Avez-vous des hérissons dans votre jardin ?

les indices de sa présence au jardin !

Le hérisson est un animal très discret, qui s’observe hélas plus souvent sous forme de paillasson sur les routes qu’en trois dimensions dans la nature. Une bonne façon de détecter sa présence au jardin est de rechercher ses indices et pour cela, nul besoin d’avoir un diplôme d’indien Sioux en poche, il suffit d’ouvrir l’œil pour voir des traces ou des crottes de hérisson. Partons donc sur la piste des hérissons.

Soupçons de hérissons ?

Comme tous les animaux, le hérisson laisse derrière lui des traces de ses activités. Elles permettent de confirmer sa présence sans avoir à tenir de dangereux et longs affûts nocturnes pour observer la Bête, couché immobile entre les rangs de fraises du jardin. Fort heureusement pour nous, cet animal ne laisse pas trainer de mégots, ni n’abandonne de cannettes lors de ses pérégrinations. Les indices que nous recherchons sont hautement dégradables, ce qui est très intéressant dans un jardin en permaculture. Il faut donc prospecter régulièrement et ce d’autant plus que le hérisson est bohème, peu fidèle à un site particulier.

Reconnaître les crottes du hérisson

Les crottes de hérisson sont faciles à reconnaître. Il s’agit généralement d’un petit cylindre noir de 2 à 5 cm de long et de 0,5-0,7 mm de diamètre. La structure de leur surface varie en fonction du contenu mais elles ont généralement une apparence assez lisse. Contrairement à de nombreuses espèces qui déposent leurs fientes en des points stratégiques de marquage olfactif, les hérissons sèment leurs crottes au grès de leurs cheminements. On les trouve dès lors sur les pelouses, le long des allées, au verger, sur les buttes de permaculture, mais aussi sous des haies ou au pied des plantes grimpantes, voire, j’en ai peur, sur votre terrasse.

Apprenez à reconnaitre une crotte de hérisson, des empreintes de hérisson et autres indices pour confirmer sa présence dans votre jardin en permaculture.

Les crottes de hérisson forment généralement un cylindre noir assez lisse et brillant quand elles sont fraiches, mat quand elles ont plusieurs jours. © Philippe Jourde

Ce que la crotte de hérisson dénote

Pour le naturaliste, la crotte, ce n’est pas de la gnognotte. Elle est au passionné de nature ce qu’est la boule de cristal à la diseuse de bonne aventure : une porte ouverte vers un autre monde. Mais au lieu de prédire l’avenir, elle relate le passé, et plus exactement ce qui est passé par le tube digestif du hérisson. Après un petit lessivage sur un tamis fin, on découvre alors par le menu les exploits gastronomiques de notre héros. Et force est de constater que l’animal a de quoi éveiller la sympathie du jardinier tant ses proies de prédilection ont mauvaises réputation. Limaces, vers gris, hannetons, tout est bon pour le hérisson.

Autre intérêt, la taille de la crotte de hérisson peut donner une indication sur le sexe et l’âge des visiteurs de votre jardin. Les grands mâles, champions toute catégorie, peuvent produire d’impressionnants étrons de près de 7 cm de long. Les petites femelles se conteront d’une moindre place sur ce podium.

Enfin, les crottes de hérisson révèlent aussi l’état de santé de leur auteur. Une crotte bien ferme est la preuve d’une santé de fer. Une bouse molle révèle souvent une forte charge parasitaire et parfois un certain affaiblissement.

Voie au chapitre : sur la piste des empreintes de hérisson

Apprenez à reconnaitre une crotte de hérisson, des empreintes de hérisson et autres indices pour confirmer sa présence dans votre jardin en permaculture.

Empreintes de hérisson dans le sable montrant cinq doigts avec de longues griffes et une nette voute plantaire aux pattes postérieures. © Philippe Jourde

La voie d’un animal, c’est la piste qu’il laisse par son ou ses passages successifs. Il peut s’agir d’une série d’empreintes laissées dans un sol meuble ou d’une marque dans la végétation, révélant l’utilisation régulière d’un même couloir de déplacement.

Les empreintes de hérisson sont assez facilement reconnaissables. Elles mesurent entre 2 et 3 cm. Les cinq doigts sont généralement bien marqués, ainsi que les longues griffes. Quand le sol est meuble, il est possible d’observer la trace de la longue voûte plantaire des pattes postérieures. Les pattes avant sont un peu tournées vers l’intérieur et les pattes arrière vers l’extérieur.

Apprenez à reconnaitre une crotte de hérisson, des empreintes de hérisson et autres indices pour confirmer sa présence dans votre jardin en permaculture.

Les pattes du hérisson sont dotées de cinq doigts et de longues griffes. © Philippe Jourde

Les voies s’observent à des passages stratégiques, comme des trous sous des clôtures, au sortir d’un tas de bois, à proximité d’un tas de compost ou le long d’un muret. On les repère souvent très bien, au petit matin, dans les pelouses couvertes de gouttelettes de rosée. Les derniers cheminements de la nuit y dessinent des circonvolutions continues de 6-10 cm d’épaisseur.

Rechercher les nids de hérisson ? Nenni !

Les nids des hérissons sont des gîtes temporaires utilisés au cours de leurs déplacements, mais peuvent aussi être des sites où les femelles mettent bas et dissimulent leurs petits. Dans un cas comme dans l’autre, hors de question de chercher la maison des hérissons. C’est un espace réservé, leur petit jardin secret. Pourquoi tant de mystère ? La maman hérisson est craintive. Elle peut abandonner ses bébés hérissons quand leur abri est découvert.

Il convient d’ailleurs d’être particulièrement prudent lors des travaux aux jardins. Ces gîtes sont souvent très peu visibles et il est facile de blesser ou tuer un animal par un coup de fourche, l’utilisation d’un coupe-bordure ou d’une débroussailleuse.

Pour limiter les risques, pourquoi ne pas dédier un petit espace aux hérissons, voire leur proposer des gîtes?

Apprenez à reconnaitre une crotte de hérisson, des empreintes de hérisson et autres indices pour confirmer sa présence dans votre jardin en permaculture.

Exemple de gîte artificiel pour hérisson autoconstruit et installé dans un petit coin de forêt calme en fond de jardin. Les dimensions et formes coudées de l’entrée sont prévues pour empêcher les chats d’y pénétrer ;).

Mission hérisson : contribuez à la connaissance de l’espèce

Bien que souvent familier, le hérisson demeure une espèce largement méconnue. Si on sait à la virgule près le nombre de loups ou de cigognes en France, on ne dispose d’aucun chiffre pour estimer sa population ou sa tendance démographique.

Faute d’éléments chiffrés susceptibles d’étayer le déclin observé en de nombreuses régions, le hérisson passe généralement à côté des évaluations liées à l’établissement des listes rouges des espèces menacées par exemple. Or, dans certains secteurs, en une décennie, le déclin des cas de mortalité routière atteint 50 %, alors que le trafic ne cesse d’augmenter. C’est la preuve que certaines populations se portent mal.

Le bout du tunnel…à empreintes

Pour y voir plus clair, la LPO lance donc un observatoire national dédié au hérisson, dont la vocation est de collecter des informations sur la fréquence de l’espèce et d’estimer, de façon fiable, son évolution selon les milieux et les régions.

Apprenez à reconnaitre une crotte de hérisson, des empreintes de hérisson et autres indices pour confirmer sa présence dans votre jardin en permaculture.

Pour atteindre cet ambitieux objectif, nous avons besoin de vous tous, chers lecteurs. Nous vous proposons donc de contribuer à la Mission hérisson et de suivre durablement cette espèce dans votre petit coin de France. Pour ce faire, il faudra vous munir d’un tunnel à empreintes. Ce dispositif léger permet de recueillir les traces des petits gourmands attirés par quelques croquettes disposées dans le tube. En y pénétrant, les animaux passeront, sans même s’en apercevoir, sur un petit tampon encreur enduit d’eau charbonnée, et laisseront les indices de leurs larcins gastronomiques sur une feuille de papier relevé quotidiennement durant cinq jours.

Les enquêteurs pourront saisir leurs observations sur un portail informatique dédié, très simple d’utilisation, qui permettra de collecter les données standardisées au plan national. Mises en relations et analysées par les plus sérieux scientifiques du service Connaissance de la LPO, avec l’appui du Muséum national d’Histoire naturelle, toutes ces informations vont nous permettre de lever un voile décisif sur la mystérieuse vie des hérissons.

Nous comptons sur votre implication pour devenir les ambassadeurs de cette enquête et mobiliser le plus grand nombre possible de participants.

Devenir un recenseur de hérissons ?

Cette mission, si vous l’acceptez, consiste à vous équiper d’un tunnel à empreintes. Ces petits dispositifs sont disponibles à la vente sur la boutique en ligne de la LPO mais sont aussi très faciles à fabriquer soi-même (plans en PDF sur www.lpo.fr/missionherisson en bas de la page, dans la partie « Pour les enfants »).

Le tunnel sera disposé dans votre jardin, chez votre voisin, votre grand-mère ou dans un petit coin de nature à votre convenance.

Apprenez à reconnaitre une crotte de hérisson, des empreintes de hérisson et autres indices pour confirmer sa présence dans votre jardin en permaculture.

Le tunnel à empreintes est actuellement le moyen standardisé le plus simple pour détecter la présence de hérisson. © Michel Blant.

Armé de quelques croquettes, d’un peu d’encre naturelle et d’une sardine pour fixer le tunnel au sol, vous pourrez pendant cinq jours inventorier toute la faune des petits gourmets qui viendront inspecter le dispositif. Si le hérisson est visé en priorité, vous apprendrez sur le portail de l’enquête et avec le soutien de nos experts, à déterminer les empreintes de ses camarades de jeux (mulot, lérot, fouine…).

Les données collectées permettront à terme d’en savoir plus sur les densités de hérissons selon les milieux échantillonnés et les régions. Par comparaison interannuelle, il sera aussi possible de connaître la tendance d’évolution des populations, voire d’évaluer l’effectif national.

Envie de devenir un agent recenseur de notre grand inventaire ? Contribuez à missionherisson.org !

Livre Le Hérisson d’Europe

Le Hérisson d’Europe

Description, comportement, vie sociale, mythologie, observation
Prix Jacques Lacroix du meilleur livre de nature, décerné par l’Académie française. Labellisé par la LPO.

Livre de Philippe Jourde
Environ 216 pages, Édité par Les Éditions Delachaux et Niestlé en 2020.

Prix : environ 19,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque    |   FNAC

Philippe Jourde

Philippe Jourde

Philippe Jourde travaille au service Connaissance de la LPO, où il administre le portail national de science participative www.faune-france.org, qui permet à chacun de partager ses observations d’animaux et de consulter des millions de données.
Il est par ailleurs auteur et adaptateur de livres sur la nature et vient de signer une édition revue et augmentée de l’ouvrage « Le Hérisson d’Europe », aux éditions Delachaux et Niestlé.

Installez une haie qui servira au hérisson mais aussi aux abeilles et autres pollinisateurs !!

Comme le préconise Philippe Jourde, il est primordial, pour aider les hérissons, de leur redonner des refuges, des habitats paisibles en replantant des haies ! Et si vous en profitiez pour faire d’une pierre deux coups (principe de permaculture : un élément remplit plusieurs fonctions 😉 !) en installant notre haie des abeilles qui pourra abriter des hérissons tout en attirant les pollinisateurs chez vous, intéressant, n’est-ce pas ? Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus !

La haie des abeilles

Augmentez et protégez vos récoltes fruitières et légumières de façon significative en attirant dans votre jardin un maximum de pollinisateurs grâce à « la haie des abeilles » !

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Le foin en paillage au jardin

Si vous cherchez une matière organique facile à se procurer, relativement économique et efficace en paillage pour le jardin, il se pourrait bien que le foin soit ce qu’il vous faut !

Caractéristiques du foin et son utilisation en paillage

Du foin oui, mais pas de la paille !

Nous avons tendance à utiliser les mots de façon interchangeable mais il y a pourtant une grande différence entre le foin et la paille. La paille est la tige qui reste après que les céréales (blé, riz, seigle…) ou autres légumineuses aient été récoltées. Elle est sèche, souvent creuse et est très carbonée.

Le foin est obtenu en coupant l’herbe alors qu’elle est encore verte et pleine de nutriments, mais avant qu’elle ne monte en graines. Fauché, séché dans le champ, ratissé pour diminuer les risques de pourriture, empilé en andains et mis en balle, le foin provient des pâtures et des prairies naturelles et contient beaucoup de graminées.

Le foin est un très bon paillage pour un jardin en permaculture et les ballots et autres bottes de foin à vendre sont faciles à trouver à prix raisonnable.

En fonction du type de prairie où sera récolté le foin, la composition chimique et la valeur nutritive seront différentes :

Le foin issu de prairie naturelle ou prairie permanente : Il s’agit de prés qui sont toujours en herbe. Dans ce type de prairie, la flore est variée ce qui signifie que la composition chimique et la valeur nutritive le sera aussi.

Le foin issu de prairie temporaire en mélange ou foins de pré : ces prairies sont ensemencées avec des espèces en mélange.En général, les graminées telles que le ray-grass anglais, dactyle ou fétuque y sont dominantes mais on peut y trouver aussi des légumineuses tels que le trèfle et la luzerne pour fournir de l’azote.

Les principaux foins obtenus par fauchage sont :

– Pour les céréales : le ray-grass, le dactyle, la fléole, la fétuque, le brome.

  • Pour les légumineuses : la luzerne, les trèfles, le lotier corniculé, le sainfoin.

Une autre distinction de taille entre le paille et le foin se remarque dans leurs rapports Carbone / Azote (C/N) qui doit se comprendre comme le nombre d’unités de carbone présentent dans la matière étudiée pour 1 unité d’azote :

– Pour la paille, le C/N peut aller de 50 à 65 (avoine, de seigle et d’orge) à 120 à 150 (pour le blé). On a donc à faire dans ce cas à des matières à tendance fortement carbonée.

– Pour le foin, le C/N est compris entre 20 et 30. Il s’agit là d’un rapport carbone/azote idéal pour une bonne décomposition de la matière organique par les micro-organismes du sol !

Les utilisations du foin au jardin

Où utiliser le foin en paillage ?

Le foin est vraiment un paillage polyvalent et multi-usage. Il sera adapté au paillis dans le verger mais aussi dans les plants potagers, le jardin d’ornement et sur certaines parcelles de forêts nourricières.

Le foin est un très bon paillage pour un jardin en permaculture et les ballots et autres bottes de foin à vendre sont faciles à trouver à prix raisonnable.

Lignes de « patates-gazon » paillées avec un mélange de tonte fraiche et de foin et dont les allées ont été paillées au foin pour éviter la pousse d’adventices 😉 !

C’est aussi un paillage intéressant à utiliser pour cultiver des pommes de terre sous foin sans travail du sol et sans buttage. Les pommes de terre se développent directement dans le foin en décomposition.

Ruth Stout, une Américaine du début du XX ème siècle surnommée la « Reine du paillis », appréciait tout particulièrement le foin et le préconisait dans ses ouvrages pour de nombreux légumes du potager. Sa technique de culture sur buttes paillées inspira d’ailleurs beaucoup Émilia Hazelip qui fut une pionnière de la permaculture en France.

Au potager, vous pourrez pailler avec une botte de foin pratiquement tous vos légumes qui profiteront ainsi d’une humidité plus constante et un bon apport de nutriments en surface du sol.

Le foin est un très bon paillage pour un jardin en permaculture et les ballots et autres bottes de foin à vendre sont faciles à trouver à prix raisonnable.

Courgette et salades paillées avec du foin au potager en permaculture.

Il faudra cependant faire attention de ne pas trop pailler l’oignon, l’échalote et l’ail qui, eux, n’aiment pas trop l’humidité près de leurs bulbes.

Plus largement vous pourrez utiliser le foin en paillis pour quasiment tout car il est très polyvalent :

– Les fleurs

– Les arbres et arbustes

– Les petits fruits : groseilles, framboises, myrtilles…

– Les massifs arbustifs

Les vivaces et votre jardin des simples

– Les spirales aromatiques.

Le foin est un très bon paillage pour un jardin en permaculture et les ballots et autres bottes de foin à vendre sont faciles à trouver à prix raisonnable.

Petite spirale aromatique paillée avec du foin.

Et quand pailler avec le foin ?

Il est en fait utile toute l’année !

Au printemps :
on pourra ajouter du foin aux pieds des arbres, vivaces et haies si la couche de mulch a considérablement diminué afin de maintenir une épaisseur de 15 à 20 cm environ autour de ces plantations pérennes.

On notera cependant, notamment au potager mais aussi autour de certaines vivaces (rhubarbes, asperges…), qu’il faut parfois, en cette période printanière, diminuer la couche de foin voire la retirer complètement pour permettre à la terre de se réchauffer plus vite avec les premiers rayons du soleil. On pourra remettre le foin ensuite, une fois la terre bien réchauffée.

En été :
une bonne épaisseur de foin en paillage
sera indispensable pour éviter l’évapotranspiration et conserver une bonne humidité au cours des mois les plus chauds.

Le foin est un très bon paillage pour un jardin en permaculture et les ballots et autres bottes de foin à vendre sont faciles à trouver à prix raisonnable.

Jeune noisetier planté en fin d’hiver et paillé avec du foin auquel il faudra bientôt rajouter un peu d’épaisseur pour bien le protéger des grosses chaleurs à venir !

