dans votre compost ? Découvrez une liste des matières organiques plus ou moins propices au compostage !

Ceci dit, la liste des matières organiques compostables est vraiment conséquente ! On ne listera pas tout ici, mais en voici un aperçu :

  • « déchets » de cuisine types épluchures et restes de fruits et légumes de préférence non traités, marc de café, sachets de thé/infusion, coquilles d’oeufs broyées…
  • « déchets » de jardinage comme des tailles d’arbustes et arbres fruitiers préalablement broyées, des tontes de gazon, des feuilles mortes…
  • « déchets » issus de l’élevage d’animaux herbivores : plumes, poils, litières végétales, fientes et autres fumiers de poules, de lapins, de chèvres, de cheval…
  • « déchets » ménagers comme les serviettes, mouchoirs ou essuie-tout en papier sans imprimés ni couleurs, les bouquets de fleurs fanées…
  • Différents produits issus du bois (non traité évidemment 😉 ) : sciure, cendre (avec parcimonie), cartons bruts.

On peut même, en restant sur de petites proportions par rapport à l’ensemble de son compost (moins de 20% du total) et en les broyant le plus possible, mettre à composter des matières habituellement déconseillées comme des restes de viandes, de poissons, de coquillages, de fromages, des agrumes, des végétaux toxiques (feuilles de rhubarbe, laurier rose…) ou difficilement digérables par les micro-organismes (sapins, aiguilles de pin…).

À l’inverse, la liste des matières organiques qu’il vaut mieux éviter de mettre au compost est relativement courte, il s’agit principalement des corps gras (huile végétale et graisse animale), des magazines et journaux fortement encrés ou sur papier glacé, des végétaux malades ou infestés de ravageurs, des déchets plastiques et tout ce qui n’est pas organique : métaux, verre, sable…

Utilisations du compost et autres produits issus du compostage :

Utilisation du compost au jardin :

Le compost peut être apporté toute l’année à vos cultures potagères gourmandes, vos plantes ornementales, mais aussi vos arbres et arbustes fruitiers, mais les périodes les plus propices à l’ajout de compost au jardin restent quand même le printemps et l’automne, car c’est là que les vers de terre seront les plus actifs pour bien mélanger ces apports de compost au sol 😉 !

Le compost est un excellent amendement qui va stimuler l’activité biologique de votre sol tout en y apportant de nombreux nutriments essentiels à la croissance et la fructification des végétaux, il va également stimuler le système immunitaire des végétaux les rendant moins sensibles aux maladies !

En règle générale, on évitera d’enfouir profondément le compost pour ne pas tuer la grande diversité d’organismes aérobies qu’il contient et qui font sa richesse et son efficacité au jardin ! On préférera l’apporter en surface du sol ou l’incorporer uniquement sur les premiers centimètres de terre.

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Jeunes pousses de radis levant tranquillement en pleine terre amendée de compost mûr en surface.

Au potager :  on utilisera de préférence un compost mûr qui fera merveille légèrement incorporé ou juste réparti autour de vos légumes gourmands comme vos courgettes, concombres, tomates, poivrons, aubergines… Cependant, il ne faudra pas en mettre partout au potager sans distinction, car certains légumes comme les échalotes, les oignons ou encore l’ail, n’appréciant pas spécialement les sols très riches, n’en auront pas forcément besoin. C’est un élément à prendre en considération lorsque vous préparez vos associations de légumes au potager.

Bien tamisé, il sera aussi très utile pour booster vos semis en pleine terre, sa couleur noire permettant un réchauffement plus rapide du sol ;). Les reliquats grossiers issus du tamisage pourront être utilisés en mulch ou remis à composter.

En jardinière : on pourra aussi ajouter du compost mûr aux substrats des cultures hors-sol en bac ou en jardinière à raison de 1/3 de compost pour 2/3 de terre en moyenne !

Pour les arbres et arbustes : on peut utiliser du compost jeune contenant encore des éléments grossiers non décomposés ou du compost mûr qu’on mettra au sol en couche d’environ 1 à 2 cm sur toute la surface du houppier de l’arbre (envergure formée par les branches et le feuillage) sans en mettre trop près du tronc pour ne pas couvrir le point de greffe et laisser respirer l’arbre ou l’arbuste en question !

En mulch : le compost encore jeune avec pas mal d’éléments grossiers non décomposés peut aussi servir de mulch dans des allées entre des buttes de permaculture par exemple ou entre certaines jeunes cultures assez espacées le temps qu’elles se développent et recouvrent l’espace de leur feuillage…

 

Utilisation des autres produits du compostage :

La chaleur : comme évoqué dans le compostage façon Jean Pain ou le compost en tas, composter une grande quantité de matières organiques en milieu aérobie génère une montée en températures conséquente qui peut être exploitée, par exemple, via un réseau de tuyaux passant dans le tas de compost pour chauffer de l’eau et ainsi alimenter une douche en eau chaude, chauffer une serre. On peut aussi créer des synergies entre, par exemple, un tas de compost et un poulailler, placés côte à côte, l’un réchauffant l’autre par contact (en ayant pris soin, préalablement, d’étanchéifier la zone de contact pour éviter de dégrader le mur de séparation!!).

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« Exemple d’utilisation de la production de chaleur d’un compost pour chauffer une serre via un réseau de tuyaux dans le tas de compost monté façon Jean Pain: une expérience menée par Ben Falk sur sa ferme en permaculture dans le Vermont aux États-Unis, à découvrir en capsule vidéo sur le site https://www.possiblemedia.fr
Image extraite de la vidéo ©PossibleMedia »

Les jus de compost / thé de compost : il s’agit du liquide qu’on récupère lors du lombricompostage ou vermicompostage. Il doit être utilisé rapidement après récolte pour garder un maximum de ses propriétés, idéalement dans les heures qui suivent. Récupérez votre jus, diluez-le à raison d’un 1L de jus de compost pour 10L d’eau (de pluie de préférence 😉 ) et si vous le pouvez, prenez le temps de le brasser énergiquement pendant quelques minutes en tournant dans un sens puis dans l’autre plusieurs fois d’affilé pour bien oxygéné le mélange. Vous pouvez ensuite l’utiliser en arrosage directement au jardin sur vos plantules et jeunes cultures en début de saison, sur les plantes chétives ou encore pour ramener de l’azote sur un mulch trop épais de BRF, stimuler l’activité biologique de votre sol… Il peut aussi servir à accélérer la germination de vos tubercules potagers ou ornementaux, être versé dans le sillon de vos semis pour stimuler leur levée…bref, ce sera un vrai booster pour vos cultures !

Les vers du compost : dotés de facultés de reproduction assez importantes (1 vers peut donner naissance à 500 vers par an), les vers de compost sont également une production intéressante pouvant servir de complément alimentaire pour vos poules ou même de vos poissons d’élevage !

Où trouver du compost gratuit ?

En voilà une bonne question, n’est-ce pas ? Voici quelques pistes pour vous aider !

  • Certaines collectivités territoriales et notamment les syndicats intercommunaux de gestion des déchets, s’engagent dans une démarche écoresponsable de valorisation des déchets récoltés sur leur territoire et distribuent, notamment via leurs réseaux de déchèteries publiques, du compost gratuit aux usagers résidents sur les communes concernées. Alors, s’il n’y a rien de tel sur votre territoire, allez en toucher un mot à M ou Mme le maire 😉 en mettant en avant des exemples de collectivités qui l’ont fait avec succès, comme le Syndicat mixte Bergeracois pour la gestion des déchets en Dordogne ou l’USTOM en Gironde !
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Compostage à grande échelle avec des machines spécialisées fait par des professionnels avec de très grandes quantités de matières organiques récoltées auprès des entreprises et particuliers.

  • Vous n’avez pas de compost, mais peut-être avez-vous d’autres choses à offrir qui peuvent faire l’objet d’un troc avec des personnes qui ont du compost à offrir : peut-être pouvez-vous troquer du temps pour rendre tel ou tel service ou une partie de vos futures productions nées du compost qu’on vous aura donné !!  N’hésitez pas à vous renseigner sur les SEL (Systèmes d’Échanges locaux) et autre JEU (Jardin d’Échange Universel) éventuellement présents autour de chez vous !!

Quand on pense compost gratuit, on pense souvent aux forêts qui en produisent toute l’année sans la moindre intervention humaine! Or, il nous est déjà arrivé d’avoir des messages de personnes qui allaient chercher leur compost en forêt, cependant on vous le déconseille fortement non seulement, car l’humus de forêt n’est pas forcément idéal pour le potager, mais aussi parce que cette pratique, en plus de ne pas être légale dans les forêts domaniales notamment, n’est pas bonne pour l’écosystème de la forêt concernée. Donc pour éviter un pillage en règle des ressources naturelles forestières, n’allez pas y prendre l’humus qui en fait la richesse !

Où acheter du compost ?

Même si on veut se mettre à composter, il est possible qu’on n’arrive pas tout de suite à produire les quantités suffisantes pour amender son jardin et que, les premières années notamment, un achat complémentaire de compost soit nécessaire

Dans ce cas, on peut se tourner vers les jardineries qui en vendent en sacs de 20L à 80L en général, on choisira de préférence un compost labellisé bio, même si cela ne garantit par forcément qu’aucun engrais n’ait été ajouté ! Mieux vaut bien lire les étiquettes pour voir ce qui est inclus dans le compost que vous comptez acheter.  Pour de plus grosses quantités, on se tournera vers des composteries qui sont des entreprises spécialisées dans le compostage et la vente aux particuliers. Mais la composition du compost vendu sera bien souvent assez aléatoire (selon les déchets collectés), il sera donc difficile d’exiger dans ce cas un compost totalement exempt de produits chimiques.

Sur quel support de culture allez-vous utiliser votre compost ?

Le compost est un super amendement au jardin potager pour de beaux et savoureux légumes ! Encore faut-il avoir le bon support de culture sur lequel l’utiliser pour de belles récoltes. Alors pour éviter de vous planter au potager, découvrez notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal » qui vous permettra de trouver quel sera le support de culture le mieux adapté à votre contexte et vos objectifs personnels. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus.

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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Formation à l’agriculture naturelle, le 6 et 7 novembre 2021

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Agroforesterie et agriculture de régénération selon Mark Shepard

Pensez à activer les sous-titres pour profiter de la traduction en français de cette vidéo (icône rectangulaire en bas de la vidéo à droite).

