Butte de permaculture : le guide complet

Buttes ou pas buttes de permacuture ? Vous n’y voyez pas clair, ça tombe bien, cet article épluche la plupart des techniques existantes : Hugelkultur, Keyhole, culture en lasagne, butte sandwich…Vous découvrirez à la fin de cet article que créer une butte n’est pas forcément indispensable et surtout dans quelles conditions et lesquelles faire chez vous…

Butte de permaculture : la définition générale

Le mot « butte » est un mot valise qui englobe des techniques très différentes dans leurs réalisations, leurs objectifs et les contextes auxquelles elles sont réellement adaptées. 

D’une manière générale, on définira une butte de permaculture comme étant une technique de jardinage visant à créer un support de culture surélevé adapté, en termes de hauteur, de forme, de bordures et de composition interne, à des contextes et objectifs propres à chaque projet et chaque jardinier !!

Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Illustration de différentes techniques de buttes en permaculture.

Buttes de permaculture : les principaux avantages et inconvénients

Quel que soit le type de buttes, voici les principaux avantages et inconvénients à connaître avant de se lancer !   

Les avantages des buttes de cultures :

Ces avantages seront, bien sûr, plus ou moins importants selon la technique choisie.

Les avantages principaux sont de créer une zone de culture surélevée bien identifiée :

  • mieux drainée
  • non compactée
  • avec plus de profondeur de sol pour l’enracinement
  • facile à couvrir de mulch
  • favorisant la vie du sol et sa fertilité (pas de labour)
  • sollicitant moins le dos (possible de jardiner debout !)
  • prolongeant la saison de culture
  • créant des effets de bordures et microclimats attracteurs de biodiversité

C’est aussi une façon de « sculpter » son jardin, lui donner du volume et une touche personnelle originale qui peut être très belle, ludique, poétique…

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Exemple de buttes dessinant un jardin mandala où il fait bon cultiver et se promener. Réalisé par Daniel, un de nos stagiaires, en Haute-Garonne.

Les inconvénients des buttes de cultures

Les principaux inconvénients des buttes de cultures, là encore, indépendamment de la technique utilisée, sont peu nombreux, mais très importants à prendre en considération pour que la réalisation de buttes chez vous ne tourne pas au cauchemar et à l’échec total.

Faire des buttes de Permaculture peut s’avérer :

  • énergivore
  • chronophage
  • très gourmand en matières organiques diversifiées
  • contre-productif si non adapté à votre contexte et vos objectifs !
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Exemple de choix de butte contre-productif dans un contexte méditerranéen…

Dans le cas de buttes permanentes, il faut aussi :

  • maintenir la fertilité au fil des années par des amendements réguliers et des couvertures de sols
  • une grande rigueur dans les rotations de cultures potagères.

Pour plus de détails, vous pouvez lire notre article dédié aux avantages et inconvénients des buttes de permaculture. 

Les principaux types de buttes en permaculture

Voici un récapitulatif des principales techniques de buttes de permaculture connues. Cette liste n’est, bien sûr, pas exhaustive, car chacun pourra s’approprier telle ou telle technique et la transformer pour créer ses propres buttes adaptées à son lieu et son projet !

1. Les buttes bio-intensives maraîchères

Une butte bio-intensive est obtenue en travaillant la terre sur une double profondeur de bêche (environ 50cm) sans mélanger les horizons du sol pour aérer le sol et faciliter l’enracinement des végétaux cultivés. On ajoute ensuite à la terre divers éléments nutritifs (compost, cendre, poudre de roches, fumiers et autres matières organiques vertes et brunes) et on obtient une butte de 20 à 30 cm de haut, idéale pour les cultures maraîchères.

Utilisées par Jean-Martin Fortier sur ses Jardins de la Grelinette et sa ferme des Quatre-temps ou encore à la ferme en permaculture du Bec Hellouin, les buttes bio-intensives sont intéressantes à des fins professionnelles, car elles sont très productives au m2 quand on les gère bien. Elles nécessitent pour cela de solides connaissances en jardinage, en rotations potagères, en gestion du compost, en densité de plantations, mais aussi des outils et gabarits (semoirs…) spécifiques pour optimiser leur exploitation. 

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Jean-Martin Fortier en pleine préparation d’une butte maraîchère bio-intensive aux Jardins de la Grelinette dans le sud du Quebec. © Possible Media

Bref, c’est une technique déconseillée aux débutants et aux particuliers en général à moins d’apprécier tout particulièrement les organisations rigoureuses, la planification minutieuse et d’avoir les disponibilités et connaissances indispensables à son bon fonctionnement !

2. Les buttes de cultures arrondies classiques

Ces buttes de permaculture sans bordures, de 40 à 60 cm de haut, et de 1,20 m de large maximum pour atteindre le haut de la butte sans avoir à marcher dessus, sont formées uniquement de terre récupérée la plupart du temps en creusant les allées. Vous pouvez bien évidemment les adapter à votre taille, vos objectifs et contextes !

Si vous souhaitez y faire des semis directs, il faudra adapter les dimensions pour que la pente de chaque côté de la butte ne soit pas trop abrupte sinon beaucoup de graines semées auront tendance à tomber lors des arrosages ou fortes pluies. Idem pour le mulch, des branchages disposés dans les pentes peuvent être nécessaires pour le maintenir en place !

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Exemple de buttes de terre classiques réalisées en décaissant simplement les allées autour, sur la ferme expérimentale de la Goursaline en Haute-Vienne.

Ce type de butte a tendance à s’affaisser assez vite, perdant généralement presque un tiers de sa hauteur dans la saison. Elles demandent donc un entretien régulier pour les reformer.

En climat trop sec et/ou trop venteux, ce type de butte peut vite devenir contre-productive par manque d’eau.

3. Les buttes façon Philip Forrer

Philip Forrer est un jardinier hors norme qui a inventé sa propre technique de butte en observant la nature. À contre-courant de ce que conseille l’agronomie, les buttes de permaculture façon Philip Forrer font débat, car elles incluent, entre autres, du bois pourri et spongieux comme élément de base ainsi que des aiguilles de pin et du broyat de laurier cerise !!

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Philip Forrer en train d’écraser à la masse les troncs de bois pourris déposé en fond de butte pour nourrir le sol et maintenir une bonne humidité pour les cultures. Image extraite du film de Philip Forrer et son ami Chris Lunch intitulé « Le jardin du Graal ».

L’engouement pour ces surprenantes buttes tient à la fois au personnage atypique de Philip, véritable électron libre dans le monde du jardinage, et à la réussite impressionnante de ses cultures potagères, avec des tailles de légumes surréalistes et une abondance de cultures spontanées ne demandant qu’à être récoltées.

Suite à plusieurs vidéos tournées chez lui, dans l’Aude, les buttes façon Philip Forrer sont devenues, en quelques années, un modèle que beaucoup copient aveuglement, espérant les mêmes résultats en termes de récoltes ! Cependant, en permaculture, on évitera de copier une technique sans l’avoir d’abord mise en perspective avec son propre contexte… Pour plus de détails, retrouvez notre article dédié à ces buttes façon Philip Forrer ! 😉

4. Les buttes HugelKultur du permaculteur Sepp Holzer

La butte Hugelkultur inclut, elle aussi, en élément de base, le bois et de préférence de grosses branches et troncs frais ou à la décomposition beaucoup moins avancée que dans les buttes façon Philip Forrer. Ce sont des buttes autofertiles durablement.

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Illustration de l’évolution d’une butte Hugelkultur au fil du temps, à 1 mois, à 1 an, à 2 ans et après 20 ans ! ©Paul Wheaton – RichSoil.com

Ces buttes Hugelkultur misent sur la décomposition lente du bois dans le sol au fil des années pour créer une terre riche en nutriments et à l’humidité interne relativement constante. Là encore, cette technique suscite la controverse chez de nombreux spécialistes du fait de l’enfouissement du bois sous des couches de terre et de mulch. Des saturations en eau avec création de milieux anaérobies (privés de dioxygène) sont, en effet, à craindre dans certains cas, car cela peut bloquer la décomposition du bois, celle-ci ne pouvant se faire correctement qu’avec l’aide des champignons qui sont tous des organismes aérobies (ayant besoin de dioxygène pour vivre). Particulièrement énergivore à réaliser, une Hugelkultur ne conviendra donc pas à tous les contextes !

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Exemple de choix de butte Hugelkultur contre-productif dans un contexte avec une pluviométrie élevée et un sol lourd.

Cependant, quand elle est bien adaptée à son milieu, c’est une technique remarquable ! Popularisée par le célèbre permaculteur autrichien Sepp Holzer, retrouvez notre article dédié à la butte Hugelkultur pour une application pratique efficace.

5. Les buttes sandwich de Robert Moretz

Voici une autre « recette » de butte incluant du bois, confectionnée par un agronome français passionné, ardent défenseur de la nature : Robert Moretz. Conscient que le sol est vivant et qu’il faut alimenter et stimuler cette vie, Robert Moretz a conçu une butte autofertile qu’il a appelée « butte sandwich ». Elle contient, en effet, entre deux couches de terre, de quoi nourrir copieusement la vie du sol !

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Schéma montrant la recette de base d’une butte sandwich selon les conseils de son concepteur, l’agronome français Robert Moretz. Source : lesdames.over-blog.com

Pour réaliser une « butte sandwich », on creuse le sol sur environ 30 cm en récupérant la bonne terre végétale de surface pour une utilisation ultérieure. On range ensuite soigneusement dans ce trou des morceaux de branches et/ou lianes diverses de largeur inférieure à 7 cm (donc pas de gros troncs comme dans la Hugelkultur). On comble le maximum de trous d’air dans cette couche avec du bois broyé ou du BRF. Puis on recouvre avec un mélange de matières organiques vertes et sèches (foin, paille, feuilles, tonte…) sur une dizaine de centimètres, on tasse bien et on arrose copieusement. On met ensuite une couche de compost et/ou fumier par dessus sur environ 5 cm. Puis, on recouvre le tout avec la terre végétale extraite au début qui pourra accueillir, tout de suite après réalisation, vos plantations et semis ! On termine en enfonçant à distance régulière dans la butte des sortes d’entonnoirs (pouvant être de simples bouteilles plastiques retournées dont on a coupé le fond) pour faciliter l’arrosage en profondeur de la butte et on protège l’ensemble avec du mulch. Pour enrichir la recette, on peut saupoudrer entre les différentes couches, un peu de cendres de bois qui apportera notamment potassium, magnésium et phosphore ! 😉

Au final, une butte sandwich dépasse du sol d’environ 35 cm et même si elle s’affaisse peu à peu, elle dure généralement entre 3 et 5 ans (selon la taille de la butte et le bois utilisé). Sa composition riche a un « effet booster » sur les cultures, notamment la première année. On peut en profiter pour installer au départ des légumes gourmands comme les tomates, les courgettes, les courges, les aubergines, les poivrons, le maïs…

6. La culture en lasagne

Nous restons dans la métaphore culinaire avec la culture en lasagne qui, à l’inverse des techniques vues jusque-là, est une butte de permaculture temporaire ne durant généralement qu’un an.

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Illustration de la composition interne d’une culture en lasagne, une butte de permaculture temporaire simple à réaliser !

Assez facile à mettre en place, sans gros efforts, elle permet de créer, rapidement, un support de culture, même sur sol ingrat à condition d’avoir suffisamment de matières organiques à disposition. Cette technique s’appuie sur le compostage des matières organiques et consiste en un empilement matières organiques, à même le sol, sur du carton avec éventuellement une fine couche de fumier/compost, en alternant les couches de matières vertes à tendance plutôt azotées avec les couches de matières brunes à tendance plutôt carbonées. Pour plus de détails, découvrez notre article dédié à la culture en lasagne !! 

Comme pour la « butte sandwich », il s’agit d’un support de culture qui a un effet « booster » au démarrage, très bien pour les légumes gourmands !

7. Le Keyhole garden ou jardin en trou de serrure

Le Keyhole Garden est un concept ingénieux de petit jardin inventé, au départ, pour les climats chauds africains. Or, avec quelques adaptations, il est très intéressant aussi sous d’autres climats, d’où son succès grandissant ! Un jardin en trou de serrure peut se réaliser entièrement avec des matériaux naturels faciles à se procurer (à minima : branchages, matières organiques et terre) et a le gros avantage d’être autonome en fertilité et économique en eau !

Cependant, c’est un support de culture permanent dont l’emplacement devra être bien réfléchi, car il sera difficile à déplacer une fois installé !

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Exemple de Keyhole garden ou jardin en trou de serrure fait uniquement avec des matériaux naturels trouvés sur place : branchages, terre, paille et matières organiques pour le compost et le substrat…©concernusa.org

Un Keyhole est généralement de forme ronde, haut de 50 cm à plus d’un mètre selon les cas et délimité par des bordures non maçonnées en pierres, en brique, en bois, ou tout autre matériau à disposition. Il intègre, en son centre, un composteur qui lui apporte, en continu, des nutriments et une certaine humidité. Cet espace de compostage permet le développement de nombreux organismes du sol (invertébrés, microfaune…) qui vont assurer la circulation des nutriments et de l’eau entre le composteur central et le substrat de plantation tout autour. Pour accéder facilement à ce composteur central, on crée une ouverture dans le cercle qui donne à l’ensemble cette fameuse forme « en trou de serrure ». Pour le substrat de plantation, on peut mélanger diverses techniques que chacun adaptera à ses besoins, son contexte et ses ressources disponibles 😉 ! Pour plus de détails, nous vous invitons à lire notre article dédié au Keyhole garden ou jardin en trou de serrure.

8. La spirale aromatique

Avec sa forme naturelle harmonieuse, l’efficacité des microclimats qu’elle génère et son attractivité pour la biodiversité, la spirale aromatique fait partie des éléments phares en permaculture ! C’est, en effet, un modèle de butte permanente esthétique, compacte et très pratique pour réunir sur une petite surface une grande diversité de plantes aromatiques et médicinales aux besoins pourtant très différents en termes de sol, de températures et d’ensoleillement !

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Exemple de spirale aromatique en permaculture pleine de biodiversité, d’odeurs et de saveurs ! ©freshdesignpedia

Le principe est simple : créer sur un petit espace des zones de cultures aux microclimats très différents ! L’orientation et la hauteur de la spirale aromatique vont déterminer l’accès à l’ensoleillement des différentes zones. On joue ensuite sur la composition du substrat de plantation : le sommet sera plus drainant avec l’ajout de gravats et de sable et le bas de la spirale sera plus humifère avec l’ajout de compost. Les matériaux utilisés pour monter les bordures de la spirale et lui donner sa forme, tout comme l’ajout ou non d’un petit bassin en bout de spirale seront aussi des choix impactant les microclimats des diverses zones. Dans une spirale aromatique en permaculture, on peut ainsi cultiver à la fois des plantes méditerranéennes aimant la chaleur et les sols secs comme la lavande ou le romarin que des plantes préférant un climat plus frais et un sol plus riche comme l’oignon rocambole, la ciboule ou le persil ! Rendez-vous sur notre article dédié à la spirale aromatique en permaculture pour en savoir plus 😉 !

9. Le jardin mandala

Inspiré par des pratiques religieuses indiennes ancestrales, le jardin mandala en permaculture est à la fois un support de culture pratique et esthétique et un espace de ressourcement et de bien-être invitant à la contemplation. En forme de cercle plus ou moins grand, il permet une grande créativité dans ses aménagements intérieurs.