À l’automne :
on peut compléter l’apport de foin au sol partout où l’épaisseur aura beaucoup diminuée. S’assurer une bonne épaisseur de paillage de foin permet de préparer le jardin pour l’hiver et de protéger les végétaux des grands froids.

En hiver :
les plants qui restent en place apprécieront d’avoir une bonne épaisseur de foin à leurs pieds.
Il leur servira de « bouillote » pour passer l’hiver sans trop souffrir.

Quand on demandait à Ruth Stout quel était le meilleur moment pour installer le mulch de foin, elle répondait avec espièglerie : « L’année dernière » ! N’attendez plus et paillez votre sol le plus tôt possible pour le nourrir et le protéger.

Avantages et inconvénients d’un paillage au foin

Avantages du foin en paillage

C’est un paillage économique :
comparé à d’autres paillis (paillis de chanvre, paillis de lin, paille d’ardoise…) le foin demeure assez bon marché ; d’autant plus s’il ne s’agit pas de foin destiné au fourrage.

Le foin d’hiver sera plus cher. Si vous avez la possibilité de le stocker, achetez-le en été quand il est plus abondant. Protégé des intempéries, il pourra se conserver plusieurs mois.

Vous pouvez aussi vous rapprocher de vos voisins agriculteurs qui auront peut-être du foin déclassé, qui a pris l’humidité et qui ne peut plus servir de fourrage pour les animaux.

C’est un paillage facile à mettre en place :
il ne nécessite aucun matériel. Si l’on suppose que vous n’utilisez pas d’outil de fenaison sophistiqué, le foin frais est relativement facile à épandre, c’est-à-dire qu’il suffit de remplir des brouettes, de les transporter vers les lits, buttes ou carrés à couvrir, de le déverser et de l’épandre avec un râteau ou même à la main !

Le foin est un très bon paillage pour un jardin en permaculture et les ballots et autres bottes de foin à vendre sont faciles à trouver à prix raisonnable.

Pailler avec du foin, c’est bon pour le jardin et c’est tellement facile !!

Ne nécessite aucun ajout d’intrant :
en se décomposant, il apporte des nutriments essentiels notamment aux jeunes plants.

Il retient bien l’humidité :
et permet donc de réduire les besoins en eau.

Plus riche en nutriments que la paille :
on ne peut pas dire que le foin est le paillis qui apportera le plus de nutriments à votre jardin, mais ce qui est certain c’est qu’il est plus riche et surtout plus équilibré en carbone et azote que la paille.

Il se décompose rapidement sans moisir : 
il se décompose assez vite et à moins que vous n’ayez un environnement très humide, il ne devrait pas moisir. Au lieu de cela, il commencera à se composter, créant une riche couche de nutriments pour vos plantes.

Il réduit l’érosion :
comme tout mulch, le foin réduit l’érosion en protégeant la terre des précipitations. Les autres paillages, tels que le BRF, les copeaux de bois… ont cette même fonction.

Il est possible de produire son propre foin :
les heureux jardiniers possédant des prairies naturelles pourront façonner leurs bottes de foin. Mais il est nécessaire de disposer d’une grande surface de terrain pour espérer récolter assez de foin pour pailler tout son jardin. Il faut aussi du matériel spécifique, de la main d’œuvre et/ou beaucoup de temps.

Inconvénients du foin en paillage

Il favorise la pousse d’adventice :
c’est l’un des principaux reproches que l’on peut faire au foin. Mais les utilisateurs convaincus, estiment que les graines de mauvaises herbes contenues dans le foin auront tendance à disparaitre au fur et à mesure que l’on ajoute du foin et qu’il se décompose.

Il existe aussi plusieurs solutions pour diminuer le risque de pousse de mauvaises herbes :

– Certains producteurs laisseront le foin dehors pendant une année entière pour qu’il soit complètement saturé et partiellement décomposé. Cela permettrait de faire germer ou d’éliminer une partie ou la totalité des graines de mauvaises herbes. Inconvénients, une partie des nutriments sera perdu et la mise en place du foin sera plus difficile parce que la décomposition commencée l’aura rendu plus lourd. Le bénéfice en vaut-il le coup ?

– Le bâchage serait une option : il s’agit d’étaler le foin, le laisser se saturer complètement et le couvrir d’une bâche pendant au moins un bon mois.

Il serait aussi possible de faire passer le foin dans une déchiqueteuse et puis d’extraire les graines par un ventilateur. Mais l’absence de semences d’adventices vaut-elle le temps énorme que cette opération nécessite ?

Le foin est un très bon paillage pour un jardin en permaculture et les ballots et autres bottes de foin à vendre sont faciles à trouver à prix raisonnable.

Une couverture pas très esthétique :
tout cela est une question de goût, mais pour certains, le foin ne donne pas une couche de couverture uniforme agréable à regarder, cependant ses avantages font souvent oublier ce petit détail.

Le foin à vendre n’est pas toujours bio :
les agriculteurs vendant leur foin utilisent parfois des herbicides contre les dicotylédones (chardons, plantain) ou des engrais chimiques. Il est donc primordial de connaître la provenance du foin et les éventuels traitements qu’il a subi avant d’envisager une utilisation récurrente dans votre jardin en permaculture.

Où trouver du foin à vendre et sous quelle forme ?

Le faire soi-même est réalisable mais comme énoncé plus haut, cela reste une opération chronophage. Il faudra surement donc envisager d’autres options.

Vous pourrez vous en procurer auprès :

– d’agriculteurs

– d’éleveurs d’animaux

– de particuliers possédant de grandes prairies : à la campagne, certains propriétaires de grands terrains, et possédant des animaux réalisent leur fenaison avec l’aide d’un agriculteur voisin et mettent en vente leur surplus sur des sites ou via des petites annonces de proximité.

  • en récolter sur les talus fraîchement fauchés.

Ballots et bottes de foin, combien ça coûte ?

Le foin est un très bon paillage pour un jardin en permaculture et les ballots et autres bottes de foin à vendre sont faciles à trouver à prix raisonnable.

Le prix des ballots ou bottes de foin variera légèrement en fonction :

– de la région de production

– de la composition du foin

– de son stade de fauchage

– de la saison

– des aléas climatiques

Pour du foin basique de prairie variée, il faudra compter :

– entre 20 et 40 € le ballot rond d’environ 150 kg

– entre 2 et 4€ la botte de foin d’environ 10 kg

Nous vous conseillons, avant d’opter pour l’achat de ballots ou de bottes de foin, de regarder près de chez vous si vous disposez de ressources que vous pourriez recycler (feuilles mortes, bois broyé, tonte de gazon…). C’est une solution écologique car elle ne nécessite que peu d’énergie et permet de créer des ressources à partir de déchets.

Faites le design en permaculture de votre jardin !!

Pour savoir où il vous sera le plus utile de pailler avec du foin, il faut savoir à quoi vont servir les différents espaces de votre terrain ! Pour y parvenir efficacement et mettre toutes les chances de réussite de votre côté, faites le design en permaculture de votre jardin grâce à notre formation en ligne dédiée !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

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Foin, Botte de foin, Foin a vendre, paillage ,formation, permaculture, design, permacultureDesign
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Atelier de jardinage durable

Le cycle d’ateliers de jardinage durable reprend ce jeudi 2 juillet. Nous allons réaliser uniquement cet atelier avant la pause estivale, le cycle reprendra à la rentrée. Nous réaliserons ensemble des bacs de culture à partir de seaux plastiques récupérés.

Inscription obligatoire auprès de solen@lesensdelhumus.org

Tout savoir sur les haies : vive, champêtre, libre, bocagère…

Lorsque l’on acquiert un terrain, celui-ci peut être vierge de toutes plantations, cependant, le voisinage est là, ou encore des vents dominants gênants : pour toutes ces raisons ou d’autres, le jardinier a envie de planter une haie. Mais sait-il laquelle ? L’article qui suit a pour but d’ouvrir le champ des possibles et d’aiguiller le planteur !

Qu’est-ce qu’une haie ?

Une haie est une clôture de hauteur variée formée d’arbres, d’arbustes, d’épines ou de branchages. Une haie constitue une bordure, une lisière entre deux espaces qu’elle sert à délimiter. Son rôle d’interface est très intéressant tant d’un point de vue floristique que faunistique. En effet, une haie peut devenir le lieu rêvé pour élever une nichée d’oisillons, ou encore pour se nourrir… Elle arbore une forme linéaire, mais son épaisseur peut varier de quelques centimètres à plusieurs mètres de large.

Selon sa position dans le jardin, elle peut jouer différents rôles : atténuer les vents dominants, en créant une zone protégée à l’arrière, servir à piéger la chaleur selon son orientation, limiter l’impact des embruns en bord de mer, temporiser l’avancée du feu dans les zones exposées, filtrer la venue de grands herbivores au jardin, occulter des vis-à-vis : les seules limites sont celles de votre imagination !

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

De l’intérêt des haies pour les animaux

La haie, un écosystème à part entière

La haie constitue un écosystème en soit. C’est un espace de refuge attractif pour de nombreux oiseaux, qui viennent y dormir, nicher, socialiser, se nourrir, s’y protéger…

2 millions de kilomètres de haies champêtres ont été détruits en 50 ans en France en raison du remembrement agricole, de l’urbanisation ou de la mise en place d’infrastructures de transport. C’est donc une perte énorme pour l’avifaune, qui peine à trouver des lieux d’accueil. Aussi, installer une haie dans son jardin participe à endiguer ces pertes.

Oiseaux et haie

Pour bien accueillir les passereaux, il faudra faire en sorte de fournir des graines pour les oiseaux granivores, des insectes pour les insectivores : donc installer des arbustes produisant des fleurs.

Pour offrir une nourriture abondante aux oiseaux, les floraisons devront être échelonnées sur l’année. Il est recommandé de favoriser des végétaux endémiques, car ce sont eux que les oiseaux ont l’habitude de consommer. Les espèces exotiques, que l’on retrouve souvent chez les pépiniéristes, malgré des fructifications parfois spectaculaires par leur couleur, ne présentent pas nécessairement un repas de choix pour nos oiseaux. Une haie qui aurait aussi pour vocation de favoriser les oiseaux, et leur aide est précieuse au potager ou au verger pour consommer certains insectes indésirables, tel le carpocapse, ne devra donc pas être plantée exclusivement d’espèces horticoles.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Une multitude d’oiseaux sauvages dépend des haies pour subsister ! Planter des haies, c’est aider à préserver l’avifaune !!

Des arbustes favorables aux oiseaux

On pourra ainsi installer à profit de la viorne-tin (Viburnum tinus) dont la floraison se produit en hiver, et qui est suivie par une fructification attractive pour les oiseaux.

Le lierre (Hedera helix) est également un très bon végétal à conserver afin de nourrir les oiseaux pendant les périodes de disette. En effet, le lierre fleurit à « contre-courant », à l’automne (il est aussi précieux pour les abeilles qui en récoltent le pollen avant de rentrer en repos) et fructifie en hiver/début de printemps. Cette stratégie lui assure de voir ses graines dévorées par les oiseaux, qui en assurent ainsi une large dissémination. On pourra donc faire en sorte de le laisser se développer dans les haies.

Certains végétaux que l’on retrouve classiquement dans les haies champêtres, telles les aubépines, ont quant à elles co-évolué avec les oiseaux : leurs graines n’ont la faculté de germer que si elles sont passées par leur tube digestif.

Un logis idéal

Par ailleurs, le choix d’arbustes à port compact sera bienvenu afin de favoriser la construction des nids. Il faudra aussi planter quelques arbustes persistants afin de protéger les oiseaux pendant les longs mois d’hiver.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO)nous informe que « le merle noir (Turdus merula), le rougegorge familier (Erithacus rubecula), l’accenteur mouchet (Prunella modularis), le verdier d’Europe (Chloris chloris), le pinson des arbres (Fringilla coelebs), le bruant zizi (Emberiza cirlus), et beaucoup d’autres utilisent les enfourchures des branches pour accrocher leurs nids. » La haie constitue donc un lieu d’habitation idéal !

Qui dit lieu d’habitation, dit aussi lieu de nidification : celle-ci se produit au printemps. C’est pourquoi la LPO recommande de ne pas tailler sa haie à cette période, mais d’attendre la fin de l’été, afin que les oisillons aient quitté le nid. Si vous procédez à une taille, ou un débroussaillage en période de nidification, et que vous tombez sur un nid plein d’œufs, comme j’en ai fait l’expérience malencontreuse, celui-ci sera abandonné par les parents… Attention donc de se retenir de jouer de la cisaille avec l’arrivée des beaux jours : attendre la saison froide est plus recommandée, et ce, d’autant que les végétaux seront en repos végétatif.

La haie, un habitat partagé

Mais une haie accueille aussi des invertébrés, comme les insectes, les araignées ou les mollusques (limaces et escargots…), qui constituent une source de nourriture pour les oiseaux, les reptiles (tels que les lézards, les couleuvres ou les orvets) ou les amphibiens (crapaud commun).

On trouvera aussi des mammifères carnivores tels la fouine, le renard, l’hermine, ou des rongeurs comme le loir, l’écureuil, le campagnol roussâtre, le lapin, le lièvre, le muscardin, le lérot…

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Une haie pour créer un micro-climat

Nos anciens avaient déjà saisi l’intérêt des haies comme ensemble brise-vent.

Si l’on pense aux paysages de la vallée du Rhône, qui accueillent de nombreuses cultures fruitières et maraîchères, on observe que des haies hautes, composées de peupliers d’Italie (Populus italica) et de cyprès de Provence (Cupressus sempervirens) prennent place perpendiculairement à l’axe de la vallée. Ces haies ont pour vocation de briser les vents puissants qui peuvent intervenir dans le couloir rhodanien. Que ce soit la bise venue du Nord ou le mistral du Sud, les haies cassent la puissance du vent et protègent les cultures. Ces haies, comportant une espèce caduque (le peuplier) et une espèce persistante (le cyprès) permettent de filtrer le vent, d’atténuer les turbulences, de conserver la chaleur, de limiter le dessèchement et l’érosion.

On estime qu’avec une bonne haie brise-vent, celui-ci est atténué sur 10 à 15 fois la hauteur de la haie. Celle-ci devra comporter des arbustes et/ou des arbres de différentes hauteurs, qui seront plantés sur plusieurs rangs afin d’être réellement efficace.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Les haies peuvent aussi contribuer à capter la chaleur du soleil, en formant des sortes de pièges solaires. Des cultures frileuses seront placées au cœur du système, qui développera une atmosphère plus douce qu’alentour amoindrissant les effets des gelées.

Haie vive, libre, champêtre ou bocagère ?

La haie vive

Une haie vive est constituée d’arbrisseaux et d’arbustes épineux : sa vocation est défensive. Cette haie défensive limite les intrusions, que ce soient celles de la grande faune (chevreuil, ou cerfs par exemple) ou des visiteurs. On peut renforcer cette fonction défensive en tressant les tiges des arbustes, au fur et à mesure de leur croissance, afin de constituer un maillage dense et peu pénétrable.

Dans la nature, lorsqu’un terrain est laissé libre de toute intervention humaine, vient s’installer après quelque temps ce que l’on nomme la « friche armée ».

C’est un ensemble de végétaux qui présentent tous des épines acérées. On trouve, par exemple, le rosier des chiens, l’aubépine, le prunellier, les ronces… C’est à l’ombre de ces végétaux et grâce à leur protection que pourront s’installer les fruitiers et les grands arbres. Leurs épines tiennent à distance les dents des herbivores, qui, sinon, dévoreraient avec appétit toutes les jeunes pousses arborées. L’homme prend donc exemple sur ce phénomène naturel lorsqu’il installe une haie vive. Il peut aussi s’inspirer des essences que la nature met spontanément en place pour l’aider au choix de ses plantations.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Pour composer une haie vive on pourra employer les végétaux suivants :

L’épine-vinette (Berberis vulgaris), qui offre une attrayante floraison jaune, suivie de baies,

Le prunellier (Prunus spinosa), à la floraison printanière blanche, suivie de petits fruits noirs, comestibles après les premières gelées,

Le rosier des chiens (Rosa canina), aux floraisons variées, suivie d’une fructification rouge, extrêmement riche en vitamine C,

Le citronnier épineux (Poncirus trifoliata), dont les aiguillons sont très offensifs,

Le houx (Ilex aquifolium), ses feuilles épineuses, persistantes sont très dissuasives et ses élégants fruits rouges offrent une nourriture aux oiseaux pendant l’hiver,

L’olivier de Bohême (Eleagnus angustifolia), au feuillage persistant, est un grand arbuste adapté aux embruns. Sa floraison est discrète par sa taille mais son parfum est agréable. C’est aussi une plante fixatrice d’azote.

Le poivrier du Sichuan (Zanthoxylum simulans), qui est fortement épineux et produit des baies aromatiques utilisées en cuisine,

L’épine du Christ (Paliurus spina-christi), qui produit une floraison jaune visitée par les abeilles, suivie d’une fructification originale,

La ronce (Rubus sp.), qui a aussi l’avantage de fournir de savoureux fruits et d’être une bonne plante médicinale.

La haie libre

Une haie libre se composera d’essences variées, que l’on laissera se développer à leur aise. Le but est d’anticiper le déploiement des végétaux afin de ne pas avoir à venir les tailler. Chaque arbuste ou arbre est ainsi laissé libre de croître selon sa dynamique propre. Ce type de haie convient donc davantage aux grands espaces, ou, en permaculture, aux zones de faible entretien (zone 4/5).