Il est assez rare de pouvoir profiter des expériences et conseils de grands noms de la permaculture. Il y a quelque temps, nous avions interviewé Martin Crawford, pionnier de la forêt comestible en Europe.

Aujourd’hui, nous sommes reconnaissants à Mark Shepard de nous avoir accordé cette interview pleine de sincérité et de conseils avisés. Nous remercions également l’association française d’agroforesterie qui a permis cette belle rencontre à l’occasion de l’une de leurs journées de formation.

Nous espérons que cette interview incitera nombre d’entre vous à découvrir le travail de Mark Shepard et à emprunter son chemin vers ce modèle agricole d’avenir : une vraie « agriculture permanente » basée sur la culture d’arbres et de plantes pérennes.

Photos de la ferme de Mark Shepard aux Etats-Unis : « New Forest Farm »

Mark Shepard, 20 ans d’expérimentation d’agroforesterie et d’agriculture de régénération

Mark expérimente concrètement cela depuis plus de 20 ans sur sa célèbre « New Forest Farm » dans le Wisconsin (ferme de 42 ha), considérée aujourd’hui comme l’un des projets agricoles durables les plus avancés aux États-Unis.

Dans cette interview, il revient sur son enfance et son parcours pour en arriver à la mise en place de ce qu’il appelle aujourd’hui une agriculture de régénération.

Il nous prodigue ses conseils pour apprendre à observer la nature, ce qui pousse sur un lieu, les plantes naturellement compagnes afin de reproduire ces systèmes naturels et en récolter l’abondance. Il nous montre aussi par la réussite de sa ferme que ces systèmes en polycultures, gérés comme des systèmes naturels, sont économiquement viables.

Conseil de lecture

Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin dans leur découverte des systèmes et techniques mis en œuvre par Mark Shepard sur sa ferme, nous vous conseillons son livre « L’agriculture de régénération » traduit depuis peu en français et spécialement adapté aux agriculteurs en recherche de conversion ou d’améliorations de leurs pratiques. Pour lire notre article sur ce livre, cliquez ici.

« Agriculture de régénération »

Livre de Mark Shepard
302 pages, édité par Imagine un colibri en mai 2016

Prix : environ 22 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque

Envie d’aller plus loin ?

Si cette interview de Mark Shepard vous a donné envie de vous lancer dans l’agroforesterie, c’est possible dès aujourd’hui avec l’aide d’un autre pionnier de la forêt-jardin, Martin Crawford. Découvrez sa formation vidéo en ligne sur la création et la gestion d’une forêt-jardin en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous voulez créer chez vous un environnement comestible, médicinal, utile et bien sûr productif avec un minimum d’entretien ? Apprenez dès maintenant à créer et gérer votre propre forêt jardin grâce aux conseils vidéos d'un des plus grands spécialistes du domaine : Martin Crawford.

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La grelinette, un outil indispensable en permaculture pour jardiner en respectant la vie du sol !

La grelinette est un outil remarquable à faible énergie, solide et résistant.  Elle est préférable, et de loin, au motoculteur bruyant et polluant mais aussi à la fourche-bêche classique bien plus coûteuse en efforts. Pourquoi ? Car elle permet d’aérer facilement le sol sans retourner la terre et donc sans trop perturber la vie du sol : les micro-organismes vivant dans les différentes couches du sol sont préservés et peuvent continuer leur travail de transformation des matières organiques en humus, indispensable à la fertilité du sol. 

Un labour classique, en effet, va entièrement retourner les couches du sol qui ne seront plus dans les conditions favorables au maintien de la vie qu’elles hébergent : après labour, on retrouve en surface, donc à l’air, des couches de sols normalement privées d’air (avec des formes de vie dites anaérobies) et en profondeur, privées d’air, se retrouvent des couches de sols avec des formes de vie aérobies (ayant besoin d’air), autant dire que l’on tue sa terre à petit feu si on pratique le labour aveuglément pendant plusieurs années. La grelinette, elle, permet de préserver la vie du sol et sa fertilité !

La grelinette, inventée en 1963, a subi, au fil des années, de nombreuses transformations / améliorations qui font qu’aujourd’hui de très nombreux modèles existent. Appelée aussi biogrif, biofourche, bioculteur, aéro-bêche ou aéro-fourche, le principe de fonctionnement reste toujours le même : une fourche, plus ou moins large, équipée de deux manches et qui utilise le principe du levier. Elle permet ainsi de travailler sa terre sans se faire mal au dos 😉.

Parmi ses avantages indéniables, citons :

  • La facilité de manipulation quelle que soit votre corpulence ;
  • La protection de votre dos ;
  • Les dents (de 2 à 9 dents pour les plus larges modèles), interchangeables selon le modèle choisi.

De la plus simple à la plus élaborée, nous vous proposons quelques modèles de cet outil indispensable en permaculture.

La machette

La grelinette originale

La vraie grelinette est celle de son inventeur, André Grelin, cultivateur bio qui l’a mise au point avec l’aide de son fils en 1963. Quel que soit le nom qu’on lui donne, l’originelle comporte cinq dents et mesure plus de 40 cm de largeur vous permettant ainsi d’aérer plus de 20 m2 de terre par heure. Son ergonomie ne sollicite jamais votre dos. Il vous suffit de l’enfoncer verticalement dans le sol à l’aide de vos pieds (et votre poids) puis de faire un pas en arrière tout en actionnant les deux manches vers le bas.

Très robuste, elle vous rendra service pendant de nombreuses années.

Notre conseil

  • Choisir un modèle avec dents interchangeables, c’est-à-dire montée avec des boulons. Si vous en cassez une, vous pourrez la changer. Ne forcez jamais en cas de résistance, il peut y avoir un caillou ou une racine.
  • Privilégiez les longues garanties, certaines vont jusqu’à cinq ans, preuve de leur robustesse.
  • Une grelinette à 4 dents sera plus adaptée au travail effectué par une personne qui a moins de puissance physique : elle sera moins large et donc moins lourde.
    Si vous travaillez sur une parcelle étroite, préférez une grelinette à 3 dents.

Prix

A partir de 90 euros pour une grelinette de qualité.

Quelques modèles en lien ci-dessous

Grelinettes originales 3 à 5 dents, Biogrif à 5 dents non assemblées, Biogrif 4 dents assemblées

La machette

L’aéro-fourche ou aéro-bêche

Il existe des « copies » de grelinette tout aussi efficaces. L’aérofourche par exemple a la particularité de posséder une barre de force ou un arceau pour faciliter le travail du pied. Vous aurez ainsi un appui supplémentaire. Ses dents sont biseautées et s’enfoncent mieux dans le sol. À la différence de la grelinette classique, les dents sont recourbées pour faciliter le bras de levier.

Notre conseil

  • Pour travailler une grande surface, choisissez une aéro-fouche à 5 dents si le sol est léger. Pour un sol plus lourd ou en friche, une 4 dents voire moins sera plus facile à l’usage.
  • Les dents sont généralement soudées, vous n’aurez que le montage des manches à effectuer.

Prix

A partir de 100 euros pour une aéro-fourche de qualité.

Quelques modèles en liens ci-dessous

Aéro-bêche forgée plusieurs modèles de 3 à 9 dents avec ou sans arceau, Bio-bêches forgées de 3 à 7 dents

La machette

La campagnole

À ne pas confondre avec le petit rongeur qui rend parfois les jardiniers chèvres ;), la campagnole est une grelinette revue et améliorée pour être encore plus efficace et simple d’utilisation. Cet outil exclusif, conçu par l’entreprise « La Fabriculture » en collaboration avec la ferme du Bec Hellouin possède, pour ses versions en 50 et 80 cm deux roues à l’arrière. Celles-ci pallient le poids assez lourd de l’outil, jusqu’à 13 kilos, en améliorant la manipulation. Elles peuvent être montées au choix à l’extérieur ou à l’intérieur de l’outil selon la configuration de l’espace à travailler et sont réglables en hauteur. 

Le système de contre-dents constitue l’autre particularité de cet outil remarquable en permettant, en plus de l’aération du sol, de casser les mottes de terre et de gagner ainsi du temps de travail. Les contre-dents fixes sont conseillées plutôt pour les sols lourds ou non travaillé depuis longtemps et les contre-dents ressorts seront plus adaptées en sol léger. 

Il existe aujourd’hui 3 modèles : la pitchoune large de 30 cm, le modèle jardinier large de 50 cm et le modèle maraîcher large de 80 cm.

Notre conseil

  • La 30 CDF (30 cm avec Contre-Dents Fixes) aussi appelée la pitchoune est la dernière née des campagnoles, conçue tout spécialement pour les petits jardins, les enfants ou les personnes ayant peu de force dans les bras. Très maniable, sur mono-roue, elle est équipée de 3 dents et peut aussi être utilisée en grelinette classique (par démontage de la partie avec la roue et les contre-dents).  
  • La 50 CDF (50 cm avec Contre-Dents Fixes) possède des contre-dents fixes. Elle est idéale sur des  sols compacts ou argileux du fait de l’espace de ses dents, 10 cm, qui facilitent le soulèvement de la terre.
  • La 50 CDR (50 cm avec Contre-Dents Ressorts) en revanche a des contre-dents ressort plutôt adaptées aux sols légers. L’émiettement sera plus fin.
  • La 80 CDF (80 cm avec Contre-Dents Fixes) est conçue sur le même principe que la 50 CDF mais dans une  largeur différente. Elle est réglable en hauteur selon la profondeur souhaitée.
  • La 80 CDR (80 cm avec Contre-Dents Ressorts) est destinée au maraîchage sur des planches de travail larges. Il faudra cependant travailler sur de petites tranches à chaque passage si le sol est dur.

Prix

à partir de 155 euros pour le modèle 30 cm de large

Quelques modèles en lien ci-dessous

Les différents modèles de campagnole

Trouvez le support de culture qui sera vraiment adapté chez vous !

Avoir une grelinette pour aérer son sol sera un atout dans la réussite de votre potager mais connaître le support de culture qui sera le plus pertinent dans votre cas particulier sera la véritable clé de cette réussite ! Pour cela, faites confiance à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ». Pour en savoir plus, cliquez sur le bouton ci-dessous.

