Les Phases d’abondance de Bill Mollison

Bill Mollison était autant un homme d’action qu’un homme d’idée. Le 24 septembre 2016, il nous a quittés à l’âge vénérable de 88 ans. Il laisse derrière lui un héritage d’une grande valeur pour le présent et l’avenir de la planète. Le jour de sa mort, j’étais moi-même en plein travail sur un site que j’ai aidé à designer avec la permaculture et c’est grâce à Bill que j’ai trouvé cette voie qui nourrit mon âme! C’est en hommage à sa grande contribution sur cette planète que je vais explorer un de ces articles qui m’a particulièrement inspiré.

En 1991, Bill Mollison a écrit un texte vraiment intéressant intitulé « Phases d’abondance ». Il y décrit les phases d'abondance pour les trois premières années de l’établissement d’une ferme en milieux tropical ou sous-tropicale à l’aide de la permaculture. Regardons ces phases et examinons par la suite comment cela se traduit dans notre climat froid.

La première année, c’est l'abondance des différentes espèces qui sont implantées sur le site dans de nombreux essais afin de voir ce qui pousse bien et ce qui n’est pas adapté à notre site. C’est aussi le moment d’expérimenter différentes approches de culture. La récolte est modeste, mais représente une belle contribution d’aliments de qualité à notre diète.

La deuxième année en est une d'abondance pour le matériel de propagation. Nous avons une bonne idée de ce qui pousse bien et nous propageons ces espèces en quantité suffisante pour atteindre nos objectifs de production future. À partir de ce moment, le nombre d’espèces diminue puisque nous retenons seulement celles qui ont bien performé sur notre site. Lorsque nous créons un système complexe, il finit toujours par se simplifier, aussi bien le faire volontairement. La récolte est aussi plus abondante, quoiqu’une partie de celle-ci servira à la propagation comme pour l’ail par exemple. C’est le moment de raffiner notre technique (plantation, irrigation, récolte, taille, etc.) afin de mieux servir les plantes qui ont bien survécu tout en étendant notre zone de plantation avec celles-ci.

À partir de la troisième année et pour les années suivantes, c’est l'abondance des rendements à mesure que les arbres fruitiers commencent à produire. La troisième année est celle de la plantation en grande quantité des espèces qui ont le mieux produit. C’est donc le moment idéal pour démarrer une pépinière afin de reproduire les plantes qui ont démontré un fort potentiel dans votre région. Une partie de ce qui se retrouve dans votre pépinière pourra aller à la vente. À cette étape, nous avons la possibilité de produire une bonne partie des aliments pour nourrir la famille et commencer la vente de certains produits afin d’avoir un revenu plus significatif. 

Selon Bill Mollison, l’indépendance alimentaire arrive vers la 6e année en milieu tropical ou sous-tropicale. Tous nos besoins alimentaires sont satisfaits et il y a une grande quantité de surplus pour la vente. Vous vous doutez bien que tout va plus rapidement dans ce type de climat comparé à notre climat froid du Québec.

Bill résume tout cela ainsi à la fin de son article :
« Ainsi, les phases d’abondance dans les systèmes tropicaux et subtropicaux de 1 à 2 acres en saison humide pourraient être:

Année 1 : Établissement d'une abondante richesse d'espèces pour l'essai.
Année 2 : Une source abondante de matériel de propagation est produite.
Année 3 : Plusieurs espèces sont suffisamment nombreuses pour fournir une abondance de rendement.
Année 4 : Le rendement est excellent, le matériel de propagation est "illimité" et les espèces plus lentes commencent à produire. L'abondance absolue est atteinte.
Année 5 et suivantes : On obtient un rendement abondant à partir d’une trentaine de plantes vivaces et du même nombre de plantes annuelles. Cette abondance peut persister aussi longtemps qu’on le désire. »

Dans le climat froid du Québec, la phase d’expérimentation décrite pour la première année peut facilement s’étendre sur 2 ou 3 ans et souvent plus. C’est entre autres une question de durée de saison de culture et de variabilité du climat. Les vieux agriculteurs disent que la normale au Québec c’est qu’il n’y a pas de normale!

Les arbres fruitiers et à noix demanderont souvent plusieurs années avant de produire à maturité, et seulement à ce moment nous verrons la qualité et la quantité de production afin de sélectionner les meilleurs individus. C’est pourquoi je propose généralement aux gens de tester un petit nombre de plantes de plusieurs variétés qui vous semblent intéressantes. Nous pouvons tout de même voir leur adaptabilité et leur résilience dans l’environnement du site que nous avons choisi dès les premières années.
Le climat tempéré du Québec est particulièrement bien adapté aux cultures annuelles.

Cela ne limite toutefois pas les possibilités d’une bonne production maraichère et d’un revenu acceptable dans les premières années suivant l’implantation d’un nouveau site. Le climat tempéré est particulièrement bien adapté aux cultures annuelles et il est avisé de mettre à profit ce fait pour rendre notre ferme rentable rapidement tout en investissant dans les espèces vivaces qui produiront sur le long terme. La création d’un écosystème productif ne se fait pas du jour aux lendemains.

