Tout savoir sur le hérisson d’Europe au jardin

De petite taille, globalement silencieux et nocturne, le hérisson est un animal discret, voire farouche. Pourvu d’adaptations remarquables, qui lui ont permis de survivre durant les derniers 450 000 ans, il pourrait mener une petite vie tranquille d’animal débonnaire. Mais il semble qu’il en soit tout autrement…

Avec le hérisson, mettons du piquant dans nos jardins

Le hérisson est un animal très largement connu des grands et des petits. Bien que ses piquants n’invitent guère à la caresse, il a bonne presse. Il ne ravage pas les cultures, n’attaque pas les enfants la nuit, ne hurle pas au petit jour et, quand il furète au jardin, laisse moins de traces qu’un sanglier solitaire. Bref, un mammifère sans histoire, une sorte de gendre idéal de la nature.

Pourtant le hérisson mérite mieux que cette sympathie diffuse. C’est en effet un être d’exception, qui pourrait reléguer le lion au rang des parias de la création. Doté en série d’un panel d’innovations de pointe, il est parfaitement adapté à son environnement.

Piqué au vif !

Avec de tels atouts, les hérissons ont pu conquérir l’Europe entière. Ils s’observent des semi-déserts andalous aux fjords de Norvège, des landes écossaises aux pentes volcaniques de Sicile.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Quand le hérisson pointe son nez au jardin. © Philippe Jourde

Dans tous ces endroits, depuis des millénaires, les hérissons cohabitent avec les humains. Jusqu’à il y a peu, les choses se passaient bien et nulle part ailleurs que dans les campagnes les densités n’ont été aussi fortes. La présence de prairies pâturées, de cultures diversifiées sur de petites parcelles, de nombreuses haies, de vergers, de fourrés épars ont constitué une sorte de jardin d’Éden.

Malheureusement, il en est autrement aujourd’hui et le hérisson est affecté par la quasi-totalité des coups que nous portons à la nature : disparition et fragmentation des habitats naturels, raréfaction et contamination des écosystèmes, destructions directes et massives des animaux, récurrence d’épisodes de sècheresse…

Hérisson, une espèce menacée, pas encore terrassée

Face à ces dangers majeurs et concomitants, les piquants n’ont guère de prise et les populations de hérisson semblent décliner de façon très sensible en de nombreuses régions.

La disparition des habitats du hérisson dans de nombreuses régions agricoles intensives n’offre aucune perspective de survie. La monoculture productiviste est ce qu’on peut faire de pire. L’animal a impérativement besoin de prairies pour chasser et de fourrés, de haies ou de bosquets pour s’abriter.

L’intensification agricole se traduit aussi par le retournement annuel des sols, une contamination massive et constante par les biocides épandus sur les trois quarts du territoire. Ces molécules, qu’il s’agisse d’herbicides, de fongicides, de mollucides, d’insecticides (…) n’ont d’autre fonction que de tuer le vivant. Et force est de constater qu’elles sont particulièrement efficaces puisqu’elles détruisent l’ensemble des proies des hérissons et affectent probablement directement une bonne partie de leurs populations.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Terre labourée et sans vie, un désastre pour les hérissons qui n’y trouvent plus ni abri ni nourriture !

Dans les milieux cultivés de façon industrielle, les espaces où les animaux peuvent encore subsister sont les bords de routes ou de voies ferrées. Il y reste de l’herbe et parfois quelques buissons. Mais les hérissons sont alors soumis aux risques de collisions routières et aux broyages de la végétation, travaux mécaniques réalisés plusieurs fois par an, qui finissent d’exterminer les derniers individus ayant survécu aux tracteurs et aux épandeurs.

L’exode rural des hérissons

Dès lors, les hérissons se raréfient dans les espaces ruraux. Hors des régions bocagères de polyculture élevage ou faiblement intensifiées, les densités les plus fortes s’observent désormais dans les milieux péri-urbains et les quartiers résidentiels. Pelouses, jardinets, haies ornementales mais aussi abreuvoirs, tas de compost, répondent parfaitement aux exigences essentielles du hérisson.

Évidemment, la proximité des humains engendre de nouveaux périls. Certains s’étouffent coincés dans les clôtures, se noient dans les piscines, tombent dans les bouches d’égout, subissent l’assaut des chiens, meurent sous les pneus, se font broyer lors de l’entretien des palissades… Mais globalement, les proies sont présentes, les potentialités de gîtes nombreuses et les humains rares passé le journal de 20 heures.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Dans un petit espace naturel du jardin, ce jeune hérisson s’est endormi à la belle étoile. © Philippe Jourde

Le problème, c’est que si les hérissons des villes se maintiennent, ceux des champs se raréfient, ce qui se traduit par un isolement des noyaux de peuplement. Et ça, c’est souvent le début de la fin pour une espèce.

À l’action pour les hérissons

Pour contrecarrer cela, on peut agir efficacement. Une multitude de petites actions individuelles peuvent favoriser des espèces aussi tolérantes que les hérissons et ses proies les plus fréquentes. Que faire concrètement ?

Bannir immédiatement l’utilisation des intrants ou des biocides chimiques au jardin :

Ces substances empoissonnent tout. Dans le meilleur des cas, elles font disparaître les proies du hérisson (vers de terre, escargots, insectes…), dans le pire, elles le contaminent directement.

Réserver un coin de nature au jardin :

Il s’agit de laisser quelques mètres carrés plus sauvages, où plantes et animaux mèneront leurs petites affaires. On peut y entreposer un tas de bois avec un emplacement réservé pour que les hérissons s’installent; on peut aussi y stocker les feuilles mortes qui serviront de gîte. Dans cet espace, aucun travaux d’entretien.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

En l’absence de sites naturels, on peut proposer un gîte artificiel au hérisson. © Philippe Jourde

Adapter les dates de travaux au jardin :

Des milliers de hérissons se font tuer ou blesser par des tondeuses, des broyeurs et des débroussailleuses. Certains meurent aussi carbonisés dans les tas de feuilles qu’on décide de brûler pour faire place nette. Pour éviter la catastrophe, il faut s’abstenir d’entreprendre des travaux en période de reproduction et d’hibernation. L’entretien de la végétation se fait donc préférentiellement en automne, en inspectant préalablement la végétation, de façon attentive, pour éviter de blesser les animaux dans leurs gîtes diurnes.

Faciliter les déplacements du hérisson :

En accord avec votre voisin, envisagez la création d’un passage à hérissons entre vos propriétés. Il peut s’agit d’un trou au bas d’une clôture, d’un passage dans un mur, voire de l’implantation de plantes grimpantes sur un muret.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Hérisson en vadrouille dans le jardin !

À l’inverse, il convient d’aménager tout ce qui peut nuire au hérisson : colmater les regards de gouttières, disposer une planche ou un bout de grillage sur le rebord d’un bassin ou d’une piscine par exemple.

Faire un tas de compost :

Le compost, c’est l’Eldorado des hérissons. Nourriture à gogo garantie. Mais encore faut-il que cette manne soit accessible. On réservera si possible un petit passage aux hérissons dans les composteurs clos en veillant à ne pas mettre de nourriture carnée susceptible d’attirer les rats. Faute de composteur, on peut glisser les restes alimentaires végétaux au pied d’une haie, dans un recoin du jardin.

Mettre en place des abreuvoirs :

Les périodes de sècheresses estivales pénalisent beaucoup les hérissons qui, faute de trouver de l’eau ou des proies, sont parfois obligés d’entrer en léthargie pour survivre. La mise à disposition d’une gamelle d’eau peut faire la différence entre la vie et la mort.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Petite mare récemment créée avec une faible profondeur sur les bords (10 à 15 cm) et de la toile de jute tout autour pour permettre au hérisson de s’agripper et sortir s’il tombe dedans !

La création d’un petit bassin ou d’une mare est plus ambitieuse, mais tellement plus bénéfique. Attention à éviter que les animaux ne s’y noient.

Mettre sa commune au vert :

Faire pression auprès des mairies pour qu’elles prennent en compte la biodiversité dans la gestion des espaces verts et des bords de voies communales est capital. Chaque année, des milliers de nichées de hérissons et des centaines de milliers d’oiseaux sont détruites par les entretiens printaniers de haies.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Chaque année, des milliers de hérissons sont tués au cours du broyage des bas-côtés routiers. © Philippe Jourde

La réduction de la fréquence de ces travaux, réputés faits pour satisfaire les administrés, se traduit en outre par de substantielles économies pour la collectivité. Ressources qui peuvent être investies dans l’implantation, sur les terrains communaux, de mares, d’arbres isolés, de fourrés, voire de haies, si indispensables à la vie sauvage.

L’organisation de chantiers scolaires ou citoyens peut offrir de belles opportunités de sensibilisation.

Achetez bio et écolo :

Boire et manger des produits bio locaux et conditionner vos achats, autant que faire se peut, à des pratiques agricoles vertueuses, est indispensable pour faire régresser drastiquement l’usage des biocides agricoles et promouvoir une agriculture favorable à notre environnement.

Il est important, en tant que consommateur, de jouer sur ces deux aspects, car on peut produire bio dans une démarche productiviste, dans d’immenses parcelles, dénuées du moindre intérêt pour la biodiversité ! Parlez-en avec vos commerçants et pourquoi pas, allez visiter les exploitations de vos producteurs préférés pour faire un choix judicieux. Évidemment les produits issus de la permaculture sont à sélectionner en priorité !

Lever le pied :

Les collisions routières sont une des causes majeures de mortalité des hérissons. Abaisser sa vitesse de circulation et surtout contourner les animaux rencontrés (quand cela est possible sans risque d’accident pour nous ou des tiers) permettraient de réduire de façon sensible le nombre de hérissons morts sur les routes. Rouler au-dessus d’un hérisson est souvent tout aussi mortel que de l’écraser directement. Sous l’effet du souffle, le petit mammifère est projeté en l’air et heurte le bas de caisse.

Ne pas prélever les jeunes hérissons :

Trop de jeunes hérissons découverts en automne sont capturés et confiés à des centres de soin, sous prétexte qu’ils ne passeront pas l’hiver ou parce qu’ils sont « abandonnés ». C’est une pratique à proscrire absolument, sauf en cas de blessure ou de lourde charge parasitaire avérée.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Le hérisson est une espèce menacée à préserver au mieux en commençant par le laisser tranquille et lui réserver des zones sauvages dans nos jardins où il pourra se nourrir et se reposer !

Le hérisson est une espèce protégée. Capture, détention, manipulation et transport sont strictement interdits et clairement, les petits hérissons n’ont besoin que d’une chose, qu’on les laisse tranquilles.

Vous pouvez aussi contribuer à suivre les populations de hérisson en transmettant vos observations sur le portail associatif de science participative www.faune-france.org ou en contribuant à la Mission hérisson, lancée en juin 2020.

Pour en savoir plus sur les hérissons et les actions à mettre en œuvre pour leur protection : www.lpo.fr/missionherisson

Pour découvrir plus en profondeur la vie du hérisson, tout savoir des mythes et légendes qui le concernent, découvrir comment l’observer :

Livre Le Hérisson d’Europe

Le Hérisson d’Europe

Description, comportement, vie sociale, mythologie, observation
Prix Jacques Lacroix du meilleur livre de nature, décerné par l’Académie française. Labellisé par la LPO.

Livre de Philippe Jourde
Environ 216 pages, Édité par Les Éditions Delachaux et Niestlé en 2020.

Prix : environ 19,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque    |   FNAC

Philippe Jourde

Philippe Jourde

Philippe Jourde travaille au service Connaissance de la LPO, où il administre le portail national de science participative www.faune-france.org, qui permet à chacun de partager ses observations d’animaux et de consulter des millions de données.
Il est par ailleurs auteur et adaptateur de livres sur la nature et vient de signer une édition revue et augmentée de l’ouvrage « Le Hérisson d’Europe », aux éditions Delachaux et Niestlé.

Installez une haie qui servira au hérisson mais aussi aux abeilles et autres pollinisateurs !

Comme nous le dit Philippe Jourde dans cet article, il est primordial, pour aider les hérissons, de leur redonner des refuges, des habitats paisibles en replantant des haies ! Et si vous en profitiez pour faire d’une pierre deux coups (principe de permaculture : un élément remplit plusieurs fonctions 😉 !) en installant notre haie des abeilles qui pourra abriter des hérissons tout en attirant les pollinisateurs chez vous, intéressant, n’est-ce pas ?
Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus !

La haie des abeilles

Augmentez et protégez vos récoltes fruitières et légumières de façon significative en attirant dans votre jardin un maximum de pollinisateurs grâce à « la haie des abeilles » !

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Composteur de jardin : notre guide d’achat

Le compost est un élément très intéressant en permaculture. En plus de valoriser les déchets de cuisine et de jardin, il enrichit le sol et crée de bonnes conditions de culture pour vos fruits et légumes. Vous avez sans doute envie de vous lancer dans sa production et vous vous demandez comment procéder, quel composteur de jardin installer ? Sac à compost, bac à compost, en plastique ou en bois, devant le vaste choix de composteurs individuels, il est parfois difficile de s’y retrouver. Dans cet article, nous vous expliquons le fonctionnement du composteur et vous présentons différents modèles disponibles sur le marché ou à fabriquer vous-même.

 

Le composteur : comment ça marche ?

Du seau à compost au bac à compost

Faire son compost maison, c’est d’abord collecter les différents déchets organiques produits en cuisine ou au jardin. À ce stade, vous vous demandez sans doute ce que vous pouvez composter. La réponse est simple : quasiment tout !

Côté cuisine, réservez les épluchures de fruits et de légumes, les coquilles d’œufs, le marc de café, le thé infusé, le carton brun sans encre chimique ni étiquette. Même les agrumes et les petits restes de viande peuvent aller au compost dans des proportions raisonnables (sauf pour les composts en milieu urbain). En attendant de les déposer au composteur, mettez-les de côté dans une poubelle à compost, très pratique pour conserver fanes et pelures pendant plusieurs jours sans odeur.

Composteur de jardin, bac à compost en plastique ou en bois, acheté ou fait maison, choisissez la meilleure solution selon votre contexte grâce à notre guide d’achat.

Exemple de poubelle à compost pour récupérer les déchets dans la cuisine en attendant de les mettre dans le composteur de jardin.

Côté jardin, vos déchets ménagers retrouvent les déchets verts dans le composteur : tontes de pelouse, « mauvaises herbes », fleurs fanées, feuilles mortes, bois broyé. Avec ces ingrédients bien équilibrés à hauteur de 50 % de matières azotées (matières fraîches, vertes) et 50 % de matières carbonées (matières sèches, brunes), votre compost a de quoi bien démarrer. Pour donner un petit coup de pouce au processus, vous pouvez ajouter des activateurs de compost, tels que l’ortie ou la consoude, que les micro-organismes adorent.

Chaleur, air, humidité : 3 éléments indispensables

Une fois tous ces ingrédients rassemblés, concrètement, comment ça marche ? Le compost, c’est le résultat naturel de la dégradation de la matière organique par les micro-organismes.

Le rôle du composteur est donc de réunir les conditions optimales de vie de ces micro-organismes – air et humidité – pour qu’ils puissent transformer la matière. Cela est d’autant plus nécessaire que ce processus libère de l’énergie sous forme de chaleur, entraîne l’évaporation de l’eau et l’assèchement des matières.

D’un autre côté, cette montée en température est une bonne chose pour la qualité du compost, car la chaleur détruit les éventuelles maladies des végétaux et les graines indésirables.

Le composteur idéal, c’est donc un contenant :

  • qui rassemble les matières à décomposer ;
  • qui est aéré et permet au jardinier de brasser les matières ;
  • qui est protégé du soleil et des fortes pluies, mais maintient l’humidité ;
  • qui propose un système pratique de récupération du compost mûr.

Le composteur de jardin : différents modèles

Les sacs de compost

Si vous vivez en ville, que vous avez un petit jardin, une terrasse ou un balcon, rassurez-vous : vous aussi pouvez valoriser vos déchets et faire votre compost. Vous aurez plaisir à réduire le volume de votre poubelle noire et à produire un très bon engrais naturel pour vos plantes.

Pour répondre aux besoins spécifiques des jardiniers en milieu urbain, des fabricants ont développé des sacs de compost. Légers et pliables, ils se font discrets quand vous ne les utilisez pas. Ces petits composteurs sont dotés d’une ouverture sur le dessus du sac pour déposer vos déchets et d’une fenêtre en bas pour recueillir votre compost mûr. Enfin, des poignées aident à déplacer le sac si nécessaire. Comptez une dizaine d’Euros pour vous équiper d’un petit sac de 8 L.

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Sac à compost, sorte de petit composteur léger pour petit jardin, balcon ou terrasse.

Les composteurs en plastique

À la recherche d’un composteur pas cher ? Optez pour les modèles en plastique recyclé. Ils sont disponibles dans différentes tailles – de 280 à 420 L – à partir de 75 €. Ils sont résistants, faciles à installer, munis d’un grand couvercle pour accéder au bac et y verser vos déchets.

Malgré les perforations sur les panneaux pour favoriser l’aération, vous n’échapperez pas au brassage des matières. Pour cela, on ne saurait trop vous conseiller d’investir dans un aérateur de compost, sorte de vis qui permet de mélanger les matières sans effort. Le taux d’humidité est également à surveiller puisque que le tas est protégé par le couvercle et donc privé des eaux de pluies.

Si ce composteur est tout à fait adapté pour le compostage individuel, son grand défaut réside dans sa composition en plastique et son aspect peu esthétique. Une place à l’ombre et à l’abri des regards lui va donc très bien.

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Composteur de jardin en plastique classique.

Les bacs de compost en bois

Le bac de compost en bois, c’est l’objet écologique et plaisir pour composter au jardin. Une jolie matière, naturelle, qui s’accorde à merveille à votre environnement. Les modèles proposés sur le marché offrent les mêmes avantages fonctionnels que les modèles en plastique : plusieurs contenances pour s’adapter à vos besoins, couvercle au-dessus pour accéder au bac, panneaux sur le côté qui s’ouvrent pour recueillir le compost mûr. Avec ces modèles aussi, la vigilance est de mise pour maintenir la bonne aération et l’humidité du compost.

Ces composteurs en bois pèseront néanmoins un peu plus dans votre porte-monnaie. Il faut compter environ 100 € pour un bac de 300 L.

Seule ombre au tableau, de nombreux modèles sont traités chimiquement contre l’humidité, les insectes et les champignons. Vérifiez donc cette information avant de valider votre achat, et préférez les bacs en bois naturellement imputrescible comme le pin Douglas.

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Composteur de jardin en bois, plus esthétique que les modèles plastiques mais aussi plus cher à l’achat.

Un bac à compost gratuit

Des matériaux de récupération…

En permaculture, on aime faire avec ce que l’on a sous la main. Des matériaux de récupération, des objets détournés, et une bonne dose de créativité suffisent dans la plupart des cas pour répondre à nos besoins.

Avant de vous lancer dans l’achat d’un composteur, faites un petit inventaire chez vous et voyez ce que vous pouvez récupérer : un seau, une poubelle, un bidon, un pot de fleurs, un bac de rangement, etc. En métal ou en plastique, ils sont autant de solutions prêtes à l’emploi pour démarrer un petit compost rapidement. Il faudra simplement percer des trous sur le couvercle et les côtés pour faciliter l’aération. Et aussi au fond pour que les jus du compost puissent s’écouler. Posez-les directement sur la terre ou sur une soucoupe, et le tour est joué !

Pour un bac à compost fait maison

Avez-vous pensé à utiliser les matières premières que votre jardin met à votre disposition ? Les branches de sureau par exemple forment des perches très solides une fois séchées : vous pouvez en fabriquer des piquets. Entre ceux-ci, tressez un joli composteur faits de rameaux souples de noisetiers ou de saules.

Si vous êtes bricoleur, vous pouvez réaliser des bacs personnalisés avec des planches, des palettes, du grillage, des tôles, etc. Vous n’avez pas ces matériaux à la maison ? Voyez auprès de vos amis, des magasins ou des déchetteries, il y a toujours des ressources insoupçonnées à récupérer et réemployer. Un petit passage en quincaillerie pour trouver de quoi fixer les différents éléments de votre composteur, et voilà le travail !

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Exemple de composteur de jardin tout simple pouvant être fabriqué maison à partir de matériau de récupération !

Vous avez peut-être un très grand jardin et beaucoup de déchets à valoriser. Dans ce cas, fabriquez un composteur à plusieurs compartiments. Cette organisation est très pratique, car elle permet d’avoir en permanence un tas de compost mûr, un tas de compost en cours de décomposition et un tas en cours de montage. Pour protéger les tas d’un excès d’eau, prévoyez un abri fait d’une tôle ou penser à les couvrir d’une couche épaisse de bois broyé.

Pour fabriquer un composteur maison, les possibilités sont infinies. Vous avez là matière à exprimer votre créativité et vos talents ! C’est ça aussi la permaculture !