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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Observation et accueil des oiseaux du jardin

Les saisons ponctuent la vie des hommes, elles lui donnent un rythme et lui procurent bien des émotions qui ne s’altèrent pas à mesure que les années passent. Les permaculteurs.trices et les ornithologues n’échappent pas à cette règle :

  • L’impatience d’aller gratter la terre et de voir revenir l’hirondelle au printemps. 
  • L’inquiétude, à des stades fragiles de développement, au repiquage des jeunes plants, à l’envol des jeunes oiseaux du nid. 
  • La satisfaction face à une récolte abondante, à la réussite d’une nichée. 

Je vous propose ici, de mettre en lumière les oiseaux du jardin, mieux les connaître pour mieux les accueillir et permettre une cohabitation dans laquelle, entraide et partage seront de rigueur.

Je vous propose de découvrir l’agenda des oiseaux du jardin sur une année.

Les 4 saisons des oiseaux du jardin

Février :  les prémices d’une nouvelle année pour les oiseaux du jardin 

Démarrons, disons, en février. 

Recherches immobilières chez les oiseaux sédentaires 

Cette mésange bleue a trouvé le nichoir où elle va s’installer pour la saison de reproduction !

Cette mésange bleue a trouvé le nichoir où elle va s’installer pour la saison de reproduction !

Si les oiseaux sédentaires fréquentent toujours assidûment la mangeoire dans votre jardin en permaculture, certains d’entre eux commencent à visiter toutes les cavités naturelles et les nichoirs du secteur pour « ne pas être dépourvus quand la saison des amours sera venue ». En effet, la saison de reproduction débute tôt au jardin, en particulier chez la mésange qui cherche l’endroit idéal pour installer sa petite famille. Elle évitera soigneusement la proximité de la mangeoire : qui voudrait installer la chambre des enfants à côté du restaurant branché du coin ??? C’est bien sûr sans savoir qu’il s’agit d’un resto saisonnier qui fermera fin mars au plus tard.

Retours précoces : les migrateurs partiels 

Les premiers migrateurs font leur apparition. La fauvette à tête noire, la bergeronnette grise, le rouge queue noire, le rouge gorge, ouvrent généralement le bal. 

Bergeronnette grise dans le jardin

Bergeronnette grise dans le jardin

Ces oiseaux ne sont pas plus rapides ou plus impatients que les autres de revenir dans nos jardins, mais ils font partie de ce que l’on appelle des migrateurs partiels. Ce terme partiel ayant ici deux significations :

  • D’une part, la totalité des oiseaux de ces espèces ne migrent pas. Seuls les oiseaux au nord de la zone de répartition de l’espèce migrent. Au sud, c’est au choix des individus.
  • D’autre part, la migration ne se fait pas sur de longues distances. En France, selon les espèces, il s’agit seulement de rejoindre les vallées ou le pourtour méditerranéen, souvent au Sud de la France, parfois au Nord de l’Afrique, mais pas plus loin.

Ces oiseaux arrivent donc en premier pour 2 raisons :  les distances parcourues sont réduites, et au moindre redoux, les conditions de vie sur leur lieu de reproduction sont proches de celles de leur villégiature, il est donc grand temps de rentrer à la maison.

Le coup de pouce du lierre 

Fauvette à tête noire femelle parmi les baies de lierre, un met très apprécié en fin d’hiver.

Fauvette à tête noire femelle parmi les baies de lierre, un met très apprécié en fin d’hiver.

Si les conditions sont, certes, clémentes, et que les insectes commencent à pointer le bout de leurs antennes, cela ne suffira pas à nourrir tous ces affamés. Les baies, si nombreuses à l’automne, ont toutes été chapardées par les espèces sédentaires. On ne peut pas leur en vouloir, elles ont affronté, comme elles ont pu, la rigueur de l’hiver. C’est au lierre que dame nature a pensé pour venir à la rescousse de nos premiers migrateurs de retour. Cette plante : 

  • fleurit à l’automne pour le plus grand plaisir des insectes tardifs, 
  • ne perd pas ses feuilles en hiver pour le plus grand bonheur des animaux qui s’y abritent, 
  • et voit ses fruits mûrir en février/mars pour la plus grande joie des oiseaux migrateurs précoces. 

Jaloux, face à autant de générosité, bon nombre de ragots circulent au sujet du lierre. Il serait parasite, étrangleur… calomnies !

Retours plus tardifs : Les migrateurs au long cours

Plus tard, une seconde vague de voyageurs va rejoindre nos jardins : hirondelle, martinet noir, pour ne citer que les plus connus. Ces oiseaux, exclusivement insectivores, migrent en deçà du Sahara. Pour l’hirondelle qui ne pèse que 20gr, c’est-à-dire le poids de 3 morceaux de sucre seulement, c’est 5000 km pour rejoindre nos villages et venir nicher sous nos toits. Merci de leur réserver l’accueil que mérite un tel exploit. Parties fin janvier de leur villégiature, il leur faut 2 mois pour rejoindre nos contrées.  

Saison de reproduction : top départ 

Rouge-gorge chantant au début de printemps !

Rouge-gorge chantant au début de printemps !

Eh bien voilà, avec l’arrivée du printemps, tous les acteurs sont présents pour une nouvelle saison de nidification, les sédentaires comme les mésanges, les migrateurs partiels comme le rouge gorge, les migrateurs au long cours comme l’hirondelle de fenêtre. Arrive donc le temps du concert qui commence tôt le matin, et finit tard le soir, avec un entracte aux heures les plus chaudes de 11h à 16h. Un vrai orchestre symphonique pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Tout le monde ne joue pas en rythme, certes, mais c’est toujours plus agréable que scooters, tondeuses et consorts.

Femelle et mâle, des préoccupations différentes…

A cette période, la femelle n’a qu’une chose en tête, mener à bien l’élevage de ses jeunes, une vraie « mère poule ». Pour ce faire, elle le sait, il lui faut un mâle en bonne santé, qui possède un territoire de qualité riche en cachettes et nourriture pour installer le nid et nourrir les petits.

Pour avoir toutes ses chances de réussir sa saison de reproduction, le mâle doit donc posséder un beau territoire et paraitre le plus fort. Pour cela, 2 atouts : son costard somptueux, et son « bagou ». Ces 2 atouts vont lui permettre à la fois de défendre son territoire et de séduire madam.

Chardonneret élégant dans son beau costard coloré 😉 !

Le chant : un marquage de territoire

En général, ce sont donc les oiseaux mâles qui chantent à tue-tête au printemps. Il s’agit pour les migrateurs de retour, de rappeler que s’il y a eu du « laisser-aller » pendant leur absence, il faudra dorénavant compter de nouveau sur eux. Pour les oiseaux sédentaires, bon nombre d’entre eux se sont réunis pour affronter, ensemble, les rigueurs de l’hiver. La notion de territoire a donc quasi disparu, mais avec les beaux jours, il faut bien vite remédier à cela.

Un plumage sublime : atout séduction

Il est vrai que chez les oiseaux, les mâles sont souvent plus colorés que les femelles, et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous l’avons vu, pour séduire madame. Un mâle un peu palot est considéré par madame comme chétif ce qui n’est pas de bon augure pour mener à bien l’élevage des jeunes, cet individu sera donc éconduit.

De plus, lorsque les mâles chantent pour défendre leur territoire, c’est souvent au sommet d’un arbre, au faitage d’une maison. Cette position bien dégagée permet d’ajouter, à l’avertissement sonore du chant territorial, un avertissement visuel pour bien marquer sa présence.  

À gauche, un bouvreuil pivoine mâle avec son plumage flamboyant pour séduire madame. À droite, la femelle plus discrète pour ne pas attirer les prédateurs !

À gauche, un bouvreuil pivoine mâle avec son plumage flamboyant pour séduire madame. À droite, la femelle plus discrète pour ne pas attirer les prédateurs !

Enfin, les femelles n’ont pas besoin d’un tel accoutrement, d’une part parce qu’elles n’ont personne à séduire, mais surtout parce que c’est elles qui pondent et couvent les œufs la plupart de temps. Deux périodes critiques, où il est plutôt conseillé de se fondre dans le paysage si on ne veut pas mal finir.

La construction du nid 

Une fois madame conquise, le couple se met à bâtir le nid. Des brindilles, des feuilles mortes, de la mousse et, en ville, du plastique, des mégots et autres offrandes d’homos sapiens. Les matériaux plutôt grossiers en périphérie du nid, s’affinent en son centre : crin de chevaux, poils de mammifères, duvet d’oiseaux, pour accueillir comme il se doit les nouveaux nés entièrement nus à l’éclosion… Généralement, les 2 sexes s’attèlent à la tâche. Les allers retours pour fournir le chantier sont incessants, ce qui permet de repérer, assez facilement, qui nichent dans votre jardin.

Mésange charbonnière construisant son nid.

Mésange charbonnière construisant son nid.

Ponte et incubation

Lorsque les travaux sont achevés, la femelle va pondre et couver les œufs, en moyenne entre 4 et 10 pour les espèces d’oiseaux du jardin. En attendant, le mâle continue de défendre le territoire et remplace la femelle sur le nid le temps d’une pause casse-croûte. Bien souvent, pendant la période de couvaison, monsieur apporte à manger à madame. Cela s’apparente plus à une ruse pour ne pas passer trop de temps à couver à la place de madame, qu’à de la simple courtoisie. Quoi qu’il en soit, le repas est livré à proximité du nid, et non à domicile, pour permettre à madame de se dégourdir les ailes et de ne pas attirer l’attention des prédateurs sur l’emplacement du nid

La naissance des jeunes 

Après 15 jours de couvaison chez la plupart des oiseaux du jardin, arrive la période folle du nourrissage des jeunes. Les va-et-vient des 2 parents au nid sont incessants, de l’ordre de plusieurs centaines par jour, le bec plein d’une ration surprotéinée qui va permettre une croissance rapide des jeunes. 

Va-et-vient incessant d’un couple de mésanges bleues pour nourrir les petits.

Va-et-vient incessant d’un couple de mésanges bleues pour nourrir les petits.

Si vous avez raté le coche du transport des matériaux pour repérer les nids du jardin, voici la séance de rattrapage qui durera jusqu’à 3 semaines, vous laissant plus de temps. Et pour les nicher les mieux cachées, leur présence sera trahie par les oisillons qui, grandissant, réclament de plus en plus bruyamment une ration supplémentaire.