Une à deux années de culture nous donnent une bonne idée de l’intérêt que nous devons porter à certaines espèces, mais il suffit qu’une année soit sèche ou très humide pour éliminer ou mettre sous surveillance certaines plantes qui démontrent une faiblesse dans ces conditions. Si les individus sous surveillance démontrent une bonne résilience les années suivantes, ils seront possiblement sauvés. Autrement, ils laisseront leur place à d’autres espèces mieux adaptées.

Personnellement, j’ai très peu de pitié pour une espèce végétale ou animale, qui ne peut prospérer dans les hauts et les bas de notre climat québécois comme par exemple le pêcher. Cet arbre fruitier peut vivre 4 ou 5 ans de belle croissance et mourir jusqu'à la racine après un hiver très froid et repartir du sol l’année suivante. Ce n’est pas acceptable pour moi dans le contexte d’une production fiable et à long terme.

Cela n’empêche pas d’essayer des plantes aux limites de leur zone de rusticité, mais limitez-vous à quelques individus ayant démontré les qualités recherchées dans un climat analogue à votre site afin de limiter vos pertes. Une fois votre ferme bien partie, vous pourrez faire des expériences plus risquées sans mettre en jeu l’avenir de votre entreprise.

Ma philosophie pour la sélection de plantes est : emmenez-en des poiriers et des camérisiers qui ont été hybridés dans un climat analogue au nôtre comme en Russie et plantez-en des sureaux et des argousiers aux multiples vertus n’ayant aucune crainte des hivers froids! Il faut commencer par bien sélectionner les plantes ayant un intérêt pour l’entreprise et qui serviront bien l’écosystème que l’on crée sur notre site.

Plusieurs petits fruits sont particulièrement intéressants dans notre climat et peuvent être productifs dès la 3e ou 4e année au Québec s’ils sont bouturés et bien avant s’ils sont déjà matures à l’achat. J’apprécie beaucoup la framboise, le cassis et le sureau. L’abondance dans notre climat arriverait plutôt entre la 7e et la 9e année, quand les arbres fruitiers sont en pleine production et que l’écosystème que vous avez créé atteint un certain équilibre dynamique.

Il faut de la patience, car nous suivons le rythme de la nature tout en accélérant les processus qui peuvent l’être en respectant les principes qui guident notre travail. On ne peut obliger une plante à fleurir, mais on peut lui fournir les conditions nécessaires pour que sa floraison se fasse au moment opportun. Il en va de même pour nos projets et nos entreprises.

Cliquez ici pour lire le texte original de Bill Mollison reproduit sur le site la Permaculture Research Institute. 

Film: Le dernier Trappeur

A voir ou à revoir, gratuit et en super qualité 🙂 Au cœur des Montagnes Rocheuses, Norman vit avec Nebraska, une indienne Nahanni, et ses chiens de traîneaux. Déconnectés des besoins créés par la société moderne, ils se nourrissent des produits de la chasse et de la pêche. Norman fabrique ses raquettes, son traîneau, son […]

Être plus efficace grâce aux zones de permaculture !

Nous constatons souvent, chez nos clients, qu’ils soient particuliers ou professionnels, une dépense d’énergie phénoménale en terme de trajets et déplacements sur leur site.
Cette dépense énergétique pourrait, pourtant, être très fortement réduite si leur lieu était pensé autrement avec l’aide précieuse du « zoning ».
Alors, que recouvre cet anglicisme un peu barbare ? Il s’agit, en fait, d’un des nombreux outils extrêmement efficaces issus de la méthodologie de design en permaculture.

 

Faire le zoning de son lieu (de vie, de travail, associatif…) revient donc à « découper » un terrain en zones numérotées de 0 à 5 en fonction de leurs besoins en visites et actions (récoltes, soins, maintenance, entretien…). La zone 0 sera l’endroit de vie, d’habitation ou d’activité principale avec le plus grand nombre de visites et passages quotidiens et la zone 5 représente la zone laissée à la nature sauvage, ne nécessitant quasiment aucune intervention (juste de l’observation du professeur Nature 😃).

Prévoir les zones dans son design de permaculture permet d'être plus efficace au quotidien
On définit les zones en fonction de la fréquence des visites et actions nécessaires sur celles-ci (récoltes, soins, maintenance, entretien…).

Cela peut vous paraître un peu simpliste au niveau théorique, mais ne vous y trompez pas, car l’adaptation de cet outil simple à votre contexte de vie/travail sur votre lieu le rend incroyablement efficace pour définir correctement le placement des différents éléments (par ex : poulailler, arbres fruitiers, potager, mare, fil à linge, ruches…) que vous souhaitez inclure dans votre design.

Prévoir les zones dans son design de permaculture permet d'être plus efficace au quotidien
La théorie du zoning doit, évidemment, être adaptée à votre contexte pour correspondre concrètement à vos passages réguliers et habitudes de vie sur votre lieu.

Comment définir ces zones ?

Il faut, comme souvent en permaculture, commencer par observer les zones que vous arpentez naturellement le plus souvent et noter tout cela sur le plan de votre site (passages formels, informels, quotidiens, hebdomadaires, mensuels…).

