La grelinette, un outil indispensable en permaculture pour jardiner en respectant la vie du sol !

La grelinette est un outil remarquable à faible énergie, solide et résistant.  Elle est préférable, et de loin, au motoculteur bruyant et polluant mais aussi à la fourche-bêche classique bien plus coûteuse en efforts. Pourquoi ? Car elle permet d’aérer facilement le sol sans retourner la terre et donc sans trop perturber la vie du sol : les micro-organismes vivant dans les différentes couches du sol sont préservés et peuvent continuer leur travail de transformation des matières organiques en humus, indispensable à la fertilité du sol. 

Un labour classique, en effet, va entièrement retourner les couches du sol qui ne seront plus dans les conditions favorables au maintien de la vie qu’elles hébergent : après labour, on retrouve en surface, donc à l’air, des couches de sols normalement privées d’air (avec des formes de vie dites anaérobies) et en profondeur, privées d’air, se retrouvent des couches de sols avec des formes de vie aérobies (ayant besoin d’air), autant dire que l’on tue sa terre à petit feu si on pratique le labour aveuglément pendant plusieurs années. La grelinette, elle, permet de préserver la vie du sol et sa fertilité !

La grelinette, inventée en 1963, a subi, au fil des années, de nombreuses transformations / améliorations qui font qu’aujourd’hui de très nombreux modèles existent. Appelée aussi biogrif, biofourche, bioculteur, aéro-bêche ou aéro-fourche, le principe de fonctionnement reste toujours le même : une fourche, plus ou moins large, équipée de deux manches et qui utilise le principe du levier. Elle permet ainsi de travailler sa terre sans se faire mal au dos 😉.

Parmi ses avantages indéniables, citons :

  • La facilité de manipulation quelle que soit votre corpulence ;
  • La protection de votre dos ;
  • Les dents (de 2 à 9 dents pour les plus larges modèles), interchangeables selon le modèle choisi.

De la plus simple à la plus élaborée, nous vous proposons quelques modèles de cet outil indispensable en permaculture.

La machette

La grelinette originale

La vraie grelinette est celle de son inventeur, André Grelin, cultivateur bio qui l’a mise au point avec l’aide de son fils en 1963. Quel que soit le nom qu’on lui donne, l’originelle comporte cinq dents et mesure plus de 40 cm de largeur vous permettant ainsi d’aérer plus de 20 m2 de terre par heure. Son ergonomie ne sollicite jamais votre dos. Il vous suffit de l’enfoncer verticalement dans le sol à l’aide de vos pieds (et votre poids) puis de faire un pas en arrière tout en actionnant les deux manches vers le bas.

Très robuste, elle vous rendra service pendant de nombreuses années.

Notre conseil

  • Choisir un modèle avec dents interchangeables, c’est-à-dire montée avec des boulons. Si vous en cassez une, vous pourrez la changer. Ne forcez jamais en cas de résistance, il peut y avoir un caillou ou une racine.
  • Privilégiez les longues garanties, certaines vont jusqu’à cinq ans, preuve de leur robustesse.
  • Une grelinette à 4 dents sera plus adaptée au travail effectué par une personne qui a moins de puissance physique : elle sera moins large et donc moins lourde.
    Si vous travaillez sur une parcelle étroite, préférez une grelinette à 3 dents.

Prix

A partir de 90 euros pour une grelinette de qualité.

Quelques modèles en lien ci-dessous

Grelinettes originales 3 à 5 dents, Biogrif à 5 dents non assemblées, Biogrif 4 dents assemblées

La machette

L’aéro-fourche ou aéro-bêche

Il existe des « copies » de grelinette tout aussi efficaces. L’aérofourche par exemple a la particularité de posséder une barre de force ou un arceau pour faciliter le travail du pied. Vous aurez ainsi un appui supplémentaire. Ses dents sont biseautées et s’enfoncent mieux dans le sol. À la différence de la grelinette classique, les dents sont recourbées pour faciliter le bras de levier.

Notre conseil

  • Pour travailler une grande surface, choisissez une aéro-fouche à 5 dents si le sol est léger. Pour un sol plus lourd ou en friche, une 4 dents voire moins sera plus facile à l’usage.
  • Les dents sont généralement soudées, vous n’aurez que le montage des manches à effectuer.

Prix

A partir de 100 euros pour une aéro-fourche de qualité.

Quelques modèles en liens ci-dessous

Aéro-bêche forgée plusieurs modèles de 3 à 9 dents avec ou sans arceau, Bio-bêches forgées de 3 à 7 dents

La machette

La campagnole

À ne pas confondre avec le petit rongeur qui rend parfois les jardiniers chèvres ;), la campagnole est une grelinette revue et améliorée pour être encore plus efficace et simple d’utilisation. Cet outil exclusif, conçu par l’entreprise « La Fabriculture » en collaboration avec la ferme du Bec Hellouin possède, pour ses versions en 50 et 80 cm deux roues à l’arrière. Celles-ci pallient le poids assez lourd de l’outil, jusqu’à 13 kilos, en améliorant la manipulation. Elles peuvent être montées au choix à l’extérieur ou à l’intérieur de l’outil selon la configuration de l’espace à travailler et sont réglables en hauteur. 

Le système de contre-dents constitue l’autre particularité de cet outil remarquable en permettant, en plus de l’aération du sol, de casser les mottes de terre et de gagner ainsi du temps de travail. Les contre-dents fixes sont conseillées plutôt pour les sols lourds ou non travaillé depuis longtemps et les contre-dents ressorts seront plus adaptées en sol léger. 

Il existe aujourd’hui 3 modèles : la pitchoune large de 30 cm, le modèle jardinier large de 50 cm et le modèle maraîcher large de 80 cm.

Notre conseil

  • La 30 CDF (30 cm avec Contre-Dents Fixes) aussi appelée la pitchoune est la dernière née des campagnoles, conçue tout spécialement pour les petits jardins, les enfants ou les personnes ayant peu de force dans les bras. Très maniable, sur mono-roue, elle est équipée de 3 dents et peut aussi être utilisée en grelinette classique (par démontage de la partie avec la roue et les contre-dents).  
  • La 50 CDF (50 cm avec Contre-Dents Fixes) possède des contre-dents fixes. Elle est idéale sur des  sols compacts ou argileux du fait de l’espace de ses dents, 10 cm, qui facilitent le soulèvement de la terre.
  • La 50 CDR (50 cm avec Contre-Dents Ressorts) en revanche a des contre-dents ressort plutôt adaptées aux sols légers. L’émiettement sera plus fin.
  • La 80 CDF (80 cm avec Contre-Dents Fixes) est conçue sur le même principe que la 50 CDF mais dans une  largeur différente. Elle est réglable en hauteur selon la profondeur souhaitée.
  • La 80 CDR (80 cm avec Contre-Dents Ressorts) est destinée au maraîchage sur des planches de travail larges. Il faudra cependant travailler sur de petites tranches à chaque passage si le sol est dur.

Prix

à partir de 155 euros pour le modèle 30 cm de large

Quelques modèles en lien ci-dessous

Les différents modèles de campagnole

Trouvez le support de culture qui sera vraiment adapté chez vous !

Avoir une grelinette pour aérer son sol sera un atout dans la réussite de votre potager mais connaître le support de culture qui sera le plus pertinent dans votre cas particulier sera la véritable clé de cette réussite ! Pour cela, faites confiance à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ». Pour en savoir plus, cliquez sur le bouton ci-dessous.

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Observation et accueil des oiseaux du jardin

Les saisons ponctuent la vie des hommes, elles lui donnent un rythme et lui procurent bien des émotions qui ne s’altèrent pas à mesure que les années passent. Les permaculteurs.trices et les ornithologues n’échappent pas à cette règle :

  • L’impatience d’aller gratter la terre et de voir revenir l’hirondelle au printemps. 
  • L’inquiétude, à des stades fragiles de développement, au repiquage des jeunes plants, à l’envol des jeunes oiseaux du nid. 
  • La satisfaction face à une récolte abondante, à la réussite d’une nichée. 

Je vous propose ici, de mettre en lumière les oiseaux du jardin, mieux les connaître pour mieux les accueillir et permettre une cohabitation dans laquelle, entraide et partage seront de rigueur.

Je vous propose de découvrir l’agenda des oiseaux du jardin sur une année.

Les 4 saisons des oiseaux du jardin

Février :  les prémices d’une nouvelle année pour les oiseaux du jardin 

Démarrons, disons, en février. 

Recherches immobilières chez les oiseaux sédentaires 

Cette mésange bleue a trouvé le nichoir où elle va s’installer pour la saison de reproduction !

Cette mésange bleue a trouvé le nichoir où elle va s’installer pour la saison de reproduction !

Si les oiseaux sédentaires fréquentent toujours assidûment la mangeoire dans votre jardin en permaculture, certains d’entre eux commencent à visiter toutes les cavités naturelles et les nichoirs du secteur pour « ne pas être dépourvus quand la saison des amours sera venue ». En effet, la saison de reproduction débute tôt au jardin, en particulier chez la mésange qui cherche l’endroit idéal pour installer sa petite famille. Elle évitera soigneusement la proximité de la mangeoire : qui voudrait installer la chambre des enfants à côté du restaurant branché du coin ??? C’est bien sûr sans savoir qu’il s’agit d’un resto saisonnier qui fermera fin mars au plus tard.

Retours précoces : les migrateurs partiels 

Les premiers migrateurs font leur apparition. La fauvette à tête noire, la bergeronnette grise, le rouge queue noire, le rouge gorge, ouvrent généralement le bal. 

Bergeronnette grise dans le jardin

Bergeronnette grise dans le jardin

Ces oiseaux ne sont pas plus rapides ou plus impatients que les autres de revenir dans nos jardins, mais ils font partie de ce que l’on appelle des migrateurs partiels. Ce terme partiel ayant ici deux significations :

  • D’une part, la totalité des oiseaux de ces espèces ne migrent pas. Seuls les oiseaux au nord de la zone de répartition de l’espèce migrent. Au sud, c’est au choix des individus.
  • D’autre part, la migration ne se fait pas sur de longues distances. En France, selon les espèces, il s’agit seulement de rejoindre les vallées ou le pourtour méditerranéen, souvent au Sud de la France, parfois au Nord de l’Afrique, mais pas plus loin.

Ces oiseaux arrivent donc en premier pour 2 raisons :  les distances parcourues sont réduites, et au moindre redoux, les conditions de vie sur leur lieu de reproduction sont proches de celles de leur villégiature, il est donc grand temps de rentrer à la maison.

Le coup de pouce du lierre 

Fauvette à tête noire femelle parmi les baies de lierre, un met très apprécié en fin d’hiver.

Fauvette à tête noire femelle parmi les baies de lierre, un met très apprécié en fin d’hiver.

Si les conditions sont, certes, clémentes, et que les insectes commencent à pointer le bout de leurs antennes, cela ne suffira pas à nourrir tous ces affamés. Les baies, si nombreuses à l’automne, ont toutes été chapardées par les espèces sédentaires. On ne peut pas leur en vouloir, elles ont affronté, comme elles ont pu, la rigueur de l’hiver. C’est au lierre que dame nature a pensé pour venir à la rescousse de nos premiers migrateurs de retour. Cette plante : 

  • fleurit à l’automne pour le plus grand plaisir des insectes tardifs, 
  • ne perd pas ses feuilles en hiver pour le plus grand bonheur des animaux qui s’y abritent, 
  • et voit ses fruits mûrir en février/mars pour la plus grande joie des oiseaux migrateurs précoces. 

Jaloux, face à autant de générosité, bon nombre de ragots circulent au sujet du lierre. Il serait parasite, étrangleur… calomnies !

Retours plus tardifs : Les migrateurs au long cours

Plus tard, une seconde vague de voyageurs va rejoindre nos jardins : hirondelle, martinet noir, pour ne citer que les plus connus. Ces oiseaux, exclusivement insectivores, migrent en deçà du Sahara. Pour l’hirondelle qui ne pèse que 20gr, c’est-à-dire le poids de 3 morceaux de sucre seulement, c’est 5000 km pour rejoindre nos villages et venir nicher sous nos toits. Merci de leur réserver l’accueil que mérite un tel exploit. Parties fin janvier de leur villégiature, il leur faut 2 mois pour rejoindre nos contrées.  

Saison de reproduction : top départ 

Rouge-gorge chantant au début de printemps !

Rouge-gorge chantant au début de printemps !

Eh bien voilà, avec l’arrivée du printemps, tous les acteurs sont présents pour une nouvelle saison de nidification, les sédentaires comme les mésanges, les migrateurs partiels comme le rouge gorge, les migrateurs au long cours comme l’hirondelle de fenêtre. Arrive donc le temps du concert qui commence tôt le matin, et finit tard le soir, avec un entracte aux heures les plus chaudes de 11h à 16h. Un vrai orchestre symphonique pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Tout le monde ne joue pas en rythme, certes, mais c’est toujours plus agréable que scooters, tondeuses et consorts.

Femelle et mâle, des préoccupations différentes…

A cette période, la femelle n’a qu’une chose en tête, mener à bien l’élevage de ses jeunes, une vraie « mère poule ». Pour ce faire, elle le sait, il lui faut un mâle en bonne santé, qui possède un territoire de qualité riche en cachettes et nourriture pour installer le nid et nourrir les petits.

Pour avoir toutes ses chances de réussir sa saison de reproduction, le mâle doit donc posséder un beau territoire et paraitre le plus fort. Pour cela, 2 atouts : son costard somptueux, et son « bagou ». Ces 2 atouts vont lui permettre à la fois de défendre son territoire et de séduire madam.

Chardonneret élégant dans son beau costard coloré 😉 !

Le chant : un marquage de territoire

En général, ce sont donc les oiseaux mâles qui chantent à tue-tête au printemps. Il s’agit pour les migrateurs de retour, de rappeler que s’il y a eu du « laisser-aller » pendant leur absence, il faudra dorénavant compter de nouveau sur eux. Pour les oiseaux sédentaires, bon nombre d’entre eux se sont réunis pour affronter, ensemble, les rigueurs de l’hiver. La notion de territoire a donc quasi disparu, mais avec les beaux jours, il faut bien vite remédier à cela.

Un plumage sublime : atout séduction

Il est vrai que chez les oiseaux, les mâles sont souvent plus colorés que les femelles, et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous l’avons vu, pour séduire madame. Un mâle un peu palot est considéré par madame comme chétif ce qui n’est pas de bon augure pour mener à bien l’élevage des jeunes, cet individu sera donc éconduit.

De plus, lorsque les mâles chantent pour défendre leur territoire, c’est souvent au sommet d’un arbre, au faitage d’une maison. Cette position bien dégagée permet d’ajouter, à l’avertissement sonore du chant territorial, un avertissement visuel pour bien marquer sa présence.  

À gauche, un bouvreuil pivoine mâle avec son plumage flamboyant pour séduire madame. À droite, la femelle plus discrète pour ne pas attirer les prédateurs !

À gauche, un bouvreuil pivoine mâle avec son plumage flamboyant pour séduire madame. À droite, la femelle plus discrète pour ne pas attirer les prédateurs !

Enfin, les femelles n’ont pas besoin d’un tel accoutrement, d’une part parce qu’elles n’ont personne à séduire, mais surtout parce que c’est elles qui pondent et couvent les œufs la plupart de temps. Deux périodes critiques, où il est plutôt conseillé de se fondre dans le paysage si on ne veut pas mal finir.

La construction du nid 

Une fois madame conquise, le couple se met à bâtir le nid. Des brindilles, des feuilles mortes, de la mousse et, en ville, du plastique, des mégots et autres offrandes d’homos sapiens. Les matériaux plutôt grossiers en périphérie du nid, s’affinent en son centre : crin de chevaux, poils de mammifères, duvet d’oiseaux, pour accueillir comme il se doit les nouveaux nés entièrement nus à l’éclosion… Généralement, les 2 sexes s’attèlent à la tâche. Les allers retours pour fournir le chantier sont incessants, ce qui permet de repérer, assez facilement, qui nichent dans votre jardin.

Mésange charbonnière construisant son nid.

Mésange charbonnière construisant son nid.

Ponte et incubation

Lorsque les travaux sont achevés, la femelle va pondre et couver les œufs, en moyenne entre 4 et 10 pour les espèces d’oiseaux du jardin. En attendant, le mâle continue de défendre le territoire et remplace la femelle sur le nid le temps d’une pause casse-croûte. Bien souvent, pendant la période de couvaison, monsieur apporte à manger à madame. Cela s’apparente plus à une ruse pour ne pas passer trop de temps à couver à la place de madame, qu’à de la simple courtoisie. Quoi qu’il en soit, le repas est livré à proximité du nid, et non à domicile, pour permettre à madame de se dégourdir les ailes et de ne pas attirer l’attention des prédateurs sur l’emplacement du nid

La naissance des jeunes 

Après 15 jours de couvaison chez la plupart des oiseaux du jardin, arrive la période folle du nourrissage des jeunes. Les va-et-vient des 2 parents au nid sont incessants, de l’ordre de plusieurs centaines par jour, le bec plein d’une ration surprotéinée qui va permettre une croissance rapide des jeunes. 