Rebelote : une deuxième nichée sinon rien

Enfin, les jeunes finissent par quitter le cocon familial. Pas le temps de sortir un mouchoir et d’essuyer une larme, les parents remettent le couvert pour une 2ième nichée, voire une troisième pour la route si l’été se prolonge. C’est la raison pour laquelle le nettoyage des nichoirs se fera en septembre.

Août, silence radio chez les oiseaux

Au mois d’août, c’est silence radio chez les oiseaux, ou presque. La chaleur à cette époque aurait-elle eu raison de nos virtuoses du jardin. Pas vraiment non, les étés pourris voient aussi une baisse conséquente des chants. Y a-t-il encore besoin d’épater madame après 3 mois de vie commune ? La défense du territoire, en cette fin de saison de reproduction, a-t-elle encore un sens ?  Non, en effet, mais ce n’est pas la cause principale de ce mutisme

La mue, période critique

Les oiseaux vont entrer dans la période de la mue, ils vont changer la totalité de leur plumage. Pendant l’élevage des jeunes, impossible de s’occuper de sa petite personne, les jeunes étant émancipés, il faut en profiter. C’est surtout la diminution de la durée du jour qui, chaque année, va déclencher la sécrétion d’hormones, entrainant le renouvellement de la totalité du plumage. Cette opération, très énergivore, épuise les oiseaux qui voient leurs plumes tomber et repousser les unes après les autres. Ainsi, le plumage est rarement complet et peut poser quelques problèmes au pilote. Il est donc préférable de ne pas trop « la ramener » pour éviter de se faire repérer par d’éventuels prédateurs, voici donc une 2ième raison pour que les oiseaux la mettent en sourdine.

Cette opération est suivie de la phase de prise de poids nécessaire pour affronter l’hiver ou le voyage pour les migrateurs. Là encore, les oiseaux sont discrets, car bien élevés, ils ne parlent pas la bouche pleine.

La boucle est bouclée 

Puis petit à petit, le nombre d’espèces diminue avec le départ échelonné des migrateurs entre août et septembre. Le passionné d’oiseau est un peu triste au départ de tous ces oiseaux. Mais il est très vite ragaillardi par l’arrivée des migrateurs partiels. Venant du nord de l’Europe comme le pinson du nord, ou du fond de la forêt d’à côté comme la sittelle torchepot, la mésange huppée ou encore le gros bec casse noyaux, tous vont se rapprocher des habitations pour trouver à manger. 

Gros bec casse noyaux

Gros bec casse noyaux

Il s’impatiente même de voir la terre geler et la neige tomber, seule période où le nourrissage est conseillé pour le plus grand bonheur des oiseaux mais aussi de leur protecteur, qui se régale face au spectacle de la mangeoire, bien installé au coin du feu. Puis l’hiver passe et tout recommence.

Accueillir les oiseaux du jardin … au jardin.

Cavité laissée dans un bâtiment qui accueille une nichée.

Cavité laissée dans un bâtiment qui accueille une nichée.

Pour que votre jardin soit apprécié des oiseaux, il faut prévoir le gite et le couvert. En effet, l’un ne va pas sans l’autre. Installer un nichoir, sans penser au ravitaillement, ne va pas séduire grand monde, si c’est pour que les petits aient une belle chambre mais rien à manger…

Le gîte : le nichoir, mais pas que…

Commençons donc par le gîte.  Il y a bien des façons de proposer le gîte aux oiseaux dans votre jardin. Le premier réflexe, est la pose de nichoirs. Ceux dit « boîtes aux lettres » feront le plaisir des mésanges bleues et charbonnières, tandis que les semi-ouverts auront la préférence d’espèces sans doute un peu claustrophobes telles que le rouge queue noire et la bergeronnette grise. Mais il existe bien d’autres endroits dans votre jardin pour accueillir les oiseaux.

Mésange charbonnière au nichoir.

Mésange charbonnière au nichoir.

Laissez donc cet arbre mort au fond du jardin (voir notre article sur le livre de Dominique Mansion sur les trognes). En plus de vous procurer de l’ombre pour les siestes estivales, sa cavité pourra y accueillir une nichée de mésanges charbonnières. Laissez donc accessible l’abri où sont stockés vos outils de jardin. Une planche mal taillée au niveau du solivage, un nœud de bois qui a sauté, un carreau cassé non remplacé, sont autant d’ouvertures qui permettront aux rouges queues noirs de s’installer chez vous. Vos outils de jardin, peu sensibles au courant d’air, ne risquent pas de s’enrhumer… Pas de trous dans la cabane du jardin ? faites-en un à la scie cloche…

La cabane à outil avec un trou au niveau de la porte reste ainsi accessible aux oiseaux sédentaires, même en hiver.

La cabane à outil avec un trou au niveau de la porte reste ainsi accessible aux oiseaux sédentaires, même en hiver.

La remise est en moellons ? qu’à cela ne tienne, … laissez donc tranquille ce trou de moellon qui donne sur la haie du voisin. Personne ne le voit, sauf la mésange bleue qui va pouvoir s’y loger. Pas de trous dans ce bâtiment ? faites-en un au marteau et au burin…

Les exemples de ce genre ne manquent pas. Soyez plus accueillants, soyez près à partager votre espace, vous verrez, chacun y trouvera son compte. Enfin, vous aurez beau poser tous les modèles de nichoirs que vous voulez, certains oiseaux ne s’y installeront jamais, les ingrats. Pourquoi ? car bon nombre d’espèces ne sont ni cavicoles, ni semi cavicoles, mais installent leur nid dans la fourche d’une branche. C’est le cas du chardonneret, de la fauvette à tête noire et du pinson des arbres. Pour eux, il faut donc planter des arbres et des buissons, éviter la taille, surtout en été, laisser s’étoffer…

Pinson des arbres

Pinson des arbres

Les espèces cavicoles ou semi cavicoles vues plus haut, ne dédaigneront pas non plus cette attention. Si en effet, ils ont besoin de cavités pour y installer leurs petits, des perchoirs à l’abri des prédateurs seront également appréciés des adultes.

Le couvert : la mangeoire, mais pas que… 

Mettre à disposition le gîte est une première étape, il faut ensuite penser au couvert. En effet, le plus somptueux des hôtels sera sans attrait s’il n’y a pas de quoi se faire un bon resto aux alentours… Pour cela, il faut connaître les goûts de nos hôtes

Tous les oisillons sont insectivores

Les oiseaux dit insectivores sont reconnaissables à leur bec plutôt fin et long : c’est le cas du grimpereau des jardins, du troglodyte mignon et de la fauvette à tête noire. D’autres sont plutôt granivores, leur bec est plutôt court et massif comme le moineau domestique, le pinson des arbres, le chardonneret, et le verdier d’Europe. Soucieux de leur récolte, je vois déjà certains d’entre vous préférer favoriser les premiers au détriment des seconds. Et pourtant… Tous les jeunes oiseaux sont insectivores quel que soit le régime alimentaire de leurs parents. Cet apport très protéiné, leur permet une croissance fulgurante en un temps record. Il permet aussi de réguler les insectes un peu envahissants tant au jardin, que lors des soirées barbecues. Même ce casse-pied de moineau domestique participe, donc, à la régulation des insectes en été.

Attirer les insectes 

Mésange bleue à la recherche de pucerons, un régal pour elle, un indésirable de moins pour nous ;) !

Mésange bleue à la recherche de pucerons, un régal pour elle, un indésirable de moins pour nous 😉 !

Pour nourrir les oiseaux, il faut donc miser sur les plantes nectarifères qui attirent tout un cortège d’insectes. N’hésitez pas à voir large, pas de gaspillage dans la nature. Des plates-bandes de fleurs, des fruitiers, votre potager, vont attirer des insectes, désirés ou pas, qui feront le bonheur des oiseaux. Les oiseaux, opportunistes, vont se nourrir des insectes les plus nombreux et ainsi réguler les populations de ceux qui ont tendance à prendre un peu trop de place. L’idéal pour accueillir la plus grande diversité d’insectes, est de laisser au fond du jardin une zone sauvage fauchée une fois l’an seulement

Les plantes sauvages spontanées sont de véritables réservoirs à insectes, une aubaine pour les oiseaux !!

Les plantes sauvages spontanées sont de véritables réservoirs à insectes, une aubaine pour les oiseaux !!

Cela fait des millions d’années que les plantes sauvages de votre jardin co-évoluent avec les insectes sauvages de votre jardin. Pour ces derniers, sans doute un peu timides, l’affinité avec la dernière espèce horticole pimpante ne va pas de soi. De plus, les espèces horticoles, dites, à « fleurs doubles » comme certains lilas, voient leur nectar peu accessible aux insectes et sont, de fait, moins attractives. Préférez donc les « modèles anciens », souvent plus rustiques et bien plus nourriciers. Ces espaces redevenus sauvages fournissent à leur tour le gîte et le couvert mais cette fois, aux insectes. Si vous craignez le regard critique du voisin qui vous trouve laxiste et incapable de vous occuper de votre terrain, tondez proprement autour de ces oasis sauvages.

C’est du plus bel effet et cela montre simplement que vos pratiques sont juste différentes. Laissez à votre voisin les haies de tuyas impénétrables, taillées au cordeau et les pelouses tondues ras qui ne vont plaire qu’à quelques espèces, rapidement envahissantes car sans régulateurs ni concurrents. 

Etancher la soif 

Pour parfaire le tout, et répondre aux besoins créés par les étés caniculaires qui se succèdent, mettre de l’eau à disposition des oiseaux est devenu quasi indispensable. Une mare, où, en quelques années, un écosystème se mettra en place et limitera les moustiques, ou une simple bassine peu profonde où l’eau sera changée régulièrement, suffiront à étancher la soif de nos protégés à plumes, mais aussi à leur permettre de faire leur toilette. Spectacle garanti… Le tout, hors de portée des chats.

Mésanges charbonnières à l’abreuvoir, élément indispensable pour l’accueil des oiseaux au jardin !

Mésange charbonnière à l’abreuvoir, élément indispensable pour l’accueil des oiseaux au jardin !

Epilogue

Jardiner n’est pas une lutte perpétuelle, n’oblige pas à un rendement à tout prix, ne nécessite pas un travail laborieux… oublions un peu notre quotidien guidé par une société en perdition.

Jardiner, c’est d’abord un moment de détente et de ressourcement, du « yoga dilué ». Un moment où l’on peut se poser pour écouter chanter le rouge queue noir, où l’on observe la bergeronnette grise à la recherche de nourriture dans nos allées.