La haie champêtre

Une haie champêtre se composera plutôt d’essences locales. Ces essences poussent spontanément dans nos campagnes et permettent de créer des haies qui sont adaptées aux conditions de sol et de climat. Ces végétaux sont pour la plupart caducs, bien qu’autour du bassin méditerranéen, on puisse trouver des essences persistantes (comme le pistachier, le chêne vert…).

Les haies champêtres présentent donc un aspect plus « sauvage », par opposition aux haies plantées d’essences horticoles. La composition de ces haies convient bien à la faune.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Haie champêtre, haie vive – © P Charpiat – CC-BY-SA-2.0-FR

La haie bocagère

Les haies bocagères s’inscrivent dans un réseau, celui du bocage, qui a malheureusement disparu dans bon nombre de régions.

Les haies constituant le bocage servaient à délimiter les parcelles et à contenir le bétail avant l’invention du fil barbelé. Elles avaient un grand intérêt car elles participaient à la création d’écosystèmes. Ce maillage végétal s’inscrit pleinement dans les politiques de « trame verte » dont on entend parler aujourd’hui. Les espèces animales trouvent de quoi se nourrir, nicher et dormir : à la diversité végétale répond une diversité animale.

De plus, les haies bocagères, au-delà des lieux de séjour qu’elles constituent, forment aussi des couloirs pour les oiseaux qui les longent ou les traversent, ou encore des relais, lors de leur déplacement.

Par ailleurs, les haies bocagères offraient des ressources aux agriculteurs pour leur usage personnel (bois de chauffe, nourriture, auxiliaires de culture) mais aussi pour leur bétail : ombre des haies, plantes fourragères (pensons au feuillage du frêne que l’on peut offrir aux vaches), atténuation des écarts de température…

Les haies bocagères sont composées de végétaux locaux/endémiques, que l’on laisse souvent pousser comme bon leur semble. C’est le bétail, parqué dans les prés, qui se charge d’en assurer la taille.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Heureusement, l’intérêt des haies en agriculture est aujourd’hui remis sur le devant de la scène : des agriculteurs, soucieux de leur environnement, se mettent à en replanter, pour récréer les agro-écosystèmes d’antan. L’agroforesterie relève également de ces principes.

La haie sèche

Une haie n’est pas forcément composée de végétaux « vivants », elle peut aussi être réalisée avec des végétaux morts ou secs, c’est ce que l’on appelle la haie sèche. Cette haie est établie à partir de « déchets verts », tel des branchages. Ces branchages, secs, seront disposés en longueur, au sol, et superposés les uns au-dessus des autres jusqu’à obtenir la hauteur souhaitée. Leur maintien est assuré par des piquets fichés au sol.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Haie sèche – ©Semtcar – Rennes

Ce type de haie a de nombreux avantages :

Valoriser des restes de taille, qui deviennent ainsi des ressources, et non plus des déchets,

– Formation de corridors biologiques pour les animaux, qui y trouveront des zones de refuge, de cheminement ou de gîte,

– Elles peuvent aider à lutter contre l’érosion des sols, notamment en contexte maritime, en fixant les dunes, par exemple,

– Elles forment des « hôtels à insectes » linéaires,

– Par le biais de leur décomposition, elles fournissent un remarquable humus au sol,

– Ce sont d’excellents refuges pour certains mammifères, tels les hérissons (on recommande souvent de laisser dans son jardin un tas de bois sec pour permettre aux hérissons d’hiberner paisiblement)

– Les oiseaux la visitant, elles deviennent d’excellentes pépinières : les graines attrapées ou rejetées par les volatiles trouveront un milieu propice où se développer. C’est pourquoi une telle haie peut permettre l’installation progressive d’une haie champêtre parfaitement adaptée aux conditions du site, sans intervention humaine !

La haie coupe-feu

Les haies pourront aussi limiter l’avancée des incendies. Cet usage n’est pas à négliger, surtout dans le bassin méditerranéen, qui subit de nombreux dommages estivaux à cause du feu. Les haies pare-feu ont été largement développées par les permaculteur.rice.s australien.ne.s, qui doivent composer de manière récurrente avec ces contraintes (comme les incendies gigantesques de l’hiver dernier nous l’ont tristement rappelé).

Les plantes résistant ou retardant la propagation des incendies ont les caractéristiques suivantes :

– Elles contiennent beaucoup d’eau,

– Elles produisent peu de mulch ou de litière, ou leur litière se décompose rapidement,

– Elles ont un feuillage persistant, charnu ou plein de sève

Les espèces qui sont adaptées à cet usage sont souvent liées au climat chaud, de type méditerranéen, on trouvera par exemple :

– Le figuier (Ficus carica),

– Les saules (Salix sp.),

– Les mûriers (Morus sp.),

– Le coprosme (Coprosma sp.),

– Les agaves et les aloès,

– Les figuiers de Barbarie (Oppuntia sp.).

La haie plessée

La haie plessée est composée d’arbustes vivants que l’on aura fendu partiellement pour les incliner et les tresser les uns avec les autres dans le but de former une clôture vivante très robuste. Cette technique traditionnelle a, malheureusement, elle aussi été peu à peu abandonnée. On retrouve néanmoins quelques exemples en France, tandis qu’en Angleterre, les témoins sont plus nombreux.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Pour mettre en place une haie plessée, il faut déjà avoir une haie, assez haute, en place. Ensuite, il s’agit de venir fendre la base des troncs ou des branches en partie, afin de pouvoir plier l’arbuste, puis l’entrelacer autour de piquets qui auront été préalablement implantés dans le sol. Tout comme le principe des fascines, les branches, ainsi couchées, vont être tressées en alternance à l’avant et l’arrière des piquets. Comme la branche ou le tronc n’a pas été sectionné dans son entièreté, la sève peut encore circuler et alimenter le végétal, qui va pouvoir poursuivre sa croissance. Cependant, de par cette action, la croissance de la haie sera moins rapide.

Cette technique s’utilise plutôt sur des arbustes encore relativement jeunes, car leur bois doit être assez souple, en vue du tressage. On réalisera une telle haie pendant l’hiver, afin de ne pas déranger les végétaux en pleine croissance, mais aussi leurs hôtes.

La haie plessée est très costaude, elle était auparavant largement utilisée pour empêcher les bestiaux de divaguer, et constituait une clôture efficace pour protéger le potager de l’appétit des animaux.

Quelle haie pour mon jardin ?

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Le choix d’un type de haie ou d’un autre dépendra de l’usage que l’on veut en faire, de la place dont on dispose et du temps que l’on peut lui consacrer.

J’ai de l’espace

Dans un espace important, le jardinier pourra opter pour une haie libre. Dans ce cas, arbres, arbustes et arbrisseaux pourront déployer tout leur potentiel de croissance sans que l’on intervienne pour venir les tailler. Cet ensemble planté revêt un aspect naturel, ses dimensions conséquentes contribuent à assurer plusieurs fonctions. Elles sont adaptées à former de bons écrans brise-vent : le vent s’engouffrant dans un épais manteau végétal, sa vitesse est amoindrie et ses dégâts sont limités. La haie libre formera aussi une zone de refuge pour la faune, qui ne sera pas dérangée par les lames du taille-haie en pleine nidification !

J’ai besoin de protection

Si vous souhaitez mettre en place une haie pour limiter les intrusions, la haie défensive est la bonne option. La plantation d’arbustes épineux avec l’entrelacs de leurs branches composera une barrière naturelle efficace. Mais le revers de la médaille est aussi que si les intrus s’y piquent, le jardinier ou ses enfants également ! Attention donc aux usages qui seront faits à proximité immédiates de la haie vive.

Je veux favoriser la biodiversité

Une haie champêtre se composera d’essences variées, leur choix permettra d’offrir des floraisons échelonnées, ainsi que des fructifications abondantes, utiles à la faune. L’idée d’une haie champêtre est à l’opposé d’une haie monotype, qui n’est rien d’autre qu’une monoculture d’arbustes, comme le sont nos champs en culture conventionnelle.

On évitera ainsi les éternelles haies de thuya ou de laurier palme qui offrent toujours le même visage, quel que soit la période de l’année : quelle tristesse ! De plus, elles ont un intérêt des plus limités pour la faune, et forment des écrans verts qui n’ont pas grand-chose à envier aux murs en béton de nos villes…

La haie champêtre affichera un riant visage fleuri au printemps, suivi de différentes teintes de vert pendant l’été, pour finir avec des fructifications variées et colorées en automne : tableau, me semble-t-il, bien plus enviable qu’un écran en thuyas !

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Quelles plantes dans ma haie ?

Arbustes caducs, persistants ou marcescents ?

Selon l’usage que l’on souhaite en faire, une haie pourra contenir uniquement des essences caduques, ou être mixte, avec des essences caduques et persistantes.

Certains arbustes, tel le charme et le hêtre sont dit « marcescents », c’est-à-dire qu’ils conservent leurs feuilles sèchent sur les rameaux pendant l’hiver, avant de s’en débarrasser au printemps suivant, avec la venue de leurs nouvelles feuilles. Les feuilles des charmes et des hêtres tintent joliment dans le vent pendant l’hiver, animant d’un froufroutement léger le jardin. Ils participent à conserver la fonction « écran visuel » que la haie peut avoir.

Si l’on opte pour une haie persistante, il faudra veiller à ne pas former de nouveaux « murs végétaux », et faire en sorte de varier les espèces. Toute monoculture est à proscrire : en effet, si un végétal tombe malade, le mal se propage rapidement d’un sujet à l’autre, pouvant ainsi décimer la haie entière. La diversité est gage d’une meilleure résilience et de plus de gaîté !

La haie un atout esthétique

Dans tous les cas, une haie peut procurer une valeur esthétique non négligeable au jardin, aussi il convient de bien la composer !

Les haies participent aussi à la composition du paysage dans lequel elles s’insèrent : leur positionnement sur le territoire pourra souligner avantageusement des cheminements, ou bien masquer des éléments bâtis disgracieux. Disposer des haies sur des terrains en pente permettra aussi de lutter contre l’érosion et de retenir le sol.

En permaculture, la haie qu’elle soit vive, champêtre, bocagère ou autre est considérée comme un écosystème à part entière nécessaire à la biodiversité.

Pour conclure sur les haies !

Nous l’avons vu, les haies peuvent être d’un grand intérêt et d’une richesse importante pour l’environnement, encore faut-il bien choisir ses végétaux. Il faudra aussi planifier ses plantations, de préférence à l’automne et en hiver, pour permettre aux végétaux de développer leur système racinaire durant l’hiver. Nous vous invitons à vous rapprocher de vos pépiniéristes locaux, qui seront de bons conseils pour vous aider dans vos futures plantations !

Ci-dessous, quelques recommandations de livres pour aller plus loin !

 

Anais Jeunehomme

Anaïs Jeunehomme, paysagiste conceptrice, certifiée en permaculture. Je conçois, avec l’Atelier l’Embellie des jardins inspirés des principes de la permaculture, adaptés au lieu et à ses habitants, valorisant les ressources existantes, où les plantes sont belles mais aussi comestibles, médicinales, mellifères ou amélioratrices du sol. Car un jardin est un lieu de ressourcement et de bien-être, mais aussi une pierre supplémentaire dans l’édification d'une société plus écologique et durable.

Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Planter des haies »

Haies composées, haies d'aujourd'hui

Dominique Soltner
112 pages, édité chez Collection science et technique agricole » en 2013.

Prix : environ 26 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
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« Collection science et technique agricole »

Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Plantez votre haie naturelle ! »

Gourmande, fleurie, nichoir…

Rémy Bacher et Yves Perrin
192 pages - édité par Terre Vivante en 2014.

Prix : environ 20 €

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Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Plantes des haies champêtres »

Christian Cogneaux et Bernard Gambier
296 pages - édité par les éditions Rouergue en 2014.

Prix : environ 29,9 €

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Attirez les pollinisateurs chez vous grâce à des haies mellifères !!!

Comme on vient de le voir dans cet article, les haies d’arbres et arbustes peuvent avoir de multiples fonctions, souvent essentielles pour la biodiversité et la résilience des écosystèmes. Si vous souhaitez favoriser cela chez vous, découvrez notre formation en ligne « la haie des abeilles » qui vous permettra d’installer une haie mellifère et divers abris pour les insectes pollinisateurs !

La haie des abeilles

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Les Rencontres Nationales de Permaculture 2020 reportées à 2021 !

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Porte ouverte au jardin Pouplier ce samedi 20 juin !

Tant attendue depuis les beaux jours…
la première porte ouverte du jardin aura lieu ce samedi !

On sera très heureux·ses de vous y retrouver et de fêter ensemble le solstice !

Le jardin s’embellit jour après jour : la mare s’est agrandie et les têtards grouillent, le Mont-Saint-Humus a vu le jour, les murs à pêches en fond de parcelle ont été restaurés,… Et même les premières dahlias qui bourgeonnent ! Bref, autant de raisons de (re)découvrir le jardin ! 


Au programme : 
⇢ derrière la serre, vente de plants de graines et de terreau ⇢ sur la parcelle culturelle : n’hésitez pas à amener vos
instruments pour des boeufs improvisés
⇢ buvette : bières pressions de la brasserie Outland,
jus, thé, café et autres douceurs 
⇢ et peut être quelques surprises…


Dans le contexte actuel, nous nous réservons le droit de réguler l’affluence si nous venions à être trop nombreux·ses. Nous vous conseillons d’emmener votre gobelet (pour la buvette) car nos stocks sont limités. 

Association Restes Ensemble : RDV le 17 juin !

L’association Restes Ensemble s’est créée officiellement la semaine dernière, constituée d’habitant·es, riverain·es et citoyen·nes se sentant concerné·es par le démarrage imminent des travaux sur le site EIF.
 L’association a pour objet la défense de la santé et des intérêts des habitant·es du territoire impacté par le projet EIF, rue Pierre de Montreuil et plus généralement de l’ensemble des Murs-à-Pêches.

Dans ce cadre, l’association agira notamment pour :
– Une dépollution respectueuse de l’environnement naturel et social, au service des citoyen·nes et du bien commun et non d’intérêts privés
– La défense d’un droit à l’information, à la concertation et à la participation à des projets urbains qui ont un impact sur la santé et le cadre de vie des citoyen·nes Cette association à direction collégiale se compose à ce jour de personnes physiques et les associations peuvent aussi adhérer.

Si vous êtes intéressé·e à rejoindre Restes Ensemble, écrivez à 
restes-ensemble@gmx.fr

La première action de lutte proposée par Restes Ensemble aura lieu ce mercredi 17 juin, à l’occasion de l’appel à agir contre la réintoxication du monde relayé par Reporterre.

Au programme : 
– Collage créatif et collectif dès 16h

– A 18h prises de parole

– Suivies à 19h d’un petit banquet partagé

Vous retrouverez l’événement facebook ici, à partager largement
autour de vous ainsi que l’affiche ci-dessous.


 » Le but de cette action est de faire entendre nos voix et les raisons de notre lutte, et de présenter cette nouvelle association publiquement. « 

Ventes printanières du Sens de l’Humus

Nous proposons à la vente des plants, des graines, du terreau et des godets, ainsi que des bouquets (bouquets uniquement en pré-commande).

Les créneaux de vente sont les mercredis après-midis de 16h à 19h, au jardin Pouplier, à côté de la serre.

La vente se déroule pendant la distribution de l’AMAP Légumes et Compagnie : merci donc de faire attention les un·es aux autres, de respecter les distances et gestes barrières, d’être patient·e en fonction de l’affluence.

Attention, l’entrée se fait par le 89 rue Pierre de Montreuil 
(longez derrière la maison des Murs à Pêches, passez par le ru Gobetue puis accédez au jardin Pouplier). 

Le jardin en permaculture : anti-crise, partage, santé…

Retrouvez ci-dessous le témoignage de Bertrand, Cultivateur de Vie comme il se qualifie lui-même, et son père Daniel, ancien infirmier à la retraite et membre des formations PermacultureDesign. Tous deux vivent aujourd’hui ensemble dans la maison familiale avec l’objectif de manger sainement pour être en bonne santé et d’être les plus autonomes possibles au niveau alimentaire grâce à leur jardin en permaculture vivant, sans aucun traitement chimique, et biodiversifié pour plus de résilience.

Cette vidéo a été tournée pendant l’été 2019, donc avant la crise du Covid-19 qui confère aujourd’hui encore plus de sens aux propos de Daniel et Bertrand.

Augmenter son autonomie alimentaire avec le jardin en permaculture

Bertrand : On ne sait pas ce qui peut se passer demain, et il y a aussi le plaisir de savoir qu’on peut partager un légume avec son cousin si demain il n’y a plus rien dans les supermarchés… Sans vouloir être alarmiste bien sûr, mais je pense que c’est une nécessité de l’humain d’être capable de savoir s’il va passer l’hiver. C’était même la base de la survie humaine à l’époque. Donc aujourd’hui, on tend à nouveau vers ça en ayant cette petite sécurité du passé du matériel, et en même temps des petits plaisirs liés à la culture. On essaye de trouver un équilibre là-dedans, c’est très agréable, et le jardin nous aide à nous sentir mieux physiquement et nous apprends aussi comment marche la nature, ce qu’on a en partie oublié.

Vidéo sur l’aménagement d’un jardin en permaculture, un jardin à la fois anti-crise, partage et santé !