Va-et-vient incessant d’un couple de mésanges bleues pour nourrir les petits.

Va-et-vient incessant d’un couple de mésanges bleues pour nourrir les petits.

Si vous avez raté le coche du transport des matériaux pour repérer les nids du jardin, voici la séance de rattrapage qui durera jusqu’à 3 semaines, vous laissant plus de temps. Et pour les nicher les mieux cachées, leur présence sera trahie par les oisillons qui, grandissant, réclament de plus en plus bruyamment une ration supplémentaire.

Rebelote : une deuxième nichée sinon rien

Enfin, les jeunes finissent par quitter le cocon familial. Pas le temps de sortir un mouchoir et d’essuyer une larme, les parents remettent le couvert pour une 2ième nichée, voire une troisième pour la route si l’été se prolonge. C’est la raison pour laquelle le nettoyage des nichoirs se fera en septembre.

Août, silence radio chez les oiseaux

Au mois d’août, c’est silence radio chez les oiseaux, ou presque. La chaleur à cette époque aurait-elle eu raison de nos virtuoses du jardin. Pas vraiment non, les étés pourris voient aussi une baisse conséquente des chants. Y a-t-il encore besoin d’épater madame après 3 mois de vie commune ? La défense du territoire, en cette fin de saison de reproduction, a-t-elle encore un sens ?  Non, en effet, mais ce n’est pas la cause principale de ce mutisme

La mue, période critique

Les oiseaux vont entrer dans la période de la mue, ils vont changer la totalité de leur plumage. Pendant l’élevage des jeunes, impossible de s’occuper de sa petite personne, les jeunes étant émancipés, il faut en profiter. C’est surtout la diminution de la durée du jour qui, chaque année, va déclencher la sécrétion d’hormones, entrainant le renouvellement de la totalité du plumage. Cette opération, très énergivore, épuise les oiseaux qui voient leurs plumes tomber et repousser les unes après les autres. Ainsi, le plumage est rarement complet et peut poser quelques problèmes au pilote. Il est donc préférable de ne pas trop « la ramener » pour éviter de se faire repérer par d’éventuels prédateurs, voici donc une 2ième raison pour que les oiseaux la mettent en sourdine.

Cette opération est suivie de la phase de prise de poids nécessaire pour affronter l’hiver ou le voyage pour les migrateurs. Là encore, les oiseaux sont discrets, car bien élevés, ils ne parlent pas la bouche pleine.

La boucle est bouclée 

Puis petit à petit, le nombre d’espèces diminue avec le départ échelonné des migrateurs entre août et septembre. Le passionné d’oiseau est un peu triste au départ de tous ces oiseaux. Mais il est très vite ragaillardi par l’arrivée des migrateurs partiels. Venant du nord de l’Europe comme le pinson du nord, ou du fond de la forêt d’à côté comme la sittelle torchepot, la mésange huppée ou encore le gros bec casse noyaux, tous vont se rapprocher des habitations pour trouver à manger. 

Gros bec casse noyaux

Gros bec casse noyaux

Il s’impatiente même de voir la terre geler et la neige tomber, seule période où le nourrissage est conseillé pour le plus grand bonheur des oiseaux mais aussi de leur protecteur, qui se régale face au spectacle de la mangeoire, bien installé au coin du feu. Puis l’hiver passe et tout recommence.

Accueillir les oiseaux du jardin … au jardin.

Cavité laissée dans un bâtiment qui accueille une nichée.

Cavité laissée dans un bâtiment qui accueille une nichée.

Pour que votre jardin soit apprécié des oiseaux, il faut prévoir le gite et le couvert. En effet, l’un ne va pas sans l’autre. Installer un nichoir, sans penser au ravitaillement, ne va pas séduire grand monde, si c’est pour que les petits aient une belle chambre mais rien à manger…

Le gîte : le nichoir, mais pas que…

Commençons donc par le gîte.  Il y a bien des façons de proposer le gîte aux oiseaux dans votre jardin. Le premier réflexe, est la pose de nichoirs. Ceux dit « boîtes aux lettres » feront le plaisir des mésanges bleues et charbonnières, tandis que les semi-ouverts auront la préférence d’espèces sans doute un peu claustrophobes telles que le rouge queue noire et la bergeronnette grise. Mais il existe bien d’autres endroits dans votre jardin pour accueillir les oiseaux.

Mésange charbonnière au nichoir.

Mésange charbonnière au nichoir.

Laissez donc cet arbre mort au fond du jardin (voir notre article sur le livre de Dominique Mansion sur les trognes). En plus de vous procurer de l’ombre pour les siestes estivales, sa cavité pourra y accueillir une nichée de mésanges charbonnières. Laissez donc accessible l’abri où sont stockés vos outils de jardin. Une planche mal taillée au niveau du solivage, un nœud de bois qui a sauté, un carreau cassé non remplacé, sont autant d’ouvertures qui permettront aux rouges queues noirs de s’installer chez vous. Vos outils de jardin, peu sensibles au courant d’air, ne risquent pas de s’enrhumer… Pas de trous dans la cabane du jardin ? faites-en un à la scie cloche…

La cabane à outil avec un trou au niveau de la porte reste ainsi accessible aux oiseaux sédentaires, même en hiver.

La cabane à outil avec un trou au niveau de la porte reste ainsi accessible aux oiseaux sédentaires, même en hiver.

La remise est en moellons ? qu’à cela ne tienne, … laissez donc tranquille ce trou de moellon qui donne sur la haie du voisin. Personne ne le voit, sauf la mésange bleue qui va pouvoir s’y loger. Pas de trous dans ce bâtiment ? faites-en un au marteau et au burin…

Les exemples de ce genre ne manquent pas. Soyez plus accueillants, soyez près à partager votre espace, vous verrez, chacun y trouvera son compte. Enfin, vous aurez beau poser tous les modèles de nichoirs que vous voulez, certains oiseaux ne s’y installeront jamais, les ingrats. Pourquoi ? car bon nombre d’espèces ne sont ni cavicoles, ni semi cavicoles, mais installent leur nid dans la fourche d’une branche. C’est le cas du chardonneret, de la fauvette à tête noire et du pinson des arbres. Pour eux, il faut donc planter des arbres et des buissons, éviter la taille, surtout en été, laisser s’étoffer…

Pinson des arbres

Pinson des arbres

Les espèces cavicoles ou semi cavicoles vues plus haut, ne dédaigneront pas non plus cette attention. Si en effet, ils ont besoin de cavités pour y installer leurs petits, des perchoirs à l’abri des prédateurs seront également appréciés des adultes.

Le couvert : la mangeoire, mais pas que… 

Mettre à disposition le gîte est une première étape, il faut ensuite penser au couvert. En effet, le plus somptueux des hôtels sera sans attrait s’il n’y a pas de quoi se faire un bon resto aux alentours… Pour cela, il faut connaître les goûts de nos hôtes

Tous les oisillons sont insectivores

Les oiseaux dit insectivores sont reconnaissables à leur bec plutôt fin et long : c’est le cas du grimpereau des jardins, du troglodyte mignon et de la fauvette à tête noire. D’autres sont plutôt granivores, leur bec est plutôt court et massif comme le moineau domestique, le pinson des arbres, le chardonneret, et le verdier d’Europe. Soucieux de leur récolte, je vois déjà certains d’entre vous préférer favoriser les premiers au détriment des seconds. Et pourtant… Tous les jeunes oiseaux sont insectivores quel que soit le régime alimentaire de leurs parents. Cet apport très protéiné, leur permet une croissance fulgurante en un temps record. Il permet aussi de réguler les insectes un peu envahissants tant au jardin, que lors des soirées barbecues. Même ce casse-pied de moineau domestique participe, donc, à la régulation des insectes en été.

Attirer les insectes 

Mésange bleue à la recherche de pucerons, un régal pour elle, un indésirable de moins pour nous ;) !

Mésange bleue à la recherche de pucerons, un régal pour elle, un indésirable de moins pour nous 😉 !

Pour nourrir les oiseaux, il faut donc miser sur les plantes nectarifères qui attirent tout un cortège d’insectes. N’hésitez pas à voir large, pas de gaspillage dans la nature. Des plates-bandes de fleurs, des fruitiers, votre potager, vont attirer des insectes, désirés ou pas, qui feront le bonheur des oiseaux. Les oiseaux, opportunistes, vont se nourrir des insectes les plus nombreux et ainsi réguler les populations de ceux qui ont tendance à prendre un peu trop de place. L’idéal pour accueillir la plus grande diversité d’insectes, est de laisser au fond du jardin une zone sauvage fauchée une fois l’an seulement

Les plantes sauvages spontanées sont de véritables réservoirs à insectes, une aubaine pour les oiseaux !!

Les plantes sauvages spontanées sont de véritables réservoirs à insectes, une aubaine pour les oiseaux !!

Cela fait des millions d’années que les plantes sauvages de votre jardin co-évoluent avec les insectes sauvages de votre jardin. Pour ces derniers, sans doute un peu timides, l’affinité avec la dernière espèce horticole pimpante ne va pas de soi. De plus, les espèces horticoles, dites, à « fleurs doubles » comme certains lilas, voient leur nectar peu accessible aux insectes et sont, de fait, moins attractives. Préférez donc les « modèles anciens », souvent plus rustiques et bien plus nourriciers. Ces espaces redevenus sauvages fournissent à leur tour le gîte et le couvert mais cette fois, aux insectes. Si vous craignez le regard critique du voisin qui vous trouve laxiste et incapable de vous occuper de votre terrain, tondez proprement autour de ces oasis sauvages.

C’est du plus bel effet et cela montre simplement que vos pratiques sont juste différentes. Laissez à votre voisin les haies de tuyas impénétrables, taillées au cordeau et les pelouses tondues ras qui ne vont plaire qu’à quelques espèces, rapidement envahissantes car sans régulateurs ni concurrents. 

Etancher la soif 

Pour parfaire le tout, et répondre aux besoins créés par les étés caniculaires qui se succèdent, mettre de l’eau à disposition des oiseaux est devenu quasi indispensable. Une mare, où, en quelques années, un écosystème se mettra en place et limitera les moustiques, ou une simple bassine peu profonde où l’eau sera changée régulièrement, suffiront à étancher la soif de nos protégés à plumes, mais aussi à leur permettre de faire leur toilette. Spectacle garanti… Le tout, hors de portée des chats.

Mésanges charbonnières à l’abreuvoir, élément indispensable pour l’accueil des oiseaux au jardin !

Mésange charbonnière à l’abreuvoir, élément indispensable pour l’accueil des oiseaux au jardin !

Epilogue

Jardiner n’est pas une lutte perpétuelle, n’oblige pas à un rendement à tout prix, ne nécessite pas un travail laborieux… oublions un peu notre quotidien guidé par une société en perdition.

Jardiner, c’est d’abord un moment de détente et de ressourcement, du « yoga dilué ». Un moment où l’on peut se poser pour écouter chanter le rouge queue noir, où l’on observe la bergeronnette grise à la recherche de nourriture dans nos allées.

Jardiner, c’est aussi avoir plaisir de faire « avec la nature » et non pas « contre la nature ». Voir les mésanges, les hérissons, les chauves-souris, les lézards fureter dans le potager et vous donner un coup de main pour rétablir un écosystème équilibré où chacun a sa place.

Jardiner, ce n’est pas forcément avoir la plus grosse… courgette. C’est se dire que ce lieu partagé avec tant d’autres, qui vous nourrit déjà spirituellement, peut également vous permettre de belles récoltes. Et, si l’année est bonne, une petite réserve dans la cave pour passer l’hiver. C’est savoir se contenter.

Jardiner enfin, c’est savoir comment ses légumes ont poussé… avec un peu d’eau, un sol riche et vivant, la lumière du soleil, et tout l’amour du jardinier.

 

Sébastien Lazzaroni

Sébastien Lazzaroni

Naturaliste de terrain depuis l'enfance, Sébastien Lazzaroni est un amoureux de la faune et de la flore sauvage. Il explore, observe, recense et préserve la nature sauvage grâce à la confection et la pose de nichoirs et d’aménagements divers. Ancien professeur de biologie, il partage, avec pédagogie, son expérience au travers de conférences déambulées pour comprendre, d’ateliers bricolage pour agir, d’articles hebdomadaires dédiés sur son blog colocaterre, et sa page facebook colocaterre. Il conseille également les particuliers et les professionnels dans la mise en place de stratégies pour accueillir la biodiversité et en faire une alliée du jardin, du potager, des cultures, des vergers et de la douceur de vivre.

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Buttes ou pas buttes de permacuture ? Vous n’y voyez pas clair, ça tombe bien, cet article épluche la plupart des techniques existantes : Hugelkultur, Keyhole, culture en lasagne, butte sandwich…Vous découvrirez à la fin de cet article que créer une butte n’est pas forcément indispensable et surtout dans quelles conditions et lesquelles faire chez vous…

Butte de permaculture : la définition générale

Le mot « butte » est un mot valise qui englobe des techniques très différentes dans leurs réalisations, leurs objectifs et les contextes auxquelles elles sont réellement adaptées. 

D’une manière générale, on définira une butte de permaculture comme étant une technique de jardinage visant à créer un support de culture surélevé adapté, en termes de hauteur, de forme, de bordures et de composition interne, à des contextes et objectifs propres à chaque projet et chaque jardinier !!

Récapitulatif des différents types de buttes de permaculture : hugelkultur, keyhole, spirale aromatique, butte autofertile, culture en lasagne, butte façon Philip Forrer…un guide complet pour faciliter votre choix !

Illustration de différentes techniques de buttes en permaculture.

Buttes de permaculture : les principaux avantages et inconvénients

Quel que soit le type de buttes, voici les principaux avantages et inconvénients à connaître avant de se lancer !   

Les avantages des buttes de cultures :

Ces avantages seront, bien sûr, plus ou moins importants selon la technique choisie.

Les avantages principaux sont de créer une zone de culture surélevée bien identifiée :

  • mieux drainée
  • non compactée
  • avec plus de profondeur de sol pour l’enracinement
  • facile à couvrir de mulch
  • favorisant la vie du sol et sa fertilité (pas de labour)
  • sollicitant moins le dos (possible de jardiner debout !)
  • prolongeant la saison de culture
  • créant des effets de bordures et microclimats attracteurs de biodiversité

C’est aussi une façon de « sculpter » son jardin, lui donner du volume et une touche personnelle originale qui peut être très belle, ludique, poétique…

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Exemple de buttes dessinant un jardin mandala où il fait bon cultiver et se promener. Réalisé par Daniel, un de nos stagiaires, en Haute-Garonne.

Les inconvénients des buttes de cultures

Les principaux inconvénients des buttes de cultures, là encore, indépendamment de la technique utilisée, sont peu nombreux, mais très importants à prendre en considération pour que la réalisation de buttes chez vous ne tourne pas au cauchemar et à l’échec total.

Faire des buttes de Permaculture peut s’avérer :

  • énergivore
  • chronophage
  • très gourmand en matières organiques diversifiées
  • contre-productif si non adapté à votre contexte et vos objectifs !
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Exemple de choix de butte contre-productif dans un contexte méditerranéen…

Dans le cas de buttes permanentes, il faut aussi :

  • maintenir la fertilité au fil des années par des amendements réguliers et des couvertures de sols
  • une grande rigueur dans les rotations de cultures potagères.

Pour plus de détails, vous pouvez lire notre article dédié aux avantages et inconvénients de la culture sur butte. 

Les principaux types de buttes en permaculture

Voici un récapitulatif des principales techniques de buttes de permaculture connues. Cette liste n’est, bien sûr, pas exhaustive, car chacun pourra s’approprier telle ou telle technique et la transformer pour créer ses propres buttes adaptées à son lieu et son projet !

1. Les buttes bio-intensives maraîchères

Une butte bio-intensive est obtenue en travaillant la terre sur une double profondeur de bêche (environ 50cm) sans mélanger les horizons du sol pour aérer le sol et faciliter l’enracinement des végétaux cultivés. On ajoute ensuite à la terre divers éléments nutritifs (compost, cendre, poudre de roches, fumiers et autres matières organiques vertes et brunes) et on obtient une butte de 20 à 30 cm de haut, idéale pour les cultures maraîchères.