Par exemple, le passage entre l’endroit où vous garez votre voiture et votre maison peut être défini comme une zone 1 car vous l’empruntez quasiment tous les jours, voire plusieurs fois par jour. Cela peut donc être un bon endroit pour installer un poulailler (qui nécessite au moins 2 visites par jours pour l’ouvrir et le fermer), cultiver des plantes aromatiques à récolter en rentrant à la maison, des légumes nécessitant beaucoup d’attention ou encore des plantations « témoins » ne nécessitant pas spécialement d’attention, mais qui seront là pour vous prévenir justement de la maturité de plantations similaires installées un peu plus loin dans d’autres zones…

L’idée est donc de cartographier ainsi votre terrain en fonction de vos observations, réflexions et habitudes de cheminement. Vous pourrez ainsi déterminer vos différentes zones et y placer efficacement vos différents éléments selon le nombre de visites et interventions qu’ils nécessitent à l’année.

Prévoir les zones dans son design de permaculture permet d'être plus efficace au quotidien
La définition des zones est une étape indispensable pour aboutir à un bon design global. Dans notre formation en ligne, le cas pratique ci-dessus, dessiné et expliqué devant vous à chaque étape du design vous permettra d'avancer toute confiance sur votre projet.

Alors, n’hésitez pas à expérimenter cet outil du « zoning » pour améliorer votre efficacité sur site en réduisant significativement vos dépenses énergétiques.

Enfin, rappelez-vous que le « zoning » n’est que l’un des nombreux outils fournis par la méthodologie de design en permaculture pour concevoir des « écosystèmes cultivés » durables et résilients.

En suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin », vous découvrirez d’autres outils de design et une méthodologie accessible à tous, à suivre pas à pas, à votre rythme, pour être en mesure de réaliser, vous-même, la conception en permaculture de votre lieu (de vie, de travail, associatif…) !

Bonne permaculture à tous et à bientôt !

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Initiation à la permaculture 25 et 26 février

Deux jours d’initiation pour mieux comprendre ce qu’est la permaculture et comment l’appliquer chez soi: jardin potager, verger, lieu de vie, comprendre et concevoir un lieu en permaculture.
Nous vous proposons ce nouveau week end les 25 et 26 février 2017

Le tarif, sur le mode de la participation consciente, est estimé à 100€ par personne. La formation a lieu à Montreuil, dans les locaux de l’association

Cette formation est ouverte à toute personne souhaitant découvrir la permaculture

Pour toute information supplémentaire ou demande d’inscription n’hésitez pas à contacter Jérémie Ancelet par mail : jimancelet at hotmail.com

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Le doute ma butte…

… ou petite autocritique des techniques toutes faites. A une époque où le buzz est roi, et où une mode chasse l’autre à la vitesse d’un tweet, la permaculture n’échappe pas à la règle. On ne compte plus les solutions miracles, les kits tout-en-un pour reproduire le jardin d’Eden sur votre balcon, l’autonomie en 15 […]

Cet article Le doute ma butte… est apparu en premier sur Prise de Terre.

Pause hivernale

Le Jardin ferme ses portes pour la période du vendredi 23 décembre au lundi 9 janvier.

On se retrouve à partir du mardi 10 janvier 2017. Comme d’habitude les mardis, mercredis et jeudis matin, pour profiter de la nature en gestation et effectuer les aménagements du jardin et de la maison.

Le printemps arrivera plus vite en ayant le nez au vent.


(76) Réunir une équipe de « ccpistes » autour d’un projet de design

capture-decran-2016-12-29-a-13-04-18Retrouvez l’article complet ici  Le week-end du 19 et 20 novembre 2016, à Héronchelles, s’est retrouvée une joyeuse bande de « ccpistes » afin de reproduire l’exercice de design produit lors de […]

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Obtenez de meilleures récoltes en attirant les pollinisateurs !

Vous pouvez mettre la vidéo en plein écran et en HD en utilisant les réglages de la barre de lecture de cette vidéo.

Nous sommes tous conscients de l’intérêt des pollinisateurs dans notre jardin, dans nos fermes, et par incidences pour le maintien de la vie sur terre…

Sans abeilles et insectes pollinisateurs, en effet, la reproduction de nombreux végétaux est mise en danger. Les récoltes de nombreux fruits (cerises, de nombreuses pommes, fraise, etc.), légumes (carottes, tomates, courgettes, haricots…), céréales (blé noir, tournesol, colza…), noix, amandes, châtaignes et bien d’autres encore seraient vouées à disparaître… En gros, les insectes pollinisateurs contribuent à la production agricole pour 150 cultures (84 %) en Europe*.