Alternatives au compost traditionnel

Sacs à compost, bacs à compost, en plastique ou en bois, achetés dans commerce ou faits maison, grâce à toutes ces solutions, l’art du compostage de jardin est accessible à tous. Sachez qu’il existe aussi des alternatives au compost traditionnel qui peuvent être complémentaires, plus adaptées à votre contexte, ou convenir davantage à vos préférences.

Voilà pourquoi, nous vous invitons aussi à explorer ces solutions :

Si l’idée d’élever des vers ou des lombrics à la maison ne vous effraie pas, surtout n’hésitez pas à tenter l’aventure en adoptant un vermicomposteur ou lombricomposteur. Sans odeur, ces composteurs transforment vos déchets en terreau et vous livrent un fabuleux jus de compost.

Moins connu, le bokashi, est un composteur de cuisine, sans vers, qui repose sur la dégradation des matières par des micro-organismes en milieu anaérobie. Cette technique japonaise fonctionne dans un contenant hermétique et produit un compost et un jus tellement riches qu’il faut par contre attendre un peu avant de les utiliser dans vos plantes.

Comme vous pouvez le voir à travers cet article, il y a des solutions de compostage adaptées à toutes les situations, alors n’hésitez plus : lancez-vous !

Faites le design en permaculture de votre jardin !

Un composteur est un élément à part entière à prendre en compte dans un design de permaculture afin qu’il soit placé efficacement en fonction de ses interactions avec les autres éléments du jardin…Ainsi, pour un projet en permaculture efficace où tous vos éléments seront bien positionnés les uns par rapport aux autres, faites votre design à l’aide de notre formation en ligne dédiée, à découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

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Tout sur la chauve-souris, de la pipistrelle à la noctule : particularités, cycle de vie, nourriture…

Les chauves-souris sont tout de même des bestioles étranges, et vraiment, elles ne font rien pour qu’on les apprécie. Elles vivent la nuit, se déplacent dans le noir complet, volent alors qu’il s’agit de mammifères, dorment la tête en bas dans des grottes, peuvent former des colonies impressionnantes par leur nombre, ont quelques espèces dans leur rang qui se nourrissent de sang, mais surtout, les chauves-souris ont une sale gueule !

Ajoutez à cela un nom composé, mélange d’un « chauve » (pourquoi pas), et d’une « souris » : une famille à la réputation peu enviable à cause de sa capacité de prolifération, des dégâts occasionnés aux cultures, et des lieux insalubres qu’elle affectionne. Franchement, le cocktail parfait pour inspirer la peur et la méfiance.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

Longtemps détruites volontairement, la raréfaction des chauves-souris aujourd’hui, due à des causes multiples, laisse indifférent la majeure partie d’entre nous. On aura plutôt tendance à poser un nichoir pour la mignonne petite mésange bleue, qu’un gîte pour ces affreuses chauves-souris.

Et pourtant, être capable de voler avec ses mains, de voir avec ses oreilles dans le noir absolu, de se réunir entre femelles dans des nurseries pour élever les jeunes, d’avoir un rôle écologique clé : se nourrir des insectes nocturnes, de s’accoupler à l’automne alors que la fécondation a lieu au mois de mai… les rendent passionnantes.

Nous allons donc tenter de pénétrer dans le monde mystérieux des chauves-souris, ou chiroptères, même si les scientifiques avouent ne pas avoir percé tous les secrets de ces animaux fascinants.

 

Description de la chauve-souris ou chiroptère

Un mammifère…

Les chauves-souris sont des mammifères, elles sont dotées :

  • d’une colonne vertébrale
  • d’une respiration pulmonaire
  • d’une température constante.

Mais surtout :

  • elles sont recouvertes de poils.
  • elles nourrissent leurs jeunes avec un lait produit par des glandes cutanées spécialisées, les glandes mammaires, d’où le nom de la famille : les mammifères.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

 …mais pas un oiseau, même si elle vole

Le fait de voler ne leur permet donc pas de prétendre faire partie de la famille des oiseaux, tout aussi respectable, mais avec des caractéristiques différentes que n’ont pas les chauves-souris :

  • écailles sur les pattes
  • bec dépourvu de dents
  • plumes
  • et le fait de pondre des œufs.

Cependant, le fait de voler et de posséder des ailes est l’une des caractéristiques qui rassemble les chauves-souris au sein du groupe des chiroptères. ‘’Chiro-‘’ signifiant « main » (comme dans chiropracteur) et ‘’-ptère’’ signifiant « ailes », les chauves-souris sont donc capables de voler avec leurs mains.

L’autre élément distinctif de ce groupe, c’est l’écholocation, une copie du sonar des dauphins qui permet aux chauves-souris de voir avec leurs oreilles dans l’obscurité totale.

Les ailes des chauve-souris

Les ailes des chauves-souris ne sont pas constituées de l’ensemble du bras comme chez les oiseaux, au travers duquel on aurait tendu une membrane, mais uniquement de la main, d’où le nom du groupe des chiroptères.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

Les phalanges, à l’exception du pouce, sont particulièrement démesurées et liées entre elles par une membrane élastique, résistance et capable de se régénérer :  le patagium. C’est lui qui permet la portance dans les airs, mais pas que…

Le patagium comme protection contre le froid et le chaud

Les ailes des chauves-souris ont également un rôle de protection contre le froid et le chaud.

  • L’hiver, certaines espèces s’enveloppent dans leurs ailes comme un randonneur perdu à la tombée de la nuit dans sa couverture de survie.
  • L’été, la chauve-souris doit pouvoir réguler sa température interne lorsque la chaleur estivale s’installe. Dépourvue de glandes sudoripares pour transpirer comme l’homme, et d’une grosse langue baveuse pour haleter comme le chien, c’est par son patagium que la chauve-souris va faire descendre sa température corporelle.

Cette membrane fine très vascularisée permet d’extraire la chaleur corporelle vers l’extérieur. C’est l’une des raisons pour laquelle le Fennec, renard du désert, possède des oreilles démesurées qui, très vascularisées, ont la même fonction. Et pour ceux qui n’ont jamais croisé de Fennec ni de chauves-souris de près, la grille derrière votre frigo a exactement la même fonction : grande surface d’échange avec l’extérieur pour extraire la chaleur qui se trouve à l’intérieur, seulement, le thermostat est réglé un peu bas par rapport à celui des chauves-souris…

Les pattes arrière

Les pattes arrière ne sont pas dépourvues d’intérêts, certaines chauves-souris se déplaçant avec agilité sur le sol, sur les troncs d’arbres et les charpentes des maisons.

Quand elles se suspendent la tête en bas, en journée l’été et toute la période d’hibernation, leur poids exerce une traction sur des tendons qui maintiennent les griffes en position d’accrochage. Elles ne dépensent donc aucune énergie, même pendues pendant de très longues périodes. Il arrive souvent, d’ailleurs, de retrouver des chauves-souris mortes suspendues dans leur gîte la tête en bas, comme si de rien n’était.

L’écholocation ou écholocalisation

Les chauves-souris ne sont pas aveugles, leur vue est tout à fait fonctionnelle, mais c’est l’un de ses sens le moins performant, l’ouïe et l’odorat étant particulièrement développés. Cela va de soi. Les caractéristiques de la vie nocturne qu’ont choisie les chiroptères, sont dominées par une faible luminosité limitant la vue, et peu de brouhaha permettant d’affiner l’ouïe et d’entendre le moindre battement de papillon pouvant servir de dîner.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

La vue est donc utilisée lors de déplacements en terrains connus un peu comme nous sommes capables, dans la pénombre de la nuit, d’aller boire un verre d’eau. En terrains inconnus ou en actions de chasse, il s’agit d’être plus précis et d’agir plus rapidement, la vue n’est donc pas suffisante, un peu comme si nous tentions de tuer une mouche dans la pénombre de la nuit même après avoir bu un bon verre d’eau.

La chauve-souris a mis en place l’écholocation ou écholocalisation difficile à appréhender pour nous qui en sommes totalement dépourvus. Cela consiste à émettre des sons ou ultrasons et à écouter leur écho pour localiser les éléments d’un environnement, proies ou obstacles.

Un certain nombre de cétacés en sont également équipés, et l’homme, avec son sonar, en a créé une pâle imitation. C’est également le fonctionnement des radars routiers avec des ondes radios et quelques adaptations : émission d’ondes, réception d’échos, émission d’amende, réception d’argent… je préfère les chauves-souris…

Cycle de vie de la chauve-souris

La sortie de l’hiver et l’arrivée du printemps

C’est à la sortie de l’hiver, au mois de mars-avril, selon la météo et la situation géographique, que les chiroptères recommencent tous les soirs, inlassablement, leur balai aérien. Comme l’hirondelle est le symbole du « retour des beaux jours », la chauve-souris est celui du retour « des belles nuits ». J’attends les unes avec autant d’impatience que les autres.

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Après s’être dégourdies les ailes et les pattes, et s’être « requinquées » pendant un mois, les femelles se regroupent dans des nurseries où vont avoir lieu fécondation, gestation, mise bas et élevage des jeunes. L’accouplement ayant eu lieu à l’automne, les mâles sont exclus et vivent isolés. Chacun a donc rejoint ses quartiers d’été.

Les mâles utilisent des gîtes sommaires pour se reposer la journée pendant la belle saison.  C’est donc eux qu’il sera facile d’attirer au jardin, pour nous aider à lutter contre certains insectes un peu trop… « collants ».

L’été, une période active pour les femelles chiroptère

Création de la nurserie

Les femelles, quant à elles, choisissent avec minutie le lieu de leur nurserie pour élever leur petit. Il doit répondre à des critères précis et variables d’une espèce à l’autre :

  • température
  • humidité
  • ventilation

il s’agit souvent d’un lieu plutôt sombre, trés tranquille, avec une température plutôt agréable : grenier, clocher d’église, bardage, tronc d’arbres.

Ces lieux aux conditions multifactorielles sont impossibles « à imiter » avec de simples nichoirs. Ainsi, la destruction d’une de ces colonies est une perte irrémédiable pour la biodiversité et pour vous, jardiniers, qui perdez à la fois une armée de soldats prête à en découdre avec les insectes appréciant un peu trop votre potager en permaculture, et un engrais inégalable : le guano.

Le bébé chauve-souris

Les chauves-souris donnent naissance à 1, exceptionnellement 2, petit(s) par an : leur fécondité est très faible. Cela peut s’expliquer par un nombre de prédateur limité, l’élevage par un seul parent, et, est compensé par une grande longévité. La fertilité de la chauve-souris est donc comparable à la nôtre et n’a rien à voir avec celle, prolifique et parfois inquiétante, des souris, même si elles partagent avec elles une partie de leur patronyme.

Le petit peut peser le tiers du poids de sa mère à la naissance. C’est énorme, et en même temps une jeune chauve-souris nouvellement née, ne pèse pas 2 grammes et à la taille d’une grosse abeille pour la pipistrelle par exemple. Les jeunes sont allaités jusqu’à leur émancipation au bout de 4 à 6 semaines ce qui coïncide avec la fin de l’apprentissage du vol et ainsi la possibilité de se nourrir seul. N’ayant pas de réserves, et peu d’expérience, les jeunes sont particulièrement vulnérables à ce moment de leur vie, où les conditions météo peuvent être redoutables. On estime que moins de la moitié arrive à passer avec succès cette étape.

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Lorsque les femelles sortent pour se nourrir, elles laissent leurs nouveau-nés qui s’agglutinent les uns contre les autres pour limiter les pertes caloriques (thermorégulation sociale). Cela ne les empêche pas de retrouver, à leur retour, chacune le leur et de n’allaiter que lui.

En cas de dérangement d’une colonie, les femelles peuvent emporter leur petit en vol et ainsi changer de nurserie.

L’automne, la période de l’accouplement

A l’approche de l’automne, mâles et femelles se regroupent pour l’accouplement. Phénomène assez rare dans le monde animal, la fécondation est différée au mois de mai suivant pour permettre au jeune de voir le jour dans une période propice à sa survie. On retrouve un phénomène analogue chez le chevreuil.

L’hiver, le temps de l’hibernation

Enfin, il est temps de songer à faire des stocks pour la saison hivernale à venir. A cette occasion, les réserves emmagasinées par les chauves-souris peuvent représenter un tiers de leur poids. Après quoi, il est grand temps de rejoindre les quartiers d’hiver pour une hibernation de plusieurs mois où toutes les fonctions de leur organisme tournent au ralenti à l’image de la respiration qui passe, de 4 à 6 mouvements respiratoires par seconde, à des apnées pouvant durer 1 h, 1h 30. La température du corps n’est que de quelques degrés au-dessus de la température ambiante. Les quartiers d’hiver sont donc comme les nurseries, choisis avec minutie :

  • lieu hors gel
  • température relativement stable
  • hygrométrie élevée (pour ne pas détériorer la membrane de leurs ailes, le patagium)

Il s’agit donc le plus souvent de grottes, anciennes mines, caves accessibles et parfois de gros arbres creux à condition que leurs parois fassent plus de 10 cm d’épaisseur. Ces quartiers d’hiver peuvent être partagés par plusieurs espèces, ce qui n’est pas le cas dans les nurseries qui restent monospécifiques.

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Pour éviter des hivers trop rudes, certaines chauves-souris migrent pour hiberner plus au Sud, par exemple de la Pologne au lac Léman, de la Suisse à la région de Valence. Cela dépend des espèces et même parfois de la répartition géographique à l’intérieur d’une même espèce : celles du Nord migrent, pas celle du Sud.

Il arrive que certains hivers cléments dans les zones les moins rudes, côtes atlantiques et méditerranéennes, les chauves-souris troquent « l’hibernation » contre un « état de dormance » lors des quelques semaines les plus rudes.

Enfin, il est possible que les chauves-souris se réveillent pendant la période hivernale, les obligeant à remettre en route l’ensemble de leur machinerie. Cela nécessite une quantité d’énergie non négligeable épuisant les réserves de l’animal plus rapidement que prévu. Souvent causé par des dérangements comme des contacts légers, un éclairage prolongé ou des photos avec flash, cela peut leur être fatal. Naturellement, il arrive que les chiroptères sortent de leur léthargie pour voler dans leur gîte, uriner, déféquer, voire boire et manger selon la période. Dans ces cas-là, ces réveils sont rarement meurtriers.

Nourriture de la chauve-souris

Les chauves-souris sont insectivores

En France, et même en Europe, toutes les chauves-souris sont insectivores. Leur mode de vie leur permet d’avoir accès à une nourriture qui n’est, ni accessible par les autres mammifères bêtement cloués au sol, ni par les oiseaux ronflant sur une branche lors du festival des insectes nocturnes. Seul le hibou petit duc et l’engoulevent d’Europe sont « sur le même créneau ». Ce mode de vie permet également et, pour les mêmes raisons, de limiter le nombre de prédateurs, faisant ainsi d’une pierre deux coups. La chouette effraie, la chouette hulotte, parfois la fouine…prédatent les chauves-souris sans jamais menacer l’existence de ces petits mammifères ailés.

Le type de proies, la technique de chasse et les lieux de chasse différents d’une espèce à l’autre et permettent ainsi à plusieurs espèces de pouvoir partager le même lieu. En milieu forestier par exemple, certaines espèces chassent dans la forêt, d’autres à la lisière et enfin certaines au-dessus de la canopée.

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Avant d’aller chasser, les chauves-souris ont pour habitude de survoler rivières, lacs ou étangs où elles boivent en effleurant la surface de l’eau comme le font les hirondelles.

Il est possible d’observer des chauves-souris chasser en plein jour surtout au printemps et à l’automne. Cela est dû à la rareté des proies à cette époque de l’année.

La chauve-souris part en chasse

Avant de sortir du gîte et au retour de la chasse, les chauves-souris ont, comme leur nom ne l’indique pas, un point commun avec … les chats. Elles font leur toilette de manière minutieuse, léchant leurs ailes en les enduisant de sécrétions grasses produites par leurs glandes faciales pour maintenir leur souplesse. Le pelage est peigné avec les griffes postérieures elles-mêmes léchées et nettoyées à intervalles réguliers comme le chat lèche sa patte pour se nettoyer la face et derrière les oreilles. Attendrissantes les affreuses, non ?

Les proies les plus petites sont attrapées directement avec la gueule, les plus grosses comme les papillons de nuit sont rabattues par l’uropatagium (le patagium au niveau de la queue) et par les ailes si les proies tentent de fuir.

Les canines bien développées permettent de transpercer la carapace de chitine des insectes, qui sera ensuite broyée par les molaires. Les ailes et les pattes des insectes ne sont pas consommées et leur accumulation peut être des indices de présence de chauves-souris.

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Les chiroptères consomment en une nuit l’équivalent du tiers de leur poids, soit 900 équivalents moustiques, ce qui permet de ne pas transformer vos soirées barbecue en enfer. Non spécialisées, elles ne font pas le tri parmi les insectes nocturnes et consomment « ce qui se présente » ayant ainsi un vrai rôle de régulateur des populations d’insectes nocturnes qui ont tendance à pulluler. Au menu, un certain nombre de papillons de nuit dont beaucoup d’espèces se développent aux dépens des cultures : vergers, potagers, vignes…

Les chiroptères sont donc des alliés du jardinier, au même titre que les oiseaux du jardin : votre potager en permaculture est donc protégé 24h/24 si vous invitez tout ce petit monde, et décidez d’en prendre soin. Cela vous évite :

  • l’utilisation de produits dangereux pour le sol, l’eau et la nature en général
  • l’achat onéreux de ces poisons
  • le risque pour votre santé lors de leur utilisation
  • la perte de temps pour traiter chaque recoin du potager.

L’exemple de la noctuelle

Évoquons pour exemple la noctuelle, et sa larve le vers gris, friande des légumes du potager et des plantes d’ornement. Au menu : les jeunes plantations de betterave, poireau, pomme de terre, carotte, persil, fraisier et bien d’autres encore. Ces chenilles terricoles agissent, comme leur nom l’indique, au niveau du sol, c’est à dire au collet de la plante, zone intermédiaire entre la tige et la racine. Elles s’alimentent des racines naissantes dans cette zone, entraînant le flétrissement du plant. Puis, elles se déplacent sur le rang. Pour ne pas éveiller les soupçons, les fourbes travaillent la nuit et se cachent la journée. Comme ce sont surtout les jeunes plants qui sont attaqués, on s’accuse à tort d’avoir été négligeant sur l’arrosage…

Il est important de préciser que la noctuelle, papillon de nuit, et sa larve le vers gris, (en fait, une chenille) n’est pas une espèce, mais un groupe d’insectes aux mœurs plus ou moins identiques constitué de plus de 750 espèces (pas toutes dans votre jardin, je vous rassure).

Sachant qu’une seule femelle peut pondre 1500 œufs au mois de juin sur les feuilles ou au pied des plantes, et que si les conditions sont favorables, il peut y avoir 1 ou 2 générations, inviter les chauves-souris au dîner peut avoir son intérêt.

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Ces insectes qui défient les chauve-souris

Rappelons que c’est l’écholocation, qui consiste à émettre des sons ou ultrasons et à écouter leur écho, qui permet aux chauves-souris de localiser les proies. Et bien figurez-vous que quelques espèces d’insectes, mais pas la majorité je vous rassure encore, ont mis en place des stratégies d’évitement. 

La première consiste à se laisser tomber au sol, lorsque l’insecte détecte la présence d’une chauve-souris. Du coup, plus rien sur le radar, en particulier si l’insecte reste immobile ce qu’il n’oublie pas de faire. Lorsque le danger est passé, l’insecte reprend le cours de sa vie…

La seconde, plus technique, consiste à émettre à son tour des ultrasons lorsque l’insecte détecte la présence d’une chauve-souris. Du coup, l’image radar est brouillée et ne permet pas d’identifier ni de localiser précisément la proie.

Menaces sur les chauves-souris

A ce jour, il a été dénombré 1200 espèces de chiroptères de par le monde, dont 34 en France.

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On estime avoir perdu les ¾ des populations depuis les années 50. Les raisons de cette hécatombe ne manquent pas. Dans le désordre :

  • utilisation des pesticides
  • suppression des haies
  • pollution lumineuse
  • densification du réseau routier
  • réfections des églises
  • aménagements des combles
  • traitements des charpentes
  • disparition des vieux arbres
  • obturation des caves
  • suppression de la moindre fissure dans le bâti
  • rénovations des ponts
  • éclairage des monuments
  • prédation par le chat
  • disparition des zones humides
  • artificialisation des cours d’eau
  • abandon du pâturage extensif…

Toutes ces causes sont d’origine humaine…Finalement, la noctuelle est une petite joueuse…

Protection des chiroptères

Au niveau international, européen, et national, les chauves-souris bénéficient d’un régime de protection total. Pour n’évoquer que le dernier niveau, depuis 1976, en France, toutes les chauves-souris, leurs quartiers d’hiver et leurs quartiers d’été sont protégés.

Superstitions ou autres croyances sur les chauves-souris

Les chauves-souris peuvent-elles se prendre dans nos cheveux ?