Daniel : Nous sommes sur la commune de Muret, à 25 km de Toulouse, sur les coteaux de la Garonne. La Garonne est à 200 mètres à vol d’oiseau, en limite de bois et au vert. Je suis un ancien infirmier libéral et j’ai travaillé pendant 42 ans. Je suis à la retraite depuis deux ans. J’ai suivi les cours de PermacultureDesign par internet pour commencer à faire un potager. J’ai commencé par un potager 3P, qui a donné des résultats dès la première année. Ces résultats m’ont encouragé à continuer, alors j’ai composé des guildes : guilde du cerisier, guilde du pêcher… Mon voisin a des ruches, du coup j’ai planté une haie mellifère. J’ai profité de ces mellifères pour refaire un potager à côté avec des fraisiers, des variétés au ras du sol, en travaillant en buttes et en lasagnes avec du bois, du BRF, de la paille… J’ai 62 ans, j’ai un peu mal au dos, donc on rehausse un peu le terrain et c’est plus facile ainsi.

Ici, j’avais planté 100 pieds de fraises, l’année suivante j’ai fait une butte supplémentaire pour les 100 pieds de fraises supplémentaires, ce qui veut dire que ça marche bien !

L’année suivante, j’ai vu les exemples de potagers mandala sur internet. J’ai profité de la déclivité du sol pour former un mandala et j’en ai profité pour faire des baissières, parce qu’on a de grandes quantités d’eau qui arrivent, et ça permet de drainer l’eau et de la diffuser plus facilement.

Vidéo sur l’aménagement d’un jardin en permaculture, un jardin à la fois anti-crise, partage et santé !

Jardin mandala avec buttes de permaculture créé par Daniel en profitant de la déclivité du terrain !

Une alimentation saine pour être en bonne santé et vivre mieux, plus simplement avec moins de pression financière !

Bertrand : J’ai eu un fils il y a deux ans. On a fait le choix, avec ma copine, de changer de vie : on était en ville dans un petit appartement, on ne se sentait pas de faire grandir notre enfant dans ces conditions. On a tout plaqué ! On est d’abord partis chez nos beaux-parents, de l’autre côté de Toulouse. Puis on est venus s’installer ici progressivement. Et voilà ! J’ai rejoint mon père sur la passion du jardin ! Cela nous permet de nous retrouver sur une passion commune. Je lui donne la main pour tout ce qui est physique, creuser les bassins, mettre en place l’aménagement… Lui, il fait ses choix pour les plantes, et on va se mettre d’accord pour la suite, pour faire des choses un peu plus productives les années suivantes. C’est aussi un vrai plaisir de partager, de prendre du temps en famille, et en même temps d’apprendre des choses et bien sûr de produire une alimentation de qualité, saine pour les enfants, les la famille, les proches… L’objectif c’est d’atteindre une autonomie alimentaire. On fait encore des courses : on a des paniers avec des associations locales, mais ça représente un budget énorme et il faut dire que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous… Alors que quand il s’agit de son propre jardin, on a le plaisir à la fois de faire, de récolter, de manger ; et derrière ces plaisirs, celui d’être en bonne santé. Ça se ressent vraiment dans nos quotidiens.

Daniel : En tant qu’infirmier, j’ai côtoyé énormément d’agriculteurs qui étaient malades. J’ai été très sensibilisé au phytosanitaire et aux produits chimiques. Je ne mets donc ni bouillie bordelaise, ni aucun produit chimique dans le jardin.

Vidéo sur l’aménagement d’un jardin en permaculture, un jardin à la fois anti-crise, partage et santé !

Zéro intrant chimique dans le jardin de Daniel et Bertrand pour un jardin santé !

Bertrand : Je pense que cette quête de santé a été la première prise de conscience qui nous a amenés vers le jardin. L’envie de consommer de façon plus raisonnée et, surtout, la quête d’une meilleure qualité de vie. Investir dans un filtre à eau, manger plus de légumes, manger de la viande seulement de temps en temps… On fait des choix et ça fait du bien au budget aussi ! Avec ma petite famille, ça a été par obligation aussi, parce qu’on a été dans des difficultés financières qui nous ont poussés à faire certains choix. On a appris à vivre plus simplement et aujourd’hui, le moindre euro est valorisé. C’est très gratifiant puisqu’on sait que l’on n’a plus besoin de courir après l’argent : on a juste à combler certains postes. Je suis persuadé qu’on peut vivre à 4 avec 5000 m2 de terrain de manière confortable. On ne pourra peut-être pas acheter beaucoup de choses, mais on aura une qualité de vie suffisante et on sera plus autonomes.

Se reconnecter à la nature, redécouvrir son fonctionnement et son abondance !

Daniel : On en apprend tous les jours. Par exemple, les limaces ont mangé les premières plantes ici. Sauf que la plante a lutté, et aujourd’hui j’ai des poivrons, des aubergines… Alors qu’elles avaient été attaquées par les limaces ! Mais les limaces ont une durée de vie et il faut être patient : j’ai décidé de ne rien faire et de voir, et voilà, les plantes ont survécu !

Vidéo sur l’aménagement d’un jardin en permaculture, un jardin à la fois anti-crise, partage et santé !

Les légumes et notamment les aubergines ont résisté aux attaques des limaces et ont finalement produit ! La nature sait se débrouiller toute seule !

Bertrand : Ce n’est pas une découverte, finalement. Quand je vois la génération de mon père, qui a vu des vaches à Toulouse en plein centre-ville, donc avec une population qui était issue du monde nature agricole ! Presque tout le monde avait son petit potager, qui était forcément bio – c’était du bon sens ! Et notre génération est différente, avec les supermarchés, les tomates en hiver… On était vraiment déconnectés de tout ça. Les deux générations se rejoignent ici, avec l’envie de redéfinir ensemble ces choses-là, pour garder le meilleur et oublier le pire. La permaculture, c’est comme l’écologie pour moi, c’est logique, c’est sain et ça marche. C’est une tendance générale, nous sommes les petits-enfants des hippies ! Je pense qu’on est arrivés à une telle impasse dans les choix qu’on a fait dans le monde, globalement, qu’aujourd’hui il faut une réponse individuelle, pour se sortir de ça. La permaculture, le bio, c’est aussi ce que l’on peut faire sans engendrer aucun coût. Avec 0 euros d’investis, on peut très bien faire pousser des fruits et des légumes et manger sainement. Et ça c’est gratifiant. Et ça nous rappelle vers quelque chose de plus humain. On a en fait tout à disposition, la nature est par essence abondante.

Daniel : Je suis fils de boucher, donc j’ai mangé de la bonne viande dans mon enfance. Aujourd’hui, je n’achète plus de viande, et on mange différemment. J’ai toujours aimé faire des conserves, faire les confits… Effectivement bon, on retrouve quand même, de la qualité à manger des légumes du jardin alors ils sont tordus, ils ne sont pas beaux

Bertrand : Mais ils ont le goût de la liberté !

Daniel : C’est agréable de voir son petit-fils de deux ans respecter les êtres vivants. On lui montre les libellules, les escargots… Il vit avec, il marche pieds nus 24 heures sur 24, il est dans la nature et il est heureux.

D’une pelouse avec quelques arbres fruitiers à un jardin en permaculture productif

Bertrand : Il y a 15 ans, ce jardin était déjà beau mais il était purement ornemental.

Daniel : Ici, nous avons un verger, avec nos arbres les plus anciens. Il y avait deux abricotiers, des pommiers qui sont morts, il nous reste le cerisier et le prunier.

Bertrand : Ensuite, avant, c’était que de la pelouse… On a décidé de planter des fruits et légumes à la place, c’était une évidence.

La tonte différenciée : un vrai plus pour la biodiversité

Daniel : On fait des allées pour permettre de se rendre aux différents endroits, pour aller au bord de l’eau, au bord du bassin, vers les arbres. Et pour le reste, on ne tond pas. Ainsi, on retrouve toute une biodiversité de papillons, d’insectes qu’on ne connaît pas, qui ont des formes, des couleurs… Comme cette grosse libellule, qui est endémique, je pense qu’elle est protégée. C’est une libellule des coteaux de la Garonne présente ici parce qu’il y a des étangs juste à 100 mètres de là.

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La superbe mare créée par Daniel est un atout formidable pour attirer la biodiversité !

Bertrand : Il y a eu un terrassement ici qui n’était pas naturel. Toute la couche d’humus de la forêt avait été enlevée : on a emménagé sur une cicatrice, en fait. L’idée c’est de redonner de la vie sans se faire envahir non plus. Et apprendre dans le même temps à être plus tolérant. Dans cette philosophie : chacun son rôle, et il n’y a pas de nuisibles. Dans le temps on avait oublié ce respect du vivant et on parlait de nuisibles ou d’indésirables, en oubliant que tout a un rôle. Il faut un peu lâcher prise sur certains espaces, et garder le plaisir d’en nettoyer d‘autres pour avoir un coté propre, un coté fouillis. Cet équilibre se fait naturellement.

Des résultats satisfaisants, de gros gains de temps et une meilleure compréhension de la nature grâce aux formations en ligne !

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Principe de permaculture : « Le problème est la solution » ou quand les bambous deviennent une ressource utile pour le jardin et ne sont plus considérés comme un problème 😉 !

Bertrand : Quand on se lance dans la permaculture, au début, on est souvent déconnecté de cette sensibilité de la nature. Ça demande du temps d’affiner cette sensibilité… Et il ne faut pas se précipiter. Par exemple, ça peut être judicieux d’attendre un an avant de se lancer pour avoir le temps de voir le jardin sous toutes les saisons. J’ai voulu planter tôt, au printemps car il y avait de la lumière. Quand les feuilles ont poussé, c’était à l’ombre ! Bon, c’était peut-être un peu bête, alors voilà, il faudrait toujours avoir cette philosophie du temps. Prendre du recul et se laisser le temps de voir, de déplanter, de modifier les espaces, de laisser ce qui était déjà bien en place, travailler avec l’existant… Ça demande aussi énormément de connaissances, parce que les plantes, c’est une bible infinie ! On regarde sur internet ou on demande à ceux qui savent : c’est bon pour la culture personnelle, et pour le jardin. Demander à d’autres permet aussi de faire gagner du temps, et de faire des raccourcis intéressants. Aujourd’hui, on a des outils qui permettent de gagner beaucoup de temps et d’avoir des résultats qui sont satisfaisants.

Daniel : On est sur des terres calcaires et cette année, malgré la sécheresse, on n’a plus de fissures dans le terrain. Avant on passait vraiment la main dans le terrain. Est-ce que c’est parce qu’on n’a pas tondu ? Je ne sais pas. Certainement, ça a été bénéfique. Toute la végétation qu’on a plantée autour fait que le terrain est de plus en plus vivant. Aujourd’hui, quand on se promène dans cette partie du jardin, on voit qu’il y a toujours quelque chose qui produit.

Vidéo sur l’aménagement d’un jardin en permaculture, un jardin à la fois anti-crise, partage et santé !

Principe de permaculture : « Le problème est la solution » ou quand les bambous deviennent une ressource utile pour le jardin et ne sont plus considérés comme un problème 😉 !

Bertrand : On a passé du temps à se renseigner en plus de mettre la main à la terre. Ça apporte un ensemble de connaissances centralisées, et ça permet d’avoir un résultat qui ne décourage pas dès le début. On apprend aussi à faire avec les ressources locales, par exemple : on avait du bambou, qui était un problème au début pour nous. Et maintenant, ça nous fait les structures ! Il n’y a pas de petit départ, au contraire, plus le défi est grand, plus c’est intéressant parce qu’on est obligé de faire intelligemment.

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Un grand merci à Daniel et Bertrand pour leur témoignage inspirant et leur accueil chaleureux.

Démultipliez vos récoltes avec les guildes en permaculture autour des arbres fuitiers…

Comme chez Daniel et Bertrand, augmentez la biodiversité dans votre jardin en installant des guildes en permaculture autour des arbres fruitiers pour plus de récoltes et plus de résilience ! Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

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Permaculture en Charente-Maritime (17)

Feuille de Paille n° 1 - 1 juin 2020 Corloc Charente-MaritimeFeuille de Paille n° 1 – 1 juin 2020 Corloc Charente-Maritime (1) Tags:  Charente-Maritime, correspondant local, permaculture Del.icio.us Facebook TweetThis Digg StumbleUpon Comments:  0 (Zero), Be the first to leave a reply!You […]

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Comment faire un jardin en permaculture ?

Avant de parler de jardin en permaculture, rappelons que la permaculture est bien plus qu’une nouvelle approche du jardinage, comme nous vous l’expliquons dans notre guide gratuit du permaculteur débutant, c’est une philosophie de vie où animaux, insectes, êtres humains, plantes et micro-organismes vivent en harmonie dans un environnement sain et auto-suffisant.

La permaculture : définition

Le mot « permaculture » en lui-même est la contraction de « (agri)culture permanente ». Il fut inventé par Bill Mollison et David Holmgren dans les années 1970. Il regroupe des principes et des techniques d’aménagement et de culture, à la fois ancestraux et novateurs, dans un concept global, le design. Il vise à faire de son lieu de vie un écosystème harmonieux, productif, autonome, naturellement régénéré et respectueux de la nature et de TOUS ses habitants ! Nous vous proposons une définition simple de la permaculture pour vous y retrouver.

Les trois éthiques au cœur de la démarche de permaculture

À l’heure où la permaculture se démocratise de plus en plus, il nous semble essentiel de revenir sur les éthiques qui sont au cœur de cette démarche globale et en font sa force.
Le concept de permaculture est ainsi construit autour des trois éthiques suivantes :

  • être attentif à la terre,
  • être attentif aux hommes
  • redistribuer équitablement les surplus.

Ces éthiques fondamentales sont universelles, elles permettent d’avoir une ligne de conduite comportementale et morale, indispensable pour tempérer les égoïsmes instinctifs et encadrer nos actions au quotidien. Elles créent un cadre pour le « vivre ensemble » et la durabilité.

L’expression « prendre soin de » qu’on entend souvent pour décrire ces éthiques de permaculture place le permaculteur dans un rôle interventionniste mais la terre a-t-elle besoin de nous ? L’humain a-t-il besoin de nous ?…C’est une question de regard sur les choses que nous préférons nuancer avec la formulation « être attentif à » qui nous place davantage dans une position d’observation et d’écoute.

La première véritable attention à porter est sur nous-mêmes et notre propre responsabilité !

Des principes de permaculture universels comme cadre de réflexion

Pour définir les limites et contenus de ces éthiques, Bill Mollison et David Holmgren, les deux co-fondateurs de la permaculture, ont énoncés, chacun à leur manière, divers principes universels sur lesquels s’appuyer pour nous aider à régénérer les écosystèmes naturels à l’échelle de nos designs et à rendre nos projets en permaculture efficaces et résilients. Vous trouverez donc des formulations assez diverses de ces principes ainsi qu’un nombre de principes variables selon qu’on se base sur ceux énoncés par Bill Mollison et/ou par David Holmgren.

Pour notre part, nous avons fédéré ces divers principes que nous classons en trois catégories :

  • les principes basiques
  • les principes philosophiques
  • les principes liés au design

Vous allez comprendre beaucoup mieux en découvrant plus en détail chacun de ces principes :

 

Les principes basiques

  • Observer et interagir
  • Collecter et stocker l’énergie
  • Obtenir une récolte
  • Utiliser et valoriser les services et les ressources renouvelables & biologique
  • Ne pas produire de déchets ou tout déchet est une ressource inexploitée
  • Privilégier les petits systèmes intensifs et les solutions lentes
  • Utiliser et valoriser la diversité
  • Utiliser et valoriser l’effet de bordure
  • Un travail à fournir est le résultat d’un besoin non rempli par le système que vous avez créé.

Les principes philosophiques

  • Intégrer plutôt que séparer
  • Le problème est la solution
  • Accepter les feedbacks, les limites et réagir de manière créative
  • Tout se jardine
  • Travailler avec la nature et non contre elle
  • Faire de petites actions pour de grands changements

Les principes liés au design

  • Partir des structures d’ensemble pour arriver aux détails
  • Un élément rempli plusieurs fonctions
  • Une fonction est remplie par plusieurs éléments
  • Conserver l’énergie (recycler, faire circuler et optimiser)
  • Accélérer l’évolution et la succession
  • Chaque élément est placé selon ses relations avec les autres
  • Planifier l’efficacité énergétique
  • Commencez au pas de votre porte
  • Commencez petit, puis étendez-vous si nécessaire

Un jardin en permaculture, qu’est-ce que c’est ???

Créer un jardin en permaculture permet de répondre à nos besoins humains tout en améliorant notre environnement (développement de la biodiversité, création d’habitats pour la faune et les insectes utiles, enrichissement de la terre…).

Un jardin en permaculture a, en effet, vocation à remplir plusieurs fonctions : en plus de la production alimentaire de fruits et légumes au potager, il peut servir à la production de plantes médicinales, d’herbes aromatiques, de fleurs mellifères, d’ornement, à la production de matières végétales pour l’artisanat, à la création d’espaces de vie relaxants, romantiques ou ludiques… Le tout est de savoir par où commencer et de suivre pas à pas la méthodologie de design pour concevoir efficacement !

Si vous souhaitez vous essayer à la permaculture dès maintenant sur une petite parcelle de votre terrain, sans passer par une phase d’étude assez longue, nous avons conçu pour vous une formation vidéo en ligne intitulée « le Potager 3P ». Cette formation vous apprendra à créer facilement et rapidement, selon les principes de permaculture, votre Premier Potager Permanent qui, en plus d’être esthétique et nourricier, sera un excellent support pédagogique d’observation.