Les abeilles mellifères sont concernées. Elles nous fournissent en plus un produit génial pour la santé, le miel, mais de nombreux autres insectes jouent également ce rôle de pollinisateur : des bourdons, des osmies, des syrphes, des papillons… Donc non seulement ces petites bêbêtes sont importantes pour le maintien de la vie en général, nous y compris, mais elles vont aussi vous permettre d’améliorer vos récoltes en quantité (jusqu’à 30 % de productivité en plus selon une publication de la fameuse revue science du 22 janvier 2016), en qualité, et en régularité, que ce soit à la ferme ou dans vos jardins…

Bien sûr, de nombreux insectes pollinisateurs ont aussi la double fonction d’être d’excellents auxiliaires pour nous aider à réguler les indésirables présents dans nos cultures… ce qui ne gâche rien…

Le problème est qu’aujourd’hui, ces insectes disparaissent en nombre et en diversité partout, et l’ensemble de notre survie et de nos récoltes est menacé… Nous sommes dans l’urgence ! Malgré les essais de certains à utiliser des robots ou des humains pour polliniser, nous n’arriverons jamais à égaler en quantité et en qualité le travail gratuit de ces insectes…

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Pollinisation manuelle des arbres fruitiers dans la province du Sichuan, en Chine.

Les causes de ces disparitions sont connues : urbanisation, utilisation de produit phytosanitaire, mais au-delà de cela, on oublie souvent la principale cause de leur disparition : la raréfaction de leurs ressources alimentaires…
En effet, comment les insectes peuvent-ils trouver suffisamment de nourriture (en quantité et en diversité) alors qu’il y a un manque cruel de présence de végétaux qui soient capables de proposer cette nourriture sur l’ensemble de l’année ? La pauvreté de nos campagnes est telle que les abeilles se trouvent bien souvent en meilleure forme dans les villes, entre autres, grâce à la nourriture qu’elles trouvent sur place, un comble !!!! L’avenir de l’abeille : métro, boulot, bzzzz, bzzz… 🙂

De même, l’isolement et la raréfaction des zones sauvages permettant la nidification de ces espèces sont des facteurs importants de leurs disparitions. Le fameux « faire propre » dans nos jardins est une aberration dont nous parlons souvent dans les publications de PermacultureDesign, car cela tue la biodiversité…

Alors, comment résoudre ce problème ?

Comment, vous, porteur de projet agricole, apiculteur, jardinier, ou tout simplement particulier amoureux de la nature, pouvez-vous créer un havre de paix pour nos chers amis insectes et bénéficier par incidence de toutes leurs qualités ? Bref comment établir un échange gagnant/gagnant ?

L’idée est de respecter plusieurs principes :

1. Observer ce qui est présent chez vous
2. Offrir le gîte
3. Offrir le couvert, et laisser la nature faire !

1) Observer ce qui est présent chez vous :

Si vous débutez en entomologie*, munissez-vous d’un appareil photo et sortez immortaliser les bêbêtes se baladant sur votre site.

Reportez-vous ensuite à un site d’identification (https://www.insecte.org ou http://microcox.pagesperso-orange.fr/icono.htm), un forum de spécialistes (https://www.insecte.org/forum/index.php) ou encore un livre tel que « Jardinez avec les insectes » pour déterminer les grandes familles puis les espèces que vous aurez trouvées.

Même s’il n’est pas évident d’identifier un insecte d’après une photo, vous aurez quand même une première idée de la diversité d’insectes présents chez vous, celles en surnombres ou rares, celles utiles, car pollinisatrices ou auxiliaires du jardinier, celles plutôt indésirables à réguler…

Voici quelques exemples de pollinisateurs et auxiliaires que vous pourriez bien trouver :

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
L'abeille mellifère
  • Les abeilles mellifères : très connues, elles sont l’emblème des insectes pollinisateurs et parmi les plus efficaces grâce à leur corps poilu parfait pour le transport du pollen de fleur en fleur. En plus, les adultes passent le plus clair de leur temps à butiner pour se nourrir ou récolter pollen et nectar, ce sont donc des bosseuses hors pair à notre service.
En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Bourdon terrestre
  • Le bourdon : un autre très grand pollinisateur dont on compte 43 espèces sur l’hexagone. Travailleurs infatigables à la taille et la force importante, les bourdons sont dotés d’une très longue langue (Plus de 2cm chez certaines espèces) qui leur donne l’accès quasi exclusif au nectar de certaines fleurs comme celle des pois et des haricots. 

Grâce aux vibrations à haute fréquence de leurs ailes, ils savent recueillir mieux que personne le pollen retenu dans les fleurs de tomates, aubergine, poivron, ils participent aussi beaucoup à la pollinisation des arbustes fruitiers comme les framboisiers, les groseilliers, les cassissiers… Plus résistants au froid que la plupart des autres insectes, les bourdons commencent à travailler plus tôt dans la saison, en fin d’hiver et plus tard en automne. Ils sont donc à choyer 🙂

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Halicte - Photographe : ©Fabien Virey
  • Familles des Halictes : Ce sont des abeilles solitaires ne produisant pas de miel, mais étant d’excellentes pollinisatrices par exemple pour le maïs ou le tournesol. Comme pour les abeilles et les bourdons, les populations d’abeilles solitaires sont en régression.
En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Eristale gluante
  • Eristale gluante : pollinisateur généraliste que l’on confond souvent avec l’abeille dont elle a les couleurs au niveau de l’abdomen, l’eristale gluante est, en fait, un insecte diptère, autrement dit une mouche parfaitement inoffensive dont les deux ailes (contrairement aux abeilles qui en ont 4) lui permettent de pratiquer le vol stationnaire. 