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Exemple de jardin mandala en permaculture, aménagé avec des buttes permanentes rondes sans bordures sur la célèbre Ferme du Bec Hellouin en Normandie. ©fermedubec.com

Les puristes prendront le soin d’orienter les entrées et cheminements principaux de leur jardin mandala selon les quatre points cardinaux, voire même d’y associer, en termes de cultures végétales, des plantes symbolisant les 4 éléments de la vie, eux aussi en lien avec les points cardinaux et leur symbolique. Cependant, en permaculture, point de dogmatisme : chacun fera son jardin mandala selon sa sensibilité, ses envies, son contexte, ses besoins…

Pour en savoir plus et voir nos conseils de réalisation, vous pouvez lire notre article dédié au jardin mandala en permaculture 😉 !

10. Les baissières et buttes associées

Les baissières sont des ouvrages de terrassement pouvant faire quelques mètres à plus centaines de mètres dans le but de capter les eaux de ruissellement pour les infiltrer durablement dans le sol et ainsi éviter l’érosion et la perte de nutriments. Ces noues d’infiltration suivent les courbes de niveau pour optimiser le captage et l’infiltration et sont constituées d’une partie creusée où va se stocker et s’infiltrer l’eau peu à peu, suivie d’une partie buttée qui sera un excellent support de culture. On peut réaliser à la main les plus petits ouvrages ou s’aider de machines type tractopelle quand les chantiers sont importants.

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Benjamin, fondateur de PermacultureDesign, en train de contrôler le niveau de sa baissière en cour de réalisation sur la ferme expérimentale de la Goursaline en Haute-Vienne.

Pour commencer, on réalise sur le terrain le tracé des différentes baissières que l’on a prévues, en amont, dans son design 😉 sur les courbes de niveau. Cela peut se faire à l’aide d’un simple niveau égyptien ou de matériel plus sophistiqué type niveau à eau électronique. On creuse ensuite une tranchée le long de ce tracé dont la largeur et la profondeur devront être ajustées selon le contexte (sol, pente, pluviométrie, etc.). La terre décaissée est utilisée pour former la butte juste après la baissière qu’on stabilise dans la foulée en semant par exemple des engrais verts type trèfle, luzerne, etc. Cette butte sera idéale pour implanter une grande diversité d’arbres, arbustes et autres cultures pérennes, car elle jouit d’une bonne irrigation passive et une profondeur d’enracinement importante. Découvrez, en vidéo, une réalisation de baissière par Benjamin Broustey lors d’un des premiers chantiers de PermacultureDesign, en 2012.

11. Les buttes en bottes de paille

Voici une butte de permaculture temporaire rapide à mettre en place et très utile quand on n’a pas accès au sol (contexte urbain) ou qu’on est en retard dans la préparation de ses supports de cultures. Elle se base sur la décomposition de la paille dans une botte bien serrée dont on veillera à placer les brins à la verticale pour une meilleure infiltration de l’eau et une meilleure pénétration des racines. Cette décomposition est enclenchée par une forte humidification et l’apport de matières azotées pour contrebalancer la tendance plutôt carbonée de la paille et apporter divers nutriments aux plantes cultivées. Ce type de buttes nécessite notamment de la paille de blé bio (pas toujours facile à se procurer) et un point d’eau facilement accessible à côté pour maintenir la botte constamment humide.

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Exemple de cultures potagères sur buttes en bottes de paille avec des plants de tomates, courgette, aubergines, salades, fraises… Source : lescomptoirsmitoyens.com

Cette butte en botte de paille conviendra bien à la transplantation de plants, mais beaucoup moins à des semis directs. Permettant une grande liberté de placement, on peut créer avec des circulations éphémères ludiques, mais elles restent assez anecdotiques en termes de productivité et ne conviendront pas à tous les contextes non plus ! Elles demanderont, par exemple, beaucoup de surveillance (notamment pour ne pas se dessécher !) et ne supporteront pas les situations trop venteuses

Des techniques de buttes de permaculture déclinées sous forme de bac de culture :

1. Le Wicking Bed

On pourrait traduire cet anglicisme par « Jardinière autonome » ! Il s’agit en fait d’un bac de culture hors-sol qui, relié à une arrivée d’eau type gouttière ou trop-plein de système de récupération par exemple, va être autonome en eau. On peut, en plus, le rendre autofertile en y ajoutant, par exemple, un composteur intégré comme dans un Keyhole.

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Exemple de wicking bed ou bac de jardin hors sol autonome en eau, très utile notamment en contexte urbain.

Ce type de bac de culture sera idéal dans les contextes urbains hors-sol (parking, trottoirs…), aux abords des maisons, sur les toits ou pour cultiver malgré des sols pollués ou ingrats. Pour plus de détails sur son fonctionnement et sa composition, lisez notre article sur ce bac de jardin surélevé autonome en eau !

2. Bac de jardin garni façon culture en lasagne

Quand on n’a pas accès à la terre, il est bon de savoir que la technique de la culture en lasagne peut être déclinée en pot ou en bac façon « mini lasagnes ». Le principe d’empilement de matières restera le même que dans une culture en lasagne classique…les différences seront surtout l’absence de couche de carton à remplacer plutôt par une couche de cailloux en fond de bac pour le drainage suivi ensuite de vos couches de matières vertes et brunes à humidifier en terminant, par une couche de terre/compost pour accueillir les plantations. Des bacs garnis façon culture en lasagne, sans contact direct avec le sol, permettent de cultiver dans des endroits à priori inadéquats comme un balcon, un parking goudronné… C’est donc une technique qui peut s’avérer très utile pour des projets de permaculture urbaine !

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Exemple de divers bac de jardin hors-sol installés à Montréal, pour éveiller les consciences et montrer qu’il est possible de produire fruits et légumes frais en plein coeur de la ville. ©lesmontrealistes.com

3. Bac de jardin garni façon Hugelkultur ou butte sandwich

Comme dans l’exemple précédent, on peut envisager de créer des bacs de culture hors-sol reprenant, dans une moindre mesure évidemment, des techniques de butte en Hugelkultur ou de buttes sandwich. La recette sera à adapter aux dimensions du bac de culture, mais le principe de base reste le même ;).

Peut-on faire de la permaculture sans butte ?

Après avoir lu toutes ses techniques de butte en permaculture, vous vous demandez peut-être si on peut faire de la permaculture sans butte ?

De même que « faire des buttes » n’équivaut absolument pas à « faire de la permaculture », « ne pas faire de butte » n’empêche pas de faire de la permaculture ! Les buttes sont une des nombreuses techniques contextuelles proposées (et non imposées) par la permaculture ! Donc oui, on peut faire de la permaculture sans butte ! D’ailleurs, selon les contextes, la permaculture pourra même nous inciter à faire l’inverse des buttes et à cultiver dans des creux ou des jardins en cratères !

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Parmi toutes les techniques de buttes de permaculture, finalement laquelle sera faite pour vous ?? Peut-être aucune, ou plusieurs à la fois…

Finalement, pour choisir votre support de culture, questionnez-vous sur vos objectifs, observez vos différents contextes (environnementaux et personnels), le temps que vous pouvez y consacrer, testez votre sol et expérimentez à petite échelle sur votre terrain ! Après quelques saisons de pratiques, vous pourrez sélectionner la technique qui vous conviendra le mieux !

Et pour gagner du temps et être guidé(e) pas à pas dans cette réflexion pour faire le bon choix dès le départ, faites-confiance à notre formation en ligne intitulée « Choisissez votre support de culture idéal ! » !

Bonne permaculture à toutes et à tous !

Trouvez rapidement quel type de butte il vous faut !

Devez-vous faire des buttes ou pas dans votre potager ? Si oui, quelle sorte de butte sera la plus appropriée pour VOUS ! Découvrez-le grâce à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal » qui vous fera gagner du temps et trouver facilement quel support de culture vous correspond le mieux ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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Une idée d’aménagement de jardin en permaculture : le changement de vie de Stéphanie

Découvrez, en vidéo, le jardin de Stéphanie, membre des formations de notre bureau d’études.  Stéphanie témoigne de sa rencontre avec la permaculture, de sa transition professionnelle et de son changement de regard sur le jardin, la la nature et la vie en général. Aujourd’hui en harmonie avec ses valeurs et son environnement, elle a retrouvé sa place dans l’écosystème et nous partage des conseils issus de son expérience ! Elle nous partage une idée d’aménagement de jardin en permaculture.

De l’entreprise de paysage à l’aménagement d’un jardin en permaculture : le changement de vie de Stéphanie

Le besoin de ralentir, de se poser !

« De par mes études, de par mon travail, je savais ce que c’est que la succession écologique. Je savais ce que c’était que les étagements de végétation, je savais ce que ça pouvait être éventuellement, même, le complément racinaire, des choses comme ça. Mais je n’avais pas compris cette succession écologique en terme d’énergie. L’esthétique est un moteur, mais voilà, cette histoire d’énergie que la nature met à faire les choses, et que nous, on s’efforce à contrer parce qu’on a un jardin et qu’on veut qu’il soit ouvert, parce qu’on fait de l’agriculture et qu’on veut que… et qu’on a des champs ouverts… et ben là on est constamment en lutte contre, quoi.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Affichage à l’entrée du jardin en permaculture de Stéphanie, appelé « l’île-jardin de Kervolan », ouvert au public tous les mardis du 15 mai au 15 septembre.

Bienvenue à l’Ile-Jardin de Kervolan, sur la commune de Saint Molf, et c’est à côté de Guérande, sur la presqu’île guérandaise. J’ai 55 ans, je suis géologue de formation. J’ai travaillé dans l’environnement depuis tout le temps. Je fais des boutures depuis que j’ai 4 ans, et j’ai eu aussi pendant 20 ans une entreprise de paysage, ce qui peut expliquer certains aspects du jardin. Et depuis un an et demi, j’ai cédé mon entreprise à deux de mes salariés, qui ont repris. J’avais vingt-quatre gars, parce que j’avais envie d’être tout le temps là.

J’ai surtout passé une année assez dense et assez compliquée, l’année de mes 50 ans. Avec autant de… pas de stress, mais d’événements heureux et malheureux. Donc je me suis dit, je n’ai qu’une envie, c’est ralentir. Et quand j’ai eu fait l’extension de cette maison, je me suis dit, là, ça y est maintenant, il faut vraiment que tu te poses. Et dans cette réflexion-là, forcément, on s’ouvre à autre chose, et moi j’ai rencontré d’abord la communication non-violente, et en même temps, je suis tombée sur la permaculture. J’ai commencé à me renseigner sur le sujet, à aller voir un ou deux lieux, pas tant que ça, mais à me renseigner surtout sur le sujet, et là ça m’a vraiment happée. »

Changer de vie et voir le positif en toute chose…

« Ça, c’est l’année de mes 50 ans. 19 avril 1964- 19 avril 2014. J’ai enterré les vicissitudes de la vie, et maintenant je ne vois que le côté positif des choses. Et je peux vous dire, ça marche ! Parce qu’après, quand on est dans cette ouverture-là, on fait plein de rencontres de gens, et les choses s’enchaînent les unes les autres avec des personnes positives. On fait un peu le ménage autour de soi, et après, voilà, on embrasse vraiment la permaculture, et on commence son changement personnel, à changer sa vie et puis à se poser des questions qui font du bien.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Symbole du changement de vie de Stéphanie, cette tombe dans laquelle elle a décidé d’enterrer les vicissitudes de la vie pour se mettre à voir le positif en toute chose.

Ce terrain, je l’ai acheté en 2000, en fait en juin 2000. Ça fait une vingtaine d’années. Il est assez long, 300 mètres de long et 80 mètres de large. Aujourd’hui, il y a 7000 mètres en jardin d’ornement, 4000-5000 mètres cultivés avec une approche vraiment permaculturelle, et puis une partie, un hectare, qui reste encore en prairie. Le point de départ, c’est une prairie, même une friche, avec juste trois chênes, qui m’ont fait acheter le terrain, mais où il n’y avait rien du tout, juste un petit hangar d’ensachage de sel, puisque c’était un paludier qui avait ce terrain avant. Son orientation, c’est est-ouest, sud-ouest, avec une problématique de vent dominant assez fort. On est à 4 kilomètres de la mer, et sur un point un petit peu haut, puisqu’on est +10 par rapport au niveau de la mer. Et donc, comme il n’y avait pas d’arbres, une problématique de vent d’ouest dominant très fort. La deuxième contrainte qui peut être un atout et un inconvénient, c’est que le terrain est très argileux. On n’est pas loin des marais salants, des marais de Brière, et donc c’est un terrain très, très lourd. Et la première année quand je suis arrivée au mois de juin, au mois de septembre, il a commencé à pleuvoir, et ça s’est arrêté au mois de juin de l’année d’après. D’abord j’ai pensé que je n’allais pas rester. Ça, c’est la première chose. Et ensuite, ça m’a vraiment fait prendre conscience qu’il fallait absolument gérer l’eau sur ce terrain.

Un toit végétalisé qui a été fait avec des dalles de parking. Voilà, j’avais une petite chute de dalle de parking. A un moment, je me suis dit, mais oui, c’est ça, il faut faire le toit. Et puis après, un petit peu de concassé, de briques, de pouzzolane, de compost, et puis un tapis de sédums. »

Laisser de la place à la nature et aux plantes sauvages dans l’aménagement du jardin…

« Sous ce cerisier, qui était planté tout seul au milieu de la pelouse, ce qui est une aberration, j’ai fait à l’automne dernier, un massif, c’est-à-dire qu’en fait j’ai utilisé ces copeaux de bois, comme ça, des gros morceaux de bois. Et j’ai posé ça directement au sol.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Stéphanie prépare ses plantations de massifs fleuris en couvrant son sol avec des morceaux de bois, un mulch durable qui protège le sol et l’enrichit au fil du temps.

Ça étouffe l’herbe. Ça me prépare mon terrain. Et puis, j’utilise aussi de la tonte. Globalement, ça finit par ameublir le terrain. Ensuite, j’ai planté mes petites boutures ou mes petites plantes, globalement des boutures. Et puis après, ça se débrouille, c’est-à-dire que je n’arrose pas, ou très très peu, vraiment, la première année. Et si je peux ne pas arroser, je le fais. Ce que je sais, c’est que l’année prochaine, ils vont être vraiment très bien installés, et là, ils vont commencer à profiter. Et l’avantage de faire comme ça, c’est que, bon là il a un peu plu, mais même cet été, je peux faire ça avec ma main dans le sol. L’utilisation de la vie du sol pour faire mon décompactage. Voilà. Chat pas très sympa, mais qui me tient compagnie depuis 15 ans.