Utilisées par Jean-Martin Fortier sur ses Jardins de la Grelinette et sa ferme des Quatre-temps ou encore à la ferme en permaculture du Bec Hellouin, les buttes bio-intensives sont intéressantes à des fins professionnelles, car elles sont très productives au m2 quand on les gère bien. Elles nécessitent pour cela de solides connaissances en jardinage, en rotations potagères, en gestion du compost, en densité de plantations, mais aussi des outils et gabarits (semoirs…) spécifiques pour optimiser leur exploitation. 

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Jean-Martin Fortier en pleine préparation d’une butte maraîchère bio-intensive aux Jardins de la Grelinette dans le sud du Quebec. © Possible Media

Bref, c’est une technique déconseillée aux débutants et aux particuliers en général à moins d’être guidé pas à pas, mois par mois, dans son utilisation (par le biais d’une formation en permaculture dédiée par exemple 😉! ) ou d’apprécier tout particulièrement les organisations rigoureuses, la planification minutieuse et d’avoir les disponibilités et connaissances indispensables à son bon fonctionnement !

2. Les buttes de cultures arrondies classiques

Ces buttes de permaculture sans bordures, de 40 à 60 cm de haut, et de 1,20 m de large maximum pour atteindre le haut de la butte sans avoir à marcher dessus, sont formées uniquement de terre récupérée la plupart du temps en creusant les allées. Vous pouvez bien évidemment les adapter à votre taille, vos objectifs et contextes !

Si vous souhaitez y faire des semis directs, il faudra adapter les dimensions pour que la pente de chaque côté de la butte ne soit pas trop abrupte sinon beaucoup de graines semées auront tendance à tomber lors des arrosages ou fortes pluies. Idem pour le mulch, des branchages disposés dans les pentes peuvent être nécessaires pour le maintenir en place !

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Exemple de buttes de terre classiques réalisées en décaissant simplement les allées autour, sur la ferme expérimentale de la Goursaline en Haute-Vienne.

Ce type de butte a tendance à s’affaisser assez vite, perdant généralement presque un tiers de sa hauteur dans la saison. Elles demandent donc un entretien régulier pour les reformer.

En climat trop sec et/ou trop venteux, ce type de butte peut vite devenir contre-productive par manque d’eau.

3. Les buttes façon Philip Forrer

Philip Forrer est un jardinier hors norme qui a inventé sa propre technique de butte en observant la nature. À contre-courant de ce que conseille l’agronomie, les buttes de permaculture façon Philip Forrer font débat, car elles incluent, entre autres, du bois pourri et spongieux comme élément de base ainsi que des aiguilles de pin et du broyat de laurier cerise !!

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Philip Forrer en train d’écraser à la masse les troncs de bois pourris déposé en fond de butte pour nourrir le sol et maintenir une bonne humidité pour les cultures. Image extraite du film de Philip Forrer et son ami Chris Lunch intitulé « Le jardin du Graal ».

L’engouement pour ces surprenantes buttes tient à la fois au personnage atypique de Philip, véritable électron libre dans le monde du jardinage, et à la réussite impressionnante de ses cultures potagères, avec des tailles de légumes surréalistes et une abondance de cultures spontanées ne demandant qu’à être récoltées.

Suite à plusieurs vidéos tournées chez lui, dans l’Aude, les buttes façon Philip Forrer sont devenues, en quelques années, un modèle que beaucoup copient aveuglement, espérant les mêmes résultats en termes de récoltes ! Cependant, en permaculture, on évitera de copier une technique sans l’avoir d’abord mise en perspective avec son propre contexte… Pour plus de détails, retrouvez notre article dédié à ces buttes façon Philip Forrer ! 😉

4. Les buttes HugelKultur du permaculteur Sepp Holzer

La butte Hugelkultur inclut, elle aussi, en élément de base, le bois et de préférence de grosses branches et troncs frais ou à la décomposition beaucoup moins avancée que dans les buttes façon Philip Forrer. Ce sont des buttes autofertiles durablement.

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Illustration de l’évolution d’une butte Hugelkultur au fil du temps, à 1 mois, à 1 an, à 2 ans et après 20 ans ! ©Paul Wheaton – RichSoil.com

Ces buttes Hugelkultur misent sur la décomposition lente du bois dans le sol au fil des années pour créer une terre riche en nutriments et à l’humidité interne relativement constante. Là encore, cette technique suscite la controverse chez de nombreux spécialistes du fait de l’enfouissement du bois sous des couches de terre et de mulch. Des saturations en eau avec création de milieux anaérobies (privés de dioxygène) sont, en effet, à craindre dans certains cas, car cela peut bloquer la décomposition du bois, celle-ci ne pouvant se faire correctement qu’avec l’aide des champignons qui sont tous des organismes aérobies (ayant besoin de dioxygène pour vivre). Particulièrement énergivore à réaliser, une Hugelkultur ne conviendra donc pas à tous les contextes !

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Exemple de choix de butte Hugelkultur contre-productif dans un contexte avec une pluviométrie élevée et un sol lourd.

Cependant, quand elle est bien adaptée à son milieu, c’est une technique remarquable ! Popularisée par le célèbre permaculteur autrichien Sepp Holzer, retrouvez notre article dédié à la butte Hugelkultur pour une application pratique efficace.

5. Les buttes sandwich de Robert Moretz

Voici une autre « recette » de butte incluant du bois, confectionnée par un agronome français passionné, ardent défenseur de la nature : Robert Moretz. Conscient que le sol est vivant et qu’il faut alimenter et stimuler cette vie, Robert Moretz a conçu une butte autofertile qu’il a appelée « butte sandwich ». Elle contient, en effet, entre deux couches de terre, de quoi nourrir copieusement la vie du sol !

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Schéma montrant la recette de base d’une butte sandwich selon les conseils de son concepteur, l’agronome français Robert Moretz. Source : lesdames.over-blog.com

Pour réaliser une « butte sandwich », on creuse le sol sur environ 30 cm en récupérant la bonne terre végétale de surface pour une utilisation ultérieure. On range ensuite soigneusement dans ce trou des morceaux de branches et/ou lianes diverses de largeur inférieure à 7 cm (donc pas de gros troncs comme dans la Hugelkultur). On comble le maximum de trous d’air dans cette couche avec du bois broyé ou du BRF. Puis on recouvre avec un mélange de matières organiques vertes et sèches (foin, paille, feuilles, tonte…) sur une dizaine de centimètres, on tasse bien et on arrose copieusement. On met ensuite une couche de compost et/ou fumier par dessus sur environ 5 cm. Puis, on recouvre le tout avec la terre végétale extraite au début qui pourra accueillir, tout de suite après réalisation, vos plantations et semis ! On termine en enfonçant à distance régulière dans la butte des sortes d’entonnoirs (pouvant être de simples bouteilles plastiques retournées dont on a coupé le fond) pour faciliter l’arrosage en profondeur de la butte et on protège l’ensemble avec du mulch. Pour enrichir la recette, on peut saupoudrer entre les différentes couches, un peu de cendres de bois qui apportera notamment potassium, magnésium et phosphore ! 😉

Au final, une butte sandwich dépasse du sol d’environ 35 cm et même si elle s’affaisse peu à peu, elle dure généralement entre 3 et 5 ans (selon la taille de la butte et le bois utilisé). Sa composition riche a un « effet booster » sur les cultures, notamment la première année. On peut en profiter pour installer au départ des légumes gourmands comme les tomates, les courgettes, les courges, les aubergines, les poivrons, le maïs…

6. La culture en lasagne

Nous restons dans la métaphore culinaire avec la culture en lasagne qui, à l’inverse des techniques vues jusque-là, est une butte de permaculture temporaire ne durant généralement qu’un an.

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Illustration de la composition interne d’une culture en lasagne, une butte de permaculture temporaire simple à réaliser !

Assez facile à mettre en place, sans gros efforts, elle permet de créer, rapidement, un support de culture, même sur sol ingrat à condition d’avoir suffisamment de matières organiques à disposition. Cette technique s’appuie sur le compostage des matières organiques et consiste en un empilement matières organiques, à même le sol, sur du carton avec éventuellement une fine couche de fumier/compost, en alternant les couches de matières vertes à tendance plutôt azotées avec les couches de matières brunes à tendance plutôt carbonées. Pour plus de détails, découvrez notre article dédié à la culture en lasagne !! 

Comme pour la « butte sandwich », il s’agit d’un support de culture qui a un effet « booster » au démarrage, très bien pour les légumes gourmands !

7. Le Keyhole garden ou jardin en trou de serrure

Le Keyhole Garden est un concept ingénieux de petit jardin inventé, au départ, pour les climats chauds africains. Or, avec quelques adaptations, il est très intéressant aussi sous d’autres climats, d’où son succès grandissant ! Un jardin en trou de serrure peut se réaliser entièrement avec des matériaux naturels faciles à se procurer (à minima : branchages, matières organiques et terre) et a le gros avantage d’être autonome en fertilité et économique en eau !

Cependant, c’est un support de culture permanent dont l’emplacement devra être bien réfléchi, car il sera difficile à déplacer une fois installé !

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Exemple de Keyhole garden ou jardin en trou de serrure fait uniquement avec des matériaux naturels trouvés sur place : branchages, terre, paille et matières organiques pour le compost et le substrat…©concernusa.org

Un Keyhole est généralement de forme ronde, haut de 50 cm à plus d’un mètre selon les cas et délimité par des bordures non maçonnées en pierres, en brique, en bois, ou tout autre matériau à disposition. Il intègre, en son centre, un composteur qui lui apporte, en continu, des nutriments et une certaine humidité. Cet espace de compostage permet le développement de nombreux organismes du sol (invertébrés, microfaune…) qui vont assurer la circulation des nutriments et de l’eau entre le composteur central et le substrat de plantation tout autour. Pour accéder facilement à ce composteur central, on crée une ouverture dans le cercle qui donne à l’ensemble cette fameuse forme « en trou de serrure ». Pour le substrat de plantation, on peut mélanger diverses techniques que chacun adaptera à ses besoins, son contexte et ses ressources disponibles 😉 ! Pour plus de détails, nous vous invitons à lire notre article dédié au Keyhole garden ou jardin en trou de serrure.

8. La spirale aromatique

Avec sa forme naturelle harmonieuse, l’efficacité des microclimats qu’elle génère et son attractivité pour la biodiversité, la spirale aromatique fait partie des éléments phares en permaculture ! C’est, en effet, un modèle de butte permanente esthétique, compacte et très pratique pour réunir sur une petite surface une grande diversité de plantes aromatiques et médicinales aux besoins pourtant très différents en termes de sol, de températures et d’ensoleillement !

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Exemple de spirale aromatique en permaculture pleine de biodiversité, d’odeurs et de saveurs ! ©freshdesignpedia

Le principe est simple : créer sur un petit espace des zones de cultures aux microclimats très différents ! L’orientation et la hauteur de la spirale aromatique vont déterminer l’accès à l’ensoleillement des différentes zones. On joue ensuite sur la composition du substrat de plantation : le sommet sera plus drainant avec l’ajout de gravats et de sable et le bas de la spirale sera plus humifère avec l’ajout de compost. Les matériaux utilisés pour monter les bordures de la spirale et lui donner sa forme, tout comme l’ajout ou non d’un petit bassin en bout de spirale seront aussi des choix impactant les microclimats des diverses zones. Dans une spirale aromatique en permaculture, on peut ainsi cultiver à la fois des plantes méditerranéennes aimant la chaleur et les sols secs comme la lavande ou le romarin que des plantes préférant un climat plus frais et un sol plus riche comme l’oignon rocambole, la ciboule ou le persil ! Rendez-vous sur notre article dédié à la spirale aromatique en permaculture pour en savoir plus 😉 !

9. Le jardin mandala

Inspiré par des pratiques religieuses indiennes ancestrales, le jardin mandala en permaculture est à la fois un support de culture pratique et esthétique et un espace de ressourcement et de bien-être invitant à la contemplation. En forme de cercle plus ou moins grand, il permet une grande créativité dans ses aménagements intérieurs.

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Exemple de jardin mandala en permaculture, aménagé avec des buttes permanentes rondes sans bordures sur la célèbre Ferme du Bec Hellouin en Normandie. ©fermedubec.com

Les puristes prendront le soin d’orienter les entrées et cheminements principaux de leur jardin mandala selon les quatre points cardinaux, voire même d’y associer, en termes de cultures végétales, des plantes symbolisant les 4 éléments de la vie, eux aussi en lien avec les points cardinaux et leur symbolique. Cependant, en permaculture, point de dogmatisme : chacun fera son jardin mandala selon sa sensibilité, ses envies, son contexte, ses besoins…

Pour en savoir plus et voir nos conseils de réalisation, vous pouvez lire notre article dédié au jardin mandala en permaculture 😉 !

10. Les baissières et buttes associées

Les baissières sont des ouvrages de terrassement pouvant faire quelques mètres à plus centaines de mètres dans le but de capter les eaux de ruissellement pour les infiltrer durablement dans le sol et ainsi éviter l’érosion et la perte de nutriments. Ces noues d’infiltration suivent les courbes de niveau pour optimiser le captage et l’infiltration et sont constituées d’une partie creusée où va se stocker et s’infiltrer l’eau peu à peu, suivie d’une partie buttée qui sera un excellent support de culture. On peut réaliser à la main les plus petits ouvrages ou s’aider de machines type tractopelle quand les chantiers sont importants.

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Benjamin, fondateur de PermacultureDesign, en train de contrôler le niveau de sa baissière en cour de réalisation sur la ferme expérimentale de la Goursaline en Haute-Vienne.

Pour commencer, on réalise sur le terrain le tracé des différentes baissières que l’on a prévues, en amont, dans son design 😉 sur les courbes de niveau. Cela peut se faire à l’aide d’un simple niveau égyptien ou de matériel plus sophistiqué type niveau à eau électronique. On creuse ensuite une tranchée le long de ce tracé dont la largeur et la profondeur devront être ajustées selon le contexte (sol, pente, pluviométrie, etc.). La terre décaissée est utilisée pour former la butte juste après la baissière qu’on stabilise dans la foulée en semant par exemple des engrais verts type trèfle, luzerne, etc. Cette butte sera idéale pour implanter une grande diversité d’arbres, arbustes et autres cultures pérennes, car elle jouit d’une bonne irrigation passive et une profondeur d’enracinement importante. Découvrez, en vidéo, une réalisation de baissière par Benjamin Broustey lors d’un des premiers chantiers de PermacultureDesign, en 2012.

11. Les buttes en bottes de paille

Voici une butte de permaculture temporaire rapide à mettre en place et très utile quand on n’a pas accès au sol (contexte urbain) ou qu’on est en retard dans la préparation de ses supports de cultures. Elle se base sur la décomposition de la paille dans une botte bien serrée dont on veillera à placer les brins à la verticale pour une meilleure infiltration de l’eau et une meilleure pénétration des racines. Cette décomposition est enclenchée par une forte humidification et l’apport de matières azotées pour contrebalancer la tendance plutôt carbonée de la paille et apporter divers nutriments aux plantes cultivées. Ce type de buttes nécessite notamment de la paille de blé bio (pas toujours facile à se procurer) et un point d’eau facilement accessible à côté pour maintenir la botte constamment humide.

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Exemple de cultures potagères sur buttes en bottes de paille avec des plants de tomates, courgette, aubergines, salades, fraises… Source : lescomptoirsmitoyens.com

Cette butte en botte de paille conviendra bien à la transplantation de plants, mais beaucoup moins à des semis directs. Permettant une grande liberté de placement, on peut créer avec des circulations éphémères ludiques, mais elles restent assez anecdotiques en termes de productivité et ne conviendront pas à tous les contextes non plus ! Elles demanderont, par exemple, beaucoup de surveillance (notamment pour ne pas se dessécher !) et ne supporteront pas les situations trop venteuses

Des techniques de buttes de permaculture déclinées sous forme de bac de culture :

1. Le Wicking Bed

On pourrait traduire cet anglicisme par « Jardinière autonome » ! Il s’agit en fait d’un bac de culture hors-sol qui, relié à une arrivée d’eau type gouttière ou trop-plein de système de récupération par exemple, va être autonome en eau. On peut, en plus, le rendre autofertile en y ajoutant, par exemple, un composteur intégré comme dans un Keyhole.

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Exemple de wicking bed ou bac de jardin hors sol autonome en eau, très utile notamment en contexte urbain.

Ce type de bac de culture sera idéal dans les contextes urbains hors-sol (parking, trottoirs…), aux abords des maisons, sur les toits ou pour cultiver malgré des sols pollués ou ingrats. Pour plus de détails sur son fonctionnement et sa composition, lisez notre article sur ce bac de jardin surélevé autonome en eau !