Les larves d’éristale gluante, appelée « vers à queue de rat » (la queue étant en fait leur tube respiratoire) se développent dans des eaux très fortement chargées en matières organiques et très pauvres en oxygène (fosse à purin, fosse d’aisances, mares polluées…)

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Syrphe ceinturé ou syrphe bâton
  • Syrphe ceinturé ou syrphe bâton : Autre mouche très connue de la famille des Syrphidae, maîtrisant le vol stationnaire comme l’eristale gluante, le syrphe ceinturé est un très bon amis du jardinier, car, en plus d’être un pollinisateur, ses larves sont de grandes consommatrices de pucerons et elles en tuent encore plus qu’elles n’en consomment ! 

Une larve peut ainsi anéantir plus d’une centaine de pucerons par jour. Les syrphes adultes aiment butiner les fleurs peu profondes comme celles des ombellifères, elles apprécient particulièrement la phacélie, les marguerites, les soucis, l’onagre…

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Cétoine dorée
  • Cétoine dorée : Même si c’est un pollinisateur primitif peu précautionneux des fleurs qu’il visite dont il broute les étamines croquant quelque peu les pétales au passage, on lui pardonne tant ses couleurs magnifiques nous ravissent au jardin ! 

De plus, les larves de cétoine dorée participent au recyclage des matières organiques mortes et peuvent donc vous transformer un tas de feuilles mortes en un excellent terreau pour vos plantes cultivées !

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Oedémère noble
  • Oedémère noble : c’est un petit coléoptère aux très beaux reflets verts comme la cétoine dorée. Les adultes sont d’infatigables pollinisateurs, car ils se nourrissent exclusivement de fleurs et de pollen. Les larves, elles, sont des xylophages.
En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Moro sphinx ou insecte colibri
  • Moro Sphinx : ce papillon est souvent comparé au colibri à cause de sa maîtrise du vol stationnaire, mais aussi de la précision et la rapidité de ses déplacements de fleur en fleur (40km/h en moyenne) pouvant atteindre des pointes à 50 km/h ! 

Pollinisateur actif avec sa longue trompe lui donnant accès à tout type de fleurs, le moro sphinx est un papillon migrateur qui affectionne les fleurs très odorantes comme celles de sauges, de lavandes ou de buddleia. Leurs chenilles affectionnent particulièrement les fleurs de gaillets et de stellaires où les femelles adultes pondent leurs œufs afin que les chenilles s’en nourrissent à leur éclosion…

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Vanesse du chardon ou Belle-Dame
  • Vanesse du Chardon : Aussi appelé la Belle-dame, ce papillon est un grand migrateur nous arrivant chaque printemps d’Afrique du Nord et pouvant parcourir jusqu’à 500 km par jour !!! 

Présente sur tous les continents à l’exception de l’Antarctique, ce grand papillon affectionne plus particulièrement la grande ortie, le chardon, la mauve sauvage, le tussilage, la bardane, l’artichaut, la lavande, les cirses qui sont également d’excellentes plantes-hôtes pour leurs chenilles.

2) Offrir le gîte :

Tout d’abord, on ne dira jamais assez d’éviter les traitements chimiques bien sûr ! Comme on vient de le voir, plus haut, les modes de vie et de reproduction des insectes auxiliaires sont très variés, il est donc important de prévoir des refuges pour un maximum d’entre eux ! Les cétoines privilégieront les tas de feuilles mortes. Le syrphe ceinturé aimera pondre au milieu d’une colonie de pucerons. Les bourdons nichent plutôt dans le sol, en surface ou sous terre selon les espèces, sous une pierre ou parfois dans un nid d’oiseau abandonné. Dans la famille des abeilles solitaires, certaines vont chercher refuge dans le sol, dans des tiges de végétaux creuses ou à moelle tendre qu’elles creuseront elles-mêmes, dans des trous dans des morceaux de bois. Les osmies par exemple, vont rechercher des trous d’environ 8 mm de diamètre pour y loger leurs larves… Bref pour que ces insectes pollinisateurs s’établissent chez vous, il faudra leur fournir un maximum de refuges diversifiés.

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.
Osmie

En voici une liste, non exhaustive évidemment 😃 :

  • Des hôtels à insectes : posés de-ci, de-là dans votre jardin, ce type de structures plus ou moins grandes selon vos envies, sera vite repéré par les bébêtes en recherche d’endroit où nicher. Vous pouvez les fabriquer vous-même, grâce aux plans dont on vous présente un grand modèle ici et un modèle pour balcon et petit jardin ici . Voici également une sélection d’images d’hôtels à insectes originaux pour vous inspirer :). Si vous préférez, vous pourrez en acheter, voici des exemples de petit et moyen modèles que vous trouverez facilement dans le commerce.