Donc, je prépare toujours le paillage comme on a vu. J’ai une plante horticole, mais je laisse dans un premier temps s’installer les végétaux spontanés, et je n’enlève que ceux que je n’aime pas trop, ou qui ne fleurissent pas, ou que je sais qui vont être envahissants. Donc j’avais cette plante. Derrière, j’ai un petit fixateur d’azote, c’est un petit genista. Mais la mélisse est venue spontanément. Les digitales qui maintenant sont vraiment passées, sont venues aussi spontanément, mais au printemps, ça fait des grandes verticales. C’est joli. Et puis, elles se ressèment. Le petit soucis… Là, il y a eu des camomilles, à un moment donné, qui étaient jolies. Et des salicaires, qui sont venues aussi s’installer toutes seules. Et de la verveine de Buenos Aires, qui se ressème du massif d’à côté. Donc tout ça, ça me convient, et moi, je jardine avec ces plantes. Je les accepte. Elles font leur temps. Quand ma plante va être beaucoup plus grosse, j’en aurai moins, et puis voilà. Mais en tout cas, elles ont occupé le sol pendant un moment, elles ont fait la couverture du sol de façon naturelle. Et moi, ça ne me fait pas trop de boulot. »

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Le jardin au printemps, plein de vie et de couleurs notamment grâce aux adventices comme les digitales, ayant poussé spontanément et qu’elle conserve pour leurs élégantes inflorescences élancées.

L’importance du design et de la gestion de l’eau dans l’aménagement du jardin en permaculture

« En fait, je ne connaissais pas la permaculture quand j’ai investi cette terre vierge, là. J’ai simplement essayé de faire avec le plus de bon sens possible. J’ai un peu fait au ressenti parce que, par exemple, j’avais installé mon premier potager bien au sud à un endroit bien chaud. J’avais commencé à installer des brise-vents, des choses comme ça, mais je ne peux pas dire que j’avais un design de permaculture pour commencer cette partie-là du jardin en tous les cas. C’est plutôt mon histoire personnelle et mes intérêts et mes goûts de certaines périodes. C’est-à-dire que, à un moment où je m’intéressais à telle plante, j’ai favorisé cet endroit. J’ai voulu faire le potager, donc j’ai favorisé le potager.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Entrée de l’un des potagers en permaculture de Stéphanie où les fleurs et les plantes sauvages côtoient gaiement les légumes !

J’ai fonctionné un peu par famille de plantes au fur et à mesure que je les découvrais, et au fur et à mesure que j’apprivoisais cette terre, qui n’était pas du tout évidente à cultiver. Donc, c’est plus en fait des morceaux, une mosaïque de petits paysages, de petits éléments que j’ai juxtaposés. Et à un moment, je me suis dit, il faut faire l’unité de tout ça. Et quelqu’un m’a dit, mais il manque des chemins chez toi. Il n’y a pas de chemins. Il n’y a pas de lien. Et je me suis dit, mais oui, c’est ça. Et là, j’ai relié tous les bouts. Et là j’ai commencé à être cohérente dans ma vie, je pense. Ça veut dire que j’ai relié toutes les différentes périodes de ma vie pour arriver à un tout cohérent. Et je crois qu’aujourd’hui, je suis arrivée à quelque chose d’à peu près cohérent.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Pour retrouver de la cohérence dans sa vie et dans son jardin, Stéphanie a aménagé de nombreux chemins reliant harmonieusement les différents espaces.

Alors, Bretagne région pluvieuse, oui. Loire Atlantique, un petit peu moins que le reste de la Bretagne. La Vilaine fait vraiment une frontière naturelle qui agit sur la pluviométrie. On est sur 700 millimètres par an. Et aujourd’hui, je sais, parce que j’ai un collègue jardinier qui suit la pluviométrie pour MétéoFrance et qui nous envoie les compte-rendus tous les mois, qu’on est à -20% à fin août de la pluviométrie moyenne annuelle. Et ça, ça fait 3 ans.

Donc on le voit, moi je le vois vraiment sur l’implantation des nouveaux végétaux, qui n’ont pas vraiment le temps de s’implanter, qui manquent un petit peu d’eau au printemps, voire même en hiver. Donc tout ce que je peux faire, au maximum, pour garder l’eau dans mon sol, ça c’est Benjamin Broustey qui a dit lors d’une formation en permaculture, le meilleur réservoir, c’est le sol, et là j’ai vraiment capté, et je me suis dit, ouais c’est vraiment le truc qu’il faut faire. Donc le paillage, évidemment, les petites tranchées d’infiltration, les bassins partout, les cuves de récupération partout. Et même si mon objectif, c’est d’arroser le moins possible, j’ai des ressources d’eau un petit peu disséminées partout. Bon, à la fois c’est bon pour les oiseaux, les animaux, etc. J’ai normalement deux ressources d’eau par endroit, à peu près. Donc, multiplier les points d’eau.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Voici un des étangs aménagés par Stéphanie dans le but de récupérer et stocker un maximum d’eau sur son terrain. Elle a fait de la gestion de l’eau une de ses priorités et favorise ainsi une grande biodiversité !

Tout ce qui est toiture, tout ce qui est imperméable, c’est sujet à récupération d’eau. J’ai un étang qui s’assèche limite en été, et qui, par contre, a un trop plein, qui se déverse dans l’étang du voisin, avant de partir au milieu naturel. Mais il a toujours un débordement en hiver, et je me dit que j’ai encore un potentiel de récupération sur mon terrain puisque cet étang déborde. Mais, là en stratégie, elles sont multiples, mais obsession de faire infiltrer l’eau, ce qui n’est pas si facile en terrain argileux puisque, justement, elle ruisselle ou elle stagne. »

L’importance des relations humaines dans la réalisation d’un projet en permaculture !

« Et là on va quitter le jardin d’ornement, je dirais, pour arriver dans la zone plus naturelle et gérée en permaculture. Vous avez vu, il y a une légère déclivité de ce terrain de l’est à l’ouest, ce qui fait aussi qu’il est plus exposé au vent, qui en fait un atout. Dès qu’on a un terrain plat, si on peut aménager des niveaux ou faire des déclivités, je trouve ça plus intéressant, à la fois esthétiquement, d’un point de vue de l’eau, de la gestion de l’eau, etc. Je pense que c’est ces trois chênes qui faisaient la limite du jardin d’ornement. La raison pour laquelle j’ai investi cette partie, c’est après mon design de permaculture, avec Permaculture Design, je m’étais dit, je m’ouvre aux autres. Dernière tentative. Parce que sinon le projet, c’était faire ermite dans le jardin. C’était ce que je souhaitais, donc voilà, mes 7.000 mètres et tout ça. Et puis, quand j’ai décidé de switcher un petit peu, je me suis dit, il faut essayer de renouer un peu avec les gens. Les minéraux, les végétaux, c’est bien. Les animaux, j’ai zappé, mais les gens, peut-être, encore un coup, essaie. Et je me suis dit, tu ne peux pas jardiner toute seule non plus, j’ai pris conscience aussi de mes limites. Et il y avait un petit bout de potager qui était de l’autre côté, et je me suis dit, tiens, je pourrais le mettre à disposition de quelqu’un. J’avais mis une annonce sur Permaculture44 en disant: « Met à disposition 100m2 de potager, etc ». Et sur la route en allant au stage à La Goursaline, il y a une fille qui m’appelle et qui dit: « Je suis intéressée par votre potager ». J’ai dit: « Là ça ne tombe pas bien, rappelez-moi dans 15 jours ». Elle me rappelle 15 jours après, elle vient visiter. Et là, elle dit: « Oui, moi ça me plaît ici ». Elle fait le tour, on a fait le tour du jardin comme on fait là, et puis elle me dit: « Ouais, moi ça me plaît ici. Je reste! » « Euh… Tu restes, tu restes… Ben oui, oui ». « Ben si, j’ai mon camion, et tout. Est-ce que je peux dormir dans le camion? » « Euh, ben oui ». Alors moi, je n’avais pas vu ça comme ça. Je m’étais dit, c’est un petit vieux qui va venir jardiner une fois de temps en temps. Et puis là, c’était une fille qui avait 28 ans qui dit: « J’ai fait 10 ans de restauration, j’en ai marre. » Et finalement, Manu, elle est restée 2 ans.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Vue aérienne de la partie la plus récente du jardin, à vocation nourricière, aménagée en permaculture par Stéphanie avec l’aide de Manu qui lui a donné l’énergie d’investir cette partie du jardin !

Et on a cultivé des légumes, elle m’a donné un coup de main au jardin, et je pense que c’est elle qui m’a donné l’énergie d’aller investir la zone plus loin. C’est grâce à elle que je suis allée de l’autre côté. Et puis ça, c’était une belle histoire aussi, car, je l’ai aidée à monter un food truck végétarien, à base des légumes du jardin, et donc là, il y a un beau sujet, aussi, de réalisation de soi, je pense. »

Les deux conseils de Stéphanie issus de son expérience d’aménagement de son jardin en permaculture :

« Est-ce que je peux donner deux conseils, que j’aurais aimé connaître plus tôt… Le premier, c’est de ne pas se focaliser sur les limites immatérielles du terrain que sont les plans de cadastre, les plans de parcelle, les clôtures avec le voisin, le mur, ou des choses comme ça. Quand on fait sa carte des secteurs en permaculture, on étudie son facteur limitant. Moi, mon facteur limitant prépondérant, c’était le vent, et si j’avais su, j’aurais décalé légèrement la plantation des haies que l’on voit là, qui sont certes des haies brise-vents, mais pas suffisamment efficaces. Parce que bêtement, je les ai mises à 2 mètres des limites de propriété. Même largement plus, pour être dans la réglementation, et qu’on ne m’embête pas avec les hauteurs, pour pouvoir les laisser pousser librement comme elles sont. Mais, je les ai quand même mises dans l’alignement de ma parcelle. Alors que si je les avais inclinées ne serait-ce que de 25 degrés ou 30 degrés en biais, dans la parcelle, ça changeait tout au niveau de mes brise-vents, et ça aurait été d’une efficacité largement, mais largement supérieure par rapport à celle d’aujourd’hui. Si vous avez des brise-vents à faire, plantez dense, et plantez vraiment perpendiculairement au vent. Ne vous fiez pas à vos limites de propriété.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

La matière organique, « c’est de l’or » pour le jardin nous dit Stéphanie, il faut en récupérer et en donner au sol un maximum !! Ici une partie mise à composter en tas est prête à être utiliser !

Et puis le deuxième, aussi, dont je mesure l’efficacité tous les jours aujourd’hui, c’est le mulch, la diversité des paillages, et l’apport de matière organique au sol. Pareil, mon expérience de paysagiste m’a montré, allez, 98% des jardins que je voyais, crevaient de faim. Le mien aussi, ce n’est pas 2 centimètres. C’est 10 centimètres, c’est 20 centimètres. Vous pouvez y aller sur les paillages. Paillez avec tout ce qui vous tombe sous la main, du foin, de la paille, des feuilles. Parce qu’en fait, si vos végétaux ne poussent pas vite, c’est parce que votre sol n’est pas vivant. Il faut voir le sol comme un énorme tube digestif qui est capable de tout avaler ce qu’on lui met. Et plus il mange, plus il a de vie, plus il restitue sa porosité, plus il stocke l’eau, plus le végétal va bien se porter, plus il va nourrir aussi le sol. Et là, on rentre dans un cercle vertueux qui vraiment s’accélère aussi au fil des années. Récupérée auprès des paysagistes, dans les déchèteries, auprès de vos voisins s’ils n’ont pas compris que la matière organique, c’était de l’or, ben tant pis, récupérez-la chez vous. »

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Vue de la haie-brise installée en limite de propriété par Stéphanie.

Se sentir à sa place dans l’écosystème !

« Aujourd’hui, je me sens à ma place dans l’écosystème. J’avais envie d’harmonie… et aujourd’hui, j’arrive à ça. Le passage par PermacultureDesign m’a permis de concrétiser cette transition, même si j’y pensais avant et que ça a continué après. Ça a été un déclencheur de ma décision d’ouvrir le jardin à la visite, de faire rentrer les gens dans mon univers qui était entièrement personnel, donc de m’ouvrir aux autres. Ça m’a aidé à prendre cette décision de décroissance. J’ai vu que je n’étais pas toute seule. J’ai confiance en l’avenir. Je n’ai même pas peur, même pas peur. C’est ça la conclusion, c’est que même pas peur, quoi. Je suis tellement sûre d’être à ma place. Je ne suis plus en lutte contre, même dans ma vie. Avant, j’étais: Tu t’accroches, tu sers les dents, et puis tu y vas… Tu es malade, ben c’est bon, tu vas bosser. Et bon, voilà, maintenant je ne suis plus là-dedans, je m’écoute un peu plus. J’ai appris à m’occuper de moi. La permaculture, c’est être responsable aussi, et c’est ça qui me plaît. C’est ça qui m’a accroché dans les idées de la permaculture, c’est qu’on est responsable. Ça commence par nous, on a toutes nos décisions en main. Voilà, moi, ce que je pense, mais intimement, mais ça c’était depuis fort longtemps, c’est qu’on a toujours le choix.

Quand quelqu’un me demande, je dis : Ben, pose-toi la question : de quoi j’ai envie ? Qu’est-ce que je veux faire de mes vingt prochaines années ? »

Mots clés
Aménagement jardin, Idée aménagement jardin, Amenagement jardin, ??? ,formation, permaculture, design, permacultureDesign
#PermacultureDesign #Permaculture

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Suspension des activités du Sens de l'Humus

Bonjour à toutes et tous,
Les activités d’accueil du Sens de l’Humus sont suspendues
pour les prochaines semaines (jardin solidaire, formations, ateliers, etc).
Nos jardins Pouplier et Gobetu seront fermés au public jusqu’à nouvel ordre.

Portez-vous bien.
Profitez-en pour ralentir, lire, écrire, vous informer.
Pour affûter votre esprit critique.
Désapprendre à faire mille choses à la fois pour
retrouver du plaisir paresser. 
A très bientôt,

Formation à l’Agriculture Naturelle sur deux jours les 14 et 15 mars 2020

Formation à l’Agriculture Naturelle sur deux jours destinée aux jardiniers amateurs ou avertis, et aux maraîchers curieux.

Samedi 14 dimanche 15 mars 2020
Maison des murs à pêches
89, rue Pierre de Montreuil – 93100 Montreuil

L’agriculture naturelle, mise au point par le Japonais Masanobu Fukuoka dans les années 1970, auteur de « la révolution d’un seul brin de paille » est une agriculture basée sur trois principes:
– un sol jamais travaillé et toujours couvert,
– sans engrais ni compost,
– sans pesticide, biologique ou de synthèse.

L’utilisation de couverts végétaux semés entre chaque culture permet d’héberger et de nourrir la vie du sol, qui à son tour alimentera les plantes destinées à la consommation humaine. C’est également ce qui permet l’autonomie en carbone sur une ferme ou un jardin, donc de ne pas déshabiller Paul pour habiller Jacques, de pouvoir se passer d’intrants, de laisser le tracteur au garage, de ne plus éradiquer tous les insectes ou champignons dit « nuisibles », et enfin de cultiver des plantes saines et nutritives. L’agriculture depuis 10000 ans, qu’elle soit bio ou conventionnelle, est cause de pollution, de désertification et de la disparition des espèces. Cultiver en respectant les lois du vivant est un préalable à toute agriculture qui se veut durable.

Formation proposé par Yann Lopez, maraîcher en Haute Vienne.
La ferme des Jardins Sauvages est en agriculture naturelle depuis 2014, et fournie 30 paniers de légumes hebdomadaires. Le maraîchage est certifié AB, n’utilise aucun hybride F1, et propose plus de 60 légumes différents pour 300 variétés.

Le but de cette formation est de rendre le jardinier amateur autonome dans sa conception d’un potager naturel et dans sa pratique. Mais aussi de porter un regard nouveau sur notre rapport à la nature et à l’alimentation.