Jardiner, c’est aussi avoir plaisir de faire « avec la nature » et non pas « contre la nature ». Voir les mésanges, les hérissons, les chauves-souris, les lézards fureter dans le potager et vous donner un coup de main pour rétablir un écosystème équilibré où chacun a sa place.

Jardiner, ce n’est pas forcément avoir la plus grosse… courgette. C’est se dire que ce lieu partagé avec tant d’autres, qui vous nourrit déjà spirituellement, peut également vous permettre de belles récoltes. Et, si l’année est bonne, une petite réserve dans la cave pour passer l’hiver. C’est savoir se contenter.

Jardiner enfin, c’est savoir comment ses légumes ont poussé… avec un peu d’eau, un sol riche et vivant, la lumière du soleil, et tout l’amour du jardinier.

 

Sébastien Lazzaroni

Sébastien Lazzaroni

Naturaliste de terrain depuis l'enfance, Sébastien Lazzaroni est un amoureux de la faune et de la flore sauvage. Il explore, observe, recense et préserve la nature sauvage grâce à la confection et la pose de nichoirs et d’aménagements divers. Ancien professeur de biologie, il partage, avec pédagogie, son expérience au travers de conférences déambulées pour comprendre, d’ateliers bricolage pour agir, d’articles hebdomadaires dédiés sur son blog colocaterre, et sa page facebook colocaterre. Il conseille également les particuliers et les professionnels dans la mise en place de stratégies pour accueillir la biodiversité et en faire une alliée du jardin, du potager, des cultures, des vergers et de la douceur de vivre.

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Butte de permaculture : le guide complet

Buttes ou pas buttes de permacuture ? Vous n’y voyez pas clair, ça tombe bien, cet article épluche la plupart des techniques existantes : Hugelkultur, Keyhole, culture en lasagne, butte sandwich…Vous découvrirez à la fin de cet article que créer une butte n’est pas forcément indispensable et surtout dans quelles conditions et lesquelles faire chez vous…

Butte de permaculture : la définition générale

Le mot « butte » est un mot valise qui englobe des techniques très différentes dans leurs réalisations, leurs objectifs et les contextes auxquelles elles sont réellement adaptées. 

D’une manière générale, on définira une butte de permaculture comme étant une technique de jardinage visant à créer un support de culture surélevé adapté, en termes de hauteur, de forme, de bordures et de composition interne, à des contextes et objectifs propres à chaque projet et chaque jardinier !!

Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Illustration de différentes techniques de buttes en permaculture.

Buttes de permaculture : les principaux avantages et inconvénients

Quel que soit le type de buttes, voici les principaux avantages et inconvénients à connaître avant de se lancer !   

Les avantages des buttes de cultures :

Ces avantages seront, bien sûr, plus ou moins importants selon la technique choisie.

Les avantages principaux sont de créer une zone de culture surélevée bien identifiée :

  • mieux drainée
  • non compactée
  • avec plus de profondeur de sol pour l’enracinement
  • facile à couvrir de mulch
  • favorisant la vie du sol et sa fertilité (pas de labour)
  • sollicitant moins le dos (possible de jardiner debout !)
  • prolongeant la saison de culture
  • créant des effets de bordures et microclimats attracteurs de biodiversité

C’est aussi une façon de « sculpter » son jardin, lui donner du volume et une touche personnelle originale qui peut être très belle, ludique, poétique…

Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Exemple de buttes dessinant un jardin mandala où il fait bon cultiver et se promener. Réalisé par Daniel, un de nos stagiaires, en Haute-Garonne.

Les inconvénients des buttes de cultures

Les principaux inconvénients des buttes de cultures, là encore, indépendamment de la technique utilisée, sont peu nombreux, mais très importants à prendre en considération pour que la réalisation de buttes chez vous ne tourne pas au cauchemar et à l’échec total.

Faire des buttes de Permaculture peut s’avérer :

  • énergivore
  • chronophage
  • très gourmand en matières organiques diversifiées
  • contre-productif si non adapté à votre contexte et vos objectifs !
Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Exemple de choix de butte contre-productif dans un contexte méditerranéen…

Dans le cas de buttes permanentes, il faut aussi :

  • maintenir la fertilité au fil des années par des amendements réguliers et des couvertures de sols
  • une grande rigueur dans les rotations de cultures potagères.

Pour plus de détails, vous pouvez lire notre article dédié aux avantages et inconvénients de la culture sur butte. 

Les principaux types de buttes en permaculture

Voici un récapitulatif des principales techniques de buttes de permaculture connues. Cette liste n’est, bien sûr, pas exhaustive, car chacun pourra s’approprier telle ou telle technique et la transformer pour créer ses propres buttes adaptées à son lieu et son projet !

1. Les buttes bio-intensives maraîchères

Une butte bio-intensive est obtenue en travaillant la terre sur une double profondeur de bêche (environ 50cm) sans mélanger les horizons du sol pour aérer le sol et faciliter l’enracinement des végétaux cultivés. On ajoute ensuite à la terre divers éléments nutritifs (compost, cendre, poudre de roches, fumiers et autres matières organiques vertes et brunes) et on obtient une butte de 20 à 30 cm de haut, idéale pour les cultures maraîchères.

Utilisées par Jean-Martin Fortier sur ses Jardins de la Grelinette et sa ferme des Quatre-temps ou encore à la ferme en permaculture du Bec Hellouin, les buttes bio-intensives sont intéressantes à des fins professionnelles, car elles sont très productives au m2 quand on les gère bien. Elles nécessitent pour cela de solides connaissances en jardinage, en rotations potagères, en gestion du compost, en densité de plantations, mais aussi des outils et gabarits (semoirs…) spécifiques pour optimiser leur exploitation. 

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Jean-Martin Fortier en pleine préparation d’une butte maraîchère bio-intensive aux Jardins de la Grelinette dans le sud du Quebec. © Possible Media

Bref, c’est une technique déconseillée aux débutants et aux particuliers en général à moins d’être guidé pas à pas, mois par mois, dans son utilisation (par le biais d’une formation en permaculture dédiée par exemple 😉! ) ou d’apprécier tout particulièrement les organisations rigoureuses, la planification minutieuse et d’avoir les disponibilités et connaissances indispensables à son bon fonctionnement !

2. Les buttes de cultures arrondies classiques

Ces buttes de permaculture sans bordures, de 40 à 60 cm de haut, et de 1,20 m de large maximum pour atteindre le haut de la butte sans avoir à marcher dessus, sont formées uniquement de terre récupérée la plupart du temps en creusant les allées. Vous pouvez bien évidemment les adapter à votre taille, vos objectifs et contextes !

Si vous souhaitez y faire des semis directs, il faudra adapter les dimensions pour que la pente de chaque côté de la butte ne soit pas trop abrupte sinon beaucoup de graines semées auront tendance à tomber lors des arrosages ou fortes pluies. Idem pour le mulch, des branchages disposés dans les pentes peuvent être nécessaires pour le maintenir en place !

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Exemple de buttes de terre classiques réalisées en décaissant simplement les allées autour, sur la ferme expérimentale de la Goursaline en Haute-Vienne.

Ce type de butte a tendance à s’affaisser assez vite, perdant généralement presque un tiers de sa hauteur dans la saison. Elles demandent donc un entretien régulier pour les reformer.

En climat trop sec et/ou trop venteux, ce type de butte peut vite devenir contre-productive par manque d’eau.

3. Les buttes façon Philip Forrer

Philip Forrer est un jardinier hors norme qui a inventé sa propre technique de butte en observant la nature. À contre-courant de ce que conseille l’agronomie, les buttes de permaculture façon Philip Forrer font débat, car elles incluent, entre autres, du bois pourri et spongieux comme élément de base ainsi que des aiguilles de pin et du broyat de laurier cerise !!

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Philip Forrer en train d’écraser à la masse les troncs de bois pourris déposé en fond de butte pour nourrir le sol et maintenir une bonne humidité pour les cultures. Image extraite du film de Philip Forrer et son ami Chris Lunch intitulé « Le jardin du Graal ».

L’engouement pour ces surprenantes buttes tient à la fois au personnage atypique de Philip, véritable électron libre dans le monde du jardinage, et à la réussite impressionnante de ses cultures potagères, avec des tailles de légumes surréalistes et une abondance de cultures spontanées ne demandant qu’à être récoltées.

Suite à plusieurs vidéos tournées chez lui, dans l’Aude, les buttes façon Philip Forrer sont devenues, en quelques années, un modèle que beaucoup copient aveuglement, espérant les mêmes résultats en termes de récoltes ! Cependant, en permaculture, on évitera de copier une technique sans l’avoir d’abord mise en perspective avec son propre contexte… Pour plus de détails, retrouvez notre article dédié à ces buttes façon Philip Forrer ! 😉

4. Les buttes HugelKultur du permaculteur Sepp Holzer

La butte Hugelkultur inclut, elle aussi, en élément de base, le bois et de préférence de grosses branches et troncs frais ou à la décomposition beaucoup moins avancée que dans les buttes façon Philip Forrer. Ce sont des buttes autofertiles durablement.

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Illustration de l’évolution d’une butte Hugelkultur au fil du temps, à 1 mois, à 1 an, à 2 ans et après 20 ans ! ©Paul Wheaton – RichSoil.com

Ces buttes Hugelkultur misent sur la décomposition lente du bois dans le sol au fil des années pour créer une terre riche en nutriments et à l’humidité interne relativement constante. Là encore, cette technique suscite la controverse chez de nombreux spécialistes du fait de l’enfouissement du bois sous des couches de terre et de mulch. Des saturations en eau avec création de milieux anaérobies (privés de dioxygène) sont, en effet, à craindre dans certains cas, car cela peut bloquer la décomposition du bois, celle-ci ne pouvant se faire correctement qu’avec l’aide des champignons qui sont tous des organismes aérobies (ayant besoin de dioxygène pour vivre). Particulièrement énergivore à réaliser, une Hugelkultur ne conviendra donc pas à tous les contextes !

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Exemple de choix de butte Hugelkultur contre-productif dans un contexte avec une pluviométrie élevée et un sol lourd.

Cependant, quand elle est bien adaptée à son milieu, c’est une technique remarquable ! Popularisée par le célèbre permaculteur autrichien Sepp Holzer, retrouvez notre article dédié à la butte Hugelkultur pour une application pratique efficace.