 

Voici quelques exemples de la façon dont les principes de permaculture peuvent vous aider au jardin :

  • Observer et analyser votre site pour intégrer à votre plan les connexions entre les éléments essentiels de votre système. Vous développerez ainsi des relations saines et des interactions harmonieuses entre ces éléments et aurez une meilleure compréhension de votre environnement. Par exemple, connaitre le cycle de l’eau, le cycle solaire, les vents dominants, le climat, les microclimats et les types de sols sur votre terrain permettra de mieux choisir vos supports de cultures et leurs emplacements, de même pour votre verger, vos animaux…
  • Valoriser la diversité dans votre éco-système pour augmenter les interactions productives entre les êtres vivants. Vous créerez ainsi un système plus résilient.
  • Définir vos zones d’activités pour vous faciliter la vie et économiser de l’énergie. Dans un jardin en permaculture, il y a généralement cinq zones, la zone 1 étant celle où l’activité humaine est très fréquente, elle se situe au plus près de votre maison (potager, serre) et la zone 5 étant celle où l’activité humaine est quasi-inexistante, elle est la plus éloignée de votre habitation, (forêt, espaces laissés à l’état sauvage pour les hérissons, chauves-souris…).
  • Imiter la nature car c’est le modèle ultime de permaculture ! Prendre le temps de se connecter avec le monde naturel autour de votre maison. Chercher des moyens de l’imiter en reproduisant, par exemple, une forêt comestible avec la couverture du sol, une strate arbustive, une couche d’arbres courts et une couche de grands arbres qui fonctionnent en symbiose. Avec une forêt comestible bien conçue, vous pouvez avoir un système qui se régénère et produit graines, noix, baies, fruits, fleurs, racines, herbes, légumes et plus encore! Les jardin en permaculture laissent donc aussi une grande place aux espèces pérennes…comme c’est le cas pour notre Potager 3P.
  • Faire en sorte que chaque élément de votre système remplisse plusieurs fonctions. Par exemple, vos poules, en plus de vous fournir de la nourriture, nettoient votre sol, le fertilisent, mangent vos déchets de cuisine et des insectes potentiellement nuisibles tout en divertissant petits et grands par leur compagnie !
  • De même, chaque fonction doit être remplie par plusieurs éléments ! Par exemple, des fertilisants pour amender votre sol peuvent être fournis par vos animaux, votre compost, ainsi qu’une lombriculture (jus et terreau de lombricompost)…

Culture multi-étagée, imitation de la forêt façon comestible chez notre amie Maria au Blé en Herbe.

Culture multi-étagée, imitation de la forêt façon comestible chez notre voisine et amie Maria au Blé en Herbe.

Qu’en est-il du potager en permaculture ?

Le but d’un potager en permaculture est de produire des fruits et légumes sains et nutritifs tout en prenant soin de la nature et l’écosystème. Bien souvent, c’est la partie du jardin qui intéresse le plus les personnes en recherche d’alimentation saine, d’autonomie et de pratiques respectueuses de la nature.

Cependant, au potager, la permaculture est trop souvent réduite à un ensemble de techniques de jardinage, comme des recettes toutes faites applicables partout, ce qui génère bien des frustrations et abandons de projet chez ceux qui ont appliqué des techniques dites de permaculture sans les mettre au regard de leur contexte particulier. Donc, oui, la permaculture s’applique aussi au potager, mais il est important de considérer son potager comme un élément parmi d’autres dans votre jardin, un élément qui devra être pensé en fonction des principes de permaculture (vous retrouverez plus en détail l’ensemble des principes de permaculture sur lesquels appuyer votre réflexion dans notre guide du permaculteur débutant) et mis en synergie avec les autres éléments de votre jardin.
Avant de vous livrer une liste non exhaustive de techniques phares du potager en permaculture, nous souhaitions donc simplement attirer votre attention sur le fait qu’avant d’appliquer une technique, quelle qu’elle soit, vous devez la passer à travers le filtre de votre contexte propre (géographique, climatique, pédologique, topographique, humain, financier…) et vos objectifs précis pour voir si elle sera adaptée dans votre cas.

Les associations de légumes au potager en permaculture permettent de maximiser vos récoltes tout en imitant la nature.

Sur cette butte, les laitues à côté des courgettes sont déjà bien développées, mais… © Jérôme Boisneau

 

… elles vont se faire rapidement recouvrir par les courgettes ! © Jérôme Boisneau

 

Permaculture et techniques

Quelques techniques de bases du jardin potager en permaculture :

  • Ne pas laisser le sol nu, toujours utiliser du « mulch » (ou paillage) pour garder l’humidité dans le sol. Ce mulch peut être vivant (espèces couvre sol, densité élevée de plantations), minéral (pierre, ardoise…), végétal (paillis, bois broyé, miscanthus, etc.), carton…
  • Récupérer, faire circuler et utiliser au mieux l’eau est essentiel dans un jardin en permaculture, elle doit être recyclée au maximum. Non seulement l’eau garde le sol et les plantes hydratés, mais elle attire également la faune. Par exemple, des barils de récupération d’eau de pluie sont souvent utilisés au niveau des descentes de gouttières. L’eau de pluie, chargée d’éléments nutritifs est particulièrement bonne pour le jardin. On peut donc imaginer qu’une eau ayant servi au bain des canards, infiltrée près des plantes-bandes de culture, puisse être une aubaine pour certains légumes.
  • Pour vous économiser de l’énergie et du temps, notamment si vous débutez en jardinage, choisissez correctement votre support de culture afin qu’il soit réellement adapté à vos objectifs et votre contexte (humain, environnemental, climatique…). Vous éviterez ainsi bien des écueils et autres échecs dus à des supports de culture inadaptés.
  • Pratiquer des associations positives de plantes : Légumes, herbes, fleurs comestibles, petits arbres fruitiers et plantations d’ornement sont couramment cultivées ensembles. Ils interagissent de manière vertueuse : remontée d’eau de nutriments, microclimat…
  • Cultiver serré avec un maximum de diversité dans un minimum d’espace en cultivant par exemple sur une butte de permaculture, ou des planches permanentes, qui prennent peu de place et sont facilement accessibles ou encore à la verticale sur des treillis ou des paniers suspendus !
Plantés serrés, les végétaux peuvent être de véritables mulchs vivants, créateurs de micro-climats et de nombreux bienfaits. Source PermacultureDesign

Plantés serrés, les végétaux peuvent être de véritables mulchs vivants, créateurs de micro-climats et de nombreux bienfaits. Source PermacultureDesign

  • Créer des jardins en forme de « trou de serrure » qui sont des modèles très esthétiques favorisant « l’effet de bordure ». Ils sont souvent en forme de fer à cheval dans les jardins en permaculture, facilement accessibles avec au centre, selon vos envies, ou vos besoins un arbre, un arbuste ou encore un petit étang…
  • Utiliser la culture en « lasagne » est une autre alternative, en particulier pour les plantations annuelles. Plutôt que de labourer le sol, utiliser du papier journal ou du carton humide comme barrière contre les mauvaises herbes sur la future zone de culture. Cela permettra à l’eau et aux racines des plantes de pénétrer le sol et contribuera même à l’enrichir (les vers de terre raffolent du carton !). Mettre ensuite une autre couche de paille ou d’autres paillis organique approprié, puis une couche de compost et de terre pour les plantations. Enfin recouvrir de mulch pour aider à retenir l’humidité.
Lasagne en construction, encore quelques couches de matériaux et notre "jardin instantané" sera prêt à planter. Source PermacultureDesign

Lasagne en construction, encore quelques couches de matériaux et notre « jardin instantané » sera prêt à planter. Source PermacultureDesign

  • Prendre soin de son sol en attirant les vers de terre qui sont essentiels dans un jardin en permaculture. Ils aident à garder le sol meuble et en bonne santé. Une bonne structure du sol se compose d’une grande population de vers de terre et d’insectes bénéfiques. Donc, ne pas utiliser de pesticides et autres fongicides chimiques qui détruiraient la vie de votre sol.
  • Faire son compost est un autre élément important dans un jardin en permaculture où rien ne doit jamais être perdu. Ainsi tous les matériaux pour la fertilisation et le paillage seront produits dans le jardin en permaculture : les déchets du jardin seront utilisés pour le compostage, qui à son tour, sera utilisé pour l’amendement du sol.

Une fois votre jardin en permaculture conçu et réalisé, il prendra soin de lui-même naturellement et vous n’aurez plus alors qu’à l’arroser de temps en temps, en récolter les fruits et remettre occasionnellement du mulch pour protéger votre sol.

Vous aussi, commencez un jardin en permaculture !

Si vous souhaitez vous essayer, dès maintenant, à la permaculture sur une petite parcelle de votre terrain, nous avons conçu pour vous une formation vidéo intitulée « le Potager 3P ». Elle vous apprendra à créer facilement et rapidement, selon les principes de permaculture, votre Premier Potager Permanent qui, en plus d’être esthétique et nourricier, sera un excellent support pédagogique d’observation. Pour en savoir plus, cliquez sur le bouton ci-dessous.

le potager 3P, mon Premier Potager Permanent

Profitez de l’abondance de la nature en créant facilement chez vous un jardin-potager efficace et durable suivant les principes de permaculture !

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Tout savoir sur le hérisson d’Europe au jardin

De petite taille, globalement silencieux et nocturne, le hérisson est un animal discret, voire farouche. Pourvu d’adaptations remarquables, qui lui ont permis de survivre durant les derniers 450 000 ans, il pourrait mener une petite vie tranquille d’animal débonnaire. Mais il semble qu’il en soit tout autrement…

Avec le hérisson, mettons du piquant dans nos jardins

Le hérisson est un animal très largement connu des grands et des petits. Bien que ses piquants n’invitent guère à la caresse, il a bonne presse. Il ne ravage pas les cultures, n’attaque pas les enfants la nuit, ne hurle pas au petit jour et, quand il furète au jardin, laisse moins de traces qu’un sanglier solitaire. Bref, un mammifère sans histoire, une sorte de gendre idéal de la nature.

Pourtant le hérisson mérite mieux que cette sympathie diffuse. C’est en effet un être d’exception, qui pourrait reléguer le lion au rang des parias de la création. Doté en série d’un panel d’innovations de pointe, il est parfaitement adapté à son environnement.

Un char à pattes

Un hérisson, c’est une sorte d’hybride entre un char d’assaut, la fusée Ariane et l’increvable Dedeuche. Côté blindage, rien à redire; près de 5-7000 piquants montés sur rotule évitent la plupart des problèmes lors de mauvaises rencontres. Seul le blaireau est capable de se jouer de cette armure acérée. En cas d’attaque,point de formation de tortue façon légions romaines, le hérisson adopte la posture de la châtaigne. Une musculature toute particulière lui permet de se tenir en boule pendant plusieurs heures, mufle, pattes et queue en sécurité dans la bogue.

Un hérisson en boule pour se protéger

Quand il se met en boule, le hérisson rétracte tête, queue et pattes à l’intérieur de sa protection dorsale. © Philippe Jourde

Une technologie de pointe

Notre héros est, par ailleurs, un concentré d’innovations. Sensibilité olfactive ciblée sur la détection des proies, détection ultrasonore branchée sur les fréquences préférentielles des insectes, piquants à structure alvéolée garantissant robustesse, légèreté et flexibilité…Tout est fournis par Mère nature dans l’équipement de série. Mais le plus grand atout du hérisson demeure sans aucun doute sa capacité à entrer en léthargie et à survivre, des mois durant, à la frontière ténue entre la vie et la mort: l’hibernation.

Une fiabilité à toute épreuve

Côté robustesse, le hérisson bénéficie d’une ossature solide. Il a la pudeur de cacher ses tablettes de chocolat sous une avenante couche de graisse, mais sa musculature est impressionnante. La mâchoire est toute aussi puissante et les dents pointues permettent de croquer les coléoptères les plus caparaçonnés. Les pattes courtes et trapues favorisent les déplacements en rase-motte, la truffe aux ras du sol pour détecter plus facilement les proies. Le hérisson peut aussi se dresser sur la pointe des pieds et circuler dans les terrains les plus accidentés. Dotés d’impressionnantes griffes, il peut creuser, tenir adroitement les baveuses limaces, mais aussi escalader des murets. Il se fait volontiers amphibie et peut traverser des cours d’eau sans s’émouvoir. L’estomac et le système digestif sont en béton et permettent d’adopter un régime alimentaire que peu d’autres animaux osent expérimenter.

Un hérisson escalade un tas de bois

Le hérisson est plus adroit qu’il n’y paraît. Il peut faire un peu d’escalade et inspecter des tas de bois par exemple. © Philippe Jourde

Car le hérisson est doté d’une résistance sans pareille. Si une dose de bactérie tétanique terrasserait un haltérophile en un clin d’œil, il en faudrait 7000 fois plus pour venir à bout de notre redoutable animal. Mieux encore, pour indisposer un hérisson, il faudrait 100 mg de cantharidine, un poisson violent issu des coléoptères méloïdés, alors que notre musculeux sportif se retrouverait sur le flanc avec seulement 4 mg! Cette résistance autorise un régime varié, incluant des espèces toxiques, non consommées par la concurrence.

Les piquants du hérisson

Hérissés, les piquants du hérisson pointent dans toutes les directions et rendent tout contact douloureux. © Philippe Jourde

Piqué au vif !

Avec de tels atouts, les hérissons ont pu conquérir l’Europe entière. Ils s’observent des semi-déserts andalous aux fjords de Norvège, des landes écossaises aux pentes volcaniques de Sicile.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Quand le hérisson pointe son nez au jardin. © Philippe Jourde

Dans tous ces endroits, depuis des millénaires, les hérissons cohabitent avec les humains. Jusqu’à il y a peu, les choses se passaient bien et nulle part ailleurs que dans les campagnes les densités n’ont été aussi fortes. La présence de prairies pâturées, de cultures diversifiées sur de petites parcelles, de nombreuses haies, de vergers, de fourrés épars ont constitué une sorte de jardin d’Éden.

Malheureusement, il en est autrement aujourd’hui et le hérisson est affecté par la quasi-totalité des coups que nous portons à la nature : disparition et fragmentation des habitats naturels, raréfaction et contamination des écosystèmes, destructions directes et massives des animaux, récurrence d’épisodes de sècheresse…

Hérisson, une espèce menacée, pas encore terrassée

Face à ces dangers majeurs et concomitants, les piquants n’ont guère de prise et les populations de hérisson semblent décliner de façon très sensible en de nombreuses régions.

La disparition des habitats du hérisson dans de nombreuses régions agricoles intensives n’offre aucune perspective de survie. La monoculture productiviste est ce qu’on peut faire de pire. L’animal a impérativement besoin de prairies pour chasser et de fourrés, de haies ou de bosquets pour s’abriter.

L’intensification agricole se traduit aussi par le retournement annuel des sols, une contamination massive et constante par les biocides épandus sur les trois quarts du territoire. Ces molécules, qu’il s’agisse d’herbicides, de fongicides, de mollucides, d’insecticides (…) n’ont d’autre fonction que de tuer le vivant. Et force est de constater qu’elles sont particulièrement efficaces puisqu’elles détruisent l’ensemble des proies des hérissons et affectent probablement directement une bonne partie de leurs populations.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Terre labourée et sans vie, un désastre pour les hérissons qui n’y trouvent plus ni abri ni nourriture !

Dans les milieux cultivés de façon industrielle, les espaces où les animaux peuvent encore subsister sont les bords de routes ou de voies ferrées. Il y reste de l’herbe et parfois quelques buissons. Mais les hérissons sont alors soumis aux risques de collisions routières et aux broyages de la végétation, travaux mécaniques réalisés plusieurs fois par an, qui finissent d’exterminer les derniers individus ayant survécu aux tracteurs et aux épandeurs.

L’exode rural des hérissons

Dès lors, les hérissons se raréfient dans les espaces ruraux. Hors des régions bocagères de polyculture élevage ou faiblement intensifiées, les densités les plus fortes s’observent désormais dans les milieux péri-urbains et les quartiers résidentiels. Pelouses, jardinets, haies ornementales mais aussi abreuvoirs, tas de compost, répondent parfaitement aux exigences essentielles du hérisson.

Évidemment, la proximité des humains engendre de nouveaux périls. Certains s’étouffent coincés dans les clôtures, se noient dans les piscines, tombent dans les bouches d’égout, subissent l’assaut des chiens, meurent sous les pneus, se font broyer lors de l’entretien des palissades… Mais globalement, les proies sont présentes, les potentialités de gîtes nombreuses et les humains rares passé le journal de 20 heures.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Dans un petit espace naturel du jardin, ce jeune hérisson s’est endormi à la belle étoile. © Philippe Jourde

Le problème, c’est que si les hérissons des villes se maintiennent, ceux des champs se raréfient, ce qui se traduit par un isolement des noyaux de peuplement. Et ça, c’est souvent le début de la fin pour une espèce.

À l’action pour les hérissons

Pour contrecarrer cela, on peut agir efficacement. Une multitude de petites actions individuelles peuvent favoriser des espèces aussi tolérantes que les hérissons et ses proies les plus fréquentes. Que faire concrètement ?

Bannir immédiatement l’utilisation des intrants ou des biocides chimiques au jardin :

Ces substances empoissonnent tout. Dans le meilleur des cas, elles font disparaître les proies du hérisson (vers de terre, escargots, insectes…), dans le pire, elles le contaminent directement.