Site internet de la ferme: https://lesjardinssauvages.jimdofree.com/

Au programme :
Samedi matin : Les bases de l’agronomie
Samedi après-midi : De la théorie à la conception d’un jardin naturel

Dimanche matin : Les couverts végétaux, la solution pour un jardin toujours couvert et jamais travaillé
Dimanche après-midi : Des légumes au Jardin

– Qu’est ce que le sol?
– Revoir les bases de l’agronomie en sol non travaillé et travaillé,
– Revoir tout le vocabulaire et tout ce qu’il y a derrière: qu’est ce que le sol, l’humus, le compost, les bactéries, les champignons, la matière organique, la fertilité, le ver de terre, la permaculture, le label bio,…etc
– L’histoire de l’agriculture sous un autre angle
– Le C/N
– Planifier la fertilité et la fertilisation
– Qu’est ce que l’agriculture naturelle
– Les couverts végétaux : les différentes espèces, savoir définir ses objectifs, faire son mélange et gérer du semi à la destruction
– La gestion de l’enherbement
– La gestion des ravageurs
– Les plantes bio indicatrices
– Itinéraire technique de différentes cultures en sol non travaillé
– Planifier les rotations
– Comment démarrer sur un sol travaillé ou non travaillé

Attention, le nombre de places est limité.
Il est impératif de suivre les deux jours de formation.

L’intégralité de la formation à lieu en salle chauffée.
Tarif : 80 euros pour les deux jours.
L’intégralité de la formation est à payer sur HelloAsso

Horaires : de 9h00 à 17h00 (prévoir de terminer à 18h00 au cas où).

Attention la formation démarre à 9h00 pétante ! Merci de venir en avance, des collations (thé, café, gâteaux…) vous seront offertes.
Le repas du midi aura lieu en mode partagé (auberge espagnole). Merci d’amener vos spécialités culinaires et vos couverts (verres, tasses, couteaux, fourchettes, assiettes…)
Le dimanche soir lors de la clôture de la formation nous organiserons un petit pot de l’amitié.

La formation aura lieu à la Maison des murs à pêches au 89, rue Pierre de Montreuil à Montreuil (93100)

10 astuces pour augmenter vos récoltes…

C’est un vrai bonheur de déguster ses fraises, ses framboises et autres petits fruits, si chers dans le commerce et pourtant si faciles à cultiver soi-même en abondance sans trop effort ! Quelle joie de réaliser un excellent repas avec les produits de votre jardin dont vous découvrirez, en plus, les goûts inimitables, reflets de la richesse de votre terre !

Ainsi, faire le choix de cultiver soi-même une partie de sa nourriture procure beaucoup de plaisirs et de fierté en plus du fait que cela vous apporte des aliments sains, délicieux et beaucoup plus nutritifs que ceux que vous pourriez trouver en supermarché !

On peut ajouter que si l’on souhaite voir notre système agro-alimentaire dégénérescent et destructeur de la vie évoluer, l’acte de jardiner et d’auto-produire sa nourriture devient un véritable acte militant pour l’environnement et sa santé.

Illustration BD de l'autonomie en ville

Cela peut cependant sembler réservé aux chanceux ayant un espace suffisant pour créer un potager digne de ce nom. En fait, il n’en est rien car même dans un espace très restreint, sur le pas de votre portevous serez surpris de la diversité et de l’abondance de ce que vous pourrez produire en suivant quelques conseils simples 😉

Ça vous dit d’essayer ?

Alors, voici une compilation de 10 astuces souvent utilisées par les permaculteurs pour obtenir de belles récoltes, quel que soit l’espace que vous y consacrerez !

1. Nourrissez votre sol

On ne le dira jamais assez : pour qu’un sol soit fertile, il doit être vivant ! Et pour favoriser le développement de la vie dans votre sol, il faut le nourrir ou plutôt nourrir les millions de micro-organismes qui le peuplent et en font la richesse. Pour ce faire, il faut couvrir votre sol (le « mulcher ») c.-à-d. apporter en surface de la matière organique qui sera petit à petit mangée, digérée et transformée en humus par les organismes vivants du sol parmi lesquels l’indispensable et au combien précieux ver de terre !

Pour cela, plusieurs possibilités que vous choisirez en fonction de votre type de sol et de ce que vous pourrez le plus facilement vous procurer dans votre contexte : il peut s’agir d’herbe de tonte, de paille (bio, c’est mieux 😉 ), de feuilles et brindilles mortes, d’épluchures de cuisine (compostage de surface), de carton (en évitant les cartons trop encrés ou avec trop de colle), d’adventices ou de plantes dédiées au mulch simplement coupées et laissées en surface (technique du « chop and drop ») ou encore de BRF (Bois Raméal Fragmenté).

En suivant le principe de permaculture « Favoriser la diversité », vous pouvez ainsi choisir plusieurs de ces « ingrédients » en fonction de ce que vous avez de disponible facilement et faire votre propre « recette » en les mélangeant pour obtenir un vrai régal pour micro-organismes et vers de terre ! Pour booster votre mélange, apportez-y quelques poignées de cendres de bois (riches en calcium, phosphore, potassium et magnésium) ou encore du fumier composté (par exemple, les poules fournissent pour cela une excellente matière première via leurs déjections quotidiennes) à condition de savoir de quels animaux provient votre fumier, histoire qu’il ne soit pas bourré d’antibiotiques et autres substances chimiques données à tour de bras dans certains élevages…

Buttes de cultures mulch

Terrasses de cultures en escalier mulchées pour l’hiver!

En bonus, une bonne épaisseur de matière organique (10 à 15 cm), en plus de nourrir votre sol, limitera grandement la levée des adventices (même si certaines peuvent être bénéfiques à votre sol et délicieuses à manger, mieux vaut leur réserver un espace dédié à leur développement naturel sauvage). Vous réduirez ainsi la concurrence pour les nutriments du sol avec vos plantes cultivées.

Plantés serrés, les végétaux peuvent être de véritables mulchs vivants, créateurs de micro-climats et de nombreux bienfaits. Source PermacultureDesign

Plantés serrés, les végétaux peuvent être de véritables mulchs vivants, créateurs de micro-climats et de nombreux bienfaits.

2. Augmentez votre surface de culture sans augmenter l’encombrement au sol

Mis à part dans certains contextes (terrain très venteux et/ou très sec notamment ou sol trop drainant) où cela ne sera pas la solution la plus pertinente, il est possible d’augmenter sa surface de culture sans augmenter l’encombrement au sol en créant certains types de buttes de permaculture comme par exemple des ados de terre arrondis. Ainsi, au lieu de tout planter à plat sur un même niveau, vous créerez des pentes et des microclimats : le point haut de votre dôme de terre favorisera la captation de lumière, de chaleur et augmentera la profondeur de sol dans laquelle les racines de vos plantes pourront se développer ; il y aura une pente plus exposée au soleil que l’autre, des parties plus ombragées… Vous pourrez ainsi disposer vos végétaux sur plusieurs niveaux selon les exigences d’ensoleillement et de chaleur propre à chacun.

Par exemple, les fraisiers sauvages, souvent très productifs, se développent bien à l’ombre des feuillages d’autres légumes comme les salades, les carottes, les épinards, les poireaux… Les radis se plaisent aussi beaucoup à l’ombre des plants de tomates, de poirées ou de haricots que l’on mettra en haut du dôme de culture et auxquels ils serviront en plus de couvre-sol pour maintenir la fraîcheur de la terre et limiter l’évaporation. Même utilisation avec la mâche qui, en plus d’apprécier tous les types d’expositions (ombre, mi-ombre, soleil), s’entend bien en terme de voisinage avec tous les légumes du potager. Le navet est aussi un bon voisin qui aime le soleil au printemps et la mi-ombre en été, le placer à l’ombre d’un pied de maïs, de pois, de tomate ou encore de céleri est donc une combinaison gagnante ! Bref les possibilités d’associations et de dispositions en étages de vos cultures sur votre butte sont innombrables, c’est pourquoi il vous faudra, en amont de vos plantations, lister ce que vous souhaitez y inclure et positionner chaque légume, fruit ou fleur dans les conditions d’ensoleillement et zones de microclimats qui lui seront les plus favorables ! Ainsi, grâce à votre butte de culture, non seulement vous augmenterez votre surface cultivable, mais en plus vos cultures seront dans les conditions optimales à leur épanouissement !

Culture multi-étagée, imitation de la forêt façon comestible chez notre amie Maria au Blé en Herbe.

Culture multi-étagée, imitation de la forêt façon comestible chez notre amie Maria au Blé en Herbe.

3. Arrêtez de tout mettre en rang

Dans les potagers classiques, les légumes sont comme de petits soldats tous bien en rang et le jardinier passe une bonne partie de son temps à biner entre ses rangs de légumes pour enlever les « mauvaises herbes » indisciplinées ! En permaculture, la base est l’observation de la nature et son imitation pour arriver à des écosystèmes productifs, résilient et biodiversifiés. La nature nous montre notamment qu’elle a horreur du vide et des sols à nu, aussi remplit-elle tous les espaces de terre laissés libres, c’est pourquoi mieux vaut privilégier les petits systèmes intensifs, plantés densément autrement qu’en ligne pour utiliser au mieux l’espace disponible et par conséquent d’augmenter vos récoltes.

Vous pouvez par exemple planter en triangle plutôt qu’en rang des végétaux à haut développement comme les fèves, les tomates, les pois, les haricots, les choux, le maïs… et semer entre eux, au milieu du triangle, des couvre-sols ou des racines au développement aérien moins important.

Vous pouvez aussi semer densément à la volée différents types de végétaux (ayant différents niveaux et/ou périodes de développement) sur des espaces réfléchis pour être accessibles facilement de partout et favorisant l’effet de bordure comme les espaces en forme de trou de serrure par exemple. Ensuite, le type de forme et d’aménagement pour vos plantations dans votre potager n’aura comme limites que celles de votre imagination ! Alors, laissez tomber le schéma classique des rangs, laissez parler votre créativité, votre sensibilité en observant la nature autour de vous et en vous appuyant sur les principes de permaculture pour créer un potager original qui vous ressemble !! Et pour être sûr de ne pas vous tromper de support de culture et utiliser celui qui correspondra le mieux à votre contexte et vos objectifs, découvrez notre formation « Choisissez votre support de culture idéal ! ».

4. Valorisez la 3ème dimension : la hauteur

En observant une forêt, on voit bien que la nature utilise tous « les étages » à sa disposition des couvre-sols à la canopée… Vous pouvez imiter cela en créant différents « étages » dans votre potager et notamment en valorisant la 3eme dimension, la hauteur.

Salade qui poussent dans gouttiere

Photo : Flickr.com/blaineo

En installant des treillis, de simples piquets ou tout autre support vertical à votre portée (structure en osier par exemple), vous pourrez faire courir dessus, à différents niveaux tout un tas de plantes annuelles et notamment les grimpantes comme les courges, les concombres, les haricots, les pois qui libéreront de la place au sol pour d’autres cultures ne pouvant pas s’élever naturellement comme les  légumes racines…

Si votre espace vous le permet et que cela est pertinent par rapport à votre contexte et votre projet, vous pouvez en plus de supports verticaux inertes cités précédemment introduire dans votre « écosystème cultivé » l’une des pièces maîtresses de la nature : les arbres ! En plus de vous apporter des récoltes supplémentaires (fruits, fleurs, bois, mulch de feuilles mortes…), ils pourront être le cœur d’un groupe de cultures multi-étagées et le support de grimpantes annuelles ou persistantes comme le kiwi. Ils apporteront bien plus encore à votre environnement : attrait pour la faune sauvage, ombrage et selon le type d’arbre fixation d’azote dans le sol et donc fertilisation de votre terre sans aucun effort de votre part. Attention, tout de même de ne pas planter à la légère ! Il est primordial de bien réfléchir par rapport à votre contexte, au type d’arbre que vous souhaitez implanter et à son emplacement en prenant en compte son développement et sa taille à maturité pour bien le positionner par rapport aux autres éléments de votre système !

Courge grimpante, astuce jardinage en permaculture

Les courges adorent grimper sur tous les supports qu’on leur offre à disposition!

5. Créez vos propres « guildes » potagères

Une « Guilde » est une association de plantes complémentaires entre elles, qui s’apportent des bénéfices mutuels et revêtent différentes formes végétatives (racines profondes et racines superficielles) leur permettant de ne pas être en concurrence pour l’accès aux nutriments du sol. Ces plantes peuvent s’échanger divers services : fertilisation, action répulsive ou toxique sur des insectes ravageurs, lutte contre des maladies, attraction de pollinisateurs ou d’auxiliaires, stimulation de la croissance, etc. Vous pouvez utiliser ce système de guilde au potager !

Les 3 soeurs

Les 3 soeurs

Par exemple, on parle souvent de la combinaison amérindienne des « 3 sœurs » : un pied de maïs sert de tuteur à un haricot grimpant fixateur d’azote pendant qu’une courge leur sert de protection en couvre-sol ! Mais il existe une infinité d’autres associations potagères bénéfiques (attention, il en existe aussi des mauvaises), relater dans de nombreux ouvrages, nous n’en ferons donc pas la liste complète ici, ce serait impossible, mais en voici quelques exemples pour vous donner des idées : associer les carottes aux oignons ou aux poireaux permet d’éloigner la mouche de la carotte et celle du poireau et de l’oignon, de même carotte et tomate s’associent bénéfiquement, car la tomate éloigne la mouche de la carotte et la carotte éloigne les pucerons des tomates.

La bourrache éloigne la piéride du chou, le lin semé à côté de pomme de terre ou d’aubergine éloigne les doryphores, les fraisiers associés aux poireaux stimulent la croissance de ces derniers, associés avec l’ail, les fraisiers sont préservés de la moisissure grise, avec les salades, leur production de fraises est stimulée, de même pour l’oignon et la blette qui se stimulent l’un et l’autre… Les aromatiques permettent aussi de fantastiques associations bénéfiques, associer tomate, basilic, échalote et persil et vous aurez en plus dans un même espace tous les ingrédients d’un savoureux coulis : la tomate aide à la germination du persil, le basilic favorise la croissance des tomates et renforce leur saveur, avec le persil et l’échalote, ils éloignent aussi certains parasites de la tomate, c’est donc un quatuor gagnant ! La coriandre éloigne les pucerons et attire les pollinisateurs…

Bref, à vous de jouer pour créer vos propres guildes potagères en fonction de vos goûts, de vos envies et de votre contexte !!

6. Programmez les successions dans vos cultures

Pendant l’hiver, au coin du feu, lorsque le jardin semble endormi, prenez le temps de réfléchir à vos semis et plantations de l’année à venir pour faire en sorte que plusieurs plantes puissent se succéder sur un même espace tout au long de la saison de culture. Cette succession végétale programmée augmentera de beaucoup vos récoltes et surtout leur étalement sur toute l’année. Ainsi on peut, par exemple, commencer sur un espace avec des pois à écosser précoce au printemps qui seront suivis de salades d’été elles-mêmes suivies à l’automne de semis de fèves qui passeront l’hiver (à condition d’avoir des hivers peu rigoureux)… L’astuce est de jouer sur les variétés en les choisissant plus ou moins précoces selon vos besoins ; d’associer densément sur un même espace des plantes aux développements racinaires différents ou à vitesse de maturation différente (comme le panais à maturation lente et le radis flamboyant à maturation rapide) ou encore de faire des semis de différentes variétés de plantes dont certains resteront en place et d’autres seront transplanter ailleurs le moment voulu, mais tous auront germé ensemble sur un espace restreint biodiversifié. Alors, prenez le temps de réfléchir à vos successions potagères, vous ne serez pas déçu !!