J’ai déjà eu des témoignages du type « heureusement que j’ai eu le réflexe de me baisser, sinon, elle finissait dans mes cheveux » … Il arrive en effet, lorsque vous êtes dans la zone où une chauve-souris évolue, qu’elle vous contourne « au dernier moment ». Rien de grave, c’est que son écholocation est un système de guidage très performant et surtout que votre vue médiocre dans la pénombre a mal évalué les distances : elle n’était pas si près que ça…

Les chauves-souris causent-elles des dégâts ?

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Je vous le rappelle, les chauves-souris ne sont pas des rongeurs. Elles n’y sont pour rien si elles partagent le patronyme des souris : elles ne rongent pas les câbles, ne détruisent pas l’isolation des bâtiments, ne construisent pas de nid où elles accumulent des matériaux divers et ne se multiplient pas comme des lapins (autres rongeurs).

Le seul inconvénient, vite transformé en avantage, c’est le dépôt de guano qui rappelons-le se vend dans le commerce une fortune. Une bâche posée au sol à l’aplomb du gîte, et le tour est joué.

Le guano peut-il transmettre des maladies ?

Le guano ne représente aucun danger en Europe, ce n’est qu’associé à un champignon et les conditions de son développement que l’on retrouve dans les régions tropicales : chaleur et humidité, que l’on peut contracter l’histoplasmose.

Les chauves-souris sucent-elles le sang ?

Toutes les chauves-souris d’Europe sont insectivores. 3 espèces seulement (cantonnées en Amérique du Sud) sur les 1200 espèces au total se nourrissent du sang des animaux. Rappelons que les moustiques aussi, et qu’on ne les trouve pas effrayants pour autant, juste pénibles…

Les chauves-souris transmettent-elles la rage ?

2 espèces de chauves-souris sur les 34 espèces françaises peuvent être porteuses de la rage qui se transmet par la salive, généralement après morsure. Une chauve-souris contaminée est affaiblie. Elle ne mordra que si elle se sent en danger, par exemple si on la manipule. C’est pourquoi il est préférable de porter des gants en cuir épais lorsque l’on souhaite manipuler une chauve-souris qui semble en détresse. Pour ceux qui seraient tentés d’appliquer le principe de précaution en éliminant tout ce petit monde porteur potentiel de la rage, rappelons que les chiens font partis de la liste et que l’on a plus de risques de se faire mordre par Médor que par une chauve-souris. Et pourtant, personne ne souhaite appliquer de décision radicale à nos fidèles compagnons à 4 pattes… alors pourquoi faire une exception pour les chiroptères.

La chauve-souris… partenaire du jardinier en permaculture

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Au dire des scientifiques, il reste encore de nombreux mystères autour du mode de vie des chauves-souris… mais ce dont on est sûr aujourd’hui :

  • elles sont inoffensives.
  • elles ne provoquent aucun dégât sur les lieux qu’elles fréquentent.
  • elles ont un rôle écologique clé sur la régulation des populations d’insectes nocturnes.
  • elles produisent un engrais inégalable.
  • elles ne sont pas bruyantes.
  • elles vivent la nuit, ne nous dérangent pas…
  • elles ont des capacités physiques (hibernation, écholocation…) captivantes
  • elles ont des mœurs (fécondation différée, élevage des jeunes en nurseries…) étonnantes

À vous donc de changer de regard sur ces mammifères, qui je vous l’accorde n’ont pas gagné de concours de beauté, de restaurer leur milieu de vie, de poser des nichoirs, de laisser libre accès au grenier… pour leur plus grand plaisir, le mien, et celui de votre jardin.

Sébastien Lazzaroni

Sébastien Lazzaroni

Naturaliste de terrain depuis l'enfance, Sébastien Lazzaroni est un amoureux de la faune et de la flore sauvage. Il explore, observe, recense et préserve la nature sauvage grâce à la confection et la pose de nichoirs et d’aménagements divers. Ancien professeur de biologie, il partage, avec pédagogie, son expérience au travers de conférences pour comprendre, d’ateliers pour agir, d’articles et de plans de fabrication de nichoirs sur son blog colocaterre, dédié à la biodiversité. Il conseille également les particuliers et les professionnels dans la mise en place de stratégies pour accueillir la biodiversité et en faire une alliée du jardin, du potager, des cultures, des vergers et de la douceur de vivre.

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D’une ruine à un jardin d’Eden en permaculture : la transformation chez Marie

Marie, membre de nos formations en ligne, nous ouvre les portes de son jardin et nous partage son changement de regard sur la nature et de pratiques au jardin depuis sa rencontre avec la permaculture. Un grand merci à Marie pour son accueil chaleureux et son témoignage émouvant, véritable hymne à la nature !

Du jardinage conventionnel à la permaculture :

C’est tellement plus agréable, c’est un vrai plaisir, un vrai bonheur, on arrive dans son jardin chaque jour et on regarde… On s’émerveille : il est différent chaque jour, il est différent chaque heure…

Une ruine sur un terrain nu en pleine campagne…

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Photo de la maison et du terrain de Marie à leur arrivée sur place : un espace totalement « nu » sans biodiversité !

Quand on a acheté ce terrain avec notre ruine en 1984, c’était un terrain totalement nu, il n’y avait rien autour, c’était vraiment la pleine campagne. Et petit à petit on a aménagé le terrain. On est sur Le Haillan qui est à quelques kilomètres de Bordeaux. C’est une région très agréable. Et on a eu envie d’avoir un beau jardin ! Mais au départ on a été très conventionnels, et finalement, ça ne nous convenait pas franchement. Il manquait une âme à ce jardin. Et puis je me suis penchée sur des gros livres de permaculture…qui ne correspondaient pas franchement à mon petit univers !

Le déclic avec PermacultureDesign 😉

Jusqu’à ce que je rencontre Permaculture Design qui m’a quand même ouvert les yeux sur la facilité, la simplicité et sur le fait que ce soit tellement naturel ! J’avais complètement oublié que tout était tellement naturel. Maintenant, on met des herbes, on met de tout et on se rend compte que tout est utile dans le jardin ! On en profite pleinement, c’est tellement plus agréable ! On taille les haies, on les broie, on les met, on enlève les mauvaises herbes – les adventices pardon ! – on les repose, on plante : la terre est meuble, elle est devenue riche petit à petit – parce que ça fait maintenant 5 ans que nous travaillons de cette façon.

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Marie a inclus le potager 3P sur son terrain afin d’apporter un point d’eau, de la biodiversité et des floraisons mellifères à ses abeilles !

Voici le petit potager 3P dans lequel j’ai de l’oignon rocambole, du chou Daubenton, du chou Crambe… On ne les voit pas trop, mais il y a des groseilliers, des fraises… On a de la consoude, qui est merveilleuse, qui est une plante si belle et si riche, et les petites sauges qui donnent de la couleur… Là il y a un arbre à faisans, encore de la sauge… J’ai aussi des plantes condimentaires qui sont un peu cachées dessous.

Jardiner avec l’ombre :

Le facteur limitant dans notre jardin, c’est qu’on a de l’ombre pratiquement partout. On est vraiment limités par les bambous, qui ne sont pas chez nous, mais qui sont très hauts et qui nous coupent le soleil toute la matinée. On a aussi un grand séquoia qui nous donne de l’ombre à d’autres moments de la journée. Mais on s’aperçoit quand même que, même si les plantes tardent ici un peu plus qu’ailleurs, tout pousse ! On voit bien qu’on est toujours un peu en retard ; mais au bout du compte, ce n’est pas gênant, et on adapte les plantes à ce facteur ombre.

Tous les plantes ici, les loniceras, mais aussi les groseilliers, qui ne détestent pas l’ombre, toutes les plantes que j’ai là sont des plantes d’ombre, d’ombre et de mi-ombre. Et il va y avoir des betteraves, du céleri, encore des tomates (parce que je suis une folle de tomates !). Des tomates, des poivrons, des aubergines, mais aussi beaucoup de basilic, de coriandre, des salades… tout pousse !

Des pratiques de jardinage en permaculture, plus en accord avec la nature :

Ouvrir les yeux sur toutes les ressources présentes dans un jardin en permaculture

Je mets tout ce que j’ai : les tontes de gazon, les branches broyées…  Tout ! Et je n’enlève plus, par exemple, quand je coupe mes salades je n’enlève pas les pieds, tout reste dans le sol : on coupe une plante, on l’amène dans la maison, les racines restent au sol, et ce dont on n’a pas besoin est éparpillé autour et comme ça le jardin est content ! Ça avait beau être une ferme avant, la terre n’était pas riche, c’était du sable. Maintenant, on voit une grande différence ! On voit aussi la différence dans le compost : avant on n’y mettait pas grand-chose, par exemple, on emmenait les haies à la déchetterie… Alors que maintenant le compost n’est toujours pas gros, parce qu’on met tout dedans, mais on s’en sert, et on a infiniment plus de nourriture à donner à la terre – infiniment plus.

Pour l’instant, les orties font partie du potager. On s’en sert pour faire le purin d’orties bien sûr, et puis pourquoi pas : elles sont belles dedans, elles sont utiles !

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Chez Marie, les orties, plantes sauvages aux nombreuses vertus, sont les bienvenues dans le potager !

Je fais tous mes semis, je me refuse à en acheter et s’ils sont malingres et bien tant pis pour moi ! Ils vont finir par venir. Parce qu’il y en a qui sont un petit peu malingres, mais il y en a qui sont très beaux.

Je me sers des bambous, je me sers du vieux bois qu’on a enlevé dans le bureau pour refaire le plancher… De la matière on en a, on n’a pas besoin d’aller chercher loin pour en trouver. Et, un peu d’imagination, c’est aussi ça le plaisir.

Des récoltes saines et savoureuses pour toute la famille avec des surplus à partager !

Alors là on a un artichaut qui nous a déjà donné pas mal d’artichauts, et, ce qui est absolument invraisemblable, c’est qu’un artichaut qu’on achète dans le commerce, on n’en mange pas la queue, c’est dur ! Ici, nos artichauts on peut manger au moins 5 centimètres de queue, et c’est tendre et ça a le même goût que le cœur de l’artichaut ! C’est absolument hallucinant.

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Les cultures potagères de Marie sont un régal incomparable : quand on passe directement du potager à l’assiette, c’est toujours plus tendre et plus gouteux !!!

Bon, je suis émerveillée parce que tous ces produits sont directement dans le jardin : on arrive, on cueille ses fines herbes… Tout est sur place ! Et on est sûr que c’est frais, qu’il n’y a eu aucun produit, on peut tout manger… Quand arrive l’époque des tomates ou des framboises, quand on a les petits enfants… c’est une merveille, ils viennent se servir, ils sont contents. Et ça fait plaisir à tout le monde !

Alors ici on a tout plein de groseilles, parce que nous sommes des fanatiques de confiture de groseille. Et c’est un souvenir d’enfance, les groseilles. Il y en avait chez moi ! Je transforme tout : les groseilles on va en manger bien sûr, mais on va surtout en faire des confitures, les framboises, on va en manger aussi, mais on va en faire des confitures… Les fraises je n’en ai pas suffisamment pour faire des confitures. Mais j’ai des légumes à profusion, certes un peu plus tard à cause de l’ombre, mais à profusion ; et comme je transforme, j’en ai pour tout l’hiver. Je cuis, je congèle… Et on a un vrai plaisir l’hiver à aller chercher ces petits sachets de tomates, de haricots verts, de petits pois… On en donne un peu au voisinage aussi. Disons que j’ai trop exprès ;).

Augmenter la biodiversité et les récoltes avec l’ajout d’arbres fruitiers et de leur guilde !

L’année dernière, je me suis dit « Mais bon sang, c’est une évidence ! Il me manque tout plein d’arbres fruitiers ! ». Donc j’ai mis deux Reine-Claudes, des nectarines, des abricots, des pêches, des pommes, des poires Et dans le bac à compost, cette année, plein de petits pêchers ont poussé ! Ils seront replantés, soit ici, soit chez mes enfants. Je n’aurais jamais pensé que ça arriverait. Très certainement, j’ai eu aussi des pêchers dans le bac à compost les autres années, mais j’ai dû les supprimer ! C’est honteux.

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Ces jeunes pousses de pêchers qui sont nées dans le compost seront bientôt récupérées et replantées ailleurs sur le terrain ou données à des proches !!

Tout ça est aussi moins gourmand en eau, parce qu’ici on est dans une région où il peut faire très chaud !

Avant, là, c’était notre coin « dépotoir ». Il y avait un peu de tout, puisque comme on a fait beaucoup de travaux, on a toujours eu des vieux bois, des vieilles pierres… Tout était ici. Et l’année dernière, je me suis dit « Mais bon sang ! Ce petit coin qui est maintenant à peu près dégagé, pourquoi ne pas essayer, même s’il n’y a pas beaucoup de soleil, d’en faire quelque chose : on a des arbres fruitiers, il suffit de prendre des arbres fruitiers qui supportent l’ombre, apparemment ils poussent bien : ils ont été plantés cet automne, et il y a déjà une pomme ! ».

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

En manque d’arbres fruitiers sur son terrain, Marie a fait plusieurs nouvelles plantations en guildes, ici un jeune pommier qui porte déjà un fruit 😉

Donc j’ai planté des choses qui poussent plus à l’ombre. J’ai des groseilliers, des cassissiers, mais j’essaye les plants de tomate aussi. Alors on ne le voit pas, mais j’ai aussi remis de la consoude un peu partout pour enrichir ce coin qui est vraiment très pauvre comme du gravier ; ça faisait déjà 6 mois que j’avais mis toutes sortes de cartons, de petits bois, des broyés, et puis… quand j’ai planté, ça a poussé !

C’est toute la magie de la permaculture : de nous dire qu’il n’y a pas de terrain pauvre, et qu’on peut planter partout.

J’ai cherché à associer et je vais continuer à chercher avec l’aide de la guilde des arbres fruitiers. Tout en sachant que je n’ai pas un espace immense… Donc je ne peux pas mettre toutes les plantes, mais je vais choisir les plantes qui me plaisent et qui à mon avis iront bien avec l’environnement. Parce qu’il y a un grand choix, donc il n’y a pas de raison de ne pas trouver de belles plantes. Avant, je n’aurais pas pensé planter tout ça autour des arbres fruitiers ! J’aurais eu tendance à mettre mon arbre fruitier sans rien autour, alors que pour le faire vivre correctement, il lui faut des plantes adaptées à sa taille.

Jardiner en permaculture, ça n’est que du bonheur !!

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Marie, souriante dans son jardin avec ses ruches en arrière-plan : un vrai petit jardin d’Eden.

Ça n’est que du bonheur. Ça n’est que du bonheur, parce que la permaculture, c’est vraiment jardiner en pleine osmose avec la nature, et de façon beaucoup plus simple, beaucoup plus naturelle, et beaucoup plus facile ! Personnellement, je ne m’imagine pas revenir en arrière, je n’imagine même pas qu’on puisse. Je ne veux même plus regarder ce que j’avais fait avant. Là, tout vit, et on a l’impression que la nature explose, littéralement. Qu’elle est bien !!

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Dans le jardin de Marie, les abeilles sont à l’honneur et ont désormais à disposition leurs fleurs préférées : ici de la bourrache dont elles raffolent !

Découvrez le potager 3P pour vous initier à la permaculture…

Si comme Marie, vous avez envie d’amener de la biodiversité dans votre jardin tout en vous initiant à la permaculture, découvrez notre concept de petit potager de plantes vivaces. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

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Profitez de l’abondance de la nature en créant facilement chez vous un jardin-potager efficace et durable suivant les principes de permaculture !

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#PermacultureDesign #Permaculture

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La grelinette, un outil indispensable en permaculture pour jardiner en respectant la vie du sol !

La grelinette est un outil remarquable à faible énergie, solide et résistant.  Elle est préférable, et de loin, au motoculteur bruyant et polluant mais aussi à la fourche-bêche classique bien plus coûteuse en efforts. Pourquoi ? Car elle permet d’aérer facilement le sol sans retourner la terre et donc sans trop perturber la vie du sol : les micro-organismes vivant dans les différentes couches du sol sont préservés et peuvent continuer leur travail de transformation des matières organiques en humus, indispensable à la fertilité du sol. 

Un labour classique, en effet, va entièrement retourner les couches du sol qui ne seront plus dans les conditions favorables au maintien de la vie qu’elles hébergent : après labour, on retrouve en surface, donc à l’air, des couches de sols normalement privées d’air (avec des formes de vie dites anaérobies) et en profondeur, privées d’air, se retrouvent des couches de sols avec des formes de vie aérobies (ayant besoin d’air), autant dire que l’on tue sa terre à petit feu si on pratique le labour aveuglément pendant plusieurs années. La grelinette, elle, permet de préserver la vie du sol et sa fertilité !

La grelinette, inventée en 1963, a subi, au fil des années, de nombreuses transformations / améliorations qui font qu’aujourd’hui de très nombreux modèles existent. Appelée aussi biogrif, biofourche, bioculteur, aéro-bêche ou aéro-fourche, le principe de fonctionnement reste toujours le même : une fourche, plus ou moins large, équipée de deux manches et qui utilise le principe du levier. Elle permet ainsi de travailler sa terre sans se faire mal au dos 😉.

Parmi ses avantages indéniables, citons :

  • La facilité de manipulation quelle que soit votre corpulence ;
  • La protection de votre dos ;
  • Les dents (de 2 à 9 dents pour les plus larges modèles), interchangeables selon le modèle choisi.

De la plus simple à la plus élaborée, nous vous proposons quelques modèles de cet outil indispensable en permaculture.

La machette

La grelinette originale

La vraie grelinette est celle de son inventeur, André Grelin, cultivateur bio qui l’a mise au point avec l’aide de son fils en 1963. Quel que soit le nom qu’on lui donne, l’originelle comporte cinq dents et mesure plus de 40 cm de largeur vous permettant ainsi d’aérer plus de 20 m2 de terre par heure. Son ergonomie ne sollicite jamais votre dos. Il vous suffit de l’enfoncer verticalement dans le sol à l’aide de vos pieds (et votre poids) puis de faire un pas en arrière tout en actionnant les deux manches vers le bas.

Très robuste, elle vous rendra service pendant de nombreuses années.

Notre conseil

  • Choisir un modèle avec dents interchangeables, c’est-à-dire montée avec des boulons. Si vous en cassez une, vous pourrez la changer. Ne forcez jamais en cas de résistance, il peut y avoir un caillou ou une racine.
  • Privilégiez les longues garanties, certaines vont jusqu’à cinq ans, preuve de leur robustesse.
  • Une grelinette à 4 dents sera plus adaptée au travail effectué par une personne qui a moins de puissance physique : elle sera moins large et donc moins lourde.
    Si vous travaillez sur une parcelle étroite, préférez une grelinette à 3 dents.

Prix

A partir de 75 euros pour une grelinette de qualité.

Quelques modèles en lien ci-dessous

Biogrif à 5 dents non assemblées, Biogrif 4 dents assemblées, Grelinette 3 dents

La machette

L’aéro-fourche ou aéro-bêche

Il existe des « copies » de grelinette tout aussi efficaces. L’aérofourche par exemple a la particularité de posséder une barre de force ou un arceau pour faciliter le travail du pied. Vous aurez ainsi un appui supplémentaire. Ses dents sont biseautées et s’enfoncent mieux dans le sol. À la différence de la grelinette classique, les dents sont recourbées pour faciliter le bras de levier.

Notre conseil

  • Pour travailler une grande surface, choisissez une aéro-fouche à 5 dents si le sol est léger. Pour un sol plus lourd ou en friche, une 4 dents voire moins sera plus facile à l’usage.
  • Les dents sont généralement soudées, vous n’aurez que le montage des manches à effectuer.

Prix

A partir de 100 euros pour une aéro-fourche de qualité.

Quelques modèles en liens ci-dessous

Aéro-bêche forgée plusieurs modèles de 3 à 9 dents avec ou sans arceau, Bio-bêches forgées de 3 à 7 dents

La machette

La campagnole

À ne pas confondre avec le petit rongeur qui rend parfois les jardiniers chèvres ;), la campagnole est une grelinette revue et améliorée pour être encore plus efficace et simple d’utilisation. Cet outil exclusif, conçu par l’entreprise « La Fabriculture » en collaboration avec la ferme du Bec Hellouin possède, pour ses versions en 50 et 80 cm deux roues à l’arrière. Celles-ci pallient le poids assez lourd de l’outil, jusqu’à 13 kilos, en améliorant la manipulation. Elles peuvent être montées au choix à l’extérieur ou à l’intérieur de l’outil selon la configuration de l’espace à travailler et sont réglables en hauteur. 

Le système de contre-dents constitue l’autre particularité de cet outil remarquable en permettant, en plus de l’aération du sol, de casser les mottes de terre et de gagner ainsi du temps de travail. Les contre-dents fixes sont conseillées plutôt pour les sols lourds ou non travaillé depuis longtemps et les contre-dents ressorts seront plus adaptées en sol léger. 

Il existe aujourd’hui 3 modèles : la pitchoune large de 30 cm, le modèle jardinier large de 50 cm et le modèle maraîcher large de 80 cm.