5. Les buttes sandwich de Robert Moretz

Voici une autre « recette » de butte incluant du bois, confectionnée par un agronome français passionné, ardent défenseur de la nature : Robert Moretz. Conscient que le sol est vivant et qu’il faut alimenter et stimuler cette vie, Robert Moretz a conçu une butte autofertile qu’il a appelée « butte sandwich ». Elle contient, en effet, entre deux couches de terre, de quoi nourrir copieusement la vie du sol !

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Schéma montrant la recette de base d’une butte sandwich selon les conseils de son concepteur, l’agronome français Robert Moretz. Source : lesdames.over-blog.com

Pour réaliser une « butte sandwich », on creuse le sol sur environ 30 cm en récupérant la bonne terre végétale de surface pour une utilisation ultérieure. On range ensuite soigneusement dans ce trou des morceaux de branches et/ou lianes diverses de largeur inférieure à 7 cm (donc pas de gros troncs comme dans la Hugelkultur). On comble le maximum de trous d’air dans cette couche avec du bois broyé ou du BRF. Puis on recouvre avec un mélange de matières organiques vertes et sèches (foin, paille, feuilles, tonte…) sur une dizaine de centimètres, on tasse bien et on arrose copieusement. On met ensuite une couche de compost et/ou fumier par dessus sur environ 5 cm. Puis, on recouvre le tout avec la terre végétale extraite au début qui pourra accueillir, tout de suite après réalisation, vos plantations et semis ! On termine en enfonçant à distance régulière dans la butte des sortes d’entonnoirs (pouvant être de simples bouteilles plastiques retournées dont on a coupé le fond) pour faciliter l’arrosage en profondeur de la butte et on protège l’ensemble avec du mulch. Pour enrichir la recette, on peut saupoudrer entre les différentes couches, un peu de cendres de bois qui apportera notamment potassium, magnésium et phosphore ! 😉

Au final, une butte sandwich dépasse du sol d’environ 35 cm et même si elle s’affaisse peu à peu, elle dure généralement entre 3 et 5 ans (selon la taille de la butte et le bois utilisé). Sa composition riche a un « effet booster » sur les cultures, notamment la première année. On peut en profiter pour installer au départ des légumes gourmands comme les tomates, les courgettes, les courges, les aubergines, les poivrons, le maïs…

6. La culture en lasagne

Nous restons dans la métaphore culinaire avec la culture en lasagne qui, à l’inverse des techniques vues jusque-là, est une butte de permaculture temporaire ne durant généralement qu’un an.

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Illustration de la composition interne d’une culture en lasagne, une butte de permaculture temporaire simple à réaliser !

Assez facile à mettre en place, sans gros efforts, elle permet de créer, rapidement, un support de culture, même sur sol ingrat à condition d’avoir suffisamment de matières organiques à disposition. Cette technique s’appuie sur le compostage des matières organiques et consiste en un empilement matières organiques, à même le sol, sur du carton avec éventuellement une fine couche de fumier/compost, en alternant les couches de matières vertes à tendance plutôt azotées avec les couches de matières brunes à tendance plutôt carbonées. Pour plus de détails, découvrez notre article dédié à la culture en lasagne !! 

Comme pour la « butte sandwich », il s’agit d’un support de culture qui a un effet « booster » au démarrage, très bien pour les légumes gourmands !

7. Le Keyhole garden ou jardin en trou de serrure

Le Keyhole Garden est un concept ingénieux de petit jardin inventé, au départ, pour les climats chauds africains. Or, avec quelques adaptations, il est très intéressant aussi sous d’autres climats, d’où son succès grandissant ! Un jardin en trou de serrure peut se réaliser entièrement avec des matériaux naturels faciles à se procurer (à minima : branchages, matières organiques et terre) et a le gros avantage d’être autonome en fertilité et économique en eau !

Cependant, c’est un support de culture permanent dont l’emplacement devra être bien réfléchi, car il sera difficile à déplacer une fois installé !

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Exemple de Keyhole garden ou jardin en trou de serrure fait uniquement avec des matériaux naturels trouvés sur place : branchages, terre, paille et matières organiques pour le compost et le substrat…©concernusa.org

Un Keyhole est généralement de forme ronde, haut de 50 cm à plus d’un mètre selon les cas et délimité par des bordures non maçonnées en pierres, en brique, en bois, ou tout autre matériau à disposition. Il intègre, en son centre, un composteur qui lui apporte, en continu, des nutriments et une certaine humidité. Cet espace de compostage permet le développement de nombreux organismes du sol (invertébrés, microfaune…) qui vont assurer la circulation des nutriments et de l’eau entre le composteur central et le substrat de plantation tout autour. Pour accéder facilement à ce composteur central, on crée une ouverture dans le cercle qui donne à l’ensemble cette fameuse forme « en trou de serrure ». Pour le substrat de plantation, on peut mélanger diverses techniques que chacun adaptera à ses besoins, son contexte et ses ressources disponibles 😉 ! Pour plus de détails, nous vous invitons à lire notre article dédié au Keyhole garden ou jardin en trou de serrure.

8. La spirale aromatique

Avec sa forme naturelle harmonieuse, l’efficacité des microclimats qu’elle génère et son attractivité pour la biodiversité, la spirale aromatique fait partie des éléments phares en permaculture ! C’est, en effet, un modèle de butte permanente esthétique, compacte et très pratique pour réunir sur une petite surface une grande diversité de plantes aromatiques et médicinales aux besoins pourtant très différents en termes de sol, de températures et d’ensoleillement !

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Exemple de spirale aromatique en permaculture pleine de biodiversité, d’odeurs et de saveurs ! ©freshdesignpedia

Le principe est simple : créer sur un petit espace des zones de cultures aux microclimats très différents ! L’orientation et la hauteur de la spirale aromatique vont déterminer l’accès à l’ensoleillement des différentes zones. On joue ensuite sur la composition du substrat de plantation : le sommet sera plus drainant avec l’ajout de gravats et de sable et le bas de la spirale sera plus humifère avec l’ajout de compost. Les matériaux utilisés pour monter les bordures de la spirale et lui donner sa forme, tout comme l’ajout ou non d’un petit bassin en bout de spirale seront aussi des choix impactant les microclimats des diverses zones. Dans une spirale aromatique en permaculture, on peut ainsi cultiver à la fois des plantes méditerranéennes aimant la chaleur et les sols secs comme la lavande ou le romarin que des plantes préférant un climat plus frais et un sol plus riche comme l’oignon rocambole, la ciboule ou le persil ! Rendez-vous sur notre article dédié à la spirale aromatique en permaculture pour en savoir plus 😉 !

9. Le jardin mandala

Inspiré par des pratiques religieuses indiennes ancestrales, le jardin mandala en permaculture est à la fois un support de culture pratique et esthétique et un espace de ressourcement et de bien-être invitant à la contemplation. En forme de cercle plus ou moins grand, il permet une grande créativité dans ses aménagements intérieurs.

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Exemple de jardin mandala en permaculture, aménagé avec des buttes permanentes rondes sans bordures sur la célèbre Ferme du Bec Hellouin en Normandie. ©fermedubec.com

Les puristes prendront le soin d’orienter les entrées et cheminements principaux de leur jardin mandala selon les quatre points cardinaux, voire même d’y associer, en termes de cultures végétales, des plantes symbolisant les 4 éléments de la vie, eux aussi en lien avec les points cardinaux et leur symbolique. Cependant, en permaculture, point de dogmatisme : chacun fera son jardin mandala selon sa sensibilité, ses envies, son contexte, ses besoins…

Pour en savoir plus et voir nos conseils de réalisation, vous pouvez lire notre article dédié au jardin mandala en permaculture 😉 !

10. Les baissières et buttes associées

Les baissières sont des ouvrages de terrassement pouvant faire quelques mètres à plus centaines de mètres dans le but de capter les eaux de ruissellement pour les infiltrer durablement dans le sol et ainsi éviter l’érosion et la perte de nutriments. Ces noues d’infiltration suivent les courbes de niveau pour optimiser le captage et l’infiltration et sont constituées d’une partie creusée où va se stocker et s’infiltrer l’eau peu à peu, suivie d’une partie buttée qui sera un excellent support de culture. On peut réaliser à la main les plus petits ouvrages ou s’aider de machines type tractopelle quand les chantiers sont importants.

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Benjamin, fondateur de PermacultureDesign, en train de contrôler le niveau de sa baissière en cour de réalisation sur la ferme expérimentale de la Goursaline en Haute-Vienne.

Pour commencer, on réalise sur le terrain le tracé des différentes baissières que l’on a prévues, en amont, dans son design 😉 sur les courbes de niveau. Cela peut se faire à l’aide d’un simple niveau égyptien ou de matériel plus sophistiqué type niveau à eau électronique. On creuse ensuite une tranchée le long de ce tracé dont la largeur et la profondeur devront être ajustées selon le contexte (sol, pente, pluviométrie, etc.). La terre décaissée est utilisée pour former la butte juste après la baissière qu’on stabilise dans la foulée en semant par exemple des engrais verts type trèfle, luzerne, etc. Cette butte sera idéale pour implanter une grande diversité d’arbres, arbustes et autres cultures pérennes, car elle jouit d’une bonne irrigation passive et une profondeur d’enracinement importante. Découvrez, en vidéo, une réalisation de baissière par Benjamin Broustey lors d’un des premiers chantiers de PermacultureDesign, en 2012.

11. Les buttes en bottes de paille

Voici une butte de permaculture temporaire rapide à mettre en place et très utile quand on n’a pas accès au sol (contexte urbain) ou qu’on est en retard dans la préparation de ses supports de cultures. Elle se base sur la décomposition de la paille dans une botte bien serrée dont on veillera à placer les brins à la verticale pour une meilleure infiltration de l’eau et une meilleure pénétration des racines. Cette décomposition est enclenchée par une forte humidification et l’apport de matières azotées pour contrebalancer la tendance plutôt carbonée de la paille et apporter divers nutriments aux plantes cultivées. Ce type de buttes nécessite notamment de la paille de blé bio (pas toujours facile à se procurer) et un point d’eau facilement accessible à côté pour maintenir la botte constamment humide.