7. Prolongez la saison des récoltes

En observant votre lieu, vous avez dû repérer différents microclimats plus ou moins favorables aux cultures potagères, des endroits particulièrement bien ensoleillés sur l’ensemble de la journée, d’autres abrités des vents, plus chaud ou plus froid. Il faut tirer profil de cette observation pour positionner au mieux vos espaces de culture afin de prolonger la saison des récoltes quand faire se peut, soit en commençant plus tôt au printemps, soit en terminant la saison le plus tard possible à l’automne !

Par exemple, faire des semis en intérieur ou utiliser un châssis froid pour faire pousser vos plants dès que la température le permet peuvent aider à commencer la saison des récoltes plus tôt. Positionner des espaces de cultures dans les endroits les mieux ensoleillés (à condition qu’ils soient aussi à l’abri des vents dominants) permet à la terre de mieux se réchauffer au printemps et de profiter de l’ensoleillement le plus longtemps possible à l’automne. Si vous avez la place, l’installation d’une serre est aussi un formidable moyen de prolonger la saison des récoltes !!!

Aménagement d'une serre selon les principes de permaculture.

8. Faites la part belle aux vivaces

L’installation de plantes vivaces au potager est extrêmement intéressante, car non seulement elles permettent, elles aussi, de prolonger la saison de récolte (car elles s’épanouissent souvent plus tôt au printemps que les variétés annuelles), mais en plus, car elles se renforcent généralement d’année en année augmentant ainsi leur rendement par pied ! En plus, elles ne demandent que très peu d’efforts de la part du jardinier et peuvent rester en place très longtemps ! Quel bonheur de récolter dès le début du mois de mars les jeunes pousses d’asperges tendres ou de déguster de la rhubarbe sans avoir eu rien d’autre à faire que de les mulcher généreusement en hiver et de les découvrir au printemps !!! Les vivaces sont en cela merveilleuses, car extrêmement généreuses et rustiques, il serait donc dommage de s’en priver, surtout qu’il en existe pour tous les goûts !!!

9. Apprenez à redevenir cueilleur !

Pour augmenter vos récoltes alimentaires, rien de mieux, en terme de nutriments notamment, que d’apprendre à redevenir cueilleur et consommateur de plantes sauvages comestibles ! Véritables cadeaux de la nature, poussant en abondance et ne demandant AUCUN effort de la part du jardinier, les plantes sauvages comestibles ont énormément de bienfaits à nous apporter pour peu que l’on se donne la peine de les reconnaître, les cueillir et les accommoder  😉 !!! Si vous souhaitez, dès maintenant, vous y mettre, nous vous conseillons une formation vidéo en ligne très complète et très bien faite, créée par Florence Laporte, guide nature depuis plus de 20 ans. Florence est une passionnée qui saura vous transmettre simplement ses connaissances pour vous permettre d’identifier sans équivoque plus d’une cinquantaine de plantes sauvages que vous pourrez ensuite réintroduire facilement et sans crainte dans votre quotidien grâce à ses recettes et astuces pour les cuisiner ou les transformer en produits de soins et de bien-être (pommades, élixirs, huiles végétales, alcoolats, balnéothérapie…) ! Un formidable outil d’apprentissage pour réellement redevenir cueilleur en toute sérénité !

Cueilleur en pleine récolte de plantes sauvages comestibles

Cueilleur en pleine récolte de feuilles de capucines…

10. Voyez au-delà de vos récoltes palpables…

Faire pousser ses légumes, fruits et fleurs procure des récoltes matérielles palpables… mais cela apporte beaucoup plus : la joie et la fierté de voir germer et se développer ses propres plants, le bonheur de manger ce que l’on a soi-même fait pousser, la beauté de la nature à contempler, des oiseaux à écouter chanter, le plaisir de partager ses récoltes avec son entourage en créant par la même du lien social, l’entretien de la forme physique et notre santé par une alimentation saine, la stimulation de la créativité, la sérénité, le bien-être de retrouver sa place dans son environnement et de se reconnecter à la notre terre mère… autant de « récoltes », certes non palpables et non quantifiables, mais au combien importantes à retrouver dans notre société !!!

Édité en 2016, retrouvez notre article sur ce livre en cliquant ici.
Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Légumes vivaces pour un potager perpétuel »

Des légumes toute l’année, un potager productif, peu d’entretien

Livre de Xavier Mathias
120 pages, édité par Rustica en mars 2016, collection Conseils d'expert.

Prix : environ 24,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon   |   Decitre  |  Unithèque  |  Fnac

Astuce supplémentaire : offrir le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs !

Les insectes pollinisateurs sont de véritables alliés du jardinier puisqu’ils conditionnent la quantité de nombreuses récoltes au potager et au verger. En favorisant l’accueil de ses pollinisateurs chez vous par l’implantation de compositions végétales adaptées, vous améliorerez aussi grandement vos récoltes ! Cliquer sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus.

La haie des abeilles

Augmentez et protégez vos récoltes fruitières et légumières de façon significative en attirant dans votre jardin un maximum de pollinisateurs grâce à « la haie des abeilles » !

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La ferme Ridgedale Permaculture, de Richard Perkins en Suède

« Au nord, il y a les Corons » selon la chanson, mais encore plus au nord, sur le 59ème parallèle, près de Sunne en Suède se trouve la Ridgedale Permaculture, une propriété de 5 hectares qui est le lieu permaculturel le plus septentrional de la planète. Cette ancienne ferme abandonnée a été transformée par Richard Perkins et sa compagne Yohanna Amselem pour devenir un centre d’agriculture innovante et une structure de formation basée sur l’apprentissage de méthodes de culture régénératrices. 
Ridgedale Permacultureest une ferme innovante, résiliente et rentable créée par Richard Perkins en Suède.

Vue aérienne de la ferme Ridgedale Permaculture près de Sunne en Suède. Crédit photo © http://www.ridgedalepermaculture.com

L’objectif de Richard Perkins et Yohanna Amselem : œuvrer pour un meilleur avenir

Pour Richard et Yohanna, le commencement a été assez difficile, car, il y avait tellement de travail à faire, de règlementations à comprendre, de grosses responsabilités à assumer, de modèles et de principes permaculturels à adapter à la petite échelle de leur propriété. Sans manuels, sans aide des autorités, il a fallu tout inventer. Les représentants de la commune semblent eux-mêmes manquer de vocabulaire pour qualifier cette exploitation. Est-ce une ferme, un jardin ? Peu importe le nom que les autorités pourraient donner à leur propriété, peu importe le regard suspicieux des voisins au lancement du projet, le désir de Richard et Yohanna de construire quelque chose de différent a été plus fort.
Ridgedale Permacultureest une ferme innovante, résiliente et rentable créée par Richard Perkins en Suède.

Richard Perkins et Yohanna Amselem, fondateurs de la ferme Ridgedale Permaculture. Crédit photo © http://www.ridgedalepermaculture.com

Cette volonté d’œuvrer pour un avenir meilleur anime Richard depuis qu’il a 15 ans et n’a fait qu’accroître avec la naissance de sa fille Gracie. C’est pour qu’elle grandisse libre et hors du moule social, pour qu’elle vive de façon spontanée, respectueuse et responsable qu’il a bâti cette ferme. Cette ferme, c’est l’école de la vie pour Gracie et pour tous ceux qui s’y forment !

Une volonté de formation à la gestion de la ferme et à la permaculture

Ridgedale Permaculture est peuplée de personnes de nationalités et d’horizons divers qui vivent en communauté et mettent leurs forces en commun pour vivre libres, heureux et créer un monde meilleur. Ici pas la peine d’être bardé de diplômes ou de connaissances pointues, c’est la motivation qui prime et qui fait avancer les différents projets. Des stagiaires désireux d’apprendre à gérer une ferme et à se former en permaculture s’investissent bénévolement et participent au bon fonctionnement de la ferme parce qu’ils sont conscients du besoin urgent de transition. 

Même si ce genre de gestion sociale, basée principalement sur des stagiaires non rémunérés, nous laisse un peu perplexes au sein du bureau d’études, Ridgedale Permaculture est quand même un lieu remarquable, très inspirant, qui utilise beaucoup de techniques d’autres lieux exemplaires en permaculture et prouve, une fois de plus, leur efficacité.

Favoriser la diversité des activités dans le respect de la nature

Plusieurs activités se combinent à Ridgedale Permaculture. On y produit des œufs et des poulets de chair, des fruits et légumes issus du maraîchage, mais toujours avec le respect de la terre et l’utilisation de méthodes douces qui visent à régénérer les sols.
Dans cette ferme avicole, les principes fondateurs de la permaculture sont appliqués de façon responsable pour régénérer les paysages, mettre en place des écosystèmes riches, restaurer les sols et produire durablement.
Techniques innovantes et gestes ancestraux s’y entremêlent pour un résultat résilient, stimulant localement et rentable. 
Le foin est récolté de façon manuelle, les poules ont des poulaillers mobiles et sont en pâtures libres, l’abattage est tout aussi respectueux que l’élevage. D’ailleurs à Ridgedale Permaculture, le respect est une valeur fondamentale : respect des cycles naturels, respect des plantes, des animaux et des personnes, respect de la terre.
Ainsi plutôt que de vendre les pins de sa forêt, qui lui procureraient une entrée d’argent considérable, Richard a décidé d’y faire construire des cabanes dont la location assurera des subsides et évitera l’abattage, l’érosion et la déforestation outrancière.
Ridgedale Permacultureest une ferme innovante, résiliente et rentable créée par Richard Perkins en Suède.

Plutôt que d’abattre les arbres pour vendre leur bois, Richard construit des cabanes dans sa forêt de pins qui pourront ensuite être louées. Crédit photo © Olivier Asselin, Possible Media

Une autre vision de la vie…

Quand on lui parle « travail », Richard répond avec sagesse et philosophie qu’« il n’y a pas de travail. Travailler, jouer, se reposer et apprendre, c’est un tout, c’est quelque chose d’amusant appelé la vie ». Et quand le regard des voisins devient respectueux et admiratif devant le travail accompli, c’est que le pari fou a été gagné !

Notre partenaire et ami Olivier Asselin, de Possible Média vient de consacrer tout un documentaire à la ferme Ridgedale permaculture que nous vous invitons à découvrir dans cet article pour en savoir plus sur ce lieu permacole remarquable. Ce film s’intitule « Gracie’s backyard » en référence à la fille de Richard et Yohanna qui profite bien de la vie sur cette ferme hors du commun.

Ridgedale Permacultureest une ferme innovante, résiliente et rentable créée par Richard Perkins en Suède.

Gracie, la fille de Richard et Yohanna, n’est jamais très loin de son papa, elle adore donner des coups de main et apprendre avec lui. Crédit photo © Olivier Asselin, Possible Media

Sources photo et informations complémentaires sur Ridgedale Permaculture (site en anglais) :
http://www.ridgedalepermaculture.com/

Sources photo et informations complémentaires sur le film documentaire « Gracie’s backyard » :
https://www.possiblemedia.fr/gracies-backyard/?ref=2

Transformez vos poules en véritables auxiliaires du jardinier !

Sur sa ferme, Richard Perkins utilise des « tracteurs à poules » dans lesquels ses poules « jardinent » pour lui, préparant le terrain avant culture. Grâce à notre formation en ligne « Les poules et le poulailler en permaculture », concevez, vous aussi, votre petit élevage pour qu’il soit adapté à vos objectifs et votre contexte, avec des poules épanouies et un maximum de résilience et de synergies avec votre jardin, votre potager, votre verger… Pour en savoir plus sur cette formation complète et son contenu, cliquez sur le bouton ci-dessous !

Invitez la permaculture dans votre jardin
Grâce à cette formation vidéo en ligne, apprenez à concevoir votre poulailler en permaculture pour avoir de bons œufs frais, des poules épanouies et autonomes qui vous aident au jardin tout en faisant des économies de temps, d’argent et d’énergie pour une installation sereine, bien dimensionnée et vraiment adaptée à vos objectifs et votre contexte.
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Les plantes sauvages au service de la santé des sols et des hommes !

Chez nos ancêtres, les plantes sauvages comestibles avaient leur place quotidienne dans l’assiette. Ils maniaient ainsi leurs vertus nutritives, médicinales et guérisseuses selon leurs besoins et selon les saisons. Les plantes sauvages comestibles sont ainsi tombées aux oubliettes, pour faire place à des fruits et légumes cultivés, importés ou locaux. Cela a permis de belles découvertes gustatives, mais aussi la perte de connexion avec la nature qui nous entoure, et les nutriments qu’elle nous offre avec abondance à portée de mains.

Car qui dit plante sauvage, dit propriétés et bienfaits nutritifs exceptionnels pour vos cellules, et votre santé. Ces plantes qui poussent sans aide de la main de l’homme, mais se nourrissent essentiellement de lumière, d’air, d’eau et des nutriments de la terre, poussent souvent dans des conditions extrêmes, ce qui potentialise leurs vertus, leur puissance et leur résistance.

Si on connaît leur langage, on observera souvent qu’elles se révèlent curatives et nutritives pour des faiblesses humaines s’apparentant aux faiblesses du sol dans lequel elles poussent.

Les plantes sauvages comestibles et médicinales sont des trésors de nutriments et de soins pour notre santé.

Prenons, par exemple, la prêle (Equisetum arvense) : elle pousse sur des sols déstructurés ou non encore structurés, des sols alluvionnaires jeunes et témoigne de la présence d’une nappe d’eau ou des sols engorgés d’eau, comme on peut le voir dans « L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales » de Gérard Ducerf (voir références des trois volumes de cette encyclopédie en fin d’article).

Parallèlement, pour l’homme, les propriétés de la prêle, reminéralisantes et structurantes sont exceptionnelles, grâce à sa haute teneur en silice, calcium, fer, potassium, magnésium, mais elle a aussi des propriétés anti-inflammatoires, lutte efficacement contre les œdèmes et est efficace dans les problèmes urinaires

Incroyable non ? La faiblesse du sol où elle pousse et sur lequel elle joue un rôle s’apparente à une faiblesse chez l’homme qu’elle peut accompagner sur le chemin de la guérison.