Notre conseil

  • La 30 CDF (30 cm avec Contre-Dents Fixes) aussi appelée la pitchoune est la dernière née des campagnoles, conçue tout spécialement pour les petits jardins, les enfants ou les personnes ayant peu de force dans les bras. Très maniable, sur mono-roue, elle est équipée de 3 dents et peut aussi être utilisée en grelinette classique (par démontage de la partie avec la roue et les contre-dents).  
  • La 50 CDF (50 cm avec Contre-Dents Fixes) possède des contre-dents fixes. Elle est idéale sur des  sols compacts ou argileux du fait de l’espace de ses dents, 10 cm, qui facilitent le soulèvement de la terre.
  • La 50 CDR (50 cm avec Contre-Dents Ressorts) en revanche a des contre-dents ressort plutôt adaptées aux sols légers. L’émiettement sera plus fin.
  • La 80 CDF (80 cm avec Contre-Dents Fixes) est conçue sur le même principe que la 50 CDF mais dans une  largeur différente. Elle est réglable en hauteur selon la profondeur souhaitée.
  • La 80 CDR (80 cm avec Contre-Dents Ressorts) est destinée au maraîchage sur des planches de travail larges. Il faudra cependant travailler sur de petites tranches à chaque passage si le sol est dur.

Prix

à partir de 155 euros pour le modèle 30 cm de large

Quelques modèles en lien ci-dessous

Les différents modèles de campagnole

Trouvez le support de culture qui sera vraiment adapté chez vous !

Avoir une grelinette pour aérer son sol sera un atout dans la réussite de votre potager mais connaître le support de culture qui sera le plus pertinent dans votre cas particulier sera la véritable clé de cette réussite ! Pour cela, faites confiance à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ». Pour en savoir plus, cliquez sur le bouton ci-dessous.

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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Les Rencontres Nationales de Permaculture 2020 ! Cap au Sud !

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Compost et compostage : le guide complet

Quand on veut concevoir son jardin, sa terrasse ou son balcon en permaculture, très vite, le compost apparaît comme un élément clé, étant au coeur de plusieurs principes de permaculture comme « Conserver l’énergie, la recycler, la faire circuler et l’optimiser », « Tout déchet est une ressource inexploitée », « Obtenir une récolte » ou encore « Faire de petites actions pour de grands changements »… Mais concrètement comment ça marche ? Comment faire son compost ? Quelle technique choisir ? Pour quel résultat ? Découvrez-le dans ce guide complet du compostage !

 

Le compost : définition et bonnes raisons de s’y mettre

De quoi s’agit-il exactement ?

Le compost est un produit fini résultant d’une « digestion » plus ou moins longue de matières organiques en milieu aérobie (= où il y a du dioxygène) par un ensemble complexe d’organismes vivants allant des micro-organismes comme les champignons, les bactéries à des insectes et animaux plus gros comme des cloportes, des larves de coléoptères, des myriapodes, des gastéropodes, des lombrics et bien d’autres encore…

Tout savoir sur le compost et les techniques de compostage existantes pour fabriquer soi-même son compost maison pour le jardin potager, d’ornement ou ses bacs de cultures et jardinières sur le balcon !

Poignée de compost mûr tamisé pour en éliminer les éléments les plus grossiers non encore compostés.

Au final, un bon compost est une terre de couleur brune foncée à noire, avec une odeur de sous-bois agréable et une texture grumeleuse ni trop sèche, ni trop humide dont on ne peut plus distinguer les matières organiques qui ont permis de le constituer (mis à part des résidus d’éléments plus coriaces à digérer comme de gros bouts de bois, des coquilles d’oeufs non broyées ou de gros noyaux de fruits). C’est un amendement organique très intéressant pour nourrir vos cultures hors-sol, en pots et autres jardinières comme vos cultures en pleine terre (potager en permaculture, jardin-forêt, jardin d’ornement…). Voir plus bas dans cet article pour les différentes utilisations du compost. 😉

Pourquoi composter ?

Voici une liste non exhaustive de bonnes raisons de se mettre au compostage !!

Composter c’est : 

1) ramener à la terre une partie des nutriments qu’on y a prélevés notamment par la culture de plantes vivrières: fruits, légumes et autres céréales… Le compost permet de cycler les nutriments sur son site et d’éviter un appauvrissement des sols qui engendrerait une baisse inexorable des récoltes au fil du temps.

2) réduire significativement les quantités de déchets ménagers par foyer. Le compostage contribue à alléger ses poubelles et donc la facture du foyer qui composte à l’heure où de plus en plus de communes, en France, taxent le ramassage des ordures ménagères ! 

3) réduire les allers-retours à la déchetterie, car la grande majorité des « déchets verts » sont en fait compostables !

4) produire son propre amendement naturel et gratuit, à la portée de tous. Grâce à votre compost, plus besoin d’acheter en jardinerie du compost ou des engrais souvent assez chers et à la composition parfois obscure en termes de produits chimiques ajoutés.

5) obtenir des « produits » intéressants autres que le compost en lui-même, produits pouvant être les besoins d’autres éléments dans un design en permaculture. On peut citer notamment la production de chaleur et la production de nourriture (vers) pour des poules pondeuses par exemple. 

Tout savoir sur le compost et les techniques de compostage existantes pour fabriquer soi-même son compost maison pour le jardin potager, d’ornement ou ses bacs de cultures et jardinières sur le balcon !

Les vers tigrés du compost ainsi que les nombreux autres êtres vivants présents dans une simple poignée de compost feront le régal de vos poules…

Celles et ceux qui sont engagés dans une démarche de conception en permaculture verront bien l’importance d’une telle analyse besoin / produit. Pour les autres, c’est à découvrir dans notre article dédié à la compréhension de l’intérêt d’une conception en permaculture.

6) faire un pas vers plus d’autonomie de son « écosystème cultivé » en limitant les intrants par la production sur place de son propre amendement de sol !

7) se responsabiliser face aux déchets que l’on produit en prenant en main leur transformation.

8) avoir une activité à la dimension pédagogique forte qui permet d’aborder, en famille, y compris avec les plus jeunes, la vie du sol et plus globalement le cycle de la vie, à la fois sur le plan théorique et sur le plan pratique.

Les clés d’un compostage réussi :

Pour réussir son compost, il y a 3 points essentiels à respecter.

1) Un bon rapport carbone / azote au niveau des matières organiques mises à composter : on vous conseille grosso modo un rapport de 50/50 entre les matières « vertes » humides à tendance plutôt azotée et les matières « brunes » sèches à tendance plutôt carbonée. Vous verrez parfois le rapport 2/3 de matières azotées pour 1/3 de matières carbonées et parfois tout à fait l’inverse…ne vous prenez pas la tête, un volume de matières vertes humides pour un volume de matières brunes sèches fera parfaitement l’affaire 😉 !

2) Une bonne pénétration de l’air dans le compost : les principaux organismes qui digèrent les matières organiques d’un compost sont tous aérobies, ils ont besoin de dioxygène pour vivre. S’ils sont privés d’air, ils meurent, la décomposition s’arrête et des odeurs putrides apparaissent. C’est pourquoi il est très important de brasser son compost pour l’aérer !

Tout savoir sur le compost et les techniques de compostage existantes pour fabriquer soi-même son compost maison pour le jardin potager, d’ornement ou ses bacs de cultures et jardinières sur le balcon !

Exemple d’outil pour aérer facilement un tas de compost notamment quand il est en bac ou silo. Cet outil, appelé Brass’compost®, est produit par un ESAT de Quimper, à retrouver ici : https://www.compostez-facile.com/brasscompost-aerateur-compost

3) Une humidité suffisante, mais pas excessive :  un tas de compost trop sec aura du mal à se décomposer, car les organismes du compost ont besoin d’eau pour vivre. À l’inverse, un tas de compost trop humide sera privé d’air laissant la place aux développements de bactéries anaérobies (vivant en milieu privé d’air) qui déclencheront des phénomènes de putréfaction aux odeurs vraiment désagréables ! La bonne humidité pour un compost peut se mesurer simplement en en prenant une poignée : si en serrant cette poignée, du liquide s’en échappe, c’est qu’il est trop humide et si en revanche la poignée est friable, très sèche avec peu de matière noire, c’est qu’il est trop sec !

Enfin, nous aimerions rajouter une 4ème clé à la réussite d’un compost :

4)  La diversité des ingrédients qui le composent : en appliquant le principe de permaculture « Favoriser la diversité » à son compost, on diversifie les apports de nutriments de celui-ci !

Les différentes techniques de compostage :

Parmi les diverses techniques de compostage, on distinguera celles qui se font en extérieur de celles qui se pratiquent en intérieur.

Le compostage en extérieur :

1) Le compostage en tas ou andain :

Le compostage en tas ou andain est particulièrement adapté aux jardins assez grands produisant beaucoup de matières à composter et avec la place pour le faire.

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Exemple de matières organiques mises à composter en grande quantité, en tas.

L’emplacement du tas sera à déterminer consciencieusement selon la surface disponible à côté pour les opérations de brassages, les synergies possibles avec les autres éléments du jardin (analyse besoins / produits) et le zoning de votre lieu tout en prenant en compte son aspect visuel relativement inesthétique qui peut déranger dans le paysage :).

Un compost en tas est très simple à mettre en place. Il suffit de former, à même le sol, un tas faisant entre 50 cm et 1,5 m de haut en moyenne en alternant les couches de matières vertes et de matières brunes. Pensez à arroser au fur et à mesure de la construction du tas, à chaque fois que vous mettrez une couche de matières sèches ;). S’il vous reste un peu du compost précédent, mettez-le au coeur du tas, cela activera encore plus vite le processus de décomposition !

Une fois constitué, le tas devra être suffisamment humide et bien aérer, introduire dedans des petits branchages peut y aider ;). On vous conseille, même si ce n’est pas obligatoire, de l’abriter des pluies pour éviter les lessivages qui emmèneraient les précieux nutriments dans les eaux de ruissellement.

Ce type de compostage monte en température assez vite, pouvant atteindre les 70°C les premières semaines, ce qui est très bien pour éliminer la plupart des graines d’adventices et certains ravageurs dont les oeufs pourraient être présents dans le tas de compost. Puis au bout de 3 à 6 semaines (selon les dimensions du tas), la température va retomber autour des 30°C. Il est alors temps de commencer à brasser le compost, environ une fois par mois tout en surveillant l’humidité de l’ensemble.

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Exemple de tas de compost retourné et encore fumant suite à sa montée en température lors du processus de compostage. ©Lucabon CC BY-SA 4.0

Cette opération de brassage est généralement assez aisée avec le compost en tas, car il suffit de le déplacer sur une surface voisine pour l’aérer. Avec cette technique de compostage, on obtient un compost mûr au bout de 9 à 12 mois selon les conditions climatiques.

2) Le compostage en silo ou bac :

Le compostage en bac ou en silo se fait aussi à même le sol, mais il a une contenance restreinte au volume du contenant utilisé. Il est donc, à priori, plus adapté aux petits jardins produisant peu de matières organiques à composter.

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Exemple de bac à compost avec contours en bois, très simple à faire soi-même avec du bois de récupération comme des palettes par exemple.

Mais son aspect plus esthétique que le simple tas peut donner envie de l’utiliser aussi pour de grands jardins, on pourra alors placer plusieurs bacs à compost côte à côte ! Le composteur, soit totalement fermé soit avec des ouvertures latérales, peut être acheté ou autoconstruit et fait de bois, de plastique ou encore de métal, selon les goûts ! Il protège les matières mises à l’intérieur des pluies, mais cela suppose, par conséquent, une surveillance accrue de l’humidité pour arroser à chaque fois que nécessaire.

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Exemple de bac à compost avec couvercle, en forme de silo, pour petit jardin avec peu de matières organiques à composter.

Contrairement au compost en tas, le brassage est assez difficile dans un contenant et peut nécessiter l’emploi d’outils spéciaux comme le « Brass’compost® », sorte de spirale en métal, vu en photo plus haut ou autre outil dédié à l’aération du compost ! Pour se passer des brassages, on peut aussi faire un tas de matières organiques plus petit et démultiplier les alternances de couches de matières vertes et brunes en jouant sur les épaisseurs de ces couches…

Avec cette technique, on obtient généralement un compost mûr entre 5 et 8 mois après la mise en compostage.

3) Le compost façon Jean Pain :

C’est dans les années 70 que Jean Pain découvre et développe la méthode de compostage qui portera ensuite son nom. Installé dans le Var avec sa femme Ida, il s’occupe du gardiennage d’un domaine de plus de 240 ha qu’il faut absolument débroussailler pour éviter les feux de forêt si fréquents dans la région. Il va alors avoir l’idée d’utiliser tous ces « déchets » de broussailles pour faire du compost. Il va donc entasser et bien humidifier de grandes quantités de broussailles broyées (plusieurs dizaines de m3) et réaliser que non seulement il produit, en quelques mois, un compost d’une excellente qualité pour le jardin, mais, qu’en plus, avec quelques ajouts à son système, il peut profiter de la chaleur et du gaz dégagés par le phénomène de compostage pour chauffer de l’eau et récupérer du méthane !!!  La méthode « Jean Pain » était née et allait fasciner bon nombre de permaculteurs à travers le globe !

En effet, en rajoutant un réseau de tuyaux en polyéthylène à l’intérieur même du gros tas de broussailles, on peut chauffer de l’eau jusqu’à plus de 60°C puis faire circuler cette eau chaude dans divers espaces comme une serre par exemple afin de la chauffer sans consommer d’énergie électrique ou fossile !

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Photo d’un compost selon la méthode Jean Pain réalisé au Québec par notre ami Wen Rolland avec d’autres permaculteurs afin d’expérimenter notamment la production d’eau chaude. ©Wen Rolland – www.designecologique.ca

Il est également possible de mettre en place un système hermétique à l’intérieur du tas de compost permettant de récupérer le méthane produit lors de la décomposition des matières organiques…bref, un compost façon Jean Pain, parfois appelé « réacteur Jean Pain » est un élément multifonction qui peut être très intéressant quand on a beaucoup de bois et autres broussailles à disposition. Mais c’est aussi un compost très technique qui demande beaucoup d’efforts, de connaissances et de matériels à sa mise en place. Il n’est donc pas adapté aux personnes qui souhaitent débuter la permaculture.

4) Les vermiscomposteurs d’extérieur :

Comme vous pourrez le voir dans notre article dédié à cette technique, il est possible de fabriquer, avec du matériel de récupération, un vermicomposteur d’extérieur très efficace. Il s’agit de profiter des remarquables capacités de décomposeurs de deux sortes de vers spéciaux, l’eisenia foetidia (ver tigré) et l’eisenia andrei (ver rouge de Californie) en leur fournissant, dans un environnement fermé relativement protégé des intempéries, des matières organiques fraîches à décomposer avec un rapport matières carbonées et matières azotées relativement équilibré.

Tout savoir sur le compost et les techniques de compostage existantes pour fabriquer soi-même son compost maison pour le jardin potager, d’ornement ou ses bacs de cultures et jardinières sur le balcon !

Seau plein de jus de vermicompost récolté en dessous d’un vermicomposteur d’extérieur fabriqué à partir d’un congélateur de récupération par Benjamin Broustey sur la ferme en permaculture expérimentale de la Goursaline.

Un vermiscomposteur d’extérieur produit à la fois un excellent compost et un « thé » ou « jus » de compost très utile en dilution au jardin potager ! C’est un élément assez simple à réaliser à partir de matériels assez faciles à se procurer en récup’.

5) Le compostage de surface :

On touche ici à une des formes de compostage les plus simples qui soit, consistant à simplement laisser travailler pour nous la vie du sol. Ici, pas besoin de matériel spécial ni de surveillance particulière ou autre manipulation quelconque pour aérer le compost ou surveiller son humidité… On répartit simplement en surface du sol, sous le mulch, nos déchets organiques, déchets de cuisines ou éléments végétaux non intéressants à récolter et on laisse les habitants du sol s’en délecter à leur rythme. Au fil du temps, toute cette matière apportée « brute » au sol (légèrement broyée pour les plus gros éléments, histoire de faciliter la tâche de nos amis décomposeurs) va être transformée en humus sans que vous ayez eu rien de plus à faire ! 

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Faire du compostage de surface revient tout simplement à déposer les matières organiques compostables en surface du sol ! C’est notamment ce qu’on fait directement au jardin avec la technique du « chop & drop » ou « coupé & deposé » illustrée ici !

Le compostage en intérieur :

Avec ou sans accès à un jardin extérieur, on peut aussi profiter, en intérieur, des avantages du compostage que sont notamment la réduction des déchets ménagers et la fabrication d’un compost de qualité, par exemple pour des jardinières de balcon ou autres cultures d’intérieur !

1) Les Lombricomposteurs et vermicomposteurs d’appartements :

La gamme des lombricomposteurs et vermicomposteurs d’intérieur s’est bien étoffée ses dernières années avec la demande grandissante en milieu urbain. Il faut dire qu’un lombricomposteur est très pratique, simple d’utilisation, compact, sans odeurs ni nuisances particulières et permet de produire un compost et un jus de compost de grande qualité pour des cultures en pot ou en jardinière !  Cela apporte aussi une dimension pédagogique intéressante et porteuse de sens dans la gestion des déchets d’une famille engagée dans une démarche écologique ! Un lombricomposteur ou vermicomposteur d’intérieur se compose le plus souvent de plusieurs « bacs » empilés les uns sur les autres, mais reliés entre eux via des petits trous pour permettre la circulation des vers et des matières.

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Exemple de lombricomposteur d’intérieur très simple d’utilisation, qu’on peut trouver dans le commerce ou si on préfère à fabriquer soi-même avec des contenants de récupération et un peu d’huile de coude ;).

Le bac supérieur avec couvercle contient les déchets de cuisine hachés qu’on y dépose régulièrement, c’est le réservoir de nourriture fraîche pour les vers. Se trouve en dessous le compost en cours de maturation que les vers ont commencé à décomposer, c’est, en général, à cet étage que se trouve la plus grande population de vers qui « travaillent » activement à la transformation des déchets. L’étage encore en dessous sert à récupérer le lombricompost mûr qu’il faut récolter tous les 3 à 4 mois en moyenne. L’étage inférieur enfin est souvent équipé d’un petit robinet, car il sert, lui, à récolter le « jus » de compost qui s’écoule des étages supérieurs !

2) Le « compost » bokashi :

La technique du bokashi nous vient du Japon. C’est un mode de compostage différent de ceux vus précédemment, car il s’agit d’une fermentation des matières organiques déclenchée par des micro-organismes efficaces (appelés EM) qui vivent uniquement en milieu anaérobie (privé de dioxygène). Cette technique de compostage nécessite donc à la fois un seau à bokashi qui soit hermétique et l’ajout de micro-organismes efficaces via un support inerte, comme du son de blé ou de la sciure, inoculé de ses fameux micro-organismes, à acheter la plupart du temps dans le commerce. Un compostage bokashi va dégager une odeur âcre due à la fermentation anaérobie, mais qui ne sera normalement pas une nuisance étant donné qu’elle restera piégée dans le contenant hermétique. Un compost bokashi ne sent donc rien s’il est bien fermé ! Le gros avantage de cette méthode est qu’elle permet de composter quasiment toutes les matières organiques sans restriction particulière, y compris celles qu’on ne met pas habituellement dans les autres types de compost comme des restes de viandes, laitages ou encore des agrumes…

Tout savoir sur le compost et les techniques de compostage existantes pour fabriquer soi-même son compost maison pour le jardin potager, d’ornement ou ses bacs de cultures et jardinières sur le balcon !

Le jus est extrait régulièrement de notre seau à compost Bokashi pour en faire du fertilisant. Nous utilisons différentes techniques de compostage dont celle du Bokashi sur le site expérimental Merci Nature, près de Bordeaux et en sommes très satisfaits.

Un bokashi va produire à la fois des matières fermentées solides et un jus de bokashi très riche en nutriments, mais à diluer fortement avant utilisation en arrosage des cultures. Par ailleurs, le « produit solide» issu d’un compostage bokashi n’est pas un compost utilisable directement au jardin, tel quel. De pH acide à la sortie du seau à bokashi, il nécessitera soit d’être enterré assez profondément dans le sol pour éviter tout contact avec les racines des plantes, soit de passer quelques semaines sous terre ou dans un tas de compost avant d’être utilisé au jardin pour achever sa décomposition et retrouver un pH un peu plus neutre. S’il est mélangé au terreau d’une jardinière, ce sera à hauteur de 10 à 20 % maximum et il faudra patienter minimum une quinzaine de jours avant d’y mettre vos plantes. L’utiliser directement après sa sortie du seau dans vos plantations serait une erreur, car il aura tendance à brûler les racines des plantes et les endommager.

 

Que mettre dans le compost ?

Selon la technique utilisée, les matières organiques que l’on peut ou non mettre à composter varient.

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Que mettre dans votre compost ? Découvrez une liste des matières organiques plus ou moins propices au compostage !