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Exemple de cultures potagères sur buttes en bottes de paille avec des plants de tomates, courgette, aubergines, salades, fraises… Source : lescomptoirsmitoyens.com

Cette butte en botte de paille conviendra bien à la transplantation de plants, mais beaucoup moins à des semis directs. Permettant une grande liberté de placement, on peut créer avec des circulations éphémères ludiques, mais elles restent assez anecdotiques en termes de productivité et ne conviendront pas à tous les contextes non plus ! Elles demanderont, par exemple, beaucoup de surveillance (notamment pour ne pas se dessécher !) et ne supporteront pas les situations trop venteuses

Des techniques de buttes de permaculture déclinées sous forme de bac de culture :

1. Le Wicking Bed

On pourrait traduire cet anglicisme par « Jardinière autonome » ! Il s’agit en fait d’un bac de culture hors-sol qui, relié à une arrivée d’eau type gouttière ou trop-plein de système de récupération par exemple, va être autonome en eau. On peut, en plus, le rendre autofertile en y ajoutant, par exemple, un composteur intégré comme dans un Keyhole.

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Exemple de wicking bed ou bac de jardin hors sol autonome en eau, très utile notamment en contexte urbain.

Ce type de bac de culture sera idéal dans les contextes urbains hors-sol (parking, trottoirs…), aux abords des maisons, sur les toits ou pour cultiver malgré des sols pollués ou ingrats. Pour plus de détails sur son fonctionnement et sa composition, lisez notre article sur ce bac de jardin surélevé autonome en eau !

2. Bac de jardin garni façon culture en lasagne

Quand on n’a pas accès à la terre, il est bon de savoir que la technique de la culture en lasagne peut être déclinée en pot ou en bac façon « mini lasagnes ». Le principe d’empilement de matières restera le même que dans une culture en lasagne classique…les différences seront surtout l’absence de couche de carton à remplacer plutôt par une couche de cailloux en fond de bac pour le drainage suivi ensuite de vos couches de matières vertes et brunes à humidifier en terminant, par une couche de terre/compost pour accueillir les plantations. Des bacs garnis façon culture en lasagne, sans contact direct avec le sol, permettent de cultiver dans des endroits à priori inadéquats comme un balcon, un parking goudronné… C’est donc une technique qui peut s’avérer très utile pour des projets de permaculture urbaine !

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Exemple de divers bac de jardin hors-sol installés à Montréal, pour éveiller les consciences et montrer qu’il est possible de produire fruits et légumes frais en plein coeur de la ville. ©lesmontrealistes.com

3. Bac de jardin garni façon Hugelkultur ou butte sandwich

Comme dans l’exemple précédent, on peut envisager de créer des bacs de culture hors-sol reprenant, dans une moindre mesure évidemment, des techniques de butte en Hugelkultur ou de buttes sandwich. La recette sera à adapter aux dimensions du bac de culture, mais le principe de base reste le même ;).

Peut-on faire de la permaculture sans butte ?

Après avoir lu toutes ses techniques de butte en permaculture, vous vous demandez peut-être si on peut faire de la permaculture sans butte ?

De même que « faire des buttes » n’équivaut absolument pas à « faire de la permaculture », « ne pas faire de butte » n’empêche pas de faire de la permaculture ! Les buttes sont une des nombreuses techniques contextuelles proposées (et non imposées) par la permaculture ! Donc oui, on peut faire de la permaculture sans butte ! D’ailleurs, selon les contextes, la permaculture pourra même nous inciter à faire l’inverse des buttes et à cultiver dans des creux ou des jardins en cratères !

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Parmi toutes les techniques de buttes de permaculture, finalement laquelle sera faite pour vous ?? Peut-être aucune, ou plusieurs à la fois…

Finalement, pour choisir votre support de culture, questionnez-vous sur vos objectifs, observez vos différents contextes (environnementaux et personnels), le temps que vous pouvez y consacrer, testez votre sol et expérimentez à petite échelle sur votre terrain ! Après quelques saisons de pratiques, vous pourrez sélectionner la technique qui vous conviendra le mieux !

Et pour gagner du temps et être guidé(e) pas à pas dans cette réflexion pour faire le bon choix dès le départ, faites-confiance à notre formation en ligne intitulée « Choisissez votre support de culture idéal ! » !

Bonne permaculture à toutes et à tous !

Trouvez rapidement quel type de butte il vous faut !

Devez-vous faire des buttes ou pas dans votre potager ? Si oui, quelle sorte de butte sera la plus appropriée pour VOUS ! Découvrez-le grâce à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal » qui vous fera gagner du temps et trouver facilement quel support de culture vous correspond le mieux ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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Les ateliers « zéro-déchets au jardin » du mois d’octobre !

Avec le soutien du Syctom, nous proposons trois ateliers au Jardin Pouplier :

  • Mardi 5 octobre 9h30-12h30 : Jardin « en lasagnes » pour jardiner avec les bio-déchets (partie théorique)
  • Mardi 12 octobre 9h30-12h30 : Comment valoriser les « indésirables » du jardin en engrais liquide (atelier sur les purins)
  • Mardi 19 octobre 9h30-12h30 : Jardin « en lasagnes » pour jardiner avec les bio-déchets (partie pratique)

Ateliers gratuits, sur inscription : giuliahumus@gmail.com

Le Sens de l’Humus cherche deux volontaires en service civique! Début des missions : novembre 2021

Rencontre avec Jacques Rancière au Sens de l’Humus

Samedi 25 septembre à 15h30 au Jardin Pouplier

60 rue Saint Antoine à Montreuil

Pour celles et ceux qui n’ont pas pu venir au Jardin pour la rencontre avec Jacques Rancière autour de l’écologie et de la politique, co-organisé par le Sens de l’Humus et les Communaux, nous avons mis en
ligne la vidéo :


https://www.youtube.com/watch?v=5MUbrf2Meys

Tension entre écologie et politique ?

Tout au long de son œuvre, Jacques Rancière a cultivé une philosophie de l’émancipation, de l’égalité et de la politique. Pour Rancière, la politique est la tension entre le principe d’égalité qui émancipe les êtres humains, et celui d’inégalité qui ordonne la société en termes de fonctions ou de titres, chacun ayant une place à occuper. C’est un moment pendant lequel des gens à qui on ne donne pas la parole la prennent, et ainsi vivent un moment d’égalité émancipateur.
Mais si la politique ne s’applique qu’à notre société d’êtres humains, à l’heure où l’écologie est de plus en plus présente dans nos débats « politiques », où l’on crie dans la rue et placarde dans nos jardins « Détruire les jardins, c’est détruire les humains », comment prendre en compte les non-humains ? La domination des humains sur les non-humains est-elle une question politique ? Donner la parole aux non-humains a-t-il un sens ?
C’est avec grand plaisir que nous recevrons Jacques Rancière pour échanger sur ces questions, au cœur du Jardin Pouplier encore vert et magnifique en cette fin d’été…

Comment faire son compost maison ?

Comment faire son compost maison ? Ça y est ! Vous avez décidé de vous lancer dans le recyclage de vos déchets de cuisine et de jardin grâce au compostage. Mais vous ne savez pas comment vous y prendre, quelle méthode choisir, comment réussir. D’ailleurs, est-ce possible de faire du compost en ville ? Rassurez-vous, d’abord ce n’est pas sorcier ! Et puis, différentes méthodes existent pour vous permettre de faire du compost en toutes circonstances.

Dans cet article, découvrez 3 façons de faire votre compost maison.

 

Comment faire du compost maison ? La méthode traditionnelle.

Pour qui ?

Le compostage en tas est l’une des manières les plus classiques de faire son compost. Il est tout à fait adapté aux propriétaires d’un jardin, petit ou grand.

Le principe

Il s’agit de rassembler vos déchets en tas, et de laisser la vie du sol dégrader les matières organiques. Bactéries, champignons, vers de terre, etc. sont d’excellents décomposeurs : ils se nourrissent de vos déchets, et les digèrent sous forme de compost.

Exemple de composteurs de jardin en bois et en plastique pour faire un compost en tas.

Exemple de composteurs de jardin en bois et en plastique pour faire un compost en tas.

Pour que la magie opère, vous avez besoin d’organiser votre tas. Bac en bois ou en plastique, bac fait maison, plateforme de compostage à l’air libre, le choix de votre composteur de jardin dépend de vos besoins et de votre contexte.

Que mettre dans le compost ?

Comment faire un bon compost ? Pour que le processus s’active, vous devez vous assurer de l’équilibre des matières apportées à votre tas, soit, grosso modo :

  • 50 % de matières carbonées, brunes ou sèches : branchages, tailles de haies, feuilles mortes, tiges et fleurs fanées, carton brun sans encre, sans colle. Petit conseil au passage : pensez à broyer les branchages avant de les incorporer au compost pour faciliter leur décomposition et leur brassage.
  • 50 % de matières azotées, vertes ou fraîches : déchets de cuisine (même les agrumes, l’ail et l’oignon), marc de café, restes de thé, tontes de gazon.
  • Ce à quoi, vous pouvez ajouter vos coquilles d’œufs broyées, et autres petits restes de viande et de poisson.
Exemple de matières organiques pour le compost : un mélange de « déchets » verts et humides plutôt azotés et de « déchets » bruns et secs plutôt carbonés.

Exemple de matières organiques pour le compost : un mélange de « déchets » verts et humides plutôt azotés et de « déchets » bruns et secs plutôt carbonés.

Ces proportions ne sont pas strictes mais globalement, vous veillerez quand même à ne pas mettre plus de matières vertes que de matières brunes dans votre mélange.

Si l’une des catégories de matières doit être en excès par rapport à l’autre, il vaut mieux que cela soit la catégorie des matières brunes carbonées qui peuvent composer sans problème jusqu’à ⅔ du mélange à composter pour ⅓ de matières vertes azotées !

L’ortie et la consoude sont de bons activateurs de compost. N’hésitez pas à les ajouter dans votre recette.

Ça, c’est la base du compost. Mais faire un bon compost tient aussi dans le soin apporté à votre tas.

Comment entretenir son compost ?