Il ne reste plus alors qu’à appliquer un des principes fondamentaux de la permaculture : l’observation. Car si vous observez votre environnement et ce qui y pousse, vous découvrirez des pépites vertes pour vous nourrir et prendre soin de vous, tout cela offert généreusement par la nature. Du vrai bon sens à reconnecter…
L’ortie, que tout le monde qualifie de « mauvaise herbe » est une plante sauvage fantastique, dotée d’une teneur exceptionnelle en Vitamine C (4 fois les apports journaliers recommandés dans 100 gr de feuilles, soit 6 à 7 fois plus que l’orange), en vitamine A, en minéraux comme le fer, le calcium, mais aussi en protéines complètes (équilibrée en acides aminés essentiels au corps). C’est au printemps que sa teneur en bons nutriments est à son apogée. Elle est idéale pour complémenter les végétaliens, mais aussi après les cycles féminins, elle est reminéralisante, alcalinisante(PRAL* : -66,41) et dépurative. Pour les animaux, elle est aussi extrêmement bénéfique puisqu’elle stimule la reproduction, notamment la ponte des poules.
Elle pousse en général sur des sols acides riches en azote, ou en potasse ou en excès de matière organique animale qui mériteraient une action alcalinisante et dépurative, comme chez l’homme ( 😉 et la boucle est bouclée…).
Ces remarquables pépites vertes et bien d’autres encore vous attendent près de chez vous 😃

On pourrait parler aussi de la Consoude, du plantain, du pissenlit, de l’Amaranthe, du Chénopode, de l’ail des ours… toutes des gourmandises végétales et nutritionnelles.
Des lectures passionnantes comme le « Guide Nutritionnel des plantes sauvages et cultivées » de François Couplan (voir référence du livre en fin d’article), présentent ces pépites vertes et leurs fabuleuses vertus.

Les plantes sauvages comestibles et médicinales sont des trésors de nutriments et de soins pour notre santé.Mais comme l’observation est avant tout nécessaire, nous vous proposons d’aller à la découverte et la reconnaissance des plantes sauvages comestibles et médicinales grâce à la formation « Au bonheur des plantes » de Florence Laporte, qui saura vous communiquer sa passion et son savoir. Florence vous guide pas à pas sur le chemin des plantes sauvages, d’une manière simple et avec bon sens, elle vous délivre ses secrets pour reconnaître simplement les plantes sauvages près de chez vous, régaler vos papilles et vos cellules.

Sabine

(Plus d'information sur l'auteur(e) en bas de page)

Livres

Guide Nutritionnel des plantes sauvages et cultivées

« Guide Nutritionnel des plantes sauvages et cultivées »

Livre de François Couplan
255 pages, édité par Delachaux et Niestlé en mars 2011.

Prix : environ 25 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque

L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols Volume 1

« L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols »

Volume 1

Gérard Ducerf
352 pages, édité par Promonature en mars 2008.

Prix : environ 60 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre
L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols Volume 2

« L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols »

Volume 2

Gérard Ducerf
352 pages, édité par Promonature en mars 2014.

Prix : environ 60 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre

L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols Volume 3

« L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols »

Volume 3

Gérard Ducerf
352 pages, édité par Promonature en mars 2013.

Prix : environ 60 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque   |   Fnac

Apprenez à identifier, cueillir et utiliser ces pépites vertes au quotidien !

Pour profiter de leurs incroyables bienfaits offerts gracieusement par la Nature, il est indispensable de passer par une phase d’apprentissage afin de savoir reconnaître, récolter et préparer les plantes sauvages selon vos besoins et en faire profiter votre entourage sans risque. Pour cela, nous vous conseillons l’excellente formation de Florence Laporte. Cliquez ci-dessous pour en savoir plus.

Invitez la permaculture dans votre jardin

Avec la formation vidéo en ligne de Florence Laporte, vous apprendrez à votre rythme, depuis chez vous, à identifier, cueillir et préparer les plus intéressantes plantes sauvages comestibles et médicinales pour en profiter sans risque.

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En février : deux ateliers au jardin Pouplier !

Le mercredi 12, retrouvez le cycle d’atelier alimentation anti’gaspillage alimentaire. Au programme : venez apprendre à réaliser vos propres « laits » ou plutôt boissons végétales !

Inscription obligatoire auprès de giuliahumus@gmail.com

Le mercredi 26, un tout nouvel atelier du cycle d’ateliers de jardinage durable : à la découverte des sols !

Inscription obligatoire auprès de guedas.solen@gmail.com

Formation permaculture 22 et 23 février 2020

COURS D’INTRODUCTION
À LA PERMACULTURE

Jardin potager, verger, lieu de vie, comprendre et concevoir un lieu en permaculture
Montreuil-sous-Bois dans le 93
les 22 et 23 février 2020

Avec l’association « Le Sens de l’Humus »

La permaculture est à la fois une éthique, une philosophie et une science à l’usage de la terre, de la planète et des groupes sociaux, qui vise à faire émerger partout des solutions créatives écologiques adaptées aux conditions physiques et humaines locales en vue de générer des systèmes productifs, efficaces et pérennes.

Objectifs du stage :

  • Comprendre ce qu’est la permaculture et les principes éthiques et de conception qui la fondent.
  • Acquérir une première approche de la méthodologie de design en permaculture (conception, planification, aménagement et maintenance d’un lieu en permaculture).

Programme :
Samedi 22 février toute la journée

Matin : philosophie, éthique et principes de la permaculture.
Après midi : Observation en extérieur (comprendre et utiliser les modèles naturels) et atelier pratique.

Dimanche 23 février toute la journée
Matin : méthodologie du design en permaculture.
Après-midi : exercice de design en salle en groupe.

Informations pratiques :Attention, le nombre de places est limité.
Il est impératif de suivre les deux jours de formation.

L’intégralité de la formation à lieu en salle chauffée.
Tarif : 100 euros pour les deux jours.
L’inscription et le paiement global sont obligatoires via le site HelloAsso

Horaires : de 9h00 à 18h00.

Attention la formation démarre à 9h00 pétante ! Merci de venir en avance, des collations (thé, café, gâteaux…) vous seront offertes.
Le repas du midi aura lieu en mode partagé (auberge espagnole). Merci d’amener vos spécialités culinaires et vos couverts (verres, tasses, couteaux, fourchettes, assiettes…)
Le dimanche soir lors de la clôture de la formation nous organiserons un petit pot de l’amitié.

  • Le stage sera animé par Jérémie Ancelet formateur certifié et designer en permaculture aussi que Christophe Bichon formateur certifié en permaculture dans le cadre de l’association Le Sens de l’Humus.

La formation aura lieu à la Maison des murs à pêches au 89, rue Pierre de Montreuil à Montreuil (93100)

Rassemblement festif pour les murs à pêches samedi 01 février

Signez la pétition ! Et retrouvez-nous ce samedi !

Afin de lutter pour la sauvegarde des Murs à pêches, retrouvons-nous toutes et tous le samedi 1er février dès 14hAu programme : prises de parole, chorégraphies et agit’prop pour exprimer notre refus de voir cet écrin de verdure coulé sous une chape de béton. Retrouvez le Pacte pour l’avenir des Murs à Pêches sur le site de la Fédération des Murs à Pêches ! 

Retrouvez et diffusez l’événement facebook ici ! Si vous avez un peu de temps pour participer le vendredi soir à la préparation de l’événement (logistique, banderoles, courses, etc).

Ecrivez à federationmursapeches@gmail.com

A l’initiative de SuperLocal et la Fédération des Murs à Pêches.
Pour s’y rendre : 15 minutes à pied du terminus Mairie de Montreuil (métro ligne 9), ou bus 122, arrêt Nouvelle France.
C’est l’hiver, pensez à vous habiller chaudement et à vous munir de chaussures imperméables.

Un CA sous le signe de l’union ! Brin de Paille et l’UPP étaient réunis du 17 au 19 Janvier 2020 à la ferme de Sourrou

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Le jardin mandala en permaculture : un support de culture beau et inspirant

Le jardin mandala en permaculture : un support de culture beau et inspirant

Le mot « mandala » nous vient du sanskrit (langue indienne ancestrale) et signifie « cercle », « unité »Le cercle étant un modèle naturel courant (forme de nombreuses fleurs, fruits, baies, graines, mais aussi du soleil, de la lune…), c’est tout naturellement qu’il a trouvé une place de choix en tant que forme intéressante dans les jardins en permaculture. 

Aujourd’hui, ce que l’on appelle un jardin mandala est donc, par extension, un jardin de forme ronde, mais qui peut être très divers au niveau de ses composantes. Voyons donc de plus près ce que l’on appelle un jardin mandala en permaculture !

Caractéristiques principales d’un jardin mandala en permaculture

À l’origine, les mandalas nous viennent d’Inde et sont des dessins, plus ou moins éphémères, souvent peints ou faits de sable, très colorés, très travaillés, en forme de cercles remplis de divers symboles et représentations divines. Dans l’hindouisme et le bouddhisme, ils servent notamment de supports à des méditations ou des rites.

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de mandala bouddhiste avec le symbole du OM tibétain en son centre, généralement fait pour méditer.

L’orientation traditionnelle du jardin mandala

Ce que l’on appelle un jardin mandala en permaculture s’est, en grande partie, affranchi de cet aspect religieux, mais il en conserve certaines caractéristiques de bases comme l’importance de son orientation interne selon les points cardinaux. C’est pourquoi, en général, les entrées principales d’un jardin mandala seront orientées vers chacun des points cardinaux, ce qui est bien pratique pour se repérer dans l’espace.

Cependant, respecter cette orientation n’est pas obligatoire, car, selon le contexte et ce qui va composer l’intérieur du jardin mandala, d’autres orientations peuvent être plus pertinentes dans certains cas. De même, cette orientation spécifique par rapport aux points cardinaux n’empêche pas de créer d’autres types de cheminements intérieurs et extérieurs pour faciliter la circulation dans le jardin mandala comme pour accéder à celui-ci et cela en fonction de son terrain, ses éléments et son contexte unique.

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de jardin mandala en permaculture incluant dans son design des buttes et des spirales aromatiques, réalisé sur la ferme de Desnié en Belgique. Source : desniepermaculture.com

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de jardin mandala en permaculture avec divers cheminements possibles en plus des 4 principaux orientés selon les 4 points cardinaux. Source : permaculteur.com ©VivreAuTempsJadis

La symbolique des éléments de la vie dans le jardin mandala

Comme dans les mandalas indiens, certains permaculteurs conservent également l’idée d’avoir dans son jardin mandala un espace où l’orientation est, en plus, liée aux 4 éléments de la vie sur terre: l’eau au Nord symbolisée par les légumes feuilles, le feu au Sud par les légumes fruits, l’air à l’Est par les légumes fleurs et la terre à l’ouest avec les légumes racines.

Bien sûr, rotations potagères obligent, ce type de pratiques nécessite une certaine souplesse et il est conseillé de raisonner plutôt en termes de mélanges avec des dominantes de tel ou tel type de plantes selon les espaces pour éviter de voir apparaître, au fil des années, de trop grands déséquilibres au niveau des sols.

À chacun son jardin mandala

Ceci dit, on peut faire un jardin mandala, donc globalement rond, sans pour autant appliquer ces contraintes d’orientations et de rappel des 4 éléments à l’intérieur. Chacun fera selon sa sensibilité !

De plus, un jardin mandala ne sera pas forcément potager, il peut être dédié à la culture ornementale, aromatique, médicinale ou encore être un savant mélange de tout cela ;).

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Jardin mandala en permaculture de la ferme de Desnié en Belgique qui inclue une grande biodiversité, des légumes, des fleurs, des aromatiques… un mélange harmonieux et beau ! Source : desniepermaculture.com

Les supports de cultures internes au jardin mandala seront eux aussi différents d’une personne à une autre : non seulement les types de buttes utilisées peuvent être très divers (culture sur butte, platebande, butte arrondie avec ou sans bordure, culture en lasagne, hugelkultur…), mais leurs formes également. Le dessin interne formé ainsi par l’ensemble des espaces cultivés d’un jardin mandala sera, lui aussi, propre à la personne qui l’a créé. En effet, là où certains aimeront retrouver des lignes droites pour leurs buttes à l’intérieur du cercle du mandala, d’autres préféreront les courbes…

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de mandala jardin potager privilégiant les courbes, faites de buttes de terre arrondies et généreusement paillées. Ensemble réalisé par un de nos stagiaires, Daniel, en Haute-Garonne.

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de butte ondulant comme un serpent pour entourer un jardin mandala en permaculture, réalisé par Mathieu Foudral avec son association Prise2Terre dans le Cantal. Source : prise2terre.wordpress.com

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de dessin original à l’intérieur d’un jardin mandala en permaculture. Source : seligonia.wordpress.com

C’est pourquoi, en fait, il y aura autant de jardins mandalas que de permaculteurs et permacultrices, car chacun le créera selon ses envies, son contexte et sa sensibilité.

Jardin mandala et principes de permaculture :

Favoriser la diversité et les effets de bordures :

Qu’on en fasse un pour des raisons pratiques, esthétiques ou encore spirituelles, un jardin mandala est, en tous cas, propice au mélange des cultures, des couleurs, des odeurs et contraste beaucoup avec des espaces standardisés en monoculture. Il forme, en effet, des ensembles originaux, très colorés et très diversifiés où les microclimats et effets de bordures sont nombreux et favorisent le développement d’une biodiversité faunistique et floristique très intéressante. 

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de jardin mandala en permaculture sur la célèbre Ferme du Bec Hellouin en Normandie: potager à la fois beau et productif, ce jardin mandala de 800 m2 est aménagé avec des buttes permanentes rondes sans bordures spécifiques. ©fermedubec.com

Ils sont généralement de véritables havres de paix où la nature est florissante, foisonnante, voire carrément exubérante ! De plus, le fait de concentrer les cultures dans une forme ronde semble favoriser les synergies entre les plantes et les interactions positives.

Tout se jardine

Par ailleurs, les jardins mandalas permettent aux personnes qui s’en occupent de se recentrer et de se reconnecter à leur environnement, car c’est un espace où tout est mis en oeuvre pour favoriser l’harmonie avec la nature et dans lequel les hommes comme les plantes et les animaux se sentent bien, apaisés !

Un jardin mandala peut donc être une grande source de bien-être pour ceux qui le pratiquent voire un véritable soin pour le corps et pour l’âme qui permet de travailler en même temps que sa zone 01 (zone potagère proche de l’habitation), sa zone 00 (c’est-à-dire nous-mêmes et notre développement personnel). 

Commencez petit et étendez-vous si nécessaire

Il n’y a pas de règle concernant les dimensions que doit avoir un jardin mandala, il peut faire quelques mètres de diamètre comme plusieurs dizaines de mètres. Cependant, comme pour tout projet en permaculture, nous vous conseillons de bien garder en tête le principe « commencer petit » afin de créer un jardin mandala dont vous pourrez réellement bien vous occuper.

En effet, un jardin mandala sera soumis aux mêmes aléas qu’un jardin classique. Ainsi, comme tout écosystème cultivé par l’homme, il nécessitera des interventions de votre part, des soins et de l’attention pour être florissant, il sera donc important que ses dimensions correspondent à ce que vous êtes en mesure de gérer !

Chaque élément est placé selon ses relations avec les autres

Quand on projette de faire un jardin mandala en permaculture, avant de se mettre en action, il est important de le voir comme un élément de design à part entière, d’en étudier les besoins et les produits pour pouvoir ensuite le mettre en relation avec les autres éléments de son projet afin que ses besoins soient remplis au maximum par les autres éléments environnants (besoin en eau, en mulch, en compost…) et qu’à l’inverse, ses produits profitent à d’autres éléments (par exemple production mellifère pour des ruches proches…). Cette réflexion de design aura un impact énorme sur le fonctionnement quotidien de votre jardin mandala, sur l’impact qu’il aura dans votre environnement et aussi sur l’énergie qu’il vous demandera pour l’entretien, les plantations, les récoltes…bref sur sa réussite globale.