Ceci dit, la liste des matières organiques compostables est vraiment conséquente ! On ne listera pas tout ici, mais en voici un aperçu :

  • « déchets » de cuisine types épluchures et restes de fruits et légumes de préférence non traités, marc de café, sachets de thé/infusion, coquilles d’oeufs broyées…
  • « déchets » de jardinage comme des tailles d’arbustes et arbres fruitiers préalablement broyées, des tontes de gazon, des feuilles mortes…
  • « déchets » issus de l’élevage d’animaux herbivores : plumes, poils, litières végétales, fientes et autres fumiers de poules, de lapins, de chèvres, de cheval…
  • « déchets » ménagers comme les serviettes, mouchoirs ou essuie-tout en papier sans imprimés ni couleurs, les bouquets de fleurs fanées…
  • Différents produits issus du bois (non traité évidemment 😉 ) : sciure, cendre (avec parcimonie), cartons bruts.

On peut même, en restant sur de petites proportions par rapport à l’ensemble de son compost (moins de 20% du total) et en les broyant le plus possible, mettre à composter des matières habituellement déconseillées comme des restes de viandes, de poissons, de coquillages, de fromages, des agrumes, des végétaux toxiques (feuilles de rhubarbe, laurier rose…) ou difficilement digérables par les micro-organismes (sapins, aiguilles de pin…).

À l’inverse, la liste des matières organiques qu’il vaut mieux éviter de mettre au compost est relativement courte, il s’agit principalement des corps gras (huile végétale et graisse animale), des magazines et journaux fortement encrés ou sur papier glacé, des végétaux malades ou infestés de ravageurs, des déchets plastiques et tout ce qui n’est pas organique : métaux, verre, sable…

Utilisations du compost et autres produits issus du compostage :

Utilisation du compost au jardin :

Le compost peut être apporté toute l’année à vos cultures potagères gourmandes, vos plantes ornementales, mais aussi vos arbres et arbustes fruitiers, mais les périodes les plus propices à l’ajout de compost au jardin restent quand même le printemps et l’automne, car c’est là que les vers de terre seront les plus actifs pour bien mélanger ces apports de compost au sol 😉 !

Le compost est un excellent amendement qui va stimuler l’activité biologique de votre sol tout en y apportant de nombreux nutriments essentiels à la croissance et la fructification des végétaux, il va également stimuler le système immunitaire des végétaux les rendant moins sensibles aux maladies !

En règle générale, on évitera d’enfouir profondément le compost pour ne pas tuer la grande diversité d’organismes aérobies qu’il contient et qui font sa richesse et son efficacité au jardin ! On préférera l’apporter en surface du sol ou l’incorporer uniquement sur les premiers centimètres de terre.

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Jeunes pousses de radis levant tranquillement en pleine terre amendée de compost mûr en surface.

Au potager :  on utilisera de préférence un compost mûr qui fera merveille légèrement incorporé ou juste réparti autour de vos légumes gourmands comme vos courgettes, concombres, tomates, poivrons, aubergines… Cependant, il ne faudra pas en mettre partout au potager sans distinction, car certains légumes comme les échalotes, les oignons ou encore l’ail, n’appréciant pas spécialement les sols très riches, n’en auront pas forcément besoin. C’est un élément à prendre en considération lorsque vous préparez vos associations de légumes au potager.

Bien tamisé, il sera aussi très utile pour booster vos semis en pleine terre, sa couleur noire permettant un réchauffement plus rapide du sol ;). Les reliquats grossiers issus du tamisage pourront être utilisés en mulch ou remis à composter.

En jardinière : on pourra aussi ajouter du compost mûr aux substrats des cultures hors-sol en bac ou en jardinière à raison de 1/3 de compost pour 2/3 de terre en moyenne !

Pour les arbres et arbustes : on peut utiliser du compost jeune contenant encore des éléments grossiers non décomposés ou du compost mûr qu’on mettra au sol en couche d’environ 1 à 2 cm sur toute la surface du houppier de l’arbre (envergure formée par les branches et le feuillage) sans en mettre trop près du tronc pour ne pas couvrir le point de greffe et laisser respirer l’arbre ou l’arbuste en question !

En mulch : le compost encore jeune avec pas mal d’éléments grossiers non décomposés peut aussi servir de mulch dans des allées entre des buttes de permaculture par exemple ou entre certaines jeunes cultures assez espacées le temps qu’elles se développent et recouvrent l’espace de leur feuillage…

 

Utilisation des autres produits du compostage :

La chaleur : comme évoqué dans le compostage façon Jean Pain ou le compost en tas, composter une grande quantité de matières organiques en milieu aérobie génère une montée en températures conséquente qui peut être exploitée, par exemple, via un réseau de tuyaux passant dans le tas de compost pour chauffer de l’eau et ainsi alimenter une douche en eau chaude, chauffer une serre. On peut aussi créer des synergies entre, par exemple, un tas de compost et un poulailler, placés côte à côte, l’un réchauffant l’autre par contact (en ayant pris soin, préalablement, d’étanchéifier la zone de contact pour éviter de dégrader le mur de séparation!!).

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« Exemple d’utilisation de la production de chaleur d’un compost pour chauffer une serre via un réseau de tuyaux dans le tas de compost monté façon Jean Pain: une expérience menée par Ben Falk sur sa ferme en permaculture dans le Vermont aux États-Unis, à découvrir en capsule vidéo sur le site https://www.possiblemedia.fr
Image extraite de la vidéo ©PossibleMedia »

Les jus de compost / thé de compost : il s’agit du liquide qu’on récupère lors du lombricompostage ou vermicompostage. Il doit être utilisé rapidement après récolte pour garder un maximum de ses propriétés, idéalement dans les heures qui suivent. Récupérez votre jus, diluez-le à raison d’un 1L de jus de compost pour 10L d’eau (de pluie de préférence 😉 ) et si vous le pouvez, prenez le temps de le brasser énergiquement pendant quelques minutes en tournant dans un sens puis dans l’autre plusieurs fois d’affilé pour bien oxygéné le mélange. Vous pouvez ensuite l’utiliser en arrosage directement au jardin sur vos plantules et jeunes cultures en début de saison, sur les plantes chétives ou encore pour ramener de l’azote sur un mulch trop épais de BRF, stimuler l’activité biologique de votre sol… Il peut aussi servir à accélérer la germination de vos tubercules potagers ou ornementaux, être versé dans le sillon de vos semis pour stimuler leur levée…bref, ce sera un vrai booster pour vos cultures !

Les vers du compost : dotés de facultés de reproduction assez importantes (1 vers peut donner naissance à 500 vers par an), les vers de compost sont également une production intéressante pouvant servir de complément alimentaire pour vos poules ou même de vos poissons d’élevage !

Où trouver du compost gratuit ?

En voilà une bonne question, n’est-ce pas ? Voici quelques pistes pour vous aider !

  • Certaines collectivités territoriales et notamment les syndicats intercommunaux de gestion des déchets, s’engagent dans une démarche écoresponsable de valorisation des déchets récoltés sur leur territoire et distribuent, notamment via leurs réseaux de déchèteries publiques, du compost gratuit aux usagers résidents sur les communes concernées. Alors, s’il n’y a rien de tel sur votre territoire, allez en toucher un mot à M ou Mme le maire 😉 en mettant en avant des exemples de collectivités qui l’ont fait avec succès, comme le Syndicat mixte Bergeracois pour la gestion des déchets en Dordogne ou l’USTOM en Gironde !
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Compostage à grande échelle avec des machines spécialisées fait par des professionnels avec de très grandes quantités de matières organiques récoltées auprès des entreprises et particuliers.

  • Vous n’avez pas de compost, mais peut-être avez-vous d’autres choses à offrir qui peuvent faire l’objet d’un troc avec des personnes qui ont du compost à offrir : peut-être pouvez-vous troquer du temps pour rendre tel ou tel service ou une partie de vos futures productions nées du compost qu’on vous aura donné !!  N’hésitez pas à vous renseigner sur les SEL (Systèmes d’Échanges locaux) et autre JEU (Jardin d’Échange Universel) éventuellement présents autour de chez vous !!

Quand on pense compost gratuit, on pense souvent aux forêts qui en produisent toute l’année sans la moindre intervention humaine! Or, il nous est déjà arrivé d’avoir des messages de personnes qui allaient chercher leur compost en forêt, cependant on vous le déconseille fortement non seulement, car l’humus de forêt n’est pas forcément idéal pour le potager, mais aussi parce que cette pratique, en plus de ne pas être légale dans les forêts domaniales notamment, n’est pas bonne pour l’écosystème de la forêt concernée. Donc pour éviter un pillage en règle des ressources naturelles forestières, n’allez pas y prendre l’humus qui en fait la richesse !

Où acheter du compost ?

Même si on veut se mettre à composter, il est possible qu’on n’arrive pas tout de suite à produire les quantités suffisantes pour amender son jardin et que, les premières années notamment, un achat complémentaire de compost soit nécessaire

Dans ce cas, on peut se tourner vers les jardineries qui en vendent en sacs de 20L à 80L en général, on choisira de préférence un compost labellisé bio, même si cela ne garantit par forcément qu’aucun engrais n’ait été ajouté ! Mieux vaut bien lire les étiquettes pour voir ce qui est inclus dans le compost que vous comptez acheter.  Pour de plus grosses quantités, on se tournera vers des composteries qui sont des entreprises spécialisées dans le compostage et la vente aux particuliers. Mais la composition du compost vendu sera bien souvent assez aléatoire (selon les déchets collectés), il sera donc difficile d’exiger dans ce cas un compost totalement exempt de produits chimiques.

Sur quel support de culture allez-vous utiliser votre compost ?

Le compost est un super amendement au jardin potager pour de beaux et savoureux légumes ! Encore faut-il avoir le bon support de culture sur lequel l’utiliser pour de belles récoltes. Alors pour éviter de vous planter au potager, découvrez notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal » qui vous permettra de trouver quel sera le support de culture le mieux adapté à votre contexte et vos objectifs personnels. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus.

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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Une vidéo inspirante

Vivre en ce jardin! J’avais vu ce film il y a plusieurs années déjà. Et j’avoue que le revisionner à présent me provoque toujours autant d’émotions et me renforce dans notre démarche. La première fois que j’en ai entendu parlé,...

Butte de permaculture : le guide complet

Buttes ou pas buttes de permacuture ? Vous n’y voyez pas clair, ça tombe bien, cet article épluche la plupart des techniques existantes : Hugelkultur, Keyhole, culture en lasagne, butte sandwich…Vous découvrirez à la fin de cet article que créer une butte n’est pas forcément indispensable et surtout dans quelles conditions et lesquelles faire chez vous…

Butte de permaculture : la définition générale

Le mot « butte » est un mot valise qui englobe des techniques très différentes dans leurs réalisations, leurs objectifs et les contextes auxquelles elles sont réellement adaptées. 

D’une manière générale, on définira une butte de permaculture comme étant une technique de jardinage visant à créer un support de culture surélevé adapté, en termes de hauteur, de forme, de bordures et de composition interne, à des contextes et objectifs propres à chaque projet et chaque jardinier !!

Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Illustration de différentes techniques de buttes en permaculture.

Buttes de permaculture : les principaux avantages et inconvénients

Quel que soit le type de buttes, voici les principaux avantages et inconvénients à connaître avant de se lancer !   

Les avantages des buttes de cultures :

Ces avantages seront, bien sûr, plus ou moins importants selon la technique choisie.

Les avantages principaux sont de créer une zone de culture surélevée bien identifiée :

  • mieux drainée
  • non compactée
  • avec plus de profondeur de sol pour l’enracinement
  • facile à couvrir de mulch
  • favorisant la vie du sol et sa fertilité (pas de labour)
  • sollicitant moins le dos (possible de jardiner debout !)
  • prolongeant la saison de culture
  • créant des effets de bordures et microclimats attracteurs de biodiversité

C’est aussi une façon de « sculpter » son jardin, lui donner du volume et une touche personnelle originale qui peut être très belle, ludique, poétique…

Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Exemple de buttes dessinant un jardin mandala où il fait bon cultiver et se promener. Réalisé par Daniel, un de nos stagiaires, en Haute-Garonne.

Les inconvénients des buttes de cultures

Les principaux inconvénients des buttes de cultures, là encore, indépendamment de la technique utilisée, sont peu nombreux, mais très importants à prendre en considération pour que la réalisation de buttes chez vous ne tourne pas au cauchemar et à l’échec total.

Faire des buttes de Permaculture peut s’avérer :

  • énergivore
  • chronophage
  • très gourmand en matières organiques diversifiées
  • contre-productif si non adapté à votre contexte et vos objectifs !
Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Exemple de choix de butte contre-productif dans un contexte méditerranéen…

Dans le cas de buttes permanentes, il faut aussi :

  • maintenir la fertilité au fil des années par des amendements réguliers et des couvertures de sols
  • une grande rigueur dans les rotations de cultures potagères.

Pour plus de détails, vous pouvez lire notre article dédié aux avantages et inconvénients de la culture sur butte. 

Les principaux types de buttes en permaculture

Voici un récapitulatif des principales techniques de buttes de permaculture connues. Cette liste n’est, bien sûr, pas exhaustive, car chacun pourra s’approprier telle ou telle technique et la transformer pour créer ses propres buttes adaptées à son lieu et son projet !

1. Les buttes bio-intensives maraîchères

Une butte bio-intensive est obtenue en travaillant la terre sur une double profondeur de bêche (environ 50cm) sans mélanger les horizons du sol pour aérer le sol et faciliter l’enracinement des végétaux cultivés. On ajoute ensuite à la terre divers éléments nutritifs (compost, cendre, poudre de roches, fumiers et autres matières organiques vertes et brunes) et on obtient une butte de 20 à 30 cm de haut, idéale pour les cultures maraîchères.

Utilisées par Jean-Martin Fortier sur ses Jardins de la Grelinette et sa ferme des Quatre-temps ou encore à la ferme en permaculture du Bec Hellouin, les buttes bio-intensives sont intéressantes à des fins professionnelles, car elles sont très productives au m2 quand on les gère bien. Elles nécessitent pour cela de solides connaissances en jardinage, en rotations potagères, en gestion du compost, en densité de plantations, mais aussi des outils et gabarits (semoirs…) spécifiques pour optimiser leur exploitation. 

Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Jean-Martin Fortier en pleine préparation d’une butte maraîchère bio-intensive aux Jardins de la Grelinette dans le sud du Quebec. © Possible Media

Bref, c’est une technique déconseillée aux débutants et aux particuliers en général à moins d’apprécier tout particulièrement les organisations rigoureuses, la planification minutieuse et d’avoir les disponibilités et connaissances indispensables à son bon fonctionnement !

2. Les buttes de cultures arrondies classiques

Ces buttes de permaculture sans bordures, de 40 à 60 cm de haut, et de 1,20 m de large maximum pour atteindre le haut de la butte sans avoir à marcher dessus, sont formées uniquement de terre récupérée la plupart du temps en creusant les allées. Vous pouvez bien évidemment les adapter à votre taille, vos objectifs et contextes !

Si vous souhaitez y faire des semis directs, il faudra adapter les dimensions pour que la pente de chaque côté de la butte ne soit pas trop abrupte sinon beaucoup de graines semées auront tendance à tomber lors des arrosages ou fortes pluies. Idem pour le mulch, des branchages disposés dans les pentes peuvent être nécessaires pour le maintenir en place !

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Exemple de buttes de terre classiques réalisées en décaissant simplement les allées autour, sur la ferme expérimentale de la Goursaline en Haute-Vienne.

Ce type de butte a tendance à s’affaisser assez vite, perdant généralement presque un tiers de sa hauteur dans la saison. Elles demandent donc un entretien régulier pour les reformer.

En climat trop sec et/ou trop venteux, ce type de butte peut vite devenir contre-productive par manque d’eau.

3. Les buttes façon Philip Forrer

Philip Forrer est un jardinier hors norme qui a inventé sa propre technique de butte en observant la nature. À contre-courant de ce que conseille l’agronomie, les buttes de permaculture façon Philip Forrer font débat, car elles incluent, entre autres, du bois pourri et spongieux comme élément de base ainsi que des aiguilles de pin et du broyat de laurier cerise !!

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Philip Forrer en train d’écraser à la masse les troncs de bois pourris déposé en fond de butte pour nourrir le sol et maintenir une bonne humidité pour les cultures. Image extraite du film de Philip Forrer et son ami Chris Lunch intitulé « Le jardin du Graal ».

L’engouement pour ces surprenantes buttes tient à la fois au personnage atypique de Philip, véritable électron libre dans le monde du jardinage, et à la réussite impressionnante de ses cultures potagères, avec des tailles de légumes surréalistes et une abondance de cultures spontanées ne demandant qu’à être récoltées.

Suite à plusieurs vidéos tournées chez lui, dans l’Aude, les buttes façon Philip Forrer sont devenues, en quelques années, un modèle que beaucoup copient aveuglement, espérant les mêmes résultats en termes de récoltes ! Cependant, en permaculture, on évitera de copier une technique sans l’avoir d’abord mise en perspective avec son propre contexte… Pour plus de détails, retrouvez notre article dédié à ces buttes façon Philip Forrer ! 😉

4. Les buttes HugelKultur du permaculteur Sepp Holzer

La butte Hugelkultur inclut, elle aussi, en élément de base, le bois et de préférence de grosses branches et troncs frais ou à la décomposition beaucoup moins avancée que dans les buttes façon Philip Forrer. Ce sont des buttes autofertiles durablement.

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Illustration de l’évolution d’une butte Hugelkultur au fil du temps, à 1 mois, à 1 an, à 2 ans et après 20 ans ! ©Paul Wheaton – RichSoil.com

Ces buttes Hugelkultur misent sur la décomposition lente du bois dans le sol au fil des années pour créer une terre riche en nutriments et à l’humidité interne relativement constante. Là encore, cette technique suscite la controverse chez de nombreux spécialistes du fait de l’enfouissement du bois sous des couches de terre et de mulch. Des saturations en eau avec création de milieux anaérobies (privés de dioxygène) sont, en effet, à craindre dans certains cas, car cela peut bloquer la décomposition du bois, celle-ci ne pouvant se faire correctement qu’avec l’aide des champignons qui sont tous des organismes aérobies (ayant besoin de dioxygène pour vivre). Particulièrement énergivore à réaliser, une Hugelkultur ne conviendra donc pas à tous les contextes !

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Exemple de choix de butte Hugelkultur contre-productif dans un contexte avec une pluviométrie élevée et un sol lourd.

Cependant, quand elle est bien adaptée à son milieu, c’est une technique remarquable ! Popularisée par le célèbre permaculteur autrichien Sepp Holzer, retrouvez notre article dédié à la butte Hugelkultur pour une application pratique efficace.

5. Les buttes sandwich de Robert Moretz

Voici une autre « recette » de butte incluant du bois, confectionnée par un agronome français passionné, ardent défenseur de la nature : Robert Moretz. Conscient que le sol est vivant et qu’il faut alimenter et stimuler cette vie, Robert Moretz a conçu une butte autofertile qu’il a appelée « butte sandwich ». Elle contient, en effet, entre deux couches de terre, de quoi nourrir copieusement la vie du sol !

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Schéma montrant la recette de base d’une butte sandwich selon les conseils de son concepteur, l’agronome français Robert Moretz. Source : lesdames.over-blog.com

Pour réaliser une « butte sandwich », on creuse le sol sur environ 30 cm en récupérant la bonne terre végétale de surface pour une utilisation ultérieure. On range ensuite soigneusement dans ce trou des morceaux de branches et/ou lianes diverses de largeur inférieure à 7 cm (donc pas de gros troncs comme dans la Hugelkultur). On comble le maximum de trous d’air dans cette couche avec du bois broyé ou du BRF. Puis on recouvre avec un mélange de matières organiques vertes et sèches (foin, paille, feuilles, tonte…) sur une dizaine de centimètres, on tasse bien et on arrose copieusement. On met ensuite une couche de compost et/ou fumier par dessus sur environ 5 cm. Puis, on recouvre le tout avec la terre végétale extraite au début qui pourra accueillir, tout de suite après réalisation, vos plantations et semis ! On termine en enfonçant à distance régulière dans la butte des sortes d’entonnoirs (pouvant être de simples bouteilles plastiques retournées dont on a coupé le fond) pour faciliter l’arrosage en profondeur de la butte et on protège l’ensemble avec du mulch. Pour enrichir la recette, on peut saupoudrer entre les différentes couches, un peu de cendres de bois qui apportera notamment potassium, magnésium et phosphore ! 😉

Au final, une butte sandwich dépasse du sol d’environ 35 cm et même si elle s’affaisse peu à peu, elle dure généralement entre 3 et 5 ans (selon la taille de la butte et le bois utilisé). Sa composition riche a un « effet booster » sur les cultures, notamment la première année. On peut en profiter pour installer au départ des légumes gourmands comme les tomates, les courgettes, les courges, les aubergines, les poivrons, le maïs…

6. La culture en lasagne

Nous restons dans la métaphore culinaire avec la culture en lasagne qui, à l’inverse des techniques vues jusque-là, est une butte de permaculture temporaire ne durant généralement qu’un an.