2. Bac de jardin garni façon culture en lasagne

Quand on n’a pas accès à la terre, il est bon de savoir que la technique de la culture en lasagne peut être déclinée en pot ou en bac façon « mini lasagnes ». Le principe d’empilement de matières restera le même que dans une culture en lasagne classique…les différences seront surtout l’absence de couche de carton à remplacer plutôt par une couche de cailloux en fond de bac pour le drainage suivi ensuite de vos couches de matières vertes et brunes à humidifier en terminant, par une couche de terre/compost pour accueillir les plantations. Des bacs garnis façon culture en lasagne, sans contact direct avec le sol, permettent de cultiver dans des endroits à priori inadéquats comme un balcon, un parking goudronné… C’est donc une technique qui peut s’avérer très utile pour des projets de permaculture urbaine !

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Exemple de divers bac de jardin hors-sol installés à Montréal, pour éveiller les consciences et montrer qu’il est possible de produire fruits et légumes frais en plein coeur de la ville. ©lesmontrealistes.com

3. Bac de jardin garni façon Hugelkultur ou butte sandwich

Comme dans l’exemple précédent, on peut envisager de créer des bacs de culture hors-sol reprenant, dans une moindre mesure évidemment, des techniques de butte en Hugelkultur ou de buttes sandwich. La recette sera à adapter aux dimensions du bac de culture, mais le principe de base reste le même ;).

Peut-on faire de la permaculture sans butte ?

Après avoir lu toutes ses techniques de butte en permaculture, vous vous demandez peut-être si on peut faire de la permaculture sans butte ?

De même que « faire des buttes » n’équivaut absolument pas à « faire de la permaculture », « ne pas faire de butte » n’empêche pas de faire de la permaculture ! Les buttes sont une des nombreuses techniques contextuelles proposées (et non imposées) par la permaculture ! Donc oui, on peut faire de la permaculture sans butte ! D’ailleurs, selon les contextes, la permaculture pourra même nous inciter à faire l’inverse des buttes et à cultiver dans des creux ou des jardins en cratères !

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Parmi toutes les techniques de buttes de permaculture, finalement laquelle sera faite pour vous ?? Peut-être aucune, ou plusieurs à la fois…

Finalement, pour choisir votre support de culture, questionnez-vous sur vos objectifs, observez vos différents contextes (environnementaux et personnels), le temps que vous pouvez y consacrer, testez votre sol et expérimentez à petite échelle sur votre terrain ! Après quelques saisons de pratiques, vous pourrez sélectionner la technique qui vous conviendra le mieux !

Et pour gagner du temps et être guidé(e) pas à pas dans cette réflexion pour faire le bon choix dès le départ, faites-confiance à notre formation en ligne intitulée « Choisissez votre support de culture idéal ! » !

Bonne permaculture à toutes et à tous !

Trouvez rapidement quel type de butte il vous faut !

Devez-vous faire des buttes ou pas dans votre potager ? Si oui, quelle sorte de butte sera la plus appropriée pour VOUS ! Découvrez-le grâce à notre formation en ligne « Choisissez votre support de culture idéal » qui vous fera gagner du temps et trouver facilement quel support de culture vous correspond le mieux ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

Vous souhaitez produire tout ou partie de votre alimentation en la cultivant vous-même ? Faire des buttes ne sera pas forcément une bonne idée dans votre cas. Trouvez le support de culture le plus adapté à votre contexte et vos objectifs de production grâce à notre formation vidéo en ligne « Choisissez votre support de culture idéal ».

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Les ateliers « zéro-déchets au jardin » du mois d’octobre !

Avec le soutien du Syctom, nous proposons trois ateliers au Jardin Pouplier :

  • Mardi 5 octobre 9h30-12h30 : Jardin « en lasagnes » pour jardiner avec les bio-déchets (partie théorique)
  • Mardi 12 octobre 9h30-12h30 : Comment valoriser les « indésirables » du jardin en engrais liquide (atelier sur les purins)
  • Mardi 19 octobre 9h30-12h30 : Jardin « en lasagnes » pour jardiner avec les bio-déchets (partie pratique)

Ateliers gratuits, sur inscription : giuliahumus@gmail.com

Le Sens de l’Humus cherche deux volontaires en service civique! Début des missions : novembre 2021

Rencontre avec Jacques Rancière au Sens de l’Humus

Samedi 25 septembre à 15h30 au Jardin Pouplier

60 rue Saint Antoine à Montreuil

Pour celles et ceux qui n’ont pas pu venir au Jardin pour la rencontre avec Jacques Rancière autour de l’écologie et de la politique, co-organisé par le Sens de l’Humus et les Communaux, nous avons mis en
ligne la vidéo :


https://www.youtube.com/watch?v=5MUbrf2Meys

Tension entre écologie et politique ?

Tout au long de son œuvre, Jacques Rancière a cultivé une philosophie de l’émancipation, de l’égalité et de la politique. Pour Rancière, la politique est la tension entre le principe d’égalité qui émancipe les êtres humains, et celui d’inégalité qui ordonne la société en termes de fonctions ou de titres, chacun ayant une place à occuper. C’est un moment pendant lequel des gens à qui on ne donne pas la parole la prennent, et ainsi vivent un moment d’égalité émancipateur.
Mais si la politique ne s’applique qu’à notre société d’êtres humains, à l’heure où l’écologie est de plus en plus présente dans nos débats « politiques », où l’on crie dans la rue et placarde dans nos jardins « Détruire les jardins, c’est détruire les humains », comment prendre en compte les non-humains ? La domination des humains sur les non-humains est-elle une question politique ? Donner la parole aux non-humains a-t-il un sens ?
C’est avec grand plaisir que nous recevrons Jacques Rancière pour échanger sur ces questions, au cœur du Jardin Pouplier encore vert et magnifique en cette fin d’été…

Comment faire son compost maison ?

Comment faire son compost maison ? Ça y est ! Vous avez décidé de vous lancer dans le recyclage de vos déchets de cuisine et de jardin grâce au compostage. Mais vous ne savez pas comment vous y prendre, quelle méthode choisir, comment réussir. D’ailleurs, est-ce possible de faire du compost en ville ? Rassurez-vous, d’abord ce n’est pas sorcier ! Et puis, différentes méthodes existent pour vous permettre de faire du compost en toutes circonstances.

Dans cet article, découvrez 3 façons de faire votre compost maison.

 

Comment faire du compost maison ? La méthode traditionnelle.

Pour qui ?

Le compostage en tas est l’une des manières les plus classiques de faire son compost. Il est tout à fait adapté aux propriétaires d’un jardin, petit ou grand.

Le principe

Il s’agit de rassembler vos déchets en tas, et de laisser la vie du sol dégrader les matières organiques. Bactéries, champignons, vers de terre, etc. sont d’excellents décomposeurs : ils se nourrissent de vos déchets, et les digèrent sous forme de compost.

Exemple de composteurs de jardin en bois et en plastique pour faire un compost en tas.

Exemple de composteurs de jardin en bois et en plastique pour faire un compost en tas.

Pour que la magie opère, vous avez besoin d’organiser votre tas. Bac en bois ou en plastique, bac fait maison, plateforme de compostage à l’air libre, le choix de votre composteur de jardin dépend de vos besoins et de votre contexte.

Que mettre dans le compost ?

Comment faire un bon compost ? Pour que le processus s’active, vous devez vous assurer de l’équilibre des matières apportées à votre tas, soit, grosso modo :

  • 50 % de matières carbonées, brunes ou sèches : branchages, tailles de haies, feuilles mortes, tiges et fleurs fanées, carton brun sans encre, sans colle. Petit conseil au passage : pensez à broyer les branchages avant de les incorporer au compost pour faciliter leur décomposition et leur brassage.
  • 50 % de matières azotées, vertes ou fraîches : déchets de cuisine (même les agrumes, l’ail et l’oignon), marc de café, restes de thé, tontes de gazon.
  • Ce à quoi, vous pouvez ajouter vos coquilles d’œufs broyées, et autres petits restes de viande et de poisson.
Exemple de matières organiques pour le compost : un mélange de « déchets » verts et humides plutôt azotés et de « déchets » bruns et secs plutôt carbonés.

Exemple de matières organiques pour le compost : un mélange de « déchets » verts et humides plutôt azotés et de « déchets » bruns et secs plutôt carbonés.

Ces proportions ne sont pas strictes mais globalement, vous veillerez quand même à ne pas mettre plus de matières vertes que de matières brunes dans votre mélange.

Si l’une des catégories de matières doit être en excès par rapport à l’autre, il vaut mieux que cela soit la catégorie des matières brunes carbonées qui peuvent composer sans problème jusqu’à ⅔ du mélange à composter pour ⅓ de matières vertes azotées !

L’ortie et la consoude sont de bons activateurs de compost. N’hésitez pas à les ajouter dans votre recette.

Ça, c’est la base du compost. Mais faire un bon compost tient aussi dans le soin apporté à votre tas.

Comment entretenir son compost ?

Faire un compost, ce n’est pas juste entasser des déchets verts dans un coin du jardin, et attendre que le temps fasse son effet. Un suivi tout au long de l’année est nécessaire pour vérifier que les conditions favorisant la décomposition sont toujours réunies. Votre attention devrait donc se porter sur :

  • L’humidité : le tas ne doit pas être trop sec, ni trop humide. Pour cela une couverture végétale est la bienvenue (paille, branchages, carton) ainsi qu’un arrosage en période sèche selon les besoins.
  • L’oxygène : il est indispensable à une bonne décomposition des matières. D’où la nécessité d’aérer le tas de temps en temps. Un aérateur de compost ou brass compost est d’ailleurs bien utile pour réaliser la manipulation, notamment dans les composteurs en bacs. Il s’agit d’un outil en forme de grosse vis à faire tourner à l’intérieur du tas.

Résultats

Après environ 8 mois de décomposition, vous obtenez un compost mûr. Il a une douce odeur de sous-bois, et une couleur brun foncé. Il est alors idéal pour nourrir et pailler le sol.

Après plusieurs mois de décomposition par les vers du compost notamment, on obtient un compost mûr bien noir à l’odeur de sous bois, idéal pour enrichir un sol potager par exemple !

Après plusieurs mois de décomposition par les vers du compost notamment, on obtient un compost mûr bien noir à l’odeur de sous bois, idéal pour enrichir un sol potager par exemple !

Si on attend que le compost mûrisse davantage, il est alors moins riche en azote, et devient un excellent terreau pour faire vos semis. Il demande un simple tamisage pour éliminer les éléments les plus grossiers.

Faire du compost : la solution du lombricomposteur

Pour qui ?

Vous vous demandez comment faire du compost alors que vous vivez en appartement ? Ne cherchez plus, et adoptez un lombricomposteur, aussi appelé vermicomposteur.

Le principe

Le système fonctionne grâce à l’action de vers qui se nourrissent de matières organiques et les digèrent sous forme de compost. 2 espèces de vers retiennent particulièrement notre attention pour ce travail : le ver tigré (Eisenia foetidia) et le ver rouge de Californie (E isenia andrei) . Leur atout : ces vers peuvent manger jusqu’à 1⁄3 de leur poids en déchets chaque jour. Concrètement, le lombricomposteur est un ensemble de bacs percés sur le fond, superposés, et munis d’un couvercle.

Exemple de lombricomposteur disponible dans le commerce, compact et pratique. On peut aussi le fabriquer soi-même avec des matériaux de récup pour ceux qui ne voudraient pas l’acheter.

Exemple de lombricomposteur disponible dans le commerce, compact et pratique. On peut aussi le fabriquer soi-même avec des matériaux de récup pour ceux qui ne voudraient pas l’acheter.

Au démarrage, il accueille les vers dans une litière que l’on peut fabriquer soi-même. Pour cela, mélangez un peu de compost mûr ou du terreau de rempotage, et du carton humide déchiqueté en petits morceaux. Avec un premier apport de déchets de cuisine, et une couverture en carton humide, les vers sont prêts pour une période d’acclimatation qui dure environ 1 mois. Pendant cette phase, modérez vos apports et augmentez-les progressivement.

Que mettre dans le lombricompost ?

Les vers apprécient les épluchures de fruits et de légumes, le marc de café, les restes de thé, ainsi que des coquilles d’œufs broyées. Ils ont besoin aussi de matières carbonées : carton brun sans encre, boîte d’œuf.

Préférez les nourrir de tout petits morceaux, cela leur facilite le travail.

Certains aliments sont par contre à proscrire : restes de viande, de poisson, de fromage, les agrumes, l’ail, l’oignon et l’échalote.

Comment entretenir votre lombricompost ?

Les bonnes conditions

Le lombricomposteur doit être placé à l’abri à une température entre 15 et 25 °C pour que les vers soient actifs. En dessous de 5 °C et au-dessus de 30 °C, c’est risqué pour eux, car ils ne supportent pas le gel ni les fortes chaleurs. Placez donc vos bacs de préférence à l’intérieur. Autre élément important : l’humidité. Le compost ne doit pas être trop sec, ni trop humide.

La rotation des bacs

Quand votre 1er bac est rempli, ajoutez-en un 2e par-dessus. Quand les vers auront terminé de digérer les aliments du 1er bac, ils viendront manger ceux du 2e.

Récupérer le compost sans les vers

Pour récupérer un compost exempt de vers, il suffit d’exposer l’étage du dessus du lombricomposteur à la lumière du jour et de le remuer doucement.

Pour récupérer un compost exempt de vers, il suffit d’exposer l’étage du dessus du lombricomposteur à la lumière du jour et de le remuer doucement.

Votre compost est mûr et vous souhaitez en disposer ? Comment faire pour que les vers restent dans le bac à composter ? Il vous suffit de déplacer le bac de compost mûr pour le déposer au-dessus du bac en cours de décomposition. En le laissant un peu à la lumière, et en remuant doucement, les vers vont descendre dans le bac du dessous. S’il en reste quelques-uns, ce n’est pas un souci.

Résultats

Avec le lombricomposteur, vous obtenez un compost mûr en 6 mois environ. Ce compost est idéal pour fertiliser vos plantes en pots ou jardinières. Mais ce n’est pas tout ! Tout au long du processus, vous récupérez du thé ou jus de compost à utiliser comme engrais lors de l’arrosage de vos plantes. Pour cela, il faut absolument diluer ce jus à hauteur d’1 volume de jus pour 10 volumes d’eau. Vos plantes vous diront merci.

Compost maison : l’alternative du bokashi

Pour qui ?

L’idée d’avoir un lombricomposteur dans votre cuisine ne vous réjouit pas ? Le bokashi, cette méthode de compostage japonaise, est une bonne alternative pour recycler vos déchets en milieu urbain, si vous disposez quand même d’un petit jardin (ou d’amis propriétaires de jardin).

Le principe

Contrairement au compostage traditionnel et au lombricompostage qui fonctionnent grâce à la dégradation des déchets en milieux aérobie, le bokashi, lui, fonctionne par fermentation, en milieu anaérobie (sans oxygène). Un activateur de fermentation à base de son de blé, de mélisse et de micro-organismes efficaces est utilisé pour assurer le processus.

La transformation des déchets se fait dans un contenant hermétique muni d’un robinet. On peut l’acheter ou le fabriquer soi-même.

Ensuite, la méthode est simple :

  • Au démarrage, saupoudrez au fond du contenant une couche d’activateur.
  • Versez vos déchets.
  • Ajouter à nouveau une couche d’activateur.
  • Pressez les déchets pour enlever l’air.
  • Refermez le bokashi.

Que mettre dans le compost ?

Remplissage du seau de compost bokashi avec des déchets de cuisine coupés en petits morceaux.

Remplissage du seau de compost bokashi avec des déchets de cuisine coupés en petits morceaux.

Le bokashi va vous séduire pour la diversité des déchets qu’il peut accueillir. En plus des déchets de cuisine habituels tels que les épluchures, le marc de café, les coquilles d’œufs, il transforme aussi les restes de poisson, viande et fromage. Pensez à les couper en petits morceaux avant de les mettre dans votre bokashi.

Comment entretenir le compost ?

Le bokashi fonctionnant sans air, il faut être vigilant à ne pas ouvrir le seau trop souvent. L’idéal est de collecter ses déchets de la journée dans un récipient, et de les ajouter au bokashi une fois par jour.
Tous les deux jours, vous récupérez le jus de fermentation pour ne pas qu’il s’accumule dans le contenant, au risque de nuire au processus.
Quand le seau est plein, on le laisse fermenter pendant 15 jours.
C’est pourquoi, pour pouvoir continuer le compostage pendant cette période, les utilisateurs du bokashi acquiert un 2e contenant.

Résultats

Avec le bokashi, on obtient un compost très différent des composts habituels.

Ici, les matières ne sont pas dégradées. Elles ont donc le même aspect que lorsque vous les avez déposées dans le bokashi. Cependant, elles ont bien été transformées.