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de jardin mandala en permaculture incluant en son centre un arbre. Source : designmag.fr

Planifier l’efficacité énergétique

Dans la continuité du principe précédent, la zone où sera placé votre jardin mandala par rapport à votre lieu de vie aura un impact énorme sur vos actions au quotidien. Ce placement dans telle ou telle zone dépendra notamment de la vocation de votre jardin mandala : s’il s’agit d’un jardin à vocation potagère, aromatique ou médicinale, il aura de bonnes raisons d’être placé dans la zone proche de votre lieu de vie, de passage fréquent, en zone 01. S’il est dédié à de la culture fruitière avec principalement des arbustes et arbres fruitiers, il pourra être en zone 2 ou 3, s’il est dédié à des productions mellifères pour des abeilles domestiques, il pourra être en zone 3 ou 4, proche des ruches…tout cela dépendra donc du projet de chacun, mais c’est un travail de design que nous vous conseillons de ne pas négliger pour vous épargner des efforts inutiles par la suite ;).

Un travail unique à faire au regard de son contexte

Même si on ne le fera pas ici, si vous avez l’intention de réaliser un jardin mandala en permaculture, nous vous invitons à passer cet élément jardin mandala à travers de prisme de chacun des principes de permaculture afin de voir comment mettre votre projet en adéquation avec le maximum d’entre eux. Il s’agit d’un travail à faire plutôt à titre individuel ou au sein d’un collectif lorsque le projet est commun tant les réponses et décisions à prendre dépendront du contexte propre à chaque projet et chaque personne ou groupe de personnes.

Faire son propre jardin mandala en permaculture

Une fois que vous avez une idée claire de taille et d’emplacement général pour votre futur jardin mandala, prenant en compte les autres éléments de votre projet, commencez par faire un dessin papier du mandala que vous aimeriez réaliser. 

Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de dessin préparé en amont de la réalisation concrète d’un jardin mandala en permaculture. Source : prise2terre.wordpress.com

Cela laisse évidemment la place à une grande créativité très stimulante et ludique qu’il faudra, quand même, tempérer par une réflexion sur la faisabilité en termes de formes et structures et par une vision réaliste et pratique quant à la mise en place du jardin mandala et l’entretien nécessaire ! Si vous faites des formes très biscornues et fines, elles pourront être un vrai casse-tête à réaliser concrètement sur place et encore plus à maintenir dans le temps !

Ensuite, donnez-vous du temps pour :

  • prendre du recul par rapport à votre premier dessin, revenir dessus, le faire évoluer,
  • bien réfléchir aux formes et dimensions des supports de cultures, mais aussi des allées et chemins pour pouvoir circuler au mieux, y compris avec du matériel de jardinage type brouette par exemple,
  • trouver le type de butte ou d’espace de culture qui vous conviendront le mieux par rapport aux formes choisies pour votre mandala, mais aussi par rapport à votre contexte et la vocation du jardin mandala souhaité (butte type Philip Forrer, Hugelkultur, lasagne…).
  • lister les facteurs limitants existants (vents dominants, zone sèche ou trop humide…) à prendre en compte et y trouver une parade.
  • faire votre plan de plantation précis en anticipant les développements des végétaux à maturité afin de les placer au mieux dans l’espace dédié.
Un jardin mandala en permaculture requiert un agencement spécifique avec des buttes et divers supports de cultures pour créer un espace beau, harmonieux et inspirant riche en biodiversité.

Exemple de plan de plantations détaillé à l’intérieur d’un jardin mandala en permaculture. Source : prise2terre.wordpress.com

À l’issue de ces diverses réflexions dont la liste est loin d’être exhaustive, vous pourrez vous mettre en action et réaliser votre propre jardin mandala comme celui de Sophie et Yoann, stagiaires des formations PermacultureDesign qu’on vous invite à découvrir en vidéo ci-dessous :

 

Autre vidéo intéressante : un timelapse sur la réalisation d’un jardin mandala en permaculture en Belgique sur la ferme Desnié :

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Hugelkultur : une butte popularisée par Sepp Holzer

Hugelkultur : une butte atypique popularisée par Sepp Holzer

Figure phare de la permaculture, l’Autrichien Sepp Holzer a notamment contribué à diffuser la technique de la butte Hugelkultur en l’utilisant, non seulement, sur sa ferme du Krameterhoff, mais aussi à travers le monde dans de nombreux projets en permaculture qu’il a aidé à développer.

La butte Hugelkultur, contenant beaucoup de bois, est une technique de cultures potagères et fruitières atypique popularisée par Sepp Holzer le célèbre permaculteur autrichien.

Portrait de Sepp Holzer qui a popularisé la technique de la butte Hugelkultur.

Pour Sepp Holzer, la butte Hugelkultur, dite aussi butte autofertile, est particulièrement bien adaptée à la culture potagère combinée à celle d’arbustes fruitiers à baies.

Cette notion d’autofertilité que l’on retrouve aussi dans le bac de jardin wicking bed ou encore le Keyhole, mise, dans le cas de la Hugelkultur, sur la décomposition lente de matières organiques au cœur de la butte pour alimenter en nutriments les plantes cultivées dessus. Ces dernières profitent également d’une humidité relativement constante dans la butte grâce à l’effet d’éponge créé par la présence de bois à l’intérieur, dans lequel les eaux de pluie ou d’arrosage vont s’accumuler.

Une butte Hugelkultur peut mesurer la longueur qu’on veut, de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres selon les projets. La largeur recommandée par Sepp Holzer pour une Hugelkultur est d’environ 1,50 m pour une hauteur de 1,50 m également, mais cela sera évidemment à adapter à vos besoins, moyens, ressources…

Comment faire une butte HugelKultur ?

La butte Hugelkultur, contenant beaucoup de bois, est une technique de cultures potagères et fruitières atypique popularisée par Sepp Holzer le célèbre permaculteur autrichien.

Schéma d’une butte Hugelkultur montrant les différents éléments qui composent habituellement ce type de support de culture. Bien sûr, tout cela est adaptable selon votre contexte ;).

Après avoir mûrement réfléchi au placement de ce type de butte permanente dans votre design et à son orientation (en fonction de l’ensoleillement, mais aussi des vents dominants et courbes de niveau notamment), on commence en décaissant plus ou moins profondément son sol sur la surface choisie. La profondeur à décaisser dépendra, bien sûr, du type de sol dans lequel on veut faire sa Hugelkultur, car, on ne cessera de vous le répéter, en permaculture, il est primordial de toujours tenir compte de son contexte !!

Ainsi, en sol particulièrement sableux, Sepp Holzer conseille de creuser un fossé d’environ 70 cm de profondeur pour permettre à l’humidité de mieux s’accumuler dans la butte. En faisant cela, on réserve aussi pour plus tard la terre prélevée en distinguant la première couche enherbée d’une quinzaine de cm qui sera la plus riche en humus de la terre plus profonde et plus minérale.

En sol équilibré en termes de structure et d’humidité, le fossé à creuser sera moindre, environ 30 cm et là encore on réservera la terre enlevée pour plus tard.

En sol particulièrement humide, on ne creusera pas de fossé du tout et on réalisera sa Hugelkultur à même le sol pour éviter les saturations du sol en eau.

La butte Hugelkultur sera ensuite constituée en entassant sur toute sa longueur un mélange de troncs de bois, branches et brindilles sur une hauteur d’environ 1 m. On commencera d’abord par mettre au sol les plus gros morceaux de bois et troncs pour finir par les plus fins au-dessus pour plus de stabilité de l’ensemble.

Contrairement à Philip Forrer qui ne fait aucune distinction dans les essences de bois introduites dans ses buttes, au niveau de la Hugelkultur, on déconseille fortement d’utiliser les résineux comme le cèdre ou encore le noyer. À part ces exceptions, on peut utiliser toutes sortes d’essences ligneuses dans une Hugelkultur. On notera une autre différence par rapport à la culture sur butte de Philipp Forrer, c’est que, dans une Hugelkultur, les troncs et branchages intégrés sont plus frais et bien moins décomposés que ceux utilisés par Philipp Forrer dans ses buttes. Ensuite, du type de bois introduit au cœur de votre Hugelkultur dépendra la durée de vie de votre butte. En effet, au fur et à mesure de la décomposition du bois dans la butte, celle-ci va s’affaisser et peu à peu disparaître. Ainsi, un bois tendre comme le peuplier se décomposera en 3 à 5 ans, bien plus vite qu’un bois dur comme le chêne qui pourra, lui, mettre plus de quinze ans à se décomposer. C’est donc un choix à bien réfléchir en amont de votre réalisation tout en gardant en tête le principe de permaculture « Favoriser la diversité » y compris dans les essences de bois introduites !

Lors de l’entassement du bois, il est conseillé de combler au maximum les trous d’air entre les morceaux de bois avec des matières organiques plus fines et de préférence des matières vertes (comme de la tonte ou des déchets de cuisine), qui vont apporter à l’ensemble un peu plus d’azote. On peut également ajouter en plus de ces matières vertes pour combler les vides, des fumiers type fientes de poules avec leur litière. Cela aura, en outre, l’avantage de diminuer les effets de la « faim d’azote » qui aura lieu dans la butte les premières années de sa mise en œuvre, lors du démarrage de la décomposition du bois.

La butte Hugelkultur, contenant beaucoup de bois, est une technique de cultures potagères et fruitières atypique popularisée par Sepp Holzer le célèbre permaculteur autrichien.

Butte Hugelkultur en cours de réalisation : les morceaux de bois ont été entassés et les vides comblés avec des matières organiques plus fines, notamment de la tonte fraîche. ©pacommunitygardens.org

Une fois le bois entassé avec des matières vertes et azotées comblant les vides, on place par dessus les mottes de terre enherbées mises de côté au début, en prenant soin de mettre la partie enherbée vers le bas et les racines vers le haut. Puis on recouvre de terre pour atteindre une hauteur avoisinant les 1,50 m. On ajoute ensuite l’indispensable couche de paillage faite de diverses matières organiques à disposition : paille, foin, tonte, feuilles mortes… Et Sepp Holzer conseille, en toute fin d’ouvrage, de rajouter sur les côtés pentus de sa Hugelkultur des branchages de feuillus posés verticalement sur les pentes puis fixés avec des branches en forme de fourche plantées dans la butte. Cela permet de mieux maintenir le paillage sur les pentes et de créer de nouveaux microclimats favorables !   

Une petite vidéo en anglais sur une butte hugelkultur réalisée par Sepp Holzer et ses stagiaires lors d’un atelier à Dayton dans le Montana aux États-Unis :

Organiser les plantations sur une butte Hugelkultur

Sur le même principe des microclimats que ce que l’on retrouve dans la spirale aromatique, on plantera sur le sommet de ces buttes Hugelkultur les végétaux préférant les milieux secs et en bas de butte ceux préférant l’humidité comme les melons ou les concombres. Les pentes intermédiaires sont, selon Sepp Holzer, l’endroit idéal pour installer des arbustes à petits fruits et baies (groseilles, cassis, myrtille, baie de mai…).

On peut également planter des arbres fruitiers dans une telle butte qui va peu à peu se transformer en un humus forestier très propice au développement des arbres. Cela n’empêchera pas de planter également des plantes herbacées, qu’il s’agisse de plantes potagères annuelles ou vivaces.

Tant que vous tenez compte des besoins de chaque plante en humidité, chaleur et soleil pour bien les positionner sur votre butte Hugelkultur, vous pouvez être créatifs dans vos associations et polycultures ;).

La butte Hugelkultur, contenant beaucoup de bois, est une technique de cultures potagères et fruitières atypique popularisée par Sepp Holzer le célèbre permaculteur autrichien.

Voici une butte hugelkultur terminée avec ses premières plantations. À la place des branchages conseillés par Sepp Holzer pour maintenir le paillage sur les pentes, on a utilisé ici un filet en coco biodégradable.©pacommunitygardens.org

La butte Hugelkultur, contenant beaucoup de bois, est une technique de cultures potagères et fruitières atypique popularisée par Sepp Holzer le célèbre permaculteur autrichien.

La même butte Hugelkultur quelques mois après création, on voit bien que la fertilité est au rendez-vous avec des cultures verdoyantes en pleines formes. ©pacommunitygardens.org

Hugelkultur : une butte permanente à ne pas faire à la légère

Cette technique de la butte Hugelkultur est très intéressante quand on a, à disposition sur site, du bois et des matières vertes en abondance, mais elle reste quand même très énergivore à réaliser au départ et, pour fonctionner correctement, elle devra être bien adaptée à votre contexte propre afin que le jeu en vaille la chandelle ;).

En plus de la profondeur à décaisser qui variera selon votre sol, comme vu précédemment, on peut aussi noter, par exemple, qu’en climat trop sec, elle devra être bien arrosée à la réalisation pour avoir une humidité interne convenable, bien se décomposer et ne pas être trop sèche ! À l’inverse, en climat trop humide, elle pourra nécessiter, avant de mettre les troncs d’arbres, l’ajout d’une couche de pierres en guise de drain pour éviter les saturations en eau qui pourraient asphyxier les racines des plantes et perturber la décomposition des matières organiques qui est meilleure pour les plantes lorsqu’elle a lieu en milieu aérobie (contenant du dioxygène).

La butte Hugelkultur, contenant beaucoup de bois, est une technique de cultures potagères et fruitières atypique popularisée par Sepp Holzer le célèbre permaculteur autrichien.

Illustration montrant l’évolution d’une butte Hugelkultur au fur et à mesure de la décomposition du bois, à 1 mois, à 1 an, à 2 ans et enfin après 20 ans ! ©Paul Wheaton – RichSoil.com

Enfin, contrairement à une culture en lasagne, la permanence de ce type de butte de culture qui peut durer plus de 15 ans (selon le bois qui la compose) nécessite une vraie réflexion sur son emplacement, son orientation, ses synergies avec les autres éléments et fonctions de votre projet en permaculture, le tout mis en perspective avec votre contexte unique (pluviométrie, sol, soleil, vent, disponibilité, etc.)… C’est pourquoi nous conseillons fortement de ne pas se lancer dans la création de ce type de butte sans avoir, au préalable, fait son design global !

Prenez donc bien le temps d’y réfléchir avant de vous lancer et n’hésitez pas à partager vos retours d’expérience en commentaires 😉 !

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Hugelkultur, Butte hugelkultur , Hugelkultur en bac,

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La spirale aromatique en permaculture

Une spirale aromatique en permaculture, qu’est-ce que c’est ?

La spirale est un modèle naturel très répandu, de la coquille d’escargot aux jeunes pousses de fougères en passant par une multitude d’autres formes de vie ou phénomènes naturels (ouragans…). La permaculture s’inspirant de la nature, l’utilisation de formes spiralées pour divers éléments ou fonctions dans un design était incontournable ! C’est donc aujourd’hui un type de culture sur butte très utilisé.

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

Exemples de spirales qu’on peut observer sur de très nombreux modèles naturels.

Pourquoi faire une spirale aromatique dans son jardin en permaculture ?

En quelques années, comme la butte de permaculture, la spirale aromatique est devenue un symbole de la permaculture. Mettant en oeuvre plusieurs de ses principes, il s’agit d’une construction, à la fois pratique et esthétique, qui permet, sur une surface assez restreinte (3 à 5 m2 tout au plus) de pouvoir cultiver un très grand nombre de plantes aromatiques différentes qui ne nécessitent pas les mêmes conditions de sol et d’exposition solaire.