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Illustration de la composition interne d’une culture en lasagne, une butte de permaculture temporaire simple à réaliser !

Assez facile à mettre en place, sans gros efforts, elle permet de créer, rapidement, un support de culture, même sur sol ingrat à condition d’avoir suffisamment de matières organiques à disposition. Cette technique s’appuie sur le compostage des matières organiques et consiste en un empilement matières organiques, à même le sol, sur du carton avec éventuellement une fine couche de fumier/compost, en alternant les couches de matières vertes à tendance plutôt azotées avec les couches de matières brunes à tendance plutôt carbonées. Pour plus de détails, découvrez notre article dédié à la culture en lasagne !! 

Comme pour la « butte sandwich », il s’agit d’un support de culture qui a un effet « booster » au démarrage, très bien pour les légumes gourmands !

7. Le Keyhole garden ou jardin en trou de serrure

Le Keyhole Garden est un concept ingénieux de petit jardin inventé, au départ, pour les climats chauds africains. Or, avec quelques adaptations, il est très intéressant aussi sous d’autres climats, d’où son succès grandissant ! Un jardin en trou de serrure peut se réaliser entièrement avec des matériaux naturels faciles à se procurer (à minima : branchages, matières organiques et terre) et a le gros avantage d’être autonome en fertilité et économique en eau !

Cependant, c’est un support de culture permanent dont l’emplacement devra être bien réfléchi, car il sera difficile à déplacer une fois installé !

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Exemple de Keyhole garden ou jardin en trou de serrure fait uniquement avec des matériaux naturels trouvés sur place : branchages, terre, paille et matières organiques pour le compost et le substrat…©concernusa.org

Un Keyhole est généralement de forme ronde, haut de 50 cm à plus d’un mètre selon les cas et délimité par des bordures non maçonnées en pierres, en brique, en bois, ou tout autre matériau à disposition. Il intègre, en son centre, un composteur qui lui apporte, en continu, des nutriments et une certaine humidité. Cet espace de compostage permet le développement de nombreux organismes du sol (invertébrés, microfaune…) qui vont assurer la circulation des nutriments et de l’eau entre le composteur central et le substrat de plantation tout autour. Pour accéder facilement à ce composteur central, on crée une ouverture dans le cercle qui donne à l’ensemble cette fameuse forme « en trou de serrure ». Pour le substrat de plantation, on peut mélanger diverses techniques que chacun adaptera à ses besoins, son contexte et ses ressources disponibles 😉 ! Pour plus de détails, nous vous invitons à lire notre article dédié au Keyhole garden ou jardin en trou de serrure.

8. La spirale aromatique

Avec sa forme naturelle harmonieuse, l’efficacité des microclimats qu’elle génère et son attractivité pour la biodiversité, la spirale aromatique fait partie des éléments phares en permaculture ! C’est, en effet, un modèle de butte permanente esthétique, compacte et très pratique pour réunir sur une petite surface une grande diversité de plantes aromatiques et médicinales aux besoins pourtant très différents en termes de sol, de températures et d’ensoleillement !

Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Exemple de spirale aromatique en permaculture pleine de biodiversité, d’odeurs et de saveurs ! ©freshdesignpedia

Le principe est simple : créer sur un petit espace des zones de cultures aux microclimats très différents ! L’orientation et la hauteur de la spirale aromatique vont déterminer l’accès à l’ensoleillement des différentes zones. On joue ensuite sur la composition du substrat de plantation : le sommet sera plus drainant avec l’ajout de gravats et de sable et le bas de la spirale sera plus humifère avec l’ajout de compost. Les matériaux utilisés pour monter les bordures de la spirale et lui donner sa forme, tout comme l’ajout ou non d’un petit bassin en bout de spirale seront aussi des choix impactant les microclimats des diverses zones. Dans une spirale aromatique en permaculture, on peut ainsi cultiver à la fois des plantes méditerranéennes aimant la chaleur et les sols secs comme la lavande ou le romarin que des plantes préférant un climat plus frais et un sol plus riche comme l’oignon rocambole, la ciboule ou le persil ! Rendez-vous sur notre article dédié à la spirale aromatique en permaculture pour en savoir plus 😉 !

9. Le jardin mandala

Inspiré par des pratiques religieuses indiennes ancestrales, le jardin mandala en permaculture est à la fois un support de culture pratique et esthétique et un espace de ressourcement et de bien-être invitant à la contemplation. En forme de cercle plus ou moins grand, il permet une grande créativité dans ses aménagements intérieurs.

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Exemple de jardin mandala en permaculture, aménagé avec des buttes permanentes rondes sans bordures sur la célèbre Ferme du Bec Hellouin en Normandie. ©fermedubec.com

Les puristes prendront le soin d’orienter les entrées et cheminements principaux de leur jardin mandala selon les quatre points cardinaux, voire même d’y associer, en termes de cultures végétales, des plantes symbolisant les 4 éléments de la vie, eux aussi en lien avec les points cardinaux et leur symbolique. Cependant, en permaculture, point de dogmatisme : chacun fera son jardin mandala selon sa sensibilité, ses envies, son contexte, ses besoins…

Pour en savoir plus et voir nos conseils de réalisation, vous pouvez lire notre article dédié au jardin mandala en permaculture 😉 !

10. Les baissières et buttes associées

Les baissières sont des ouvrages de terrassement pouvant faire quelques mètres à plus centaines de mètres dans le but de capter les eaux de ruissellement pour les infiltrer durablement dans le sol et ainsi éviter l’érosion et la perte de nutriments. Ces noues d’infiltration suivent les courbes de niveau pour optimiser le captage et l’infiltration et sont constituées d’une partie creusée où va se stocker et s’infiltrer l’eau peu à peu, suivie d’une partie buttée qui sera un excellent support de culture. On peut réaliser à la main les plus petits ouvrages ou s’aider de machines type tractopelle quand les chantiers sont importants.

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Benjamin, fondateur de PermacultureDesign, en train de contrôler le niveau de sa baissière en cour de réalisation sur la ferme expérimentale de la Goursaline en Haute-Vienne.

Pour commencer, on réalise sur le terrain le tracé des différentes baissières que l’on a prévues, en amont, dans son design 😉 sur les courbes de niveau. Cela peut se faire à l’aide d’un simple niveau égyptien ou de matériel plus sophistiqué type niveau à eau électronique. On creuse ensuite une tranchée le long de ce tracé dont la largeur et la profondeur devront être ajustées selon le contexte (sol, pente, pluviométrie, etc.). La terre décaissée est utilisée pour former la butte juste après la baissière qu’on stabilise dans la foulée en semant par exemple des engrais verts type trèfle, luzerne, etc. Cette butte sera idéale pour implanter une grande diversité d’arbres, arbustes et autres cultures pérennes, car elle jouit d’une bonne irrigation passive et une profondeur d’enracinement importante. Découvrez, en vidéo, une réalisation de baissière par Benjamin Broustey lors d’un des premiers chantiers de PermacultureDesign, en 2012.

11. Les buttes en bottes de paille

Voici une butte de permaculture temporaire rapide à mettre en place et très utile quand on n’a pas accès au sol (contexte urbain) ou qu’on est en retard dans la préparation de ses supports de cultures. Elle se base sur la décomposition de la paille dans une botte bien serrée dont on veillera à placer les brins à la verticale pour une meilleure infiltration de l’eau et une meilleure pénétration des racines. Cette décomposition est enclenchée par une forte humidification et l’apport de matières azotées pour contrebalancer la tendance plutôt carbonée de la paille et apporter divers nutriments aux plantes cultivées. Ce type de buttes nécessite notamment de la paille de blé bio (pas toujours facile à se procurer) et un point d’eau facilement accessible à côté pour maintenir la botte constamment humide.

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Exemple de cultures potagères sur buttes en bottes de paille avec des plants de tomates, courgette, aubergines, salades, fraises… Source : lescomptoirsmitoyens.com

Cette butte en botte de paille conviendra bien à la transplantation de plants, mais beaucoup moins à des semis directs. Permettant une grande liberté de placement, on peut créer avec des circulations éphémères ludiques, mais elles restent assez anecdotiques en termes de productivité et ne conviendront pas à tous les contextes non plus ! Elles demanderont, par exemple, beaucoup de surveillance (notamment pour ne pas se dessécher !) et ne supporteront pas les situations trop venteuses

Des techniques de buttes de permaculture déclinées sous forme de bac de culture :

1. Le Wicking Bed

On pourrait traduire cet anglicisme par « Jardinière autonome » ! Il s’agit en fait d’un bac de culture hors-sol qui, relié à une arrivée d’eau type gouttière ou trop-plein de système de récupération par exemple, va être autonome en eau. On peut, en plus, le rendre autofertile en y ajoutant, par exemple, un composteur intégré comme dans un Keyhole.

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Exemple de wicking bed ou bac de jardin hors sol autonome en eau, très utile notamment en contexte urbain.

Ce type de bac de culture sera idéal dans les contextes urbains hors-sol (parking, trottoirs…), aux abords des maisons, sur les toits ou pour cultiver malgré des sols pollués ou ingrats. Pour plus de détails sur son fonctionnement et sa composition, lisez notre article sur ce bac de jardin surélevé autonome en eau !

2. Bac de jardin garni façon culture en lasagne

Quand on n’a pas accès à la terre, il est bon de savoir que la technique de la culture en lasagne peut être déclinée en pot ou en bac façon « mini lasagnes ». Le principe d’empilement de matières restera le même que dans une culture en lasagne classique…les différences seront surtout l’absence de couche de carton à remplacer plutôt par une couche de cailloux en fond de bac pour le drainage suivi ensuite de vos couches de matières vertes et brunes à humidifier en terminant, par une couche de terre/compost pour accueillir les plantations. Des bacs garnis façon culture en lasagne, sans contact direct avec le sol, permettent de cultiver dans des endroits à priori inadéquats comme un balcon, un parking goudronné… C’est donc une technique qui peut s’avérer très utile pour des projets de permaculture urbaine !

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Exemple de divers bac de jardin hors-sol installés à Montréal, pour éveiller les consciences et montrer qu’il est possible de produire fruits et légumes frais en plein coeur de la ville. ©lesmontrealistes.com

3. Bac de jardin garni façon Hugelkultur ou butte sandwich

Comme dans l’exemple précédent, on peut envisager de créer des bacs de culture hors-sol reprenant, dans une moindre mesure évidemment, des techniques de butte en Hugelkultur ou de buttes sandwich. La recette sera à adapter aux dimensions du bac de culture, mais le principe de base reste le même ;).

Peut-on faire de la permaculture sans butte ?

Après avoir lu toutes ses techniques de butte en permaculture, vous vous demandez peut-être si on peut faire de la permaculture sans butte ?

De même que « faire des buttes » n’équivaut absolument pas à « faire de la permaculture », « ne pas faire de butte » n’empêche pas de faire de la permaculture ! Les buttes sont une des nombreuses techniques contextuelles proposées (et non imposées) par la permaculture ! Donc oui, on peut faire de la permaculture sans butte ! D’ailleurs, selon les contextes, la permaculture pourra même nous inciter à faire l’inverse des buttes et à cultiver dans des creux ou des jardins en cratères !

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Parmi toutes les techniques de buttes de permaculture, finalement laquelle sera faite pour vous ?? Peut-être aucune, ou plusieurs à la fois…

Finalement, pour choisir votre support de culture, questionnez-vous sur vos objectifs, observez vos différents contextes (environnementaux et personnels), le temps que vous pouvez y consacrer, testez votre sol et expérimentez à petite échelle sur votre terrain ! Après quelques saisons de pratiques, vous pourrez sélectionner la technique qui vous conviendra le mieux !

Et pour gagner du temps et être guidé(e) pas à pas dans cette réflexion pour faire le bon choix dès le départ, faites-confiance à notre formation en ligne intitulée « Choisissez votre support de culture idéal ! » !

Bonne permaculture à toutes et à tous !

Trouvez rapidement quel type de butte il vous faut !

Devez-vous faire des buttes ou pas dans votre potager ? Si oui, quelle sorte de butte sera la plus appropriée pour VOUS ! Découvrez-le grâce à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal » qui vous fera gagner du temps et trouver facilement quel support de culture vous correspond le mieux ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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Une idée d’aménagement de jardin en permaculture : le changement de vie de Stéphanie

Découvrez, en vidéo, le jardin de Stéphanie, membre des formations de notre bureau d’études.  Stéphanie témoigne de sa rencontre avec la permaculture, de sa transition professionnelle et de son changement de regard sur le jardin, la la nature et la vie en général. Aujourd’hui en harmonie avec ses valeurs et son environnement, elle a retrouvé sa place dans l’écosystème et nous partage des conseils issus de son expérience ! Elle nous partage une idée d’aménagement de jardin en permaculture.

De l’entreprise de paysage à l’aménagement d’un jardin en permaculture : le changement de vie de Stéphanie

Le besoin de ralentir, de se poser !

« De par mes études, de par mon travail, je savais ce que c’est que la succession écologique. Je savais ce que c’était que les étagements de végétation, je savais ce que ça pouvait être éventuellement, même, le complément racinaire, des choses comme ça. Mais je n’avais pas compris cette succession écologique en terme d’énergie. L’esthétique est un moteur, mais voilà, cette histoire d’énergie que la nature met à faire les choses, et que nous, on s’efforce à contrer parce qu’on a un jardin et qu’on veut qu’il soit ouvert, parce qu’on fait de l’agriculture et qu’on veut que… et qu’on a des champs ouverts… et ben là on est constamment en lutte contre, quoi.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Affichage à l’entrée du jardin en permaculture de Stéphanie, appelé « l’île-jardin de Kervolan », ouvert au public tous les mardis du 15 mai au 15 septembre.

Bienvenue à l’Ile-Jardin de Kervolan, sur la commune de Saint Molf, et c’est à côté de Guérande, sur la presqu’île guérandaise. J’ai 55 ans, je suis géologue de formation. J’ai travaillé dans l’environnement depuis tout le temps. Je fais des boutures depuis que j’ai 4 ans, et j’ai eu aussi pendant 20 ans une entreprise de paysage, ce qui peut expliquer certains aspects du jardin. Et depuis un an et demi, j’ai cédé mon entreprise à deux de mes salariés, qui ont repris. J’avais vingt-quatre gars, parce que j’avais envie d’être tout le temps là.

J’ai surtout passé une année assez dense et assez compliquée, l’année de mes 50 ans. Avec autant de… pas de stress, mais d’événements heureux et malheureux. Donc je me suis dit, je n’ai qu’une envie, c’est ralentir. Et quand j’ai eu fait l’extension de cette maison, je me suis dit, là, ça y est maintenant, il faut vraiment que tu te poses. Et dans cette réflexion-là, forcément, on s’ouvre à autre chose, et moi j’ai rencontré d’abord la communication non-violente, et en même temps, je suis tombée sur la permaculture. J’ai commencé à me renseigner sur le sujet, à aller voir un ou deux lieux, pas tant que ça, mais à me renseigner surtout sur le sujet, et là ça m’a vraiment happée. »

Changer de vie et voir le positif en toute chose…

« Ça, c’est l’année de mes 50 ans. 19 avril 1964- 19 avril 2014. J’ai enterré les vicissitudes de la vie, et maintenant je ne vois que le côté positif des choses. Et je peux vous dire, ça marche ! Parce qu’après, quand on est dans cette ouverture-là, on fait plein de rencontres de gens, et les choses s’enchaînent les unes les autres avec des personnes positives. On fait un peu le ménage autour de soi, et après, voilà, on embrasse vraiment la permaculture, et on commence son changement personnel, à changer sa vie et puis à se poser des questions qui font du bien.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Symbole du changement de vie de Stéphanie, cette tombe dans laquelle elle a décidé d’enterrer les vicissitudes de la vie pour se mettre à voir le positif en toute chose.

Ce terrain, je l’ai acheté en 2000, en fait en juin 2000. Ça fait une vingtaine d’années. Il est assez long, 300 mètres de long et 80 mètres de large. Aujourd’hui, il y a 7000 mètres en jardin d’ornement, 4000-5000 mètres cultivés avec une approche vraiment permaculturelle, et puis une partie, un hectare, qui reste encore en prairie. Le point de départ, c’est une prairie, même une friche, avec juste trois chênes, qui m’ont fait acheter le terrain, mais où il n’y avait rien du tout, juste un petit hangar d’ensachage de sel, puisque c’était un paludier qui avait ce terrain avant. Son orientation, c’est est-ouest, sud-ouest, avec une problématique de vent dominant assez fort. On est à 4 kilomètres de la mer, et sur un point un petit peu haut, puisqu’on est +10 par rapport au niveau de la mer. Et donc, comme il n’y avait pas d’arbres, une problématique de vent d’ouest dominant très fort. La deuxième contrainte qui peut être un atout et un inconvénient, c’est que le terrain est très argileux. On n’est pas loin des marais salants, des marais de Brière, et donc c’est un terrain très, très lourd. Et la première année quand je suis arrivée au mois de juin, au mois de septembre, il a commencé à pleuvoir, et ça s’est arrêté au mois de juin de l’année d’après. D’abord j’ai pensé que je n’allais pas rester. Ça, c’est la première chose. Et ensuite, ça m’a vraiment fait prendre conscience qu’il fallait absolument gérer l’eau sur ce terrain.

Un toit végétalisé qui a été fait avec des dalles de parking. Voilà, j’avais une petite chute de dalle de parking. A un moment, je me suis dit, mais oui, c’est ça, il faut faire le toit. Et puis après, un petit peu de concassé, de briques, de pouzzolane, de compost, et puis un tapis de sédums. »

Laisser de la place à la nature et aux plantes sauvages dans l’aménagement du jardin…

« Sous ce cerisier, qui était planté tout seul au milieu de la pelouse, ce qui est une aberration, j’ai fait à l’automne dernier, un massif, c’est-à-dire qu’en fait j’ai utilisé ces copeaux de bois, comme ça, des gros morceaux de bois. Et j’ai posé ça directement au sol.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Stéphanie prépare ses plantations de massifs fleuris en couvrant son sol avec des morceaux de bois, un mulch durable qui protège le sol et l’enrichit au fil du temps.

Ça étouffe l’herbe. Ça me prépare mon terrain. Et puis, j’utilise aussi de la tonte. Globalement, ça finit par ameublir le terrain. Ensuite, j’ai planté mes petites boutures ou mes petites plantes, globalement des boutures. Et puis après, ça se débrouille, c’est-à-dire que je n’arrose pas, ou très très peu, vraiment, la première année. Et si je peux ne pas arroser, je le fais. Ce que je sais, c’est que l’année prochaine, ils vont être vraiment très bien installés, et là, ils vont commencer à profiter. Et l’avantage de faire comme ça, c’est que, bon là il a un peu plu, mais même cet été, je peux faire ça avec ma main dans le sol. L’utilisation de la vie du sol pour faire mon décompactage. Voilà. Chat pas très sympa, mais qui me tient compagnie depuis 15 ans.

Donc, je prépare toujours le paillage comme on a vu. J’ai une plante horticole, mais je laisse dans un premier temps s’installer les végétaux spontanés, et je n’enlève que ceux que je n’aime pas trop, ou qui ne fleurissent pas, ou que je sais qui vont être envahissants. Donc j’avais cette plante. Derrière, j’ai un petit fixateur d’azote, c’est un petit genista. Mais la mélisse est venue spontanément. Les digitales qui maintenant sont vraiment passées, sont venues aussi spontanément, mais au printemps, ça fait des grandes verticales. C’est joli. Et puis, elles se ressèment. Le petit soucis… Là, il y a eu des camomilles, à un moment donné, qui étaient jolies. Et des salicaires, qui sont venues aussi s’installer toutes seules. Et de la verveine de Buenos Aires, qui se ressème du massif d’à côté. Donc tout ça, ça me convient, et moi, je jardine avec ces plantes. Je les accepte. Elles font leur temps. Quand ma plante va être beaucoup plus grosse, j’en aurai moins, et puis voilà. Mais en tout cas, elles ont occupé le sol pendant un moment, elles ont fait la couverture du sol de façon naturelle. Et moi, ça ne me fait pas trop de boulot. »

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Le jardin au printemps, plein de vie et de couleurs notamment grâce aux adventices comme les digitales, ayant poussé spontanément et qu’elle conserve pour leurs élégantes inflorescences élancées.

L’importance du design et de la gestion de l’eau dans l’aménagement du jardin en permaculture

« En fait, je ne connaissais pas la permaculture quand j’ai investi cette terre vierge, là. J’ai simplement essayé de faire avec le plus de bon sens possible. J’ai un peu fait au ressenti parce que, par exemple, j’avais installé mon premier potager bien au sud à un endroit bien chaud. J’avais commencé à installer des brise-vents, des choses comme ça, mais je ne peux pas dire que j’avais un design de permaculture pour commencer cette partie-là du jardin en tous les cas. C’est plutôt mon histoire personnelle et mes intérêts et mes goûts de certaines périodes. C’est-à-dire que, à un moment où je m’intéressais à telle plante, j’ai favorisé cet endroit. J’ai voulu faire le potager, donc j’ai favorisé le potager.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Entrée de l’un des potagers en permaculture de Stéphanie où les fleurs et les plantes sauvages côtoient gaiement les légumes !