Après au moins 15 jours de fermentation, le contenu du seau bokashi va ici être enterré dans une jardinière dans laquelle on pourra ensuite, après quelques semaines d’attente, planter directement.

Après au moins 15 jours de fermentation, le contenu du seau bokashi va ici être enterré dans une jardinière dans laquelle on pourra ensuite, après quelques semaines d’attente, planter directement.

L’utilisation de votre bokashi n’est donc pas la même :

  • Soit vous avez un tas de compost au jardin, et dans ce cas vous y ajoutez le contenu de votre seau à bokashi.
  • Soit vous l’enterrez.
  • Soit vous laissez les matières fermentées revenir à un PH plus neutre avant de les intégrer comme engrais au jardin. Pour cela, il faut creuser une fosse et laisser les matières à l’air libre perdre leur acidité pendant quelques semaines.

Le jus de fermentation est quant à lui utilisable dès récupération pour l’arrosage des plantes. Diluez-le à hauteur d’une cuillère à café pour 0,5 L d’eau. Si vous en avez trop, vous pouvez aussi le verser dans vos canalisations. Ce jus est très efficace pour les nettoyer !

 

Comment faire un compost ? Aller plus loin

Le compost est une pratique au cœur de la permaculture. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter nos autres articles sur le sujet :

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Projection Ciné-Jardins vendredi 10 septembre 2021

Ciné-Jardins 2021 : Repenser le lien entre l’humain et les autres animaux.
Les Estivales de la Permaculture qui devaient se tenir à Montreuil les 10-11-12 septembre 2021 sont annulées (vous trouverez le communiqué sur le site internet des Estivales) mais la programmation de nos amis de Ciné-Jardins est maintenue sur la Prairie des Murs à Pêches à Montreuil.

L’accès se fait par le 61, rue Pierre de Montreuil (93100 Montreuil) 

– 19h00 : visite des jardins
– 19h30 : venez avec votre pique-nique !
– 20h30 : projection en plein air.
N’hésitez pas à amener votre petite laine car il peut parfois faire un peu frais, une couverture si il n’y a pas assez de chaises, une chaise pliante si vous habitez à côté du site.
De la bière pression locale sera disponible sur place.
_______________

La chasse au lion à l’arc de Jean Rouch
France | 1967 | 77minutes 

Dans le « pays plus loin que loin », quelque part entre le Mali et le Niger, l’harmonie règne entre les humains et la nature. Les lions ne s’attaquent qu’aux vaches malades, préservant la santé du bétail et l’ordre du monde. Mais il arrive qu’un fauve tue abusivement l’un des bovins : il faut alors le chasser pour rétablir l’harmonie un instant perturbée… 

Film précédé d’une présentation de la campagne Zone Sauvage et d’une bande-annonce surprise.

Livre Les Trognes, l’arbre paysan aux mille usages

Dominique Mansion, l’auteur de ce livre “Les trognes, l’arbre paysan aux milles usages” est un artiste plasticien, conférencier, auteur et illustrateur naturaliste signant notamment les dessins des trois tomes de “La flore forestière française”. Engagé en faveur de la nature et du bocage, il est à l’origine de la création de Perche Nature, une association d’étude et de protection de la nature dans le Perche et la Vallée du Loir ainsi que de la Maison Botanique de Boursay dans le Loir-et-Cher où il réside.

Portrait de Dominique Mansion, auteur du livre « Les trognes, l’arbre paysan aux mille usages » publié par les Éditions Ouest-France. © DR

Portrait de Dominique Mansion, auteur du livre « Les trognes, l’arbre paysan aux mille usages » publié par les Éditions Ouest-France. © DR

C’est aussi un créateur de jardins dont son fameux “Jardin des trognes” temporaire, créé en 1999 et 2000 à l’occasion du festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire et pour lequel Dominique a organisé la récupération, le stockage, le transport et l’installation temporaire à Chaumont de 28 trognes de chênes pédonculés issues de haies arrasées à Boursay et données par des agriculteurs. Des dizaines de milliers de visiteurs du festival ont arpenté cet extraordinaire jardin des trognes, remettant sur le devant de la scène une pratique ancestrale qui a façonné pendant des siècles nos paysages ruraux avant de tomber peu à peu en désuétude. 

En 2001, les 28 trognes du jardin temporaire de Chaumont sont rapatriées à Boursay et installées non loin de la Maison Botanique pour créer le  “Chemin des trognes”. Inauguré en novembre 2002, il compte 43 vieilles trognes maintenues au sol par une armature métallique, créant ainsi un vrai musée à ciel ouvert sur ces arbres chargés d’histoire. De jeunes sujets vivants sont également installés et entretenus entre les “statues” de leurs ancêtres pour assurer la relève ! Non loin du chemin des trognes est également ouvert le centre européen des trognes rassemblant documentation, témoignages, images et initiatives sur ces arbres remarquables en France, en Europe et au-delà. Si ce sujet vous intéresse, on vous invite vraiment à aller y faire un tour !

Ce travail formidable, porté par Dominique Mansion, a permis de faire (re)découvrir au grand public l’histoire de ces arbres têtards aux multiples facettes et d’œuvrer pour leur réhabilitation dans nos paysages tant ils ont une importance capitale pour la biodiversité et la culture paysanne ! Son livre fait écho à ce travail de passionné et le complète formidablement bien en le mettant à la portée de toutes et tous. 

 

Contenu du livre de Dominique Mansion

Le livre “Les trognes, l’arbre paysan aux milles usages”, préfacé par un grand Monsieur de la botanique amoureux des arbres, M. Francis Hallé, comporte une dizaine de chapitres. Il inclut également une réflexion sur les perspectives offertes par les trognes rédigée par Ernest Zürcher ingénieur forestier et docteur en sciences naturelles ainsi qu’une postface de Pierre Lieutaghi écrivain et ethnobotaniste de renom.

Dominique Mansion s’attache d’abord à expliquer l’origine des trognes à travers l’histoire depuis les trognes créées naturellement à celles pratiquées par l’homme depuis des siècles. Il passe ensuite en revue, superbes photos à l’appui, la diversité des formes et essences d’arbres sur lesquelles on a pu faire ce type de tailles régulières.

Dessin de trognes fait par Dominique Mansion ©Dominique Mansion

Dessin de trognes fait par Dominique Mansion ©Dominique Mansion

Vient ensuite un chapitre très documenté sur les mille et uns usages des trognes par le monde paysan, des utilisations communes comme bois de chauffage, bois d’œuvre ou encore fourrage à des fonctions plus insolites. 

Puis l’auteur consacre un court chapitre à l’imaginaire collectif développé autour des trognes et aux croyances populaires qui ont pu en découler avant de s’atteler à montrer l’incroyable diversité biologique que les trognes peuvent abriter. Champignons, oiseaux, mammifères, amphibiens, reptiles et autres invertébrés, il nous dévoile l’impressionnant potentiel d’accueil de biodiversité qu’ont les trognes, sachant qu’on n’en a pas encore fait le tour et que des études et observations sont encore en cours là-dessus. Ce chapitre est complété, en fin d’ouvrage, par une liste récapitulative de toutes ces formes de vies recensées à ce jour dans les trognes. 

L’auteur nous emmène ensuite sur les traces des trognes dans les villes, leur rôle ou comment elles s’y sont peu à peu intégrées au cours de l’histoire. 

Puis on découvre les causes de la disparition progressive des vieilles trognes et les actions entreprises depuis quelques dizaines d’années, notamment par l’auteur lui-même, pour les réhabiliter en France et ailleurs en Europe. S’ouvre alors un chapitre porteur d’espoir sur l’avenir des trognes à travers le développement de nouvelles pratiques agricoles comme l’agroforesterie ou la fabrication de BRF. On y trouve des conseils pour l’entretien et la sauvegarde des vieilles trognes ainsi que pour la création de nouvelles afin de remettre cette pratique au goût du jour.

La réédition 2019 du livre a été agrémentée du “petit guide du trogneur” qui est un recueil de conseils pratiques sur la création et la gestion des trognes dans le temps.

Enfin, Dominique Mansion nous fait découvrir la surprenante diversité des noms donnés aux trognes selon les terroirs et revient sur l’étymologie de ce nom aux significations multiples avant de conclure sur une note optimiste quant à l’avenir des trognes dans les pratiques paysannes de demain. 

L’ouvrage se termine par une série d’inventaires regroupés en annexes sous l’appellation “dictionnaire des trognes” où sont listés les divers noms des trognes en France et en Europe, les essences d’arbres conduits en trognes à travers l’Europe, les diverses formes de vies recensées dans les trognes (faune et flore) ainsi qu’un lexique et une bibliographie bien étoffée.

Pour qui ?

Au bureau d’études, nous sommes de fervents défenseurs des trognes que nous recommandons souvent de créer (dans nos conseils en design, dans nos formations en ligne sur les haies et les guildes notamment) ou de conserver et entretenir quand on a la chance d’en avoir sur son terrain tant ces arbres têtards sont précieux pour la biodiversité. Or ce livre est vraiment idéal pour ce faire car il rassemble savoirs et savoir-faire mis habilement en conseils et en images par l’auteur.

Ce livre de Dominique Mansion est donc, pour nous, un incontournable sur ce sujet, écrit dans un langage simple et accessible à tous. Agrémenté de nombreuses illustrations et photos de qualité, il ravira les curieux.ses, amoureux.ses de la nature, écologistes en herbe ou débutants.es en permaculture souhaitant découvrir et comprendre cette pratique ancestrale

Riche en anecdotes, références culturelles et historiques, il pourra aussi être un support pédagogique pour les enseignants.tes, naturalistes et animateurs.trices nature. 

Il comblera aussi les permaculteurs.trices plus expérimentés.ées, les paysans.nes et néo-paysans.nes souhaitant réhabiliter les trognes dans leurs pratiques, au sein de haies bocagères, dans leur design agroforestiers ou  leur jardin-forêt par exemple car ils.elles y trouveront des listes d’essences adaptées, des contacts associatifs, des recommandations techniques précises et bien illustrées pour entretenir une trogne existante ou en créer de nouvelles en plus d’un panel enthousiasmant d’usages possibles pour aujourd’hui et pour demain !

 

Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Les Trognes »

L'arbre paysan aux mille usages

Gilles Leblais
168 pages - édité par Édition Ouest France.

Prix : environ 22 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon   |   Decitre   |    Unithèque   |    Fnac

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Planter une haie, tout ce qu’il faut savoir

Vous foisonnez d’idées pour (ré)aménager le jardin ?! Et vous envisagez l’implantation d’une haie pour apporter un peu d’ombre, de tranquillité ou encore attirer les pollinisateurs dans votre jardin… Mais comment procède-t-on ? A quoi faut-il faire attention ?

Planter une haie, par quoi commencer ?

Souvent, on décide de planter une haie pour marquer les limites séparatives de son terrain, ce qui peut également permettre de s’isoler des vis-à-vis avec les parcelles limitrophes en implantant une haie brise vue.

Dans un premier temps, il faut savoir quelle largeur est-on prêt à laisser au végétal : la haie devra-t-elle être taillée régulièrement ou pas ? Il s’agit de déterminer quel type de haie l’on souhaite mettre en place, selon ses besoins, le temps dont on dispose, l’espace et ses moyens.

On peut aussi s’interroger sur les différents rôles que la haie peut remplir, en réflechissant à l’aide du principe de permaculture : un élément, ici la future haie, doit remplir plusieurs fonctions.

Quelles seraient, dans votre contexte, les diverses fonctions possibles et intéressantes pour cette haie ?

Cette vision « élargie » permet d’avoir une vue d’ensemble, de réfléchir au-delà de notre besoin primaire et de nous guider dans les choix qui vont être réalisés.

Souvent, une haie est mise en place pour servir de séparation, mais ne peut-elle pas également apporter des floraisons variées qui bénéficieront à l’entomofaune et constituer aussi une haie fleurie ? Est-ce que ma haie ne pourrait pas aussi offrir des récoltes : elle deviendrait ainsi une haie fruitière, comestible. Quels impacts locaux va avoir ma haie ? Un ombrage sur une partie du terrain, couper des vents, assurer le gîte d’animaux auxiliaires ? En élargissant notre vision, on peut composer un ensemble végétal biodiversifié plus intéressant que les déprimantes haies persistantes de thuyas monospécifiques.

Cactus paillé à la pouzzolane noire, une roche légère et poreuse d’origine volcanique.

Cactus paillé à la pouzzolane noire, une roche légère et poreuse d’origine volcanique.

Quand planter une haie ?

Pour les végétaux ligneux, on recommande de planter entre novembre et mars, lors de la période de repos végétatif mais hors période de gel.

Cette plantation automnale/hivernale bénéficiera grandement aux végétaux car ils seront abreuver abondamment par les pluies de ces saisons.

Cette période de « repos » n’est qu’apparente, car les racines des végétaux continuent à croître : ainsi une plantation à cette époque favorise une meilleure installation du système racinaire. D’expérience, j’ai pu constater que, sur des plantations de fruitiers, ceux-ci se comportent mieux au cœur de l’été lorsqu’ils ont été implantés en fin d’année et ont donc profité des pluies abondantes des saisons froides.

On veillera aussi à réaliser ses travaux de plantation lors d’une journée sans pluie. En effet, si l’on doit mettre un imperméable ou les essuie-glaces en route c’est que ce n’est pas le bon moment pour intervenir sur son sol. Planter sous la pluie favorisera son tassement, détériorera sa structure, et sur des sols fragiles, pourra créer une couche de battance : toute chose qu’il est souhaitable d’éviter !

Zone de jardin avec paillage minéral de graviers divers, idéal notamment pour les plantes grasses aussi appelées succulentes.

Zone de jardin avec paillage minéral de graviers divers, idéal notamment pour les plantes grasses aussi appelées succulentes.

Comment procéder pour planter une haie ?

Une fois l’emplacement choisi, on peut procéder à une préparation du sol en vue de la plantation.

Si l’on dispose de temps, cette préparation de sol peut se faire l’année précédant la plantation, en installant par exemple un mulch épais, ou, si le sol est peu fertile, en mettant en place des couches successives de matières vertes et brunes, selon la technique des lasagnes. Ces actions auront l’avantage de rendre le sol en place plus fécond, de participer à son désherbage et de dynamiser la vie du sol.

Il est préférable, pour une meilleure répartition spatiale des végétaux, de planter en quinconce, sur deux lignes minimum ou davantage selon le projet.

Classiquement, pour un rendu visuel harmonieux, on disposera sur la ligne du fond les plantes les plus hautes et, en avant, les plantes les plus basses.

Selon le rendu souhaité, on espacera plus ou moins les arbustes entre eux. On pourra prendre le parti de les laisser se déployer selon leur plein potentiel, et dans ce cas ils seront assez espacés, ou l’on recherchera un effet plus dense, et on les implantera dans ce cas plus proches les uns des autres.

On vous recommande de faire un trou d’un volume 2 à 3 fois plus grand que le contenant à planter et de préférence carré pour éviter que les racines continuent de « tourner en rond » !

On vous recommande de faire un trou d’un volume 2 à 3 fois plus grand que le contenant à planter et de préférence carré pour éviter que les racines continuent de « tourner en rond » !

Une fois le marquage au sol effectué pour l’implantation de chaque plante, il faudra réaliser les trous de plantation. Ceux-ci devront être suffisamment larges pour accueillir les racines sans contrainte, et suffisamment profonds pour que le collet des arbustes se trouve juste au niveau du sol.

D’une façon générale, nous recommandons de planter de petits sujets : ceux-ci auront séjourné moins longtemps dans leurs conteneurs et leur reprise sera plus aisée.

Planter une haie : comment faire avec les arbustes en conteneur ou en racines nues ?

Lorsque cela est possible, planter des végétaux en racines nues est préférable. Ces plantes n’ont pas subi les contraintes liées à une croissance en pot, leurs racines sont donc entières et offrent leur plein potentiel.

Les plantations de végétaux à racines nues

Les arbres et arbustes à racines nues se plantent de novembre à mars, hors période de gel.

Les arbres et arbustes à racines nues se plantent de novembre à mars, hors période de gel.

Pour planter des arbustes en racines nues, on rafraîchira éventuellement le système racinaire en coupant avec un outil désinfecté les racines endommagées, puis on réalisera un pralinage de celles-ci. Le pralin est un mélange composé de terre, éventuellement d’argile, de compost ou terreau et d’eau, dans lequel on trempe les racines pour former une gaine humide et protectrice. Dans ce pralin, on peut aussi ajouter de la bouse de vache, qui contient plein d’hormones de croissance favorables au végétal. La recette est à adapter en fonction de ce dont on dispose.