Réserver un coin de nature au jardin :

Il s’agit de laisser quelques mètres carrés plus sauvages, où plantes et animaux mèneront leurs petites affaires. On peut y entreposer un tas de bois avec un emplacement réservé pour que les hérissons s’installent; on peut aussi y stocker les feuilles mortes qui serviront de gîte. Dans cet espace, aucun travaux d’entretien.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

En l’absence de sites naturels, on peut proposer un gîte artificiel au hérisson. © Philippe Jourde

Adapter les dates de travaux au jardin :

Des milliers de hérissons se font tuer ou blesser par des tondeuses, des broyeurs et des débroussailleuses. Certains meurent aussi carbonisés dans les tas de feuilles qu’on décide de brûler pour faire place nette. Pour éviter la catastrophe, il faut s’abstenir d’entreprendre des travaux en période de reproduction et d’hibernation. L’entretien de la végétation se fait donc préférentiellement en automne, en inspectant préalablement la végétation, de façon attentive, pour éviter de blesser les animaux dans leurs gîtes diurnes.

Faciliter les déplacements du hérisson :

En accord avec votre voisin, envisagez la création d’un passage à hérissons entre vos propriétés. Il peut s’agit d’un trou au bas d’une clôture, d’un passage dans un mur, voire de l’implantation de plantes grimpantes sur un muret.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Hérisson en vadrouille dans le jardin !

À l’inverse, il convient d’aménager tout ce qui peut nuire au hérisson : colmater les regards de gouttières, disposer une planche ou un bout de grillage sur le rebord d’un bassin ou d’une piscine par exemple.

Faire un tas de compost :

Le compost, c’est l’Eldorado des hérissons. Nourriture à gogo garantie. Mais encore faut-il que cette manne soit accessible. On réservera si possible un petit passage aux hérissons dans les composteurs clos en veillant à ne pas mettre de nourriture carnée susceptible d’attirer les rats. Faute de composteur, on peut glisser les restes alimentaires végétaux au pied d’une haie, dans un recoin du jardin.

Mettre en place des abreuvoirs :

Les périodes de sècheresses estivales pénalisent beaucoup les hérissons qui, faute de trouver de l’eau ou des proies, sont parfois obligés d’entrer en léthargie pour survivre. La mise à disposition d’une gamelle d’eau peut faire la différence entre la vie et la mort.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Petite mare récemment créée avec une faible profondeur sur les bords (10 à 15 cm) et de la toile de jute tout autour pour permettre au hérisson de s’agripper et sortir s’il tombe dedans !

La création d’un petit bassin ou d’une mare est plus ambitieuse, mais tellement plus bénéfique. Attention à éviter que les animaux ne s’y noient.

Mettre sa commune au vert :

Faire pression auprès des mairies pour qu’elles prennent en compte la biodiversité dans la gestion des espaces verts et des bords de voies communales est capital. Chaque année, des milliers de nichées de hérissons et des centaines de milliers d’oiseaux sont détruites par les entretiens printaniers de haies.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Chaque année, des milliers de hérissons sont tués au cours du broyage des bas-côtés routiers. © Philippe Jourde

La réduction de la fréquence de ces travaux, réputés faits pour satisfaire les administrés, se traduit en outre par de substantielles économies pour la collectivité. Ressources qui peuvent être investies dans l’implantation, sur les terrains communaux, de mares, d’arbres isolés, de fourrés, voire de haies, si indispensables à la vie sauvage.

L’organisation de chantiers scolaires ou citoyens peut offrir de belles opportunités de sensibilisation.

Achetez bio et écolo :

Boire et manger des produits bio locaux et conditionner vos achats, autant que faire se peut, à des pratiques agricoles vertueuses, est indispensable pour faire régresser drastiquement l’usage des biocides agricoles et promouvoir une agriculture favorable à notre environnement.

Il est important, en tant que consommateur, de jouer sur ces deux aspects, car on peut produire bio dans une démarche productiviste, dans d’immenses parcelles, dénuées du moindre intérêt pour la biodiversité ! Parlez-en avec vos commerçants et pourquoi pas, allez visiter les exploitations de vos producteurs préférés pour faire un choix judicieux. Évidemment les produits issus de la permaculture sont à sélectionner en priorité !

Lever le pied :

Les collisions routières sont une des causes majeures de mortalité des hérissons. Abaisser sa vitesse de circulation et surtout contourner les animaux rencontrés (quand cela est possible sans risque d’accident pour nous ou des tiers) permettraient de réduire de façon sensible le nombre de hérissons morts sur les routes. Rouler au-dessus d’un hérisson est souvent tout aussi mortel que de l’écraser directement. Sous l’effet du souffle, le petit mammifère est projeté en l’air et heurte le bas de caisse.

Ne pas prélever les jeunes hérissons :

Trop de jeunes hérissons découverts en automne sont capturés et confiés à des centres de soin, sous prétexte qu’ils ne passeront pas l’hiver ou parce qu’ils sont « abandonnés ». C’est une pratique à proscrire absolument, sauf en cas de blessure ou de lourde charge parasitaire avérée.

Le hérisson, petit mammifère exceptionnel, est un formidable auxiliaire au jardin en permaculture !

Le hérisson est une espèce menacée à préserver au mieux en commençant par le laisser tranquille et lui réserver des zones sauvages dans nos jardins où il pourra se nourrir et se reposer !

Le hérisson est une espèce protégée. Capture, détention, manipulation et transport sont strictement interdits et clairement, les petits hérissons n’ont besoin que d’une chose, qu’on les laisse tranquilles.

Vous pouvez aussi contribuer à suivre les populations de hérisson en transmettant vos observations sur le portail associatif de science participative www.faune-france.org ou en contribuant à la Mission hérisson, lancée en juin 2020.

Pour en savoir plus sur les hérissons et les actions à mettre en œuvre pour leur protection : www.lpo.fr/missionherisson

Pour découvrir plus en profondeur la vie du hérisson, tout savoir des mythes et légendes qui le concernent, découvrir comment l’observer :

Livre Le Hérisson d’Europe

Le Hérisson d’Europe

Description, comportement, vie sociale, mythologie, observation
Prix Jacques Lacroix du meilleur livre de nature, décerné par l’Académie française. Labellisé par la LPO.

Livre de Philippe Jourde
Environ 216 pages, Édité par Les Éditions Delachaux et Niestlé en 2020.

Prix : environ 19,90 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon    |   Decitre    |   Unithèque    |   FNAC

Philippe Jourde

Philippe Jourde

Philippe Jourde travaille au service Connaissance de la LPO, où il administre le portail national de science participative www.faune-france.org, qui permet à chacun de partager ses observations d’animaux et de consulter des millions de données.
Il est par ailleurs auteur et adaptateur de livres sur la nature et vient de signer une édition revue et augmentée de l’ouvrage « Le Hérisson d’Europe », aux éditions Delachaux et Niestlé.

Installez une haie qui servira au hérisson mais aussi aux abeilles et autres pollinisateurs !

Comme nous le dit Philippe Jourde dans cet article, il est primordial, pour aider les hérissons, de leur redonner des refuges, des habitats paisibles en replantant des haies ! Et si vous en profitiez pour faire d’une pierre deux coups (principe de permaculture : un élément remplit plusieurs fonctions 😉 !) en installant notre haie des abeilles qui pourra abriter des hérissons tout en attirant les pollinisateurs chez vous, intéressant, n’est-ce pas ?
Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus !

La haie des abeilles

Augmentez et protégez vos récoltes fruitières et légumières de façon significative en attirant dans votre jardin un maximum de pollinisateurs grâce à « la haie des abeilles » !

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Composteur de jardin : notre guide d’achat

Le compost est un élément très intéressant en permaculture. En plus de valoriser les déchets de cuisine et de jardin, il enrichit le sol et crée de bonnes conditions de culture pour vos fruits et légumes. Vous avez sans doute envie de vous lancer dans sa production et vous vous demandez comment procéder, quel composteur de jardin installer ? Sac à compost, bac à compost, en plastique ou en bois, devant le vaste choix de composteurs individuels, il est parfois difficile de s’y retrouver. Dans cet article, nous vous expliquons le fonctionnement du composteur et vous présentons différents modèles disponibles sur le marché ou à fabriquer vous-même.

 

Le composteur : comment ça marche ?

Du seau à compost au bac à compost

Faire son compost maison, c’est d’abord collecter les différents déchets organiques produits en cuisine ou au jardin. À ce stade, vous vous demandez sans doute ce que vous pouvez composter. La réponse est simple : quasiment tout !

Côté cuisine, réservez les épluchures de fruits et de légumes, les coquilles d’œufs, le marc de café, le thé infusé, le carton brun sans encre chimique ni étiquette. Même les agrumes et les petits restes de viande peuvent aller au compost dans des proportions raisonnables (sauf pour les composts en milieu urbain). En attendant de les déposer au composteur, mettez-les de côté dans une poubelle à compost, très pratique pour conserver fanes et pelures pendant plusieurs jours sans odeur.

Composteur de jardin, bac à compost en plastique ou en bois, acheté ou fait maison, choisissez la meilleure solution selon votre contexte grâce à notre guide d’achat.

Exemple de poubelle à compost pour récupérer les déchets dans la cuisine en attendant de les mettre dans le composteur de jardin.

Côté jardin, vos déchets ménagers retrouvent les déchets verts dans le composteur : tontes de pelouse, « mauvaises herbes », fleurs fanées, feuilles mortes, bois broyé. Avec ces ingrédients bien équilibrés à hauteur de 50 % de matières azotées (matières fraîches, vertes) et 50 % de matières carbonées (matières sèches, brunes), votre compost a de quoi bien démarrer. Pour donner un petit coup de pouce au processus, vous pouvez ajouter des activateurs de compost, tels que l’ortie ou la consoude, que les micro-organismes adorent.

Chaleur, air, humidité : 3 éléments indispensables

Une fois tous ces ingrédients rassemblés, concrètement, comment ça marche ? Le compost, c’est le résultat naturel de la dégradation de la matière organique par les micro-organismes.

Le rôle du composteur est donc de réunir les conditions optimales de vie de ces micro-organismes – air et humidité – pour qu’ils puissent transformer la matière. Cela est d’autant plus nécessaire que ce processus libère de l’énergie sous forme de chaleur, entraîne l’évaporation de l’eau et l’assèchement des matières.

D’un autre côté, cette montée en température est une bonne chose pour la qualité du compost, car la chaleur détruit les éventuelles maladies des végétaux et les graines indésirables.

Le composteur idéal, c’est donc un contenant :

  • qui rassemble les matières à décomposer ;
  • qui est aéré et permet au jardinier de brasser les matières ;
  • qui est protégé du soleil et des fortes pluies, mais maintient l’humidité ;
  • qui propose un système pratique de récupération du compost mûr.

Le composteur de jardin : différents modèles

Les sacs de compost

Si vous vivez en ville, que vous avez un petit jardin, une terrasse ou un balcon, rassurez-vous : vous aussi pouvez valoriser vos déchets et faire votre compost. Vous aurez plaisir à réduire le volume de votre poubelle noire et à produire un très bon engrais naturel pour vos plantes.

Pour répondre aux besoins spécifiques des jardiniers en milieu urbain, des fabricants ont développé des sacs de compost. Légers et pliables, ils se font discrets quand vous ne les utilisez pas. Ces petits composteurs sont dotés d’une ouverture sur le dessus du sac pour déposer vos déchets et d’une fenêtre en bas pour recueillir votre compost mûr. Enfin, des poignées aident à déplacer le sac si nécessaire. Comptez une dizaine d’Euros pour vous équiper d’un petit sac de 8 L.

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Sac à compost, sorte de petit composteur léger pour petit jardin, balcon ou terrasse.

Les composteurs en plastique

À la recherche d’un composteur pas cher ? Optez pour les modèles en plastique recyclé. Ils sont disponibles dans différentes tailles – de 280 à 420 L – à partir de 75 €. Ils sont résistants, faciles à installer, munis d’un grand couvercle pour accéder au bac et y verser vos déchets.

Malgré les perforations sur les panneaux pour favoriser l’aération, vous n’échapperez pas au brassage des matières. Pour cela, on ne saurait trop vous conseiller d’investir dans un aérateur de compost, sorte de vis qui permet de mélanger les matières sans effort. Le taux d’humidité est également à surveiller puisque que le tas est protégé par le couvercle et donc privé des eaux de pluies.

Si ce composteur est tout à fait adapté pour le compostage individuel, son grand défaut réside dans sa composition en plastique et son aspect peu esthétique. Une place à l’ombre et à l’abri des regards lui va donc très bien.

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Composteur de jardin en plastique classique.

Les bacs de compost en bois

Le bac de compost en bois, c’est l’objet écologique et plaisir pour composter au jardin. Une jolie matière, naturelle, qui s’accorde à merveille à votre environnement. Les modèles proposés sur le marché offrent les mêmes avantages fonctionnels que les modèles en plastique : plusieurs contenances pour s’adapter à vos besoins, couvercle au-dessus pour accéder au bac, panneaux sur le côté qui s’ouvrent pour recueillir le compost mûr. Avec ces modèles aussi, la vigilance est de mise pour maintenir la bonne aération et l’humidité du compost.

Ces composteurs en bois pèseront néanmoins un peu plus dans votre porte-monnaie. Il faut compter environ 100 € pour un bac de 300 L.

Seule ombre au tableau, de nombreux modèles sont traités chimiquement contre l’humidité, les insectes et les champignons. Vérifiez donc cette information avant de valider votre achat, et préférez les bacs en bois naturellement imputrescible comme le pin Douglas.

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Composteur de jardin en bois, plus esthétique que les modèles plastiques mais aussi plus cher à l’achat.

Un bac à compost gratuit

Des matériaux de récupération…

En permaculture, on aime faire avec ce que l’on a sous la main. Des matériaux de récupération, des objets détournés, et une bonne dose de créativité suffisent dans la plupart des cas pour répondre à nos besoins.

Avant de vous lancer dans l’achat d’un composteur, faites un petit inventaire chez vous et voyez ce que vous pouvez récupérer : un seau, une poubelle, un bidon, un pot de fleurs, un bac de rangement, etc. En métal ou en plastique, ils sont autant de solutions prêtes à l’emploi pour démarrer un petit compost rapidement. Il faudra simplement percer des trous sur le couvercle et les côtés pour faciliter l’aération. Et aussi au fond pour que les jus du compost puissent s’écouler. Posez-les directement sur la terre ou sur une soucoupe, et le tour est joué !

Pour un bac à compost fait maison

Avez-vous pensé à utiliser les matières premières que votre jardin met à votre disposition ? Les branches de sureau par exemple forment des perches très solides une fois séchées : vous pouvez en fabriquer des piquets. Entre ceux-ci, tressez un joli composteur faits de rameaux souples de noisetiers ou de saules.

Si vous êtes bricoleur, vous pouvez réaliser des bacs personnalisés avec des planches, des palettes, du grillage, des tôles, etc. Vous n’avez pas ces matériaux à la maison ? Voyez auprès de vos amis, des magasins ou des déchetteries, il y a toujours des ressources insoupçonnées à récupérer et réemployer. Un petit passage en quincaillerie pour trouver de quoi fixer les différents éléments de votre composteur, et voilà le travail !

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Exemple de composteur de jardin tout simple pouvant être fabriqué maison à partir de matériau de récupération !

Vous avez peut-être un très grand jardin et beaucoup de déchets à valoriser. Dans ce cas, fabriquez un composteur à plusieurs compartiments. Cette organisation est très pratique, car elle permet d’avoir en permanence un tas de compost mûr, un tas de compost en cours de décomposition et un tas en cours de montage. Pour protéger les tas d’un excès d’eau, prévoyez un abri fait d’une tôle ou penser à les couvrir d’une couche épaisse de bois broyé.

Pour fabriquer un composteur maison, les possibilités sont infinies. Vous avez là matière à exprimer votre créativité et vos talents ! C’est ça aussi la permaculture !

Alternatives au compost traditionnel

Sacs à compost, bacs à compost, en plastique ou en bois, achetés dans commerce ou faits maison, grâce à toutes ces solutions, l’art du compostage de jardin est accessible à tous. Sachez qu’il existe aussi des alternatives au compost traditionnel qui peuvent être complémentaires, plus adaptées à votre contexte, ou convenir davantage à vos préférences.

Voilà pourquoi, nous vous invitons aussi à explorer ces solutions :

Si l’idée d’élever des vers ou des lombrics à la maison ne vous effraie pas, surtout n’hésitez pas à tenter l’aventure en adoptant un vermicomposteur ou lombricomposteur. Sans odeur, ces composteurs transforment vos déchets en terreau et vous livrent un fabuleux jus de compost.

Moins connu, le bokashi, est un composteur de cuisine, sans vers, qui repose sur la dégradation des matières par des micro-organismes en milieu anaérobie. Cette technique japonaise fonctionne dans un contenant hermétique et produit un compost et un jus tellement riches qu’il faut par contre attendre un peu avant de les utiliser dans vos plantes.

Comme vous pouvez le voir à travers cet article, il y a des solutions de compostage adaptées à toutes les situations, alors n’hésitez plus : lancez-vous !

Faites le design en permaculture de votre jardin !

Un composteur est un élément à part entière à prendre en compte dans un design de permaculture afin qu’il soit placé efficacement en fonction de ses interactions avec les autres éléments du jardin…Ainsi, pour un projet en permaculture efficace où tous vos éléments seront bien positionnés les uns par rapport aux autres, faites votre design à l’aide de notre formation en ligne dédiée, à découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous !

Invitez la permaculture dans votre jardin

Vous souhaitez créer ou transformer votre jardin grâce à la permaculture mais ne savez pas comment vous y prendre ? Laissez-vous guider pas à pas en suivant notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! ».