 

  • Des ruches de toutes sortes : vous choisirez la technique qui vous convient le mieux Warré, Dadant, Kenyanne, etc. Pour ceux qui voudraient les construire eux-mêmes, voici des liens vers des plans de construction pour des ruches de type Layens ou Warré *

 

  • Des carrés de sol : cette technique méconnue du grand public est pourtant extrêmement efficace et d’une grande simplicité de réalisation. Elle favorise notamment la nidification des abeilles solitaires. Il serait donc dommage de s’en priver 😉 

 

  • Des tas de pierres : Les bourdons des pierres (bombus lapidarius), entre autres, apprécieront 😉

 

  • Des surfaces d’eau : à rendre accessibles aux abeilles et insectes (plages, cailloux, etc.) de l’assiette à remplir régulièrement au bassin, tout est possible…

 

  • Des zones sauvages dans le jardin: On ne le dira jamais assez, vous devez préserver des zones sauvages sur votre terrain pour attirer les pollinisateurs. Pour cela, il faut pratiquer le fauchage et la tonte tardive et différenciée .

 

  • Les spirales aromatiques : ces structures sont très intéressantes pour attirer nos amis poillinisateurs et elles raviront aussi les fins gourmets et ceux qui aiment se soigner grâce aux plantes ;). Vous trouverez ici des infos pour en réaliser une par vous-même. 

 

  • Du bois mort, de vieilles souches …

3) Offrir le couvert (notre composition) et laisser faire la nature : 

L’idée est donc d’installer une composition végétale avec suffisamment de diversité pour que les plantes offrent une floraison tout au long de l’année.

Pour cela, il va falloir faire un travail de recherche et de conception qui se résumera à un choix des essences que vous allez installer selon :

  • Leur capacité à produire des fleurs de manière échelonnée dans l’année
  • La capacité des végétaux de bien s’accorder entre eux
  • L’adaptation à votre contexte de sol et de climat

C’est un travail de recherche et de conception que les plus passionnés d’entre vous feront avec un grand plaisir, nous en sommes sûrs.

Nous avons été confrontés à ce problème sur nos lieux et dans certains de nos travaux de consultation. Et ce travail, nous l’avons donc fait… Nous avons réfléchi avec notre équipe, et notamment avec la pépinière Atmosvert, à cette composition qui permettrait d’offrir le couvert à de nombreux insectes pollinisateurs à partir d’une petite surface, qui soit multipliable. Libre à vous de l’étendre à votre convenance…

Alors pour tous ceux qui n’ont pas envie de s’embêter à faire le travail de recherche et de conception de ces compositions, vous trouverez ici, une haie toute prête à installer.

 

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.

Cette composition, nous l’avons pensée pour qu’elle offre une floraison répartie sur toute l’année, afin que les insectes puissent trouver de la nourriture à volonté quand ils le souhaitent. Elle offre aussi une diversité d’habitats adaptés à de nombreuses espèces d’insectes.

Elle permettra donc d’attirer chez vous auprès de votre jardin ou à l’intérieur de vos cultures, une très grande diversité d’insectes et ce, sur un laps de temps très étendu. De plus, la palette de plantes a été choisie pour s‘accorder et s’entraider mutuellement, c’est une guilde ! 

Alors finalement, en aidant à la survie de toutes ces petites bestioles, vous allez augmenter vos récoltes en quantité, en qualité, en régularité et vous allez vous prémunir de certains indésirables, quoi demander de mieux ???

En plantant des végétaux offrant le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs, vous augmenterez et protégerez vos récoltes.

Cette fiche technique comprend une palette de plantes qui s’accordent et s’entraident mutuellement, des informations pour savoir comment adapter cette composition à votre terrain avec de multiples configurations, des indications de contextes pour savoir dans quelles conditions votre composition sera optimale, un plan de plantation détaillé avec les espacements et les côtes de plantation, des vidéos explicatives qui forment une véritable mini-formation sur des sujets variés comme le mulch, différentes formes de taille et de maintenance, pour savoir comment entretenir vos plantes…

Et puis, cerise sur le gâteau, nous avons respecté le principe de permaculture : « un élément remplit plusieurs fonctions » dans la création de cette composition ! Une grande partie de ces plantes a donc été sélectionnée pour d’autres bénéfices que l’attraction des pollinisateurs : vous retrouverez des plantes médicinales, fruitières, comestibles et utiles pour l’humain en général

N’hésitez plus, plantez votre abondance et celle des abeilles et insectes pollinisateurs par la même occasion 😉

* Sources : http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/01/25/les-insectes-pollinisateurs-facteur-le-plus-determinant-des-rendements-agricoles_4853077_1652692.html
http://www.resiway.org/resilib/#

* Entomologie : l’étude des insectes

* Crédits photos :

  • La pollinisation manuelle : http://www.lesroutesdumiel.com/project/chine-province-du-sichuan-hanyuan/
  • La famille des halictes et l’oedémère noble : Photographe : ©Fabien Virey – http://insectes-de-france.fr/galerie/
  • Le bourdon : D. Blancard (INRA) – http://ephytia.inra.fr
  • L’abeille mellifère, l’éristale gluante, le syrphe ceinturé, la cétoine dorée, le moro sphinx: http://www.quelestcetanimal.com
  • La vanesse du chardon : Photographe : ©Jean-Paul Cola

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Tout plaquer et vivre sur la route!