Exemple de pralinage d’un arbre à racines nues avant plantation. ©wisemandarine - CC BY-SA 2.0

Exemple de pralinage d’un arbre à racines nues avant plantation. ©wisemandarine – CC BY-SA 2.0

Les plantations de végétaux en conteneur

Pour planter des arbustes en conteneurs, on procèdera dans un premier temps à leur trempage dans un seau d’eau : la motte doit se gorger d’eau en totalité. Lorsqu’il n’y a plus aucunes bulles d’air qui s’échappent, c’est que la motte est saturée d’eau : on peut l’enlever du récipient et la laisser s’égoutter.

Les végétaux en conteneur développent souvent un chevelu racinaire très dense à « démêler » et « rafraichir » en le coupant partiellement pour favoriser la pousse de nouvelles racines !

Les végétaux en conteneur développent souvent un chevelu racinaire très dense à « démêler » et « rafraichir » en le coupant partiellement pour favoriser la pousse de nouvelles racines !

Une fois le pot enlevé, on essaiera de « détricoter » les racines qui souvent « tournent en rond » et forment ce que l’on appelle des chignons. Si le système racinaire est trop dense, on pourra le sectionner partiellement pour forcer la plante à en former de nouvelles, qui ne pousseront pas en cercle.

Une taille de « rafraichissement » des houppiers des arbustes pourra aussi être effectuée si ceux-ci ont un volume trop important par rapport au volume des racines.

 

Autres éléments favorables lors de la plantation d’une haie

Dans tous les cas, le collet des plantes sera au-dessus du niveau du sol. Un collet enterré conduira au dépérissement du végétal, car c’est une zone d’échanges gazeux.

Autour de chaque plante, on formera une cuvette d’arrosage : celle-ci permettra de recueillir l’eau et de la guider à l’aplomb des racines.

Si l’on souhaite amender le sol, on pourra disposer en surface un peu de compost autour de chaque arbuste. Celui-ci sera utile à la plante pour sa croissance.

Un paillage de chaque plante ou de l’ensemble du linéaire planté est nécessaire : on ne doit pas laisser la terre à nue. Ce paillage limitera la concurrence avec la strate herbacée, nourrira la faune du sol, favorisera la mycorhization, limitera les besoins en eau et réduira les amplitudes thermiques.

Un éventuel tuteurage des plantes pourra être nécessaire, surtout sur des zones exposées au vent. Le tuteur devra être installé en biais, face au vent dominant : il servira de contreventement pour maintenir la plante droite. Ce tuteurage sera à enlever dans les 2 à 3 ans maximum, selon le développement des plantes : des liens biodégradables pourront être opportunément employés pour éviter des blessures aux branches lors de leur croissance en diamètre. Il faudra veiller à desserrer ces liens ou les remplacer si l’arbuste pousse rapidement, au risque, sinon, d’étrangler la branche et de la blesser irrémédiablement.

Plantation terminée : le tuteur est en place, la cuvette d’arrosage formée et recouverte de paillage.

Plantation terminée : le tuteur est en place, la cuvette d’arrosage formée et recouverte de paillage.

Même si la météo annonce de la pluie à venir, on procèdera à la plantation à un arrosage abondant de sa haie, pied par pied, dans les cuvettes d’arrosage ménagées. Cet apport d’eau va permettre de colmater les poches d’air créées lors de la plantation et de bien faire adhérer la terre aux racines des arbustes.

Un arrosage avec un thé de compost ou avec une macération de plantes adaptées pourra aussi être bénéfique, attention toutefois à bien suivre les taux de dilution recommandés pour ne pas provoquer un effet contre-productif.

 

Suivi de la plantation de votre haie

Si les pluies sont abondantes, il ne sera pas nécessaire, en période hivernale, de venir arroser votre haie. En revanche, par la suite, à la belle saison, un arrosage pourra s’avérer nécessaire, surtout avec les conditions climatiques que nous subissons maintenant.

Pour une meilleure installation et résilience du végétal, il est préférable de faire des arrosages abondants espacées que quelques jours plutôt que de petits arrosages quotidiens.

Pour une meilleure installation et résilience du végétal, il est préférable de faire des arrosages abondants espacées que quelques jours plutôt que de petits arrosages quotidiens.

Il est recommandé d’arroser abondamment chaque pied avec un espacement de quelques jours entre chaque passage plutôt que de venir arroser un peu chaque jour.

En effet, un arrosage généreux permettra à l’eau de pénétrer bien en profondeur, ce qui stimulera la croissance des racines vers les couches profondes du sol. La plante ira ainsi plus efficacement prospecter les horizons inférieurs en quête d’eau et deviendra plus autonome à long terme.

A l’inverse, un arrosage régulier et peu abondant entraînera le développement du système racinaire en surface : la plante sera ainsi moins armée face aux évènements climatiques extrêmes, elle sera dépendante de cet apport d’eau régulier, et son ancrage au sol sera moins efficace.

On veillera aussi au réapprovisionnement en paillage les premières années. Des plantations de plantes couvre-sols pourraient être bienvenues pour compléter les différentes strates de végétation et apporter plus de biodiversité et donc de résilience à la haie.

 

Une haie en devenir

Si vous suivez toutes ces recommandations, nul doute que votre haie se développera harmonieusement, en suivant son rythme et vous offrira tous ses bénéfices… Bonnes plantations !

À vous de jouer, bonnes plantations à toutes et tous !

À vous de jouer, bonnes plantations à toutes et tous !

Pour aller plus loin et favoriser l’attraction d’un maximum de biodiversité avec l’installation de votre haie, nous vous recommandons la lecture du livre de Gilles Leblais “Ma haie, refuge de biodiversité” :

 

Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Ma haie, refuge de biodiversité »

Gilles Leblais
120 pages - édité par Édition Terre Vivante.

Prix : environ 14 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon   |   Decitre   |    Unithèque   |    Fnac

 

Anais Jeunehomme

Anaïs Jeunehomme, paysagiste conceptrice, certifiée en permaculture. Je conçois, avec l’Atelier l’Embellie des jardins inspirés des principes de la permaculture, adaptés au lieu et à ses habitants, valorisant les ressources existantes, où les plantes sont belles mais aussi comestibles, médicinales, mellifères ou amélioratrices du sol. Car un jardin est un lieu de ressourcement et de bien-être, mais aussi une pierre supplémentaire dans l’édification d'une société plus écologique et durable.

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Paillage d’ardoise : un paillage minéral et décoratif

Caractéristiques d’un paillage minéral

Un paillage minéral est tout simplement une couverture de sol constituée de minéraux et donc de roches, pierres ou cailloux en tout genre.

À la différence d’un paillis organique, végétal ou animal, un paillage minéral ne sera pas décomposé en matière organique par la vie du sol.

Il en existe une grande variété et un large catalogue offrant une multitude de formes, de tailles et de couleurs qui impacteront sur le rôle joué par le paillis :

La pouzzolane : il s’agit d’une roche volcanique aux nuances rougeâtres et ocres. Assez léger, le paillage pouzzolane possède en outre de grandes qualités décoratives car il contraste avec les couleurs de la végétation. Le paillage pouzzolane est assez poreux.

Cactus paillé à la pouzzolane noire, une roche légère et poreuse d’origine volcanique.

Cactus paillé à la pouzzolane noire, une roche légère et poreuse d’origine volcanique.

Les graviers : ils se déclinent en quartz, marbre ou granit mais sont assez chers. Ils seront parfaits pour des décors orientaux et des jardins zen, mais aussi au bord des mares naturelles.

Les billes en argile : leur grande perméabilité permet de les utiliser dans les balconnières et les bacs où elles serviront d’accumulateur d’eau et réduiront les besoins en arrosage. Elles sont utiles aussi dans les massifs ornementaux où elles n’empêchent pas le sol de respirer.

Les galets : il y en a de toutes les formes, des polis, des bruts et de toutes les couleurs. Ils sont souvent utilisés dans les jardins d’eau, les mares naturelles, les bassins ou les spirales aromatiques. Ils emmagasinent la chaleur et la restituent en hiver.

La roche concassée : elle peut très bien convenir pour recréer une atmosphère sauvage et naturelle où viendront s’épanouir des plantes grasses ou des fleurs de rocaille.

Zone de jardin avec paillage minéral de graviers divers, idéal notamment pour les plantes grasses aussi appelées succulentes.

Zone de jardin avec paillage minéral de graviers divers, idéal notamment pour les plantes grasses aussi appelées succulentes.

Divers matériaux recyclés en paillage : il est aussi possible de faire appel à des matériaux recyclés tels que des débris de récipients en terre cuite, ou des pots en céramique cassés ou même de la faïence (vaisselle cassée) … Il faudra se méfier toutefois de leur tranchant ! 

Et bien sûr l’ardoise que nous allons détailler ci-après.

Les particularités de l’ardoise en paillage

Caractéristiques du paillage ardoise

Constitué de débris d’ardoise ou d’ardoises concassées, ce paillage minéral est non-biodégradable avec une structure en feuillets. Les morceaux d’ardoises ont ainsi une surface lisse à l’aspect lustré.

L’ardoise est généralement riche en fer, ce qui fait qu’elle peut montrer parfois des traces de rouille. Elle contient aussi souvent des alumines (oxydes d’aluminium) et possède un pH acide.

La palette de couleurs de l’ardoise est assez intéressante : le plus souvent dans des nuances grises plus ou moins foncées, il en existe aussi des blanches, des noires, des vertes, des violacées, des bleutées ou encore des rouges sombres avec des nuances ambrées.

Gisement naturel d’ardoise où on peut voir plusieurs nuances de couleurs : gris, vert, violacé, ambré…

Gisement naturel d’ardoise où on peut voir plusieurs nuances de couleurs : gris, vert, violacé, ambré…

C’est donc un paillage qui, notamment pour ces nuances de couleurs plutôt sombres, est un bon accumulateur de chaleur en journée qui la redistribue au sol et aux plantes la nuit, diminuant les amplitudes thermiques entre le jour et la nuit et favorisant la croissance de certaines plantes appréciant la chaleur.

Les dimensions des morceaux d’ardoises et l’épaisseur des feuillets pour le paillage sont très variables selon les fournisseurs et leur lieu de provenance.

L’ardoise est aussi imputrescible, incombustible, non gélive (ne se fend pas sous l’effet du gel) et ne s’érode quasiment pas ni sous l’effet de l’eau ni celui du vent (en tous cas cela n’est pas visible à l’échelle humaine!).

Utilisations du paillage d’ardoise

Le paillage d’ardoise s’utilise plutôt au jardin d’ornement et pour la création d’espaces paysagers apportant à leur design une touche “moderne”.

Paillage minéral d’ardoise

Paillage minéral d’ardoise

Le paillage d’ardoise habille aussi à merveille les allées, les chemins, les passerelles et les escaliers.

L’ardoise sera aussi du plus bel effet dans une mise en scène rocailleuse.

A cause de son pH acide, le paillis d’ardoise conviendra bien aux plantes qui apprécient la terre de bruyère (rhododendrons, hortensias, azalées et camélias), autrement dit aux végétaux acidophiles.

En revanche, on déconseille de l’utiliser pour les zones de cultures potagères car il ne nourrit pas le sol du fait de l’absence de décomposition organique. Au potager, on lui préférera donc un paillage organique (paille, foin, feuilles mortes…) nourrissant pour la vie du sol.

Ceci dit, à titre expérimental, un paillage très localisé et amovible d’ardoises accumulatrice de chaleur autour de certains légumes exigeants en chaleur comme les aubergines par exemple peut-être intéressant dans certaines régions un peu fraîches. C’est ce qu’expérimente Romain, membre de nos formations en ligne, dans son jardin du Curé en Charente limousine.

Expérimentation de paillage d’ardoise autour de plants d’aubergine et de poivron chez Romain pour profiter de la chaleur accumulée par l’ardoise aux pieds de ces légumes.

Expérimentation de paillage d’ardoise autour de plants d’aubergine et de poivron chez Romain pour profiter de la chaleur accumulée par l’ardoise aux pieds de ces légumes.

Avantages du paillage d’ardoise

Le paillis d’ardoise est naturel et ne contient aucun intrant toxique.

C’est un paillis minéral d’une grande longévité qui durera toute une vie et plus encore ! Il est donc très économique sur le long terme !

Il réduit l’évaporation de l’eau du sol, ce qui permet de diminuer les arrosages par rapport à un sol non couvert.

Le paillage d’ardoise empêche bien la croissance des adventices en les privant d’accès à la lumière et en limitant très fortement les espaces disponibles où se faufiler : il aide donc à réduire la concurrence des adventices sur les plantes cultivées sur la zone ainsi couverte.

Paillage minéral d'ardoise ne permettant pas aux adventices de se développer.

Paillage minéral d’ardoise ne permettant pas aux adventices de se développer.

Il convient à quasiment toutes les plantes : arbres, plantes d’intérieur, balconnières, conifères, potées fleuries, arbustes.

Le paillage d’ardoise étant assez lourd, sauf avis de tempête ou ouragan, il ne risque pas de s’envoler avec le vent ! Une fois installé, il reste bien en place !

N’étant pas biodégradable, il n’entraîne pas de faim d’azote en surface du sol à la différence des copeaux de bois ou du BRF.

L’ardoise en paillage est facile d’installation quoique lourde à transporter.

Sa palette de couleur assez diversifiée peut apporter une dimension très esthétique aux zones recouvertes de ce type de paillis.

Inconvénients du paillage d’ardoise

Le principal inconvénient du paillage à l’ardoise est qu’il ne nourrit pas le sol. Inerte et minéral, il ne participe donc pas à la fertilité du sol, contrairement à la plupart des paillages organiques.

Attention aux tondeuses : des morceaux d’ardoise peuvent endommager les lames des tondeuses, et s’ils sont projetés, provoquer des blessures.

Le paillage d’ardoise est assez cher : voir plus bas

Un paillis d’ardoise est peu attractif pour la faune du sol : n’espérez pas développer autant la biodiversité sous un paillage minéral que sous une couverture végétale ou un tas de branchages. Un paillage d’ardoise fera cependant le bonheur de certains reptiles comme des lézards des murailles qui viendront s’y prélasser au soleil pour faire le plein de chaleur !

Lézard des murailles aimant tout particulièrement se réchauffer sur les pierres du jardin.

Lézard des murailles aimant tout particulièrement se réchauffer sur les pierres du jardin.

Où trouver du paillage d’ardoise et sous quelle forme : en big bag, en vrac… ?

Comme nous l’enseigne la permaculture, l’idéal est de recycler les déchets des uns en ressources.

Ainsi, il est tout à fait possible de fabriquer soi-même son paillage d’ardoise en récupérant de vieilles tuiles sur des chantiers ou auprès de couvreurs. Pour réaliser ce paillage pas cher, il suffira alors de concasser avec un marteau ou une masse les vieilles ardoises récupérées (en n’oubliant pas de vous protéger les yeux d’éventuelles projections 😉 ! ).

Attention simplement, dans votre démarche de récupération, de ne pas confondre des tuiles d’ardoises avec des tuiles de fibrociment contenant de l’amiante et qui, bien qu’elles soient aujourd’hui interdites, se trouvent encore assez régulièrement sur les toitures de vieux bâtiments. Le concassage de plaques de fibrociment amianté serait vraiment dangereux d’un point de vue sanitaire, nous vous invitons donc à être vigilants sur ce point !

On peut récupérer de vieilles tuiles d’ardoises notamment sur des chantiers, auprès de couvreurs, pour les concasser et les utiliser ensuite en paillage minéral au jardin.

On peut récupérer de vieilles tuiles d’ardoises notamment sur des chantiers, auprès de couvreurs, pour les concasser et les utiliser ensuite en paillage minéral au jardin.

Mais si vous n’avez pas la chance d’obtenir une quantité suffisante pour couvrir l’ensemble de vos projets, une solution reste l’achat.

On pourra acheter ce paillage minéral dans un magasin spécialisé ou dans les grandes enseignes sous différents conditionnements :

  • en vrac
  • en sac de 20 l
  • en big bag de 500 l ou 800 l (= 1m3 pour couvrir environ 20 m2 de surface)

Trouve-t-on du paillage ardoise pas cher ?

Le paillage d’ardoise reste un produit assez onéreux même si son prix varie d’une enseigne à l’autre et selon son conditionnement.

Entre 8 et 22 € : par sac de 20 litres dans les jardineries et magasins de bricolage.

Entre 300 et 500 € : le paillage ardoise big bag auprès de revendeurs spécialisés

Comme pour chaque sujet, pensez à vous adapter à votre contexte et vos objectifs en premier lieu. Il existe une telle diversité de paillages possibles qu’il est fort probable que vous ayez déjà ce dont vous avez besoin sur place !!


Et si vous optez finalement pour un paillage d’ardoise sur certaines zones de votre jardin, avant d’en acheter, essayez la récupération d’ardoises auprès de votre entourage. Vous les débarrasserez d’un déchet encombrant et vous embellirez votre jardin !