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Tout sur la chauve-souris, de la pipistrelle à la noctule : particularités, cycle de vie, nourriture…

Les chauves-souris sont tout de même des bestioles étranges, et vraiment, elles ne font rien pour qu’on les apprécie. Elles vivent la nuit, se déplacent dans le noir complet, volent alors qu’il s’agit de mammifères, dorment la tête en bas dans des grottes, peuvent former des colonies impressionnantes par leur nombre, ont quelques espèces dans leur rang qui se nourrissent de sang, mais surtout, les chauves-souris ont une sale gueule !

Ajoutez à cela un nom composé, mélange d’un « chauve » (pourquoi pas), et d’une « souris » : une famille à la réputation peu enviable à cause de sa capacité de prolifération, des dégâts occasionnés aux cultures, et des lieux insalubres qu’elle affectionne. Franchement, le cocktail parfait pour inspirer la peur et la méfiance.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

Longtemps détruites volontairement, la raréfaction des chauves-souris aujourd’hui, due à des causes multiples, laisse indifférent la majeure partie d’entre nous. On aura plutôt tendance à poser un nichoir pour la mignonne petite mésange bleue, qu’un gîte pour ces affreuses chauves-souris.

Et pourtant, être capable de voler avec ses mains, de voir avec ses oreilles dans le noir absolu, de se réunir entre femelles dans des nurseries pour élever les jeunes, d’avoir un rôle écologique clé : se nourrir des insectes nocturnes, de s’accoupler à l’automne alors que la fécondation a lieu au mois de mai… les rendent passionnantes.

Nous allons donc tenter de pénétrer dans le monde mystérieux des chauves-souris, ou chiroptères, même si les scientifiques avouent ne pas avoir percé tous les secrets de ces animaux fascinants.

 

Description de la chauve-souris ou chiroptère

Un mammifère…

Les chauves-souris sont des mammifères, elles sont dotées :

  • d’une colonne vertébrale
  • d’une respiration pulmonaire
  • d’une température constante.

Mais surtout :

  • elles sont recouvertes de poils.
  • elles nourrissent leurs jeunes avec un lait produit par des glandes cutanées spécialisées, les glandes mammaires, d’où le nom de la famille : les mammifères.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

 …mais pas un oiseau, même si elle vole

Le fait de voler ne leur permet donc pas de prétendre faire partie de la famille des oiseaux, tout aussi respectable, mais avec des caractéristiques différentes que n’ont pas les chauves-souris :

  • écailles sur les pattes
  • bec dépourvu de dents
  • plumes
  • et le fait de pondre des œufs.

Cependant, le fait de voler et de posséder des ailes est l’une des caractéristiques qui rassemble les chauves-souris au sein du groupe des chiroptères. ‘’Chiro-‘’ signifiant « main » (comme dans chiropracteur) et ‘’-ptère’’ signifiant « ailes », les chauves-souris sont donc capables de voler avec leurs mains.

L’autre élément distinctif de ce groupe, c’est l’écholocation, une copie du sonar des dauphins qui permet aux chauves-souris de voir avec leurs oreilles dans l’obscurité totale.

Les ailes des chauve-souris

Les ailes des chauves-souris ne sont pas constituées de l’ensemble du bras comme chez les oiseaux, au travers duquel on aurait tendu une membrane, mais uniquement de la main, d’où le nom du groupe des chiroptères.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

Les phalanges, à l’exception du pouce, sont particulièrement démesurées et liées entre elles par une membrane élastique, résistance et capable de se régénérer :  le patagium. C’est lui qui permet la portance dans les airs, mais pas que…

Le patagium comme protection contre le froid et le chaud

Les ailes des chauves-souris ont également un rôle de protection contre le froid et le chaud.

  • L’hiver, certaines espèces s’enveloppent dans leurs ailes comme un randonneur perdu à la tombée de la nuit dans sa couverture de survie.
  • L’été, la chauve-souris doit pouvoir réguler sa température interne lorsque la chaleur estivale s’installe. Dépourvue de glandes sudoripares pour transpirer comme l’homme, et d’une grosse langue baveuse pour haleter comme le chien, c’est par son patagium que la chauve-souris va faire descendre sa température corporelle.

Cette membrane fine très vascularisée permet d’extraire la chaleur corporelle vers l’extérieur. C’est l’une des raisons pour laquelle le Fennec, renard du désert, possède des oreilles démesurées qui, très vascularisées, ont la même fonction. Et pour ceux qui n’ont jamais croisé de Fennec ni de chauves-souris de près, la grille derrière votre frigo a exactement la même fonction : grande surface d’échange avec l’extérieur pour extraire la chaleur qui se trouve à l’intérieur, seulement, le thermostat est réglé un peu bas par rapport à celui des chauves-souris…

Les pattes arrière

Les pattes arrière ne sont pas dépourvues d’intérêts, certaines chauves-souris se déplaçant avec agilité sur le sol, sur les troncs d’arbres et les charpentes des maisons.

Quand elles se suspendent la tête en bas, en journée l’été et toute la période d’hibernation, leur poids exerce une traction sur des tendons qui maintiennent les griffes en position d’accrochage. Elles ne dépensent donc aucune énergie, même pendues pendant de très longues périodes. Il arrive souvent, d’ailleurs, de retrouver des chauves-souris mortes suspendues dans leur gîte la tête en bas, comme si de rien n’était.

L’écholocation ou écholocalisation

Les chauves-souris ne sont pas aveugles, leur vue est tout à fait fonctionnelle, mais c’est l’un de ses sens le moins performant, l’ouïe et l’odorat étant particulièrement développés. Cela va de soi. Les caractéristiques de la vie nocturne qu’ont choisie les chiroptères, sont dominées par une faible luminosité limitant la vue, et peu de brouhaha permettant d’affiner l’ouïe et d’entendre le moindre battement de papillon pouvant servir de dîner.

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La vue est donc utilisée lors de déplacements en terrains connus un peu comme nous sommes capables, dans la pénombre de la nuit, d’aller boire un verre d’eau. En terrains inconnus ou en actions de chasse, il s’agit d’être plus précis et d’agir plus rapidement, la vue n’est donc pas suffisante, un peu comme si nous tentions de tuer une mouche dans la pénombre de la nuit même après avoir bu un bon verre d’eau.

La chauve-souris a mis en place l’écholocation ou écholocalisation difficile à appréhender pour nous qui en sommes totalement dépourvus. Cela consiste à émettre des sons ou ultrasons et à écouter leur écho pour localiser les éléments d’un environnement, proies ou obstacles.

Un certain nombre de cétacés en sont également équipés, et l’homme, avec son sonar, en a créé une pâle imitation. C’est également le fonctionnement des radars routiers avec des ondes radios et quelques adaptations : émission d’ondes, réception d’échos, émission d’amende, réception d’argent… je préfère les chauves-souris…

Cycle de vie de la chauve-souris

La sortie de l’hiver et l’arrivée du printemps

C’est à la sortie de l’hiver, au mois de mars-avril, selon la météo et la situation géographique, que les chiroptères recommencent tous les soirs, inlassablement, leur balai aérien. Comme l’hirondelle est le symbole du « retour des beaux jours », la chauve-souris est celui du retour « des belles nuits ». J’attends les unes avec autant d’impatience que les autres.

La chauve-souris est une véritable alliée dans un jardin en permaculture. De la pipistrelle à la noctule, découvrez les particularités, habitudes de vie, nourriture, reproduction de ces chiroptères protégés en France depuis 1976…

Après s’être dégourdies les ailes et les pattes, et s’être « requinquées » pendant un mois, les femelles se regroupent dans des nurseries où vont avoir lieu fécondation, gestation, mise bas et élevage des jeunes. L’accouplement ayant eu lieu à l’automne, les mâles sont exclus et vivent isolés. Chacun a donc rejoint ses quartiers d’été.

Les mâles utilisent des gîtes sommaires pour se reposer la journée pendant la belle saison.  C’est donc eux qu’il sera facile d’attirer au jardin, pour nous aider à lutter contre certains insectes un peu trop… « collants ».

L’été, une période active pour les femelles chiroptère

Création de la nurserie

Les femelles, quant à elles, choisissent avec minutie le lieu de leur nurserie pour élever leur petit. Il doit répondre à des critères précis et variables d’une espèce à l’autre :

  • température
  • humidité
  • ventilation

il s’agit souvent d’un lieu plutôt sombre, trés tranquille, avec une température plutôt agréable : grenier, clocher d’église, bardage, tronc d’arbres.

Ces lieux aux conditions multifactorielles sont impossibles « à imiter » avec de simples nichoirs. Ainsi, la destruction d’une de ces colonies est une perte irrémédiable pour la biodiversité et pour vous, jardiniers, qui perdez à la fois une armée de soldats prête à en découdre avec les insectes appréciant un peu trop votre potager en permaculture, et un engrais inégalable : le guano.

Le bébé chauve-souris

Les chauves-souris donnent naissance à 1, exceptionnellement 2, petit(s) par an : leur fécondité est très faible. Cela peut s’expliquer par un nombre de prédateur limité, l’élevage par un seul parent, et, est compensé par une grande longévité. La fertilité de la chauve-souris est donc comparable à la nôtre et n’a rien à voir avec celle, prolifique et parfois inquiétante, des souris, même si elles partagent avec elles une partie de leur patronyme.

Le petit peut peser le tiers du poids de sa mère à la naissance. C’est énorme, et en même temps une jeune chauve-souris nouvellement née, ne pèse pas 2 grammes et à la taille d’une grosse abeille pour la pipistrelle par exemple. Les jeunes sont allaités jusqu’à leur émancipation au bout de 4 à 6 semaines ce qui coïncide avec la fin de l’apprentissage du vol et ainsi la possibilité de se nourrir seul. N’ayant pas de réserves, et peu d’expérience, les jeunes sont particulièrement vulnérables à ce moment de leur vie, où les conditions météo peuvent être redoutables. On estime que moins de la moitié arrive à passer avec succès cette étape.

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Lorsque les femelles sortent pour se nourrir, elles laissent leurs nouveau-nés qui s’agglutinent les uns contre les autres pour limiter les pertes caloriques (thermorégulation sociale). Cela ne les empêche pas de retrouver, à leur retour, chacune le leur et de n’allaiter que lui.

En cas de dérangement d’une colonie, les femelles peuvent emporter leur petit en vol et ainsi changer de nurserie.

L’automne, la période de l’accouplement

A l’approche de l’automne, mâles et femelles se regroupent pour l’accouplement. Phénomène assez rare dans le monde animal, la fécondation est différée au mois de mai suivant pour permettre au jeune de voir le jour dans une période propice à sa survie. On retrouve un phénomène analogue chez le chevreuil.

L’hiver, le temps de l’hibernation

Enfin, il est temps de songer à faire des stocks pour la saison hivernale à venir. A cette occasion, les réserves emmagasinées par les chauves-souris peuvent représenter un tiers de leur poids. Après quoi, il est grand temps de rejoindre les quartiers d’hiver pour une hibernation de plusieurs mois où toutes les fonctions de leur organisme tournent au ralenti à l’image de la respiration qui passe, de 4 à 6 mouvements respiratoires par seconde, à des apnées pouvant durer 1 h, 1h 30. La température du corps n’est que de quelques degrés au-dessus de la température ambiante. Les quartiers d’hiver sont donc comme les nurseries, choisis avec minutie :

  • lieu hors gel
  • température relativement stable
  • hygrométrie élevée (pour ne pas détériorer la membrane de leurs ailes, le patagium)

Il s’agit donc le plus souvent de grottes, anciennes mines, caves accessibles et parfois de gros arbres creux à condition que leurs parois fassent plus de 10 cm d’épaisseur. Ces quartiers d’hiver peuvent être partagés par plusieurs espèces, ce qui n’est pas le cas dans les nurseries qui restent monospécifiques.

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Pour éviter des hivers trop rudes, certaines chauves-souris migrent pour hiberner plus au Sud, par exemple de la Pologne au lac Léman, de la Suisse à la région de Valence. Cela dépend des espèces et même parfois de la répartition géographique à l’intérieur d’une même espèce : celles du Nord migrent, pas celle du Sud.

Il arrive que certains hivers cléments dans les zones les moins rudes, côtes atlantiques et méditerranéennes, les chauves-souris troquent « l’hibernation » contre un « état de dormance » lors des quelques semaines les plus rudes.

Enfin, il est possible que les chauves-souris se réveillent pendant la période hivernale, les obligeant à remettre en route l’ensemble de leur machinerie. Cela nécessite une quantité d’énergie non négligeable épuisant les réserves de l’animal plus rapidement que prévu. Souvent causé par des dérangements comme des contacts légers, un éclairage prolongé ou des photos avec flash, cela peut leur être fatal. Naturellement, il arrive que les chiroptères sortent de leur léthargie pour voler dans leur gîte, uriner, déféquer, voire boire et manger selon la période. Dans ces cas-là, ces réveils sont rarement meurtriers.

Nourriture de la chauve-souris

Les chauves-souris sont insectivores

En France, et même en Europe, toutes les chauves-souris sont insectivores. Leur mode de vie leur permet d’avoir accès à une nourriture qui n’est, ni accessible par les autres mammifères bêtement cloués au sol, ni par les oiseaux ronflant sur une branche lors du festival des insectes nocturnes. Seul le hibou petit duc et l’engoulevent d’Europe sont « sur le même créneau ». Ce mode de vie permet également et, pour les mêmes raisons, de limiter le nombre de prédateurs, faisant ainsi d’une pierre deux coups. La chouette effraie, la chouette hulotte, parfois la fouine…prédatent les chauves-souris sans jamais menacer l’existence de ces petits mammifères ailés.

Le type de proies, la technique de chasse et les lieux de chasse différents d’une espèce à l’autre et permettent ainsi à plusieurs espèces de pouvoir partager le même lieu. En milieu forestier par exemple, certaines espèces chassent dans la forêt, d’autres à la lisière et enfin certaines au-dessus de la canopée.

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Avant d’aller chasser, les chauves-souris ont pour habitude de survoler rivières, lacs ou étangs où elles boivent en effleurant la surface de l’eau comme le font les hirondelles.

Il est possible d’observer des chauves-souris chasser en plein jour surtout au printemps et à l’automne. Cela est dû à la rareté des proies à cette époque de l’année.

La chauve-souris part en chasse

Avant de sortir du gîte et au retour de la chasse, les chauves-souris ont, comme leur nom ne l’indique pas, un point commun avec … les chats. Elles font leur toilette de manière minutieuse, léchant leurs ailes en les enduisant de sécrétions grasses produites par leurs glandes faciales pour maintenir leur souplesse. Le pelage est peigné avec les griffes postérieures elles-mêmes léchées et nettoyées à intervalles réguliers comme le chat lèche sa patte pour se nettoyer la face et derrière les oreilles. Attendrissantes les affreuses, non ?

Les proies les plus petites sont attrapées directement avec la gueule, les plus grosses comme les papillons de nuit sont rabattues par l’uropatagium (le patagium au niveau de la queue) et par les ailes si les proies tentent de fuir.

Les canines bien développées permettent de transpercer la carapace de chitine des insectes, qui sera ensuite broyée par les molaires. Les ailes et les pattes des insectes ne sont pas consommées et leur accumulation peut être des indices de présence de chauves-souris.

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Les chiroptères consomment en une nuit l’équivalent du tiers de leur poids, soit 900 équivalents moustiques, ce qui permet de ne pas transformer vos soirées barbecue en enfer. Non spécialisées, elles ne font pas le tri parmi les insectes nocturnes et consomment « ce qui se présente » ayant ainsi un vrai rôle de régulateur des populations d’insectes nocturnes qui ont tendance à pulluler. Au menu, un certain nombre de papillons de nuit dont beaucoup d’espèces se développent aux dépens des cultures : vergers, potagers, vignes…

Les chiroptères sont donc des alliés du jardinier, au même titre que les oiseaux du jardin : votre potager en permaculture est donc protégé 24h/24 si vous invitez tout ce petit monde, et décidez d’en prendre soin. Cela vous évite :

  • l’utilisation de produits dangereux pour le sol, l’eau et la nature en général
  • l’achat onéreux de ces poisons
  • le risque pour votre santé lors de leur utilisation
  • la perte de temps pour traiter chaque recoin du potager.

L’exemple de la noctuelle

Évoquons pour exemple la noctuelle, et sa larve le vers gris, friande des légumes du potager et des plantes d’ornement. Au menu : les jeunes plantations de betterave, poireau, pomme de terre, carotte, persil, fraisier et bien d’autres encore. Ces chenilles terricoles agissent, comme leur nom l’indique, au niveau du sol, c’est à dire au collet de la plante, zone intermédiaire entre la tige et la racine. Elles s’alimentent des racines naissantes dans cette zone, entraînant le flétrissement du plant. Puis, elles se déplacent sur le rang. Pour ne pas éveiller les soupçons, les fourbes travaillent la nuit et se cachent la journée. Comme ce sont surtout les jeunes plants qui sont attaqués, on s’accuse à tort d’avoir été négligeant sur l’arrosage…

Il est important de préciser que la noctuelle, papillon de nuit, et sa larve le vers gris, (en fait, une chenille) n’est pas une espèce, mais un groupe d’insectes aux mœurs plus ou moins identiques constitué de plus de 750 espèces (pas toutes dans votre jardin, je vous rassure).

Sachant qu’une seule femelle peut pondre 1500 œufs au mois de juin sur les feuilles ou au pied des plantes, et que si les conditions sont favorables, il peut y avoir 1 ou 2 générations, inviter les chauves-souris au dîner peut avoir son intérêt.