Beaucoup y pensent sans jamais oser faire le pas (nous aussi d’ailleurs!). Et il y a ceux qui osent… Parfois il suffit de pas grand chose, un événement fait détonateur et l’aventure commence. C’est le cas pour Cindy et sa famille.   Vous retrouverez les aventures des « quatre farfelus » sur leur page Facebook: https://www.facebook.com/farfelus N’hésitez […]

Grand débarras dimanche 18 décembre

L’automne c’est la saison du débarras ! oui encore un peu… avant l’hiver qui arrivera le 21.

Alors pour terminer cet automne en beauté, venez dimanche 18 pour nous aider à continuer de vider la maison Pouplier.

On se retrouve à partir de 10h ! Déjeuner sorti du sac pour ceux qui le souhaitent.

La maison Pouplier, c’est ici

 


(37) Bulletin saisonnier : Tour d’horizon des initiatives

7oasisIl ne reste plus beaucoup de feuilles sur les arbres, la nature entre en sommeil. Mais les initiatives continuent de fleurir dans l’Indre-et-Loire, comme partout ailleurs. J’aimerai partager avec vous […]

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(44) Des nouvelles de l’Escampette de Saffré et de sa cuisine collective en terre crue !!

capture-decran-2016-11-24-a-18-36-42L’Escampette, à Saffré (44) a été le lieu d’accueil des Rencontres Nationales de Permaculture 2015. Lors de ces RNP 2015, le fil rouge choisit fut la construction d’une cuisine exterieure […]

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L’importance du cycle de l’azote en permaculture

C’est quoi l’azote ?

C’est Antoine Lavoisier qui choisit le nom de ce gaz, à la fin du 18e siècle, en le composant du préfixe A (privatif) et du radical grec Zôt (vivant).

Portrait de Lavoisier inventeur de la chimie moderne à qui ont doit la découverte de l'azote

Azote signifie donc « privé de vie ». Or vous allez voir que, contrairement à son étymologie et à son histoire (l’azote a longtemps été considéré comme un gaz inerte), l’azote est extrêmement important dans le cycle de la vie, et notamment pour tous ceux qui s’intéressent au jardin, à la permaculture et à l’agroécologie… 

Son symbole est N, à cause de son ancien nom latin Nitrogenium.

 

À quoi sert l’azote ?

L’azote est une des clés de la structure, du fonctionnement, et de la reproduction des êtres vivants.

Mais pour ce qui nous intéresse ici, c’est-à-dire la production de notre nourriture, on peut résumer l’azote à un nutriment : en gros « à manger » pour que nos plantes deviennent fortes, grandes et résistantes aux maladies.
II est aussi un des composants de l’humus, le grand garde-manger de l’humanité et de la vie en général, qui, au passage, si on compare notre planète à une orange, ne représente que sa peau…
L’azote joue donc un rôle fondamental dans la croissance des végétaux, et dans la structure et la fertilité de notre sol, et c’est là qu’en tant que permaculteur on tend l’oreille, n’est-ce pas ? 😃

Comment ça marche au jardin ou dans les champs ?

Le petit hic, c’est que l’azote, contrairement au carbone, n’est pas assimilable par les plantes sous forme gazeuse. C’est un petit « vicelard » cet azote, car il entre dans le grand jeu de la vie de manière indirecte. C’est en partie pour ça que l’on n’a pas tout de suite compris son rôle dans le cycle du vivant…
Bon il y a bien les pluies d’orage qui nous amène de l’azote assimilable (sous forme nitrique) mais ça ne représente 10kg/ha/an.

Il est assimilable par nos plantes seulement par voie minérale, sous forme de nitrates*, après avoir subi des transformations et phénomènes (ammonification, nitrification) permettant sa minéralisation.

Et qui effectue ces transformations  dans le sol ? Les bactéries, vous savez celles que l’on veut tout le temps éliminer dans les pubs pour les produits d’entretien. Et d’ailleurs, les types de bactéries qui participent au cycle de l’azote sont très restreints et essentiels à préserver! Si elles venaient à disparaître, l’ensemble de la vie s’arrêterait… Alors attention avec les produits bactéricides, notamment agricoles, comme ceux que les grands groupes (type Bayer-Monsanto) vendent…

L'azote est essentiel à la vie et la fertilité de nos jardins en permaculture car c'est un nutriment pour la croissance de nos plantes.
Crédit photo : fr.wikipedia.org

Ces bactéries, responsables de la minéralisation de l‘azote sont majoritairement aérobies, c’est-à-dire qu’elles ont besoin d’air et plus spécifiquement du dioxygène présent dans l’air pour vivre. Leur milieu de vie doit donc être aéré… Vous commencez à comprendre ce que cela implique ?
Ce processus de minéralisation de la matière organique est le principal mécanisme de régénération de l’azote nécessaire à la nutrition de vos végétaux.