Faire un compost, ce n’est pas juste entasser des déchets verts dans un coin du jardin, et attendre que le temps fasse son effet. Un suivi tout au long de l’année est nécessaire pour vérifier que les conditions favorisant la décomposition sont toujours réunies. Votre attention devrait donc se porter sur :

  • L’humidité : le tas ne doit pas être trop sec, ni trop humide. Pour cela une couverture végétale est la bienvenue (paille, branchages, carton) ainsi qu’un arrosage en période sèche selon les besoins.
  • L’oxygène : il est indispensable à une bonne décomposition des matières. D’où la nécessité d’aérer le tas de temps en temps. Un aérateur de compost ou brass compost est d’ailleurs bien utile pour réaliser la manipulation, notamment dans les composteurs en bacs. Il s’agit d’un outil en forme de grosse vis à faire tourner à l’intérieur du tas.

Résultats

Après environ 8 mois de décomposition, vous obtenez un compost mûr. Il a une douce odeur de sous-bois, et une couleur brun foncé. Il est alors idéal pour nourrir et pailler le sol.

Après plusieurs mois de décomposition par les vers du compost notamment, on obtient un compost mûr bien noir à l’odeur de sous bois, idéal pour enrichir un sol potager par exemple !

Après plusieurs mois de décomposition par les vers du compost notamment, on obtient un compost mûr bien noir à l’odeur de sous bois, idéal pour enrichir un sol potager par exemple !

Si on attend que le compost mûrisse davantage, il est alors moins riche en azote, et devient un excellent terreau pour faire vos semis. Il demande un simple tamisage pour éliminer les éléments les plus grossiers.

Faire du compost : la solution du lombricomposteur

Pour qui ?

Vous vous demandez comment faire du compost alors que vous vivez en appartement ? Ne cherchez plus, et adoptez un lombricomposteur, aussi appelé vermicomposteur.

Le principe

Le système fonctionne grâce à l’action de vers qui se nourrissent de matières organiques et les digèrent sous forme de compost. 2 espèces de vers retiennent particulièrement notre attention pour ce travail : le ver tigré (Eisenia foetidia) et le ver rouge de Californie (E isenia andrei) . Leur atout : ces vers peuvent manger jusqu’à 1⁄3 de leur poids en déchets chaque jour. Concrètement, le lombricomposteur est un ensemble de bacs percés sur le fond, superposés, et munis d’un couvercle.

Exemple de lombricomposteur disponible dans le commerce, compact et pratique. On peut aussi le fabriquer soi-même avec des matériaux de récup pour ceux qui ne voudraient pas l’acheter.

Exemple de lombricomposteur disponible dans le commerce, compact et pratique. On peut aussi le fabriquer soi-même avec des matériaux de récup pour ceux qui ne voudraient pas l’acheter.

Au démarrage, il accueille les vers dans une litière que l’on peut fabriquer soi-même. Pour cela, mélangez un peu de compost mûr ou du terreau de rempotage, et du carton humide déchiqueté en petits morceaux. Avec un premier apport de déchets de cuisine, et une couverture en carton humide, les vers sont prêts pour une période d’acclimatation qui dure environ 1 mois. Pendant cette phase, modérez vos apports et augmentez-les progressivement.

Que mettre dans le lombricompost ?

Les vers apprécient les épluchures de fruits et de légumes, le marc de café, les restes de thé, ainsi que des coquilles d’œufs broyées. Ils ont besoin aussi de matières carbonées : carton brun sans encre, boîte d’œuf.

Préférez les nourrir de tout petits morceaux, cela leur facilite le travail.

Certains aliments sont par contre à proscrire : restes de viande, de poisson, de fromage, les agrumes, l’ail, l’oignon et l’échalote.

Comment entretenir votre lombricompost ?

Les bonnes conditions

Le lombricomposteur doit être placé à l’abri à une température entre 15 et 25 °C pour que les vers soient actifs. En dessous de 5 °C et au-dessus de 30 °C, c’est risqué pour eux, car ils ne supportent pas le gel ni les fortes chaleurs. Placez donc vos bacs de préférence à l’intérieur. Autre élément important : l’humidité. Le compost ne doit pas être trop sec, ni trop humide.

La rotation des bacs

Quand votre 1er bac est rempli, ajoutez-en un 2e par-dessus. Quand les vers auront terminé de digérer les aliments du 1er bac, ils viendront manger ceux du 2e.

Récupérer le compost sans les vers

Pour récupérer un compost exempt de vers, il suffit d’exposer l’étage du dessus du lombricomposteur à la lumière du jour et de le remuer doucement.

Pour récupérer un compost exempt de vers, il suffit d’exposer l’étage du dessus du lombricomposteur à la lumière du jour et de le remuer doucement.

Votre compost est mûr et vous souhaitez en disposer ? Comment faire pour que les vers restent dans le bac à composter ? Il vous suffit de déplacer le bac de compost mûr pour le déposer au-dessus du bac en cours de décomposition. En le laissant un peu à la lumière, et en remuant doucement, les vers vont descendre dans le bac du dessous. S’il en reste quelques-uns, ce n’est pas un souci.

Résultats

Avec le lombricomposteur, vous obtenez un compost mûr en 6 mois environ. Ce compost est idéal pour fertiliser vos plantes en pots ou jardinières. Mais ce n’est pas tout ! Tout au long du processus, vous récupérez du thé ou jus de compost à utiliser comme engrais lors de l’arrosage de vos plantes. Pour cela, il faut absolument diluer ce jus à hauteur d’1 volume de jus pour 10 volumes d’eau. Vos plantes vous diront merci.

Compost maison : l’alternative du bokashi

Pour qui ?

L’idée d’avoir un lombricomposteur dans votre cuisine ne vous réjouit pas ? Le bokashi, cette méthode de compostage japonaise, est une bonne alternative pour recycler vos déchets en milieu urbain, si vous disposez quand même d’un petit jardin (ou d’amis propriétaires de jardin).

Le principe

Contrairement au compostage traditionnel et au lombricompostage qui fonctionnent grâce à la dégradation des déchets en milieux aérobie, le bokashi, lui, fonctionne par fermentation, en milieu anaérobie (sans oxygène). Un activateur de fermentation à base de son de blé, de mélisse et de micro-organismes efficaces est utilisé pour assurer le processus.

La transformation des déchets se fait dans un contenant hermétique muni d’un robinet. On peut l’acheter ou le fabriquer soi-même.

Ensuite, la méthode est simple :

  • Au démarrage, saupoudrez au fond du contenant une couche d’activateur.
  • Versez vos déchets.
  • Ajouter à nouveau une couche d’activateur.
  • Pressez les déchets pour enlever l’air.
  • Refermez le bokashi.

Que mettre dans le compost ?

Remplissage du seau de compost bokashi avec des déchets de cuisine coupés en petits morceaux.

Remplissage du seau de compost bokashi avec des déchets de cuisine coupés en petits morceaux.

Le bokashi va vous séduire pour la diversité des déchets qu’il peut accueillir. En plus des déchets de cuisine habituels tels que les épluchures, le marc de café, les coquilles d’œufs, il transforme aussi les restes de poisson, viande et fromage. Pensez à les couper en petits morceaux avant de les mettre dans votre bokashi.

Comment entretenir le compost ?

Le bokashi fonctionnant sans air, il faut être vigilant à ne pas ouvrir le seau trop souvent. L’idéal est de collecter ses déchets de la journée dans un récipient, et de les ajouter au bokashi une fois par jour.
Tous les deux jours, vous récupérez le jus de fermentation pour ne pas qu’il s’accumule dans le contenant, au risque de nuire au processus.
Quand le seau est plein, on le laisse fermenter pendant 15 jours.
C’est pourquoi, pour pouvoir continuer le compostage pendant cette période, les utilisateurs du bokashi acquiert un 2e contenant.

Résultats

Avec le bokashi, on obtient un compost très différent des composts habituels.

Ici, les matières ne sont pas dégradées. Elles ont donc le même aspect que lorsque vous les avez déposées dans le bokashi. Cependant, elles ont bien été transformées.

Après au moins 15 jours de fermentation, le contenu du seau bokashi va ici être enterré dans une jardinière dans laquelle on pourra ensuite, après quelques semaines d’attente, planter directement.

Après au moins 15 jours de fermentation, le contenu du seau bokashi va ici être enterré dans une jardinière dans laquelle on pourra ensuite, après quelques semaines d’attente, planter directement.

L’utilisation de votre bokashi n’est donc pas la même :

  • Soit vous avez un tas de compost au jardin, et dans ce cas vous y ajoutez le contenu de votre seau à bokashi.
  • Soit vous l’enterrez.
  • Soit vous laissez les matières fermentées revenir à un PH plus neutre avant de les intégrer comme engrais au jardin. Pour cela, il faut creuser une fosse et laisser les matières à l’air libre perdre leur acidité pendant quelques semaines.

Le jus de fermentation est quant à lui utilisable dès récupération pour l’arrosage des plantes. Diluez-le à hauteur d’une cuillère à café pour 0,5 L d’eau. Si vous en avez trop, vous pouvez aussi le verser dans vos canalisations. Ce jus est très efficace pour les nettoyer !

 

Comment faire un compost ? Aller plus loin

Le compost est une pratique au cœur de la permaculture. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter nos autres articles sur le sujet :

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Les formations principales en permaculture

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Projection Ciné-Jardins vendredi 10 septembre 2021

Ciné-Jardins 2021 : Repenser le lien entre l’humain et les autres animaux.
Les Estivales de la Permaculture qui devaient se tenir à Montreuil les 10-11-12 septembre 2021 sont annulées (vous trouverez le communiqué sur le site internet des Estivales) mais la programmation de nos amis de Ciné-Jardins est maintenue sur la Prairie des Murs à Pêches à Montreuil.

L’accès se fait par le 61, rue Pierre de Montreuil (93100 Montreuil) 

– 19h00 : visite des jardins
– 19h30 : venez avec votre pique-nique !
– 20h30 : projection en plein air.
N’hésitez pas à amener votre petite laine car il peut parfois faire un peu frais, une couverture si il n’y a pas assez de chaises, une chaise pliante si vous habitez à côté du site.
De la bière pression locale sera disponible sur place.
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La chasse au lion à l’arc de Jean Rouch
France | 1967 | 77minutes 

Dans le « pays plus loin que loin », quelque part entre le Mali et le Niger, l’harmonie règne entre les humains et la nature. Les lions ne s’attaquent qu’aux vaches malades, préservant la santé du bétail et l’ordre du monde. Mais il arrive qu’un fauve tue abusivement l’un des bovins : il faut alors le chasser pour rétablir l’harmonie un instant perturbée… 

Film précédé d’une présentation de la campagne Zone Sauvage et d’une bande-annonce surprise.