Une spirale aromatique, c’est une ribambelle de saveurs et de remèdes à portée de main

En créant une spirale aromatique, qui est un élément en 3D, on crée différents microclimats en fonction, notamment, de la hauteur choisie et de son orientation qui vont déterminer l’ensoleillement sur les différentes zones de la spirale. La présence ou non d’un petit bassin en bout de spirale ou encore la répartition des gravats et de la terre dont on va remplir la spirale, tout cela aura aussi un impact sur les caractéristiques des différentes zones de l’ouvrage.

De manière générale, le sommet d’une spirale aromatique procure le microclimat le plus chaud et sec, car c’est la partie la plus exposée au soleil et la mieux drainée de l’ensemble. Puis, plus on descend vers le sol, plus on va vers des microclimats plus frais et un sol plus humide et humifère.

C’est cette démultiplication des microclimats sur l’ensemble de la spirale aromatique qui permet de mettre en un seul et même endroit toute une ribambelle de plantes aromatiques délicieuses aux besoins pourtant assez éloignés en termes de contexte.

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

Une spirale aromatique permet l’implantation d’une très grande diversité de plantes aromatiques et médicinales, il peut vraiment y en avoir pour tous les goûts ;). Source : FreshDesignPedia

La diversité de plantes aromatiques pouvant être installées dans une spirale en fait un véritable atout au jardin qui ravira les gourmets, les amoureux de cuisine comme les amateurs de soins naturels, la plupart des plantes aromatiques étant aussi bien souvent d’excellentes médicinales 😉 !

Une spirale aromatique pour attirer la biodiversité et les pollinisateurs

C’est aussi une construction qui favorise naturellement les effets de bordures si propices au développement d’une grande biodiversité !

De nombreux petits animaux, insectes et pollinisateurs auxiliaires du jardinier trouveront, dans une spirale aromatique, les conditions idéales pour vivre, car elle leur offrira à la fois le gîte et le couvert !

Les bordures en pierres ou briques non maçonnées offriront, en effet, dans leurs interstices, de nombreuses niches et abris, précieux pour la faune sauvage. On pourra d’ailleurs, comme nous le verrons un peu plus loin, agrémenter les bordures d’une spirale aromatique d’éléments dédiés à cela…

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

Exemple de niche à biodiversité insérée dans le muret d’une spirale aromatique : une brique dont les trous sont remplis de tiges de sureau pour la nidification des abeilles solitaires notamment. ©Association Vivre avec la nature à Coussac Bonneval

Les plantes cultivées sur une spirale aromatique peuvent offrir, quant à elles, des floraisons mellifères et nectarifères échelonnées sur une bonne partie de l’année, pour le plus grand plaisir de nombreux insectes et notamment des abeilles sauvages et domestiques qui pourront également polliniser vos plants potagers au passage 😉 !

Un petit espace beau et pédagogique

Une spirale aromatique est, en plus, un élément visuellement harmonieux, très agréable à contempler et qui peut donc avoir une grande valeur ornementale et pédagogique !

Pleine de vie, de couleurs, de senteurs, de saveurs, une spirale aromatique est un concentré de petits bonheurs simples au quotidien qu’il s’agisse d’observer la biodiversité présente ou de partager ses surplus avec son entourage !!

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

Une spirale aromatique en permaculture, c’est un concentré de vie, de couleurs, de senteurs, de saveurs qu’on a plaisir à observer et à partager avec son entourage. ©contemplavert.com

Comment faire une spirale aromatique ?

Les matériaux et outils nécessaires

Une spirale aromatique mesure, généralement, entre 1,5 et 2,5 m de diamètre pour une hauteur pouvant varier de 80 cm à plus d’un mètre. Pour la réaliser, on essayera, tant que possible, d’utiliser des matériaux présents sur place.

Au niveau des outils, on aura surtout besoin d’une pelle-bêche, une pelle classique, une brouette, un bâton, une corde, un mètre et des gants. Un sécateur et une perceuse avec différentes tailles de forets pourront aussi être utiles pour créer des niches à insectes. Enfin, on pourra s’aider de petits outils à main à la fin pour les plantations même si cela pourra être fait entièrement à la main.

Au niveau des matériaux, les quantités varient en fonction de la taille de la spirale réalisée, ces chiffres sont donc à mettre au regard de l’ouvrage que vous souhaitez faire. Pour une spirale de 2m de diamètre par 1m de haut, il faudra approximativement :

  • 1,5 à 2 m3 de pierres plates ou briques pour constituer les bordures de la spirale
  • 1 brouette de sable
  • 0,5 à 1 m3 de gravats (remblais, galets, pierres de différentes tailles…) pour servir de drain
  • 1,5 à 2 m3 de terre
  • Un peu de compost
  • Divers petits éléments pour création d’abris à biodiversité

Et si vous souhaitez agrémenter votre spirale d’un petit bassin, il vous faudra un peu plus de sable pour le fond du bassin et un morceau de bâche étanche.

Étape 1 : le choix de l’emplacement pour votre spirale aromatique

La construction d’une spirale aromatique nécessite pas mal de déplacement de matériaux et n’est pas de tout repos. C’est un support de culture permanent, de même que la butte Philip Forrer ou le keyhole garden, et qui, une fois en place, ne pourra plus être déplacé. Il vous appartient donc de bien réfléchir à son emplacement dans votre design en vous appuyant notamment sur les principes de permaculture. Vous devrez faire en sorte que cet élément soit le plus possible en synergie avec les autres éléments de votre lieu (par exemple proche du potager pour que vos plants de légumes profitent des pollinisateurs attirés par la spirale, proche d’un approvisionnement en eau si vous avez choisi de mettre un petit bassin afin de pouvoir facilement remplir celui-ci au besoin), qu’il remplisse plusieurs fonctions (culinaire, médicinale, attraction de biodiversité, pédagogique, ornemental… selon vos objectifs) tout en ayant planifié son efficacité énergétique, autrement dit son zoning en plaçant votre spirale sur une zone de passage, proche de la cuisine où les plantes seront majoritairement utilisées, donc, à priori en zone 1 !

Enfin, l’emplacement choisi pour votre spirale aromatique ne doit pas subir d’ombre portée trop importante (ne pas la positionner trop près d’un bâtiment lui faisant de l’ombre ni sous ou trop proche d’un grand arbre). On choisira de préférence un emplacement bien dégagé qui jouit d’un ensoleillement sur l’ensemble de la journée.

Étape 2 : l’orientation de la spirale et le marquage au sol

Les recommandations d’orientations suivantes sont valables pour l’hémisphère nord, dans l’hémisphère sud, ces orientations devront être inversées. Une spirale aromatique s’oriente en mettant la partie basse du bout de la spirale vers le sud. Si vous choisissez de mettre un petit bassin en bout de spirale, celui-ci devra être positionné plein sud comme vous pourrez le voir sur l’illustration ci-dessous.

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

Illustration sur l’orientation d’une spirale aromatique selon les points cardinaux dans l’hémisphère nord (dans l’hémisphère sud, ce sera l’inverse 😉 )

Vous pourrez ensuite délimiter le pourtour de votre spirale selon le diamètre choisi à l’aide d’une corde et d’un bâton. Vous pouvez, même si ça n’est pas obligatoire, enlever à la pelle-bêche sur la surface choisie les premiers cm de terre enherbée que vous mettrez de côté pour remplir ensuite votre spirale. On peut aussi recouvrir simplement le sol enherbé de carton comme dans la technique de la lasagne. Puis, marquez la forme de votre spirale au sol, par exemple avec du sable, sachant que la largeur de terre entre deux bordures de la spirale doit plutôt être constante et mesurer entre 30 et 50 cm. Le bâton planté au centre pour tracer le périmètre servira aussi de repère lors du montage des murets.

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

La forme de la future spirale aromatique est matérialisée au sol par une première rangée de grosses pierres. ©Association Vivre avec la nature à Coussac Bonneval

Étape 2 bis, facultative : le petit bassin, un sacré plus pour votre spirale aromatique

Si vous choisissez d’inclure un petit bassin à votre spirale aromatique, celui-ci va rajouter des microclimats et effets de bordure créant un espace encore plus riche de biodiversité ! Si vous le pouvez, on vous conseille vraiment d’en mettre un ! Il suffira pour cela de creuser le trou pour ce bassin sur une profondeur d’environ 40 à 50 cm en conservant la terre décaissée pour le remplissage ultérieur de la spirale. Déposez une couche d’environ 4cm de sable au fond de ce trou et recouvrez-le d’une bâche étanche maintenue en place par une couronne de pierres. Vous n’aurez plus qu’à le remplir d’eau et à veiller, surtout en saison sèche, à remettre de l’eau si nécessaire.

Pour éviter les noyades de petits animaux comme nos amis les hérissons si utiles au jardin, vous prévoirez de mettre dans ce petit bassin une rampe de sortie faite par exemple d’une planche de bois avec des tasseaux en travers pour former des sortes de marches auxquels les animaux pourront s’agripper pour sortir s’ils venaient à tomber dedans.

Étape 3 : le montage des murets avec ajouts de niches à biodiversité

C’est l’étape la plus longue à laquelle il faut apporter un soin tout particulier, car de l’agencement de vos bordures dépendra la stabilité et la durabilité de votre spirale aromatique, mais aussi sa capacité à héberger une biodiversité riche. Les bordures sont le plus souvent en pierres ou en briques, elles ne doivent pas être maçonnées pour laisser des niches à biodiversité et permettre une meilleure implantation des végétaux. Pour plus de stabilité, les hauteurs de pierres supérieures, notamment celles formant la partie centrale de la spirale devront pencher légèrement vers l’intérieur.

Çà et là, dans vos bordures, n’hésitez pas à inclure des refuges pour la faune sauvage. On pourra par exemple ajouter des parpaings dont les trous seront remplis de tiges de bois creuses ou à moelle tendre (sureau, renouée du Japon, bambou…).

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

Il est bon d’inclure dans les murets d’une spirale aromatique divers abris à biodiversité pour offrir le gîte et le couvert à un maximum d’insectes auxiliaires du jardin.©Association Vivre avec la nature à Coussac Bonneval

On pourra aussi ajouter des morceaux de bûches de bois dans lesquelles on aura fait des trous à la perceuse de 10 à 15 cm de profondeur pour des diamètres variables allant de 2mm à 10 mm afin d’offrir le gîte à différentes espèces de guêpes et abeilles solitaires notamment. Des empilements de tuiles en terre cuite sont aussi intéressants pour fournir des fentes assez fines qui plairont aux punaises, perce-oreilles, voire coccinelles… Au niveau du sol, on pourra aussi laisser de petits trous dans le mur donnant accès à des cavités formées par exemple par des pots en terre cuite placés sous le substrat de la spirale pour fournir un refuge à des crapauds, des grenouilles, des couleuvres… Soyez créatifs dans la démultiplication des habitats à biodiversité tout en suivant le principe de permaculture « favoriser la diversité » pour accueillir le plus d’espèces différentes possible !

Étape 4 : le remplissage de l’espace de plantation

Pour le remplissage, on commencera par la partie centrale de la spirale aromatique qu’on remplira au moins aux deux tiers de gravats et autres pierres pour le drainage. On pourra y mélanger un peu de sable. Cette étape de remplissage du centre avec les gravats peut se faire avant que les murets extérieurs de la spirale ne soient totalement achevés.

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

On remplit le centre de la spirale aromatique de gravats pour créer un milieu très drainant qui conviendra bien aux plantes de climat chaud et sec comme le thym, le romarin, la lavande, l’origan… ©Association Vivre avec la nature à Coussac Bonneval

On continue de mettre un peu de gravats et de sable dans la suite de la spirale, mais en réduisant les quantités au fur et à mesure qu’on descend dans la spirale pour s’arrêter d’en mettre, à peu près, au niveau de la partie extérieure de la spirale exposée est / nord-est (à adapter à vos besoins selon les plantes que vous voudrez installer) !

Ensuite, on remplit de terre. La terre la moins fertile que vous ayez (terre minérale extraite par exemple lors de la création d’une mare) pourra servir pour le centre de la spirale puis en fine couche en fond de spirale s’il vous en reste. Une couche de mottes de terre enherbées, herbes tournées vers le sol formera ensuite une couche humifère dans la partie sans gravats. Puis vous finirez de remplir l’ensemble de la spirale avec de la bonne terre végétale.

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

On termine en générale une spirale en ajoutant une couche de terre végétale sur l’ensemble de l’ouvrage afin de pouvoir procéder directement aux plantations. ©Association Vivre avec la nature à Coussac Bonneval

Pour la dernière couche de terre végétale, celle ajoutée au centre pourra être mélangée à du sable pour le côté drainant, celle de la partie basse pourra être mélangée à du compost pour augmenter son caractère humifère.

Une fois votre spirale remplie, il n’y a plus qu’à planter !!

Étape 5 : plan de plantation dans votre spirale aromatique

Vous trouverez dans des livres ou sur internet tout un tas de plans pour installer les végétaux dans votre spirale aromatique.

Notre conseil premier sera de choisir les plantes en fonction de vos goûts bien sûr, mais aussi de vos objectifs pour cette spirale. Sera-t-elle essentiellement pour des besoins culinaires, médicinaux, pédagogiques, mellifères, ornementaux…chacun adaptera ses plantations à ses envies !!

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

Il n’y a pas un plan de plantation unique dans une spirale aromatique, chacun fera selon ses envies, il suffit juste de bien choisir la zone d’implantation en fonction des besoin de la plante ! Ici, on voit surtout le côté sud-ouest. ©Association Vivre avec la nature à Coussac Bonneval

La spirale aromatique en permaculture est un genre de butte s’inspirant d’un modèle naturel très efficace pour créer, sur un espace restreint, plusieurs microclimats différents permettant l’installation de plantes aromatiques et médicinales très variées.

Exemple de spirale aromatique en permaculture ©Hugues Mouret CC-BY-SA-4.0

Il faudra aussi éviter de mettre dans votre spirale des aromatiques trop envahissantes qui pourraient prendre le pas sur leurs voisines comme la mélisse, la menthe, la bourrache ou encore la tanaisie…

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’une spirale aromatique va créer 4 à 5 grandes zones (selon si on fait un bassin ou pas) :

  • la zone centrale, très drainante, offrant un milieu chaud et sec propice aux plantes plutôt méditerranéennes comme le romarin, le thym, la lavande, la camomille, l’hysope, la sauge, la marjolaine, l’origan, la sarriette, mais aussi des plantes de rocaille type sédums…
  • La zone suivante, exposée est/nord-est sera un peu plus humide et conviendra bien à des plantes comme la roquette, la grande capucine, le cumin, la ciboule de chine, les soucis…
  • La zone la plus ombragée, au nord de la spirale, conviendra bien pour l’oignon perpétuel, la ciboulette ail, le persil, la pimprenelle…
  • La zone descendante de la spirale exposée ouest / sud-ouest sera idéale pour l’ail, l’aneth, l’estragon, la plante à curry, la valériane, la ciboulette, le basilic, la reine-des-prés…
  • Enfin, si vous avez créé un bassin au sud, ce dernier pourra accueillir du cresson des fontaines ou de la Véronique des ruisseaux.

Une fois votre spirale avec ses plantations, terminez par une couche de mulch et le tour est joué !!

Maintenant que la spirale aromatique n’a plus de secrets pour vous, on attend vos avis et expériences en commentaire 😉 !

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