 

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Plante grimpante à feuillage persistant : notre sélection

Il arrive, surtout en milieu urbain, que l’on se retrouve avec des murs aveugles peu gracieux sous les yeux. Ceux-ci n’offrent pas un paysage des plus plaisants à contempler depuis les fenêtres de la maison ou depuis son transat au jardin.

Il est possible, sous certaines conditions, d’habiller ces supports de végétal, afin de créer un cocon de verdure. On peut faire le choix d’opter pour des grimpantes caduques ou pour des plantes grimpantes persistantes. Ces dernières arboreront leur feuillage tout au long de l’année, ce qui présente des avantages lorsque l’on doit gérer des vis-à-vis. En revanche, en raison de leur caractère persistant, leur coloris varie peu selon les saisons, ce qui engendre un décor assez figé.

Comment choisir les bonnes grimpantes persistantes ? Pour quelles plantes opter ? C’est ce que nous allons voir dans la suite de cet article.

 

Quelle est la situation de mon support ?

Comme évoqué dans un précédent article, il est nécessaire de bien cerner l’environnement dans lequel vous allez installer vos plantes grimpantes. La nature du sol, son humidité, l’exposition au soleil du support sont autant d’éléments à prendre en compte pour choisir la bonne plante.

Par ailleurs, s’agissant de plantes grimpantes, il est aussi bon de décider de quelle manière la liane doit couvrir le support. Doit-elle être autonome, et dans ce cas, comporter des racines crampons ou des ventouses, comme le lierre ou certaines vignes vierges (Parthenocissus tricuspidata, Parthenocissus henryana…) ?

Avec ses racines crampons, le lierre est une plante grimpante formidable, capable de grimper sur une surface même lisse assez rapidement en toute autonomie !

Avec ses racines crampons, le lierre est une plante grimpante formidable, capable de grimper sur une surface même lisse assez rapidement en toute autonomie !

Ai-je envie d’installer un support pour sa croissance, tel un treillage, des câbles ou une pergola ? Dans ce cas, la grimpante devra être capable de s’enrouler par elle-même sur le support, comme le font les clématites, par exemple.

On peut aussi décider d’installer des plantes grimpantes qui requièrent une intervention humaine pour être palissées, au fur et à mesure de leur croissance, comme avec les rosiers grimpants…

Il faudra aussi tenir compte de la solidité du support : en effet, les grimpantes à feuillage persistant pèsent, aussi celui-ci devra être adapté à l’envergure et au poids du végétal.

 

Comment planter ma grimpante à feuillage persistant ?

Comme pour bon nombre de végétaux, une plantation entre novembre et mars sera la bienvenue, afin que la plante nouvellement installée bénéficie des pluies abondantes de la période hivernale. On veillera cependant à éviter les périodes de grands froids et de gel.

Bien souvent, la qualité du sol au pied d’un mur est médiocre, de plus, l’espace disponible pour un enracinement des racines peut aussi être limité, du fait de la fondation de l’ouvrage. Il sera donc utile d’amender votre sol pour améliorer sa fertilité et sa structure, par exemple avec du compost.

Lorsque les plantes grimpantes sont au pied d’un mur avec peu d’espace de sol pour les racines, il vaut mieux prévoir des amendements réguliers pour les maintenir en bonne santé !

Lorsque les plantes grimpantes sont au pied d’un mur avec peu d’espace de sol pour les racines, il vaut mieux prévoir des amendements réguliers pour les maintenir en bonne santé !

Par ailleurs, décaler la plantation des grimpantes du mur afin de leur offrir une profondeur d’enracinement plus conséquente est une bonne solution. Le jardinier n’aura plus qu’à diriger souplement la liane vers son support, au fur et à mesure de sa croissance. Celle-ci sera plus autonome à long terme, grâce à son système racinaire mieux déployé.

 

Plante grimpante à feuillage persistant, se déployant seule

Sous nos latitudes, il existe relativement peu de végétaux conservant leur feuillage en hiver. Notre climat est trop froid et l’ensoleillement trop faible en hiver, c’est pourquoi la végétation s’est adaptée à ces conditions particulières en se délestant de son feuillage avec les mauvais jours.

Mille et une nuances de lierre

Le lierre (Hedera helix) est une des rares plantes grimpantes sous nos climats tempérés qui soient à même de conserver son feuillage vert même au coeur de l’hiver !

Le lierre (Hedera helix) est une des rares plantes grimpantes sous nos climats tempérés qui soient à même de conserver son feuillage vert même au coeur de l’hiver !

Il existe cependant une plante grimpante persistante, unique représentante de la famille des Araliacées sous nos climats tempérés : le lierre (Hedera sp.), qui est capable de prospérer seul sur les supports. Doté de racines crampons, le lierre peut tout aussi bien partir à l’assaut d’un mur que d’un arbre, ou encore former un excellent couvre-sol.

Le lierre a bien souvent mauvaise réputation, surtout lorsqu’il grimpe sur les arbres, pourtant ce n’est pas une plante parasite. Il a ses propres racines et fait de la photosynthèse : il ne vit donc pas au dépens de l’arbre. De plus, le lierre n’étrangle pas l’arbre : sa croissance lente progresse verticalement, ce qui permet aux troncs de grossir normalement. La seule concurrence qu’il peut opposer à l’arbre est celle pour l’accès à la lumière.

Par ailleurs, le lierre fait partie des rares grimpantes supportant bien l’ombre en plus d’être une plante formidable pour la faune, offrant le gîte et le couvert à de nombreuses espèces notamment sur la période automne, hiver où le pollen et les fruits sont rares.

Il a aussi été prouvé que le lierre participe à l’épuration de l’air : il absorbe et détruit certains solvants, dont le benzène, un produit cancérigène présent dans les peintures, les solvants et la fumée de cigarette[i].

Les diverses nuances de couleurs des nombreux cultivars de lierre permettent de créer des décors végétaux très graphiques et originaux !

Les diverses nuances de couleurs des nombreux cultivars de lierre permettent de créer des décors végétaux très graphiques et originaux !

Il existe aujourd’hui beaucoup de cultivars, à feuillage panaché (ce qui peut être une option intéressante pour éclairer une zone ombragée), au feuillage évoluant en saison (tonalité claire des nouvelles feuilles et rougeoyante lors des premiers frimas), avec des formes de feuilles diverses… L’étendue des possibles est importante.

Citons trois espèces : Hedera helix, le lierre commun, Hedera colchica, le lierre de Colchide et Hedera canariensis, le lierre des Canaries. Le premier est le lierre que l’on voit couramment dans nos villes et campagnes, lequel a été décliné en de nombreux cultivars. Le second provient du Caucase, et il porte des feuilles beaucoup plus imposantes. De par son origine il est plus frileux que le lierre commun, aussi lui réservera-t-on des emplacements abrités, tant des gels importants que du vent. Le troisième présente aussi des feuilles assez grosses et croît rapidement : sa puissance de déploiement doit être prise en considération dans le choix de son emplacement, car il est capable de soulever les tuiles si on le laisse accéder aux toitures

À gauche, lierre des Canaries au feuillage persistant panaché de blanc. À droite, lierre de Colchide aux feuilles plus imposantes.

À gauche, lierre des Canaries au feuillage persistant panaché de blanc. À droite, lierre de Colchide aux feuilles plus imposantes.

Il existe d’autres espèces de lierre, qui présentent des caractéristiques de feuillage différentes : à vous de cheminer dans cette diversité !

La trompette de Jéricho…

La bignone, Campsis radicans, aussi appelée parfois trompette de Jérico à cause de la forme de ses fleurs, porte un feuillage qui peut être semi-persistant, si les conditions locales sont clémentes. C’est une grimpante adaptée à la chaleur, tolérant un sol sec à très humide. Elle se pare d’une abondante floraison en trompette durant l’été. Dotée de racines crampons, elle s’accroche seule aux supports lisses. C’est de plus, une plante mellifère et médicinale.

Magnifique floraison en trompette de la bignone, une plante grimpante dont le feuillage est semi-persistant dans les régions au climat doux.

Magnifique floraison en trompette de la bignone, une plante grimpante dont le feuillage est semi-persistant dans les régions au climat doux.

 

Plantes grimpantes à feuillage persistant à palisser

Ces plantes grimpantes auront besoin de l’action de l’homme pour palisser un mur : il faudra les fixer progressivement, au fur et à mesure de leur croissance, pour couvrir le support. Sans cette action régulière, elles retomberont en longs rameaux arqués vers le sol.

Ainsi on peut trouver certains chèvrefeuilles, comme Lonicera henryi, qui est apprécié principalement pour le caractère persistant de son feuillage. Ses feuilles sont lancéolées, lisses et brillantes. Ses fleurs discrètes, rose à orangé, se groupent aux extrémités des pousses et sont suivies de baies violettes toxiques pour l’homme mais appréciées de certains oiseaux. De plus, c’est une plante grimpante à croissance rapide.

Le chèvrefeuille du Japon, Lonicera japonica, ainsi que le chèvrefeuille des bois, Lonicera periclymenum, peuvent présenter un feuillage semi-persistant en situation protégée. Le chèvrefeuille des bois offre par ailleurs une floraison parfumée des plus agréables. On peut aussi en trouver des cultivars aux fleurs bicolores très esthétiques.

À gauche, floraison généreuse en parfumée du chèvrefeuille du Japon. Au milieu, ce chèvrefeuille de Henry, à croissance rapide n’a pas encore fleuri. À droite, la floraison très colorée du chèvrefeuille des bois.

À gauche, floraison généreuse en parfumée du chèvrefeuille du Japon. Au milieu, ce chèvrefeuille de Henry, à croissance rapide n’a pas encore fleuri. À droite, la floraison très colorée du chèvrefeuille des bois.

Les ronces fruitières, Rubus fruticosus, présentent aussi un feuillage persistant à semi-persistant. Des cultivars ont été sélectionnés pour offrir des fruits plus gros que la plante sauvage, ils peuvent être avec ou sans épine. Le mûrier prendra cependant un espace plus important en épaisseur que les autres grimpantes proposées précédemment : son port est davantage arbustif.

Les ronces sont des grimpantes persistantes souvent mal vues par les jardiniers, pourtant elles sont formidables pour la biodiversité et nous offre des fruits tellement bons qu’elles méritent une place de choix au jardin en permaculture !!

Les ronces sont des grimpantes persistantes souvent mal vues par les jardiniers, pourtant elles sont formidables pour la biodiversité et nous offre des fruits tellement bons qu’elles méritent une place de choix au jardin en permaculture !!

 

Plantes grimpantes à feuillage persistant qui s’enroulent sur un support

L’installation d’un câblage, d’un treillage, d’une tonnelle ou d’une pergola peuvent être de bons éléments de support pour certaines plantes grimpantes autonomes dans leur déploiement. Ces plantes présentent des tiges dont l’extrémité est capable, au contact d’un support vertical, de s’enrouler, c’est ce que l’on nomme des tiges volubiles.

On trouve par exemple la clématite d’Armand, Clematis armandii, qui a la particularité de garder son feuillage l’hiver. Elle offre des fleurs en bouquets de couleur blanche crème qui sont généralement parfumées, dégageant un parfum de fleur d’oranger et de vanille. Sa floraison apparaît le plus souvent en début d’année entre mars et avril, ce qui en fait une attraction majeure à cette saison où l’on trouve peu de végétaux en fleurs.

Une clématite d’Armand, avec sa jolie floraison blanche et son feuillage persistant vert profond, est parfaite pour habiller un mur disgracieux !

Une clématite d’Armand, avec sa jolie floraison blanche et son feuillage persistant vert profond, est parfaite pour habiller un mur disgracieux !

Son feuillage persistant rouge pourpre au départ de la pousse devient par la suite vert foncé brillant, et est du plus bel effet. La clématite d’Armand peut être plantée en plein soleil ou à mi-ombre, voire dans une ombre lumineuse.

En savoir plus sur les plantes grimpantes pour une exposition à l’ombre ou au soleil.

L’akébie à cinq feuilles (Akebia quinata) est une liane au feuillage semi-persistant en fonction de la dureté de l’hiver. Elle requiert un sol frais et peut se développer à l’ombre lumineuse. Ses fleurs, en grappes, sont pourpre-brunâtre pour les fleurs femelles et roses pour les fleurs mâles. Elles sont relativement discrètes et apparaissent fin avril/début mai. Elles sont légèrement parfumées.

Akébie à cinq feuilles dont les fleurs sont sur le point d’éclore. Cette plante grimpante aura le feuillage semi-persistant dans les régions aux hivers doux.

Akébie à cinq feuilles dont les fleurs sont sur le point d’éclore. Cette plante grimpante aura le feuillage semi-persistant dans les régions aux hivers doux.

Ses fruits, comestibles, ne poussent que sous des climats doux (zone viticole). Ils sont pourpre-violacé, en forme de concombre. Cependant, pour en avoir, il conviendra d’en planter deux pieds, pour une pollinisation croisée.

Fruits de l’akébie à cinq feuilles : cette grimpante ne fructifie que dans les régions au climat doux, lors des étés chauds et prolongés.

Fruits de l’akébie à cinq feuilles : cette grimpante ne fructifie que dans les régions au climat doux, lors des étés chauds et prolongés.

En guise de conclusion…

Nous venons de voir qu’il existe relativement peu de plantes grimpantes à feuillage persistant sous nos latitudes. Néanmoins, les effets du changement climatique se faisant sentir années après années, les hivers étant de moins en moins rudes, nous pourrions avoir la bonne surprise de voir certaines grimpantes conserver leur feuillage en hiver. Reste à savoir si nous devons le voir comme une bonne ou une mauvaise nouvelle : le débat est ouvert !

 

Anais Jeunehomme

Anaïs Jeunehomme, paysagiste conceptrice, certifiée en permaculture. Je conçois, avec l’Atelier l’Embellie des jardins inspirés des principes de la permaculture, adaptés au lieu et à ses habitants, valorisant les ressources existantes, où les plantes sont belles mais aussi comestibles, médicinales, mellifères ou amélioratrices du sol. Car un jardin est un lieu de ressourcement et de bien-être, mais aussi une pierre supplémentaire dans l’édification d'une société plus écologique et durable.

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Livre La vie secrète de ma mare

Livre La vie secrète de ma mare

Portrait de Gilles Leblais, auteur du livre « La vie secrète de ma mare » - © Christine Durand

Portrait de Gilles Leblais, auteur du livre « La vie secrète de ma mare » – © Christine Durand

Convaincu que l’émerveillement face aux beautés de la nature permet de mieux la respecter, Gilles Leblais partage depuis de nombreuses années ses observations du monde sauvage et nous invite à prendre le temps de contempler cette vie surprenante que notre regard, de plus en plus accaparé par les écrans, a tendance à ne plus remarquer.

“Coureur des bois” et passionné de nature depuis l’âge de 18 ans, Gilles Leblais a plusieurs cordes à son arc. Photographe nature, ornithologue, conférencier, journaliste naturaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur la nature et la biodiversité, il est également consultant pour l’aménagement de jardins naturels et sauvages afin de recréer des havres de paix pour la biodiversité et entrer en communion avec Dame Nature. Il a d’ailleurs aménagé son propre “Jardin paradis” à Velanne en Isère, ouvert aux visites sur simple réservation afin d’éveiller un maximum de gens à l’observation de la nature, car nous pouvons tous nous y connecter, capter toute la magie de la vie sauvage et ce dès le pas de notre porte 😉 !

Spécialiste des mares naturelles, c’est en fin connaisseur et humble spectateur, qu’il nous emmène à la découverte passionnante de ces biotopes aquatiques dans son livre “La vie secrète de ma mare” joliment sous-titré “J’observe la nature à fleur d’eau”.

Contenu du livre de Gilles Leblais

Paru chez Terre Vivante en 2019, “La vie secrète de ma mare” est une véritable invitation à l’émerveillement !

Il comporte 3 grandes parties.

On rentre tout de suite dans le vif du sujet avec une première partie, la plus conséquente des trois, consacrée à la faune présente dans une mare naturelle.

Batraciens, reptiles, oiseaux, mammifères, insectes et autres invertébrés sont dévoilés en gros plan à notre regard médusé grâce à de magnifiques photos originales de l’auteur accompagnées d’illustrations et d’explications limpides sur les différentes familles et espèces observées, leurs cycles de vie, modes de reproduction sans oublier des clés pour apprendre à les identifier et les distinguer les unes par rapport aux autres…L’auteur nous régale aussi d’anecdotes étonnantes sur les comportements de cette faune qu’il a glanées durant ses nombreuses années d’observation.