J’ai fonctionné un peu par famille de plantes au fur et à mesure que je les découvrais, et au fur et à mesure que j’apprivoisais cette terre, qui n’était pas du tout évidente à cultiver. Donc, c’est plus en fait des morceaux, une mosaïque de petits paysages, de petits éléments que j’ai juxtaposés. Et à un moment, je me suis dit, il faut faire l’unité de tout ça. Et quelqu’un m’a dit, mais il manque des chemins chez toi. Il n’y a pas de chemins. Il n’y a pas de lien. Et je me suis dit, mais oui, c’est ça. Et là, j’ai relié tous les bouts. Et là j’ai commencé à être cohérente dans ma vie, je pense. Ça veut dire que j’ai relié toutes les différentes périodes de ma vie pour arriver à un tout cohérent. Et je crois qu’aujourd’hui, je suis arrivée à quelque chose d’à peu près cohérent.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Pour retrouver de la cohérence dans sa vie et dans son jardin, Stéphanie a aménagé de nombreux chemins reliant harmonieusement les différents espaces.

Alors, Bretagne région pluvieuse, oui. Loire Atlantique, un petit peu moins que le reste de la Bretagne. La Vilaine fait vraiment une frontière naturelle qui agit sur la pluviométrie. On est sur 700 millimètres par an. Et aujourd’hui, je sais, parce que j’ai un collègue jardinier qui suit la pluviométrie pour MétéoFrance et qui nous envoie les compte-rendus tous les mois, qu’on est à -20% à fin août de la pluviométrie moyenne annuelle. Et ça, ça fait 3 ans.

Donc on le voit, moi je le vois vraiment sur l’implantation des nouveaux végétaux, qui n’ont pas vraiment le temps de s’implanter, qui manquent un petit peu d’eau au printemps, voire même en hiver. Donc tout ce que je peux faire, au maximum, pour garder l’eau dans mon sol, ça c’est Benjamin Broustey qui a dit lors d’une formation en permaculture, le meilleur réservoir, c’est le sol, et là j’ai vraiment capté, et je me suis dit, ouais c’est vraiment le truc qu’il faut faire. Donc le paillage, évidemment, les petites tranchées d’infiltration, les bassins partout, les cuves de récupération partout. Et même si mon objectif, c’est d’arroser le moins possible, j’ai des ressources d’eau un petit peu disséminées partout. Bon, à la fois c’est bon pour les oiseaux, les animaux, etc. J’ai normalement deux ressources d’eau par endroit, à peu près. Donc, multiplier les points d’eau.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Voici un des étangs aménagés par Stéphanie dans le but de récupérer et stocker un maximum d’eau sur son terrain. Elle a fait de la gestion de l’eau une de ses priorités et favorise ainsi une grande biodiversité !

Tout ce qui est toiture, tout ce qui est imperméable, c’est sujet à récupération d’eau. J’ai un étang qui s’assèche limite en été, et qui, par contre, a un trop plein, qui se déverse dans l’étang du voisin, avant de partir au milieu naturel. Mais il a toujours un débordement en hiver, et je me dit que j’ai encore un potentiel de récupération sur mon terrain puisque cet étang déborde. Mais, là en stratégie, elles sont multiples, mais obsession de faire infiltrer l’eau, ce qui n’est pas si facile en terrain argileux puisque, justement, elle ruisselle ou elle stagne. »

L’importance des relations humaines dans la réalisation d’un projet en permaculture !

« Et là on va quitter le jardin d’ornement, je dirais, pour arriver dans la zone plus naturelle et gérée en permaculture. Vous avez vu, il y a une légère déclivité de ce terrain de l’est à l’ouest, ce qui fait aussi qu’il est plus exposé au vent, qui en fait un atout. Dès qu’on a un terrain plat, si on peut aménager des niveaux ou faire des déclivités, je trouve ça plus intéressant, à la fois esthétiquement, d’un point de vue de l’eau, de la gestion de l’eau, etc. Je pense que c’est ces trois chênes qui faisaient la limite du jardin d’ornement. La raison pour laquelle j’ai investi cette partie, c’est après mon design de permaculture, avec Permaculture Design, je m’étais dit, je m’ouvre aux autres. Dernière tentative. Parce que sinon le projet, c’était faire ermite dans le jardin. C’était ce que je souhaitais, donc voilà, mes 7.000 mètres et tout ça. Et puis, quand j’ai décidé de switcher un petit peu, je me suis dit, il faut essayer de renouer un peu avec les gens. Les minéraux, les végétaux, c’est bien. Les animaux, j’ai zappé, mais les gens, peut-être, encore un coup, essaie. Et je me suis dit, tu ne peux pas jardiner toute seule non plus, j’ai pris conscience aussi de mes limites. Et il y avait un petit bout de potager qui était de l’autre côté, et je me suis dit, tiens, je pourrais le mettre à disposition de quelqu’un. J’avais mis une annonce sur Permaculture44 en disant: « Met à disposition 100m2 de potager, etc ». Et sur la route en allant au stage à La Goursaline, il y a une fille qui m’appelle et qui dit: « Je suis intéressée par votre potager ». J’ai dit: « Là ça ne tombe pas bien, rappelez-moi dans 15 jours ». Elle me rappelle 15 jours après, elle vient visiter. Et là, elle dit: « Oui, moi ça me plaît ici ». Elle fait le tour, on a fait le tour du jardin comme on fait là, et puis elle me dit: « Ouais, moi ça me plaît ici. Je reste! » « Euh… Tu restes, tu restes… Ben oui, oui ». « Ben si, j’ai mon camion, et tout. Est-ce que je peux dormir dans le camion? » « Euh, ben oui ». Alors moi, je n’avais pas vu ça comme ça. Je m’étais dit, c’est un petit vieux qui va venir jardiner une fois de temps en temps. Et puis là, c’était une fille qui avait 28 ans qui dit: « J’ai fait 10 ans de restauration, j’en ai marre. » Et finalement, Manu, elle est restée 2 ans.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Vue aérienne de la partie la plus récente du jardin, à vocation nourricière, aménagée en permaculture par Stéphanie avec l’aide de Manu qui lui a donné l’énergie d’investir cette partie du jardin !

Et on a cultivé des légumes, elle m’a donné un coup de main au jardin, et je pense que c’est elle qui m’a donné l’énergie d’aller investir la zone plus loin. C’est grâce à elle que je suis allée de l’autre côté. Et puis ça, c’était une belle histoire aussi, car, je l’ai aidée à monter un food truck végétarien, à base des légumes du jardin, et donc là, il y a un beau sujet, aussi, de réalisation de soi, je pense. »

Les deux conseils de Stéphanie issus de son expérience d’aménagement de son jardin en permaculture :

« Est-ce que je peux donner deux conseils, que j’aurais aimé connaître plus tôt… Le premier, c’est de ne pas se focaliser sur les limites immatérielles du terrain que sont les plans de cadastre, les plans de parcelle, les clôtures avec le voisin, le mur, ou des choses comme ça. Quand on fait sa carte des secteurs en permaculture, on étudie son facteur limitant. Moi, mon facteur limitant prépondérant, c’était le vent, et si j’avais su, j’aurais décalé légèrement la plantation des haies que l’on voit là, qui sont certes des haies brise-vents, mais pas suffisamment efficaces. Parce que bêtement, je les ai mises à 2 mètres des limites de propriété. Même largement plus, pour être dans la réglementation, et qu’on ne m’embête pas avec les hauteurs, pour pouvoir les laisser pousser librement comme elles sont. Mais, je les ai quand même mises dans l’alignement de ma parcelle. Alors que si je les avais inclinées ne serait-ce que de 25 degrés ou 30 degrés en biais, dans la parcelle, ça changeait tout au niveau de mes brise-vents, et ça aurait été d’une efficacité largement, mais largement supérieure par rapport à celle d’aujourd’hui. Si vous avez des brise-vents à faire, plantez dense, et plantez vraiment perpendiculairement au vent. Ne vous fiez pas à vos limites de propriété.

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

La matière organique, « c’est de l’or » pour le jardin nous dit Stéphanie, il faut en récupérer et en donner au sol un maximum !! Ici une partie mise à composter en tas est prête à être utiliser !

Et puis le deuxième, aussi, dont je mesure l’efficacité tous les jours aujourd’hui, c’est le mulch, la diversité des paillages, et l’apport de matière organique au sol. Pareil, mon expérience de paysagiste m’a montré, allez, 98% des jardins que je voyais, crevaient de faim. Le mien aussi, ce n’est pas 2 centimètres. C’est 10 centimètres, c’est 20 centimètres. Vous pouvez y aller sur les paillages. Paillez avec tout ce qui vous tombe sous la main, du foin, de la paille, des feuilles. Parce qu’en fait, si vos végétaux ne poussent pas vite, c’est parce que votre sol n’est pas vivant. Il faut voir le sol comme un énorme tube digestif qui est capable de tout avaler ce qu’on lui met. Et plus il mange, plus il a de vie, plus il restitue sa porosité, plus il stocke l’eau, plus le végétal va bien se porter, plus il va nourrir aussi le sol. Et là, on rentre dans un cercle vertueux qui vraiment s’accélère aussi au fil des années. Récupérée auprès des paysagistes, dans les déchèteries, auprès de vos voisins s’ils n’ont pas compris que la matière organique, c’était de l’or, ben tant pis, récupérez-la chez vous. »

Grâce à la permaculture, Stéphanie a aménagé son jardin, s’est ouvert aux autres et a changé de vie pour retrouver sa place dans l’écosystème et de l’harmonie dans sa vie de tous les jours !

Vue de la haie-brise installée en limite de propriété par Stéphanie.

Se sentir à sa place dans l’écosystème !

« Aujourd’hui, je me sens à ma place dans l’écosystème. J’avais envie d’harmonie… et aujourd’hui, j’arrive à ça. Le passage par PermacultureDesign m’a permis de concrétiser cette transition, même si j’y pensais avant et que ça a continué après. Ça a été un déclencheur de ma décision d’ouvrir le jardin à la visite, de faire rentrer les gens dans mon univers qui était entièrement personnel, donc de m’ouvrir aux autres. Ça m’a aidé à prendre cette décision de décroissance. J’ai vu que je n’étais pas toute seule. J’ai confiance en l’avenir. Je n’ai même pas peur, même pas peur. C’est ça la conclusion, c’est que même pas peur, quoi. Je suis tellement sûre d’être à ma place. Je ne suis plus en lutte contre, même dans ma vie. Avant, j’étais: Tu t’accroches, tu sers les dents, et puis tu y vas… Tu es malade, ben c’est bon, tu vas bosser. Et bon, voilà, maintenant je ne suis plus là-dedans, je m’écoute un peu plus. J’ai appris à m’occuper de moi. La permaculture, c’est être responsable aussi, et c’est ça qui me plaît. C’est ça qui m’a accroché dans les idées de la permaculture, c’est qu’on est responsable. Ça commence par nous, on a toutes nos décisions en main. Voilà, moi, ce que je pense, mais intimement, mais ça c’était depuis fort longtemps, c’est qu’on a toujours le choix.

Quand quelqu’un me demande, je dis : Ben, pose-toi la question : de quoi j’ai envie ? Qu’est-ce que je veux faire de mes vingt prochaines années ? »

Mots clés
Aménagement jardin, Idée aménagement jardin, Amenagement jardin, ??? ,formation, permaculture, design, permacultureDesign
#PermacultureDesign #Permaculture

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Suspension des activités du Sens de l’Humus

Bonjour à toutes et tous,
Les activités d’accueil du Sens de l’Humus sont suspendues
pour les prochaines semaines (jardin solidaire, formations, ateliers, etc).
Nos jardins Pouplier et Gobetu seront fermés au public jusqu’à nouvel ordre.

Portez-vous bien.
Profitez-en pour ralentir, lire, écrire, vous informer.
Pour affûter votre esprit critique.
Désapprendre à faire mille choses à la fois pour
retrouver du plaisir paresser. 
A très bientôt,

Formation à l’Agriculture Naturelle sur deux jours les 14 et 15 mars 2020

Formation à l’Agriculture Naturelle sur deux jours destinée aux jardiniers amateurs ou avertis, et aux maraîchers curieux.

Samedi 14 dimanche 15 mars 2020
Maison des murs à pêches
89, rue Pierre de Montreuil – 93100 Montreuil

L’agriculture naturelle, mise au point par le Japonais Masanobu Fukuoka dans les années 1970, auteur de « la révolution d’un seul brin de paille » est une agriculture basée sur trois principes:
– un sol jamais travaillé et toujours couvert,
– sans engrais ni compost,
– sans pesticide, biologique ou de synthèse.

L’utilisation de couverts végétaux semés entre chaque culture permet d’héberger et de nourrir la vie du sol, qui à son tour alimentera les plantes destinées à la consommation humaine. C’est également ce qui permet l’autonomie en carbone sur une ferme ou un jardin, donc de ne pas déshabiller Paul pour habiller Jacques, de pouvoir se passer d’intrants, de laisser le tracteur au garage, de ne plus éradiquer tous les insectes ou champignons dit « nuisibles », et enfin de cultiver des plantes saines et nutritives. L’agriculture depuis 10000 ans, qu’elle soit bio ou conventionnelle, est cause de pollution, de désertification et de la disparition des espèces. Cultiver en respectant les lois du vivant est un préalable à toute agriculture qui se veut durable.

Formation proposé par Yann Lopez, maraîcher en Haute Vienne.
La ferme des Jardins Sauvages est en agriculture naturelle depuis 2014, et fournie 30 paniers de légumes hebdomadaires. Le maraîchage est certifié AB, n’utilise aucun hybride F1, et propose plus de 60 légumes différents pour 300 variétés.

Le but de cette formation est de rendre le jardinier amateur autonome dans sa conception d’un potager naturel et dans sa pratique. Mais aussi de porter un regard nouveau sur notre rapport à la nature et à l’alimentation.

Site internet de la ferme: https://lesjardinssauvages.jimdofree.com/

Au programme :
Samedi matin : Les bases de l’agronomie
Samedi après-midi : De la théorie à la conception d’un jardin naturel

Dimanche matin : Les couverts végétaux, la solution pour un jardin toujours couvert et jamais travaillé
Dimanche après-midi : Des légumes au Jardin

– Qu’est ce que le sol?
– Revoir les bases de l’agronomie en sol non travaillé et travaillé,
– Revoir tout le vocabulaire et tout ce qu’il y a derrière: qu’est ce que le sol, l’humus, le compost, les bactéries, les champignons, la matière organique, la fertilité, le ver de terre, la permaculture, le label bio,…etc
– L’histoire de l’agriculture sous un autre angle
– Le C/N
– Planifier la fertilité et la fertilisation
– Qu’est ce que l’agriculture naturelle
– Les couverts végétaux : les différentes espèces, savoir définir ses objectifs, faire son mélange et gérer du semi à la destruction
– La gestion de l’enherbement
– La gestion des ravageurs
– Les plantes bio indicatrices
– Itinéraire technique de différentes cultures en sol non travaillé
– Planifier les rotations
– Comment démarrer sur un sol travaillé ou non travaillé

Attention, le nombre de places est limité.
Il est impératif de suivre les deux jours de formation.

L’intégralité de la formation à lieu en salle chauffée.
Tarif : 80 euros pour les deux jours.
L’intégralité de la formation est à payer sur HelloAsso

Horaires : de 9h00 à 17h00 (prévoir de terminer à 18h00 au cas où).

Attention la formation démarre à 9h00 pétante ! Merci de venir en avance, des collations (thé, café, gâteaux…) vous seront offertes.
Le repas du midi aura lieu en mode partagé (auberge espagnole). Merci d’amener vos spécialités culinaires et vos couverts (verres, tasses, couteaux, fourchettes, assiettes…)
Le dimanche soir lors de la clôture de la formation nous organiserons un petit pot de l’amitié.

La formation aura lieu à la Maison des murs à pêches au 89, rue Pierre de Montreuil à Montreuil (93100)

10 astuces pour augmenter vos récoltes…

C’est un vrai bonheur de déguster ses fraises, ses framboises et autres petits fruits, si chers dans le commerce et pourtant si faciles à cultiver soi-même en abondance sans trop effort ! Quelle joie de réaliser un excellent repas avec les produits de votre jardin dont vous découvrirez, en plus, les goûts inimitables, reflets de la richesse de votre terre !

Ainsi, faire le choix de cultiver soi-même une partie de sa nourriture procure beaucoup de plaisirs et de fierté en plus du fait que cela vous apporte des aliments sains, délicieux et beaucoup plus nutritifs que ceux que vous pourriez trouver en supermarché !

On peut ajouter que si l’on souhaite voir notre système agro-alimentaire dégénérescent et destructeur de la vie évoluer, l’acte de jardiner et d’auto-produire sa nourriture devient un véritable acte militant pour l’environnement et sa santé.

Illustration BD de l'autonomie en ville

Cela peut cependant sembler réservé aux chanceux ayant un espace suffisant pour créer un potager digne de ce nom. En fait, il n’en est rien car même dans un espace très restreint, sur le pas de votre portevous serez surpris de la diversité et de l’abondance de ce que vous pourrez produire en suivant quelques conseils simples 😉

Ça vous dit d’essayer ?

Alors, voici une compilation de 10 astuces souvent utilisées par les permaculteurs pour obtenir de belles récoltes, quel que soit l’espace que vous y consacrerez !

1. Nourrissez votre sol

On ne le dira jamais assez : pour qu’un sol soit fertile, il doit être vivant ! Et pour favoriser le développement de la vie dans votre sol, il faut le nourrir ou plutôt nourrir les millions de micro-organismes qui le peuplent et en font la richesse. Pour ce faire, il faut couvrir votre sol (le « mulcher ») c.-à-d. apporter en surface de la matière organique qui sera petit à petit mangée, digérée et transformée en humus par les organismes vivants du sol parmi lesquels l’indispensable et au combien précieux ver de terre !

Pour cela, plusieurs possibilités que vous choisirez en fonction de votre type de sol et de ce que vous pourrez le plus facilement vous procurer dans votre contexte : il peut s’agir d’herbe de tonte, de paille (bio, c’est mieux 😉 ), de feuilles et brindilles mortes, d’épluchures de cuisine (compostage de surface), de carton (en évitant les cartons trop encrés ou avec trop de colle), d’adventices ou de plantes dédiées au mulch simplement coupées et laissées en surface (technique du « chop and drop ») ou encore de BRF (Bois Raméal Fragmenté).

En suivant le principe de permaculture « Favoriser la diversité », vous pouvez ainsi choisir plusieurs de ces « ingrédients » en fonction de ce que vous avez de disponible facilement et faire votre propre « recette » en les mélangeant pour obtenir un vrai régal pour micro-organismes et vers de terre ! Pour booster votre mélange, apportez-y quelques poignées de cendres de bois (riches en calcium, phosphore, potassium et magnésium) ou encore du fumier composté (par exemple, les poules fournissent pour cela une excellente matière première via leurs déjections quotidiennes) à condition de savoir de quels animaux provient votre fumier, histoire qu’il ne soit pas bourré d’antibiotiques et autres substances chimiques données à tour de bras dans certains élevages…

Buttes de cultures mulch

Terrasses de cultures en escalier mulchées pour l’hiver!

En bonus, une bonne épaisseur de matière organique (10 à 15 cm), en plus de nourrir votre sol, limitera grandement la levée des adventices (même si certaines peuvent être bénéfiques à votre sol et délicieuses à manger, mieux vaut leur réserver un espace dédié à leur développement naturel sauvage). Vous réduirez ainsi la concurrence pour les nutriments du sol avec vos plantes cultivées.

Plantés serrés, les végétaux peuvent être de véritables mulchs vivants, créateurs de micro-climats et de nombreux bienfaits. Source PermacultureDesign

Plantés serrés, les végétaux peuvent être de véritables mulchs vivants, créateurs de micro-climats et de nombreux bienfaits.

2. Augmentez votre surface de culture sans augmenter l’encombrement au sol

Mis à part dans certains contextes (terrain très venteux et/ou très sec notamment ou sol trop drainant) où cela ne sera pas la solution la plus pertinente, il est possible d’augmenter sa surface de culture sans augmenter l’encombrement au sol en créant certains types de buttes de permaculture comme par exemple des ados de terre arrondis. Ainsi, au lieu de tout planter à plat sur un même niveau, vous créerez des pentes et des microclimats : le point haut de votre dôme de terre favorisera la captation de lumière, de chaleur et augmentera la profondeur de sol dans laquelle les racines de vos plantes pourront se développer ; il y aura une pente plus exposée au soleil que l’autre, des parties plus ombragées… Vous pourrez ainsi disposer vos végétaux sur plusieurs niveaux selon les exigences d’ensoleillement et de chaleur propre à chacun.