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Ces insectes qui défient les chauve-souris

Rappelons que c’est l’écholocation, qui consiste à émettre des sons ou ultrasons et à écouter leur écho, qui permet aux chauves-souris de localiser les proies. Et bien figurez-vous que quelques espèces d’insectes, mais pas la majorité je vous rassure encore, ont mis en place des stratégies d’évitement. 

La première consiste à se laisser tomber au sol, lorsque l’insecte détecte la présence d’une chauve-souris. Du coup, plus rien sur le radar, en particulier si l’insecte reste immobile ce qu’il n’oublie pas de faire. Lorsque le danger est passé, l’insecte reprend le cours de sa vie…

La seconde, plus technique, consiste à émettre à son tour des ultrasons lorsque l’insecte détecte la présence d’une chauve-souris. Du coup, l’image radar est brouillée et ne permet pas d’identifier ni de localiser précisément la proie.

Menaces sur les chauves-souris

A ce jour, il a été dénombré 1200 espèces de chiroptères de par le monde, dont 34 en France.

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On estime avoir perdu les ¾ des populations depuis les années 50. Les raisons de cette hécatombe ne manquent pas. Dans le désordre :

  • utilisation des pesticides
  • suppression des haies
  • pollution lumineuse
  • densification du réseau routier
  • réfections des églises
  • aménagements des combles
  • traitements des charpentes
  • disparition des vieux arbres
  • obturation des caves
  • suppression de la moindre fissure dans le bâti
  • rénovations des ponts
  • éclairage des monuments
  • prédation par le chat
  • disparition des zones humides
  • artificialisation des cours d’eau
  • abandon du pâturage extensif…

Toutes ces causes sont d’origine humaine…Finalement, la noctuelle est une petite joueuse…

Protection des chiroptères

Au niveau international, européen, et national, les chauves-souris bénéficient d’un régime de protection total. Pour n’évoquer que le dernier niveau, depuis 1976, en France, toutes les chauves-souris, leurs quartiers d’hiver et leurs quartiers d’été sont protégés.

Superstitions ou autres croyances sur les chauves-souris

Les chauves-souris peuvent-elles se prendre dans nos cheveux ?

J’ai déjà eu des témoignages du type « heureusement que j’ai eu le réflexe de me baisser, sinon, elle finissait dans mes cheveux » … Il arrive en effet, lorsque vous êtes dans la zone où une chauve-souris évolue, qu’elle vous contourne « au dernier moment ». Rien de grave, c’est que son écholocation est un système de guidage très performant et surtout que votre vue médiocre dans la pénombre a mal évalué les distances : elle n’était pas si près que ça…

Les chauves-souris causent-elles des dégâts ?

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Je vous le rappelle, les chauves-souris ne sont pas des rongeurs. Elles n’y sont pour rien si elles partagent le patronyme des souris : elles ne rongent pas les câbles, ne détruisent pas l’isolation des bâtiments, ne construisent pas de nid où elles accumulent des matériaux divers et ne se multiplient pas comme des lapins (autres rongeurs).

Le seul inconvénient, vite transformé en avantage, c’est le dépôt de guano qui rappelons-le se vend dans le commerce une fortune. Une bâche posée au sol à l’aplomb du gîte, et le tour est joué.

Le guano peut-il transmettre des maladies ?

Le guano ne représente aucun danger en Europe, ce n’est qu’associé à un champignon et les conditions de son développement que l’on retrouve dans les régions tropicales : chaleur et humidité, que l’on peut contracter l’histoplasmose.

Les chauves-souris sucent-elles le sang ?

Toutes les chauves-souris d’Europe sont insectivores. 3 espèces seulement (cantonnées en Amérique du Sud) sur les 1200 espèces au total se nourrissent du sang des animaux. Rappelons que les moustiques aussi, et qu’on ne les trouve pas effrayants pour autant, juste pénibles…

Les chauves-souris transmettent-elles la rage ?

2 espèces de chauves-souris sur les 34 espèces françaises peuvent être porteuses de la rage qui se transmet par la salive, généralement après morsure. Une chauve-souris contaminée est affaiblie. Elle ne mordra que si elle se sent en danger, par exemple si on la manipule. C’est pourquoi il est préférable de porter des gants en cuir épais lorsque l’on souhaite manipuler une chauve-souris qui semble en détresse. Pour ceux qui seraient tentés d’appliquer le principe de précaution en éliminant tout ce petit monde porteur potentiel de la rage, rappelons que les chiens font partis de la liste et que l’on a plus de risques de se faire mordre par Médor que par une chauve-souris. Et pourtant, personne ne souhaite appliquer de décision radicale à nos fidèles compagnons à 4 pattes… alors pourquoi faire une exception pour les chiroptères.

La chauve-souris… partenaire du jardinier en permaculture

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Au dire des scientifiques, il reste encore de nombreux mystères autour du mode de vie des chauves-souris… mais ce dont on est sûr aujourd’hui :

  • elles sont inoffensives.
  • elles ne provoquent aucun dégât sur les lieux qu’elles fréquentent.
  • elles ont un rôle écologique clé sur la régulation des populations d’insectes nocturnes.
  • elles produisent un engrais inégalable.
  • elles ne sont pas bruyantes.
  • elles vivent la nuit, ne nous dérangent pas…
  • elles ont des capacités physiques (hibernation, écholocation…) captivantes
  • elles ont des mœurs (fécondation différée, élevage des jeunes en nurseries…) étonnantes

À vous donc de changer de regard sur ces mammifères, qui je vous l’accorde n’ont pas gagné de concours de beauté, de restaurer leur milieu de vie, de poser des nichoirs, de laisser libre accès au grenier… pour leur plus grand plaisir, le mien, et celui de votre jardin.

Sébastien Lazzaroni

Sébastien Lazzaroni

Naturaliste de terrain depuis l'enfance, Sébastien Lazzaroni est un amoureux de la faune et de la flore sauvage. Il explore, observe, recense et préserve la nature sauvage grâce à la confection et la pose de nichoirs et d’aménagements divers. Ancien professeur de biologie, il partage, avec pédagogie, son expérience au travers de conférences pour comprendre, d’ateliers pour agir, d’articles et de plans de fabrication de nichoirs sur son blog colocaterre, dédié à la biodiversité. Il conseille également les particuliers et les professionnels dans la mise en place de stratégies pour accueillir la biodiversité et en faire une alliée du jardin, du potager, des cultures, des vergers et de la douceur de vivre.

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D’une ruine à un jardin d’Eden en permaculture : la transformation chez Marie

Marie, membre de nos formations en ligne, nous ouvre les portes de son jardin et nous partage son changement de regard sur la nature et de pratiques au jardin depuis sa rencontre avec la permaculture. Un grand merci à Marie pour son accueil chaleureux et son témoignage émouvant, véritable hymne à la nature !

Du jardinage conventionnel à la permaculture :

C’est tellement plus agréable, c’est un vrai plaisir, un vrai bonheur, on arrive dans son jardin chaque jour et on regarde… On s’émerveille : il est différent chaque jour, il est différent chaque heure…

Une ruine sur un terrain nu en pleine campagne…

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Photo de la maison et du terrain de Marie à leur arrivée sur place : un espace totalement « nu » sans biodiversité !

Quand on a acheté ce terrain avec notre ruine en 1984, c’était un terrain totalement nu, il n’y avait rien autour, c’était vraiment la pleine campagne. Et petit à petit on a aménagé le terrain. On est sur Le Haillan qui est à quelques kilomètres de Bordeaux. C’est une région très agréable. Et on a eu envie d’avoir un beau jardin ! Mais au départ on a été très conventionnels, et finalement, ça ne nous convenait pas franchement. Il manquait une âme à ce jardin. Et puis je me suis penchée sur des gros livres de permaculture…qui ne correspondaient pas franchement à mon petit univers !

Le déclic avec PermacultureDesign 😉

Jusqu’à ce que je rencontre Permaculture Design qui m’a quand même ouvert les yeux sur la facilité, la simplicité et sur le fait que ce soit tellement naturel ! J’avais complètement oublié que tout était tellement naturel. Maintenant, on met des herbes, on met de tout et on se rend compte que tout est utile dans le jardin ! On en profite pleinement, c’est tellement plus agréable ! On taille les haies, on les broie, on les met, on enlève les mauvaises herbes – les adventices pardon ! – on les repose, on plante : la terre est meuble, elle est devenue riche petit à petit – parce que ça fait maintenant 5 ans que nous travaillons de cette façon.

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Marie a inclus le potager 3P sur son terrain afin d’apporter un point d’eau, de la biodiversité et des floraisons mellifères à ses abeilles !

Voici le petit potager 3P dans lequel j’ai de l’oignon rocambole, du chou Daubenton, du chou Crambe… On ne les voit pas trop, mais il y a des groseilliers, des fraises… On a de la consoude, qui est merveilleuse, qui est une plante si belle et si riche, et les petites sauges qui donnent de la couleur… Là il y a un arbre à faisans, encore de la sauge… J’ai aussi des plantes condimentaires qui sont un peu cachées dessous.

Jardiner avec l’ombre :

Le facteur limitant dans notre jardin, c’est qu’on a de l’ombre pratiquement partout. On est vraiment limités par les bambous, qui ne sont pas chez nous, mais qui sont très hauts et qui nous coupent le soleil toute la matinée. On a aussi un grand séquoia qui nous donne de l’ombre à d’autres moments de la journée. Mais on s’aperçoit quand même que, même si les plantes tardent ici un peu plus qu’ailleurs, tout pousse ! On voit bien qu’on est toujours un peu en retard ; mais au bout du compte, ce n’est pas gênant, et on adapte les plantes à ce facteur ombre.

Tous les plantes ici, les loniceras, mais aussi les groseilliers, qui ne détestent pas l’ombre, toutes les plantes que j’ai là sont des plantes d’ombre, d’ombre et de mi-ombre. Et il va y avoir des betteraves, du céleri, encore des tomates (parce que je suis une folle de tomates !). Des tomates, des poivrons, des aubergines, mais aussi beaucoup de basilic, de coriandre, des salades… tout pousse !

Des pratiques de jardinage en permaculture, plus en accord avec la nature :

Ouvrir les yeux sur toutes les ressources présentes dans un jardin en permaculture

Je mets tout ce que j’ai : les tontes de gazon, les branches broyées…  Tout ! Et je n’enlève plus, par exemple, quand je coupe mes salades je n’enlève pas les pieds, tout reste dans le sol : on coupe une plante, on l’amène dans la maison, les racines restent au sol, et ce dont on n’a pas besoin est éparpillé autour et comme ça le jardin est content ! Ça avait beau être une ferme avant, la terre n’était pas riche, c’était du sable. Maintenant, on voit une grande différence ! On voit aussi la différence dans le compost : avant on n’y mettait pas grand-chose, par exemple, on emmenait les haies à la déchetterie… Alors que maintenant le compost n’est toujours pas gros, parce qu’on met tout dedans, mais on s’en sert, et on a infiniment plus de nourriture à donner à la terre – infiniment plus.

Pour l’instant, les orties font partie du potager. On s’en sert pour faire le purin d’orties bien sûr, et puis pourquoi pas : elles sont belles dedans, elles sont utiles !

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Chez Marie, les orties, plantes sauvages aux nombreuses vertus, sont les bienvenues dans le potager !

Je fais tous mes semis, je me refuse à en acheter et s’ils sont malingres et bien tant pis pour moi ! Ils vont finir par venir. Parce qu’il y en a qui sont un petit peu malingres, mais il y en a qui sont très beaux.

Je me sers des bambous, je me sers du vieux bois qu’on a enlevé dans le bureau pour refaire le plancher… De la matière on en a, on n’a pas besoin d’aller chercher loin pour en trouver. Et, un peu d’imagination, c’est aussi ça le plaisir.

Des récoltes saines et savoureuses pour toute la famille avec des surplus à partager !

Alors là on a un artichaut qui nous a déjà donné pas mal d’artichauts, et, ce qui est absolument invraisemblable, c’est qu’un artichaut qu’on achète dans le commerce, on n’en mange pas la queue, c’est dur ! Ici, nos artichauts on peut manger au moins 5 centimètres de queue, et c’est tendre et ça a le même goût que le cœur de l’artichaut ! C’est absolument hallucinant.

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Les cultures potagères de Marie sont un régal incomparable : quand on passe directement du potager à l’assiette, c’est toujours plus tendre et plus gouteux !!!

Bon, je suis émerveillée parce que tous ces produits sont directement dans le jardin : on arrive, on cueille ses fines herbes… Tout est sur place ! Et on est sûr que c’est frais, qu’il n’y a eu aucun produit, on peut tout manger… Quand arrive l’époque des tomates ou des framboises, quand on a les petits enfants… c’est une merveille, ils viennent se servir, ils sont contents. Et ça fait plaisir à tout le monde !

Alors ici on a tout plein de groseilles, parce que nous sommes des fanatiques de confiture de groseille. Et c’est un souvenir d’enfance, les groseilles. Il y en avait chez moi ! Je transforme tout : les groseilles on va en manger bien sûr, mais on va surtout en faire des confitures, les framboises, on va en manger aussi, mais on va en faire des confitures… Les fraises je n’en ai pas suffisamment pour faire des confitures. Mais j’ai des légumes à profusion, certes un peu plus tard à cause de l’ombre, mais à profusion ; et comme je transforme, j’en ai pour tout l’hiver. Je cuis, je congèle… Et on a un vrai plaisir l’hiver à aller chercher ces petits sachets de tomates, de haricots verts, de petits pois… On en donne un peu au voisinage aussi. Disons que j’ai trop exprès ;).

Augmenter la biodiversité et les récoltes avec l’ajout d’arbres fruitiers et de leur guilde !

L’année dernière, je me suis dit « Mais bon sang, c’est une évidence ! Il me manque tout plein d’arbres fruitiers ! ». Donc j’ai mis deux Reine-Claudes, des nectarines, des abricots, des pêches, des pommes, des poires Et dans le bac à compost, cette année, plein de petits pêchers ont poussé ! Ils seront replantés, soit ici, soit chez mes enfants. Je n’aurais jamais pensé que ça arriverait. Très certainement, j’ai eu aussi des pêchers dans le bac à compost les autres années, mais j’ai dû les supprimer ! C’est honteux.

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Ces jeunes pousses de pêchers qui sont nées dans le compost seront bientôt récupérées et replantées ailleurs sur le terrain ou données à des proches !!

Tout ça est aussi moins gourmand en eau, parce qu’ici on est dans une région où il peut faire très chaud !

Avant, là, c’était notre coin « dépotoir ». Il y avait un peu de tout, puisque comme on a fait beaucoup de travaux, on a toujours eu des vieux bois, des vieilles pierres… Tout était ici. Et l’année dernière, je me suis dit « Mais bon sang ! Ce petit coin qui est maintenant à peu près dégagé, pourquoi ne pas essayer, même s’il n’y a pas beaucoup de soleil, d’en faire quelque chose : on a des arbres fruitiers, il suffit de prendre des arbres fruitiers qui supportent l’ombre, apparemment ils poussent bien : ils ont été plantés cet automne, et il y a déjà une pomme ! ».

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

En manque d’arbres fruitiers sur son terrain, Marie a fait plusieurs nouvelles plantations en guildes, ici un jeune pommier qui porte déjà un fruit 😉

Donc j’ai planté des choses qui poussent plus à l’ombre. J’ai des groseilliers, des cassissiers, mais j’essaye les plants de tomate aussi. Alors on ne le voit pas, mais j’ai aussi remis de la consoude un peu partout pour enrichir ce coin qui est vraiment très pauvre comme du gravier ; ça faisait déjà 6 mois que j’avais mis toutes sortes de cartons, de petits bois, des broyés, et puis… quand j’ai planté, ça a poussé !

C’est toute la magie de la permaculture : de nous dire qu’il n’y a pas de terrain pauvre, et qu’on peut planter partout.

J’ai cherché à associer et je vais continuer à chercher avec l’aide de la guilde des arbres fruitiers. Tout en sachant que je n’ai pas un espace immense… Donc je ne peux pas mettre toutes les plantes, mais je vais choisir les plantes qui me plaisent et qui à mon avis iront bien avec l’environnement. Parce qu’il y a un grand choix, donc il n’y a pas de raison de ne pas trouver de belles plantes. Avant, je n’aurais pas pensé planter tout ça autour des arbres fruitiers ! J’aurais eu tendance à mettre mon arbre fruitier sans rien autour, alors que pour le faire vivre correctement, il lui faut des plantes adaptées à sa taille.

Jardiner en permaculture, ça n’est que du bonheur !!

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Marie, souriante dans son jardin avec ses ruches en arrière-plan : un vrai petit jardin d’Eden.

Ça n’est que du bonheur. Ça n’est que du bonheur, parce que la permaculture, c’est vraiment jardiner en pleine osmose avec la nature, et de façon beaucoup plus simple, beaucoup plus naturelle, et beaucoup plus facile ! Personnellement, je ne m’imagine pas revenir en arrière, je n’imagine même pas qu’on puisse. Je ne veux même plus regarder ce que j’avais fait avant. Là, tout vit, et on a l’impression que la nature explose, littéralement. Qu’elle est bien !!

Vidéo sur la transformation du jardin de Marie en jardin d’Eden en permaculture où elle vit aujourd’hui en harmonie avec la nature et sa biodiversité.

Dans le jardin de Marie, les abeilles sont à l’honneur et ont désormais à disposition leurs fleurs préférées : ici de la bourrache dont elles raffolent !

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Si comme Marie, vous avez envie d’amener de la biodiversité dans votre jardin tout en vous initiant à la permaculture, découvrez notre concept de petit potager de plantes vivaces. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour en savoir plus !

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