Une des mares naturelles créées par Gilles Leblais sur son lieu appelé « Mon jardin paradis » en Isère, ouvert au public sur réservation © Gilles Leblais

Une des mares naturelles créées par Gilles Leblais sur son lieu appelé « Mon jardin paradis » en Isère, ouvert au public sur réservation © Gilles Leblais

Dans la partie suivante, il invite toutes celles et ceux qui souhaitent attirer la biodiversité dans leur jardin à y créer une mare naturelle, même petite ! Il s’attache donc à nous expliquer comment intégrer au mieux une mare dans son jardin et comment faire en sorte qu’elle soit la plus propice possible à l’installation rapide et durable d’une biodiversité foisonnante. Il donne également des conseils sur les matériaux et revêtements à utiliser.

Enfin, il nous prend par la main et nous entraîne dans la création d’une mare en 7 étapes, car, vous l’aurez compris, Gilles Leblais souhaite aussi à travers son ouvrage, montrant de nombreuses beautés et curiosités de la nature, nous inciter à aménager une mare chez nous ! De façon simple, il nous montre comment s’y prendre puis comment choisir ses plantes aquatiques et enfin comment entretenir sa mare au fil du temps !

Le livre se termine par quelques annexes bien utiles dont un glossaire et la liste des animaux cités dans l’ouvrage.

Pour qui ?

Ce livre est un plaidoyer pour la création de biotopes aquatiques naturels afin de multiplier ces havres de paix pour la biodiversité, partout où cela s’y prête. Ecrit dans un langague simple et richement illustré, c’est une ode à la nature sauvage qui ravira lecteurs.trices petits.es et grands.es de 7 à 77  ans et même au-delà 😉 !

C’est pourquoi nous le recommandons à tous les curieux.ses, naturalistes en herbe mais aussi aux permaculteurs.trices, débutants.es comme expérimentés.ées souhaitant installer ou réhabiliter un point d’eau dans leur design de permaculture, recréer et entretenir une zone humide naturelle car ce livre de Gilles Leblais leur offrira un bel aperçu de toute la vie qu’ils.elles pourront observer “à fleur d’eau” tout en leur donnant des clés pour le faire efficacement.

Il sera également un bon support pédagogique pour éveiller et sensibiliser un large public à l’importance des mares naturelles pour la biodiversité si essentielle à un écosystème résilient.

Avec un prix très abordable, le rendant accéssible au plus grand nombre, c’est donc, pour nous, un ouvrage à mettre entre toutes les mains car il n’y a pas d’âge pour réenchanter son regard et s’émerveiller avec la nature 😉 !

« La vie secrète de ma mare »

J'observe la nature à fleur d'eau

Livre de Gilles Leblais
Édité par Éditions Terre Vivante en 2019.

Prix : environ 14 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
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Paillis de lin en paillage au jardin

Caractéristiques du paillis de lin

Qu’est-ce que le paillis de lin ?

Plante herbacée très rustique pouvant atteindre 1 mètre de hauteur, le lin ou Linum usitatissimum était traditionnellement cultivé dans le Nord de la France pour l’utilisation que l’on faisait de sa fibre dans l’industrie textile. Ses graines entrent quant à elles dans la fabrication d’une huile aux mille vertus. Après récolte, on sépare les parties fibreuses de leurs tiges par une opération appelée teillage. Les tiges sont ensuite réduites en petits fragments appelés anas qui donnent les paillettes de lin. Les anas utilisés en paillis sont généralement exempts de traitements chimiques.

La paille de lin se présente donc comme de petites brindilles ne mesurant pas plus de 3 cm et il faut environ 1 hectare de culture de lin pour obtenir un peu plus de 300 kilos de paillette de lin.

Champ de lin cultivé - Linum usitatissimum - monté en graine

Champ de lin cultivé – Linum usitatissimum – monté en graine

Le paillage de lin affiche :

  • une capacité de rétention en eau d’environ 200% en masse de produit sec
  • un pH neutre de 7

 

Utilisation du paillis de lin

La richesse organique du lin et son pH neutre rendent ce paillage intéressant pour l’ensemble des cultures. Le paillis de lin se révèle très utile au jardin et finalement assez polyvalent puisqu’on peut l’utiliser partout et principalement :

  • Au jardin d’ornement : pour surfacer des massifs de fleurs, les rosiers et les arbustes
  • Dans les jardinières : pour ralentir l’évaporation de l’eau
  • Au potager : comme protection contre le gel, pour diminuer la croissance des adventices, mais aussi pour maintenir l’humidité des plantes exigeantes en eau.

Avantages et inconvénients d’un paillage de lin

Même si vous ne produirez sûrement pas vos paillettes de lin vous-même, le lin est une plante intéressante à cultiver dans votre jardin en permaculture. Pour la beauté de sa fleur notamment mais pas seulement…

Fleurs bleues de lin cultivé - Linum usitatissimum.

Fleurs bleues de lin cultivé – Linum usitatissimum.

Le lin aurait, en effet, une action répulsive sur les doryphores (Leptinotarsa decemlineata), ces fameux coléoptères qui, notamment à l’état de larves, se nourrissent goulument des feuillages de certaines solanacées, au premier rang desquelles les pommes de terre et dans une moindre mesure les aubergines et les tomates. Le lin sera donc bienvenu en association avec ces cultures 😉 pour réduire de façon simple et écologique la présence de ces insectes au potager !

Avantages du paillis de lin

Il amende le sol, évite l’érosion et les lessivages :

La décomposition lente du lin en surface du sol constitue un bon amendement, contribuant au fil des années, à l’amélioration de votre sol et à la création d’humus.

Il assure également une bonne protection des sols contre l’érosion due aux vents et aux pluies et limite les lessivages des sols.

Il protège du vent :

Le paillis de lin réduit l’impact des effets desséchants du vent, en été comme en hiver. Cependant, en cas de vents violents et/ou récurrents, le plus efficace sera d’installer des haies brise-vent sur votre lieu pour en limiter les effets délétères sur vos cultures.

il freine la progression des limaces :

Comme le paillis de chanvre, il semblerait que les gastéropodes n’aiment pas du tout avancer sur ces petites brindilles de lin. Évidemment, il ne faut pas se leurrer, cela ne les arrêtera pas si la faim les tenaille et que les seules plantes à se mettre sous la dent sont entourées de paillis de lin !!! En revanche, si vous leur laissez à disposition de petits tas de “déchets” de cuisine (épluchures de légumes ou de fruits) faciles d’accès et que, par ailleurs, vous entourez vos jeunes plants de légumes potagers avec ce paillage de lin, il y a fort à parier que les limaces et autres escargots iront se régaler de vos épluchures plutôt que de vos cultures !!

Les limaces n’apprécient pas de progresser sur un couvert de paillettes de lin, si vous leur mettez par ailleurs facilement accessible des déchets de cuisine, elles délaisseront plus volontiers vos jeunes salades paillées au lin !!

Les limaces n’apprécient pas de progresser sur un couvert de paillettes de lin, si vous leur mettez par ailleurs facilement accessible des déchets de cuisine, elles délaisseront plus volontiers vos jeunes salades paillées au lin !!

Il réduit les besoins d’arrosage :

Comme la plupart des paillis organiques (paille, foin…), le paillage de lin permet de diminuer le nombre d’arrosage en limitant l’évaporation. Sa très bonne capacité de rétention d’eau (jusqu’à plus de 200 % de sa masse de produit sec) offre une certaine autonomie à vos végétaux.

Il est esthétique :

Les jardiniers esthètes apprécient la couleur claire et la texture légère et fine du paillage lin. Tels des artistes-peintres avec leur palette, certains apprécieront de l’utiliser par touches, en certains endroits du jardin et de créer, par ailleurs, des contrastes avec d’autres paillages plus sombres comme l’écorce de pin ou le BRF.

Il est isolant :

Le paillis de lin, en couche suffisamment épaisse, est un bon isolant thermique. Il permet donc de protéger les plantes des chaleurs excessives en été et du froid et des gels en hiver !

Il favorise l’installation de la faune auxiliaire et des micro-organismes :

Les vers de terre apprécient ce paillis végétal et leur bonheur fera celui de votre terre ! Ils contribueront notamment à l’aérer et à l’enrichir de leurs déjections.

Il limite la pousse des adventices :

C’est une qualité que la paillette de lin partage avec d’autres paillages, et notamment les paillages minéraux comme le paillage d’ardoise. Pour profiter de cet avantage, la couche de paillette de lin doit tout de même être assez conséquente.

Ceci dit, n’espérez pas vous débarrasser aussi facilement de certaines plantes sauvages particulièrement coriaces comme le chiendent ou certains rumex qui traverseront sans peine plusieurs cm de paillis de lin !

Il n’acidifie pas la terre :

Son pH neutre conviendra à de nombreux végétaux.

Il est facile à installer :

La paillette de lin est légère, ce qui rend sa mise en place et sa manipulation aisées.

Le paillis de lin, très léger, est facile à manipuler et à installer minutieusement au jardin !

Le paillis de lin, très léger, est facile à manipuler et à installer minutieusement au jardin !

Le paillage de lin est durable :

La durée d’un paillis est d’environ 2 ans. 2 années pendant lesquelles il amendera le sol et empêchera le phénomène de battance et d’érosion. Au niveau de son temps de dégradation, il est similaire aux copeaux de bois.

Inconvénients du paillage au lin

Il peut contenir des graines de lin :

Il peut rester dans le paillis des graines de lin qui pourraient fleurir à la saison suivant son installation. Ceci dit, est-ce vraiment un inconvénient ? Pas forcément, cela peut même être appréciable !!

Il a un C/N élevé :

Le paillis de lin a un rapport Carbone/Azote (C/N) relativement élevé d’environ 160 (soit 160 unités de carbone pour 1 unité d’azote). Cela signifie que le paillis de lin peut entraîner dans les 2 à 3 premiers mois de sa mise en place, une légère « faim d’azote » en surface du sol. La faim d’azote vient du fait que les bactéries et micro-organismes qui décomposent la matière organique principalement carbonée ont besoin d’azote pour cette tâche et le prélèvent, sous sa forme minérale, dans le sol. Il n’est donc plus disponible pour les jeunes plantes cultivées. Cela peut être gênant au potager pour de jeunes plants au système racinaire encore peu développé dont les feuilles peuvent jaunir. Pour aider à compenser cela, le purin d’ortie et de consoude comme bio-stimulants de croissance pour ces jeunes plantes pourront être bien utiles au début de l’installation de votre paillis de lin !

La paillette de lin est assez chère :

Comme il est très rare de pouvoir produire soi-même son paillis de lin, il vous faudra l’acheter (voir ci-dessous) et selon l’étendue des surfaces à mulcher, l’addition peut vite être très salée !

 

Où acheter du paillis de lin et sous quelle forme ?

Où trouver de la paille de lin ?

La plupart des jardineries disposent aujourd’hui de paille de lin en rayon. Il est aussi possible de s’en procurer dans certaines grandes surfaces possédant un rayon « Jardinage » assez complet. Quelques sites en ligne spécialisés proposent aussi ce type de paillage.

Certains producteurs font aussi parfois de la vente directe de leur paillis.

Et le conditionnement ?

En fonction de la boutique en ligne ou du magasin dans lequel vous vous procurerez votre paillis de lin, vous disposerez de différentes options de conditionnement.

  • En vrac
  • En balles compressées
  • En sac de différentes contenances : 200 l, 150 l
  • En palettes de plusieurs sacs

Pailler son potager à la paillette de lin, un geste simple et rapide !

Si vous souhaitez recouvrir une grande surface, privilégiez les formes compressées qui sont plus économiques et moins encombrantes.

Quel est le prix de la paille de lin ?

Si vous êtes dans une région productrice (la Normandie en France notamment), vous pourrez sans doute bénéficier de prix inférieurs au prix courant du fait de la réduction des coûts de transport.
Le prix du paillage de lin est assez élevé et souvent annoncé à plus de 25 euros les 150 litres. 
La quantité commandée pourra faire baisser la facture, mais elle peut aussi passer du simple au double si on souhaite obtenir du paillis certifié bio.

Observer vos ressources sur site avant d’acheter !!

Pour finir, le paillis de lin est une ressource qui demande une intervention mécanique et pas mal d’étapes énergivores entre sa production et son arrivée prêt à l’emploi dans votre jardin.

Aussi, avant de le choisir comme paillis principal, gardez en tête de principe de permaculture “Tout déchet est une ressource inexploitée” !
Entrainez-vous à observer les divers “déchets” présents sur votre site ou aux alentours pour voir s’ils ne pourraient pas être utilisés comme ressources pour le paillage de votre jardin !
Quelques exemples : tonte de gazon, champs d’orties, de fourgères, feuilles mortes, déchets de cuisine, toile de jute, taille de haies, vieux foin devenu impropre à la consommation par les animaux que l’agriculteur du coin vous cédera sans doute pour une bouchée de pain…

Quand on se met à observer son site et ses alentours, on se rend compte que de nombreux « déchets » sont en fait de super ressources pour pailler ou mulcher le sol de notre jardin !!

Quand on se met à observer son site et ses alentours, on se rend compte que de nombreux « déchets » sont en fait de super ressources pour pailler ou mulcher le sol de notre jardin !!

 

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Programme estival des ateliers du Sens de l’Humus

Bel Eté Solidaire

Avec le soutien du Département et la participation du Syctom 

Jardin Pouplier – 60 rue de Saint Antoine 93100 Montreuil

12 participant·es par atelier

Inscription obligatoire auprès de giuliahumus@gmail.com

  • Jeudi 24 juin 10h-12h Atelier jardinage, comment valoriser les déchets verts au jardin : le paillage. Les avantages du paillage, comment s’en servir.
  • Mardi 29 juin 10h-12h Atelier jardinage, comment valoriser les déchets verts au jardin : le paillage. Les avantages du paillage, comment s’en servir.
  • Mercredi 30 juin 9h30 – 12h30 Fabrication de nichoirs à partir de bois de récupération.
  • Jeudi 1 juillet 14h-16h Initiation au compostage. Formation au compostage, observation des différents compost du jardin.
  • Mercredi 7 juillet 9h30-12h30 Fabrication d’hôtels à insectes à partir de bois de récupération.
  • Mercredi 7 juillet 14h-16h Fabriquer son premier herbier. Visite du jardin avec cueillette de plantes pour la fabrication d’un herbier (atelier familles).
  • Vendredi 16 juillet 9h30-11h30 Atelier jardinage, comment valoriser les « indésirables » du jardin en engrais liquide : réalisation et utilisation de différents purins dans le jardin.
  • Mardi 20 juillet 10h-12h Faire soi-même et à bas coûts des “laits” végétaux, apprendre à fabriquer des boissons végétales.
  • Mercredi 21 juillet  9h30-12h30 et 14h-17h Atelier de construction de meubles en palette. Cet atelier permettra d’apprendre à construire des bancs ou d’autres meubles à partir de palettes de récupération.
  • Jeudi 22 juillet 14h -16h Initiation au compostage. Formation au compostage, observation des différents compost du jardin.
  • Vendredi 6 août 10h-12h Fabrication de jus de légumes biologiques. A l’aide d’un extracteur nous réaliserons de délicieux jus santé.
  • Vendredi 6 août 14h-16h Les graines germées et les micro-pousses : leurs vertus, leurs bienfaits, comment les cultiver.
  • Jeudi 26 août 10h-12h Faire ses conserves avec les légumes d’été du jardin et de notre AMAP.
  • Jeudi 2 septembre 9h30-11h30 La lacto-fermentation de légumes bio. Cet atelier permettra de découvrir ce procédé de conservation des aliments qui garantit le respect des qualités nutritionnelles des légumes.
  • Jeudi 16 septembre 10h-12h Faire ses compotes-confitures avec les fruits du jardin.

Tous aux parcs!

Avec le soutien d’Est Ensemble.

Retrouvez-nous dans différents parcs d’Est Ensemble dans le cadre de l’agenda des Parcs.

15 participant·es par atelier

Inscription obligatoire auprès de giuliahumus@gmail.com

  • Apprendre à réaliser un herbier, atelier familles Après une balade d’identification et de cueillette de quelques plantes sauvages du parc, vous apprendrez à réaliser un herbier “à l’ancienne”.

Mercredi 23 juin 14h30-16h30 au Parc des Guillaumes (Noisy-le-Sec)

Mardi 6 juillet 10h-12h au Bois de Bondy

Vendredi 9 juillet 10h-12h au Parc des Beaumonts (Montreuil)

  • Balade à la découverte des arbres du Parc des Beaumonts Venez découvrir le monde des arbres et apprendre à identifier les principales espèces présentes en climat tempéré. L’atelier mettra en lumière les multiples services rendus par les arbres.

Mardi 13 juillet 14h-15h45 au Parc des Beaumonts (Montreuil)