Par exemple, les fraisiers sauvages, souvent très productifs, se développent bien à l’ombre des feuillages d’autres légumes comme les salades, les carottes, les épinards, les poireaux… Les radis se plaisent aussi beaucoup à l’ombre des plants de tomates, de poirées ou de haricots que l’on mettra en haut du dôme de culture et auxquels ils serviront en plus de couvre-sol pour maintenir la fraîcheur de la terre et limiter l’évaporation. Même utilisation avec la mâche qui, en plus d’apprécier tous les types d’expositions (ombre, mi-ombre, soleil), s’entend bien en terme de voisinage avec tous les légumes du potager. Le navet est aussi un bon voisin qui aime le soleil au printemps et la mi-ombre en été, le placer à l’ombre d’un pied de maïs, de pois, de tomate ou encore de céleri est donc une combinaison gagnante ! Bref les possibilités d’associations et de dispositions en étages de vos cultures sur votre butte sont innombrables, c’est pourquoi il vous faudra, en amont de vos plantations, lister ce que vous souhaitez y inclure et positionner chaque légume, fruit ou fleur dans les conditions d’ensoleillement et zones de microclimats qui lui seront les plus favorables ! Ainsi, grâce à votre butte de culture, non seulement vous augmenterez votre surface cultivable, mais en plus vos cultures seront dans les conditions optimales à leur épanouissement !

Culture multi-étagée, imitation de la forêt façon comestible chez notre amie Maria au Blé en Herbe.

Culture multi-étagée, imitation de la forêt façon comestible chez notre amie Maria au Blé en Herbe.

3. Arrêtez de tout mettre en rang

Dans les potagers classiques, les légumes sont comme de petits soldats tous bien en rang et le jardinier passe une bonne partie de son temps à biner entre ses rangs de légumes pour enlever les « mauvaises herbes » indisciplinées ! En permaculture, la base est l’observation de la nature et son imitation pour arriver à des écosystèmes productifs, résilient et biodiversifiés. La nature nous montre notamment qu’elle a horreur du vide et des sols à nu, aussi remplit-elle tous les espaces de terre laissés libres, c’est pourquoi mieux vaut privilégier les petits systèmes intensifs, plantés densément autrement qu’en ligne pour utiliser au mieux l’espace disponible et par conséquent d’augmenter vos récoltes.

Vous pouvez par exemple planter en triangle plutôt qu’en rang des végétaux à haut développement comme les fèves, les tomates, les pois, les haricots, les choux, le maïs… et semer entre eux, au milieu du triangle, des couvre-sols ou des racines au développement aérien moins important.

Vous pouvez aussi semer densément à la volée différents types de végétaux (ayant différents niveaux et/ou périodes de développement) sur des espaces réfléchis pour être accessibles facilement de partout et favorisant l’effet de bordure comme les espaces en forme de trou de serrure par exemple. Ensuite, le type de forme et d’aménagement pour vos plantations dans votre potager n’aura comme limites que celles de votre imagination ! Alors, laissez tomber le schéma classique des rangs, laissez parler votre créativité, votre sensibilité en observant la nature autour de vous et en vous appuyant sur les principes de permaculture pour créer un potager original qui vous ressemble !! Et pour être sûr de ne pas vous tromper de support de culture et utiliser celui qui correspondra le mieux à votre contexte et vos objectifs, découvrez notre formation « Choisissez votre support de culture idéal ! ».

4. Valorisez la 3ème dimension : la hauteur

En observant une forêt, on voit bien que la nature utilise tous « les étages » à sa disposition des couvre-sols à la canopée… Vous pouvez imiter cela en créant différents « étages » dans votre potager et notamment en valorisant la 3eme dimension, la hauteur.

Salade qui poussent dans gouttiere

Photo : Flickr.com/blaineo

En installant des treillis, de simples piquets ou tout autre support vertical à votre portée (structure en osier par exemple), vous pourrez faire courir dessus, à différents niveaux tout un tas de plantes annuelles et notamment les grimpantes comme les courges, les concombres, les haricots, les pois qui libéreront de la place au sol pour d’autres cultures ne pouvant pas s’élever naturellement comme les  légumes racines…

Si votre espace vous le permet et que cela est pertinent par rapport à votre contexte et votre projet, vous pouvez en plus de supports verticaux inertes cités précédemment introduire dans votre « écosystème cultivé » l’une des pièces maîtresses de la nature : les arbres ! En plus de vous apporter des récoltes supplémentaires (fruits, fleurs, bois, mulch de feuilles mortes…), ils pourront être le cœur d’un groupe de cultures multi-étagées et le support de grimpantes annuelles ou persistantes comme le kiwi. Ils apporteront bien plus encore à votre environnement : attrait pour la faune sauvage, ombrage et selon le type d’arbre fixation d’azote dans le sol et donc fertilisation de votre terre sans aucun effort de votre part. Attention, tout de même de ne pas planter à la légère ! Il est primordial de bien réfléchir par rapport à votre contexte, au type d’arbre que vous souhaitez implanter et à son emplacement en prenant en compte son développement et sa taille à maturité pour bien le positionner par rapport aux autres éléments de votre système !

Courge grimpante, astuce jardinage en permaculture

Les courges adorent grimper sur tous les supports qu’on leur offre à disposition!

5. Créez vos propres « guildes » potagères

Une « Guilde » est une association de plantes complémentaires entre elles, qui s’apportent des bénéfices mutuels et revêtent différentes formes végétatives (racines profondes et racines superficielles) leur permettant de ne pas être en concurrence pour l’accès aux nutriments du sol. Ces plantes peuvent s’échanger divers services : fertilisation, action répulsive ou toxique sur des insectes ravageurs, lutte contre des maladies, attraction de pollinisateurs ou d’auxiliaires, stimulation de la croissance, etc. Vous pouvez utiliser ce système de guilde au potager !

Les 3 soeurs

Les 3 soeurs

Par exemple, on parle souvent de la combinaison amérindienne des « 3 sœurs » : un pied de maïs sert de tuteur à un haricot grimpant fixateur d’azote pendant qu’une courge leur sert de protection en couvre-sol ! Mais il existe une infinité d’autres associations potagères bénéfiques (attention, il en existe aussi des mauvaises), relater dans de nombreux ouvrages, nous n’en ferons donc pas la liste complète ici, ce serait impossible, mais en voici quelques exemples pour vous donner des idées : associer les carottes aux oignons ou aux poireaux permet d’éloigner la mouche de la carotte et celle du poireau et de l’oignon, de même carotte et tomate s’associent bénéfiquement, car la tomate éloigne la mouche de la carotte et la carotte éloigne les pucerons des tomates.

La bourrache éloigne la piéride du chou, le lin semé à côté de pomme de terre ou d’aubergine éloigne les doryphores, les fraisiers associés aux poireaux stimulent la croissance de ces derniers, associés avec l’ail, les fraisiers sont préservés de la moisissure grise, avec les salades, leur production de fraises est stimulée, de même pour l’oignon et la blette qui se stimulent l’un et l’autre… Les aromatiques permettent aussi de fantastiques associations bénéfiques, associer tomate, basilic, échalote et persil et vous aurez en plus dans un même espace tous les ingrédients d’un savoureux coulis : la tomate aide à la germination du persil, le basilic favorise la croissance des tomates et renforce leur saveur, avec le persil et l’échalote, ils éloignent aussi certains parasites de la tomate, c’est donc un quatuor gagnant ! La coriandre éloigne les pucerons et attire les pollinisateurs…

Bref, à vous de jouer pour créer vos propres guildes potagères en fonction de vos goûts, de vos envies et de votre contexte !!

6. Programmez les successions dans vos cultures

Pendant l’hiver, au coin du feu, lorsque le jardin semble endormi, prenez le temps de réfléchir à vos semis et plantations de l’année à venir pour faire en sorte que plusieurs plantes puissent se succéder sur un même espace tout au long de la saison de culture. Cette succession végétale programmée augmentera de beaucoup vos récoltes et surtout leur étalement sur toute l’année. Ainsi on peut, par exemple, commencer sur un espace avec des pois à écosser précoce au printemps qui seront suivis de salades d’été elles-mêmes suivies à l’automne de semis de fèves qui passeront l’hiver (à condition d’avoir des hivers peu rigoureux)… L’astuce est de jouer sur les variétés en les choisissant plus ou moins précoces selon vos besoins ; d’associer densément sur un même espace des plantes aux développements racinaires différents ou à vitesse de maturation différente (comme le panais à maturation lente et le radis flamboyant à maturation rapide) ou encore de faire des semis de différentes variétés de plantes dont certains resteront en place et d’autres seront transplanter ailleurs le moment voulu, mais tous auront germé ensemble sur un espace restreint biodiversifié. Alors, prenez le temps de réfléchir à vos successions potagères, vous ne serez pas déçu !!

7. Prolongez la saison des récoltes

En observant votre lieu, vous avez dû repérer différents microclimats plus ou moins favorables aux cultures potagères, des endroits particulièrement bien ensoleillés sur l’ensemble de la journée, d’autres abrités des vents, plus chaud ou plus froid. Il faut tirer profil de cette observation pour positionner au mieux vos espaces de culture afin de prolonger la saison des récoltes quand faire se peut, soit en commençant plus tôt au printemps, soit en terminant la saison le plus tard possible à l’automne !

Par exemple, faire des semis en intérieur ou utiliser un châssis froid pour faire pousser vos plants dès que la température le permet peuvent aider à commencer la saison des récoltes plus tôt. Positionner des espaces de cultures dans les endroits les mieux ensoleillés (à condition qu’ils soient aussi à l’abri des vents dominants) permet à la terre de mieux se réchauffer au printemps et de profiter de l’ensoleillement le plus longtemps possible à l’automne. Si vous avez la place, l’installation d’une serre est aussi un formidable moyen de prolonger la saison des récoltes !!!

Aménagement d'une serre selon les principes de permaculture.

8. Faites la part belle aux vivaces

L’installation de plantes vivaces au potager est extrêmement intéressante, car non seulement elles permettent, elles aussi, de prolonger la saison de récolte (car elles s’épanouissent souvent plus tôt au printemps que les variétés annuelles), mais en plus, car elles se renforcent généralement d’année en année augmentant ainsi leur rendement par pied ! En plus, elles ne demandent que très peu d’efforts de la part du jardinier et peuvent rester en place très longtemps ! Quel bonheur de récolter dès le début du mois de mars les jeunes pousses d’asperges tendres ou de déguster de la rhubarbe sans avoir eu rien d’autre à faire que de les mulcher généreusement en hiver et de les découvrir au printemps !!! Les vivaces sont en cela merveilleuses, car extrêmement généreuses et rustiques, il serait donc dommage de s’en priver, surtout qu’il en existe pour tous les goûts !!!

9. Apprenez à redevenir cueilleur !

Pour augmenter vos récoltes alimentaires, rien de mieux, en terme de nutriments notamment, que d’apprendre à redevenir cueilleur et consommateur de plantes sauvages comestibles ! Véritables cadeaux de la nature, poussant en abondance et ne demandant AUCUN effort de la part du jardinier, les plantes sauvages comestibles ont énormément de bienfaits à nous apporter pour peu que l’on se donne la peine de les reconnaître, les cueillir et les accommoder  😉 !!! Si vous souhaitez, dès maintenant, vous y mettre, nous vous conseillons une formation vidéo en ligne très complète et très bien faite, créée par Florence Laporte, guide nature depuis plus de 20 ans. Florence est une passionnée qui saura vous transmettre simplement ses connaissances pour vous permettre d’identifier sans équivoque plus d’une cinquantaine de plantes sauvages que vous pourrez ensuite réintroduire facilement et sans crainte dans votre quotidien grâce à ses recettes et astuces pour les cuisiner ou les transformer en produits de soins et de bien-être (pommades, élixirs, huiles végétales, alcoolats, balnéothérapie…) ! Un formidable outil d’apprentissage pour réellement redevenir cueilleur en toute sérénité !

Cueilleur en pleine récolte de plantes sauvages comestibles

Cueilleur en pleine récolte de feuilles de capucines…

10. Voyez au-delà de vos récoltes palpables…

Faire pousser ses légumes, fruits et fleurs procure des récoltes matérielles palpables… mais cela apporte beaucoup plus : la joie et la fierté de voir germer et se développer ses propres plants, le bonheur de manger ce que l’on a soi-même fait pousser, la beauté de la nature à contempler, des oiseaux à écouter chanter, le plaisir de partager ses récoltes avec son entourage en créant par la même du lien social, l’entretien de la forme physique et notre santé par une alimentation saine, la stimulation de la créativité, la sérénité, le bien-être de retrouver sa place dans son environnement et de se reconnecter à la notre terre mère… autant de « récoltes », certes non palpables et non quantifiables, mais au combien importantes à retrouver dans notre société !!!

Édité en 2016, retrouvez notre article sur ce livre en cliquant ici.
Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Légumes vivaces pour un potager perpétuel »

Des légumes toute l’année, un potager productif, peu d’entretien

Livre de Xavier Mathias
120 pages, édité par Rustica en mars 2016, collection Conseils d'expert.

Prix : environ 24,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon   |   Decitre  |  Unithèque  |  Fnac

Astuce supplémentaire : offrir le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs !

Les insectes pollinisateurs sont de véritables alliés du jardinier puisqu’ils conditionnent la quantité de nombreuses récoltes au potager et au verger. En favorisant l’accueil de ses pollinisateurs chez vous par l’implantation de compositions végétales adaptées, vous améliorerez aussi grandement vos récoltes ! Cliquer sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus.

La haie des abeilles

Augmentez et protégez vos récoltes fruitières et légumières de façon significative en attirant dans votre jardin un maximum de pollinisateurs grâce à « la haie des abeilles » !

Mots clés
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La ferme Ridgedale Permaculture, de Richard Perkins en Suède

« Au nord, il y a les Corons » selon la chanson, mais encore plus au nord, sur le 59ème parallèle, près de Sunne en Suède se trouve la Ridgedale Permaculture, une propriété de 5 hectares qui est le lieu permaculturel le plus septentrional de la planète. Cette ancienne ferme abandonnée a été transformée par Richard Perkins et sa compagne Yohanna Amselem pour devenir un centre d’agriculture innovante et une structure de formation basée sur l’apprentissage de méthodes de culture régénératrices. 
Ridgedale Permacultureest une ferme innovante, résiliente et rentable créée par Richard Perkins en Suède.

Vue aérienne de la ferme Ridgedale Permaculture près de Sunne en Suède. Crédit photo © http://www.ridgedalepermaculture.com

L’objectif de Richard Perkins et Yohanna Amselem : œuvrer pour un meilleur avenir

Pour Richard et Yohanna, le commencement a été assez difficile, car, il y avait tellement de travail à faire, de règlementations à comprendre, de grosses responsabilités à assumer, de modèles et de principes permaculturels à adapter à la petite échelle de leur propriété. Sans manuels, sans aide des autorités, il a fallu tout inventer. Les représentants de la commune semblent eux-mêmes manquer de vocabulaire pour qualifier cette exploitation. Est-ce une ferme, un jardin ? Peu importe le nom que les autorités pourraient donner à leur propriété, peu importe le regard suspicieux des voisins au lancement du projet, le désir de Richard et Yohanna de construire quelque chose de différent a été plus fort.
Ridgedale Permacultureest une ferme innovante, résiliente et rentable créée par Richard Perkins en Suède.

Richard Perkins et Yohanna Amselem, fondateurs de la ferme Ridgedale Permaculture. Crédit photo © http://www.ridgedalepermaculture.com

Cette volonté d’œuvrer pour un avenir meilleur anime Richard depuis qu’il a 15 ans et n’a fait qu’accroître avec la naissance de sa fille Gracie. C’est pour qu’elle grandisse libre et hors du moule social, pour qu’elle vive de façon spontanée, respectueuse et responsable qu’il a bâti cette ferme. Cette ferme, c’est l’école de la vie pour Gracie et pour tous ceux qui s’y forment !

Une volonté de formation à la gestion de la ferme et à la permaculture

Ridgedale Permaculture est peuplée de personnes de nationalités et d’horizons divers qui vivent en communauté et mettent leurs forces en commun pour vivre libres, heureux et créer un monde meilleur. Ici pas la peine d’être bardé de diplômes ou de connaissances pointues, c’est la motivation qui prime et qui fait avancer les différents projets. Des stagiaires désireux d’apprendre à gérer une ferme et à se former en permaculture s’investissent bénévolement et participent au bon fonctionnement de la ferme parce qu’ils sont conscients du besoin urgent de transition. 

Même si ce genre de gestion sociale, basée principalement sur des stagiaires non rémunérés, nous laisse un peu perplexes au sein du bureau d’études, Ridgedale Permaculture est quand même un lieu remarquable, très inspirant, qui utilise beaucoup de techniques d’autres lieux exemplaires en permaculture et prouve, une fois de plus, leur efficacité.

Favoriser la diversité des activités dans le respect de la nature

Plusieurs activités se combinent à Ridgedale Permaculture. On y produit des œufs et des poulets de chair, des fruits et légumes issus du maraîchage, mais toujours avec le respect de la terre et l’utilisation de méthodes douces qui visent à régénérer les sols.
Dans cette ferme avicole, les principes fondateurs de la permaculture sont appliqués de façon responsable pour régénérer les paysages, mettre en place des écosystèmes riches, restaurer les sols et produire durablement.
Techniques innovantes et gestes ancestraux s’y entremêlent pour un résultat résilient, stimulant localement et rentable. 
Le foin est récolté de façon manuelle, les poules ont des poulaillers mobiles et sont en pâtures libres, l’abattage est tout aussi respectueux que l’élevage. D’ailleurs à Ridgedale Permaculture, le respect est une valeur fondamentale : respect des cycles naturels, respect des plantes, des animaux et des personnes, respect de la terre.
Ainsi plutôt que de vendre les pins de sa forêt, qui lui procureraient une entrée d’argent considérable, Richard a décidé d’y faire construire des cabanes dont la location assurera des subsides et évitera l’abattage, l’érosion et la déforestation outrancière.
Ridgedale Permacultureest une ferme innovante, résiliente et rentable créée par Richard Perkins en Suède.

Plutôt que d’abattre les arbres pour vendre leur bois, Richard construit des cabanes dans sa forêt de pins qui pourront ensuite être louées. Crédit photo © Olivier Asselin, Possible Media

Une autre vision de la vie…

Quand on lui parle « travail », Richard répond avec sagesse et philosophie qu’« il n’y a pas de travail. Travailler, jouer, se reposer et apprendre, c’est un tout, c’est quelque chose d’amusant appelé la vie ». Et quand le regard des voisins devient respectueux et admiratif devant le travail accompli, c’est que le pari fou a été gagné !

Notre partenaire et ami Olivier Asselin, de Possible Média vient de consacrer tout un documentaire à la ferme Ridgedale permaculture que nous vous invitons à découvrir dans cet article pour en savoir plus sur ce lieu permacole remarquable. Ce film s’intitule « Gracie’s backyard » en référence à la fille de Richard et Yohanna qui profite bien de la vie sur cette ferme hors du commun.

Ridgedale Permacultureest une ferme innovante, résiliente et rentable créée par Richard Perkins en Suède.

Gracie, la fille de Richard et Yohanna, n’est jamais très loin de son papa, elle adore donner des coups de main et apprendre avec lui. Crédit photo © Olivier Asselin, Possible Media

Sources photo et informations complémentaires sur Ridgedale Permaculture (site en anglais) :
http://www.ridgedalepermaculture.com/

Sources photo et informations complémentaires sur le film documentaire « Gracie’s backyard » :
https://www.possiblemedia.fr/gracies-backyard/?ref=2

Transformez vos poules en véritables auxiliaires du jardinier !

Sur sa ferme, Richard Perkins utilise des « tracteurs à poules » dans lesquels ses poules « jardinent » pour lui, préparant le terrain avant culture. Grâce à notre formation en ligne « Les poules et le poulailler en permaculture », concevez, vous aussi, votre petit élevage pour qu’il soit adapté à vos objectifs et votre contexte, avec des poules épanouies et un maximum de résilience et de synergies avec votre jardin, votre potager, votre verger… Pour en savoir plus sur cette formation complète et son contenu, cliquez sur le bouton ci-dessous !

Invitez la permaculture dans votre jardin
Grâce à cette formation vidéo en ligne, apprenez à concevoir votre poulailler en permaculture pour avoir de bons œufs frais, des poules épanouies et autonomes qui vous aident au jardin tout en faisant des économies de temps, d’argent et d’énergie pour une installation sereine, bien dimensionnée et vraiment adaptée à vos objectifs et votre contexte.
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En février : deux ateliers au jardin Pouplier !

Le mercredi 12, retrouvez le cycle d’atelier alimentation anti’gaspillage alimentaire. Au programme : venez apprendre à réaliser vos propres « laits » ou plutôt boissons végétales !

Inscription obligatoire auprès de giuliahumus@gmail.com

Le mercredi 26, un tout nouvel atelier du cycle d’ateliers de jardinage durable : à la découverte des sols !

Inscription obligatoire auprès de guedas.solen@gmail.com