Toutefois, une autre voie est utilisée par certaines plantes. Elles sont capables de court-circuiter ce processus en captant directement l’azote atmosphérique : il s’agit de la grande famille des fabacéaées qui comprends des plantes herbacées (luzernes, pois, haricots) mais aussi des plantes ligneuses (qui fond du bois) : genets, acacia, févier d’Amérique…, ainsi que d’autres plantes plus localisées…

Nous avons une fois de plus à faire à un partenariat gagnant-gagnant mis en place par la nature : les racines des fabacéaées hébergent des bactéries spéciales, dans des petites loges ou boules que l’on appelle des nodosités. Ces bactéries ont la capacité de fixer l’azote de l’air présent dans le sol, et de le transformer en azote assimilable par les plantes. En échange de ce bon azote assimilable fourni par ces bactéries, la plante leur donne des sucres et des nutriments vitaux pour elles. N’est-ce pas beau cette collaboration présente dans la nature ?

Les scientifiques ont appelé cela une association symbiotique, eh oui fallait bien que ça fasse scientifique quand même…

Qu’est-ce qu’il faut faire pour que le cycle se déroule bien ?

Idée recette :

De l’air = grâce à la faune du sol et/ou à un travail superficiel à la grelinette par exemple
Des apports de matières organiques variées
Un maximum de micro-organismes pour assurer le travail de déconstruction des matières organiques
De l’eau, élément vital de tout être vivant, du plus grand au plus petit…
La présence de plantes légumineuses dans l’espace proche (sous plusieurs formes), ou dans le temps (rotation)

Limites :

L’azote minéral non utilisé par les plantes sera stocké dans le sol si et seulement si, celui-ci bénéficie d’une bonne structure, d’une bonne couverture, de la présence d’humus, et de la présence de plantes en permanence sur celui-ci… Ce qui est rarement le cas dans nos pratiques agricoles ou de jardinage classique. Si l’azote minéralisé est en excès, il sera lessivé par les eaux de pluie ou d’irrigation, et conduit directement dans les rivières et nappes phréatiques. Il produira donc des pollutions aux nitrates qui sont de plus en plus fréquentes et complexes à gérer. Et surtout, ces nitrates en excès arrivent jusque dans nos corps, perturbant notre respiration cellulaire et provoquant cancers et maladie du nourrisson*…
En France, l’utilisation d’engrais nitratés en excès, mais aussi les mauvaises pratiques des jardiniers et agriculteurs, comme le travail du sol à de mauvais moments, peut engendrer ce genre de problèmes… y compris en agriculture biologique…

Nous rajouterons donc dans notre recette :

Une couverture permanente du sol par des mulchs ou encore mieux des végétaux vivants
Une présence de l’arbre pour récupérer une partie des nutriments lessivés dans les sous-sols.
Un sol humifère
S’il y a travail du sol, qu’il soit bien timé et planifié, en relation avec le contexte de climat et de la nature de sol.

*Nitrates : Minéraux renfermant de l’azote.

*Sources sur les pollutions aux nitrates :
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/degradation/07_pollution.htm
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/potable/toxicChim.html

Crédits photos : Nodosités sur racines de Haricots – D. Blancard (INRA) – http://ephytia.inra.fr

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Construction Ossature Bois, c’est parti!

Enfin! Il était temps… Après plus d’un an à maçonner des blocs de béton, une partie agréable commence: La construction de la structure ossature bois.Cela fait des jours, des semaines et certainement plusieurs mois que je peaufine les plans de la structure avec le logiciel gratuit Sketchup: http://www.sketchup.com/fr C’est très utile voir indispensable en autoconstruction […]

Enseigner autrement avec la pédagogie Montessori.

De plus en plus d’initiatives privées voient le jour pour un enseignement alternatif, plus à l’écoute des besoins et des particularités de chaque enfant pour développer l’autonomie, la confiance en soi, la concentration, la créativité…

Dans la petite commune bio-engagée de St Pierre de Frugie, deux femmes, Céline et Jessica, ont choisi de se lancer dans cette aventure en créant une école maternelle alternative, basée sur la pédagogie Montessori.

Pour notre rubrique permaculture humaine, Aurélie vous fait partager leur expérience à travers l’interview vidéo ci-dessous :

Pour en savoir plus sur cette école en particulier, les soutenir ou vous proposer comme intervenant extérieur, rendez-vous sur leur site : http://ambrelatourrose.wix.com/ecole ou sur leur page Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100011319855738&fref=ts

Pour vous former à la pédagogie Montessori et peut-être monter votre propre projet d’école alternative ou tout simplement utiliser ces méthodes avec vos enfants, à la maison, en famille, rendez-vous sur le site de l’association papachapito : http://www.montessori-formations.fr/

Enfin, pour tous ceux qui découvrent ces méthodes pédagogiques et qui voudraient une idée de lecture sur ce thème, nous vous conseillons le livre de Charlotte Poussin « Apprends-moi à faire tout faire seul : la pédagogie Montessori expliquée aux parents »

La pédagogie Montessori expliquée aux parents

« Apprends-moi à faire tout faire seul : la pédagogie Montessori expliquée aux parents » de Charlotte Poussin
224 pages, 2e édition, éditée par Eyrolles, en octobre 2016, prix : environ 17 €
Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
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